Archive for the Kris Category

Kris et Bruno Duhamel – Les brigades du temps, 1492, à l’ouest rien de nouveau !

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Dupuis, Franco-Belge, Kris, [DL 2012], [Grand public] with tags on 26 mars 2012 by Yvan

« Notre avenir est aux mains du passé »

Kris et Bruno Duhamel - Les brigades du temps, 1492, à l'ouest rien de nouveauInitialement paru dans le Journal de Spirou sous le titre « Agence temporelle Ukronia », « Les brigades du temps » est une série grand public des Éditions Dupuis imaginée par Kris (Le monde de Lucie, Coupures irlandaises, Un homme est mort, Notre mère la guerre, Un sac de billes, Les ensembles contraires) et dessinée par Bruno Duhamel.

Kris propose une scénario « What if ? » qui mêle humour, action et science-fiction. Le récit se concentre sur les (més)aventures d’agents spatio-temporel qui ont pour mission d’empêcher toute modification de l’histoire officielle. Des manipulateurs tentent effectivement de modifier des événements clés du passé afin de donner naissance à des uchronies qui mettent en péril l’avenir de l’humanité. Lorsque Christophe Colomb se fait tuer en débarquant en Amérique, les agents uchroniens sont mis sur cette nouvelle affaire qui se déroulera sur deux tomes. Espérons qu’ils mèneront cette mission à bien, car que se passerait-il si l’Amérique n’était pas découverte en 1492 ?

Au centre de ce récit, le lecteur découvre un couple de personnages que tout oppose. Cette recette, qui fait souvent fureur au sein de films policiers, n’est pas nouvelle, mais fonctionne très bien. Le duo improbable, composé d’un bleu fraîchement diplômé et d’une brute écossaise au grand cœur, n’arrive certes pas à la cheville du célèbre tandem Chesterfield et Blutch dans les Tuniques Bleues, mais cette opposition de caractère est tout de même assez amusante.

Si l’intrigue est finalement assez simple et que les auteurs ferment les yeux sur d’éventuels paradoxes temporels, le scénario est cependant parfaitement construit et l’histoire s’avère assez didactique et finalement fort prenante. L’action est également au rendez-vous et l’humour omniprésent. Certaines cases sont un peu bavardes, mais comme cela contribue à la mise en place efficace de l’intrigue et de l’univers imaginé par les auteurs, cela passe comme une lettre à la poste.

Au niveau du graphisme, le lecteur retrouve l’état d’esprit des grands classiques de Dupuis. Ce petit côté rétro est finalement très plaisant et le dessin fouillé de Bruno Duhamel est irréprochable, que ce soit lors des scènes futuristes ou historiques, ou lors des scènes d’action.

Une série prometteuse et une première histoire qui connaîtra son dénouement lors du prochain tome, intitulé « La Grande Armada ».

Regardez la bande annonce :

Kris & Maël – Notre Mère la Guerre, troisième complainte

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Guerre, Kris, Maël, Trilogies, [Accessible], [DL 2011] with tags , on 16 novembre 2011 by Yvan

Reprise de l’enquête à l’arrière des combats !

Kris & Maël - Notre Mère la Guerre, troisième complainteDifficile d’estimer la durée d’une guerre, surtout lorsque les combats reprennent de plus belle. Alors que ce tome devait conclure cette saga qui invite à découvrir les méandres de la Première Guerre mondiale à travers une enquête policière, les auteurs décident de prolonger «La Der des Ders» d’un tome.

Ce troisième volet démarre plus de deux ans après l’offensive meurtrière qui coûta la vie aux jeunes soldats de la section Peyrac et replonge immédiatement le lecteur au cœur des hostilités. Le lecteur continue de suivre les pas du lieutenant Vialatte, dorénavant engagé comme volontaire dans une unité spéciale de char à l’avant des combats. Cette Troisième Complainte l’enfonce encore un peu plus dans l’horreur de cette guerre des tranchées, où l’apparition d’armes nouvelles (chars, gaz, …) plonge la guerre dans une ère nouvelle, mais toujours aussi violente. Des scènes de combats aussi brutales qu’aberrantes aux corps criblés de balles, en passant pas des corps brûlés, les auteurs ne lésinent pas sur les moyens pour faire ressortir toute la barbarie du conflit. L’utilisation d’un héros narrateur, lettré et cultivé, permet également de coller les mots justes sur des événements qui ne le sont que rarement. Des textes dont la poésie tranche fortement avec la barbarie qui anime cet enfer, mais dont la précision dépasse largement celle des tirs adverses.

Alors que l’enquête semblait être sur une voie de garage avec l’extermination des principaux suspects par les Allemands, celle-ci repart de zéro en compagnie du Lieutenant Vialatte et du Maréchal des Logis, Desloches. Tout comme lors des deux tomes précédents, cette recherche de la vérité n’est finalement qu’un prétexte pour faire découvrir toute l’horreur de la guerre. Les investigations reprennent donc de plus belle, mais bien loin des tranchées car c’est à l’arrière des combats, tout d’abord dans la capitale et ensuite du côté d’Arras en compagnie des « rosbifs », que les deux hommes partent à la recherche de l’identité du meurtrier de ces femmes. Cette balade permet à Kris de décrire l’ambiance qui régnait à l’arrière des combats et de montrer cette guerre à travers le regard particulièrement humain de personnages attachants croisés au fil des pages.

Les dessins de Maël combinent légèreté, sensibilité et élégance à une retranscription extrêmement réaliste de l’ambiance ravagée et froide de la guerre 14-18. Usant d’aquarelles en couleurs directes et jouant sur les nuances de quelques tons savamment choisis, l’artiste propose des planches de toute beauté qui dépeignent avec beaucoup de brio cette fresque violente.

Une « Troisième Complainte » qui confirme toute la qualité de cette saga dédiée à la Grande Guerre et en fait une référence en la matière.

Retrouvez cet album dans mon Top de l’année !

Ils en parlent également : Oliv’

Kris & Vincent Bailly – Un sac de billes

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Futuropolis, Guerre, Kris, [Accessible], [DL 2011] with tags , , on 25 mai 2011 by Yvan

Deux enfants se faufilent entre les mailles de l’occupation !

Kris & Vincent Bailly - Un sac de billesN’ayant pas lu le roman éponyme de Joseph Joffo (publié en 1971) ou vu l’adaptation cinématographique de Jacques Doillon (datant de 1975), je découvre l’histoire de la famille Joffo via cette adaptation en deux tomes de Kris (Coupures irlandaises, Le monde de Lucie, Notre mère la guerre, Les Ensembles contraires, Un homme est mort) et Vincent Bailly (Coupures irlandaises).

Le premier volet de cette histoire autobiographique raconte le périple de Joseph et Maurice Joffo de Paris jusqu’à Menton durant l’occupation de la seconde guerre mondiale. Ce voyage périlleux, initié par le port obligatoire de l’étoile jaune et le climat antisémite de plus en plus tendu, permet de découvrir l’atmosphère pesante de l’époque à travers le regard de deux enfants juifs d’environ dix ans. Malgré leur maturité et leur débrouillardise, les deux frères conservent une certaine insouciance qui renforce l’empathie avec le lecteur. Le contraste entre cette innocence et l’ambiance oppressante, est l’un des principaux attraits de ce voyage vers la zone libre parsemé d’embuches.

Le graphisme de Vincent Bailly restitue parfaitement l’atmosphère de cette France occupée et accompagne avec brio le ton très juste du récit. Le comparse de Kris sur Coupures irlandaises parvient également à insuffler beaucoup d’expressivité aux visages et intègre plusieurs scènes muettes qui viennent souligner la tension ambiante avec maestria. Si je ne suis pas trop fan de ces quelques cases qui relatent les exploits du grand-père Joffo, j’aime par contre beaucoup la mise en couleur de cet album.

Une mise en place mêlant humanité et sensibilité et une suite que j’attends déjà avec grande impatience.

Retrouvez cette BD dans MON TOP 2011 !

Kris & Maël – Notre Mère la Guerre, deuxième complainte

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Guerre, Kris, Maël, Trilogies, [Accessible], [DL 2010] with tags , on 23 décembre 2010 by Yvan

Tuer en toute impunité ?

Kris & Maël - Notre Mère la Guerre, deuxième complainteVoici le deuxième tome de cette trilogie qui se déroule pendant «La Der des Ders» et qui invite à découvrir les méandres de la Première Guerre mondiale à travers une enquête policière à l’avant des combats, là où l’ennemi se trouve à portée de voix.

Si, en suivant les pas d’un «planqué», le tome précédent permettait déjà au lecteur de se retrouver au cœur des hostilités, partageant le quotidien de jeunes gens transformés en chair à canon, cette deuxième complainte l’enfonce encore un peu plus dans l’horreur de la guerre. Des scènes de combats aussi brutales qu’aberrantes aux corps criblés de balles, en passant pas des corps déchiquetés, les auteurs ne lésinent pas sur les moyens pour faire ressortir toute la barbarie du conflit.

Si le scénario du tome précédent, articulé autour d’une série d’homicides, démontrait déjà clairement que la recherche du meurtrier n’était finalement qu’un prétexte pour faire découvrir toute l’horreur des tranchées, ce tome-ci relègue également l’enquête au second plan. Au sein d’un environnement qui donne une fausse impression d’impunité, là où tuer devient un acte patriotique quotidien, il devient même presque indécent de rechercher un meurtrier. Néanmoins, au milieu de deux salves ennemies, l’enquête de Vialatte, désormais un peu plus accepté par les « vrais soldats », avance et propose de nouvelles pistes intéressantes.

L’utilisation d’un héros narrateur, lettré et cultivé, permet à l’auteur de coller les mots justes sur des événements qui ne le sont que rarement. Des textes dont la poésie tranche fortement avec la barbarie qui anime cet enfer, mais dont la précision dépasse largement celle des tirs adverses. Dans le silence qui succède au bruit des salves ennemies, telle une ultime rengaine à un tableau des plus misérables, une longue complainte agonisante résonne ainsi au loin : «Je suis tombé par terre, c’est la faute à Voltaire. Le nez dans le ruisseau, c’est la faute à Rousseau … »

Le même contraste se retrouve au niveau des dessins de Maël, qui combinent légèreté, sensibilité et élégance à une retranscription extrêmement réaliste de l’ambiance brumeuse et froide de ces avant-postes boueux et sanglants de la guerre 14-18. A l’instar du récent « L’encre du passé », le dessinateur livre un travail graphique splendide. Usant d’aquarelles en couleurs directes et jouant sur les nuances de quelques tons savamment choisis, l’artiste propose des planches de toute beauté qui dépeignent avec beaucoup de brio cette fresque violente.

Une « Deuxième Complainte » qui confirme toute la qualité de ce triptyque dédié à la Grande Guerre et qui impose cette saga comme une référence en la matière.

Retrouvez cette BD dans MON TOP 2010 !

Kris & Martinez – Le monde de Lucie T3

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Kris, Séries, [Accessible], [DL 2010], [Terminées] with tags on 28 juin 2010 by Yvan

Tous les mystères du monde de Lucie dévoilés …

Kris Le monde de LucieCe troisième tome cartonné propose déjà le dénouement de l’histoire de cette petite fille de huit ans (Margaret) qui sort indemne des décombres d’un incendie et qui débite ensuite des phrases dans une langue qui lui est inconnue, et de celle d’une autre gamine (Lucie) qui semble sortie de nulle part.

Si les deux premiers tomes étaient excellents, j’avais un peu peur de voir comment Kris allait boucler son intrigue, car il faut bien avouer qu’il ne s’était pas facilité la tâche en plongeant le lecteur dans l’univers de la parapsychologie et en introduisant des théories assez poussées sur la parapsychologie. Multipliant les personnages, jonglant avec l’espace et le temps, incorporant des hypothèses et des liens complexes , le scénariste s’en sort pourtant avec grand brio. Grâce à une maîtrise narrative exemplaire et à coups de séquences de quelques planches, qui passent d’un personnage/endroit à l’autre, il rythme merveilleusement son thriller parapsychologique, tout gardant son intrigue compréhensible. L’exercice était donc périlleux, mais l’auteur s’en sort avec maestria, en gérant parfaitement l’équilibre scénaristique de ce récit intelligent et excessivement prenant.

Si la maîtrise de l’intrigue est brillante, le développement psychologique des personnages ne l’est pas moins. Au fil des pages, l’auteur lie les différentes personnes qui s’intéressent au syndrome qui frappe la petite Margaret, ainsi qu’à la présence de Lucie. De l’enquête des deux policiers, Karakis et Roberval, aux travaux du Dr. Vladimir Szymanski, en passant par le passé tourmenté de la petite Soledad et du scientifique en parapsychologie, Sacha Iablokov, toutes les pièces du puzzle s’emboîtent parfaitement et lèvent lentement le voile sur les mystères qui entourent « Le monde de Lucie ». Et les auteurs ne vont pas seulement livrer toutes les réponses que l’on attendait, ils vont également livrer, en guise d’épilogue, une perspective d’avenir aux nombreux protagonistes.

Le dessin de Martinez se place à nouveau au diapason de cet univers paranormal envoûtant, et cela, de manière fort lisible. Et on ne soulignera jamais assez cette superbe colorisation qui crée une atmosphère très particulière et qui accentue de manière admirable chaque partie du puzzle à l’aide de tons différents.

Un thriller psychologique indispensable !

Kris & Eric T – Les ensembles Contraires

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Futuropolis, Kris, [Accessible], [DL 2008] with tags on 19 avril 2010 by Yvan

kris les ensembles contrairesAvec « Les ensembles Contraires », Kris (« Un homme est mort », « Le monde de Lucie ») et Eric T. (« Excursion Coréenne ») livrent un récit 100% autobiographique qui revient sur l’origine de cette amitié qui les lie depuis tant d’années et qui résulte ici en ce petit chef-d’œuvre.

Au fil des pages, le lecteur s’incruste dans la vie de ces deux personnes afin d’être témoin de leur amitié grandissante. On s’identifie très vite à ces deux adolescents et à leur parcours. Les souvenirs de notre propre adolescence refont surface : les amitiés, les premiers amours, les virés inoubliables, le sport, les études, la famille … Le ton est léger, l’ambiance sympa, mais en arrière-plan de ce récit auquel on s’identifie facilement, des moments plus durs, plus pénibles viennent installer une certaine tension et poser un poids sur les jeunes épaules des deux protagonistes. Une alternance entre bonheur et malheur qui est parfaitement dosé au sein de ce récit empli d’honnêteté et qui entretient bien le mystère, ainsi qu’un certain suspens.

Mais, l’histoire de cette grande amitié permet également de montrer que tout comme l’aveuglement de l’amour, l’amitié regarde également au-delà des frontières et des classes sociales. La différence au niveau des caractères et des environnements qui entourent les deux amis est également l’un des attraits de ce récit. Au niveau du graphisme, Eric T. a su adapter son style au service de cette histoire biographique, tandis que Nicoby adapte parfaitement sa colorisation aux alternances joies/malheurs du récit.

Excellent !

Kris et Maël – Notre mère la guerre

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Guerre, Kris, Maël, Trilogies, [Accessible], [DL 2009] with tags , on 27 mars 2010 by Yvan

notre mere la guerreEn 1915, au milieu des nombreux cadavres recrachés par les tranchées, c’est surtout celui de Joséphine Taillandier qui suscite l’indignation. La jeune serveuse de bar est retrouvée la gorge tranchée et portant sur elle une lettre rédigée par son assassin. Tout désigne le seconde classe Albert Choffard, qui sera d’ailleurs fusillé en toute hâte et sans aucune sommation. Malheureusement, les meurtres ne s’arrêtent pas pour autant car une infirmière de la Croix Rouge et une journaliste canadienne sont également retrouvées parmi les victimes de la ligne de front. Le lieutenant de gendarmerie Roland Vialatte est alors envoyé sur place pour élucider ces crimes scandaleux.

Après le « Mattéo » de Jean-Pierre Gibrat, Futuropolis lance donc une seconde saga se déroulant pendant «La Der des Ders». Malgré l’abondance de ce genre de récits ces derniers temps, Kris et Maël optent pour une approche originale en faisant découvrir les méandres de la Première Guerre mondiale à travers une enquête policière à l’avant des combats, là où l’ennemi se trouve à portée de voix.

Si le scénario s’articule autour d’une série d’homicides au sein d’un environnement donnant une fausse impression d’impunité, la recherche du meurtrier ne s’avère finalement qu’un prétexte pour faire découvrir toute l’horreur et l’aberration de ce conflit. C’est en suivant les pas d’un «planqué» qui n’a pas sa place au milieu des soldats, que le lecteur se retrouve au cœur des hostilités, partageant le quotidien de jeunes gens transformés en chair à canon. L’utilisation d’un héros narrateur, lettré et cultivé, permet à l’auteur de coller les mots justes sur des événements qui ne le sont que rarement. Des textes dont la poésie tranche fortement avec la barbarie qui anime cet enfer, mais dont la précision dépasse largement celle des tirs adverses. Dans le silence qui succède au bruit des salves ennemies, telle une ultime rengaine à un tableau des plus misérables, une longue complainte agonisante résonne ainsi au loin : «Je suis tombé par terre, c’est la faute à Voltaire. Le nez dans le ruisseau, c’est la faute à Rousseau … »

Le même contraste se retrouve au niveau des dessins de Maël, qui combinent légèreté, sensibilité et élégance à une retranscription extrêmement réaliste de l’ambiance brumeuse et froide de ces avant-postes boueux et sanglants de la guerre 14-18. A l’instar du récent « L’Encre du passé », le dessinateur livre un travail graphique splendide. Usant d’aquarelles en couleurs directes et jouant sur les nuances de quelques tons savamment choisis, l’artiste propose des planches de toute beauté qui dépeignent avec beaucoup de brio cette fresque violente.

Livré sous forme d’intrigue policière, cette « Première Complainte » inaugure de manière fort convaincante ce nouveau triptyque dédié à la Grande Guerre.