Archive for the DC Deluxe Category

J.M. Straczynski et Ardian Syaf – Superman, Terre un (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, DC Deluxe, Séries, Superman, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2016], [En cours] with tags on 2 janvier 2017 by Yvan

Une excellente revisite !

J.M. Straczynski et Ardian Syaf - Superman, Terre un (Tome 2)À l’instar de la collection « Ultimate » de Marvel, ce label « Earth One » (« Terre Un » en français) propose une relecture moderne des super-héros dans un univers très accessible, débarrassé de toute continuité. Mais ce n’est pas tout, car DC Comics profite également de l’occasion pour rompre avec le mode de publication habituel en proposant des histoires complètes de plus de 100 pages au lieu des épisodes mensuels classiques d’une bonne vingtaine de pages. Le concept fonctionne immédiatement avec cette saga, mais également avec l’excellent « Batman Terre-Un » de Geoff Johns et Gary Frank. Comme le tome précédent reprenait deux volumes de la saga en V.O. (Superman, Earth 1 volume 1 et 2), cette suite est l’équivalent du troisième tome de Superman Earth One outre-Atlantique.

C’est Joseph Michael Straczynski (« Supreme power », Rising stars) qui est chargé de revisiter les origines de l’Homme de fer dans un contexte plus réaliste. La mission est périlleuse car il n’est pas le premier à s’attaquer aux origines de Superman et il devient donc de plus en plus difficile de proposer une alternative intéressante. Agée de plus de 60 ans, l’histoire de l’unique survivant de Krypton, est connue de tous et a déjà été revisitée plus d’une fois. Après le classique « Superman – L’homme d’acier » de John Byrne en 1986, le très beau « Superman – For All Seasons » de Jeph Loeb et Tim Sale en 1998, le très original All-Star Superman de Grant Morrison et Frank Quitely, le très sympathique Superman, Origines secrètes de Geoff Johns et Gary Frank et la version déjà très moderne de Mark Waid et Lenil Francil Yu (Superman – Droit du Sang), c’est maintenant au tour de J.M. Straczynski et Shane Davis de s’attaquer aux origines de Kal-El. Et il faut bien avouer que sur base du tome précédent, les deux auteurs s’en sortaient déjà haut la main.

La suite de cette relecture des aventures de l’Homme d’Acier invite donc à suivre les pas d’un Clark Kent qui se construit progressivement une nouvelle vie à Metropolis, tout en nouant des liens d’amitiés avec sa jolie voisine Lisa Lasalle. Alors que les autorités tentent encore d’assimiler le fait qu’une créature extra-terrestre puisse faire le ménage à Metropolis (et sur le reste de la planète) quand bon lui semble, un second Kryptonien fait son apparition sur Terre. Les intentions de Zod-El, l’oncle de Kal-El, sont cependant un peu moins nobles…

L’histoire proposée par Straczynski oppose donc Superman à une nouvelle menace, ce qui n’a rien de vraiment original à la base. Cette nouvelle confrontation n’est cependant qu’un prétexte utilisé par l’auteur pour développer un peu plus les origines de Kal-El et afin de permettre à notre héros de faire le tri entre sa nature kryptonienne et son humanité, le tout en sauvant le monde au passage… comme tout Superman qui se respecte. L’auteur propose donc une intrigue familière, mais dans un monde contemporain et en compagnie d’un héros légèrement différent. Si le vilain a beau être assez classique, le travail effectué par Straczynski sur les autres personnages s’avère assez intéressant. Sa réinterprétation du rôle de Lex Luthor s’avère en effet assez intéressante et le nouveau personnage de Lisa Lasalle contribue à rendre Clark Kent plus intéressant et à bousculer un peu son côté boyscout. En développant progressivement la personnalité de ce héros très humain, fragile et quelque peu isolé de la société, l’auteur parvient à intéresser les lecteurs à une histoire qu’ils connaissent pourtant déjà.

Visuellement, le trait fin et soigné du dessinateur sied parfaitement au développement très humain du personnage dans un contexte moderne et réaliste. Les décors sont d’ailleurs très fouillés avec une ville de Metropolis et des tenues vestimentaires très modernes.

Une des meilleures revisites des origines de Superman avec Superman – Droit du Sang.

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top comics de l’année !

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Geoff Johns et Gary Frank – Batman Terre-Un (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Batman, Comics, DC Deluxe, Geoff Johns, Trilogies, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2016] with tags , on 6 mai 2016 by Yvan

Excellente revisite de l’univers de Batman !

Geoff Johns et Gary Frank - Batman Terre-Un (Tome 2)À l’instar de la collection « Ultimate » de Marvel, ce label « Earth One » (« Terre Un » en français) propose une relecture moderne des super-héros dans un univers très accessible, débarrassé de toute continuité. Mais ce n’est pas tout, car DC Comics profite également de l’occasion pour rompre avec le mode de publication habituel en proposant des histoires complètes de plus de 100 pages au lieu des épisodes mensuels classiques d’une bonne vingtaine de pages. Le concept fonctionne immédiatement et après les deux volumes de Superman (Superman, Earth 1 volume 1 et 2) repris dans l’excellent Superman – Terre Un de Joe Michael Straczynski, se sont maintenant Geoff Johns et Gary Frank qui s’attaquent à cette revisite des origines de Batman dans « Batman Earth One ».

Après un premier volet particulièrement convaincant, j’avais hâte de découvrir la suite de cette relecture moderne des aventures du Dark Knight. Si le tome précédent opposait un Batman encore particulièrement maladroit à Oswald Cobblepot, alias le Pingouin, le Caped Crusader doit maintenant combattre sur plusieurs fronts. Il y a tout d’abord un mystérieux ennemi surnommé le Sphinx, qui multiplie les actes terroristes à Gotham. Il y a également une étrange créature reptilienne (Killer-Croc) qui rôde dans les égouts de la ville. Puis il y a cette corruption, qui n’a visiblement pas disparue avec la mort de l’ancien maire et dont notre héros tente de découvrir la source.

Au niveau du scénario, Geoff Johns livre de l’excellent boulot en proposant des intrigues qui s’imbriquent avec brio, des personnages bien travaillés et des scènes d’action parfaitement rythmées. De plus, le fait de découvrir un Batman totalement inexpérimenté, qui prend encore ses marques en tant que justicier, est particulièrement agréable car cette maladresse le rend non seulement plus vulnérable, mais également très attachant. J’ai également beaucoup aimé les liens qui se tissent au fil des pages avec le commissaire James Gordon.

Outre ce Batman plus humain, le récit propose également des personnages secondaires très fouillés, dont les auteurs se servent avec brio pour bousculer quelque peu l’univers connu du héros. Alfred n’est plus un « simple » majordome ayant fait du théâtre, mais un véritable mentor avec un passé militaire. Il n’est cependant pas le seul à bousculer les codes établis car l’auteur s’amuse à introduire d’autres personnages récurrents de l’univers du Chevalier Noir, tels que Harvey Dent ou Selina Kyle, mais toujours en y apportant une touche personnelle que l’on prend chaque fois grand plaisir à découvrir. Il n’est en effet jamais évident de narrer une histoire connue de tous car on a soit le risque de livrer quelque chose de trop redondant, soit le risque de trop bouleverser l’univers du personnage et de se faire descendre par tous ses fans. Force est de constater que les auteurs s’en sortent plutôt bien et parviennent à livrer quelque chose de différent et d’intéressant.

Visuellement, Gary Frank livre de l’excellent boulot, non seulement au niveau des émotions transmises par les protagonistes, mais également au niveau l’ambiance oppressante et angoissante dégagée par la ville de Gotham.

Vivement le troisième et dernier tome de cette saga qui ravira les fans et les néophytes !

Retrouver d’ailleurs cet album dans mon Top comics de l’année

Ils en parlent également : Yaneck

Derek Fridolfs et Dustin Nguyen – Little Gotham

Posted in BANDES DESSINÉES, Batman, Catwoman, Comics, DC Deluxe, Intégrales, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2015] with tags on 25 janvier 2016 by Yvan

Mignon et sympa, mais à petites doses !

Derek Fridolfs et Dustin Nguyen – Little GothamDès la couverture, ce qui attire dans cet album c’est le graphisme de Dustin Nguyen. Durant tout l’album, il s’amuse en effet avec l’univers de Gotham City en reprenant tous les personnages à la sauce « Chibi ». Ce style « Super Deformed » issu du Japon gagne en popularité chez nous et consiste à proposer une version mignonne/enfantine des personnages en les dessinant avec un petit corps et une grosse tête. Outre cette approche caricaturale qui rend chaque personnage immédiatement attachant, il faut également saluer la mise en couleur réalisée à l’aquarelle, qui est tout bonnement somptueuse.

Au niveau du scénario, l’album est découpé en vingt-quatre petits chapitres, tous consacrés à une période de fête ou à un moment particulier de l’année. De Noël à Halloween, en passant par Pâques, Thanksgiving, la Saint-Valentin, la Saint-Patrick, les fêtes des pères et des mères, le Cinco de Mayo, la Fête Nationale, le nouvel an chinois ou encore le Comic-Con de Gotham, Dustin Nguyen ne rate pas une seule occasion du calendrier US pour réunir les personnages de Gotham et proposer une histoire courte sur le sujet.

Passant d’un Pingouin confronté aux dindes de Thanksgiving à un Robin s’attaquant aux gamins déguisés en super-vilains pendant la fête d’Halloween, l’auteur joue pleinement la carte de l’humour, que ce soit à travers des situations cocasses, des vannes bien placées ou des dialogues décalés. L’impertinence liée au personnage de Damian Wayne est à ce titre utilisée de manière très efficace. Malgré cette vision décalée, l’auteur parvient à rester au plus près des différents personnages, offrant ainsi une approche caricaturale particulièrement respectueuse. Les nombreuses références et clins d’œil à la mythologie de l’homme chauve-souris prouvent d’ailleurs qu’il adore l’univers de Batman.

Par contre, ça ne risque pas de plaire à tout le monde. Si vous n’accrochez pas au style graphique « Super Deformed », je vous invite déjà à passer votre chemin. Si, comme moi, vous n’êtes pas friand de récits courts jouant principalement la carte de l’humour et que vous préférez l’univers sombre de Batman, vous aurez du mal avec certains chapitres qui sont moins réussis que d’autres. Personnellement, je suis très fan du graphisme et j’aime assez l’aspect référentiel, mais après trois/quatre chapitres j’ai ma dose. Je suis donc incapable de lire cet album d’un seul coup… chose rare chez moi !

Ils en parlent également : Yaneck

Scott Beatty, Chuck Dixon et Marcos Martin – Batgirl, Année Un

Posted in BANDES DESSINÉES, Batman, Comics, DC Deluxe, Intégrales, Urban Comics, [DL 2015] with tags on 9 mars 2015 by Yvan

Revisite réussie des origines de Batgirl !

Scott Beatty, Chuck Dixon et Marcos Martin – Batgirl, Année UnAprès le très bon « Green Arrow – Année Un » et le récent « Robin : Année Un », qui relatait les premiers pas du jeune Dick Grayson en tant que sidekick du Dark Knight, le reboot des origines dans le cadre de la Renaissance DC se poursuit avec ce « Batgirl : Année Un» de Scott Beatty, Chuck Dixon et Marcos Martin.

Le concept demeure le même et invite donc à revisiter les débuts de la carrière super-héroïque de Batgirl, alias Barbara Gordon, la fille du célèbre commissaire de Gotham City. De la confection de son premier costume à ses premiers combats en tant que justicière, en passant par ses doutes et ses remises en question, le lecteur apprend donc à connaître ce personnage féminin qui prend Batman pour modèle. La mayonnaise prend assez vite car le lecteur n’a aucun mal à s’attacher à cette jeune fille volontaire que personne ne prend au sérieux, mais qui finit tout de même par s’imposer dans les rues de Gotham. La vulnérabilité de l’héroïne par rapport à ses collègues masculins contribue également à la rendre attachante.

Le récit est clairement orienté vers l’action et le ton est beaucoup moins sombre que dans les récits dédiés au Dark Knight. L’intérêt ne se situe pas non plus au niveau de l’intrigue, qui demeure assez simple et propose des vilains pas forcément convaincants, … même si le pyromane Firefly vole déjà légèrement plus haut que son prédécesseur Killer Moth. C’est léger, c’est fun, c’est dynamique, les déboires de l’héroïne ne laissent personne insensible et le travail de Marcos Martin au dessin vaut assurément le détour. Son style épuré, fluide, élégant et dynamique s’installe immédiatement au diapason de cette excellente revisite des origines de Batgirl.

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top comics de l’année !

Chuck Dixon, Bruce Canwell, Javier Pulido et Lee Weeks – Robin : Année Un

Posted in BANDES DESSINÉES, Batman, Comics, DC Deluxe, Intégrales, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2014] with tags on 19 septembre 2014 by Yvan

Les débuts du plus célèbre des sidekicks !

Chuck Dixon, Bruce Canwell, Javier Pulido et Lee Weeks – Robin : Année UnÀ l’instar de l’incontournable « Batman : Year One » de Frank Miller et David Mazzucchelli, ce « Robin : Year one » relate les premiers pas du jeune Dick Grayson en tant que sidekick du Dark Knight. Ce concept « Year one » avait déjà donné naissance au très bon « Green Arrow : Year One » par Andy Diggle et Jock et devrait bientôt voir arriver la publication du « Batgirl – Year One » chez Urban Comics.

Outre les quatre épisodes de la mini-série « Robin : Year One », cet album contient également le one-shot « Batman Chronicles: The Gauntlet », déjà publié par Semic. Ce premier récit se concentre sur la fin de l’entraînement du jeune acrobate et sur le test que lui impose Batman afin de voir s’il est assez bon pour devenir son coéquipier. Ce récit, qui voit le jeune Robin aux prises avec les hommes de main du criminel Joe Minetti, est suivi de la saga qui raconte les premiers pas de Robin en tant que sidekick de Batman. Ces débuts vont directement l’opposer à des vilains tels que Mr. Freeze, Le Chapelier fou ou Double-Face et c’est surtout la confrontation extrêmement violente avec ce dernier qui va laisser de lourdes séquelles chez le jeune super-héros.

Au niveau du scénario, cet album est excellent. Les intrigues tiennent la route, les récits ont dynamiques et parfaitement rythmés, avec quelques réflexions intéressantes sur la présence d’un adolescent dans un environnement aussi violent et avec une relation Bruce Wayne/Dick Grayson/Alfred Pennyworth soignée aux petits oignons. Visuellement, les dessins de Lee Weeks et Javier Pulido ne sont pas en reste.

Du tout bon donc !

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top du mois et dans mon Top de l’année !

Grant Morrisson et Frank Quitely – Justice League, L’autre Terre

Posted in BANDES DESSINÉES, Batman, Comics, DC Deluxe, Intégrales, Superman, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2014] with tags on 29 août 2014 by Yvan

Le Syndicat du Crime dépoussiéré par Grant Morrisson !

Grant Morrisson et Frank Quitely - Justice League, L'autre TerreGrant Morrisson est un scénariste qui adore dépoussiérer les vieilles choses. Ici, il s’attaque aux personnages du Syndicat du Crime, une version maléfique de la Ligue de Justice, créée par Gardner Fox et Mike Sekowsky dans les années soixante et qui était rangée dans les placards de DC Comics depuis la fin des années quatre-vingt.

Quand on s’imagine Grant Morrisson s’attaquant au concept des Terres Parallèles et dépoussiérant les versions inversées des célèbres super-héros de DC dans ce monde alternatif, on s’attend tellement à un récit hyper compliqué qu’on aurait presque tendance à prendre préventivement une aspirine. Et bien non, à la surprise générale, l’auteur offre un scénario hyper accessible où la Justice League est appelée à la rescousse par Alexander Luthor, le dernier héros d’une planète jumelle de la Terre, où le Syndicat du Crime fait régner la terreur.

Mais attention, accessibilité ne rime pas forcément avec simplicité. Le scénariste écossais ne se contente en effet pas de proposer une belle baston entre la JLA (Justice League of America) et le CSA (Crime Syndicate of Amerika), qui se conclurait pas une cuisante victoire du Bien sur le Mal. Il évite d’ailleurs toute confrontation entre les deux équipes et se concentre sur l’essence même des deux mondes. Chacune des équipes se retrouve ainsi dans le monde de l’autre, mais aucune ne parvient à modifier l’ordre naturel des choses, le Mal triomphant toujours dans l’un et le Bien dans l’autre. Cette fatalité qui, dans un environnement qui, par nature, est vouée à privilégier le Mal, transforme chaque bonne action en une anomalie qu’il faut corriger, est approfondie avec intelligence par l’auteur, sans pour autant complexifier inutilement l’histoire.

L’autre force du récit est la caractérisation des personnages, Morrisson s’en donnant à cœur joie avec les versions maléfiques de Superman (Ultraman), Batman (Owlman), Wonder Woman (Superwoman), Green Lantern (Power Ring) et Flash (Johnny Quick). Quel plaisir de découvrir une version bad-ass de Superman , un Gordon chef de la mafia de Gotham ou une Superwoman en salope perverse.

Visuellement, Frank Quitely propose une mise en images d’une lisibilité exemplaire et force est de constater que le duo de « All Star Superman » fonctionne de nouveau à merveille. L’ouvrage est en plus agrémenté d’un bonus de près de quarante pages, comprenant notamment des extraits du script original et de nombreux croquis.

Profitant de la publication de l’event « Forever Evil », qui replace également les membres du Syndicat du Crime sur le devant de la scène, Urban Comics a donc la bonne idée de revenir sur cette très bonne collaboration entre Grant Morrison et Frank Quitely.

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top de l’année !

 

Joe Michael Straczynski et Adam Hughes – Before Watchmen, Dr. Manhattan (Tome 8)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, DC Deluxe, One-shots, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2014] with tags on 18 juillet 2014 by Yvan

Le dernier Before Watchmen !

Joe Michael Straczynski et Adam Hughes - Before Watchmen, Dr. Manhattan (Tome 8)Plus de vingt-cinq ans après la sortie du chef-d’œuvre d’Alan Moore, Dave Gibbons et John Higgins, DC Comics a lancé plusieurs mini-séries qui reviennent sur le passé des différents personnages de Watchmen. Ces récits regroupés sous le label « Before Watchmen » furent confiés à des auteurs de renom, tels que Joe Michael Straczynski, Darwyn Cooke, Joe et Andy Kubert, Brian Azzarello, Adam Hughes, Amanda Conner et J. G. Jones.

Après une première intégrale (Minutemen) signée Darwyn Cooke qui proposait de découvrir les premiers pas des Minutemen, un deuxième recueil (Compagnon) qui revenait sur l’histoire de trois personnages croisés dans « Watchmen » (William Benjamin Brady, alias Dollar Bill, Moloch et le corsaire Gordon McLachlan), une troisième intégrale qui s’attaquait au personnage le plus emblématique de Watchmen (Rorschach), un quatrième tome (Spectre Soyeux) qui s’intéressait à la jeunesse de la fille de Sally Jupiter , un cinquième volet qui plaçait Adrian Veidt, alias Ozymandias, sur le devant de la scène, un sixième album consacré au Hibou (deuxième du nom) et une très mauvaise intégrale qui s’intéressait au personnage par qui tout a commencé (Le Comédien), ce dernier tome revient sur les choix effectués par Jon Osterman, depuis cet accident qui l’a transformé en Dr. Manhattan.

Au lieu de simplement revenir sur l’origine du personnage de manière totalement linéaire, Joe Michael Straczynski a la bonne idée de présenter la vie du Dr. Manhattan comme une succession de choix parmi un nombre infini de probabilités. Cette approche est intéressante car il restitue à merveille le manque d’humanité de ce surhomme qui perçoit son quotidien comme une série de décisions et de probabilités qui mènent à une vie différente. Ce sont ces choix et ces motivations qui contribuent à mieux cerner le personnage, sans forcément le rendre humain. Ce portrait détaché et froid ne plaira pas à tout le monde, tout comme les questions métaphysiques, mais j’ai trouvé cela assez intelligent et agréable à lire. Le fait de revenir constamment sur le même problème de physique quantique concernant le contenu d’une boîte fermée a certes un côté légèrement rébarbatif, mais l’auteur a du coup l’intelligence de limiter son récit à quatre épisodes. De plus, la rencontre entre le Dr. Manhattan et Ozymandias s’avère particulièrement intéressante.

La mise en scène originale des différents choix du Dr. Manhattan s’installe très vite au diapason de ce récit. Les planches d’Adam Hughes sont très belles et accompagnent à merveille le portrait de ce personnage distant et déshumanisé.

Un dernier tome original et plaisant à lire !