Archive for the DC Essentiels Category

Frank Milller, Brian Azzarello et John Romita Jr. – Batman, Dark Knight The Last Crusade

Posted in Batman, Brian Azzarello, Comics, DC Essentiels, Frank Miller, One-shots, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2017] with tags on 24 février 2017 by Yvan

Prélude frustrant au cultissime Dark Knight Returns !

Frank Milller, Brian Azzarello et John Romita Jr. – Batman, Dark Knight The Last CrusadeQuand on entre dans une librairie et qu’on repère un album de Batman affichant Frank Milller et Brian Azzarello au scénario et John Romita Jr. au dessin, on ressort forcément avec.

Ce récit imaginé par l’auteur de « Sin City » plonge le lecteur dans une ville de Gotham toujours mise à mal par ses vilains les plus redoutables. Si Batman fait de son mieux pour déjouer les plans du Joker, de Poison Ivy et de Killer Croc, il se fait néanmoins de plus en plus vieux. Moins résistant et plus aussi vif que dans le temps, il devient plus vulnérable qu’avant et commence à évoquer sa retraite avec Alfred et Selina Kyle. Surtout que Jason Todd, le nouveau Robin, a toutes les qualités pour devenir son successeur…

« Dark Knight The Last Crusade » aborde donc le thème de la succession en compagnie d’un Batman quadragénaire au bout du rouleau, qui a pris sous son aile un side-kick aussi doué que fougueux. Cette histoire, qui forme un prélude au cultissime « Dark Knight Returns », plonge le lecteur dans les pensées d’un Dark Knight vieillissant, comme Frank Miller sait si bien le faire. Le seul point négatif est que ce récit, qui fait inévitablement écho à « Un deuil dans la Famille », ne fait même pas soixante pages et que la fin, très abrupte, risque d’abandonner beaucoup de lecteurs sur leur faim.

Heureusement, visuellement, plus de vingt ans après sa collaboration avec Frank Miller sur l’incontournable « Daredevil: Man Without Fear », on a droit à un John Romita Jr. en grande forme. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé son travail sur l’apparence du Joker et de Killer croc. De plus, afin de compenser la brièveté du récit, Urban Comics propose l’intégralité de la version crayonnée en deuxième moitié d’album, doublant ainsi (un peu artificiellement) le nombre de pages.

Un récit qui est surtout indispensable pour les fans de Batman et qui risque d’abandonner les autres sur leur faim.

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Jeph Loeb et Jim Lee – Batman Silence

Posted in BANDES DESSINÉES, Batman, Catwoman, Comics, DC Essentiels, Intégrales, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2013] with tags on 27 mai 2013 by Yvan

Un incontournable !

Jeph Loeb et Jim Lee - Batman Silence« Batman – Silence » (Hush en V.O.) reprend les douze épisodes de Batman #608 à #619. Le lecteur retrouve Jeph Loeb au scénario avec une structure de l’intrigue qui fait inévitablement penser à celle de Batman – Un Long Halloween et Batman – Dark Victory. Lors de cette nouvelle enquête du plus grand détective de Gotham, Batman va en effet à nouveau passer son temps à rechercher l’identité du mystérieux personnage qui lui mène la vie dure. Une énigme qui est, comme toujours, parsemée des meilleurs clients de l’Asile d’Arkham.

En seulement douze épisodes, Jeph Loeb parvient à faire défiler une quantité impressionnante de personnages connus (le Joker, Killer Croc, le Sphinx, Poison Ivy, Superman, Catwoman, Harley Quinn, Nightwing, Robin, Oracle, Huntress, l’Epouvantail, Harvey Dent, Ra’s Al Ghul, etc.) au sein d’une intrigue prenante et bien construite. A part le Pingouin, Mr. Freeze et le Chapelier Fou, je ne vois pas trop quels personnages connus manquent à l’appel de ce défilé impressionnant. Les interactions entre les différents personnages sont très intéressantes, notamment la relation entre Batman et Catwoman, la première bataille officielle entre Batman et Superman, mais surtout l’affrontement entre Batman et le Joker, où l’on voit ressortir toute la haine, la colère et les anciens démons de Batman. Grâce à ces développements intéressants, le côté ‘surabondance’ de super-vilains ne dérange plus vraiment, surtout que chaque apparition est pourvue des références nécessaires au passé de l’Homme Chauve-souris, afin de ne pas perdre les néophytes en cours de route.

Finalement, malgré les risques pris par Loeb au niveau du scénario vis-à-vis des fans de Batman, il s’en sort plutôt bien. Car en ‘ressuscitant’ des personnages décédés, en faisant passer des vilains du côté des gentils et vice-versa, et en développant la relation entre Catwoman et Batman, le scénariste n’a pas eu peur de faire des vagues dans l’univers de Batman. L’intrigue commence de manière peu prenante avec des bastonnades peu convaincantes, mais petit à petit Loeb va parvenir à intriguer le lecteur et à porter toute son attention sur ce mystérieux personnage qui semble tirer les ficelles dans l’ombre. La narration en voix-off permet au lecteur de s’immerger totalement dans les doutes et la haine qui envahissent les sentiments du Dark Knight tout au long de cette aventure qui fait remonter ses anciens démons à la surface. Si le récit est assez classique et que la révélation finale est un peu frustrante, il parvient cependant à nous tenir en haleine jusqu’à la dernière page et à introduire le personnage de Silence dans l’univers de Batman.

Au dessin, Jeph Loeb a remplacé son partenaire habituel, Tim Sale, par Jim Lee. Le dessin de ce dernier, malgré son côte trop comics et la musculature trop bodybuildée des personnages, est vraiment de toute beauté, avec quelques superbes doubles pages, ainsi que des flashbacks qui sont bien rendus, grâce à un changement de style très identifiable.

En plus des douze épisodes de Jeph Loeb et Jim Lee, ainsi que les couvertures originales, cette nouvelle édition d’Urban Comics propose également les bonus proposés aux USA dans la version Absolute Hush, c’est-à-dire près de quatre-vingt pages de bonus, dont les dessins préparatoires de Jim Lee.

Un album que vous pouvez également retrouver dans mon Top de l’année !

Brian Azzarello et Jim Lee – Superman, Pour demain

Posted in BANDES DESSINÉES, Brian Azzarello, Comics, DC Essentiels, Deluxe, Intégrales, Panini, Superman, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2010], [DL 2013] with tags on 30 avril 2013 by Yvan

Pas le meilleur récit de Brian Azzarello !

gif creator onlineCe récit complet écrit par Brian Azzarello et illustré par Jim Lee reprend les épisodes Superman #204 à #215, parus entre juin 2004 et mai 2005.

Cette histoire qui débute par un Superman essayant de comprendre pourquoi des milliers de gens ont disparu de la surface de la Terre sans laisser de trace, est pour le moins confuse. L’idée de base, partant d’un Kal-El, dernier représentant d’une planète que son père n’a pas réussi à sauver et hanté par l’idée que la même chose puisse arriver à sa Terre d’accueil, n’est pourtant pas mauvaise. Ce récit plus mystique change certes des classiques récits de bastons consacrés à l’Homme d’Acier, mais le fait de ne comprendre le fond de l’histoire qu’en toute fin d’album est tout de même assez frustrant et gâche une grande partie de la lecture. Sans même parler de cette zone fantôme et de ce père Leone transformé, qui m’ont laissé assez dubitatif. L’aspect introspectif de cette saga exhibant un Superman plus humain que d’habitude n’est pourtant pas inintéressant, mais le fait d’être maintenu dans l’obscurité avant d’aboutir à une fin finalement assez décevante, est plutôt frustrant. Le personnage féminin issu du Moyen-Orient est visuellement intéressant mais finalement pas assez développé, tout comme l’identité et le rôle des employeurs de Mr. Orr.

Le dessin musclé de Jim Lee est par contre à la hauteur des espérances. Si son style nous donne droit à une Wonder Woman assez réussie, j’ai malheureusement été moins convaincu par la représentation de Lois Lane. Les scènes d’action, comme l’affrontement avec Wonder Woman ou avec les quatre créatures élémentaires, sont par contre très réussies.

Jim Starlin et Jim Aparo – Batman, Un deuil dans la famille

Posted in BANDES DESSINÉES, Batman, Comics, DC Essentiels, Intégrales, Semic, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2000 à 2005], [DL 2013] with tags on 26 avril 2013 by Yvan

Totalement dispensable !

gif creator onlineAyant lu plusieurs avis sur cet album avant de le lire, je savais que je ne devais pas forcément m’attendre à quelque chose d’extraordinaire. Mais bon, que voulez-vous, la mort d’un super-héros c’est vendeur et, avec un titre pareil, je ne pouvais par éternellement résister à la tentation de lire cet album. J’aurais pourtant dû !

Déjà le scénario est d’une faiblesse rare et s’amuse à prendre le lecteur pour un imbécile tout au long de l’album. Le récit joue beaucoup trop avec le « hasard » et les « coïncidences » sont franchement beaucoup trop grosses. On dit souvent que le monde est petit, mais il ne faut pas pousser le bouchon trop loin tout de même. De plus, sortir Batman de Gotham City n’est pas vraiment la meilleure chose à faire, car un type qui court déguisé en collants dans les déserts du Moyen-Orient et d’Afrique, ça ne le fait pas trop. C’est même assez ridicule par moments. Au final, à part la mort de Robin (qui est plutôt vite expédiée et qui n’est même pas un choix de l’auteur, mais des lecteurs), il n’y a pas grand-chose d’intéressant à se mettre sous la dent dans cet album.

Au niveau du graphisme, ce n’est pas beaucoup mieux, voire même pire. Quand on voit ce qui se faisait à l’époque, on peut carrément dire que le dessin de Jim Aparo est extrêmement vieillot, sans parler de la colorisation, qui est tout bonnement horrible.

Bref, vous évitez cette lecture et vous notez juste : c’est ici que Jason Todd, alias Robin, est mort. That’s it, circulez, il n’y a rien à voir !

Mark Waid et Leinil Francis Yu – Superman, Les origines (Birthright)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, DC Essentiels, Intégrales, Panini, Superman, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2013] with tags on 8 février 2013 by Yvan

La réédition de « Droit du sang » par Urban Comics

gif creator onlineUne planète, au bord de l’explosion, vit ses dernières heures. L’éminent scientifique Jor-El et sa femme sont devant un dilemme : envoyer leur bébé dans l’espace dans l’espoir fou d’en faire le seul survivant de Krypton ou accepter la fin de leur race en famille ? Le petit Kal-El trouvera finalement son salut sur terre, au sein d’une famille de fermiers de la petite communauté agricole de Smallville : les Kent !
Des années plus tard, le jeune Clark explore le monde et se retrouve en mission sur le continent africain en tant que journaliste freelance. Mêlé à une crise politique, c’est à visage découvert qu’il utilisera ses pouvoirs surhumains afin d’éviter le massacre. Le regard de terreur que cette intervention éveillera dans les yeux de la population locale, poussera le fils Kent à revêtir un costume pour combattre l’injustice dans le monde. Un plan de carrière, qui l’emmène à Métropolis, où, un nouveau job de reporter au Daily Planet lui permet de découvrir les plans machiavéliques d’un certain Lex Luthor et d’effectuer ses premiers exploits publics en tant que Superman !

Agée de plus de 60 ans, cette histoire connue de tous, méritait un petit dépoussiérage afin de lui donner une interprétation plus moderne. Mark Waid, célèbre pour sa conception des années futures de Superman dans Kingdom Come, livre donc une refonte des origines du héros, en parcourant des sentiers battus qu’il parsème d’une touche personnelle. En regroupant les 12 épisodes de la maxi-série Superman – Birthright parue chez DC Comics en 2003-2004, Droit du Sang offre au lecteur LE Superman du XXIème siècle.

La première partie du récit couvre la période précédant son arrivée à Metropolis, où, parcourant le monde, le jeune fermier du Kansas fait ses armes en tant que journaliste et en tant que justicier. Connecté par émail à ses proches et par hologlyphe à son héritage kryptonien, ce surhomme cherche désespérément sa place dans l’univers. Ce passage en Afrique constitue l’un des points culminants de l’approche de Waid, car il permet de comprendre le sens du sacrifice pour la bonne cause que véhicule ce héros sans masque, ainsi que l’égard envers toute forme de vie que porte ce végétarien.

La deuxième partie, consacrée aux premiers exploits médiatisés de Superman, démontre à nouveau la difficulté d’écrire une aventure prenante pour un demi-dieu quasi indestructible. Pourtant, le travail de Waid, exploitant au maximum l’origine extraterrestre du personnage et accentuant sa solitude face à la difficulté de se faire accepter par la population, n’est pas dénué d’intérêt. Les talents exagérés d’un Lex Luthor à cheval entre le businessman et le savant fou et l’utilisation inévitable de kryptonite, dans une énième tentative d’équilibrer les affrontements vis-à-vis de l’homme d’acier, est plus discutable et entrave légèrement la crédibilité de l’histoire.

Mais, qu’en est-il du Saint Graal de l’univers comics : la continuité. En jouant avec cette arme à double tranchant qui rend périlleuse toute revisite de personnage, Waid va fatalement blesser quelques fans. Néanmoins, les soins apportés à ce héros qu’il affectionne, justifient probablement l’intervention. Allant jusqu’à puiser des éléments familiers dans d’autres formes de média, comme les séries TV et les films dédiés au surhomme, le scénariste livre un protagoniste remodelé, capable de séduire un public plus large, tout en respectant l’essence même du premier des super-héros américains. Le vrai Clark Kent s’avère avoir deux déguisements : l’un derrière des lunettes, l’autre arborant un «S» dont la signification va dorénavant au-delà de l’écu familial. Avec une Martha Kent surfant sur internet, une Métro-Tower menaçant de s’effondrer suite à une attaque terroriste, des élèves armés tirant dans un collège ou un symbole américain intervenant dans un conflit africain, cette version hybride de Superman est en parfaite harmonie avec l’ère moderne.

Le style particulier du dessin dynamique de Leinil Francis Yu (Wolverine) confirme également cet élan de modernisation. Sa version inspirée de la planète natale de Kal-El et son habileté à accentuer la force surhumaine du protagoniste principal en l’autorisant à sortir des cases alors que les simples mortels y sont confinés, impressionneront même les adeptes de styles graphiques plus épurés.

Cet album qui offre une interprétation intemporelle, respectueuse et accessible d’un personnage DC qui en avait grand besoin, est une lecture totalement recommandable aux néophytes et sujet à controverses et écoulements de salive pour les autres.

Loeb & Sale – Batman, Un Long Halloween

Posted in BANDES DESSINÉES, Batman, Comics, DC Essentiels, Intégrales, Panini, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2009] with tags , on 11 janvier 2013 by Yvan

Batman - Un long Halloween Loeb et SaleSi les collaborations entre Jeph Loeb et Tim Sale ont su prouver l’efficacité de ce duo, c’est indéniablement avec Batman – Un Long Halloween (qui est une des meilleures aventures du Chevalier Masqué) qu’ils graveront leurs noms dans l’histoire de Batman et des comics en général.

“The Long Halloween” est initialement paru entre 1996 et 1997 en 13 fascicules en VO chez DC Comics. Cette saga avait la particularité de paraître mensuellement, avec une progression de l’histoire proche du temps réel.

Ce feuilleton en treize chapitres mensuels commençant et finissant à Halloween (d’où le titre de cette saga), fut ensuite repris en 4 volumes en VF chez Semic et est depuis disponible en intégrale.

C’est grâce à Archie Goodwin, initiateur du projet et éditeur respecté du milieu comics, et avec la bénédiction de Frank Miller, que Jeph Loeb et Tim Sale s’attaquèrent à cette ‘suite’ de Batman – Année 1, retraçant le passage de relais entre la mafia de Gotham et les criminels costumés, qui n’étaient pas encore pris au sérieux, mais qui vont finalement prendre les affaires criminelles en main lors de cette terrible année qu’Archie nomma «Long Halloween».

L’histoire commence donc là où Miller l’a abandonnée à la fin de Batman – Année 1 : Batman débute sa carrière, James Gordon n’est pas encore commissaire, Harvey Dent n’a qu’un visage et Gotham City est contrôlée par de grandes familles mafieuses intouchables (les Falcone, les Maroni, les Sullivan).

Tout débute un soir d’Halloween, sous forme d’hommage au film «Le Parrain», avec le meurtre d’un des membres de la famille Falcone. Ce meurtre n’est que le premier d’une longue série et lancera tout Gotham à la poursuite d’un mystérieux meurtrier qui se fait appeler Holiday, car chacun de ses assassinats correspondent à un jour de fête (Halloween, Thanksgiving, Noël, Nouvel An, St-Valentin, 1er Avril, Fête des mères, Fête des pères, Independence Day, etc.).

Une parution par mois, un jour de fête par mois, un meurtre par mois : cette enquête policière en temps réel tiendra les lecteurs américains en halène pendant un an et modifiera à jamais le quotidien déjà peu attrayant de Gotham City.

Sous forme de polar noir et sur fond mafieux, Jeph Loeb va parsemer son récit de nombreuses pistes, incitant le lecteur à trouver l’identité de ce meurtrier en série avant que Batman n’y parvienne. En construisant son histoire autour d’une enquête policière qui va déchirer Gotham City, Jeph Loeb place intelligemment notre détective masqué dans son élément naturel.

Même si la majorité du récit gravite autour des familles mafieuses et du Romain, cela n’empêche pas Jeph Loeb d’intégrer, un à un, les protagonistes costumés les plus connus de l’univers de l’homme chauve-souris. On a premièrement ceux introduits par Miller dans Batman – Année 1 (Catwoman et Harvey Dent, alias Pile-ou-Face) et ceux déjà traités par Loeb dans « Batman – Halloween » (l’Epouvantail, le Chapelier Fou, le Joker, Poison Ivy et le Pingouin), mais également l’Homme Calendrier, Solomon Grundy et le Sphinx (The Riddler).

La vraie force de Loeb est d’être parvenu à intégrer tous ces personnages de manière crédible à son récit, tout en développant habilement les liens entre les différents protagonistes. Du Joker, mort de jalousie des crimes de Holiday, à l’Homme Calendrier, copiant Hannibal Lecter, chaque apparition est soignée et contribue à la force du récit. Le climax étant obtenu lors de l’apparition simultanée de Catwoman, Batman, Pile-ou-Face, l’Epouvantail, le Chapelier Fou, le Joker, Poison Ivy et du Pingouin dans une des pièces de la maison du Romain.

L’évolution de l’amitié entre Batman, James Gordon et Harvey Dent au fil des meurtres est également intéressante à suivre dans ce climat où tout le monde finit par suspecter l’autre d’être Holiday. Alors que les émotions de Batman se limitent souvent à la perte de ses parents, la mise à l’épreuve de cette amitié va nous montrer un autre côté sensible du Chevalier Masqué.

Et comme si cela ne suffisait pas encore, cette histoire narrée par Batman en personne, va également revisiter les origines du personnage de Pile-ou-Face, nous divulguant les origines de sa pièce de monnaie et de son visage mutilé. Le fait de découvrir l’homme qu’était Pile-ou-Face avant son accident va changer la vision qu’on a de ce personnage maléfique.

Et que dire du dessin de Tim Sale qui revoit ici la majorité des personnages de la série d’un style qui balance à la perfection le réalisme et le côté caricatural des protagonistes. D’une Poison Ivy enchanteresse à une Catwoman à la silhouette insaisissable, en passant par un Joker dès plus charismatique, Tim Sale a su leur donner le caractère nécessaire et une touche personnelle réussie.

L’univers sombre et corrompu de Gotham ressort à merveille du graphisme et la silhouette de Batman se fond dans l’ombre de ce décor, enveloppant le lecteur dans cette cape qui semble flotter au gré du vent au-dessus des pages de ce chef-d’œuvre. En plus, Tim Sale et Gregory Wright (à la colorisation) nous servent quelques gros-plans et doubles pages, qui ne viennent pas juste exploser la rétine du lecteur de manière gratuite, mais viennent porter l’attention sur des détails intéressants du récit, rendant le tout encore plus unique.

Bref, vous l’aurez compris, cette série qu’il vaut mieux lire avant d’attaquer Batman – Dark Victory, s’avère être une lecture indispensable.

Jeph Loeb et Tim Sale – Batman, Amère victoire / Dark Victory

Posted in BANDES DESSINÉES, Batman, Comics, DC Essentiels, Intégrales, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2012] with tags on 27 août 2012 by Yvan

La suite incontournable d’un Long Halloween !

Jeph Loeb et Tim Sale - Batman, Amère victoire / Dark VictoryAprès avoir construit l’excellent Batman – Un Long Halloween sur base du récit Batman – Année 1 de Frank Miller, Jeph Loeb et Tim Sale livrent la suite de Batman – Un Long Halloween, tout en reprenant plusieurs personnages de Batman – Année 1.

Initialement paru entre 1999 et 2000 en 13 fascicules en VO chez DC Comics, « Batman – Dark Victory » fût également publié en 4 volumes en VF chez Semic avant d’être repris en version intégrale dans cette collection DC Essentiels d’Urban Comics.

L’histoire commence donc là où Loeb l’a abandonnée à la fin de Batman – Un Long Halloween : Holiday et Pile-ou-Face sont incarcérés à l’asile d’Arkham, la pègre de Gotham City a été décapitée avec la mort du Romain, tandis que Batman et le commissaire Gordon doivent faire face au crime sans le procureur Harvey Dent. Malheureusement pour le Dark Knight et heureusement pour nous, la mafia de Gotham va vite reprendre des couleurs avec la fille du Romain aux commandes. Batman aura donc du pain sur la planche au milieu d’une Sofia Falcone revancharde et d’un nouveau procureur (Janice Porter) qui décide de rouvrir le dossier de Holiday.

Jeph Loeb met brillamment en place sa galerie d’acteurs dans ce nouveau polar qui vient à nouveau mettre à l’épreuve les facultés de détective de l’homme chauve-souris. Depuis l’année de Batman – Un Long Halloween et la mort du Romain, la pègre n’a donc plus le monopole sur les activités criminelles de Gotham et, cette mafia qui était auparavant intouchable, doit maintenant également faire face aux criminels masqués évadés d’Arkham. Le scénario reprend la recette de Batman – Un Long Halloween et l’évasion du Joker, de l’Epouvantail, de l’Homme Calendrier, de Solomon Grundy, de Holiday et de Pile-ou-Face est accompagnée de meurtres de policiers corrompus, auxquels James Gordon avait du faire face lors de son arrivée à Gotham City dans Batman – Année 1 et qui sont maintenant retrouvés pendus lors de jours fériés. La clé des messages sibyllins laissés par ce mystérieux tueur en série, le Pendu (The Hangman), qui arpente les rues de Gotham City, demeure longtemps un mystère. C’est dans ces eaux troubles de Gotham que le commissaire James Gordon et son équipe, sous l’œil attentif de Batman, vont tenter de trouver la réponse à cette énigme.

Ce scénario, qui introduit le mystère du Pendu, le personnage de Robin et le nouveau procureur, qui met en verve une galerie impressionnante d’ennemis de Batman, réorganise la mafia de Gotham et tire la parallèle avec Batman – Un Long Halloween, est donc d’une grande richesse. Plus que l’identité du tueur, c’est surtout le développement psychologique des personnages et l’évolution de leurs liens qui est intéressante à suivre, ainsi que l’importance que donne Jeph Loeb à la relation entre enfants et parents et à la dualité qu’il développe chez certains personnages (Pile-ou-Face, Batman, Catwoman).

Visuellement, Tim Sale reste égale à lui-même et livre des planches de toute beauté. La technique du flashback parallèle qu’il utilise pour comparer les destins de Bruce Wayne et Dick Grayson, démontre également son envie d’innover.

Si d’un côté, « Batman – Dark Victory » souffre de la comparaison et de sa structure identique à Batman – Un Long Halloween (meurtres en série les jours de fêtes, introduction d’un personnage important (Pile-ou-Face/Robin), relations Gordon-Dent-Batman-Catwoman), de l’autre, il est difficile de s’imaginer une meilleure suite possible aux meurtres de Holiday.

Au final, balançant entre ‘remake dans l’ombre de’ et ‘suite réussie de’ Batman – Un Long Halloween, et également inspiré de l’excellent Batman – Année 1 de Frank Miller et David Mazzucchelli, ce « Batman – Dark Victory » continue d’explorer les premières années de l’Homme Chauve-Souris avec brio.

Reste maintenant à lire Catwoman – à Rome des mêmes auteurs et se déroulant pendant les événements de « Batman – Dark Victory », afin de découvrir ce qu’a fait Catwoman entre la St. Valentin et Thanksgiving.