Archive for the Vertigo Essentiels Category

Jeff Lemire – Sweet Tooth (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Trilogies, Urban Comics, Vertigo Essentiels, [DL 2016], [Sans super-héros] with tags , on 22 février 2017 by Yvan

Une bien belle histoire…

Jeff Lemire - Sweet Tooth (Tome 3)Ce troisième volet de plus de 380 pages marque la conclusion de cette saga de quarante épisodes débutée en 2009.

Cette trilogie plonge le lecteur dans un monde post-apocalyptique, où la majeure partie de la population a été éradiquée par une pandémie. Depuis le début de la catastrophe, des êtres hybrides, mi-humains mi-animaux, sont apparus, dont le petit Gus. Jeff Lemire abandonne néanmoins la quête identitaire de ce gamin de neuf ans qui ressemble à un cerf, pour un voyage dans le passé à bord du HMS Aberdeen en direction de l’Alaska. Le début d’album nous ramène ainsi en 1911, en compagnie du Dr James Thacker, parti à la recherche de son beau-frère, disparu lors d’une expédition dans les terres gelées. Ce qu’il va y découvrir nous en apprendra un peu plus sur l’origine du fléau…

La suite de l’album reprend le récit là où on l’avait abandonné, en compagnie de Gus et de son fidèle protecteur. Après avoir dévoilé la vérité autour du projet Evergreen, l’auteur poursuit la quête de vérité de Gus et de ses amis en direction de l’Alaska… là où tout a débuté. Ce road-trip ne sera cependant pas de tout repos car Abbot semble toujours bien décidé à éliminer cet enfant-cerf qui est né avant le début de l’épidémie et n’a de surcroît pas de nombril.

Si le lecteur apprend enfin toute la vérité concernant l’origine de l’épidémie et du héros, l’intérêt principal de la saga demeure néanmoins la relation touchante entre Gus et Shepperd. Le lecteur n’a aucun mal à s’attacher à ce pauvre gamin qui se retrouve tout d’abord livré à lui-même et qui court en suite de désillusion en désillusion lorsqu’il découvre les nombreux travers de l’humanité. Jeff Lemire démontre une nouvelle fois qu’il est un narrateur hors pair et livre un héros dont la naïveté tranche intelligemment avec la dureté du monde qui l’entoure et du gros dur qui l’accompagne.

Visuellement, j’ai toujours fort apprécié le trait de Jeff Lemire et la colorisation sobre de José Villarrubia (déjà présent sur « Trillium ») s’avère une nouvelle fois très efficace. Le trait particulier de Jeff Lemire peut rebuter au premier abord, mais je le trouve d’une grande efficacité et son découpage est toujours irréprochable. N’hésitant pas à changer de style lors de flash-backs ou lors de passages imaginaires, voire même à passer à un format à l’italienne lors d’un chapitre entier, l’auteur livre un graphisme qui restitue non seulement l’hostilité de l’environnement ambiant, mais qui saisit également avec brio les nombreuses émotions de ses personnages.

Notons finalement la présence d’une interview particulièrement intéressante de l’auteur en fin d’album.

Bref, lisez « Sweet Tooth » car c’est une bien belle histoire… et lisez Jeff Lemire car, de ses œuvres plus personnelles (Essex County, Monsieur Personne, Jack Joseph soudeur sous-marin) aux séries super-héroïques (Green Arrow, Animal Man…), en passant par de la science-fiction (genre dont je ne suis pourtant pas fan) avec Trillium, l’artiste canadien ne déçoit jamais.

Jeff Lemire – Sweet Tooth (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Trilogies, Urban Comics, Vertigo Essentiels, [DL 2016], [Sans super-héros] with tags on 5 août 2016 by Yvan

Road-trip en compagnie d’un héros attachant !

Jeff Lemire - Sweet Tooth (Tome 2)Chaque sortie d’un album de Jeff Lemire est pour moi l’occasion de faire sa pub car, malgré une popularité croissante, l’auteur reste à découvrir pour de nombreux lecteurs… et il serait vraiment dommage de passer à côté de son œuvre. De ses œuvres plus personnelles (Essex County, Monsieur Personne, Jack Joseph soudeur sous-marin) aux séries super-héroïques (Green Arrow, Animal Man…), en passant par de la science-fiction (genre dont je ne suis pourtant pas fan) avec le récent Trillium, l’artiste canadien ne déçoit en effet jamais.

Pour cette saga en solo débutée en 2009, l’auteur livre un récit plus long que d’habitude puisqu’il comptabilise quarante épisodes au total. Après un premier volet qui proposait les onze premiers chapitres de cette saga, la suite de cette trilogie replonge immédiatement le lecteur dans ce monde post-apocalyptique, où la majeure partie de la population a été éradiquée par une pandémie, il y a de cela une dizaine d’années. Depuis le début de la catastrophe, des êtres hybrides, mi-humains mi-animaux, sont apparus, dont le petit Gus. Le lecteur retrouve ce gamin de neuf ans qui ressemble à un cerf, là où il l’avait abandonné à la fin du premier volet : enfermé dans une cage avec d’autres enfants hybrides, livrés aux mains d’un scientifique sans scrupules qui espèrent trouver un remède au fléau !

La première partie de l’album développe en parallèle les efforts d’un Jepperd qui s’allie avec une étrange milice pour sauver son ami et le sort de ce pauvre gamin qui intrigue les scientifiques au plus haut point puisqu’il semble être né avant le début de l’épidémie et n’a de surcroît pas de nombril. Une fois libéré de ses tortionnaires, la deuxième partie d’album poursuit le road-trip de Gus et de ses amis, qui décident cette fois de se rendre en Alaska… là où tout aurait débuté. La route est cependant une nouvelle fois parsemée d’embuches et d’étranges rencontres, dont le particulièrement flippant Walter Fish…

Sweet Tooth propose donc un road-trip en compagnie d’un héros dont la naïveté tranche intelligemment avec la dureté du monde qui l’entoure. Le lecteur n’a aucun mal à s’attacher à ce pauvre gamin qui se retrouve tout d’abord livré à lui-même et qui court en suite de désillusion en désillusion lorsqu’il découvre les nombreux travers de l’humanité. De plus, en multipliant les allers-retours afin de donner plus de profondeur à ses personnages et afin de lever le voile sur certaines zones d’ombre de son intrigue, Jeff Lemire démontre une nouvelle fois qu’il est un narrateur hors pair.

Visuellement, j’ai toujours fort apprécié le trait de Jeff Lemire et la colorisation sobre de José Villarrubia (déjà présent sur « Trillium ») s’avère une nouvelle fois très efficace. Le trait particulier de Jeff Lemire peut rebuter au premier abord, mais je le trouve d’une grande efficacité et son découpage est toujours irréprochable. N’hésitant pas à changer de style lors de flash-backs ou lors de passages imaginaires, voire même à passer à un format à l’italienne lors d’un chapitre entier, l’auteur livre un graphisme qui restitue non seulement l’hostilité de l’environnement ambiant, mais qui saisit également avec brio les nombreuses émotions de ses personnages.

Vivement la conclusion !

Jeff Lemire – Sweet Tooth

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Trilogies, Urban Comics, Vertigo Essentiels, [DL 2015], [Sans super-héros] with tags , on 8 janvier 2016 by Yvan

Road-trip en compagnie d’un héros attachant !

Jef Lemire - Sweet ToothDans les œuvres de Jeff Lemire, c’est comme dans le cochon: tout est bon ! De ses œuvres plus personnelles (Essex County, Monsieur Personne, Jack Joseph soudeur sous-marin) aux séries super-héroïques (Green Arrow, Animal Man…), en passant par de la science-fiction (genre dont je ne suis pourtant pas fan) avec le récent Trillium , l’artiste canadien ne m’a jamais déçu.

Pour cette saga en solo débutée en 2009, l’auteur livre un récit plus long que d’habitude puisqu’il comptabilise quarante épisodes au total. Ce premier des trois volets propose les onze premiers chapitres et plonge le lecteur dans un monde post-apocalyptique, où la majeure partie de la population a été éradiquée par une pandémie, il y a de cela une dizaine d’années. Depuis le début de la catastrophe, des êtres hybrides, mi-humains mi-animaux, sont apparus, dont le petit Gus. Ce gamin de neuf ans qui ressemble à un cerf, vit caché dans les bois avec son père. Lorsque ce dernier meurt, le garçon part à la découverte de ce monde dont son paternel tentait pourtant de le préserver…

Sweet Tooth propose donc un road-trip en compagnie d’un héros dont la naïveté tranche intelligemment avec la dureté du monde qui l’entoure. Le lecteur n’a aucun mal à s’attacher à ce pauvre gamin qui se retrouve tout d’abord livré à lui-même et qui court en suite de désillusion en désillusion lorsqu’il découvre les nombreux travers de l’humanité. De plus, en multipliant les allers-retours afin de donner plus de profondeur à ses personnages et afin de lever le voile sur certaines zones d’ombre de son intrigue, Jeff Lemire démontre une nouvelle fois qu’il est un narrateur hors pair.

Visuellement, j’ai toujours fort apprécié le trait de Jeff Lemire et la colorisation sobre de José Villarrubia (déjà présent sur « Trillium ») s’avère une nouvelle fois très efficace. Le trait particulier de Jeff Lemire peut rebuter au premier abord, mais je le trouve d’une grande efficacité et son découpage est toujours irréprochable.

Encore un album qui mérite une place dans mon bilan 2015 !

Brian Wood – Northlanders, Le livre européen (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Séries, Urban Comics, Vertigo Essentiels, [DL 2015], [Sans super-héros], [Terminées] with tags on 15 mai 2015 by Yvan

Les vikings contre la foi chrétienne !

Brian Wood - Northlanders, Le livre européen (Tome 3)Northlanders est une série imaginée par Brian Wood (DMZ), qui rend hommage aux vikings. Si dans l’imaginaire collectif ceux-ci sont représentés comme des guerriers scandinaves sanguinaires et barbares qui pillent pour le plaisir, Briand Wood tenait à proposer une vision quelque peu différente de celle véhiculée par les écrits des moines chrétiens, principales victimes de ces incursions normandes. L’auteur ne dépeint certes pas des enfants de chœur, mais il tente tout de même de tenir compte des us et coutumes de ce peuple afin de proposer le point de vue de différents personnages, allant d’un forgeron norvégien qui voit l’arrivée du Christianisme d’un très mauvais œil à un guerrier danois bien décidé à prendre la ville de Paris.

Si Panini avait déjà sorti deux albums souples contenant les huit premiers épisodes de cette saga composée de cinquante numéros, publiés chez Vertigo entre 2008 et 2012, Urban Comics a la bonne idée de publier l’intégralité de cette œuvre d’envergure en seulement trois volumes. En choisissant de regrouper les récits par zone géographique et en respectant l’ordre chronologique, l’éditeur chamboule totalement l’ordre de parution original. Ce troisième tome entièrement consacré aux aventures se déroulant sur les terres Européennes oppose les célèbres guerriers du nord à des ennemis redoutables : la foi chrétienne et la Peste !

Notons finalement que, si cette troisième brique reprend les numéros #17, #21-28, #30-34 et #37-40, les deux autres tomes s’attaquent respectivement aux contrées anglo-saxonnes et à l’Islande. Ce tome qui regroupe les récits européens de la saga est ainsi composé de cinq arcs principaux :

I. L’Art Viking du Combat Singulier (#17) : montre l’affrontement de deux champions qui représentent leurs seigneurs respectifs dans une querelle tellement ancienne que son origine en devient nébuleuse. Si cet épisode s’avère assez anecdotique, notamment dû à l’aspect dérisoire de l’affrontement en question, la représentation visuelle de Vasilis Lolos est plutôt réussie. Le décalage entre le dynamisme de ces planches violentes qui décrivent la combat et le texte qui sert surtout à expliquer comment les deux guerriers se sont retrouvés là, fonctionne également assez bien.

« Thor vous frappera depuis le ciel, comme un gros connard prétentieux, alors que Loki se faufilera derrière vous pendant que vous contez fleurette à une pucelle et vous découpera un rein avec une truelle. »

II. Métal (#30 à #34) : se déroule en Norvège, en 700, et invite à suivre les pas d’un forgeron qui n’accepte pas l’arrivée des chrétiens et la construction de leur église dans son village. Motivé par les apparitions de la déesse Hulda, le grand costaud va non seulement se débarrasser de l’envahisseur local, mais également se lancer dans une croisade à travers le pays, bien décidé à exterminer le péril chrétien partout où il le croise. En intégrant une albinos aux dons d’herboriste au périple sanglant d’Erik le forgeron, l’auteur propose une sorte de version viking de Bonnie et Clyde, qui fonctionne plutôt bien. Par contre, il fait également intervenir un élément surnaturel qui gagne en importance au fil du récit et qui a fini par me déranger. Visuellement, Riccardo Burchielli livre de l’excellent boulot, même s’il éprouve également des difficultés à intégrer les hallucinations d’Erik de manière crédible dans ses planches.

III. Le Siège de Paris (#37 à #39) : se déroule en 885 et suit le siège de la ville de Paris par 30.000 guerriers. Brian Wood se concentre sur un individu en particulier, qui refuse de capituler face à quelques centaines d’archers qui rendent cette tour imprenable. Malgré la longueur et le côté répétitif de ce siège, l’auteur parvient à rendre le récit intéressant en se focalisant sur l’aspect personnel de cet affrontement et sur la détermination inébranlable du personnage central. De son côté, Simon Gane soigne parfaitement la représentation visuelle de ce récit aux allures historiques, notamment au niveau des tenues et des armes.

IV. La Chasse (#40) : ce deuxième récit anecdotique de l’album se déroule en Suède, vers l’an 1.000, et invite à suivre un homme qui traque inlassablement un cerf à travers des bois enneigés. Cette poursuite illustrée par Matthew Woodson permet de partager les pensées du chasseur, de découvrir son passé et de comprendre pourquoi il ne peut se résoudre à abandonner cette proie, comme si celle-ci était devenue sa seule raison de vivre.

V. La Veuve et la Peste (#21 à #28): se déroule dans un village frappé par la Peste, sur les bords de la Volga en l’an 1.020. L’épidémie qui menace ce comptoir marchand incite les villageois à expulser ses malades et à s’isoler du reste du monde. Ce récit illustré par Leandro Fernandez, qui invite à découvrir le sort de la femme d’un notable du village qui vient de décéder de la maladie, est pour moi le meilleur de l’album. Outre des personnages hauts en couleurs, tels que Boris, le prêtre qui est à l’origine de cette vie en autarcie, ou Gunborg, un marchand aux méthodes musclées qui s’oppose fermement à ces mesures qui menacent son business, Brian Wood aborde des thèmes intéressants, notamment le rôle de la femme au sein de cette communauté dirigée par des hommes forts et charismatiques, mais également la place de la religion et de l’économie dans la vie des vikings, réflexion particulièrement intéressante en période de crise. Le sort de Hilda et de sa fille lors de ce terrible hiver nous tient en haleine de la première à la dernière page, tout comme la lutte de pouvoir qui sévit au sein du village.

En se basant sur un contexte historique d’une grande richesse, Brian Wood parvient à donner vie à une galerie de personnages hauts en couleurs et terriblement humains, qui permettent de rendre hommage aux guerriers scandinaves et à leurs traditions, tout en proposant des angles de vue différents. Si les artistes qui se succèdent au dessin ont tous un style assez différent , ils contribuent néanmoins tous à restituer l’austérité et la rudesse de l’environnement. Saluons également le travail de Doug McCaig, qui signe la colorisation de cet album et s’adapte avec brio aux différents artistes. Notons finalement la présence des superbes couvertures de Massimo Carnevale.

Encore un excellent tome, que vous pouvez retrouver dans mon Top comics de l’année !

Brian K. Vaughan et Tony Harris – Ex machina (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Séries, Urban Comics, Vertigo Essentiels, [Avec super-héros], [DL 2015], [En cours] with tags on 16 mars 2015 by Yvan

Toujours aussi bon !

Brian K. Vaughan et Tony Harris - Ex machina (Tome 3)« Ex Machina » est une saga de cinquante épisodes, publiés aux USA par Vertigo entre 2004 et 2010. Cette série a connu deux éditions françaises, mais n’avait encore jamais été éditée dans sa totalité. Heureusement qu’Urban Comics est là pour combler cette lacune et me permettre de lire cette excellente saga signée Brian K. Vaughan (Y, le dernier homme et Saga) et Tony Harris.

Le premier volet invitait à faire la connaissance de Mitchell Hundred, un ingénieur devenu capable de “parler” aux machines après avoir été blessé par un étrange artefact et ayant ensuite décidé de troquer sa carrière de super-héros pour la politique après avoir notamment empêché la destruction de l’une des tours du World Trade Center lors des attentats du 11 septembre 2001. Cet album qui reprend les épisodes #21 à #29, ainsi que l’épisode #3 d’ « Ex Machina Spécial », propose à nouveau un mélange d’intrigues politiques et d’action super-héroïque en suivant le quotidien du maire de New-York et en revenant intelligemment sur son passé de super-héros.

Ce troisième volet invite à suivre trois nouvelles histoires mettant le maire de New-York ou son alter ego à l’épreuve. Mitchell Hundred doit ainsi prendre position sur la consommation de cannabis et sur la réglementation de l’usage de la drogue en général. Il doit également faire face à un tueur en série déguisé en pompier qui plonge sa ville dans un climat d’insécurité, avant de faire la connaissance d’un nouveau personnage qui plonge New York dans un black-out total.

L’histoire de cet idéaliste qui se rend compte qu’il y a d’autres moyens pour aider les gens que de porter un costume de super-héros et qui se retrouve dès lors confronté à des problèmes d’une toute autre ampleur, est construite de manière très intelligente. Cette approche plus réaliste du genre super-héroïque permet de livrer un comics sur fond politique, qui se concentre sur les problèmes de la société. L’apparition du mystérieux vieil homme en fin de tome renoue cependant avec l’aspect plus fantastique de la série, tout en levant légèrement le voile sur l’origine des pouvoirs de notre héros.

Visuellement, Tony Harris livre de l’excellent travail dans une veine très réaliste et offre beaucoup de lisibilité à l’ensemble. Si le découpage est certes un brin trop classique, il faut par contre saluer la mise en couleurs des planches. Notons finalement que l’épisode d’Ex Machina Spécial est l’œuvre de John Paul Leon, qui réalise également du bon boulot, tout en conservant l’unité graphique de l’ensemble.

Bref, « Ex Machina » est une saga intelligente, mêlant politique et super-héroïsme, qui invite à réfléchir sur la capacité des surhumains à aider les gens au quotidien. Une lecture fortement recommandée !

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top Comics de l’année !

 

Peter Milligan, Cliff Chiang, Javier Pulido et Cameron Stewart – Human Target (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Diptyques, Urban Comics, Vertigo Essentiels, [DL 2014], [Sans super-héros] with tags on 2 février 2015 by Yvan

Conclusion d’un excellent thriller psychologique !

Peter Milligan, Cliff Chiang, Javier Pulido et Cameron Stewart - Human Target (Tome 2)En sortant les deux briques de cette saga à seulement quelques semaines d’intervalle, Urban Comics met mon rythme de lecture à rude épreuve. Si le premier volet s’avérait déjà très bon, les seize épisodes (Human Target Vol.2 #6 à #21) de cette conclusion sont une réussite totale.

Pour rappel, Christopher Chance, le personnage principal, est une cible humaine qui prend la place de ses clients menacés de mort et assume à leur place tous les risques qu’ils encourent. Le fait de mettre en scène un héros qui usurpe l’identité de ses employeurs offre énormément de possibilités au niveau du scénario. La fin du tome précédent abandonnait la Cible Humaine au beau milieu d’une liaison sentimentale compliquée avec la veuve d’une de ses anciennes identités, dont il avait d’ailleurs définitivement repris les traits. Si la première partie de cette suite délaisse quelque peu cette intrigue principale afin de donner à Christopher Chance le temps de se refaire une santé (mentale), la deuxième partie de cet album redonne son véritable visage au héros et fait revenir Mary aux avant-plans, ainsi que son ancien disciple Tom McFadden.

Christopher Chance se glisse donc à nouveau dans de nombreuses personnalités, tels qu’un cuisinier, un prêtre pédophile, un taulard en cavale, un ancien terroriste, un jeune prédicateur et bien d’autres encore. C’est le métier du protagoniste principal de s’immerger dans les différents personnages afin de les protéger, et Christopher Chance, tel un caméléon, le fait à merveille, tout en entraînant les lecteurs dans son sillage au plus profond de chacun des personnages. Une introspection très réussie, qui est combinée à un suspense policier bien dosé, qui tient le lecteur en haleine du début à la fin et permet d’aborder de nombreux thèmes tels que la religion, la pédophilie, le terrorisme, le trafique d’enfants, l’immigration clandestine ou le racisme.

Peter Milligan propose donc un polar surprenant d’originalité au sein d’une Amérique en perte de repères, avec un scénario qui jongle avec la personnalité des différents protagonistes au fil des pages, aux frontières de la schizophrénie. Seulement, ce caméléon des personnalités et des déguisements finit souvent par douter de sa propre identité, tout en parvenant régulièrement à prendre le lecteur à contrepied. Le twist final proposé par l’auteur clôt d’ailleurs avec grand brio cette saga identitaire qui voit défiler trois dessinateurs sur ce second album : Cliff Chiang (Wonder Woman), Javier Pulido et Cameron Stewart (Batman et Robin).

Une saga vivement conseillée aux amateurs de thrillers psychologiques !

Peter Milligan, Edvin Biukovic et Javier Pulido – Human Target (Tome 1)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Diptyques, Urban Comics, Vertigo Essentiels, [DL 2014], [Sans super-héros] with tags on 11 décembre 2014 by Yvan

Christopher Chance, le nettoyeur caméléon !

Peter Milligan, Edvin Biukovic et Javier Pulido - Human Target (Tome 1)Human Target est un personnage créé par Wein et Infantino dans Action Comics 419 et ensuite repris par Peter Milligan. Cette première intégrale débute par les quatre épisodes de cette mini-série et se termine par la première apparition du personnage dans Action Comics, mais reprend également « Human Target : Final Cut » ainsi que les cinq premiers épisodes de la deuxième série consacrée au justicier caméléon.

Christopher Chance, le personnage principal, est une cible humaine qui prend la place de ses clients menacés de mort et assume à leur place tous les risques qu’ils encourent. Le fait de mettre en scène un héros qui usurpe l’identité de ses employeurs offre beaucoup de possibilités au niveau du scénario. Cette première intégrale recueille ainsi cinq histoires (de longueur et de qualité variables) où le héros se voit notamment confronté à un magnat du cinéma hollywoodien dont l’enfant s’est fait enlevé, ainsi qu’à une tueuse à gage engagée pour lui faire la peau. Changement de décor lors de la deuxième série, où notre nettoyeur passe de Los Angeles à New York et se retrouve mêlé à une histoire post 9/11 et doit même enfiler des gants de baseball.

Peter Milligan propose donc un polar surprenant d’originalité, avec un scénario qui jongle avec la personnalité des différents protagonistes au fil des pages, aux frontières de la schizophrénie. Seulement, ce caméléon des personnalités et des déguisements finit par douter de sa propre identité et finira même par nous faire réfléchir à propos de notre propre personnalité : à quel moment joue-t-on un rôle ou se fait-on passer pour quelqu’un que nous ne sommes pas ? Cela résulte en un récit intelligent et déconcertant, qui va s’amuser à nous balader dans les méandres de la personnalité. C’est certes parfois un peu capillo-tracté, au point de perdre momentanément le lecteur, et la facilité avec laquelle le personnage principal enfile les différents rôles peut finir par déranger, mais l’étude psychologique des personnages est très réussie. C’est le métier du protagoniste principal de s’immerger dans les différents personnages afin de les protéger, et Christopher Chance, tel un caméléon, le fait à merveille, tout en entraînant les lecteurs dans son sillage au plus profond de chacun des personnages. Une introspection très réussie, qui est combinée à un suspense policier bien dosé, qui tient le lecteur en haleine du début à la fin.

Visuellement, le jeune dessinateur Edvin Biukovic est malheureusement décédé prématurément quelques mois après la parution de la première histoire et c’est Javier Pulido qui le remplace lors des épisodes suivants. Ce dernier livre également de l’excellent travail, mais sans parvenir à égaler son prédécesseur.