Archive for the Amélie Antoine Category

Amélie Antoine – Le bonheur l’emportera

Posted in Amélie Antoine, Littérature with tags , on 14 septembre 2021 by Yvan

Accepter la différence !

Amélie Antoine - Le bonheur l'emporteraEtant fan des romans d’Amélie Antoine (« Quand on n’a que l’humour », « Le jour où », « Sans elle ») et de « Raisons obscures » en particulier, je ne pouvais bien évidemment pas passer à côté de son dernier roman.

« Le bonheur l’emportera » démarre dans le bonheur, en compagnie d’une bien jolie famille, composée de Joachim, militant Greenpeace et papa aimant travaillant de la maison, de Sophie, carriériste et maman débordée, et de Maël, jeune collégien de onze ans qui se réfugie dans les livres. Si le papa perçoit le mal-être de ce gamin solitaire et taiseux, la maman préfère mettre cela sur le compte de la préadolescence…

Si ce nouveau roman d’Amélie Antoine parle des problèmes qui poussent certains couples à progressivement se tourner le dos et à se déchirer, souvent au détriment des enfants, il donne surtout la parole à la différence. À l’instar de « Raisons obscures », l’auteure invite les parents à être à l’écoute de leurs enfants et à être attentif à chaque forme de repli sur soi et d’isolement, qui est souvent synonyme de malaise. Chaque enfant est différent et il faut donc éviter de vouloir absolument les formatter afin de les faire entrer dans le moule d’une société qui ne laisse pas de place à la différence.

Ce roman choral qui donne alternativement la parole aux trois protagonistes au fil des chapitres, démontre une nouvelle fois la capacité de l’auteure lilloise à se glisser dans la peau de ses personnages, allant au plus profond de l’âme humaine. La manière dont elle restitue le mal-être et la déchirure de ce gamin tellement mal dans sa peau qu’il cherche à devenir invisible, est tout bonnement bouleversant !

Un roman riche en émotions et profondément humain, qui invite à embrasser la différence et à accepter nos enfants comme ils sont !

Le bonheur l’emportera, Amélie Antoine, XO, 376 p., 19,90€

Ils en parlent également: Aude, Laurence, Mes échappées livresques, Maeve, Audrey, Karine, Ulrich, Caroline, Annick, Audrey, Balades en livres, Maman nature, Célittérature, Evasion polar, Lili, Page après page, Des livres mon univers, Sandra

Collectif – Regarder le noir

Posted in Amélie Antoine, Barbara Abel, Littérature, Olivier Norek, R.J. Ellory with tags on 18 juillet 2021 by Yvan

Un excellent recueil de nouvelles !

Collectif - Regarder le noirAyant beaucoup aimé le précédent recueil de nouvelles « Ecouter le noir » et constatant que le suivant « Toucher le noir » était déjà sorti, j’ai vite éliminé celui-ci de ma PÀL.

Force est de constater que ce deuxième volet regroupe à nouveau une belle brochette d’auteurs. Outre une nouvelle histoire de R.J. Ellory et un récit à quatre mains signé Barbara Abel et Karine Giebel, j’ai eu le plaisir de retrouver quelques auteurs de polars que j’apprécie beaucoup, tels que Olivier Norek, Amelie Antoine, Johana Gustawsson (« Mör », « Block 46 »), René Manzor (« A Vif », « Apocryphe »), Claire Favan (« Inexorable ») ou Julie Ewa (« Les petites filles »), mais également quelques auteurs que je n’avais encore jamais lu, tels que Fabrice Papillon, Gaëlle Perrin-Guillet ou Frédéric Mars.

Si le résultat est forcément un peu inégal, avec des styles assez différents malgré une thématique commune autour de la vision, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ces 11 textes. Le roman commence très fort avec un excellent récit d’Olivier Norek (« Regarder les voitures s’envoler ») qui fait froid dans le dos, suivi d’une histoire poignante de trafic d’êtres humains en Inde de Julie Ewa (« Nuit d’acide »). La dernière pépite se situe en toute fin de recueil avec « Darkness », des deux reines du thriller Barbara Abel et Karine Giebel, qui enquêtent sur un crime sordide et referment cet ouvrage sur une chute originale.

Outre ces trois petites perles, j’ai également bien aimé les récits de René Manzor (« Demain »), Amélie Antoine (« Transparente »), R.J. Ellory (« Private eye » ), Johanna Gustawson (« Tout contre moi »), Claire Favan (« le Mur ») et Fred Mars (« The Ox »). J’ai par contre moins accroché à « La tache » de Gaëlle Perrin-Guillet et je suis resté totalement hermétique à « Anaïs » de Fabrice Papillon. Alors que « Ecouter le noir » m’avait donné envie de découvrir les romans de Maud Mayeras (« Reflex » , « Les Monstres ») et François-Xavier Dillard (« Prendre un enfant par la main »), « Regarder le noir » ne m’a donc pas vraiment donné envie de découvrir de nouveaux auteurs. C’est sans doute le seul petit point négatif de cet ouvrage qui parvient de nouveau à attirer des grands noms, tout en proposant de la qualité !

Bref, à nouveau un grand bravo à Yvan Fauth du blog littéraire EmOtionS pour cet ouvrage !

J’irai donc très vite « Toucher le noir » !

Regarder le noir, Collectif, Belfond, 288 p., 19,50€

Ils ont également regardé le noir : Cannibal lecteur, Anthony, Aude, Sonia, Valérie, Virginie, Annick, Lectures du dimanche, Julie, L’oeil noir, Laurence, Océane, Livresse du noir, Collectif Polar, Yvan, Evasion polar, Pierre, Tortellini, Tasse de thé & pile de livres, Imaginoire, Michel, The Love Book

Amélie Antoine – Le jour où

Posted in Amélie Antoine, Littérature with tags , on 18 octobre 2020 by Yvan

Le jour où… tout a basculé !

Amélie Antoine - Le jour où« Raisons obscures » étant l’un de mes plus gros coups de cœur de l’année dernière, je pouvais difficilement passer à côté de ce nouveau roman signé Amélie Antoine (« Quand on n’a que l’humour », « Sans elle »).

Le récit se déroule entre un passé qui nous emmène inexorablement vers ce jour où tout a basculé et un présent qui espère pouvoir nous ramener un jour vers la lumière. Le jour où est celui qui a tout détruit, ne laissant qu’un champ de ruines et effaçant toute perspective d’avenir. L’instant fatidique où l’avant laisse subitement la place à un après où la vie ne semble plus avoir aucun sens…   

Si l’entièreté du récit oscille autour d’une tragédie innommable, Amélie Antoine narre surtout la rencontre entre deux êtres cabossés par la vie qui se rencontrent dans un cimetière, lui, venant d’assister à un enterrement, elle, venue entretenir des tombes laissées à l’abandon. A l’inverse de Katarina Mazetti, qui avait tendance à en faire de trop dans « Le mec de la tombe d’à côté », nuisant finalement à la crédibilité des personnages et sombrant régulièrement dans un humour forcé, Amélie Antoine ne s’aventure pas dans une histoire d’amour improbable, mais démontre une nouvelle fois tout son talent à brosser des personnages plus vrais que nature et à décortiquer leurs sentiments avec grande justesse. S’apprivoisant au fil des pages et brisant progressivement ces carapaces qui faisaient barrière à toute forme de bonheur, les deux protagonistes finissent par entrevoir une infime lueur d’espoir…

L’intrigue n’a certes rien de révolutionnaire, mais comment ne pas s’attacher à ces deux protagonistes que l’on aimerait tellement voir heureux ? Comment ne pas croire à la beauté de cette lumière qu’ils ne peuvent pas encore voir dans la noirceur de cette nuit qui les enveloppe ? Comment résister à tourner les pages en espérant qu’ils puissent tourner la leur, cette page tellement sombre que plus rien ne semble pouvoir s’écrire dessus ?  

« Le jour où » est une belle histoire d’amour et de résilience, construite dans la noirceur, mais laissant entrevoir ce brin de lumière auquel il est tellement bon de s’accrocher, le tout emmené par la plume experte d’une autrice lilloise qui sait aller au plus profond de l’âme humaine…

Le jour où, Amélie Antoine, XO, 395 p., 19,90€ 

Ils en parlent également : EmOtionS, Maeve, Mes échappées livresques, SangPages, Koryfée, Laurence, Aude, Entre deux livres, Maman Nature, Imaginoire, Audrey, Lili, Petite étoile livresque, Stéph, Annick, Célittérature, Evasion polar, Mon rêve d’été, Nath, Julie

Amélie Antoine – Raisons obscures

Posted in Amélie Antoine, Littérature with tags , on 24 avril 2019 by Yvan

Souffrir en silence…

Amélie Antoine - Raisons obscuresAyant beaucoup aimé « Sans Elle » et littéralement adoré « Quand on n’a que l’humour » de l’auteure, j’ai plongé les yeux fermés dans ce nouveau roman d’Amélie Antoine… sans même lire le quatrième de couverture, ce qui est probablement le meilleur des plans !

Dès les premières pages, Amélie Antoine laisse entrevoir qu’un drame aura lieu, puis nous présente les deux familles qui seront au cœur de ce récit. Il y a d’un côté les Mariani, une famille de deux enfants, dont l’aînée, Sarah, vit très mal son diabète. De l’autre, il y a la famille Kessler, trois enfants et un couple qui bat un peu de l’aile…

Si la première partie du roman se concentre sur les tracas des parents, allant de soucis professionnels à des problèmes de couple, en passant par un voisin un peu trop bruyant, la seconde moitié donne la parole aux enfants. Cette construction particulièrement intelligente permet de tout d’abord planter le décor, en dressant le portrait de familles ordinaires, qui doivent certes faire face à quelques petits soucis, mais rien de véritablement insurmontable. Sauf qu’il y a cette introduction annonciatrice d’une tragédie et cette seconde partie qui vient brillamment faire écho à la première, révélant progressivement la partie enfuie de l’iceberg…

À l’instar d’autres très bons thrillers psychologiques réalistes, tels que ceux de Barbara Abel par exemple, celui-ci parvient également à dresser le portrait de personnages particulièrement authentiques, auxquels le lecteur n’a aucun mal à s’identifier. Mais la grosse claque qui transforme celui-ci en coup de cœur est l’incroyable maîtrise avec laquelle Amélie Antoine aborde un sujet hyper sensible et de grande actualité en deuxième partie de roman. Si le lecteur s’en voudra éventuellement d’être passé à côté de certains détails annonciateurs en première partie, il n’aura qu’une seule envie en découvrant l’issue tragique qui se profile au fil des pages : crier STOP !

Tout parent qui se respecte éprouvera en effet de la colère, de l’impuissance, de la frustration, de l’écœurement et de l’effroi en cours de lecture. En cause : le talent d’Amélie Antoine, cette capacité étonnante à décortiquer les sentiments humains avec un réalisme d’une justesse incroyable et à nous assommer avec une violence psychologique insoutenable, jusqu’à cet uppercut final dont on a du mal à se relever…

Un thriller psychologique glaçant de réalisme !
Une lecture indispensable… voire même obligatoire dans les écoles !

Raisons obscures, Amélie Antoine, XO, 381 p., 19,90€

Ils en parlent également : Mes échappées livresques, Mademoiselle Maeve, Lord ArsenikEvasion Polar, Sonia boulimique des livres, Sangpages, Le Nez dans les Bouquins, Les lectures de Louise, Le notebook de Gwen, Pause Polars, Aude Bouquine, A la page des livres, Stef Eleane, Mon rêve d’été, La bibliothèque de Céline, Lunatic, Les Lectures de Maman Nature, Mes Lectures du Dimanche, Lire et courir, Mélie et les livres, Koryfée, Antigone, Lectures d’A, Entre deux livres, Valmyvoyou lit, L’atelier de LitotePage après page

Retrouvez Amélie Antoine sur son site ou sur sa page Facebook !

Amélie Antoine – Sans elle

Posted in Amélie Antoine, Littérature with tags on 7 mars 2018 by Yvan

Et si… ?

Amélie Antoine - Sans elleAyant beaucoup aimé « Une bonne intention » de Solène Bakowski et « Quand on n’a que l’humour » d’Amélie Antoine, je me suis forcément intéressé à leur projet commun. « Sans Elle » et « Avec Elle » sont en effet deux romans publiés en même temps, dont les couvertures se font intelligemment écho et qui offrent un point de départ identique.

Le lecteur est en effet invité à suivre les déboires de la famille Simoëns, vivant dans un patelin nommé le Quesnoy, dans le Nord. Les deux récits débutent le 14 juillet 2004 en compagnie de la mère et d’une des jumelles de six ans, qui s’apprêtent à assister au feu d’artifice du village près de l’étang. Étant punie pour avoir renversé un flacon de parfum, l’autre sœur doit passer la soirée à la maison avec son père. À quelques instants du début du spectacle pyrotechnique, la petite Jessica repère un employé de mairie distribuant des colliers fluorescents et demande à sa mère si elle peut aller en chercher un. C’est l’instant où les deux romans bifurquent : un lacet mal noué, un moment d’inattention de la mère et c’est toute une existence qui peut basculer… ici, elle se poursuivra sans Jessica…

Pour ce projet d’écriture commun, les vingt premières pages des deux récits sont donc identiques, mais prennent ensuite une direction radicalement opposée, les auteurs imaginant une suite totalement différente, l’une sans Jessica et l’autre avec. L’histoire proposée par Amélie Antoine est donc celle d’une disparition d’enfant, qui s’intéresse surtout aux ressentis des différents protagonistes et à la descente aux enfers de cette famille incapable de se reconstruire après un tel évènement. Suivant cette famille sur une dizaine d’année, l’auteure décortique les différentes étapes qui suivent cette disparition, de l’espoir au deuil, en passant par la culpabilité, les doutes, l’angoisse, les reproches, les soupçons, le mal être et les fissures qui détruisent progressivement le reste de la famille.

En amateur de polars, j’ai eu tendance à trop vouloir m’accrocher à l’intrigue, espérant continuellement des rebondissements concernant l’enquête policière. J’ai donc mis du temps à réaliser que l’intérêt de ce thriller psychologique se situait ailleurs. Amélie Antoine invite en effet à vivre l’enfer des proches, à partager leurs émotions. Comme elle le fait très bien et que la disparition d’une enfant ne laisse forcément personne indifférent, on finit par se laisser emporter par le récit, à éprouver de l’empathie envers les proches et à également se sentir orphelin de la petite Jessica.

Il me reste à découvrir l’autre destinée de la famille Simoëns, celle imaginée par Solène Bakowski.

Amélie Antoine – Quand on n’a que l’humour

Posted in Amélie Antoine, Littérature with tags , on 26 juillet 2017 by Yvan

Au-delà des paillettes…

Amélie Antoine - Quand on n'a que l'humour« Quand on n’a que l’humour » c’est tout d’abord l’histoire d’un humoriste adulé de tous, mais dont l’humour n’est qu’une bouée de sauvetage, une façade qui dissimule un homme blessé. Au sommet de sa gloire, alors qu’il doit jouer devant un Stade de France comble, pour un spectacle de surcroît retransmis sur TF1, Edouard Bresson se souvient de son enfance douloureuse et regrette d’être aimé de tous, sauf de son fils…

« Quand on n’a que l’humour » c’est également l’histoire d’un garçon qui souffre des absences de ce père qui multiplie les tournées et les spectacles. Arthur ira même jusqu’à renier son nom de famille, trop difficile à porter… le nom d’un père qu’il ne connaît pas…

La construction en deux parties est intéressante. La première, relatant la soirée au Stade de France, parsemée de flashbacks revenant sur l’enfance et le parcours de l’humoriste, fait progressivement tomber le masque de ce personnage qui arbore un sourire sur scène, mais qui côtoie la solitude et la tristesse en coulisses. La seconde, offrant le point de vue du fils délaissé, se déroule sur plusieurs mois et jette une nouvelle lumière sur des évènements dévoilés lors de la première partie, que l’on pensait initialement anecdotiques…

« Quand on n’a que l’humour » est donc l’histoire d’une quête de soi et d’un père et d’un fils qui ne se sont pas trouvés. C’est l’histoire d’un monde où la notoriété et l’argent ne font pas forcément le bonheur, où les apparences sont souvent trompeuses et où le rire n’est pas nécessairement le prolongement du bonheur, mais un ultime cri de détresse issu d’une blessure beaucoup trop profonde. Si j’ai surtout aimé la première partie, qui offre le point de vue du père, la deuxième partie, dédiée au fils, est également très bien car elle permet à ces deux êtres séparés par la gloire et les paillettes de se rapprocher au fil des pages…

Amélie Antoine, dont j’ai subitement envie de lire le précédent roman « Fidèle au poste », retranscrit les sentiments de ses personnages avec grand brio. Cette capacité à saisir les émotions avec autant de justesse et à brosser le portrait de personnages d’une authenticité remarquable, crée énormément d’empathie envers des personnages que l’on prend plaisir à côtoyer et à découvrir au fil des pages.

Lecture fortement conseillée !