Archive for the R.J. Ellory Category

R.J. Ellory – Le jour où Kennedy n’est pas mort

Posted in Littérature, R.J. Ellory with tags , on 24 juin 2020 by Yvan

Le maître du Roman Noir s’attaque à l’uchronie !

R.J. Ellory - Le jour où Kennedy n'est pas mortAprès Stephen King et sa brique intitulée « 22/11/63 », c’est donc au tour de R.J. Ellory d’empêcher l’assassinat sur John Fitzgerald Kennedy sous forme d’uchronie.

R.J. Ellory décide en effet d’effacer l’une des scènes les plus marquantes de l’Histoire des États-Unis : Lee Harvey Oswald ne réussit pas à tuer JFK le 22/11/63 et le cortège présidentiel poursuit donc tranquillement sa route sous les applaudissements d’une foule enthousiaste à Dallas. Le principal souci du clan Kennedy devient donc d’essayer de faire réélire John pour un deuxième mandat… après avoir remporté le premier de seulement quelques voix… truquées…

R.J. Ellory déroule son récit en suivant les pas de Mitch Newman, journaliste-photographe free-lance qui ne croit pas une seconde à l’annonce du suicide de son ex-fiancée. En quête de réponses, il décide de reprendre l’enquête que cette dernière menait sur la disparition d’une jeune fille… et sur le clan Kennedy…

En sauvant la vie de JFK, R.J. Ellory ne lui rend probablement pas vraiment service car le souvenir que les lecteurs garderont de lui ne sera pas le même que s’il était mort en novembre 1963. Proposant une intrigue mêlant jeux de pouvoir, trahisons, complots, mafia et assassinats, l’auteur s’attaque au mythe JFK, détruit l’image que les gens gardaient de lui et dépeint un monde où les coulisses du pouvoir sont toujours aussi nauséabondes…

Si le monde imaginé par R.J. Ellory n’est pas meilleur que celui sans JFK, le personnage principal qu’il invite à suivre s’avère une nouvelle fois particulièrement torturé. Mais, même si Mitch a tendance à boire pour oublier une vie totalement ratée, il partage son imperfection avec tellement d’honnêteté qu’il parvient à toucher le lecteur en plein cœur…

Puis, « last but not least », il y a surtout le style d’Ellory, lent, puissant et foncièrement noir, qui fait à nouveau mouche de la première à la dernière phrase. On ne lit pas un Ellory, on le vit !

Le jour où Kennedy n’est pas mort, R.J. Ellory, Sonatine, 432 p., 22€

Ils en parlent également : EmOtionS, Anthony, Lord ArsenikStelphiqueAude, Lire et courirLilieChristelle, ImaginoirePapivore, Orlane & books, Ma voix au chapitre

Collectif – Ecouter le noir

Posted in Barbara Abel, Franck Thilliez, Littérature, R.J. Ellory with tags on 3 novembre 2019 by Yvan

Une bonne nouvelle !

Collectif - Ecouter le noirSi, en tant qu’amateur de polars, j’adore le noir, la nouvelle n’est cependant pas vraiment mon genre de prédilection. Je me souviens néanmoins avoir beaucoup apprécié l’initiative « Doggybags » en bande dessinée, qui permettait de découvrir de nouveaux auteurs grâce à des récits, certes courts, mais délicieusement sombres. Puis, récemment, quelques auteurs de renom, tels que Vincent Hauuy avec « Le Repas » ou Franck Thilliez avec « Origines » sont parvenus à me séduire en proposant gratuitement des nouvelles d’excellente qualité.

Etant grand fan du blog littéraire EmOtionS d’Yvan Fauth, qui est à l’origine de ce recueil de nouvelles noires sur le thème de l’audition, je me suis donc laissé tenter par ce roman qui regroupe de surcroît une très belle brochette d’auteurs. Outre deux récits écrits à quatre mains (Barbara Abel et Karine Giebel, Jérôme Camut et Nathalie Hug), les autres auteurs présents sont Sonja Delzongle, François-Xavier Dillard, R.J. Ellory, Nicolas Lebel, Sophie Loubière, Maud Mayeras, Romain Puértolas, Laurent Scalese et Cédric Sire. Rien que des auteurs que j’apprécie ou que j’avais envie de découvrir !

Si le résultat est forcément un peu inégal, avec des styles assez différents malgré une thématique commune, j’ai vraiment apprécié cette lecture. Il y a d’une part le plaisir de retrouver quelques auteurs dont je suis grand fan, tel que R.J. Ellory, mais surtout de découvrir quelques auteurs que je n’avais jamais lu, mais dont j’ai dorénavant envie de découvrir les romans, tel que Maud Mayeras ou François-Xavier Dillard. Mais le plus grand exploit de ce recueil est probablement qu’il n’y a pas une seule nouvelle qui ne m’a pas plu. Parvenir à attirer des grands noms, tout en proposant de la qualité… Que demander de plus ?

Tous les fans de récits noirs devraient donc y trouver leur compte… même s’ils ne sont pas fans de nouvelles !

Ecouter le noir, Collectif, Belfond, 288 p., 18,50€

Ils en parlent également : Lord Arsenik, Anne-SophieAude, ClaireMichel, OphélieLarsinetteSam, Sonia, SuzieVirginie, Lectures du dimanche, Black novel 1, Des plumes et des livres, Entre deux livres, Au fil de l’histoirePause polars, Collectif Polar, Le bouquin ivre, Cannibal lecteur, Livresse du noir, Sangpages, Ma bibliothèque bleue, NigraFolia, Et le monde de Sosso, Culturez-moi, Delcyfaro, The love book, Songe d’une nuit d’été, Une vie toute simple, Luciole

R.J. Ellory – Le chant de l’assassin

Posted in Littérature, R.J. Ellory with tags , on 3 juillet 2019 by Yvan

L’histoire d’une promesse…

R.J. Ellory - Le chant de l’assassinA sa libération, Henry Quinn a promis de remettre une lettre à la fille d’Evan Riggs, son codétenu qui a pris perpète pour meurtre. Muni d’une enveloppe au nom de Sarah et d’une bonne dose de détermination, le jeune homme se rend à Calvary, une petite ville oubliée de l’ouest du Texas. L’endroit n’étant pas spécialement connu pour son accueil chaleureux des étrangers et étant de surcroît aux mains d’un certain Carson Riggs, la quête d’Henry Quinn semble très vite avoir tendance à vouloir remuer un passé qui ne sent pas très bon…

« Le chant de l’assassin » est donc l’histoire d’une parole donnée, qui emmène le lecteur dans une bourgade texane peu accueillante et hanté par les fantômes d’un passé chargé de secrets profondément enfouis, que personne ne semble prêt à révéler. R. J. Ellory (« Papillon de nuit« ) invite d’une part à suivre les investigations périlleuses de l’ex-détenu dans ce bled perdu, mais entrecoupe d’autre part fréquemment son récit de retours en arrière qui permettent de comprendre l’origine de la rivalité entre les deux frères Riggs.

Si vous rechercher un rythme endiablé, des cliff-hangers à la pelle et une intrigue à vous couper le souffle, passez votre chemin car l’auteur britannique a beau restituer l’Amérique profonde mieux que les autochtones, il n’est pas pour autant adepte de la lecture fast-food ! Avec lui, le lecteur est plutôt invité à déguster des plats qui ont mijoté pendant des heures et à siroter un whisky qui est le fruit d’un vieillissement dont seul l’auteur détient le secret. Il lui suffit d’une lettre dont on ignore le contenu pour nous happer, puis la force des mots et la puissance de l’écriture vous hypnotisent jusqu’à la dernière page. Si Ellory donne l’impression de dérouler son intrigue au ralenti, ce sont souvent les silences et les non-dits qui semblent les plus révélateurs. L’air de rien, il vous emmène dans les méandres de la psyché de ses personnages, explore leurs failles et met le doigt sur ces petits moments de l’existence où la vie bascule d’un côté ou l’autre. Equilibriste hors pair, il distille non seulement une atmosphère aussi sombre qu’envoûtante, mais donne surtout vie à des personnages profondément humains, qui luttent constamment avec leur côté sombre.

Du grand art !

Le Chant de l’assassin, R. J. Ellory, Sonatine, 496 p., 22 €

Ils en parlent également : La culture dans tous ses états, EmOtionS, Cannibal lecteur, Lord ArsenikAude, Livresse du noir, Evasion polar, Céline, Stelphique, Anne-Sophie, Mes lectures du dimanche, L’oeil de Luciole, Ma voix au chapitre, Culturez-moi, Livres d’un jour, Pascale BookineMimi

R.J. Ellory – Papillon de nuit

Posted in Littérature, R.J. Ellory with tags on 7 octobre 2016 by Yvan

La naissance d’un grand !

R.J. Ellory - Papillon de nuitR.J. Ellory a déjà publié de nombreux romans, mais celui-ci a la particularité de précéder tous les autres… même s’il a été traduit longtemps après. « Papillon de nuit » est en effet le premier livre du célèbre auteur britannique.

Le récit invite à suivre les derniers jours d’un jeune homme enfermé dans le couloir de la mort durant les années 80. Après douze années de détention, Daniel Ford ne se contente pas de décompter les jours, mais se remémore également les événements qui l’ont conduit jusque-là.

Si l’enquête, qui permet de découvrir les faits dont le détenu est accusé, peut assurément justifier que l’on classe cet ouvrage dans la section polar, comme souvent avec R.J. Ellory, ce roman est bien plus que cela. C’est tout d’abord une plongée dans les pensées les plus intimes d’un jeune homme qui a vécu, qui a aimé et qui redoute maintenant cette mort toute proche. C’est également l’occasion de découvrir la grande Histoire, celle des États-Unis durant les années 60, qui accompagne et influence la petite. C’est probablement aussi une invitation à réfléchir sur la peine de mort, sur les ravages de la guerre et sur le racisme.

« Après le début des années soixante, tout est parti en couilles, et avec le Vietnam et les trente-cinq mille hommes par mois qui sont envoyés faire la guerre de quelqu’un d’autre, tout le monde a plus ou moins baissé les bras et s’est résigné à une vie de télé, de Prozac, de comptage de calories et de bardage en aluminium. »

Le lecteur est donc invité à revenir en arrière, à une époque où l’Amérique subit de nombreuses métamorphoses. De l’assassinat de JFK à la guerre du Vietnam, en passant par l’abolition des lois ségrégationnistes, l’auteur jette un regard délicieusement sombre sur de nombreux événements qui ont changé la face du monde. Ce long retour en arrière permet aussi de découvrir les personnes qui ont marqué la vie de Daniel Ford. De la rencontre, à l’âge de six ans, de ce petit gamin noir qui deviendra son meilleur ami, à ses premiers émois, R.J. Ellory raconte une merveilleuse histoire d’amitié, ainsi qu’une émouvante histoire d’amour.

« Je voulais qu’il sache que derrière ces yeux il y avait des souvenirs, que chacun d’entre eux était un fil, et que si on tirait sur ce fil un monde entier se déroulerait derrière. »

Outre la richesse du contenu, il y a également le style lent et riche en digressions d’un auteur qui prend son temps pour poser un contexte historique et pour distiller les émotions bouleversantes de cet homme qui attend d’être exécuté. Ce qui est marrant avec cet auteur, c’est que chaque fois que j’avais envie de l’accuser de longueurs ou d’un manque de rythme, parce que la parenthèse en question m’intéressait moins ou que le passage me semblait redondant, je ne pouvais m’empêcher d’être émerveillé par la beauté des phrases et par la justesse des mots. Alors oui, il parle parfois trop… mais il le fait tellement bien !

« Certaines personnes affirment que la peine de mort est une solution trop facile, bien trop rapide. Ils disent que ceux qui ont commis un meurtre devraient souffrir autant que leur victime. Eh bien, croyez-moi, c’est le cas. Ils oublient les années que les gens comme moi passent ici, deux étages au-dessus de l’enfer. Ils n’ont jamais entendu parler des type comme M.West, et de son sentiment que le châtiment devrait être à la hauteur du crime, que vous soyez coupable ou non. Les gens n’ont vraiment aucune idée de ce que ça fait de savoir que vous allez mourir, et après les premières années, ce jour peut arriver n’importe quand. Ils ne savent rien des espoirs soudains qui retombent si rapidement, des appels qui tournent en rond pour finir par s’envoler. Il ne savent pas ce que ça fait quand vous découvrez que tel ou tel juge a examiné votre dossier et rejeté l’audience que vous attendiez depuis près de trois ans. Ces choses sont le châtiment. A tel point que, quand le moment arrive, vous êtes presque reconnaissant, et vous voudriez que les jours, les heures, les minutes disparaissent… qu’ils se fondent en un simple battement de cœur et que les lumières s’éteignent pour de bon. Les gens parlent de raison de vivre, de raison de se battre, de raison de continuer. mais si vous savez au plus profond de votre cœur que vous vous battez uniquement pour la satisfaction qu’éprouvera un autre quand vous mourrez, alors il vous reste peu de raison de lutter. c’est cynique, mais la plupart du temps, c’est le type qui est exécuté qui désire le plus l’exécution »