Archive for the Jussi Adler Olsen Category

Jussi Adler-Olsen – Victime 2117

Posted in Jussi Adler Olsen, Littérature with tags on 8 mars 2020 by Yvan

Le passé d’Asad !

Jussi Adler-Olsen - Victime 2117Après « Miséricorde », « Profanation », « Délivrance », « Dossier 64 », « L’effet Papillon », « Promesse » et « Selfies », le Département V de la police criminelle de Copenhague reprend du service avec la découverte du corps du 2117ème réfugié ayant péri en traversant la Méditerranée depuis le début de l’année. La victime, échouée sur une plage chypriote, se nomme Lely Kabaki, une femme d’origine syrienne…

La très bonne nouvelle de ce huitième volet est que grâce à cette 2117ème victime, le fameux service de police chargé d’élucider les vieilles affaires non résolues se frotte cette fois au passé d’Hafez el Assad, le personnage le plus attachant et le plus mystérieux de cette saga. Parallèlement, Gordon et Rose recherchent activement l’identité d’un jeune détraqué qui menace de perpétrer un carnage au Danemark lorsqu’il aura atteint 2117 points à son jeu en ligne… Le compte à rebours peut commencer !

Pour le huitième dossier de ce « Cold Case » à la danoise, le lecteur prend donc à nouveau plaisir à retrouver cette équipe assez improbable, composée de Carl Mørck, Hafez el Assad, Rose et Gordon, la dernière recrue en date. Outre la psychologie très soignée des personnages, Jussi Adler Olsen nous régale en levant enfin le voile sur le passé de de cet ancien réfugié politique syrien qui prend son boulot très à cœur.

Si je trouvais que Jussi Adler Olsen régressait depuis deux tomes au niveau de l’intrigue, force est de constater qu’il change son fusil d’épaule lors de ce huitième volet. Lorgnant un peu plus vers le roman d’espionnage, l’auteur aborde plusieurs sujets d’actualité tels que les migrants et le terrorisme, le tout au cœur d’une histoire prenante qui se dévore à toute allure.

Le passé d’Asad n’étant pas très réjouissant, cela détonne également sur l’ambiance de ce tome, qui est un peu plus sombre que d’habitude. L’humour a un peu moins sa place et le nombre de proverbes débordant de dromadaires s’en retrouve du coup forcément diminué.

Bref, un des meilleurs tomes de la série, avec « Délivrance ».

Victime 2117, Jussi Adler-Olsen, Albin Michel, 576 p., 22,90 €

Ils en parlent également : EmOtionS, Cannibal lecteur, Lire et courirAnaïs, Entre deux livresPierre, Des plumes et des pinceaux, Valmyvoyou litTomabooks, AnnickLivres à profusionMHF, Marnie, Au chapitreEvasion polar

Jussi Adler Olsen – Selfies

Posted in Jussi Adler Olsen, Littérature with tags on 16 novembre 2017 by Yvan

Les problèmes psychologiques de Rose !

Jussi Adler Olsen - SelfiesAprès « Miséricorde », « Profanation », « Délivrance », « Dossier 64 », « L’effet Papillon » et « Promesse », le Département V de la police criminelle de Copenhague reprend du service.

Le fameux service de police chargé d’élucider les vieilles affaires non résolues s’intéresse cette fois aux meurtres non élucidées d’une dame âgée et d’une jeune institutrice. Parallèlement, la police recherche activement un chauffard qui s’amuse à écraser des jeunes bimbos qui profitent de l’assistance sociale. Ajoutez à cela une équipe de télévision sensée suivre les enquêteurs du Département V et une Rose psychologiquement au plus mal et vous comprendrez que notre ami Carl Mørck a du pain sur la planche.

Pour le septième dossier de ce « Cold Case » à la danoise, le lecteur prend donc à nouveau plaisir à retrouver cette équipe assez improbable. Outre la psychologie très soignée des personnages, Jussi Adler Olsen nous régale avec leur complicité et leurs interactions. Il y a tout d’abord le policier bourru, classique dans son genre : un fin limier avec une grande gueule, qui n’est pas fort apprécié par ses collègues. Si le personnage de Carl Mørck est très réussi, la vedette revient néanmoins inévitablement à son assistant Hafez el Assad. Cet homme à tout faire se révèle à nouveau plein de surprises et… de proverbes débordant de dromadaires. Ce réfugié politique syrien qui prend son boulot très à cœur est un personnage très attachant dont chaque intervention fait mouche et dont le passé intrigue au plus haut point. Rose, qui est également réfractaire à toute forme d’autorité, est au centre de ce septième volet, tandis que la dernière recrue en date, Gordon, comme tout doucement à s’imposer au sein de l’équipe.

Si les personnages constituent à nouveau le principal intérêt du livre et que l’auteur prend amplement le temps de soigner leur psychologie, il invite surtout à suivre des personnages féminins lors de ce septième tome. Il y a tout d’abord Rose, dont on découvre progressivement l’étendue de ses troubles psychologiques, ainsi que des bribes de son passé. Il y a ensuite ces jeunes femmes qui ne s’intéressent qu’à leur look et qui profitent du système social. Mais il y a surtout Anne-Line Svendsen, cette assistante sociale qui pète les plombs et décide d’éliminer tous ces parasites sociaux qui vivent sur le compte de la société danoise. Il ne faudrait pas non plus oublier les personnages secondaires, tels que Mona Ibsen, qui signe un come-back particulièrement touchant, ou l’ex belle-mère de Carl dont on n’espère jamais voir le selfie. Seul petit regret au niveau des personnages est que l’on n’en apprend pas plus sur le passé du mystérieux Assad. Heureusement, ce dernier continue de s’emmêler les pinceaux avec les expressions, permettant ainsi à l’auteur d’insuffler un brin d’humour tout au long de l’enquête.

Au niveau de l’intrigue, je trouve que Jussi Adler Olsen régresse depuis deux tomes. Si le tome précédent ne tenait pas toutes ses promesses, il n’y a de nouveau pas photo entre le niveau de l’intrigue des cinq premiers volets et celui-ci. Outre plusieurs passages à nouveau assez invraisemblables, voire grotesques, il faut également déplorer des enquêtes qui se relient au fil d’un hasard qui fait un peu trop bien les choses. D’autre part, l’auteur pointe à nouveau du doigt une société danoise qui restreint les budgets des différents départements de police sur base de données erronées, dont l’aide sociale ne fonctionne pas et qui semble également accroc à la télé-réalité.

Bref, un bon petit polar, mais pas du même niveau que les cinq premières enquêtes.

Jussi Adler Olsen – Promesse

Posted in Jussi Adler Olsen, Littérature with tags on 8 mai 2017 by Yvan

Un sixième volet qui ne tient pas toutes ses promesses !

Jussi Adler Olsen - PromesseAprès « Miséricorde », « Profanation », « Délivrance », « Dossier 64 » et « L’effet Papillon », le Département V de la police criminelle de Copenhague reprend du service.

Le fameux service de police chargé d’élucider les vieilles affaires non résolues s’intéresse cette fois à un accident de la route survenu en 1997 et ayant coûté la vie d’Alberte Goldschmid. Durant près de dix-sept ans, le policier Christian Habersaat tentera d’élucider cette affaire, tout en essayant de prouver qu’elle est d’origine criminelle. À l’aube de sa retraite, il contacte le Département V afin d’implorer de reprendre l’enquête… puis se suicide !

Pour le sixième dossier de ce « Cold Case » à la danoise, le lecteur prend donc à nouveau plaisir à retrouver ce trio improbable. Outre la psychologie très soignée des personnages, Jussi Adler Olsen nous régale avec leur complicité et leurs interactions. Il y a tout d’abord le policier bourru, classique dans son genre : un fin limier avec une grande gueule, qui n’est pas fort apprécié par ses collègues. Si le personnage de Carl Mørck est très réussi, la vedette revient néanmoins inévitablement à son assistant Hafez el Assad. Cet homme à tout faire se révèle à nouveau plein de surprises et… de proverbes débordant de dromadaires. Ce réfugié politique syrien qui prend son boulot très à cœur est un personnage très attachant dont chaque intervention fait mouche et dont le passé intrigue au plus haut point. Rose, qui ne se laisse toujours pas marcher sur les pieds et qui est également réfractaire à toute forme d’autorité, est un peu plus en retrait lors de cette enquête, tandis que la dernière recrue en date (et boulet de service), Gordon, a encore un peu de mal à s’imposer au sein de l’équipe. De plus, si notre ami Carl Mørck doit gérer une équipe toujours aussi originale, tout en s’attaquant à un nouveau dossier épineux, il doit également faire face à une vie privée toujours aussi compliquée.

Si les personnages constituent à nouveau le principal intérêt du livre et que l’auteur prend amplement le temps de soigner leur psychologie, on regrettera peut-être que l’équipe ne s’agrandit pas comme lors des tomes précédents. Il y a certes un léger « come-back » de Hardy, le coéquipier tétraplégique redevenu un peu plus mobile, mais je m’attendais à une nouvelle arrivée surprenante comme lors des enquêtes précédentes. Les personnages secondaires, tels que Mona Ibsen, sont également un peu laissés sur la touche… même si l’ex belle-mère de Carl fait à nouveau très fort. Quant aux nouveaux personnages, le gourou charismatique Atu Abanshamash et sa comparse Pirjo, ils n’ont pas réussi à me convaincre, surtout Pirjo, que j’ai trouvée trop caricaturale. Heureusement qu’Asad continue de s’emmêler les pinceaux avec les expressions, permettant ainsi à l’auteur d’insuffler un brin d’humour tout au long de l’enquête.

Au niveau de l’intrigue, je trouve également que Jussi Adler Olsen a déjà fait beaucoup mieux. L’univers des sciences occultes n’est déjà pas là pour me séduire à la base, mais j’ai également trouvé l’ensemble assez prévisible et certains passages plutôt invraisemblables.

Bref, un tome qui n’est pas à la hauteur de ces prédécesseurs et une « Promesse » qui ne les tient donc pas toutes.

Jussi Adler Olsen – L’Effet Papillon

Posted in Jussi Adler Olsen, Littérature with tags on 12 septembre 2016 by Yvan

Fraude et immigration !

Jussi Adler Olsen - L'Effet PapillonAprès « Miséricorde », « Profanation », « Délivrance » et « Dossier 64 », le Département V de la police criminelle de Copenhague reprend du service.

Si le fameux service de police chargé d’élucider les vieilles affaires non résolues s’intéresse cette fois à la disparition inexpliquée d’un fonctionnaire du Bureau d’aide au Développement qui était en Afrique pour enquêter sur de possibles malversations financières, l’équipe de choc met cependant du temps à entrer en scène. Jussi Adler-Olsen démarre en effet son intrigue en Afrique et plus précisément au Cameroun, avant de nous emmener sur les traces de Marco, un jeune gitan qui écume les rues de Copenhague pour délester les passants de leurs biens, tout en rêvant d’un avenir meilleur, loin de son oncle tyrannique qui dirige le clan.

De plus, le petit Marco est tellement attachant que ses déboires relèguent nos amis du département V au second plan. Heureusement, le chemin du jeune pickpocket finit par croiser celui de Carl Mørck et sa bande lorsqu’il se retrouve bien malgré lui au centre de l’enquête entourant la mystérieuse disparition de William Stark. Cette nouvelle intrigue tient à nouveau la route et n’a aucun mal à nous tenir en haleine de la première à la dernière page. Cette cinquième enquête du département V aborde également des sujets d’actualité, tels que l’immigration et l’exploitation des minorités, tout en pointant à nouveau du doigt une société danoise dont les hauts dignitaires n’hésitent cette fois pas à détourner l’argent destiné à des programmes d’aide humanitaire.

Pour le cinquième dossier de ce « Cold Case » à la danoise, le lecteur prend donc à nouveau plaisir à retrouver ce trio improbable, même s’il se retrouve un peu dans l’ombre de Marco. Outre la psychologie très soignée des personnages, Jussi Adler Olsen nous régale avec leur complicité et leurs interactions. Il y a tout d’abord le policier bourru, classique dans son genre : un fin limier avec une grande gueule, qui n’est pas fort apprécié par ses collègues. Si le personnage de Carl Mørck est très réussi, la vedette revient néanmoins inévitablement à son assistant Hafez el Assad. Cet homme à tout faire se révèle à nouveau plein de surprises et… de proverbes débordant de dromadaires. Ce réfugié politique syrien qui prend son boulot très à cœur est un personnage très attachant dont chaque intervention fait mouche et dont le passé intrigue au plus haut point. Puis il y a la dernière recrue en date, Rose, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et qui est également réfractaire à toute forme d’autorité. De plus, si notre ami Carl Mørck doit gérer une équipe toujours aussi originale, tout en s’attaquant à un nouveau dossier épineux, il doit également faire face à une vie privée de plus en plus compliquée et même intégrer un véritable boulet imposé par son nouveau chef de département au sein de son équipe. Heureusement que les progrès de son ancien coéquipier paraplégique sont là pour lui réchauffer le cœur.

L’auteur prend donc amplement le temps de soigner la psychologie de ces personnages, qui prennent de l’ampleur au fil des tomes. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, que ce soit Hardy, le coéquipier tétraplégique qui squatte son salon, ou Mona Ibsen, la psychologue dont il est éperdument amoureux, voire même les enfants soldats africains qui viennent ajouter du piment et du suspense en deuxième partie de récit.

Si l’ambiance est à nouveau foncièrement sombre, avec des actes d’une violence parfois extrême, Jussi Adler Olsen parvient à nouveau à y insuffler un ton assez léger en y intégrant beaucoup d’humour. Ce ton singulier, insufflé par des enquêteurs singuliers et parfois assez borderline, apporte une touche de légèreté qui augmente le plaisir de lecture.

Vivement la prochaine enquête !

Jussi Adler Olsen – Dossier 64

Posted in Jussi Adler Olsen, Littérature with tags on 17 avril 2016 by Yvan

Race pure et disparitions !

Jussi Adler Olsen - Dossier 64Après « Miséricorde », « Profanation » et « Délivrance », le Département V de la police criminelle de Copenhague reprend du service.

Le fameux service de police chargé d’élucider les vieilles affaires non résolues s’intéresse cette fois à la disparition inexpliquée d’une certaine Rita Nielsen en 1987. L’enquête mène très vite à d’autres mystérieuses disparations survenues durant la même période et à un sinistre établissement sur l’île de Sprogø où des femmes furent enfermées et stérilisées sans leur consentement. Notre ami Carl Mørck doit donc s’attaquer à un nouveau dossier épineux, tout en essayant de gérer une vie privée de plus en plus compliquée et une équipe toujours aussi originale. Sans oublier l’épidémie de grippe qui frappe actuellement le Danemark…

Cette nouvelle intrigue tient à nouveau la route et n’a aucun mal à nous tenir en haleine de la première à la dernière page. Cette quatrième enquête du département V n’est d’ailleurs pas seulement une enquête policière, mais également une incursion dans l’Histoire du Danemark, à une époque où l’on faisait interner des femmes dont l’attitude dérangeait. En mettant en avant un parti d’extrême droite qui prône la pureté de la race danoise, Jussi Adler-Olsen jette à nouveau un regard très désabusé sur une société danoise déjà victime d’émeutes, de guerre des gangs et de racisme lors du tome précédent.

Pour le quatrième dossier de ce « Cold Case » à la danoise, le lecteur retrouve donc ce trio improbable, qui va tenter de résoudre l’affaire et qui fonctionne toujours à merveille. Outre la psychologie très soignée des personnages, Jussi Adler Olsen nous régale avec leur complicité et leurs interactions. Il y a tout d’abord le policier bourru, classique dans son genre : un fin limier avec une grande gueule, qui n’est pas fort apprécié par ses collègues et qui est toujours torturé par une ancienne affaire qui a coûté la vie à l’un de ses collègues et grièvement blessé l’autre. Si le personnage de Carl Mørck est très réussi, la vedette revient néanmoins à son assistant Hafez el Assad. Cet homme à tout faire se révèle à nouveau plein de surprises et particulièrement débrouillard. Ce réfugié politique syrien qui prend son boulot très à cœur est un personnage très attachant dont chaque intervention fait mouche et dont le passé intrigue au plus haut point. Puis il y a la dernière recrue en date, Rose, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et qui est également réfractaire à toute forme d’autorité. L’auteur prend amplement le temps de soigner la psychologie de ces personnages, qui prennent de l’ampleur au fil des tomes. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, que ce soit Hardy, le coéquipier tétraplégique qui squatte son salon, ou Mona Ibsen, la psychologue dont il est éperdument amoureux. Puis, il y a le « vilain », Curd Wad, gynécologue à la retraite et fondateur du parti extrémiste Renie Linie, qui est une nouvelle fois détestable au possible.

« Rita respectait la colère parce que la colère avait été le moteur de sa vie. Quand elle volait, quand elle délestait un pauvre imbécile de son portefeuille ou quand elle bousculait les gens qui avaient le malheur de se trouver sur son chemin. Elle savait que la colère ne menait à rien, mais c’était un sentiment qui lui faisait du bien. Porté par la rage, on pouvait déplacer des montagnes. »

Si l’ambiance est à nouveau foncièrement sombre, avec des actes d’une violence extrême, Jussi Adler Olsen parvient à nouveau à y insuffler un ton assez léger en y intégrant beaucoup d’humour. Ce ton singulier, insufflé par des enquêteurs singuliers et parfois assez borderline, apporte une touche de légèreté et offre un contrepoids bienvenu aux idées nauséabondes du parti de Curt Wad. Sans oublier ce petit twist final, qui pourrait en surprendre plus d’un…

Vivement la prochaine enquête !

Jussi Adler Olsen – Délivrance

Posted in Jussi Adler Olsen, Littérature with tags on 29 novembre 2015 by Yvan

Troisième « Cold Case » à la danoise !

Jussi Adler Olsen - DélivranceAprès « Miséricorde » et « Profanation », le Département V de la police criminelle de Copenhague reprend du service.

Tout démarre par le « plouf » d’une bouteille jetée à l’eau. Récupérée treize ans plus tard par le fameux service de police chargé d’élucider les vieilles affaires non résolues, celle-ci semble contenir un appel au secours écrit en lettres de sang par des enfants kidnappés. Carl Mørck doit donc s’attaquer à ce nouveau dossier alors qu’il ne tient pas vraiment la grande forme. Mona Ibsen, la psychologue dont il est éperdument amoureux, est en mission humanitaire en Afrique. Hardy, son coéquipier tétraplégique, a élu domicile dans son living et Vigga, son ex-femme menace de réintégrer le domicile conjugal. Sans oublier une invasion de mouches dans les locaux du département V et une inspection du travail qui menace de tout fermer à cause de la présence d’amiante…

Cette nouvelle intrigue qui nous entraîne dans les pas d’un kidnappeur d’enfants tient à nouveau la route et n’a aucun mal à nous tenir en haleine de la première à la dernière page. Cette troisième enquête du département V se déroule dans le milieu des sectes religieuses. Ce milieu très fermé, qui a tendance à régler ses problèmes en interne, va non seulement engendrer ce monstre assoiffé de vengeance, mais il permet également au psychopathe de sévir en toute impunité car rien ne filtre en dehors de ces sectes… excepté cette bouteille. Si le fanatisme religieux est mis en avant, Jussi Adler-Olsen jette également un regard à nouveau très désabusé sur une société danoise victime d’émeutes, de guerre des gangs et de racisme.

Pour le troisième dossier de ce « Cold Case » à la danoise, le lecteur retrouve donc ce trio improbable, qui va tenter de résoudre l’affaire et qui fonctionne toujours à merveille, mais également une nouvelle assistante particulièrement étrange, venue temporairement remplacer Rose. Outre la psychologie très soignée des personnages, Jussi Adler Olsen nous régale avec leur complicité et leurs interactions. Il y a tout d’abord le policier bourru, classique dans son genre : un fin limier avec une grande gueule, qui n’est pas fort apprécié par ses collègues et qui est toujours torturé par une ancienne affaire qui a coûté la vie à l’un de ses collègues et grièvement blessé l’autre. Si le personnage de Carl Mørck est très réussi, la vedette revient néanmoins à son assistant Hafez el Assad. Cet homme à tout faire se révèle à nouveau plein de surprises et particulièrement débrouillard. Ce réfugié politique syrien qui prend son boulot très à cœur est un personnage très attachant dont chaque intervention fait mouche et dont le passé intrigue au plus haut point. Puis il y a la dernière recrue en date, Rose, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et qui est également réfractaire à toute forme d’autorité… sans oublier sa sœur jumelle Ysra, qui joue l’intérimaire durant la majeure partie de l’enquête. L’auteur prend amplement le temps de soigner la psychologie de ces personnages, qui prennent de l’ampleur au fil des tomes. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, que ce soit Hardy, le coéquipier blessé qui squatte son salon, ou le nouveau psychologue que Carl doit consulter. Puis, il y a le « vilain », qui est une nouvelle fois détestable au possible. Ce prédateur manipulateur insaisissable est construit avec grande minutie et le fait que ses proies soient des enfants accentue encore l’horreur de ses actes.

Si l’ambiance est à nouveau foncièrement sombre, avec des actes d’une violence extrême, Jussi Adler Olsen parvient à nouveau à y insuffler un ton assez léger en y intégrant beaucoup d’humour. Ce ton singulier, insufflé par des enquêteurs singuliers et parfois assez borderline, apporte une touche de légèreté et offre un contrepoids bienvenu aux actions terrifiantes du kidnappeur.

Au suivant !

Jussi Adler Olsen – Profanation

Posted in Jussi Adler Olsen, Littérature with tags on 20 septembre 2015 by Yvan

« Cold Case » dans les hautes sphères danoises !

Jussi Adler Olsen - ProfanationAprès « Miséricorde », le premier volume de cette série, le Département V de la police criminelle de Copenhague reprend du service. Le mystère concernant la disparition de Merete Lyyngaard, la vice-présidente du parti démocrate danois, étant expliqué, le nouveau service de police chargé d’élucider les vieilles affaires non résolues doit donc s’attaquer à un nouveau dossier.

Après trois semaines de congés bien mérités, l’inspecteur Carl Mørck et son « adjoint » Hafez el Assad décident de se pencher sur le double meurtre atroce de deux adolescents perpétré en 1987. A l’époque, les soupçons s’étaient portés sur une bande de gosses de riches qui sont depuis devenus des membres influents de la haute société danoise. Carl Mørck aurait peut-être mis ce dossier de côté, surtout que l’assassin de ce double meurtre vieux de vingt ans a avoué et purge actuellement sa peine, mais le problème, c’est qu’il reçoit des pressions d’en haut pour abandonner cette affaire au plus vite. Et puis, il y a ses autres agressions mystérieuses, qui avaient attiré l’attention sur le petit groupe… Il n’en faut pas plus pour éveiller l’intérêt de Carl Mørck !

« Carl Morck ne prit conscience que l’été et surtout les vacances étaient définitivement terminés qu’en arrivant dans la cave de la préfecture, devant les bureaux désertés du département V. Il alluma la lumière et regarda sa table de travail, jonchée de piles chancelantes d’épais dossiers, et l’envie de claquer la porte et de tourner les talons était presque irrépressible. Qu’Assad ait posé au milieu du chaos un énorme vase contenant un bouquet de glaïeuls qui auraient pu à eux seuls bloquer la circulation d’une avenue ne le consola pas le moins du monde. –Bienvenue, Chef ! entendit-il derrière lui. »

Pour le second dossier de ce « Cold Case » à la danoise, le lecteur retrouve donc ce duo improbable, qui va tenter de résoudre l’affaire et qui fonctionne toujours à merveille, mais également une nouvelle assistante au tempérament de feu, qui vient encore ajouter un peu de piment à l’ensemble. Outre la psychologie très soignée des personnages, Jussi Adler Olsen nous régale avec leur complicité et leurs interactions. Il y a tout d’abord le policier bourru, classique dans son genre : un fin limier avec une grande gueule, qui n’est pas fort apprécié par ses collègues et qui est toujours torturé par une ancienne affaire qui a coûté la vie à l’un de ses collègues et grièvement blessé l’autre. Si le personnage de Carl Mørck est très réussi, la vedette revient néanmoins à son assistant Hafez el Assad. Cet homme à tout faire se révèle à nouveau plein de surprises et particulièrement débrouillard. Ce réfugié politique syrien qui prend son boulot très à cœur est un personnage très attachant dont chaque intervention fait mouche. Puis il y a la nouvelle recrue, Rose, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et qui est également réfractaire à toute forme d’autorité. Un bien beau trio !

« L’avocat était pâle. Ce n’était pas une question de pigmentation. Il avait plutôt l’air exsangue. Il devait être usé par toutes les ignominies qu’il lui avait fallu couvrir depuis qu’il faisait ce métier. Carl avait souvent observé ce phénomène. Personne au monde n’a aussi mauvaise mine qu’un flic qui a accumulé les échecs, à part un avocat qui a accumulé les victoires. »

Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste, que ce soit Hardy, le coéquipier blessé qui rêve de se donner la mort sur son lit d’hôpital, ou la psychologue que Carl rêve d’emballer, mais qui a plutôt tendance à le rendre extrêmement maladroit. Puis, il y a les « vilains », qui sont une nouvelle fois détestables au possible. Si les trois membres masculins du groupe sont des gros salopards particulièrement sadiques, pour lesquels le lecteur n’éprouvera aucune empathie, l’unique femme du groupe ne laissera personne indifférent. Kimmie vit en effet recluse comme une clocharde dans la rue, traînant derrière elle une valise de vêtements et beaucoup de traumatismes. À l’instar du frère handicapé de la victime, lors du tome précédent, ce personnage assure la séquence émotion de ce polar particulièrement sombre.

« Rien de tel que la vie de SDF pour garder la ligne… »

Le lecteur passe donc constamment des trois enquêteurs aux différents membres de cette bande d’adolescents privilégiés soupçonnés des différents crimes sordides, au sein d’une enquête qui touche les plus hautes sphères du Danemark. Si l’ambiance est à nouveau foncièrement sombre, avec des actes d’une violence extrême, Jussi Adler Olsen parvient à nouveau à y insuffler un ton assez léger en y intégrant beaucoup d’humour.

« Ce géant était en train de le supplier. Incroyable comme un homme peut être grand et tout petit à la fois. »

Si lors du tome précédent j’avais assez vite découvert le coupable et le mobile du crime, sans que cela gâche pour autant le plaisir de lecture, ici, les coupables sons connus dès le départ. Pourtant, le livre se dévore toujours à grande vitesse, poussé par l’envie d’assembler au plus vite toutes les pièces du puzzle. Le rythme et l’écriture nerveuse de Jussi Adler Olsen est à ce titre l’un des points fort de ce roman.

Au final, ce deuxième volet s’avère donc encore meilleur que le premier. Je vais donc lire au plus vite le troisième tome de cette saga qui mérite une belle place dans mon classement livres !