Archive for the Vents d’Ouest Category

Djian, Olivier Legrand et David Etien – Les Quatre de Baker Street, L’affaire du rideau bleu

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Séries, Vents d'Ouest, [DL 2009], [En cours], [Grand public] with tags , on 19 mars 2015 by Yvan

L’univers de Sherlock rajeuni !

Djian, Olivier Legrand et David Etien - Les Quatre de Baker Street, L'affaire du rideau bleuJ’étais intentionnellement passé à côté de cette saga au moment de sa sortie car je trouvais que le nombre de bandes dessinées exploitant le personnage de Sherlock Holmes devenait un peu trop excessif et j’étais de surcroît persuadé qu’aucune d’entre-elles ne pouvait atteindre le niveau de l’incontournable « Holmes » de Cécil et Brunschwig. Vu le nombre d’avis positifs générés par cette série au fil des tomes, j’ai néanmoins dû revoir mon opinion.

Cette première aventure plonge le lecteur en 1889, dans le Londres de Sherlock Holmes et invite à faire la connaissance de Black Tom, Charlie et Billy. Ces trois enfants qui vivent dans les rues de l’East End ont la particularité de travailler de temps en temps pour le célèbre détective et son comparse Watson, principalement sur des missions de filature.

Dans ce tome, Betty, la jeune fille dont Black Tom est éperdument amoureux, se fait enlevée et, en l’absence du célèbre détective, les trois amis décident de retrouver eux-mêmes la piste des ravisseurs. Cette histoire de kidnapping imaginée par Djian et Olivier Legrand est donc assez classique, mais très dynamique et plaisante à suivre. Ce récit rythmé par les scènes d’action réussit donc l’exploit de se passer du personnage mythique créé par Arthur Conan Doyle et de le remplacer de manière plus que convaincante par trois francs-tireurs de Baker Street. L’ombre de Holmes est certes présente et le personnage apparaît de manière sporadique, mais il se fait indéniablement voler la vedette par ces trois enfants particulièrement attachants et aux dialogues très amusants.

Le trait dynamique et chaleureux de David Etien colle parfaitement à cette aventure grand public mettant en scène des jeunes héros optimistes et débrouillards. La colorisation lumineuse pourra peut-être surprendre ceux qui sont habitués aux bas-fonds brumeux et sordides de Londres, mais elle sied finalement très bien à l’ambiance plus jeune et plus légère insufflée par les auteurs à l’univers de Sherlock.

Une excellente saga !

Jim et Grelin – Une petite tentation

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Franco-Belge, One-shots, Vents d'Ouest, [Accessible], [DL 2013] with tags on 19 mars 2014 by Yvan

Jeu de séduction dangereux et adultère…

Jim et Grelin - Une petite tentationAprès avoir lu « Une nuit à Rome » du même auteur, j’avais envie de m’attaquer à cette histoire déjà en partie publiée chez Soleil en février 2010. En redécoupant et en redessinant totalement leur récit, les auteurs ne se contentent pas de proposer la suite de cette aventure, mais offrent carrément une nouvelle vie à ce diptyque jadis arrêté après un seul tome.

Si l’idée de base d’« Une nuit à Rome » reposait sur une étrange promesse entre deux amoureux, celui-ci part d’un défi que se lancent deux jeunes filles particulièrement bien roulées : séduire le même homme marié, chacune à sa manière.

Ce roman graphique, qui est donc à nouveau centré sur des relations amoureuses, met en scène deux copines qui décident de franchir les interdits moraux en mettant le grappin sur un quadragénaire marié. Jim propose donc à nouveau une intrigue assez simple, mais servie avec grand brio. Pourvue de quelques rebondissements intéressants, l’histoire se lit d’un trait et dresse le portrait de deux jeunes filles aussi belles qu’immatures, qui se livrent à un jeu de séduction dangereux. Le dessin de Grelin, rehaussé par une mise en couleurs particulièrement agréable, offre des héroïnes très sensuelles et accompagne avec charme et légèreté cette histoire bien sympathique.

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Wilfrid Lupano et Jean-Baptiste Andreae – Azimut, Que la Belle meure (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Séries, Vents d'Ouest, Wilfrid Lupano, [Accessible], [DL 2014], [En cours] with tags , on 20 février 2014 by Yvan

Voyage dans les méandres du temps !

Wilfrid Lupano et Jean-Baptiste Andreae - Azimut, Que la Belle meure (Tome 2)Le deuxième tome de cette série imaginée par Wilfrid Lupano (Alim Le Tanneur, L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, L’honneur des Tzarom) et dessinée par Jean-Baptiste Andreae (MangeCoeur, « La confrérie du crabe ») permet au lecteur de replonger dans cet univers décalé qui n’a rien à envier à celui d’Alice au pays des merveilles ou de « La Nef des fous ».

Dans ce monde qui a visiblement perdu le Nord, Wilfrid Lupano propose un voyage merveilleusement absurde dans les méandres du temps. Ce deuxième volet donne encore plus d’épaisseur à cet univers d’une inventivité rare, mais qui semble également parfaitement maîtrisé et réfléchi. De son Altesse Irénée le Magnanime au vieux professeur Aristide Breloquinte, en passant le jeune peintre amoureux Eugène, le vieux Baron Chagrin, le chasseur de prime Oreste Picote, la Reine Ether, l’Arracheur de Temps, la belle Manie Ganza, l’aventureux La Pérue ou les drôles de Chronoptères, l’auteur livre également un éventail de personnages hauts en couleur et fort sympathiques, ainsi qu’un nombre impressionnant de créatures extraordinaires.

Mêlant le destin de ces nombreux protagonistes qui ont tendance à poursuivre la même femme ou la jeunesse éternelle, Lupano nous entraîne dans une aventure onirique et dépaysante. Tout en faisant preuve d’une imagination débordante, il aborde le thème du temps qui passe et dévoile progressivement les enjeux de cette étrange histoire.

Visuellement, Jean-Baptiste Andreae réussi non seulement la prouesse de mettre en images ce scénario complètement loufoque imaginé par Wilfrid Lupano, mais il parvient également à joindre beauté et poésie à ce débordement d’originalité. Ses planches fourmillantes de détails se placent au diapason du récit et provoquent constamment l’émerveillement. Offrant des personnages aussi attachants que burlesques, ainsi que des décors d’une richesse incroyable, Andreae livre un véritable sans faute. Et que dire de cette colorisation de toute beauté, qui vient admirablement rehausser son trait délicat et plonger l’ensemble dans une atmosphère envoûtante. Un travail de colorisation qui est particulièrement mis en valeur lors de la visite du château grisâtre du Baron Chagrin.

Ah, que le temps passe vite en lisant un tome d’Azimut, alors qu’entre deux tomes, il semble presque éternel…

Un album que vous pouvez retrouver dans mon Top de l’année.

Christophe Chabouté – Moby Dick, Livre premier

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Chabouté, Diptyques, Franco-Belge, Vents d'Ouest, [Accessible], [DL 2014] with tags on 5 février 2014 by Yvan

Les aplats noirs de Chabouté s’attaquent à la baleine blanche de Melville !

Christophe Chabouté - Moby Dick, Livre premierAprès avoir démontré son pied marin dans « Terre-Neuvas » et sa capacité à adapter des récits d’aventure en s’attaquant à une nouvelle de Jack London (« Construire un feu »), Christophe Chabouté vient gonfler la légende du capitaine Achab, dont la quête vengeresse envers Moby Dick est gravée à jamais dans l’imaginaire collectif.

Fidèle au récit original d’Herman Melville, l’auteur débute chaque chapitre par des extraits du roman. Cette première partie de diptyque se contente d’installer les différents personnages clés de l’histoire, tout en partageant progressivement la folie qui anime le capitaine du Pequod, seul maître à bord et obnubilé par une vengeance aveugle envers ce cachalot blanc qui lui a autrefois arraché la jambe. Si ce premier tome retranscrit également à merveille l’ambiance à bord de ce navire baleinier de la fin du XIXe siècle, le lecteur regrettera néanmoins de ne pas encore apercevoir Moby Dick. Réservant la véritable confrontation pour le second volet, Chabouté ne fait en effet qu’évoquer le célèbre monstre marin.

Le scénario ne réservant que peu de surprises, cette longue mise en place vaut surtout le détour au niveau du graphisme. Dans son style typique, Chabouté s’approprie le récit de Melville dès les premières pages. Multipliant les planches muettes, il utilise les non-dits pour installer une atmosphère dont il a le secret. En quelques cases, il parvient à brosser des personnages hauts en couleurs, tels que le capitaine Achab, dont les pas sur le pont du navire semblent hanter le sommeil des marins, ou le harponneur cannibale Queequeg, dont les tatouages et les têtes humaines momifiées s’installent immédiatement au diapason de la personnalité du personnage. À l’aide de grands aplats noirs, il parvient à faire planer l’ombre du célèbre cachalot blanc sur cette histoire qui attend le prochain tome pour prendre son envol.

Un bon tome d’introduction… en attendant un second volet que l’on espère grandiose !

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Chabouté – Un peu de bois et d’acier

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Chabouté, Franco-Belge, One-shots, Vents d'Ouest, [Avancé], [DL 2012] with tags on 26 décembre 2012 by Yvan

L’histoire d’un banc public… tout simplement !

Chabouté – Un peu de bois et d'acierDans ce nouveau one-shot totalement muet, Christophe Chabouté raconte la vie d’un banc public. Passé la surprise de voir un tel objet devenir le personnage principal d’une bande dessinée, le lecteur découvre de bien belles histoires en voyant les passants, les jours et les saisons défiler. À travers le quotidien de ce bout de bois et d’acier, l’auteur raconte l’histoire de la vie qui défile, partageant ces petits instants anodins qui passent souvent inaperçu, mais qui s’avèrent finalement d’une grande richesse. Un sourire, un regard, quelques larmes, une engueulade, une rencontre, une romance ou un moment de solitude ou de repos… le tout partagé au détour d’un banc public qui demeure immuable quoi qu’il arrive.

Le pitch peut paraître monotone, mais Chabouté a l’intelligence de faire revenir les mêmes personnages sur ce lieu, permettant ainsi au lecteur d’assister à leur évolution au fil des passages. Malgré leur simplicité apparente, ces instants de vie sont emplis d’humanité, de poésie et de sensibilité. L’humour est également au rendez-vous, comme en témoigne cette extraordinaire scène avec le ballon. Plaçant le lecteur dans une position de voyeurisme envoûtant, celui-ci s’attache également inévitablement aux personnages et à ce banc.

Avec l’excellent Tout Seul, Chabouté a déjà prouvé que son dessin noir et blanc pouvait facilement se passer de dialogues et de textes. S’il livre à nouveau une œuvre totalement silencieuse, il réalise également l’exploit de conserver le même décor (un simple banc) durant la quasi entièreté de l’album, sans jamais lasser le lecteur. Malheureusement, et c’est probablement là son seul (gros) défaut, cet album se lit très vite, ce qui rend ce moment de lecture probablement plus onéreux qu’agréable.

Néanmoins, si vous en avez les moyens, installez-vous sur un banc et prenez le temps de lire cet album…

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Wilfrid Lupano et Yannick Corboz – L’assassin qu’elle mérite, La fin de l’innocence

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Séries, Vents d'Ouest, Wilfrid Lupano, [DL 2012], [En cours], [Grand public] with tags on 20 juillet 2012 by Yvan

Plongeon dans les bas-fonds antisémites du Vienne du début du XXème siècle !

Wilfrid Lupano et Yannick Corboz - L’assassin qu’elle mérite, La fin de l'innocenceAprès un premier tome très prometteur, Wilfrid Lupano (Alim le Tanneur, Azimut, l’Honneur des Tzarom, L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, Corpus Crispies) et Yannick Corboz poursuivent la descente aux enfers de cette jeune victime qui se transforme progressivement en criminel.

Après avoir goûté au luxe de la bourgeoisie, la chute de l’échelle sociale s’avère particulièrement pénible pour Victor, qui refuse de retomber dans la pauvreté et bascule dans la délinquance, à la recherche d’argent facile. Suite à ses méfaits du tome précédent, il est traqué par la police et cherche une porte de sortie à sa condition en sombrant dans la criminalité.

Alec, le richissime dandy désabusé qui avait eu l’idée de manipuler ce jeune garçon issu d’un milieu très modeste afin d’influer sur sa nature humaine, a d’ailleurs disparu du paysage, abandonnant sa victime face aux conséquences de ses actes. Le récit s’assombrit incontestablement et plonge le lecteur dans les bas-fonds de Vienne au début du XXème siècle. Si la transformation de Victor est particulièrement réussie et que le travail au niveau des personnages demeure excellent, cette immersion dans les parties les plus défavorisées de la ville permet également de voir que la pauvreté n’est pas seulement un terreau pour la criminalité, mais également pour le développement de thèses antisémites. En abordant le thème de l’extrémisme anti-juif, l’auteur ancre intelligemment son récit dans l’Histoire.

Si l’intrigue est prenante et parfaitement menée, le travail de Yannick Corboz est également excellent. Sont trait réaliste et soigné permet au lecteur de plonger dans l’ambiance du Vienne d’antan et livre des personnages qui remplissent parfaitement leur rôle.

Vivement la suite !

Retrouvez cet album dans mon Top de l’année !

Wilfrid Lupano et Jean-Baptiste Andreae – Azimut, Les Aventuriers du temps perdu

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Franco-Belge, Séries, Vents d'Ouest, Wilfrid Lupano, [Accessible], [DL 2012], [En cours] with tags , on 13 juin 2012 by Yvan

Bienvenue au Pays des Merveilles…

Wilfrid Lupano et Jean-Baptiste Andreae - Azimut, Les Aventuriers du temps perduCette série imaginée par Wilfrid Lupano (Alim Le Tanneur, L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, L’honneur des Tzarom) et dessinée par Jean-Baptiste Andreae (MangeCoeur, La confrérie du Crabe) invite le lecteur à plonger dans un univers décalé qui n’a rien à envier à celui d’Alice au pays des merveilles.

Le royaume de Ponduche s’avère en effet d’une inventivité rare. Des boussoles qui perdent le nord à la menace représentée par l’Arracheur de Temps, en passant par cette mystérieuse princesse cleptomane, Wilfrid Lupano propose un univers original et drôle, mais qui semble également parfaitement maîtrisé et réfléchi. De son Altesse Irénée le Magnanime au vieux professeur Aristide Breloquinte, en passant par le jeune peintre amoureux “Eugène”, l’auteur livre également un éventail de personnages hauts en couleur et fort sympathiques, ainsi qu’un nombre impressionnant de créatures extraordinaires. De plus, il ne se contente pas seulement de mettre en place cet univers loufoque et ces personnages attachants, mais livre déjà une intrigue pleine de promesses.

Au niveau du graphisme, Jean-Baptiste Andreae réussi non seulement la prouesse de mettre en images ce scénario complètement loufoque de Wilfrid Lupano, mais il parvient également à joindre beauté et poésie à ce débordement d’originalité. Ses planches fourmillantes de détails se placent au diapason du récit et parviennent à provoquer l’émerveillement.

Un voyage particulièrement dépaysant et riche en perspectives que vous pouvez retrouver dans mon Top de l’année.

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