Archive for the Gipi Category

Gipi – La terre des fils

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Gipi, One-shots, [Accessible], [DL 2017] with tags , on 28 avril 2017 by Yvan

Après la fin !

Gipi - La terre des filsTrois ans après « Vois comme ton ombre s’allonge », Gipi (Ma vie mal dessinée, S., Notes pour une histoire de guerre) revient avec une œuvre post-apocalyptique en noir et blanc.

Le récit se déroule après le chaos, sur les rives d’un lac où quelques rescapés vivent de chasse et de troc. Parmi eux, le lecteur est invité à suivre un père et ses deux fils qu’il élève à la dure, allant même jusqu’à interdire l’utilisation de certains mots, comme le verbe « aimer », afin de les préparer à ce monde hostile dans lequel ils doivent dorénavant (sur)vivre. En pleine adolescence, les deux enfants commencent néanmoins à se rebeller et se demandent ce que leur père écrit quotidiennement dans son cahier. Malheureusement, ils sont tous les deux analphabètes car, dans cet environnement hostile, il est bien plus important d’apprendre à dépecer qu’à lire…

L’origine de ce monde totalement dévasté et partiellement inondé n’est jamais révélée par l’auteur, mais ce n’est pas primordial car il s’agit là d’un prétexte pour démontrer à quelle vitesse l’humanité peut sombrer. L’utilisation d’un vocabulaire réduit, dont certains mots découlent encore clairement de l’utilisation de réseaux sociaux bien connus, fait ainsi carrément froid dans le dos. L’auteur utilise également ce décor délabré pour livrer un récit initiatique montrant deux jeunes qui, en passant à l’âge adulte, se posent de plus en plus de questions, tout en ayant de plus en plus de mal à accepter l’autorité parentale. Si ce one-shot aborde l’éducation et la transmission, sa chute, absolument brillante, apporte un brin d’amour et d’espoir tellement bienvenu dans ce monde plein de noirceur.

Visuellement, la maîtrise du noir et du blanc de Gipi est époustouflante. Son coup de crayon hachuré transmet avec brio toute la désolation de l’univers qu’il a imaginé, tout en insufflant beaucoup d’expressivité aux personnages.

Un coup de cœur que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également : Yaneck

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Gipi – Vois comme ton ombre s’allonge

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Franco-Belge, Futuropolis, Gipi, Guerre, Maladie, One-shots, [Avancé], [DL 2014] with tags , , , on 29 janvier 2014 by Yvan

Plongeon dans la tête d’un écrivain schizophrène.

Gipi - Vois comme ton ombre s'allongeCinq ans après avoir mal dessiné sa vie, Gipi (Ma vie mal dessinée, S., Notes pour une histoire de guerre) plonge dans la tête d’un écrivain devenu schizophrène.

Après un malaise sur une plage, Silvano Landi est interné en hôpital psychiatrique. Dans sa tête, les souvenirs se bousculent et resurgissent sous forme de dessins sans lien apparent. Les images d’une station service où sa femme l’a quitté s’entremêlent ainsi à celles d’un arbre mort planté au beau milieu d’un champ de bataille où son aïeul a combattu pendant la Grande Guerre.

Tout comme le personnage central de l’album, le lecteur se retrouve perdu entre ces fragments de mémoire qui ne respectent en rien la chronologie. Cette narration non-linéaire combinée à des transitions déroutantes et des dialogues décousus oblige le lecteur à faire lui-même le tri dans les pensées de l’écrivain et à reconstruire le puzzle incomplet de cet homme dont l’identité est broyée par la maladie. Au fil des pages, les morceaux finissent par s’emboîter, permettant de deviner une partie de l’existence de cet écrivain perdu dans un monde dont personne ne détient malheureusement la clé.

Si la confusion accompagne volontairement le scénario, le graphisme accompagne à merveille les troubles de cet esprit malade. Passant d’un dessin en noir et blanc qui se contente d’esquisser le présent de l’hôpital psychiatrique à de superbes aquarelles pour revenir sur les souvenirs et les obsessions du personnage, Gipi propose une mise en images à tomber par terre.

Un album intriguant, déstabilisant, voire frustrant, qui met en images la folie de manière poétique, mystérieuse et esthétique, comme seuls les grands auteurs sont capables de le faire.

Un coup de cœur que vous retrouverez également dans mon Top de l’année.

Ils en parlent également : Yaneck, Cristie

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Gipi – S.

Posted in BANDES DESSINÉES, Coconino Press, Franco-Belge, Gipi, One-shots, [Avancé], [DL 2006] with tags on 20 avril 2010 by Yvan

Gipi S.Gipi, la grande révélation de 2005 avec « Baci dalla provincia », « Le local », « Extérieur Nuit » et « Notes pour une histoire de guerre », qui rafla le prix du meilleur album à Angoulême en janvier 2006, ainsi que le prix René Gosciny, reviens en force avec ce nouveau roman graphique à caractère autobiographique qui inaugure la nouvelle collection « Moby Duck » de Coconino-Vertige.

Dans ce superbe album consacré à son père, Gipi va essayer de reconstruire le passé de cet homme disparu. Fouillant les méandres de la mémoire il adoptera une structure non-chronologique, pour recoller petit à petit des souvenirs enfouis qui finiront finalement par former un tout cohérent et réfléchi. De façon plutôt saccadée et usant de flash-backs, Gipi va puiser dans la mémoire collective familiale des petits morceaux d’histoires romanisées au fil des années, pour nous livrer un merveilleux puzzle narratif, dont il finira par remettre en cause la véracité.

C’est donc de manière non-linéaire que, pendant 120 pages, Gipi va rendre hommage à son père, passant en revue de manière plutôt aléatoire plusieurs évènements se situant quelque part entre la jeunesse de son père lors de la deuxième guerre mondiale et l’enterrement de ce dernier dans un passé beaucoup plus proche.

C’est usant de son style graphique tout à fait singulier, mélange d’aquarelles et de personnages typiques ‘Gipi’, qu’il enchaîne des souvenirs précis agrémentés à la sauce familiale et des flash-backs plus brumeux, pour nous livrer un nouvel album incontournable.

Gipi – Ma vie, mal dessinée

Posted in BANDES DESSINÉES, Futuropolis, Gipi, One-shots, [DL 2009], [Sélectif] with tags , on 12 avril 2010 by Yvan

gipi ma vie mal dessinéeComme le titre de l’album laisse présager, l’auteur de « Notes pour une histoire de guerre », « S. » et « Le local » livre ici un nouveau one-shot autobiographique.

En partageant ses galères, ses angoisses, ses traumatismes, son adolescence et ses bonheurs, Gipi se met totalement à nu. L’auteur se confie pleinement, des drogues qu’il utilisa à cette tentative de suicide, en passant par ses maladies sexuelles et cette tentative de viol qui hante son esprit.

Au fil des pages, l’auteur fouille ses souvenirs et tente de trouver l’origine de ses souffrances et de cette incapacité qu’il a à entretenir une relation amoureuse. Au fil de cette auto-thérapie touchante, il parcourt ses souvenirs sans aucune pudeur. Cette approche peut paraître décousue à première vue, mais le talent d’écriture de Gipi parvient à livrer un récit parfaitement maîtrisé, non dénué d’humour et finalement assez fluide.

Au niveau du graphisme, le titre n’annonce pas d’exploits et pourtant, malgré le côté brouillon et minimaliste de ce récit autobiographique, l’auteur livre également des passages plus symboliques, plus fantasmés, à l’image de ce récit de pirates en aquarelles.

Sa vie, bigrement bien racontée !

Gipi – Notes pour une histoire de guerre

Posted in Actes Sud, BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Gipi, Guerre, One-shots, [Angoulême 2006], [Avancé], [DL 2005] with tags , , on 18 janvier 2010 by Yvan

Gipi est incontestablement une des révélations de 2005. Un auteur italien qui entre par la grande porte dans la BD franco-belge avec la traduction de quatre bijoux : Notes pour une histoire de guerre, Baci dalla provincia, Le local et Extérieur Nuit et qui rafle d’entrée le prix du meilleur album à Angoulême et le prix René Gosciny en prime pour ce one-shot Notes pour une histoire de guerre« .

Pour moi, dans cet album de Gipi, il y a un peu de Davodeau avec le côté humain de l’histoire et de la narration et également un peu du style de Baru et en particulier de L’autoroute du soleil, qui ajoute au côté contemporain du récit une touche d’adolescence défavorisée et caïd.

Dans cet album divisé en trois chapitres on va suivre trois adolescents dans un pays (que l’on situe dans les Balkans) en guerre. Julien, fils à papa et narrateur de l’histoire, et deux jeunes issus d’un milieu défavorisé : Stéphane alias P’tit Kalibre qui n’a pas peur de flirter avec la mort et Christian, son fidèle compagnon.

Ce que j’ai fortement apprécié dans cet album c’est que contrairement à d’autres récits relatant le destin d’adolescents dans un pays en guerre (comme Deogratias), ici on ne retrouve pas ce côté victime de la guerre. On va suivre trois adolescents qui vont se frayer une voie au milieu de cette galère et consciemment choisir le côté des profiteurs de la guerre plutôt que celui des victimes.

Tout au long des différents chapitres on va s’attacher à ces trois personnages, les voir s’affranchir, se frayer un chemin dans la guerre, mais également dans la vie. La narration est exemplaire, parsemée de rêves brouillons de Julien, pour brillamment se conclure à la fin du troisième chapitre.

Bref, une belle découverte cet auteur italien, dont le dessin nous plonge immédiatement dans la bonne ambiance et dont la narration juste nous accroche au destin de trois adolescents qui doivent tracer leur vie au milieu d’une guerre civile.

Un album que beaucoup refermeront avec un sentiment de contentement, que d’autres rouvriront afin d’essayer de déchiffrer les textes en italien dissimulés dans le dessin (entre autre dans les flammes de la maison qui brûle), mais que peu iront revendre.