Archive for the Ludovic Debeurme Category

Ludovic Debeurme – Un Père Vertueux

Posted in BANDES DESSINÉES, Cornélius, Diptyques, Ludovic Debeurme, [Angoulême 2016], [DL 2015], [Sélectif] with tags , on 9 décembre 2015 by Yvan

La genèse des trois fils !

Ludovic Debeurme - Un Père VertueuxEn 2013, Ludovic Debeurme proposait un ouvrage intitulé « Trois fils », qui devait devenir le premier volet d’une trilogie narrant l’histoire de trois fils qui cherchent à se débarrasser de leur père. Puis, en 2015, surprise, car les Editions Cornélius publient un album deux fois plus épais, qui ne propose pas seulement la suite du récit, mais également le début et la fin. Si je n’étais à la base pas très fan de ce découpage en plusieurs tomes, qui forçait le lecteur à abandonner les trois adolescents en plein milieu de leur quête vengeresse sans en connaître toutes les raisons, l’auteur réussit néanmoins un beau tour de force en livrant un deuxième volet qui comble non seulement tous les vides du premier tome, mais qui peut en plus se lire indépendamment.

Servi sous forme de long flashback, « Un Père Vertueux » revient sur le passé des trois garçons avant qu’ils ne décident d’abandonner leur père sur une île déserte et permet donc de découvrir ce qui les poussent à vouloir se libérer à tout prix de leur géniteur. Ludovic Debeurme dresse d’une part le portrait d’un père autoritaire qui n’hésite pas à mutiler ses enfants pour les garder dans le droit chemin et qui trouve finalement son salut dans la religion après avoir survécu en effectuant d’étranges livraisons pour le compte de mystérieux hommes en noir. Mais il brosse surtout le portrait de trois adolescents en pleine quête identitaire, qui doivent non seulement s’intégrer dans un pays qui n’est pas le leur, malgré leur différence, mais qui connaissent également leurs premiers émois sexuels. Cette deuxième partie de diptyque permet également au lecteur de découvrir l’origine de l’aspect hybride de ces personnages dont les noms font références à des personnalités appréciées par Ludovic Debeurme. Le nom de Bird, le fils aux yeux noirs d’un oiseau, vient bien sûr du saxophoniste Charlie Parker. Celui de Twombly, le garçon aux longs bâtons de bois en guise de bras, fait référence au peintre-sculpteur américain Cy Twombly, tandis que le nom de Horn, le troisième luron qui dissimule son visage recouvert de poils sous une capuche rouge, vient de l’artiste Rebecca Horn.

Ce conte cruel qui évoque le destin de migrants fait non seulement écho à notre actualité, mais aborde également de nombreux thèmes intéressants, tels que le fanatisme religieux, l’identité, la sexualité et l’adolescence. Si l’auteur continue de réduire le texte au minimum et ne s’embarrasse toujours pas de cases afin de laisser libre cours à ses personnages et à son dessin, il ne réalise cependant plus ses planches à la gouache comme lors du tome précédent, mais opte pour des crayons de couleurs qui évoquent inévitablement le monde de l’enfance. Debeurme parvient comme d’habitude à installer une ambiance étrangement onirique dont il a le secret et qui s’avère idéale pour aborder les tourments psychologiques des différents personnages. Du grand art !

N’hésitez pas à lire du Debeurme (Le Grand Autre, Lucille et Renée) et retrouvez cet album dans mon Top BD de l’année.

 

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Ludovic Debeurme – Trois fils

Posted in BANDES DESSINÉES, Cornélius, Ludovic Debeurme, Trilogies, [DL 2013], [Sélectif] with tags on 14 novembre 2013 by Yvan

Pourquoi vouloir tuer le père ?

Ludovic Debeurme - Trois filsGrand habitué des Editions Cornélius, Ludovic Debeurme récidive cette fois avec une histoire en trois tomes. Ce récit aux allures de conte narre la rancune de trois fils qui cherchent à se débarrasser de leur père. Pour arriver à leur fin, les trois adolescents aux airs étranges (Bird, aux yeux noirs, Twombly, aux longs bâtons de bois lui servant de bras et Horn, au visage recouvert de poils) enchaînent leur père sur une île déserte.

Au fil des pages, le lecteur va découvrir ce qui les poussent à vouloir se libérer à tout prix de leur géniteur. Pour l’occasion, Ludovic Debeurme délaisse son trait noir et blanc épuré pour baigner ce récit délicieusement sombre dans une avalanche de couleurs chatoyantes. Délaissant sa technique habituelle au profit de planches réalisées à la gouache et réduisant comme d’habitude le texte au minimum, Debeurme parvient de nouveau à installer une ambiance étrangement onirique dont il a le secret. Si le plaisir de perdre ses repères est à nouveau au rendez-vous, le rêve est malheureusement interrompu par ce découpage en trois tomes finalement assez regrettable. L’abandon abrupte de ce voyage plein de promesses vengeresses résulte donc en beaucoup de frustration… sans parler de ce supplément de seize pages que j’ai loupé étant donné qu’il est uniquement réservé aux lecteurs achetant l’ouvrage dans une librairie membre du réseau Canal BD.

À défaut de pouvoir apprécier l’ensemble de la nouvelle œuvre de cet auteur dont je suis grand fan, je me contenterai donc de cette première tranche servie sous cellophane, qui met en appétit, mais ne coupe absolument pas la faim.

Ludovic Debeurme – Renée

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Futuropolis, Ludovic Debeurme, [DL 2011], [Sélectif] with tags on 18 janvier 2011 by Yvan

Analyse psychologique poignante !

Ludovic Debeurme - RenéeIl y a cinq ans, Ludovic Debeurme invitait à suivre le quotidien de deux adolescents en pleine dérive psychologique. Lucille, étouffée par une mère trop protectrice, et Arthur, repoussé par un père alcoolique et violent, cherchaient respectivement ‘refuge’ dans l’anorexie et le satanisme, jusqu’à leur rencontre, qui fît renaître cette flamme qui avait fui leurs vies depuis déjà trop longtemps et leur permettait de trouver un nouveau refuge : l’amour.

Aujourd’hui, l’auteur livre la suite tant attendue de ce roman intimiste. Le lecteur découvre non seulement ce qu’il advient de Lucille, de retour chez sa mère, et d’Arthur, livré à la dureté du monde carcéral, mais va également faire la connaissance d’autres personnages. Il y a tout d’abord l’héroïne, Renée, une jeune fille torturée qui s’automutile, mais également Arthur, un garçon violent aux gènes suicidaires. Ludovic Debeurme explore une nouvelle fois avec grand brio, le mal-être de ces deux nouveaux écorchés de la vie.

Si la mise en place de ce deuxième volet est un peu plus difficile, Ludovic Debeurme parvient à aborder avec justesse des sujets difficiles tels que l’automutilation, le suicide et les relations parentales et affectives, en évitant de tomber dans le piège du pathos. En refusant de prendre position et en installant le lecteur dans un rôle d’observateur, il laisse ce dernier s’attacher aux personnages et se faire sa propre opinion. L’auteur va au fond de ses personnages et le développement psychologique est d’une finesse incroyable. Malgré la noirceur des destinées et la complexité destructrice des personnages, il parvient tout de même à maintenir une lueur d’espoir salvatrice tout au long du récit.

En s’autorisant plus de 500 pages, Ludovic Debeurme se donne la place et le temps nécessaire pour poser ses personnages et leur histoire en douceur. Une liberté d’expression que l’on retrouve également dans l’absence de cases, permettant ainsi aux personnages de circuler et de s’exprimer sur l’entièreté des pages. Un dessin minimaliste et une économie de moyens qui permet d’aller à l’essentiel, tout en offrant une grande lisibilité et une lecture plus rapide que prévue. En mêlant onirisme au réalisme, en déformant les corps et en noircissant par moments son dessin, l’auteur parvient également à faire ressortir les émotions enfouies et à dévoiler l’indescriptible. Ces quelques scènes qui vont au-delà des mots, insufflent une force incroyable à ce récit qui combine ambiance malsaine à une analyse psychologique poignante.

Me voilà définitivement fan de cet auteur, dont je range précieusement les chefs-d’œuvre auprès de ceux de Charles Burns.

Retrouvez cette BD dans MON TOP 2011 !

Ludovic Debeurme – Lucille

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Ludovic Debeurme, Séries, [Angoulême 2007], [DL 2006], [Sélectif], [Terminées] with tags , on 20 avril 2010 by Yvan

debeurme lucilleEncore un pari réussi de la part de cette maison d’édition qui avec des albums du calibre d’Abdallahi, Les petits ruisseaux, La mémoire dans les poches, La marie en plastique et « Un homme est mort », mériterait amplement d’être désignée comme «Meilleur éditeur de l’année 2006».

Dans ce roman graphique intimiste Ludovic Debeurme nous invite dans le quotidien de deux adolescents en pleine dérive psychologique. Lucille, étouffée par une mère trop protectrice, et Arthur, repoussé par un père alcoolique et violent, vont respectivement chercher ‘refuge’ dans l’anorexie et le satanisme. Grâce à leur rencontre, renaîtra cette flamme qui Lire la suite

Ludovic Debeurme – Le Lac aux Vélies

Posted in BANDES DESSINÉES, Futuropolis, Ludovic Debeurme, One-shots, [DL 2009], [Sélectif] with tags on 12 avril 2010 by Yvan

lac aux véliesBienvenue dans l’univers de Klokochazia !

A la base il y a ce monde imaginaire de Klokochazia et ces chants composés par Labyala Nosfell et Pierre Le Bourgeois dans une langue inventée. Au final, il y a la mise en images de cet univers par Ludovic Debeurme et un conte musical bilingue français-klokobetz.

Ce livre-disque nous emmène à la découverte de cet univers singulier, peuplé d’êtres étranges. C’est en emboîtant les pas de l’un d’eux que le lecteur découvre Lire la suite

Ludovic Debeurme – Le grand Autre

Posted in BANDES DESSINÉES, Cornélius, Franco-Belge, Ludovic Debeurme, One-shots, [Angoulême 2008], [DL 2007], [Sélectif] with tags , on 7 avril 2010 by Yvan

Le grand autreLouis a les yeux dirigés vers l’intérieur et ne voit pas le monde extérieur de la même manière que les autres. Ce lourd fardeau qui le baigne dans le pessimisme et la noirceur le pousse à fuir les humains et l’humiliation qu’ils lui réservent. Pourtant, au milieu de la médiocrité environnante, semble surgir une fille qui ne le laisse pas indifférent. A l’inverse des autres personnes de son âge, Célia ne craint pas d’approcher Louis et décide même de suivre la direction empruntée par cet être extraordinaire aux prothèses oculaires. Un choix qui va l’emmener sur une voie riche en dangers et rencontres étonnantes.

Avec Le grand Autre, l’auteur de Lucille (récipiendaire du Prix René Goscinny et récompensé au Festival d’Angoulême 2007), livre encore une bien belle brique qui se concentre à nouveau sur Lire la suite