Archive for the Davodeau Category

Benoit Collombat et Etienne Davodeau – Cher pays de notre enfance

Posted in BANDES DESSINÉES, Davodeau, Festival BD Angoulême, Franco-Belge, Futuropolis, One-shots, [Accessible], [Angoulême 2016], [DL 2015] with tags , on 10 février 2016 by Yvan

Tous pourris !

Benoit Collombat et Etienne Davodeau - Cher pays de notre enfanceBenoît Collombat, grand reporter à France Inter, avait déjà enquêté sur les dessous de la Ve République avec « Un homme à abattre – Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin » et il s’associe ici avec un grand habitué des documentaires en BD : Etienne Davodeau (Rural, Les Mauvaises gens, Les Ignorants). Ensemble, ils reviennent sur plusieurs affaires non-résolues (lisez : jetées aux oubliettes) des années 70.

Du braquage de l’Hôtel des Postes à Strasbourg par le Gang des Lyonnais en 1971 à la tuerie d’Auriol en 1981, en passant par les assassinats du juge Renaud en 1975 et du ministre Robert Boulin en 1979, le duo s’attaque à des « Cold case » qui dérangent car elles éclaboussent de nombreux hommes politiques de l’époque et une organisation en particulier : le Service d’Action Civique (SAC), dont l’ombre plane sur toutes les affaires.

Le lecteur a donc droit à un véritable documentaire de plus de 200 pages, mêlant interviews, témoignages d’époque et même lectures d’archives. L’aspect bavard, particulièrement chargé en informations, de cette accumulation d’entretiens pourra certes rebuter certains lecteurs, mais ce que l’on apprend est absolument sidérant. Même pour moi, qui ne m’intéresse pas trop à la politique et encore moins à celle de la France, cette enquête dessinée m’a permis de mieux comprendre le contexte politique de l’époque. De plus, en nous replongeant dans plusieurs affaires de meurtres, les auteurs confèrent un côté polar à leur documentaire. Ils sautent certes d’un évènement à l’autre au fil des chapitres, mais conservent néanmoins l’ombre du SAC comme fil conducteur. Il devient en effet vite clair que c’est cette milice de mouvance gaulliste qui s’occupait des basses besognes du régime à l’époque, allant même jusqu’à assassiner des ministres. Il n’y a donc pas que l’Italie qui a connu des « années de plomb » dans les années 70 ! Edifiant !

Visuellement, on reconnaît immédiatement le style graphique d’Etienne Davodeau, qui n’a plus à prouver son efficacité sur ce genre de récits.

La douce France de Trenet se prend une belle claque avec cette enquête qui continue de déranger, 40 ans après les faits !

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Etienne Davodeau – Le chien qui louche

Posted in BANDES DESSINÉES, Davodeau, Festival BD Angoulême, Franco-Belge, Futuropolis, One-shots, [Accessible], [Angoulême 2014], [DL 2013] with tags , , on 15 novembre 2013 by Yvan

Les places au Louvre sont chères !

Etienne Davodeau - Le chien qui loucheÀ l’instar de « Période Glaciaire« , « Les Sous-sols du Révolu » ou « Aux heures impaires », « Le chien qui louche » est un one-shot coédité par Futuropolis et le musée du Louvre. Etienne Davodeau n’est donc pas le premier auteur à recevoir comme mission de s’attaquer à une œuvre, une collection ou une partie du célèbre musée…

C’est via l’intermédiaire de Fabien, un agent de surveillance du musée du Louvre, que l’auteur choisit de nous faire découvrir cet endroit touristique. L’intrigue démarre lorsque le jeune homme rencontre sa belle-famille : les Benion. Ceux-ci, profitant de la présence d’un « expert » du Louvre, lui montrent une toile peinte en 1843 par leur arrière-arrière-grand-père et se demandent si ce tableau signée Gustave Benion aurait sa place au Louvre ou s’il s’agit tout simplement d’une merde sans intérêt. Par politesse, Fabien tente de faire pencher sa réponse vers la première option… mais peut-être aurait-il dû être plus catégorique…

Si l’intrigue légèrement abracadabrantesque consiste donc à faire entrer une croûte immonde représentant un chien qui louche au Louvre, la force de ce récit se situe indéniablement au niveau des personnages. Il y a tout d’abord le couple Fabien-Mathilde qui apporte beaucoup de fraîcheur et de légèreté à l’histoire… et même un soupçon de sexe. Il y a ensuite la famille Benion, uniquement composée de protagonistes hauts en couleurs, qui insuffle beaucoup d’humour au récit. Mais il ne faudrait pas oublier monsieur Balouchi, grand habitué du Louvre et qui, en tant que membre de la société secrète « République du Louvre », ajoute une pointe de mystère à l’ensemble. Force est d’ailleurs de constater que ce mélange entre une comédie familiale burlesque, une histoire d’amour coquine et une intrigue peu ordinaire fonctionne à merveille.

De plus, Etienne Davodeau remplit parfaitement son contrat en proposant une réflexion aussi intelligente qu’amusante sur la place de l’Art et sur sa perception. Le métier de Fabien permet ainsi à l’auteur de déambuler à travers les différentes salles et de s’interroger sur ces touristes qui veulent uniquement voir la Joconde sans véritablement s’intéresser aux œuvres mineures (enfin, moins mineures que « le Chien qui Louche » tout de même). La présence de monsieur Balouchi et de sa confrérie occulte permettent de pousser cette réflexion encore un peu plus loin et de s’interroger sur les raisons qui font qu’une œuvre puisse être accrochée en ces lieux. En annexe, l’auteur détaille d’ailleurs la procédure exacte qui permet aux œuvres d’intégrer le musée.

Visuellement, le dessin noir et blanc de Davodeau restitue plusieurs parties du Louvre avec brio et livre une nouvelle fois une galerie de personnages particulièrement attachants.

Encore un coup de cœur signé Etienne Davodeau !

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top de l’année.

Ils en parlent également : Mo’, Christie, Jérôme, Noukette

Étienne Davodeau – Les ignorants

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Davodeau, DIVERS, Festival BD Angoulême, Franco-Belge, Futuropolis, One-shots, [Accessible], [Angoulême 2012], [DL 2011] with tags , , on 19 octobre 2011 by Yvan

À consommer sans modération !

Étienne Davodeau - Les ignorantsSi Les gouttes de Dieu de Tadashi Agi et Shu Okimoto se boivent comme du petit lait, cette brique de plus de 250 pages, signée Étienne Davodeau, se déguste comme un grand cru et procure l’ivresse qui mène les bédéphiles au Walhalla du neuvième art !

Au centre de ce one-shot particulièrement didactique : deux hommes et leurs passions respectives ! Le premier, Richard Leroy, est un vigneron de Saumur qui ne connaît rien à la bande dessinée et le deuxième n’est autre que l’auteur de cet ouvrage et l’initiateur de ce projet original qui consiste à créer une passerelle entre le neuvième art et la viniculture. Cet album relate le parcours initiatique de deux professionnels dans leur domaine qui, le temps d’une BD, se font découvrir leurs métiers respectifs. Le lecteur suit donc le quotidien d’un petit producteur bio qui se met à lire des bandes dessinées et d’un auteur de renom qui s’arme d’un carnet de croquis et d’un sécateur pour nous faire découvrir le métier de viticulteur. Cette année de partage guidée par la passion invite donc à suivre l’initiation croisée de deux ignorants qui se nourrissent du savoir de l’autre.

De la taille des vignes jusqu’à la mise en bouteilles, en passant par la biodynamie, le décavaillonnage, la fabrique de tonneaux, les vendanges, le système de notation de Robert Parker, la visite de plusieurs terroirs et la rencontre de cavistes et importateurs, cet apprentissage réciproque nous emmène également dans les coulisses de l’édition. Du processus de création d’une bande dessinée aux chefs-d’œuvre de Alan Moore, Art Spiegelman, Emmanuel Guibert, Jean-Pierre Gibrat et du pauvre Moebius, en passant par la rencontre d’auteurs, d’imprimeurs, de responsables éditoriaux et de festivaliers, cet ouvrage d’une richesse incroyable est vraiment passionnant.

Étienne Davodeau saupoudre cet échange instructif de beaucoup d’humour et démontre une nouvelle fois sa capacité à partager le tout avec grande justesse et énormément d’humanisme. Usant d’un dessin en noir et blanc pour restituer cet amour du métier, il croque cette collaboration étroite de manière très réaliste et propose un graphisme entièrement au service de ce scénario qui suit le cours des saisons.

Il ne manque plus qu’un coffret regroupant l’album et une bonne bouteille car, au fil des pages, les deux semblent de plus en plus indissociables et offrir l’un sans l’autre paraît dès lors de moins en moins envisageable.

Retrouvez cet album dans mon Top du mois et dans mon Top de l’année !

Lisez également du même auteur : Rural, Lulu femme nue, Chute de vélo, Quelques jours avec un menteur, Les mauvaises gens

bd du mercrediAllez découvrir les autres BDs du mercredi sur le blog de Mango !

Etienne Davodeau – Rural

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Davodeau, Delcourt, DIVERS, Encrages, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2000 à 2005] with tags on 10 août 2011 by Yvan

Davodeau parle bio !

Etienne Davodeau - RuralVoici un album reportage d’Etienne Davodeau sur Étienne, Jean-Claude et Olivier, trois agriculteurs qu’il a suivi pendant environ un an. Trois agriculteurs associés qui, par conviction personnelle, sont passés d’une agriculture conventionnelle à une agriculture biologique avec tous les problèmes que cela entraîne. De plus, c’est impuissant qu’ils assistent à la planification et aux travaux de l’autoroute A87 Angers-Cholet qui va couper leur exploitation en deux en passant dans la salle de bain fraîchement rénovée de leurs voisins.

Même si le récit offert par Davodeau n’est pas entièrement objectif et qu’on sent qu’il se lie d’amitié et s’implique de plus en plus tout au long du reportage (et le lecteur aussi d’ailleurs), il a déjà le grand mérite de ne pas nous livrer une énième image caricaturale pourvue de vieux paysans boiteux et munis d’un couvre-chef usé. Ici, les paysans sont jeunes, modernes et osent parler bio.

Davodeau combine ici ses grands talents de narrateur à un récit qu’il rend très fluide et agréable à lire à l’aide de flash-backs habiles. Mais Davodeau n’est pas seulement un grand narrateur, c’est également une touche d’humour que j’apprécie et un côté très humain émouvant.

Cette famille qui se voit délocalisée pour une compensation financière plutôt modeste ne peut laisser indifférent. Ce genre d’histoires que les paparazzis rongent jusqu’à l’os, mais que Davodeau aborde avec justesse, humanisme et respect.

L’humour et l’autodérision de Davodeau qu’il distille avec brio jusque dans ces remerciements à la fin du tome (Merci à l’ASF, non c’est pour rire). Ceux qui aiment cet humour doivent absolument lire Quelques Jours Avec Un Menteur de Davodeau.

Et puis, pour tous ceux qui aiment commencer leurs journées par un bon verre de lait (ou même pour ceux qui sont allergiques et se gavent de soja), c’est très intéressant de voir comment fonctionne une ferme laitière, avec les interminables heures de travail qui précèdent la fabrication de ce verre de lait.

Si le sujet de l’autre album reportage de Davodeau Les mauvaises Gens ne m’avait pas plu, celui-ci est accessible de tous et devrait combler tous les amateurs de Davodeau et autres BDphiles.

Ils en parlent également: Yaneck

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Davodeau – Lulu femme nue

Posted in Davodeau, Diptyques, Franco-Belge, Futuropolis, [Accessible], [Angoulême 2009], [DL 2010] with tags , on 23 mars 2010 by Yvan

Veillée funèbre & quête identitaire !

Lulu femme nueSuite et fin de ce diptyque intimiste consacré à l’escapade de Lulu, une femme de 40 ans qui décide de quitter son foyer afin d’errer à travers la France. A la recherche de soi-même et dans l’espoir de faire le point sur un quotidien grisâtre et des perspectives encore plus sombres, cette mère de famille part faire le vide, dans l’espoir de combler le sien.

Sur la terrasse de la maison familiale, Xavier profite de Lire la suite

Davodeau – Chute de vélo

Posted in Aire Libre, BANDES DESSINÉES, Davodeau, Dupuis, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2000 à 2005] with tags on 3 février 2010 by Yvan

davodeauA première vue cet album est une belle histoire de famille où le lecteur, se laissant tenter par un certain voyeurisme, suit une tranche de vie de cette famille sympathique. Il remarquera néanmoins assez vite que ces petits bonheurs et soucis quotidiens sont basés sur des relations complexes entre les personnages, que la générosité apparemment gratuite de l’ami de la famille a un prix extrêmement lourd à porter, mélangeant ce récit apparemment banal à une enquête policière, une psychanalyse des relations et une fouille de la mémoire des personnages avec de temps en temps une petite touche d’humour bien placée.

La narration est fantastique, les couleurs pastel accentuent la fraîcheur de cet album et les cadrages sont judicieusement effectués afin de faire ressortir les quelques détails qui donnent une dimension supplémentaire à ce récit. C’est sensible, subtil, émouvant, passionnant et drôle.

C’est un chef-d’œuvre !

Davodeau – Quelques Jours Avec Un Menteur

Posted in BANDES DESSINÉES, Davodeau, Delcourt, Encrages, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 1900 à 2000] with tags on 3 février 2010 by Yvan

davodeauCinq types qui s’évadent de leur quotidien, de leurs femmes et de leurs enfants, pour passer quelques jours entre copains dans un chalet, c’est une histoire classique, mais des vacances entre mecs ça donne forcément des grands moments d’hilarité. C’est bien connu: Quand bobonne n’est plus là pour mettre le frein, alors on déconne comme des gamins !

Forcément on rigole en lisant cette tranche de vie et quand on me sert une tranche de vie, pour que ce soit parfait, j’ai un nom qui me traverse l’esprit : Davodeau ! C’est le roi des tranches de vie, des histoires simples, mais humaines ! Son dessin et sa narration s’y prêtent à la perfection et quand il y mêle une intrigue et que le sujet donne naissance à des scènes à mourir de rire on se retrouve en face d’un grand Davodeau.