Archive for the Manu Larcenet Category

Manu Larcenet – BLAST

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, Manu Larcenet, Séries, [Accessible], [Angoulême 2010], [DL 2009], [Terminées] with tags , on 27 mars 2010 by Yvan

BLAST«Grasse Carcasse» est le premier des cinq tomes de cette nouvelle série de Manu Larcenet (« Le combat ordinaire », « Les entremondes », « Les cosmonautes du futur », »Nic Oumouk », « Dallas cowboy », « Le retour à la terre », « Presque », « Chez Francisque »).

Ce somptueux pavé de 200 pages débute par un interrogatoire dans un commissariat de police. Si la culpabilité du suspect ne fait aucun doute, les motivations de son acte barbare demeurent inconnues. Le casier judiciaire de Polza Mancini, 38 ans, est certes imposant, mais pas autant que sa masse corporelle. Physiquement, l’homme obèse et répugnant n’a rien pour plaire, mais dans le fond, cet écrivain de profession a quelque chose de poétique et de touchant. Au fil des pages, ce personnage hors norme se livre et l’empathie s’installe. A coup de flashback, le lecteur découvre la lente descente aux enfers de cet homme qui a abandonné son foyer pour se mettre en marge de la société, à la recherche du BLAST !

Des retours en arrière qui invitent à accompagner l’errance d’un individu en rupture avec la société et qui, depuis sa « tendre » enfance est mis à l’écart. Et puis, page 22, le choc, une image totalement surréaliste, mais d’une force incroyable : la carcasse toute frêle de ce père hospitalisé, en phase terminale, aux portes de la mort. Une vision qui fait froid dans le dos et qui est à l’origine du premier BLAST de Polza Mancini et de ce long voyage introspectif à la recherche du prochain BLAST, cet instant magique où il s’est évadé de son corps pour entrer en communion avec le monde, ce sentiment de plénitude qui, un bref instant, l’a libéré de tous ses maux. Usant d’une narration proche de la perfection, l’homme se livre, partage ses angoisses, ses divagations, ses malaises vis-à-vis de la société et ses réflexions sur le sens de la vie. Un parcours (sur)prenant qui permet à l’auteur d’aborder des thèmes qui lui sont chers, tels que la mort paternelle, l’angoisse et la dépression.

Graphiquement, nuançant le noir et le blanc avec brio, Manu Larcenet livre une ambiance sombre et glauque et des personnages répugnants, mais d’une grande expressivité. Si les dialogues lors de l’interrogatoire sont accrocheurs et les monologues du personnage central prenant, les moments plus contemplatifs et les silences proposés par l’auteur allient force et splendeur. Et que dire de ces dessins d’enfants, tout en couleurs, qui viennent interrompre le ballet grisâtre pendant les BLAST ? Merveilleux !

A la fin de ce premier volet, le lecteur demeure dans l’ignorance concernant l’acte de Polza Mancini et ses raisons, avide de poursuivre le voyage de ce personnage hors du commun et de connaître la suite de ce véritable chef-d’œuvre.

Sfar/Trondheim & Larcenet – Donjon Parade T5

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, K.BD, Manu Larcenet, Séries, [Accessible], [Angoulême 2008], [DL 2007], [En cours] with tags , on 9 mars 2010 by Yvan

Sfar/Trondheim & Larcenet - Donjon Parade T5Cinquième tome de cette série parallèle qui se situe chronologiquement entre les tomes 1 et 2 de la série « Donjon Zenith ». Comme les autres tomes de cette série qui fait explicitement référence aux Mickey Parade, celui-ci n’a pas pour but de faire avancer l’univers «Donjon», mais de nous distraire avec ses personnages. Donc, même si ce tome nous fait voyager à travers le monde de «Donjon», en nous emmenant à Cochonville et Poissonville, ce sont les personnages qui demeurent l’intérêt majeur de cette saga totalement burlesque. De ce côté-là, la surprise est que, pour une fois, cet album de « Donjon Parade » n’est pas construit autour d’Herbert et Marvin, mais autour du sympathique Grogro. J’adore ce personnage et le fait de lui attribuer ici le rôle d’un redoutable guerrier à la technique de combat infaillible est judicieusement burlesque. De plus, en plaçant cet écervelé en tandem avec Zongo, les auteurs nous livrent un duo aussi stupide qu’amusant. Au niveau du graphisme, le trait minimaliste de Larcenet demeure très efficace, avec quelques non-dits et scènes muettes dont il a le secret. Notons qu’il s’agit ici du dernier tome de « Donjon Parade » dessiné par Larcenet.

donjon sfarLisez également l’avis de Lunch sur K-BD !

Retrouvez cet album parmi les titres sélectionnés au Festival d’Angoulême 2008 !

Manu Larcenet – Le combat ordinaire T3

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, Manu Larcenet, Séries, [Accessible], [DL 2006], [Terminées] with tags , on 18 février 2010 by Yvan

Manu LarcenetQuel plaisir de retrouver l’histoire de Marco, l’histoire de chacun d’entre nous, le combat quotidien contre soi-même, les angoisses et les espérances. Ces petites choses qui tracent notre vie, des choix et des décisions qui influent sur notre quotidien et qui au milieu des surprises que nous réserve la vie, nous balancent d’un sentiment à un autre. Des sentiments que Larcenet aborde de manière tellement intelligente, avec une justesse effrayante et un humour qui sait toujours nous faire sourire au milieu de moments bouleversants.

Un tome qui boucle la boucle, de la naissance à la mort, de père en fils, de lassitude de la vie à l’envie de procréer, une introspection saisissante sur le début et la fin de la vie. Un Marco balancé entre l’incompréhension du suicide de son père et l’idée de paternité. Un Marco toujours incapable de prendre ses responsabilités, de faire ces choix qui font avancer une vie, poursuivi par l’hérédité, incapable de voir ces petites choses de la vie qui faisaient le quotidien et le carnet intime de son père, s’accrochant aux balises que lui tendent la vie, comme cet éditeur qui souhaite publier ses photos.

Un Larcenet qui fait tourner la vie de Marco autour de quelques personnages, mais qui parvient tout de même à aller chercher l’infiniment petit au milieu de cet univers restreint ; ces petites choses infiniment précieuses et qui fleurissent notre existence. Un Larcenet qui comme d’habitude et dans toute sa simplicité parvient également à aborder des sujets graves comme la guerre d’Algérie ou la perte d’un père.

Bref, une splendide tranche de vie, un cocktail d’efficacité et de simplicité, une introspection pleine de finesse, de tendresse et de charme pourvue de scènes hilarantes et qui aborde notre quotidien du début à la fin.

Ce qui se fait de mieux en BD !

Sfar/Trondheim & Larcenet – Donjon Parade T1

Posted in DIVERS, K.BD, Manu Larcenet on 13 février 2010 by Yvan

Sfar/Trondheim & Larcenet - Donjon Parade T1Ce tome inaugure la troisième série parallèle de la saga principale, « Donjon Zenith ». La série « Donjon Parade » se situe chronologiquement entre les tomes 1 et 2 de la série « Donjon Zenith » et permet de suivre les aventures d’Herbert et Marvin. Notons que le nom de la série fait explicitement référence aux Mickey Parade et que les albums de cette série contiennent un nombre de pages moins important que les albums des autres séries.

Si cet album se concentre sur mes deux personnages préférés de la série, je n’ai par contre pas été trop emballé par le scénario. L’histoire a beau s’attaquer au thème de la libre concurrence et au capitalisme, j’ai trouvé le scénario un peu trop bidon/facile. Mais ce n’est probablement pas l’attrait principal de ce tome qui a pour but de faire rire. Le graphisme de Manu Larcenet colle d’ailleurs bien au ton burlesque et décalé de cette série. Notons que Walter assure également la colorisation de cette série afin d’assurer l’unité et la cohérence graphique de l’univers Donjon.

donjon sfarLisez également l’avis de Lunch sur K-BD !

Jean-Yves Ferri & Manu Larcenet – Retour à la Terre

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, DIVERS, Franco-Belge, K.BD, Manu Larcenet, One-shots, Poisson Pilote, [DL 2006], [Grand public] with tags on 27 janvier 2010 by Yvan

Karoutcho !

Jean-Yves Ferri & Manu Larcenet - Retour à la TerreAprès un premier tome décrivant le déménagement du couple de la banlieue parisienne vers ce petit village campagnard, un deuxième tournant autour des envies de maternité grandissantes de Mariette, un troisième relatant la future paternité de Manu, le fil conducteur de ce quatrième tome est la découverte des joies de la paternité.

Quoi qu’il en soit, un petit séjour aux Ravenelles en compagnie de Manu et Mariette fait toujours plaisir. Il faut dire que leur quotidien a bien changé depuis la naissance de Capucine et même Manu semble avoir évolué : malgré quelques petites dépressions et crises d’angoisse, il ne semble plus fuir systématiquement ses responsabilités.

Les personnages sont toujours aussi truculents, avec d’un côté les voisins typiques campagnards (Madame Mortemont, Monsieur Henry) caricaturés à merveille et de l’autre, quelques personnages fictifs originaires d’Atalante, qui sont ici utilisés de manière très efficace lors de gags répétitifs poilants.

Dans une ambiance champêtre dépaysante et à l’aide d’un humour frais, fin et décalé, Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri enchaînent les situations amusantes. Des histoires courtes d’une demi-planche relatant chronologiquement ces petites choses de la vie, dont la plupart sentent le vécu. Une balade amusante au sein de la nature humaine et de la nature rurale, qui fera certainement sourire les citadins invétérés qui décideront de prendre un bol d’air campagnard en lisant cette bande dessinée.

Servi dans un format gaufrier de 6 cases, le dessin de Larcenet, certes moins mature que dans Le Combat ordinaire et moins intimiste que dans « Dallas cowboy », continue d’être la force de cette série. Le style caricatural, allant à l’essentiel en quelques traits, fait toujours mouche et livre des personnages très expressifs et pourvus d’un côté enfantin très attachant.

Jean-Yves Ferri & Manu Larcenet - Retour à la TerreLisez également l’avis de Champi sur K.BD !

Manu Larcenet – Le Combat Ordinaire T1

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, Manu Larcenet, Séries, [Accessible], [Angoulême 2000-2005], [DL 2000 à 2005], [Terminées] with tags , , on 18 janvier 2010 by Yvan

Comment peut-on acheter une BD au dessin si enfantin, au graphisme aussi sommaire et puis crier partout au chef-d’œuvre? Voilà, une question à laquelle j’ai longtemps cherché une réponse et c’est donc las et bien décidé de lever le voile sur cette usurpation primée à Angoulême que j’ai acheté ce premier tome!

Je commencerais donc par dire que dans le Combat Ordinaire, c’est surtout le dessin qui est ordinaire. Ok, je dois avouer que ce dessin simpliste colle parfaitement à la simplicité du personnage de Marco et qu’on s’y attache au petit Marco … et au dessin aussi (eh zut, raté).

Bon, mais de là à aborder des sujets délicats et très forts comme la solitude, les relations sociales, amoureuses, familiales, le jugement d’autrui et autres avec un dessin pareil, il ne faut pas pousser quand même! Et pourtant, ces sujets sont abordés de manière si intelligente, voir drôle ou même hilarante et avec une telle justesse que ce dessin s’y prête parfaitement. Je suis même obligé de dire que la simplicité du dessin ajoute de la sincérité à l’histoire et oblige le lecteur à se concentrer sur le fond très profond du récit (et rezut!).

Me sentant donc obligé de rejoindre les avis positifs sur cet album, il ne me restait donc plus qu’à trouver une excuse pour ne pas donner la note maximale et j’ai finit par trouver (aaahh). Une scène qui montre deux types qui fument un pétard à côté d’une femme enceinte doit être sanctionnée et c’est donc pourquoi je ne donne pas le maximum pour cet album. Malheureusement, je dois déjà avouer que Larcenet m’obligera à mettre la note maximale au tome suivant, où nos deux frères iront systématiquement fumer dehors (zut, zut et rezut).

L’histoire de Marco, son combat contre lui-même, ses angoisses, ses sentiments, ses émotions, ses interrogations, ses attentes, ses réflexions, touchent le lecteur comme il faut et où il faut. Une BD introspective, drôle, bouleversante, spontanée, émouvante, hilarante, intelligente et profonde sur la vie de tous les jours, pleine d’humanité, d’humilité, de finesse, de tendresse et de charme. Une balançoire entre drôlerie et philosophie!

Et si cet album ne deviendra peut-être jamais culte, son Geeeooorges l’est déjà pour moi, car cette scène (ainsi que celle avec son père regardant les bateaux) m’a fait hurler de rire!

Et pour terminer cette critique sur la même note que l’album de Larcenet: « Tout… Tout est mieux avec Combat Ordinaire dans sa bibliothèque que sans ! »