Archive for the Luc Brunschwig Category

Luc Brunschwig, Aurélien Ducoudray et Dimitri Armand – Bob Morane Renaissance, Le Village qui n’existait pas (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Lombard, Luc Brunschwig, Séries, [DL 2016], [En cours], [Grand public] with tags on 19 octobre 2016 by Yvan

Suite et fin du premier diptyque !

Luc Brunschwig, Aurélien Ducoudray et Dimitri Armand - Bob Morane Renaissance, Le Village qui n'existait pas (Tome 2)Etant donné le cliff-hanger du premier volet de ce reboot signé Luc Brunschwig et Aurélien Ducoudray au scénario et Dimitri Armand au dessin, le titre de cette suite n’est pas vraiment une surprise. Le premier volet se terminait en effet par un Bob Morane en fuite dans la jungle du nord Nigéria, découvrant par hasard un village n’apparaissant sur aucune carte. L’homme qui règne en maître sur cette cité futuriste n’étant autre que l’énigmatique Mr Ming, la rencontre entre Bob Morane et celui qui orne la couverture de cet album semble donc inévitable.

Si les personnages emblématiques de la saga sont bien évidemment au rendez-vous de cette remise à jour, c’est néanmoins Tania Orloff, la nièce et protégée de Mr. Ming, qui joue un rôle clef dans ce tome. C’est à travers elle que le lecteur va découvrir un Mr. Ming moins caricatural que dans l’œuvre originelle et aux intentions finalement assez louables. Certes, les deux personnages deviendront inévitablement ennemis, mais le nemesis de Bob Morane n’est finalement peut-être pas un si mauvais bougre. Force est d’ailleurs de constater que le célèbre aventurier d’Henri Vernes se retrouve également abusé par ce monde futuriste où même les projets humanitaires cachent de sombres vérités économiques.

Et oui, Luc Brunschwig et Aurélien Ducoudray livrent non seulement des personnages plus travaillés, mais également une réflexion engagée sur le rôle et l’exploitation de l’Afrique dans notre monde actuel. L’aventure ne se limite donc pas à des actes héroïques, mais implique aussi une dimension humaine et une critique acerbe des dirigeants de ce monde qui asservissent les populations et manipulent les gens… dont notre héros. Certains regretteront cette naïveté de leur héros, tout comme le rôle secondaire d’un Bill Ballantine envoyé sur une mission parallèle en compagnie d’une Miss Ylang-Ylang pas beaucoup plus fiable, mais nul doute que les deux se retrouveront par la suite, lors d’un second cycle que j’attends déjà avec grande impatience.

Visuellement, Dimitri Armand participe également à la réussite de cette remise à neuf. En proposant un découpage dynamique et des cadrages très cinématographiques, il contribue à l’apparence plus moderne de ce reboot. De plus, d’un trait réaliste, il livre des personnages qui ont beaucoup de charisme et s’amuse même à mettre les auteurs de la saga en scène en tant que figurants.

Bob Morane n’est plus uniquement un héros d’hier, mais un « Héros de tous les temps » !

Ils en parlent également : Yaneck

Luc Brunschwig, David Nouhaud et Laurent Hirn – Car l’enfer est ici, Deux visions pour un pays (Tome 4)

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Luc Brunschwig, Séries, [DL 2016], [En cours], [Grand public] with tags , on 20 mai 2016 by Yvan

Pour une politique plus humaine !

Luc Brunschwig, David Nouhaud et Laurent Hirn - Car l'enfer est ici, Deux visions pour un pays (Tome 4)« Deux visions pour un pays » est le quatrième volet tant attendu du second cycle du cultissime polar « Le Pouvoir des innocents« .

À la fin du tome précédent, Luc Brunschwig abandonnait mon personnage préféré pour morte, dans les bras d’un Domenico Coracci, chargé de se débarrasser du corps de la jeune punkette démocrate. N’ayant pas vraiment apprécié la victoire surprenante de Lou Mac Arthur à l’élection du nouveau gouverneur de l’État, Angelo Frazzier, le parrain de la maffia locale, venait en effet de passer ses nerfs sur la pauvre petite. La victoire du démocrate soutenu par Jessica Ruppert et sa prise de position contre la peine de mort provoquent d’ailleurs également une émeute à la prison de Rickers Island, où les détenus ne partagent visiblement pas l’idée d’épargner la vie de Joshua Logan, l’auteur présumé de l’attentat qui coûta la vie aux 508 partisans de la démocrate Jessica Ruppert.

« Deux visions pour un pays » plonge le lecteur au sein d’une Amérique partagée entre deux visions antagonistes : l’une particulièrement radicale, en faveur de la peine de mort et basée sur la répression, puis l’autre, celle de Lou Mac Arthur, de Jessica Ruppert… et de Luc Brunschwig, plus sociale, plus humaine et donnant sa chance à la rédemption. Des politiciens qui s’impliquent sur le terrain, la création d’une police de proximité, un système carcéral plus participatif basé sur la réinsertion, offrant une seconde chance aux brebis égarées… Yep, moi je vote Brunschwig !

« On peut tuer légalement une personne et s’imaginer avoir réglé le problème qu’elle représentait. On peut aussi la laisser en vie… Recueillir sa parole… Savoir ce qui l’a poussé à ce geste fou… Comprendre quels mouvements haineux couvent au sein de notre ville et peut-être trouver comment apaiser durablement cette fureur. »

Si le fond de l’intrigue est clairement politique et sociétal, Luc Brunschwig vous sert néanmoins sa vision des choses avec grande maestria, en basant l’ensemble sur une intrigue en béton armée et des personnages profondément humains et attachants. Procès médiatique, enquête policière et histoire d’amour sont donc au rendez-vous de ce tome qui se déroule entre le mercredi 10 novembre 1999 et le mardi 27 février 2001 et fait évoluer les différents protagonistes au fil de chapitres de quelques pages, au rythme soutenu, qui s’intègrent avec brio dans l’ensemble, tout en multipliant les rebondissements. Du grand art !

Et comment parler d’art sans évoquer le travail à quatre mains absolument remarquable de Laurent Hirn et de David Nouhaud. Si le dessinateur originel de la série s’occupe avec brio du story-board et de la colorisation de la saga et que David Nouhaud (« Maxime Murène ») propose un dessin réaliste, détaillé et expressif, il faut également noter la contribution pour le moins surprenante de Thomas Priou, qui signe deux pages en forme de dessin animé satyrique, parodiant le quotidien de Wyatt Whitaker, un candidat à la présidence fortement inspiré de Georges W. Bush.

Le meilleur tome de ce second cycle !

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top BD de l’année !

Lisez également Les Enfants de Jessica !

Luc Brunschwig, Aurélien Ducoudray et Florent Bossard – Leviathan, Après la fin du monde

Posted in BANDES DESSINÉES, Casterman, Franco-Belge, Luc Brunschwig, Séries, [DL 2016], [En cours], [Grand public] with tags on 30 mars 2016 by Yvan

La fin de Marseille ?

Luc Brunschwig, Aurélien Ducoudray et Florent Bossard - Leviathan, Après la fin du mondeAprès avoir ressuscité Bob Morane (Bob Morane – Renaissance), Luc Brunschwig et Aurelien Ducoudray s’associent à Florent Bossard pour détruire la ville de Marseille. Si le pitch a de quoi allécher tout supporter du PSG qui se respecte, ceux qui me connaissent savent que c’est plutôt le nom de Brunschwig, véritable Zlatan du neuvième art, qui m’a incité à attaquer cette nouvelle saga.

Le récit débute donc comme un scénario catastrophe, montrant la cité phocéenne ravagée par un séisme de grande ampleur. Le lecteur a donc droit aux scènes classiques de dévastation, suivi de l’évacuation et du rassemblement des victimes au stade Vélodrome. Cependant, concernant la cause du séisme, Luc Brunschwig et Aurelien Ducoudray s’amusent à multiplier les fausses pistes, ne dévoilant la véritable origine du drame que lors de la toute dernière page de ce premier volet… arrrrgggg, les fourbes ! De plus, ils ont la bonne idée d’ajouter une petite intrigue policière à ce scénario catastrophe, ce qui incite encore plus à vouloir découvrir la suite au plus vite.

Puis, forcément, Brunschwig ne serait plus Brunschwig s’il n’intégrait pas une dimension sociale, humaine et politique importante à ce thriller prenant. Les deux scénaristes prennent en effet le temps de mettre en avant plusieurs personnages touchés par cette catastrophe. Au fil des pages et de quelques flash-backs bien placés qui permettent d’en apprendre plus sur leurs passés respectifs, le lecteur fait ainsi la connaissance de Léa, une pédopsychiatre qui a perdu son mari lors de l’effondrement d’un parking souterrain, de Rédouane, un inspecteur de la police scientifique qui enquête sur une victime tuée par balle, d’Edwige, une infirmière qui s’occupe tant bien que mal des enfants traumatisés par le cataclysme, mais également d’Antoine, un père de famille habitué à côtoyer la mort…

Si les auteurs s’intéressent à l’aspect humain, le réalisme du contexte politico-social m’a frappé au lendemain de l’attentat terroriste qui vient de secouer ma ville, plongeant la capitale de l’Europe dans un état de siège et de panique qui n’a finalement pas grand-chose à envier aux scènes décrites dans cet album. Visuellement, je dois donner raison à mon libraire concernant cette couverture vieillotte qui n’incite pas vraiment à se jeter sur l’album. À l’intérieur, le dessin de Florent Brossard manque certes encore un peu de maîtrise, surtout au niveau des expressions, mais le jeune artiste parvient déjà à étaler son talent au niveau du découpage et de la colorisation et propose un graphisme réaliste qui colle finalement très bien à ce scénario catastrophe.

Une excellente mise en place et un album que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

 

Luc Brunschwig et Cécil – Holmes, Livre IV, La Dame de Scutari

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Franco-Belge, Futuropolis, Luc Brunschwig, Séries, [Accessible], [DL 2015], [En cours] with tags , on 16 décembre 2015 by Yvan

Les femmes de l’Angleterre Victorienne !

Luc Brunschwig et Cécil - Holmes, Livre IV, La Dame de ScutariEt bien, le moins que l’on puisse dire, c’est que la petite vieille qui orne la couverture aura mis du temps à arriver en librairie. Au rythme d’un tome tous les trois/quatre ans, les fans de cette saga doivent d’ailleurs s’armer de patience. Et oui, dans un monde du neuvième art où la vitesse prend de plus en plus le pas sur la qualité, il reste encore quelques irréductibles Gaulois qui prennent le temps de peaufiner chaque case jusque dans les moindres détails, certes au détriment du rythme de parution (et probablement de leur portefeuille), mais, mon Dieu, que l’Art en ressort grandi. Les planches que livre Cécil (Le Réseau bombyce) sont époustouflantes de réalisme et font preuve d’un souci du détail impressionnant. Les vignettes semblent issues d’un vieil album photo et plongent le lecteur dans une ambiance rétro qui colle parfaitement à l’Angleterre Victorienne d’antan. Les jeux d’ombres sont à nouveau splendides et son lavis monochrome accompagne avec brio les allers-retours effectués dans le temps (bleu-gris pour le présent, sépia pour le passé). Cet album est donc le fruit d’un travail d’orfèvre, que tout bédéphile se doit d’applaudir à deux mains… sans trop regarder sa montre.

L’autre avantage de ce rythme de parution assez lent est qu’à chaque tome, je dois relire tous les précédents et pour un type comme moi, qui a la mémoire en compote, c’est un véritable plaisir de redécouvrir chaque album, avant d’arriver à celui-ci, où Luc Brunschwig a visiblement choisi de mettre les femmes à l’honneur. Il y a tout d’abord Violet, la mère de Mycroft et Sherlock, qui joue un rôle central dans ce quatrième volet, de la naissance de Sherlock jusqu’au chevet de sa nourrice, en passant par sa participation à la guerre de Crimée. Il y a ensuite Miss Nightingale, la célèbre infirmière de Scutari, qui multiplie les révélations concernant le passé des Holmes. Mais il ne faudrait pas oublier Judy Brown, la jeune femme de l’East End condamnée pour un double infanticide, Miss Bannister, l’ancienne nourrice de Sherlock, et l’infirmière à la jambe de bois qui prend soin de Siger Holmes. Mais attention, Brunschwig (Lloyd Singer, Le sourire du clownUrban, Car l’enfer est ici, Les enfants de Jessica, La mémoire dans les poches, Bob Morane) ne délaisse pas pour autant les hommes de cette saga, car le docteur Dudley Parks est également omniprésent, tandis que Mycroft continue de jouer un rôle de plus en plus intriguant.

Le fait de développer la psychologie des proches de Holmes permet donc de mieux cerner la personnalité complexe du célèbre détective et d’en apprendre plus sur son passé. En creusant le mystère qui entoure le héros de Conan Doyle, Brunschwig rend non seulement hommage à son créateur, mais parvient également à faire revivre Holmes au détour de chaque case de cet œuvre qui se déroule pourtant après sa mort. Les différents récits se croisent avec brio et Brunschwig ne serait pas Brunschwig, s’il ne profitait pas de l’occasion pour aborder des thèmes sociaux. Il dresse non seulement un portrait particulièrement convaincant de l’Angleterre Victorienne et de ses femmes, mais profite également du procès de l’empoisonneuse de L’East End pour pointer du doigt l’industrie et les riches qui exploitent les pauvres.

Incontournable !

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également : Yaneck

Luc Brunschwig, Aurélien Ducoudray et Dimitri Armand – Bob Morane Renaissance, Les terres rares

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Lombard, Luc Brunschwig, Séries, [DL 2015], [En cours], [Grand public] with tags on 11 novembre 2015 by Yvan

Un Bob Morane moderne !

Luc Brunschwig, Aurélien Ducoudray et Dimitri Armand - Bob Morane Renaissance, Les terres raresBob Morane fait partie des héros qui ont bercé mon enfance et, apparemment, les éditeurs ont décidé de tous les ressusciter alors que ces bandes dessinées hibernent depuis plusieurs décennies dans des cartons, quelque part dans le grenier de mes parents. S’ils avaient déjà réussi à trouver un scénariste que j’affectionne particulièrement pour dépoussiérer « Ric Hochet », ils ont fait encore plus fort pour le célèbre aventurier d’Henri Vernes en choisissant mon auteur franco-belge préféré : Luc Brunschwig !

Pour ce reboot, Luc Brunschwig et Aurélien Ducoudray (au scénario), accompagnés de Dimitri Armand (au dessin), remettent donc les compteurs à zéro, tout en débarrassant le personnage de son contexte un peu trop vieillot. Les auteurs ancrent cette renaissance dans un monde plus contemporain, voire même légèrement anticipatif et livrent une aventure mêlant terrorisme, enjeux économiques et technologie, sans oublier une réflexion engagée sur le rôle et l’exploitation de l’Afrique dans notre monde actuel.

Les personnages emblématiques de la saga sont bien évidemment au rendez-vous de cette remise à jour… De l’incontournable Bill Ballatine à Miss Ylang-Ylang, en passant par Sophia Paramount et même le charismatique Ming, qui vient pimenter la toute fin d’album. Il s’agit certes d’un tome de mise en place, mais les auteurs démontrent déjà tout leur savoir-faire en proposant un contexte convaincant, des personnages crédibles et un premier volet particulièrement prometteur.

Visuellement, Dimitri Armand contribue également à la réussite de cette remise à neuf. En proposant un découpage dynamique et des cadrages très cinématographiques, il contribue à l’apparence plus moderne de ce reboot. De plus, d’un trait réaliste, il livre des personnages qui ont beaucoup de charisme, dont un Bill Ballantine dont j’apprécie beaucoup le look Cro-Magnon.

Ils en parlent également : Yaneck

 

Luc Brunschwig, David Nouhaud et Laurent Hirn – Car l’enfer est ici, Quatre millions de voix (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Luc Brunschwig, Séries, [DL 2015], [En cours], [Grand public] with tags , on 20 février 2015 by Yvan

Une intrigue politique profondément humaine !

Luc Brunschwig, David Nouhaud et Laurent Hirn - Car l'enfer est ici, Quatre millions de voix (Tome 3)Le voilà enfin ce troisième volet de « Car l’enfer est ici » ! J’attends chaque tome du deuxième cycle du cultissime polar « Le Pouvoir des innocents » avec grande impatience, afin de découvrir au plus vite ce qu’il advient de Joshua Logan six mois après l’attentat qui coûta la vie aux 508 partisans de la démocrate Jessica Ruppert.

En décidant de se rendre aux autorités afin de prouver son innocence, Joshua Logan a non seulement transformé cette saga en un combat beaucoup plus juridique, parsemé de manipulations politiques, mais il a surtout mis son scénariste dans de sales draps. Le principal suspect de cette terrible tragédie qui a endeuillé l’élection municipale de New York se retrouve en effet enfermé dans une petite cellule, privant ainsi la série de son personnage principal. Lors du tome précédent, Brunschwig revenait encore intelligemment sur quelques zones d’ombre du passé de l’ancien militaire, mais ici, il le laisse gentiment croupir en prison. Le garçon est d’ailleurs au plus mal et son avenir ne s’annonce pas beaucoup plus rose car les responsables du complot font tout pour effacer les éventuelles pistes et le témoignage de la petite Amy Ruppert risque bien de ne pas peser bien lourd dans la balance…

Luc Brunschwig se retrouve donc tout nu, sans personnage principal et… pour se compliquer encore un peu la tâche, il va tenter de nous tenir en haleine avec un meeting politique dont la vedette orne la couverture. Complètement fou ce Romain ! L’ami Brunschwig va cependant s’en sortir et même haut la main. Vous savez pourquoi ? C’est simple : L’art de raconter et de dresser le portrait de personnages secondaires qui sont attachants dès la première case, avant de vous bouleverser au fil des planches. Et, au niveau des personnages secondaires attachants, autant vous dire que le garçon avait du choix et qu’il n’avait plus qu’à se servir !

Il aurait évidemment pu donner la vedette à la petite Lucy dont je suis fan dès la première minute. Mais non, il prend ce crétin de gros bras de Domenico qui n’est pas mon meilleur copain et le candidat démocrate Lou Mac Arthur, qui doit probablement être le personnage auquel j’adhère le moins (moi et la politique hein !). Et vous n’allez pas me croire… ben si, le type s’en sort encore haut la main… et vous ne savez même pas le sort qu’il réserve à ma petite Lucy… Je l’ai même maudit sur le coup… mais je vous laisse bien évidemment découvrir…

En résumé, on peut donc dire que Luc Brunschwig laisse son personnage principal de côté, qu’il n’est pas sympa du tout avec ma petite favorite, qu’il s’amuse à rendre un gros con hyper attachant et qu’il nous sert un meeting politique d’une longueur qu’il faut qualifier d’indécente quand on connaît le prix que le lecteur doit payer par planche de neuvième art. Mais arrivé à la fin de l’album… BAM !!!… on vote Lou Mac Arthur, on veut serrer le gros Domenico dans ses bras et on demande poliment la suite du récit au maître : mais dépêche-toi fieu, tu n’as pas honte de nous abandonner sur un cliff-hanger pareil ! Allez hop, au boulot !

Bon, voilà, pendant qu’il se remet au boulot ce bachi-bouzouk, je vais encore vous dire deux mots sur les deux seuls types qui ne me cherchent pas des poux sur cette saga. Il y a évidemment Laurent Hirn, le dessinateur originel de la série, qui s’occupe dorénavant avec brio du story-board et de la colorisation de la saga. Puis il y a David Nouhaud (« Maxime Murène ») qui a la lourde tâche de dessiner toutes les abominations imaginées par Brunschwig. Obliger son dessinateur à mettre un meeting politique en images pendant près de dix planches, lui faire dessiner des scènes chocs qui l’empêchent probablement de dormir la nuit… ahlala… courage les gars et bravo pour l’excellent travail !

Bref, « Quatre millions de voix », le troisième album du second cycle du Pouvoir des innocents, est un album qui abandonne le lecteur sans voix… et comme la plupart des albums de Brunschwig, vous savez où le retrouver : yep, dans mon Top de l’année… et il vaut mieux commencer à chercher dans le haut du classement !

Lisez également Les Enfants de Jessica !

Ils en parlent également : le petit scarabée Yaneck

Luc Brunschwig et Roberto Ricci – Urban, Que la lumière soit… (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Franco-Belge, Futuropolis, Luc Brunschwig, Séries, [DL 2014], [En cours], [Grand public] with tags , on 17 septembre 2014 by Yvan

Let there be light !

Luc Brunschwig et Roberto Ricci - Urban, Que la lumière soit... (Tome 3)La fin du tome précédent abandonnait non seulement le lecteur sur un « cliffhanger » de format, mais livrait surtout un message important : Luc Brunschwig ne compte à nouveau pas ménager ses personnages !

À l’aide d’une narration toujours aussi experte, distillant ses flash-backs avec précision et parcimonie, mon scénariste préféré apporte un nouvel éclairage sur certains de ses protagonistes, dont Ishrat et Springy Fool. Si l’histoire de cette jeune fille couverte de tatouages commerciaux nous est enfin révélée, c’est l’homme habillé en lapin blanc que Brunschwig choisit de placer sous ses projecteurs. En revenant sur son passé et sur la genèse de Monplaisir, il montre le vrai visage de l’homme qui anime cette cité à l’apparence idyllique. Un portrait qui n’a rien de vraiment reluisant…

L’éclairage apporté aux personnages se fait néanmoins dans la pénombre car la ville de tous les plaisirs est victime d’un attentat qui a provoqué une gigantesque panne électrique. Cette coupure générale plonge non seulement la mégapole dans un chaos total, mais contribue surtout à une mise à nu de toute la superficialité de cette société accro à la téléréalité, construite sur des inégalités sociales et donnant à l’argent le pouvoir de l’illusion du bonheur. Après avoir livré les regards innocents de Zach et du jeune Niels sur ce gigantesque parc d’attractions, l’auteur fait maintenant tomber les masques et les décors, laissant ainsi entrevoir toute la noirceur des coulisses peu glamour de ce paradis artificiel dorénavant privé de paillettes. Les effets de la panne d’électricité se font d’ailleurs également ressentir en dehors de Monplaisir, où le scénariste nous réserve aussi quelques rebondissements surprenants, qui donnent envie de découvrir la suite au plus vite.

Mais, ce sera pour le prochain tome, assez de révélations pour cette fois-ci, il est temps d’éteindre à nouveau la lumière, de refermer l’album… la lumière fût, mais ce qu’elle dévoila n’était que noirceur… assez d’émotions pour aujourd’hui… merci Luc !

Hola ! Attendez ! Rallumez ! J’ai oublié de vous parler du truc le plus important de cet album : Roberto Ricci ! Je vous ai déjà souvent dit que les planches de l’artiste transalpin sont à flinguer, que le travail minutieux qu’il réalise au niveau de l’architecture et des décors force mon admiration et qu’il parvient à plonger ce monde fait de néons, de paillettes et de couleurs dans une ambiance oppressante, tout en distillant la noirceur qui anime les coulisses de cet univers enjôleur. Et bien, il a fait encore plus fort lors de cet album. S’il profite comme d’habitude de ce monde costumé, qui met gratuitement des milliers de déguisements à la disposition de ses visiteurs, pour truffer ses planches de nombreux clins d’œil savoureux, il a cette fois eu la gentillesse d’intégrer mes enfants dans une des cases. Ainsi, page 53, vous pouvez découvrir Iben et Alec déguisés en Mega Mindy et Mega Toby, pour le plus grand bonheur de leur papa. Grazie mille Roberto !

Iben et Alec

Retrouvez cet album dans mon Top du mois et dans mon Top de l’année !

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