Archive for the Rue de Sèvres Category

Scott McCloud – Le Sculpteur

Posted in Comics, One-shots, Rue de Sèvres, [DL 2015], [Sans super-héros] with tags , on 25 mars 2015 by Yvan

Un chef-d’œuvre sculpté par Scott McCloud !

Scott McCloud - Le SculpteurAvec le Sculpteur, l’auteur de « l’Art invisible » propose un roman graphique ambitieux qui revisite le mythe de Faust.

Ce pavé de près de 500 pages raconte l’histoire d’un sculpteur en mal d’inspiration qui ne vit que pour son art. Fauché et prêt à tout pour obtenir la reconnaissance du public et de ses pairs, David Smith se laisse tenter par un pacte faustien que lui propose la Mort : s’il accepte de mourir au terme de 200 jours, il obtiendra en échange le pouvoir de sculpter à mains nues tout ce qu’il touche. Tout ce que son esprit imagine, se transformera en œuvre d’art au seul touché de ses mains…

Ce plongeon au cœur du milieu artistique new-yorkais permet à l’auteur de critiquer le marché de l’art. Du lot quotidien d’un artiste en soif de reconnaissance à cet univers régi par les critiques et les mécènes, Scott McCloud s’interroge sur la fièvre créative et invite à découvrir le chemin sinueux qui mène vers une gloire parfois aussi fulgurante qu’éphémère, au sein d’un monde spéculatif où le talent artistique n’est pas vraiment le seul moteur.

Parallèlement à cette quête artistique, Scott McCloud nous propose une belle histoire d’amour. Dès la première rencontre avec Meg, c’est le coup de foudre et le lent rapprochement des deux est non seulement profondément émouvant, mais surtout narré avec grande justesse. Cette découverte de l’amour fou va bousculer les priorités de David et invite à réfléchir sur le sens de la vie. La reconnaissance est-elle le but ultime ou y a-t-il d’autres moyens de réussir sa vie ?

Le personnage principal se retrouve donc partagé entre sa passion pour l’art et son grand amour, le tout sur fond de compte à rebours. L’approche de cette échéance de 200 jours ajoute non seulement du suspense au récit, mais a également tendance à intensifier son envie de vivre pleinement ses deux passions en profitant de chaque minute qui lui reste.

Visuellement, Scott McCloud livre également un sans faute en dressant le portrait de personnages particulièrement attachants et en proposant un découpage d’une rare efficacité, qui s’installe au diapason du rythme de lecture. Ce dessin qui fourmille de détails tout en gardant le focus sur les personnages est rehaussé d’une superbe bichromie aux tons bleus.

Un gros coup de cœur et un album que vous pouvez retrouver au sommet de mon Top comics de l’année !

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Tiburce Oger – Buffalo Runner

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, One-shots, Rue de Sèvres, [DL 2015], [Grand public] with tags on 23 mars 2015 by Yvan

La conquête de l’Ouest narrée par un Buffalo runner !

Tiburce Oger - Buffalo RunnerEn route vers la Californie, un père et ses deux enfants se font attaquer par une bande de malfrats. Seule la fille parvient à s’en sortir vivante grâce à l’intervention d’un vieux cowboy expérimenté. Les deux se retranchent dans une maison abandonnée et se préparent à subir l’assaut du reste de la bande. C’est le début d’une longue nuit de vieille au cours de laquelle Edmund Fisher entreprend de raconter l’histoire de sa vie à la survivante…

Après « La Piste des Ombres », Tiburce Oger renoue donc avec le western, le temps d’un one-shot publié aux éditions Rue de Sèvres. Servi sous forme de longs flash-backs, l’auteur raconte la vie d’un tueur de bisons qui a vécu quelques moments clés de l’histoire américaine. De sa participation à la guerre de Sécession à son travail en tant que « Buffalo Runner », en passant par la rudesse de la vie de cowboy et les tensions avec les Amérindiens, Edmund Fisher en a vu des vertes et des pas mûres. À travers l’histoire de ce cowboy et bien loin des clichés hollywoodiens, Tiburce Oger dresse donc le portrait de toute une époque : celle de la conquête de l’Ouest !

L’abus de voix-off inhérente à cette narration sous forme de flash-backs est compensé par une mise en images dynamique et très fouillée. Les planches d’Oger (« Canoë Bay ») sont une nouvelle fois d’une grande beauté et les choix au niveau de la colorisation permettent d’insuffler une ambiance très réussie à l’ensemble.

Plus didactique qu’hollywoodien, ce récit s’avère indispensable pour tous les fans de western !

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Alex Alice – Le Château des Etoiles

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Franco-Belge, Rue de Sèvres, Séries, [DL 2014], [En cours], [Grand public] with tags , , on 22 octobre 2014 by Yvan

Un excellent récit tout public !

Alex Alice - Le Château des EtoilesAprès « Le Troisième Testament » et « Siegfried », Alex Alice change totalement de registre en proposant une aventure tout public à l’atmosphère beaucoup plus légère. Dès la couverture, cet album sent bon les aventures de Jules Verne et l’histoire confirme immédiatement cette première impression. Le récit invite en effet à suivre le jeune Séraphin, qui rêve de voyager dans l’espace après que sa mère ait prouvé l’existence de l’éther.

Pré-publié en trois épisodes de grand format, sous forme de journal, ce récit feuilletonesque a donc également droit à une belle édition en album cartonné. En partant de l’hypothèse de l’existence de l’éther et en ancrant son récit en 1869 dans une Prusse Bismarck qui cherche bien évidemment à exploiter cette précieuse énergie, Alex Alice livre un album à l’ambiance légèrement steampunk, qui mêle aventure, espionnage, conspiration, avancée technologique et suspense. Le jeune héros sympathique et immédiatement attachant accentue encore l’aspect tout public de cette aventure prenante et légère.

Visuellement, les crayonnés mis en couleur directement, les tons pastels et le design des personnages renvoient également à une œuvre orientée jeunesse. Le nouveau style d’Alex Alice n’est d’ailleurs pas sans rappeler le travail de Hayao Miyazaki.

Un excellent album publié par Rue de Sèvres, que vous pouvez retrouver dans mon Top de l’année.

Ils en parlent également : Yaneck, Mo’, Lunch, Temps de livres

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Guillaume Sorel – Le Horla

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Franco-Belge, One-shots, Rue de Sèvres, [Avancé], [DL 2014] with tags on 26 mars 2014 by Yvan

Une nouvelle claque visuelle signée Sorel !

Guillaume Sorel - Le HorlaAprès avoir édité Une histoire d’hommes de Zep, les éditions « Rue de Sèvres » (le département BD de l’Ecole des loisirs) proposent un album signé Guillaume Sorel. L’auteur dont j’ai adoré la série Algernon Woodcock et Les derniers jours de Stefan Zweig, s’y attaque à la célèbre nouvelle de Guy de Maupassant, « Le Horla », déjà adaptée en 2012 par Bertocchini et Puech.

L’histoire débute dans une grande maison au bord de la Seine, en Normandie, où le narrateur est tout d’abord témoin d’étranges phénomènes (des objets qui disparaissent, des verres qui se brisent, des carafes qui se vident), pour finalement se persuader qu’un être surnaturel s’est installé chez lui.

Adapter un récit qui ne s’attache qu’à un seul personnage, tout en donnant corps à un mal invisible : voilà donc la tâche ardue qui attendait Guillaume Sorel en voulant transposer cette œuvre de Guy de Maupassant au neuvième art. Pour s’aider, sans pour autant briser la solitude du personnage principal, l’auteur choisit d’intégrer un chat au récit. À l’instar de son Hôtel Particulier, où il invitait à suivre les déambulements d’un fantôme ayant pour seul compagnon un chat, Guillaume Sorel intègre à nouveau cet animal à l’histoire, offrant ainsi au narrateur quelqu’un à qui se confier.

Au fil des pages, le surnaturel s’impose pour prendre possession du narrateur. Victime de ses hallucinations l’homme sombre petit à petit dans la folie. Si l’album parvient à faire monter la tension qui accompagne cette descente aux enfers, visuellement, l’auteur livre une nouvelle grosse claque. Jouant avec la luminosité de ses planches, l’artiste donne progressivement corps à la folie de son personnage et au mal invisible qui le ronge. Les planches représentant le Horla qui absorbe l’énergie vitale de sa victime sont à couper le souffle et restituent à merveille l’angoisse et les sentiments de cet homme qui se plaint d’un poids sur sa poitrine qui lentement l’étouffe et le vide de son énergie. D’ailleurs, une fois l’album refermé, le doute subsiste… La créature pourrait bel et bien exister… et le narrateur n’est peut-être pas forcément fou.

Brillant !

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Zep – Une histoire d’hommes

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Franco-Belge, One-shots, Rue de Sèvres, [Accessible], [DL 2013] with tags on 4 décembre 2013 by Yvan

Une histoire d’amitié sur fond musical !

Zep - Une histoire d’hommesPour ce premier album édité par « Rue de Sèvres », le département BD de l’Ecole des loisirs, le papa de Titeuf délaisse les œuvres grand public pour s’attaquer à un récit plus personnel et plus sérieux.

Pour ce faire, l’auteur qui a emprunté son pseudonyme au groupe Led Zeppelin, plante tout d’abord un fond musical très rock, dans lequel il se sent à l’aise. Zep raconte en effet l’histoire de quatre membres d’un groupe de rock qui se retrouvent dix-huit ans après avoir splitté alors qu’ils étaient aux portes de la gloire. Proposant un huis-clos dont l’action se déroule dans un vieux manoir anglais, Zep s’éloigne très vite d’un récit purement musical, pour s’orienter vers une histoire d’amitié, celle de quadragénaires qui rêvaient de devenir des stars du rock, mais dont un seul a réussi à conquérir les foules, tandis que les autres ont sombré dans l’anonymat le plus complet.

Alternant flashbacks qui reviennent sur le passé du quatuor et révélations poignantes, l’auteur lève progressivement le voile sur les origines de la séparation du groupe et sur les tensions persistantes qui résultent de cette rupture. La nostalgie des retrouvailles fait alors progressivement place à de vieilles rancœurs qui resurgissent, permettant au lecteur de rassembler toutes les pièces du puzzle et de comprendre les nombreux non-dits. Si la lecture s’avère particulièrement fluide, le récit ne déborde cependant pas d’originalité (lisez donc « Quelques jours avec un menteur » d’Etienne Davodeau !) et les dialogues sonnent parfois un peu faux. Le manque d’empathie envers les personnages empêche également de faire passer toute l’émotion que l’auteur a voulu véhiculer à travers cette histoire. Visuellement, le dessin réaliste rehaussé d’une colorisation en bichromie, permet de plonger cet album dans une ambiance particulière qui fonctionne assez bien.

Bref, une lecture très agréable, mais qui ne laissera pas un souvenir impérissable.

Ils en parlent également : Mo’, Noukette, Cristie

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