Archive for the Soleil Category

Arthur De Pins – La marche du crabe, La révolution des crabes

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Noctambule, Soleil, Trilogies, [Accessible], [DL 2012] with tags , , on 14 décembre 2012 by Yvan

Les dangers d’une évolution trop rapide !

Arthur De Pins - La marche du crabe, La révolution des crabes« La Marche du crabe  » est tout d’abord un court métrage d’animation récompensé par de nombreux prix, dont le prix du public du festival d’Annecy. Arthur De Pins a ensuite décidé d’en faire une bande dessinée en trois tomes, dont cette « Révolution des crabes » constitue le dernier volet.

La vedette de ce récit est le Cancer Simplicimus Vulgaris, plus communément appelé crabe carré. La grande particularité de cette espèce oubliée par Darwin est son incapacité à tourner, l’obligeant à mener une existence unidirectionnelle le long d’un axe immuable déterminé dès la naissance. L’auteur reprend donc le point de départ du court-métrage et ajoute quelques histoires parallèles à cette vie en apparence monotone des crabes des plages de la Gironde, comme celle de ces deux journalistes animaliers qui veulent faire un reportage sur les capacités d’évolution de ces étranges crustacés.

Ce troisième tome nous replonge donc en compagnie des quelques crustacés qui ont réussi à survivre à l’affrontement du tome précédent entre les « tournants » (qui changent de direction) et « les rigides » (qui continuent de marcher tout droit). Lors du premier volet, l’un des crabes carrés avait en effet réussi à décrire une courbe, virage scénaristique qui remettait en question des années de non-évolution, causant pas mal de remous au sein de la population aquatique. Ce déplacement circulaire donna ensuite naissance à deux mouvements radicalement opposés au sein de l’estuaire de la Gironde : l’un favorable aux virages et à la liberté de mouvement et l’autre, radicalement opposé à la mobilité non rectiligne du Cancer Simplicimus Vulgaris. L’équipe de tournage du documentaire ayant par hasard réussi à filmer le virage effectué par le père fondateur du nouveau mouvement, ces changements ne passent pas non plus inaperçu hors de l’eau.

Si la race évoluée parvient enfin à prendre le pouvoir, ce troisième volet va s’amuser à souligner les dangers d’une évolution trop rapide. Il ne faut à nouveau que quelques pages pour être happé par cette histoire riche en rebondissements, qui prend une trajectoire assez loufoque malgré des existences sensées s’effectuer en lignes droites. Les péripéties de ces crustacés qui cherchent à échapper à une destinée toute tracée sont racontées avec beaucoup de décalage et un humour caustique qui fait mouche. Mais au-delà de l’originalité et du ton amusant, le lecteur ne manquera pas de s’attacher à ces créatures aussi vulnérables qu’attendrissantes et de découvrir une certaine profondeur dans les propos d’Arthur De Pins. Si au début de la saga, à l’aube de ce virage existentiel dans la (sur)vie de l’espèce, l’auteur semblait vouloir dénoncer, sous forme de métaphore, nos existences routinières et monotone, il s’attaque maintenant à notre société de consommation à travers les dérives de ces crabes qui s’engraissent sans réfléchir à leur environnement. Si la transformation des crabes invitait les lecteurs à réfléchir sur leur condition humaine et à changer de direction avant qu’il ne soit trop tard, cette nouvelle société de crabes gloutons démontre que toutes les voies de Darwin ne mènent pas forcément au bonheur. En se basant sur les fondements de l’évolution, l’auteur cherche donc à bousculer les règles établies, invitant le lecteur dans une marche au progrès et à la nouveauté, mais en faisant attention aux dérives d’une évolution non contrôlée. Parsemant son récit d’humour, il invite ainsi à réfléchir sur notre société, abordant intelligemment des thèmes tels que le conformisme, la tolérance, le droit à la liberté et la consommation.

Par rapport au film d’animation, Arthur De Pins propose ici un graphisme en couleurs. Si le trait va toujours à l’essentiel, la colorisation ajoute un certain charme à l’ensemble.

Je suis grand fan de cette série que je vous invite à découvrir d’urgence et un album que vous retrouverez dans mon Top de l’année !

Jetez également un oeil au court métrage et au teaser du film d’Arthur de Pins ci-dessous.

Riff Reb’s – Le loup des mers

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Noctambule, One-shots, Soleil, [Accessible], [DL 2012] with tags on 7 décembre 2012 by Yvan

Superbe adaptation du chef-d’œuvre de Jack London !

Riff Reb's - Le loup des mersEmbarqué sur un ferryboat qui traverse quotidiennement la baie de San Francisco, Humphrey Van Weyden se laisse envelopper par la brume montante. Dans cette purée de pois, l’embarcation est subitement percutée de plein fouet par un paquebot et coule en quelques instants. Alors qu’il pensait rejoindre un ami pour disserter de littérature et de philosophie, Humphrey se retrouve pataugeant dans l’eau glacé… avant de perdre connaissance. Quelques heures plus tard, il se réveille à bord du Fantôme, une goélette commandée d’une main de fer par son capitaine, Loup Larsen. La survie du gentleman naufragé a néanmoins un prix, car il se retrouve enrôlé de force dans un monde qui n’est pas le sien, faisant route vers le Japon pour une partie de chasse au phoque qui transforme très vite sa vie en véritable cauchemar.

Après avoir inauguré cette collection Noctambule avec l’adaptation de À bord de l’Étoile Matutine de Pierre Mac Orlan, Riff Reb’s (Le bal de la sueur, Glam et Comet, Myrtil Fauvette) propose une nouvelle passerelle entre les romans et la bande dessinée en s’attaquant au « Loup des mers » de Jack London. Ce chef-d’œuvre du récit d’aventure datant de 1904 propose un huis-clos maritime mettant en scène deux personnages que tout oppose.

Il y a tout d’abord ce fils de bonne famille, critique littéraire spécialiste d’Edgar Poe, qui se voit transformé en marin par un coup du sort. Surnommé « poule mouillée » par les autres membres d’équipage, il doit très vite se surpasser pour survivre à ce périple auquel il n’était aucunement préparé. Puis, il y a surtout cet homme violent et ambigu, haï de tous, qui ne craint ni les tentatives de mutinerie, ni les océans déchaînés. Cette force de la nature qui ne croit en rien ni personne se révèle néanmoins très cultivée et voit dans le jeune journaliste le partenaire idéal pour discuter de sa passion pour les livres. Coincés sur ce navire, prisonniers des flots, les deux se lancent dans une confrontation idéologique inévitable, donnant lieu à des joutes verbales qui claquent au rythme des vagues sur la coque du bateau. Ce duel d’une grande richesse, qui invite à réfléchir sur la valeur de la vie, apporte beaucoup de profondeur à ce récit naviguant vers l’aventure.

Visuellement, Riff Reb’s livre un loup des mers particulièrement charismatique et des personnages hauts en couleurs pris en tenaille entre un commandant sans pitié et un environnement hostile qui ne réserve rien de bien meilleur. L’atmosphère tendue est parfaitement rendue par une bichromie aux tons variables suivant les chapitres, qui permet d’alterner les ambiances, tout en conservant la force du trait de l’auteur. Un travail remarquable, minutieux, riche en détails et terriblement immersif, qui invite à accompagner les craintes, la solitude et les incertitudes de cet écrivain qui se retrouve face à un tyran érudit qui fascine autant qu’il effraie.

Peu importe le nombre de voyages effectués en compagnie de Riff Reb’s, le mal de mer n’est jamais au rendez-vous.

Retrouvez cet album dans mon Top de l’année !

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Venez discuter de cet album sur BDGest.

Riff Reb's - Le loup des mersLisez également l’avis à plusieurs mains de K.BD !

Gani Jakupi – La dernière image

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Guerre, Noctambule, One-shots, Soleil, [Avancé], [DL 2012] with tags , on 16 juillet 2012 by Yvan

Réflexion sur le rôle des correspondants de guerre !

Gani Jakupi - La dernière imageC’est à la demande d’un magazine que Gani Jakupi retourne au Kosovo accompagné d’un photographe, afin d’y faire un reportage sur son retour au pays. Exerçant la profession de journaliste de manière occasionnelle, il revient dans son pays d’origine à la fin du conflit, au moment où les forces armées internationales (la KFOR) ont repris le contrôle.

Si cette traversée du Kosovo de l’après guerre est inévitablement accompagnée des horreurs que réserve toute guerre, comme en témoigne la découverte du charnier où la famille de l’auteur fut massacrée, l’essentiel de cet album se situe néanmoins ailleurs. Les conséquences dramatiques et les stigmates de la guerre sont certes encore bien visibles, mais Gani Jakupi se concentre néanmoins sur le rôle des correspondants de guerre et en particulier sur celui des reporters photographes.

Malgré la dimension très personnelle de cette mission de reportage, l’auteur parvient à conserver un recul nécessaire pour poser un regard critique sur le métier de journaliste. À travers son errance au sein d’un pays totalement dévasté par le conflit, il invite à réfléchir sur les ambiguïtés de l’information et sur la complexité de transmettre l’information en respectant les règles d’éthique et en évitant toute forme de sensationnalisme.

Si cette réflexion sur les devoirs des reporters est très utile et que le travail de Gani Jakupi mérite d’être souligné et partagé, j’ai par contre eu beaucoup de mal à accrocher à ce récit qui multiplie les rencontres et les faits, mais qui manque au final de liant et de fil narratif. Dommage !

Arthur De Pins – La marche du crabe, L’empire des crabes

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Noctambule, Soleil, Trilogies, [Accessible], [DL 2011] with tags , on 27 février 2012 by Yvan

Une marche vers la liberté !

Arthur De Pins - La marche du crabe, L’empire des crabes« La Marche du crabe  » est avant tout un court métrage d’animation récompensé par de nombreux prix, dont le prix du public du festival d’Annecy. Arthur De Pins a ensuite décidé d’en faire une bande dessinée en trois tomes, dont ce « L’empire des crabes » constitue le second volet.

La vedette de ce récit est le Cancer Simplicimus Vulgaris, plus communément appelé crabe carré. La grande particularité de cette espèce est son incapacité à tourner, l’obligeant à mener une existence unidirectionnelle le long d’un axe immuable déterminé dès la naissance. L’auteur reprend donc le point de départ du court-métrage et ajoute quelques histoires parallèles à cette vie en apparence monotone des crabes des plages de la Gironde, comme celle de ces deux journalistes animaliers qui veulent faire un reportage sur les capacités d’évolution de ces étranges crustacés.

Ce deuxième tome nous replonge donc en compagnie de crustacés totalement médusés suite au cliffhanger du tome précédent, intitulé « La condition des crabes ». L’un des crabes carrés a en effet réussi à décrire une courbe, virage scénaristique qui remet en question des années de non-évolution et qui cause pas mal de remous au sein de la population aquatique. Ce déplacement circulaire va même être à l’origine de deux mouvements radicalement opposés au sein de l’estuaire de la Gironde : l’un favorable aux virages et à la liberté de mouvement et l’autre, radicalement opposé à la mobilité non rectiligne du Cancer Simplicimus Vulgaris. L’équipe de tournage du documentaire ayant par hasard réussi à filmer le virage effectué par le père fondateur du nouveau mouvement, ces changements ne passent pas non plus inaperçu hors de l’eau.

Il ne faut à nouveau que quelques pages pour être happé par cette histoire riche en rebondissements, qui prend une trajectoire assez loufoque malgré des existences sensées s’effectuer en lignes droites. Les péripéties de ces crustacés qui cherchent à échapper à une destinée toute tracée sont racontées avec beaucoup de décalage et un humour caustique qui fait mouche. Mais au-delà de l’originalité et du ton amusant, le lecteur ne manquera pas de s’attacher à ces créatures aussi vulnérables qu’attendrissantes et de découvrir une certaine profondeur dans les propos d’Arthur De Pins. À l’approche de ce virage existentiel dans la (sur)vie de l’espèce, l’auteur ne manque pas de philosophie et semble vouloir dénoncer, sous forme de métaphore, nos existences routinières et monotone. Cette prise de conscience de la part des crabes se transforme alors très vite en invitation à réfléchir à notre condition humaine et à changer de direction avant qu’il ne soit trop tard. En se basant sur les fondements de l’évolution, l’auteur cherche donc à bousculer les règles établies, invitant le lecteur dans une marche au progrès et à la nouveauté. Parsemant son récit d’humour, il invite ainsi à réfléchir sur notre société, abordant intelligemment des thèmes tels que le conformisme, la tolérance et le droit à la liberté.

Par rapport au film d’animation, Arthur De Pins propose ici un graphisme en couleurs. Si le trait va toujours à l’essentiel, la colorisation ajoute un certain charme à l’ensemble.

Je suis fan et j’attends donc avec grande impatience la conclusion de cette saga, intitulée « La révolution des crabes ».

Jetez également un oeil au court métrage et au teaser du film d’Arthur de Pins ci-dessous.

Olivier Péru & Lucio Alberto Leoni – Zombies, La Mort et le Mourant

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, One-shots, Soleil, [DL 2012], [Grand public] with tags , on 6 février 2012 by Yvan

La genèse de l’épidémie !

Olivier Péru & Lucio Alberto Leoni - Zombies T0Après deux tomes qui invitaient à suivre une poignée d’hommes et de femmes voyageant à la recherche de nourriture et de médicaments en essayant de rétablir un semblant de civilisation dans une Amérique livrée en pâture aux zombies, ce tome zéro relate les premières heures de cette épidémie de morts-vivants.

Relatant les débuts de cette pandémie, ce spin-off démarre à Saint-Pétersbourg en compagnie de Serge Lapointe, personnage-clé de la série mère. Ce dernier n’est pas encore le leader charismatique du groupe de survivants, mais un acteur canadien de cinéma de série B. Cette genèse permet de creuser la personnalité de ce personnage égoïste et particulièrement cynique. Au fil des pages, le lecteur assiste à la transformation de cet homme animé par un instinct de survie qui l’oblige à faire des choix terribles.

« Il n’y a que des enfoirés qui peuvent survivre à cette merde. Les gens biens meurent en sauvant ceux qu’ils aiment. Quand ce virus aura tout bouffé, le monde sera peuplé de gens comme moi. »

S’il est très difficile de faire preuve d’une grande imagination en relatant le commencement d’une épidémie de zombies, le fait de prendre un acteur de films de zombies comme héros ajoute un peu d’originalité à cet album qui embrasse les canons du genre. Olivier Peru profite également de cette préquelle pour dévoiler l’origine amusante de cette caravane de bateaux qui transporte les survivants dans la série principale. La présence d’une enfant permet une nouvelle fois d’accentuer encore un peu plus l’horreur de cette survie marquée par la désillusion.

Si le nombre de zombies au centimètre carré est à nouveau très élevé, ils sont cette fois issus du crayon de Lucio Alberto Leoni. L’italien a en effet pris la relève de Sophian Cholet afin de pouvoir assurer un rythme de parution plus soutenu. Le nouveau dessinateur propose un dessin détaillé et lisible, très fidèle au graphisme de Sophian Cholet.

« La Mort et le Mourant » est une bonne histoire de zombies qui devrait combler les mordus du genre !

Enrique Fernandez – Aurore

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, One-shots, Soleil, [Avancé], [DL 2011] with tags on 27 janvier 2012 by Yvan

Par l’auteur de « L’île sans sourire » !

Enrique Fernandez - AuroreAurore fait partie d’une tribu qui vit de la chasse et de la pêche, mais qui se retrouve aujourd’hui divisée avec, d’un côté, ceux qui continuent de croire en leurs dieux, et de l’autre, ceux qui ont perdu tout espoir. Alors que certains proposent de migrer, à la recherche de terres meilleures, une lueur brillante et dorée envahit le ciel. Quelques jours après ce phénomène aussi bref qu’étrange, c’est un petit ruisseau doré traversant le village qui émerveille les habitants. Attirée par l’eau scintillante, la petite Aurore se retrouve subitement transformée en statue. Alors que la petite se retrouve coincée entre deux mondes en compagnie d’un animal mystérieux, ses parents décident de remonter le cours d’eau afin de découvrir l’origine de cette transformation.

Après avoir adapté « Le Magicien d’Oz » sur un scénario de David Chauvel et avoir réalisé le merveilleux L’île sans sourire, Enrique Fernandez propose un conte fantastique bien étrange au sein de la collection Métamorphose des éditions Soleil. Situé dans de lointaines contrées au climat froid et rude, le récit passe de la réalité de ce peuple qui a perdu ses racines au fil du temps à ce monde parallèle où la petite Aurore doit mener à bien une mission qui conduira les siens vers la rédemption. Porté par la narration de Vokko, un esprit de la forêt aux allures de loup qui sert non seulement de guide à la petite mais également au lecteur, l’histoire se nourrit d’anciennes légendes et croyances pour s’interroger sur l’essence même de la nature humaine.

Baignant dans un univers envoûtant, ce récit débordant d’humanité délivre certes de nombreux messages, mais ceux-ci ne sont pas toujours suffisamment approfondis. Malgré une conclusion réussie, qui ponctue brillamment la complicité qui s’installe entre les deux protagonistes principaux au fil des pages, la quête d’Aurore n’est pas suffisamment aboutie. Visuellement, le jeune auteur espagnol livre par contre à nouveau un sans-faute : un graphisme original et efficace, rehaussé par une colorisation en parfaite adéquation avec le scénario.

Un one-shot au dessin particulièrement attrayant, qui sort des sentiers battus et ne manquera pas de séduire les amateurs de contes fantastiques.

Visitez le blog d’Enrique Fernandez !

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Mike Raicht, Brian Smith & Charles Paul Wilson III – L’étoffe des Légendes

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Séries, Soleil, [DL 2011], [En cours], [Sans super-héros] with tags on 12 décembre 2011 by Yvan

Voyage onirique dans le monde de l’Obscur !

Mike Raicht, Brian Smith & Charles Paul Wilson III - L'étoffe des LégendesC’est au sein de leur collection Soleil US Comics que les éditions Soleil publient le premier volet de cette série US qui compte déjà deux volumes de l’autre côté de l’Atlantique. Parue en 2010, cette saga écrite par Mike Raicht et Brian Smith et dessinée par Charles Paul Wilson III devrait ravir petits et grands.

Cette histoire qui débute par un enfant qui se fait kidnapper par le croquemitaine, emmène le lecteur dans un royaume mystérieux nommé L’Obscur. Suite à cet enlèvement, les jouets du petit garçon décident de partir à sa rescousse dans le monde du croquemitaine. Cet univers onirique où des personnages issus du monde des enfants doivent faire face au royaume d’un adversaire puissant n’est pas sans rappeler celui de la série « Fables ». D’autres y verront peut-être également une référence à l’univers d’Alice au pays des merveilles. Mais tous penseront inévitablement à « Toy Story » en voyant les jouets de l’enfant prendre vie.

Le récit donne donc vie à des êtres de chiffon, de peluche, de bois ou de plomb et invite à accompagner les personnages suivants dans une aventure pour le moins insolite : Le Colonel, un soldat de plomb, la poupée Pocahontas, Maxwell l’ours en peluche, Percy le cochon-tirelire, Quackers le canard en bois, Harmony la poupée toupie, Bouffon et… Scout, le vrai chien du garçon. En passant dans le monde de l’Obscur, les jouets subissent une étrange transformation et prenne une apparence plus réaliste.

Si l’histoire s’abreuve du monde imaginaire de l’enfance, il ne s’agit pourtant pas vraiment d’un conte pour enfant. L’ambiance est en effet assez sombre et violente et si loyauté, courage et amitié sont à la base du récit, doute, trahisons et manipulations sont également de la partie. Tout en soignant la psychologie des différents protagonistes, les auteurs livrent une quête prenante et riche en rebondissements.

Malgré un scénario intéressant, le principal attrait est sans aucun doute le graphisme envoûtant de Charles Paul Wilson III. Proposant des grandes cases aux tons sépia, il insuffle une propre identité à cette saga et livre un dessin qui se place au diapason de cette histoire qui mêle rêverie et violence.

Un premier tome très prometteur !

Retrouvez ce comics dans MON TOP 2011 !

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