Archive for the Marie Pavlenko Category

Marie Pavlenko – Un si petit oiseau

Posted in Littérature, Marie Pavlenko with tags , on 6 mars 2019 by Yvan

Prendre son envol avec une seule aile…

Marie Pavlenko - Un si petit oiseauAyant adoré « Je suis ton soleil », je me suis précipité au plus vite sur ce nouveau roman de Marie Pavlenko publié chez Flammarion Jeunesse.

Le petit oiseau dont il est question se nomme Abigail, mais la vie vient malheureusement de lui couper une aile. Amputé d’un bras suite à un accident de voiture, Abi décide de couper les ponts avec tous ses amis et de s’enfermer chez elle. Malgré le soutien inconditionnel de ses proches, elle ne parvient pas à retrouver goût à la vie. Jusqu’au jour où elle reçoit un colis anonyme par la poste…

« Un si petit oiseau » est donc le récit d’une lente reconstruction de soi. En se basant sur le drame vécu par sa propre mère, Marie Pavlenko raconte les souffrances psychologique et physiques de cette fille de vingt ans qui s’isole du reste du monde, incapable d’affronter le regard des autres sur son corps mutilé. Au passage, l’auteure n’oublie pas non plus de montrer les conséquences du malaise d’Abi sur le reste de cette famille, qui a également tendance à se replier sur elle-même.

Tout en narrant l’histoire d’un passage à l’âge adulte particulièrement compliqué, Marie Pavlenko aborde donc le thème du handicap avec énormément de délicatesse et d’humour, nous faisant régulièrement passer du rire aux larmes. Mais la grande force de cette auteure demeure sa capacité à dresser le portrait de personnages attachants, tel que cette tante Coline inimitable, que l’on a du mal à quitter en refermant le roman. Le fait de croiser une petite fille aux bottes en caoutchouc vertes promenant son chien Isidor dans un parc m’a par exemple fait chaud au cœur… et donné envie de relire « Je suis ton soleil »…

Si vous aimez les récits d’Anna McPartlin (« Les derniers jours de Rabbit Hayes », « Du côté du bonheur ») et Virginie Grimaldi (« Tu comprendras quand tu seras plus grande », « Il est grand temps de rallumer les étoiles ») ou que vous avez aimé « Avant toi » de Jojo Moyes, ne passez pas à côté de Marie Pavlenko !

Un si petit oiseau, Marie Pavlenko, Flammarion, 352 p., 17,50€

Ils en parlent également: Folavril, LittéLecture, Carnet Parisien, Mon jardin littéraire, Comme dans un livre, Marion, Sterling Books, L’ourse bibliophile, Muffins & Books, Bulles & chapitres, Petit moment littéraire, Lirelanuitoupas

Marie Pavlenko – Je suis ton soleil

Posted in Littérature, Marie Pavlenko with tags , , on 28 juin 2017 by Yvan

Théorème de la scoumoune & Moonwalk !

Marie Pavlenko - Je suis ton soleilEn tant qu’homme amateur de polars, j’avais quelques appréhensions concernant ce roman pour ados, de surcroît plutôt destiné à un public féminin. J’ai eu grand tort !

Si le soleil de cette histoire se nomme Déborah, dix-sept ans, l’année de terminale qui l’attend ne s’annonce cependant pas très brillante. Outre le fait que sa meilleure amie Eloïse n’est plus dans sa classe et qu’elle devra donc se contenter de Jamal, alias Mygale-man, et de Tania, la pouffiasse de service, elle doit également entamer son année chaussée de bottes en caoutchouc vertes à cause d’Isidor, son vilain labrador obèse, qui ne se contente pas de puer et de baver, mais qui a également la mauvaise manie de déchiqueter ses chaussures. Ajoutez à cela une mère qui déprime, des notes qui dégringolent et un père qui va voir ailleurs et tout part en sucette, comme prédit par le théorème de la scoumoune. Heureusement qu’il reste le beau Victor, dans lequel elle place tous ses espoirs… sauf que son cœur semble déjà pris !

Au départ, j’ai eu un peu peur car, en suivant les déboires de cette jeune fille à l’existence initialement assez banale, pendue aux lèvres de sa meilleure amie et rêvant de celles de Victor, l’histoire commence comme un véritable roman d’ados. Heureusement, le récit bifurque progressivement vers des sujets plus adultes, obligeant l’héroïne à évoluer au fil des drames. Et là, une fois le virage amorcé, j’ai vraiment pris mon pied.

Il y a tout d’abord cette héroïne, fragile comme la plupart des filles de son âge, avec ses peurs, ses angoisses, ses prises de tête, mais qui s’avère également pourvue d’un humour à toute épreuve, qui fait sourire, même dans les moments les plus pénibles. Elle n’a rien de vraiment spécial ou de plus que les autres (si l’on excepte le fait qu’elle soit constamment victime du théorème de la scoumoune), mais elle a cette authenticité et ce côté désopilant qui la rend inévitablement attachante. Puis, il y a Eloïse, Victor et Jamal, des amis en or, le genre de copains que tout le monde rêve d’avoir. Mais il ne faudrait surtout pas oublier Isidore, le chien de la honte, dont la bave dégouline de vos pages tout au long de la lecture. Des personnages foncièrement humains, qui font des erreurs, mais que l’on apprend à aimer au fil des pages et que l’on quitte le cœur lourd une fois la dernière page tournée.

Mais ce qui m’a probablement encore le plus plu, c’est le ton, d’une justesse incroyable, et cette capacité d’aborder des sujets assez délicats, tels que la dépression, le divorce ou l’avortement, tout en conservant une certaine légèreté dans la narration. Le lecteur parcourt ainsi une montagne russe d’émotions en compagnie de cette héroïne qui passe de l’adolescence à l’âge adulte, rigolant et pleurant avec elle, parfois les deux à la fois.

Marie Pavlenko livre une tranche de vie authentique, une histoire douce-amère qui parle d’amour, de famille et d’amitié, un roman qui nous ramène avec nostalgie à l’époque de nos dix-huit ans. L’écriture est vive, rythmée, jeune, inventive, débordante d’humour, mais surtout touchante de sincérité. Je me suis régalé de ces chapitres courts aux titres succulents et de ces cadavres exquis qui prennent tout leur sens lors de ce final moonwalkien. Oh yeah !

Marie Pavlenko a été mon soleil durant plusieurs heures et je l’en remercie !

Gros coup de cœur donc !