Archive for the Soleil Category

Hubert et Bertrand Gatignol – Les Ogres-dieux, Demi-Sang (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Séries, Soleil, [DL 2016], [En cours], [Grand public] with tags , on 13 juillet 2016 by Yvan

L’ascension sociale d’un bâtard humain parmi les ogres-dieux !

Hubert et Bertrand Gatignol - Les Ogres-dieux, Demi-Sang (Tome 2)Après un premier volet qui invitait à suivre la destinée du dernier rejeton du Roi-Ogre, sauvé de la voracité de sa famille par une mère qui voit en lui le sauveteur de cette lignée dégénérée par les unions consanguines, Hubert (« Miss Pas Touche », « Beauté ») et Bertrand Gatignol proposent une suite qui n’en est pas vraiment une.

Lors du tome précédent, le lecteur avait en effet croisé le chemin d’un vil chambellan qui s’était empressé de dénoncer l’existence de Petit à son maître. Proposant un second tome qui se déroule dans le même univers médiéval sombre, Hubert s’intéresse maintenant à l’histoire de cet homme qui a réussi à se hisser parmi les rares humains autorisés à côtoyer cette race de géants vouée à l’extinction. À l’instar de Petit, Yori est un enfant rejeté par les siens, qui devra lutter pour survivre. Fils illégitime d’un noble-né et d’une domestique, le « demi-sang » sera chassé dans les bas-fonds de la ville et obligé de gravir les échelons de cette société sans pitié afin d’échapper à sa triste condition. Rêvant de devenir le prochain chambellan au service des ogres-dieux, le jeune bâtard aux ambitions démesurées vendra son corps et son âme pour obtenir ce poste qu’il convoite tant…

Délaissant cette famille d’ogres-dieux qui produit des générations de plus en plus stupides, Hubert s’intéresse cette fois aux humains qui servent leurs maîtres. L’auteur invite à suivre les jeux de pouvoir qui permettront à Yori de devenir le personnage aperçu lors du premier volet. Comme le récit se déroule avant le volume précédent, il n’est donc pas forcément nécessaire de lire les deux tomes dans l’ordre de parution.

Si la bande dessinée raconte l’histoire de Yori, chaque chapitre est à nouveau entrecoupé d’un texte de deux ou trois pages revenant sur l’histoire des plus célèbres chambellans. Ces interludes apportent un nouvel éclairage sur le destin du jeune héros, tout en construisant avec intelligence et précision la mythologie de cette profession. L’alternance entre la vie de Yori et l’histoire de ces prédécesseurs fonctionne à merveille et contribue à enrichir cet univers particulièrement dense de manière très efficace.

Visuellement, Bertrand Gatignol continue d’illustrer ce conte gothique avec grande maestria. Profitant pleinement du format extra-large de l’album, le talentueux dessinateur offre des planches somptueuses qui s’installent immédiatement au diapason de cette fable particulièrement cruelle imaginée par Hubert. De la couverture absolument splendide à ce noir et blanc sublime qui confère une ambiance sombre à l’ensemble, en passant par des décors majestueux et des personnages d’une expressivité renversante, l’artiste livre un véritable sans-faute et en met constamment plein la vue.

Une saga INCONTOURNABLE et un album que vous pouvez bien entendu retrouver dans mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également : Yaneck

 

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Yves Swolfs et Iko – Durango, Jessie (Tome 17)

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Séries, Soleil, [DL 2016], [En cours], [Grand public] with tags on 24 juin 2016 by Yvan

Un western spaghetti classique et efficace !

Yves Swolfs et Iko - Durango, Jessie (Tome 17)Suite aux événements du tome précédent, le lecteur retrouve un héros convalescent, qui se remet de ses blessures auprès de son vieil ami Larry Haynes, shérif dans la paisible petite ville de Hancock. Le repos est cependant de courte durée car l’attaque d’un transport de fonds et la sécurité d’une jolie demoiselle traquée par le propriétaire du saloon local, vont obliger notre cowboy solitaire à reprendre du service.

Après quatre and d’attente, les fans de Durango découvrent Iko au dessin de cette saga qui rend hommage au western spaghetti. Le dessinateur italien restitue non seulement parfaitement l’ambiance poussiéreuse et les paysages du Far West, mais il livre également des cases peaufinées jusque dans les moindres détails. Notons également la présence d’un ex-libris offert à l’achat de cet album.

Si le dessin du nouveau venu s’avère convaincant, le scénario d’Yves Swolfs s’avère d’un classicisme toujours aussi efficace. Outre un personnage au calme légendaire, toujours muni de son célèbre pistolet automatique allemand, le lecteur a droit à une bande de hors-la-loi, un shérif incorruptible, une attaque de diligence, une jolie femme en détresse, un saloon mal famé, un magot planqué et des flingues qui se battent pour parler en premier… bref, tous les ingrédients qui font le succès de cette série !

Classique mais efficace !

Hubert et Bertrand Gatignol – Les Ogres-Dieux, Petit

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Séries, Soleil, [DL 2014], [En cours], [Grand public] with tags , on 10 décembre 2014 by Yvan

Un conte gothique époustouflant !

Hubert et Bertrand Gatignol - Les Ogres-Dieux, PetitCe merveilleux album de la collection Métamorphose, dont la taille contraste avec le titre, est signé Hubert et Bertrand Gatignol.

Petit est le fils du Roi-Ogre. Dernier rejeton d’une race vouée à l’extinction, le nouveau-né dépasse à peine la taille d’un nourrisson humain. Sauvé de la voracité de sa famille par une mère qui voit en lui le sauveteur de cette lignée dégénérée par les unions consanguines, l’avorton est élevé par sa tante Desdée dans l’espoir qu’il s’accouplera un jour avec une humaine. En suivant les pas de cet ogre à peine plus grand qu’un homme et constamment tiraillé entre la sagesse inculquée par sa tante et son instinct naturel, le lecteur découvre progressivement l’histoire de cette famille qui produit des générations de plus en plus stupides.

Si la bande dessinée raconte l’histoire de Petit, chaque chapitre est entrecoupé d’un texte revenant sur l’un des ancêtres du clan. Ces interludes apportent un nouvel éclairage sur le destin du jeune héros, tout en construisant avec intelligence et précision la mythologie de cette famille de géants mangeurs d’hommes. L’alternance entre la vie de Petit et l’histoire de ces aïeux fonctionne à merveille et contribue à s’attacher aux différents personnages clés de cette saga familiale.

Si Petit est le héros de ce conte gothique, le graphisme époustouflant de Bertrand Gatignol en fait toute la grandeur. Profitant pleinement du format extra-large de l’album, le talentueux dessinateur offre des planches somptueuses qui s’installent immédiatement au diapason de cette fable particulièrement cruelle imaginée par Hubert. De la couverture absolument splendide à ce noir et blanc sublime qui confère une ambiance sombre à l’ensemble, en passant par des décors majestueux et des personnages qui allient puissance et expressivité, l’artiste livre un véritable sans-faute et en met constamment plein la vue.

Un très grand récit que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

Riff Reb’s – Hommes à la mer

Posted in BANDES DESSINÉES, Festival BD Angoulême, Franco-Belge, Noctambule, One-shots, Soleil, [Accessible], [Angoulême 2015], [DL 2014] with tags , on 4 décembre 2014 by Yvan

C’est pas l’homme qui prend la mer…

Riff Reb's - Hommes à la merAprès avoir inauguré cette collection Noctambule avec l’adaptation de « À bord de l’Étoile Matutine » de Pierre Mac Orlan et avoir propose une seconde passerelle entre les romans et la bande dessinée en s’attaquant au « Loup des mers » de Jack London, Riff Reb’s (« Le bal de la sueur », « Glam et Comet », « Myrtil Fauvette ») clôt sa trilogie maritime avec « Hommes à la mer ».

Au lieu de s’attaquer à un nouveau roman, l’auteur varie cette fois les sources en choisissant d’adapter huit nouvelles, qu’il entrecoupe intelligemment de doubles pages qui illustrent des extraits d’autres œuvres littéraires. Si Joseph Conrad (« Un Sourire de la fortune ») est à nouveau de la partie, l’auteur se frotte également aux textes de William Hope Hodgson (« Les Chevaux marins » et « Le Dernier voyage de Shamraken »), Pierre Mac Orlan (« La Chiourme » et « Le Grand Sud »), Edgar Allan Poe (« Une descente dans le Maelström »), Marcel Schwob (« Les Trois gabelous ») et Robert Louis Stevenson (« Le Naufrage »). Les sept doubles pages illustrant des extraits de textes de Victor Hugo (« Les Travailleurs de la mer »), Homère (« L’Odyssée »), Jules Verne (« Le Sphinx des glaces »), Eugène Sue (« Kernok le pirate »), Émile Condroyer (« Malgorn le baleinier »), Traven (« Le Vaisseau des morts ») ou encore Jack London (« Un typhon ») proposent des interludes de toute beauté, qui permettent de reprendre son souffle entre chaque récit.

« Il y a trois sortes d’hommes : les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer. »

Si la mer est à nouveau omniprésente, le fait de s’attaquer à des histoires plus courtes ne permet pas à l’auteur de donner autant d’épaisseur à ses personnages et certaines histoires sont inévitablement moins intéressantes que les autres. J’ai particulièrement apprécié « Les chevaux marins », qui narre le destin tragique d’un enfant fasciné par les chevaux marins et par les histoires de son grand-père plongeur, ainsi que « Une descente dans le maelström » qui raconte les déboires de deux frères happés par un tourbillon. J’ai également beaucoup aimé la superbe conclusion de « Le Grand sud », qui se déroule dans un décor totalement différent et relate la dernière marche d’un équipage dont le navire à échoué sur la banquise. Le ton plus léger et le côté plus philosophique des derniers échanges entre un second et son capitaine à bord d’une embarcation condamnée à couler dans « Le Naufrage » m’a également beaucoup plu.

Si au niveau du scénario, ce troisième volet est légèrement moins bon, au niveau de l’ambiance, ces récits qui mêlent noirceur et poésie sont par contre à nouveau une très belle réussite. Une atmosphère sombre parfaitement rendue par une bichromie aux tons variables suivant les chapitres, qui renforce l’ambiance coin du feu de l’album. D’un trait appuyé, Riff Reb’s livre des personnages particulièrement charismatiques, aux visages marqués par un environnement souvent hostile. Un travail remarquable, minutieux, riche en détails et terriblement immersif qui démontre une nouvelle fois tout le talent de Riff Reb’s.

Que vous ayez le pied marin ou non, cette trilogie s’avère incontournable !

Un récit qui fait partie de la sélection officielle du Festival d’Angoulême 2015 !

Olivier Péru et Stefano Martino – Oracle, La Pythie

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, One-shots, Soleil, [DL 2014], [Grand public] with tags on 30 mai 2014 by Yvan

Une série-concept dédiée à la mythologie grecque !

Olivier Péru et Stefano Martino - Oracle, La Pythie« Oracle » est le premier volet de cette nouvelle série-concept de cinq one-shots à paraître en 2014, dirigée par Jean-Luc Istin. Et comme le soulignait mon libraire attentionné en voyant cette couverture aguichante entre mes mains : « Tu es certain de vouloir le prendre celui-là ? Je pense que ce n’est pas trop ton truc ! ». Et il a évidemment raison, cette collection thématique qui s’attaque aux mythes de la Grèce antique n’est pas faite pour moi, mais comme j’avais bien aimé la série « Zombies » d’Olivier Péru, j’ai tout de même tenté l’histoire.

Le narrateur de ce premier récit est un vieil aveugle, qui nous raconte l’histoire de la Pythie de Delphes et qui servira de fil rouge afin de lier les cinq one-shots qui sortiront à raison d’un tome tous les deux mois. En contant la vengeance de cet oracle du dieu Apollon, Olivier Péru nous invite à découvrir les dieux malintentionnés de l’Olympe ainsi qu’une poignée de simples mortels avec lesquels ils s’amusent. En seulement un tome, l’auteur parvient à donner vie à de nombreux personnages et à livrer un récit riche en rebondissements dont l’issue demeure incertaine jusqu’à la dernière page.

Si le scénario est plaisant et parfaitement maîtrisé, le dessinateur italien Stefano Martino livre également du bon boulot. Outre des scènes de combats qui entretiennent le souffle épique du récit et quelques apparitions monstrueuses réussies, il propose également une mise en scène dynamique et des décors travaillés qui nous plongent efficacement au sein de la Grèce antique. Par contre, je ne suis toujours pas fan de cette mise en couleurs informatique impersonnelle qui accompagne la plupart des albums de cet éditeur.

Un bon tome et une série qui devrait ravir les amateurs de mythologie grecque.

Pascal Rabaté – Fenêtres sur rue

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Franco-Belge, Noctambule, One-shots, Pascal Rabaté, Soleil, [DL 2013], [Sélectif] with tags on 9 avril 2014 by Yvan

Un exercice de style signé Rabaté !

Pascal Rabaté - Fenêtres sur rueEtant grand fan de Pascal Rabaté depuis la lecture d’Ibicus, je me devais de jeter un œil sur cet étrange objet sans véritable tranche, venu inaugurer les récits Yin et Yang de la collection Noctambule des éditions Soleil.

Ce livre-accordéon qui peut se lire dans un sens comme dans l’autre narre une histoire muette qui débute d’un côté et se termine de l’autre, le recto complétant le verso et vice-versa. Comme au théâtre, l’auteur propose un décor immuable composé d’une rue où s’élèvent quatre façades d’immeubles. Le lecteur s’installe en face et suit le quotidien qui se déroule sous ses yeux. Le recto (les matinées) développe les histoires de jour, tandis que le verso (les soirées) nous montre cette rue une fois le soleil couché. Ensemble, ces vingt panneaux dépliables qui se suivent permettent d’épier les voisins d’en face à travers les fenêtres de leurs appartements, ainsi que les passants et les clients du bistrot et de la laverie automatique. De l’amour, de l’art, de l’amitié, une dispute, un meurtre, un peu de télé et une bonne dose d’ennui… et tant d’autres instantanés qui finissent par raconter une histoire… celle que le spectateur décide de se construire en remplissant lui-même les blancs.

Inspiré par « Fenêtre sur cour » d’Alfred Hitchcock, cet exercice de style totalement muet permet également à l’auteur de rendre hommage au cinéma en multipliant les références cinématographiques, notamment aux films d’Hitchcock et de Tati. Si le jeu de pistes proposé par Rabaté est séduisant, voire même intelligent, j’ai tout de même eu du mal à entrer dans l’histoire. L’absence de fil rouge excepté la présence d’ouvriers dont l’évolution des travaux sert de repère temporel est assez perturbant au départ. Il faut du temps avant d’assimiler cette logique qui consiste à alterner le recto et le verso et ce n’est pas la répétition de ce même décor de fond qui incite alors le lecteur à ne pas décrocher.

Un livre-objet particulièrement original, qu’il faut lire et relire afin de ne rien rater des nombreuses tranches de vie qui se déroulent sous nos yeux.

Olivier Péru et Sophian Cholet – Zombies, Précis de décomposition (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Séries, Soleil, [DL 2013], [En cours], [Grand public] with tags , on 30 décembre 2013 by Yvan

Une très bonne fin de cycle !

Olivier Péru et Sophian Cholet - Zombies, Précis de décomposition (Tome 3)Comme la plupart des morts-vivants, ceux d’Olvier Péru ne sont pas très rapides et il aura donc fallu attendre près de deux ans pour connaître la suite des aventures de cette poignée de rescapés qui tentent de survivre dans une Amérique livrée en pâture aux zombies, tout en essayant de rétablir un semblant de civilisation.

Dès les premières pages, les perspectives de survie ne sont pas des plus brillantes. Des marées de zombies déferlent sur les plages de la petite île qui sert de refuge au groupe de Serge Lapointe, tandis que Sam se retrouve isolé sur le toit d’un magasin, entouré d’une horde de morts-vivants et seulement armé d’un flingue et de trois grenades. Une petite communauté originaire de Boston, ayant trouvé le moyen de garder les zombies à distance, permet heureusement d’insuffler la lueur d’espoir nécessaire au récit. Si certains passages sont un peu trop bavards, l’alternance entre le sort des différents clans de survivants permet de conserver une certaine dynamique tout au long du récit. Ce développement de plusieurs histoires parallèles, combiné aux nombreux déplacements et à la multiplication des rencontres et des rebondissements, garde le lecteur en alerte constante. De plus, l’auteur a clairement décidé de n’épargner aucun protagoniste, empêchant ainsi le lecteur de se reposer sur ses acquis.

Parmi les nouvelles rencontres il y a à nouveau des enfants, ce qui permet d’insuffler un peu d’humanité au récit, tout en accentuant encore un peu plus l’horreur de cette survie marquée par la désillusion. Mais il y a également une bande de rednecks qui démontre que les zombies ne sont pas forcément l’unique menace au sein de cet univers post-apocalyptique effrayant de réalisme.

Visuellement, Sophian Cholet continue de livrer de l’excellent boulot. Combinant ses décors ravagés à des perspectives parfaitement maîtrisées, l’auteur livre un travail remarquable pour une première saga. Il passe avec grande aisance de cases débordantes de zombies à des passages plus intimistes qui permettent par exemple de suivre les pensées d’un Sam à la frontière entre le monde des vivants et celui des morts. Il nous offre des planches extrêmement détaillées, qui sont parfaitement servies par la colorisation sombre de Simon Champelovier. Des tons ocres qui accentuent l’atmosphère post-apocalyptique des paysages délabrés, sans véritablement nuire à la lisibilité des planches.

Bref, un très bon troisième tome qui ravira à nouveau les amateurs du genre. Ceux-ci se réjouiront d’ailleurs de l’annonce d’un second cycle qui se déroulera quelques années après les événements du premier, ainsi que d’un spin-off qui reviendra sur la catastrophe en Europe, qui est d’ailleurs évoquée dans cet album.

2014 s’annonce donc à nouveau très riche en zombies !!!

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