Archive for the Fabien Nury Category

Fabien Nury et Thierry Robin – Mort au Tsar, Le Gouverneur

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Diptyques, Fabien Nury, Franco-Belge, [DL 2014], [Grand public] with tags , , on 26 septembre 2014 by Yvan

La solitude d’un mort en sursis !

Fabien Nury et Thierry Robin - Mort au Tsar, Le GouverneurAprès l’excellent « La Mort de Staline », Fabien Nury (W.E.S.T.Il Etait Une Fois en France, L’or et le sang) et Thierry Robin restent en Russie pour un nouveau diptyque relatant la mort d’un de ses dirigeants. S’inspirant du roman de Léonid Andreïev (Le Gouverneur), rédigé avant l’attentat, et de celui écrit par Boris Savinkov (Le Cheval blême), principal organisateur de l’attentat qui tuera le gouverneur en 1905, Fabien Nury invite à suivre les derniers jours de Sergueï Alexandrovtich, gouverneur de Moscou et oncle du tsar Nicolas II.

La toile de fond historique dépeint une Russie en proie à la révolte populaire. C’est dans ce contexte extrêmement tendu que le gouverneur donne, sciemment ou par mégarde, le signal d’ouvrir le feu sur les manifestants… massacre qui attisera la haine du peuple et signera son arrêt de mort.

L’intérêt du récit n’est pas la fin tragique du personnage, celle-ci ne faisant dès le début aucun doute, mais le développement psychologique de ce personnage face à la perspective de sa propre mort. Nury dresse en effet le portrait intime d’un homme dépassé par les événements, qui voit lentement son monde se fissurer après avoir déclenché le compte à rebours de sa propre mort. Incapable de supporter le poids de sa fonction, l’homme tiraillé par ses contradictions et ses doutes, se retrouve progressivement abandonné de tous, résigné et seul face à sa mort. Le plus étrange est probablement que le lecteur finit par éprouver une réelle compassion envers ce personnage désemparé , qui n’a pourtant rien pour plaire à la base. C’est là tout le talent du scénariste.

Au dessin, Thierry Robin n’est pas en reste. Proposant à nouveau des planches d’une lisibilité remarquable, il parvient à retranscrire les nombreuses émotions et la solitude du personnage, tout en restituant l’ambiance pesante et menaçante de cette population mûre pour le révolte.

Vivement le second volet (Le Terroriste), qui aura tout de l’exercice de style, puisqu’il donnera le point de vue de celui qui va mettre fin à la vie du gouverneur.

Retrouvez cette BD dans mon Top de l’année et dans mon Top du mois !

Fabien Nury et Brüno – Tyler Cross

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Dargaud, Fabien Nury, Franco-Belge, One-shots, [DL 2013], [Grand public] with tags , on 11 septembre 2013 by Yvan

Un polar sombre à l’ambiance western !

Fabien Nury et Brüno - Tyler CrossAprès l’excellent Atar Gull, Fabien Nury, Brüno et Laurence Croix proposent un second one-shot qui ravira les amateurs de polars noirs.

Les auteurs nous plongent dans l’Amérique des années 50, pour une histoire de gangsters transposé dans une ambiance western sur les bords du Rio Bravo. Le récit invite à suivre les pas (et les pensées) de Tyler Cross, un braqueur froid et calculateur qui doit dérober de la drogue à un caïd nommé Tony Scarfo. L’intrigue, finalement assez classique, reprend les ingrédients classiques du genre (le braquage qui tourne mal, un héros coincé dans un bled dirigé par une famille autoritaire, une femme fatale et quelques mafieux), mais est servie de mains de maître par ce trio parfaitement huilé.

L’histoire offre tout d’abord des personnages au caractère bien trempé auxquels Fabien Nury parvient à donner beaucoup d’épaisseur grâce à une psychologie soignée aux petits oignons. Il y a ensuite cette narration en voix-off qui accompagne brillamment les déconvenues du héros. Puis il y a ce découpage cinématographique en trois chapitres qui se font intelligemment écho, qui est une véritable réussite.

Visuellement, si tout le monde n’adhèrera pas au style si caractéristique de Brüno, il n’y a cependant rien à redire au niveau de l’efficacité, de la lisibilité et de l’ambiance. Notons à ce titre une nouvelle fois l’excellent travail de Laurence Croix à la colorisation.

Un excellent album que vous pouvez retrouver dans mon Top de l’année, ainsi que dans mon Top du mois.

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Fabien Nury et Pierre Alary – Silas Corey (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Fabien Nury, Franco-Belge, Glénat, Guerre, [DL 2013], [Grand public] with tags , on 28 mars 2013 by Yvan

Agent triple sur fond de Première Guerre Mondiale!

Fabien Nury et Pierre Alary - Silas Corey (Tome 2)Seulement deux mois après avoir échappé de justesse au piège tendu par l’insaisissable agent allemand Aquila, Silas Corey poursuit ses investigations dans cette fin de diptyque riche en rebondissements.

Si l’enquête menée par ce personnage aussi mystérieux que charismatique, qui n’hésite pas à vendre ses talents au plus offrant, a pour but de retrouver Hector Casella, le journaliste de L’Homme Enchaîné qui détient un timbre de grande valeur politique, Fabien Nury continue également d’exploiter le contexte historique de l’époque avec grand brio. Le récit, qui se déroule en 1917 sur fond de Première Guerre Mondiale, se concentre ainsi sur l’affrontement politique que se livrent Georges Clémenceau et Joseph Caillaux. Alors que la bataille fait non seulement rage dans les tranchées, mais également à la Présidence du Conseil, un agent secret tente de tirer son épingle du jeu… son nom : Silas Corey !

Journaliste et détective, mais surtout espion et escroc, cet attachant gentlemen continue de séduire et le duo qu’il forme avec son homme de main, Nam, fait également mouche. Le récit, mêlant espionnage, action, complots, humour, trahisons et enquête policière, n’est pas en reste et propose une conclusion particulièrement riche en rebondissements. Saupoudrée de dialogues savoureux, l’intrigue s’avère parfaitement rythmée et particulièrement prenante. Le tout étant servi par le trait semi-réaliste et dynamique de Pierre Alary, qui sied parfaitement au ton du récit.

Reste maintenant à espérer que cette affaire liée au réseau Aquila ne soit pas l’unique aventure de Silas Corey…

C’est du Nury, donc vous retrouverez inévitablement cet album dans mon Top de l’année !

Fabien Nury et Pierre Alary – Silas Corey

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Fabien Nury, Franco-Belge, Glénat, Guerre, [DL 2013], [Grand public] with tags , on 25 janvier 2013 by Yvan

Agent triple sur fond de Première Guerre Mondiale!

Fabien Nury et Pierre Alary - Silas CoreyDire que Fabien Nury est le scénariste de ce diptyque devrait probablement suffire à vous inciter à ajouter cet album à votre PAL (pile à lire). Tout le monde n’ayant pas lu Atar Gull, Il Etait Une Fois en FranceLa mort de Staline ou L’Or et le sang, j’y vais tout de même de mon petit avis afin d’essayer de vous convaincre.

Le récit se déroule en 1917, sur fond de Première Guerre Mondiale. Alors que la bataille fait rage dans les tranchées, c’est une guerre politique qui est cependant l’élément déclencheur de cette histoire qui se déroule dans les rues de la capitale française. Alors que Georges Clémenceau s’attaque au gouvernement de Joseph Caillaux, un agent secret parvient à tirer son épingle du jeu… son nom : Silas Corey !

Fabien Nury invite donc à suivre les pas de ce personnage aussi mystérieux que charismatique, qui n’hésite pas à vendre ses talents au plus offrant. Journaliste et détective, mais surtout espion et escroc, cet attachant gentlemen séduit dès les premières pages. Mêlant espionnage, action, humour et enquête policière, l’intrigue s’avère riche en rebondissements, parfaitement rythmée et particulièrement prenante. Le tout étant servi par le trait simple et dynamique de Pierre Alary, qui sied parfaitement au ton du récit.

Vivement la suite !

C’est du Nury, donc vous retrouverez inévitablement cet album dans mon Top de l’année !

Fabien Nury – L’Or et le Sang T3

Posted in 12bis, BANDES DESSINÉES, Fabien Nury, Franco-Belge, Glénat, Guerre, Séries, [Angoulême 2013], [DL 2012], [Grand public], [Terminées] with tags , , , on 20 décembre 2012 by Yvan

Deux aventuriers déjouant les plans colonialistes franco-espagnols

Fabien Nury - L'Or et le Sang T3« Les princes du Djebel » poursuit l’histoire d’amitié entre deux hommes que tout oppose, imaginée par Maurin Defrance. Après s’être liés d’amitié sous les salves ennemies de la guerre 14-18 et s’être libérés de leur ancienne vie, Léon Matilo, ancien truand corse, et Calixte de Prampéand, aristocrate issu d’une riche famille d’industriels, se laissent emporter par le souffle de liberté qui souffle sur le rif marocain et mettent les Espagnols en déroute.

S’appuyant sur un fond historique et sur le talent narratif de Fabien Nury (Atar Gull, Il Etait Une Fois en FranceLa mort de Staline), cette saga ouvre grand les portes du récit d’aventure. Le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer une seconde en suivant l’incroyable destinée de ces princes du Djebel. Reconvertis en trafiquants d’armes, puis en leaders de la révolution, balancés entre les conflits tribaux et manœuvrant habilement entre les plans colonialistes des Espagnols et des Français, les deux aventuriers tentent de trouver leur voie et leur bonheur au Maroc.

Et pour la première fois depuis le début de la série, leurs chemins vont se séparer et leur amitié sera même mise à rude épreuve. Alors que Calixte de Prampéand change de nom, se convertit à l’islam et embrasse pleinement la cause des rifains, son ami corse fait la fiesta à Tanger et profite pleinement de son nouveau statut. Alors que l’un recherche l’argent et les filles faciles, l’autre poursuit le combat et tente de séduire la belle Anissa. Deux trajectoires totalement différentes qui, au milieu de ce jeu de manipulations, risquent bien d’avoir un effet néfaste sur leur amitié.

Côté dessin, le travail à quatre mains de Fabien Bedouel et Merwan Chabane, agrémenté de la colorisation de Romain Trystram, demeure surprenant, mais s’avère toujours aussi efficace. Dans un style qui se détache de la majorité de la production actuelle, les auteurs livrent un graphisme dynamique et séduisant. Alliant scènes de combats et paysages chauds du Maghreb, les auteurs proposent une mise en images personnelle, originale et convaincante, sans parler du charisme des personnages et du pouvoir de séduction d’Anissa.

Une saga à ne pas rater, que vous retrouverez également dans mon Top de l’année et dans mon Top du Festival d’Angoulême.

Fabien Nury et Richard Guérineau – XIII Mystery, Steve Rowland

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Fabien Nury, Franco-Belge, One-shots, Van Hamme, [DL 2012], [Grand public] with tags on 23 novembre 2012 by Yvan

Qui est l’assassin du Président des Etats-Unis ?

Fabien Nury et Richard Guérineau - XIII Mystery, Steve RowlandVoici déjà le cinquième tome de ce spin-off visant à approfondir l’univers de XIII en se concentrant à chaque fois sur l’un des personnages-phare de la saga. Après la Mangouste, Irina, Little Jones et le colonel Samuel Amos, la série « XIII Mystery » lève donc le voile sur l’un des personnages clés de la saga : Steve Rowland.

Chaque tome de cette saga étant attribué à un duo inédit d’auteurs (tandis que Jean Van Hamme garde un œil sur l’ensemble afin d’éviter au maximum les incohérences scénaristiques), le lecteur ne sait jamais trop à quoi s’attendre. En voyant l’un des meilleurs scénaristes du moment aux manettes de ce cinquième tome, il pouvait néanmoins s’attendre à du tout bon… et c’est bel et bien le cas !

Si Steve Rowland n’est présent qu’au début de l’intrigue de la série mère, il demeure néanmoins le premier XIII, celui qui a appuyé sur la gâchette lors de l’assassinat du Président William Sheridan. L’album s’ouvre d’ailleurs sur cette scène pour ensuite revenir sur le passé du personnage. De son enfance dans un environnement ségrégationniste et violent à son enrôlement dans le complot des XX, en passant par son passage chez les SPADS, l’auteur n’oublie aucun détail. Utilisant plusieurs personnages de la série mère à très bon escient et octroyant un rôle particulièrement intéressant à Kim Carrington, Fabien Nury propose une intrigue d’espionnage rondement menée et alliant avec brio action, développement psychologique et suspense.

Si cet album suit tellement bien la série mère que l’histoire a finalement du mal à surprendre, on le quitte néanmoins avec l’impression d’enfin connaître Steve Rowland et c’est bien là que se situe le but de cette saga. Si ce one-shot dresse un portrait d’une grande justesse, le graphisme respecte également à merveille la charte graphique de la série.

Un très bon one-shot !

Fabien Nury et Sylvain Vallée – Il Etait Une Fois en France T6, Terre Promise

Posted in BANDES DESSINÉES, Fabien Nury, Franco-Belge, Glénat, Guerre, Séries, [DL 2012], [Grand public], [Terminées] with tags , , on 12 novembre 2012 by Yvan

La fin magistrale d’une saga culte !

Fabien Nury et Sylvain Vallée - Il Etait Une Fois en France T6, Terre PromiseAlors que le procès de Joseph Joanovici s’ouvre, personne dans la salle n’oserait remettre en question la qualité de cette excellente série, auréolée du prix de la série lors du festival d’Angoulême 2011. Fabien Nury et Sylvain Vallée étaient pourtant attendus au tournant, car enchaîner des tomes d’anthologie est une chose, mais parvenir à conclure une saga comme il se doit en est une autre. Les espérances du lecteur étaient donc extrêmement hautes et… force est de constater que cette conclusion est à la hauteur de toutes nos attentes, voire même plus…

Après cinq tomes qui invitaient à suivre le parcours mouvementé de Joseph Joanovici à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, durant l’Occupation et lors de la libération, le héros de Fabien Nury et Sylvain Vallée doit maintenant répondre de ses actes. Si ceux qui avaient joué double jeu commençaient déjà à avoir chaud lors du tome précédent, il est désormais temps de payer l’addition et la note risque d’être extrêmement salée pour notre ami particulièrement débrouillard durant l’Occupation.

Cet ancien ferrailleur d’origine juive qui s’est c’est construit un véritable empire durant la guerre a beau avoir la carapace plus dure que son métal le plus précieux, sa descente aux enfers se poursuit et la manière dont Fabien Nury confronte ses personnages à leurs actes est tout simplement magistrale. Milliardaire déchu, rejeté par quasi tous ses proches et exilé dans un bled perdu, l’homme est au plus bas, mais parvient tout de même à trouver la force de se relever une dernière fois, démontrant son extraordinaire capacité à rebondir. L’homme a beau mordre la poussière, son instinct de survie le pousse à renaître de ses cendres… avant le chant du cygne.

Ce procès permet une nouvelle fois de souligner toute la complexité de ce personnage qui continue de fasciner au fil des tomes. Inspiré du personnage réel, cet immigré roumain qui manœuvre avec grande efficacité au milieu de fonctionnaires, policiers et juges corrompus, est d’une ambiguïté extrêmement intéressante. Enfilant une tenue de résistant au-dessus de son costume de collabo, il doit constamment retourner sa veste et user de sa fortune pour passer entre les mailles du filet. A cheval entre un statut de héros et celui de traître, il perd sa propre identité et les dégâts psychologiques sont de plus en plus visibles au fil des tomes… jusqu’à devenir irréparables. Étalant ses faiblesses et ses qualités, passant de victime attachante à un fourbe cupide et déloyal, ce personnage confronté à ses démons ne laisse pas indifférent et continue de fasciner le lecteur. La grande force de ce récit est d’ailleurs de ne pas juger l’homme, mais de livrer un parcours qui peut forcer l’admiration, mais également provoquer le dégoût. Au final, c’est au lecteur de peser le pour et le contre et de porter son propre jugement, tout en se demandant : et moi, qu’aurais-je fait dans une telle situation ?

Si le développement psychologique du personnage central demeure la pièce maîtresse, le contexte historique joue également un rôle prépondérant dans cette saga. A travers les choix et la destinée de Joseph Joanovici les auteurs mêlent le destin de leur personnage à celui de la France et d’une population qui a du choisir son camp, baignant le lecteur dans la réalité de l’après-guerre et démontrant la complexité de l’âme humaine. L’auteur livre ainsi non seulement un personnage touchant et torturé, mais également une tranche d’histoire des plus intéressantes.

Si Fabien Nury multiplie les révélations et les rebondissements en faisant preuve d’une finesse narrative hors du commun, Sylvain Vallée continue également de livrer de l’excellent boulot. Il propose non seulement un dessin qui contribue au grand réalisme de l’histoire, mais il livre surtout une leçon de mise en scène cinématographique et excelle dans les expressions de ses personnages, donnant ainsi à chaque non-dit et à chaque silence une force évocatrice incroyable.

Bref, cette série dont le titre est une sorte de clin d’œil au cultissime «Once upon a time in America» de Sergio Leone, est magistrale, incontournable, culte et même probablement la meilleure saga franco-belge de la dernière décennie ! Pas étonnant donc, de la retrouver au sommet de mon Top de l’année !