Archive for the Wilfrid Lupano Category

Wilfrid Lupano et Grégory Panaccione – Un océan d’amour

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Festival BD Angoulême, Franco-Belge, Mirages, One-shots, Wilfrid Lupano, [Accessible], [Angoulême 2015], [DL 2014] with tags , , on 30 novembre 2014 by Yvan

Une petite perle muette !

Wilfrid Lupano et Grégory Panaccione - Un océan d'amourAprès Ma révérence, Azimut, L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu et Les vieux fourneaux, le très prolifique Wilfrid Lupano s’attaque à une aventure muette en compagnie de Grégory Panaccione, un spécialiste du genre.

Ayant le vent en poupe, le scénariste s’intéresse aux déboires d’un marin-pêcheur binoclard qui se retrouve coincé en mer, et de son épouse partie à sa recherche. Le pitch de ce récit marin peut paraître très simpliste, mais l’alternance entre les aventures de ce petit bonhomme pris dans les filets d’un géant des mers et les tentatives de sa femme afin de retrouver son cher et tendre fonctionne à merveille. Portée par l’amour de ce couple très caricatural, l’histoire multiplie les situations drôles sans oublier de pointer du doigt certaines dérives économiques et écologiques de la mondialisation.

Visuellement, le dessin est d’une expressivité folle et propose deux personnages ultra attachants, sans oublier une mouette qui n’a pas grand-chose à envier à celle de Gaston. À l’aide d’un découpage millimétré qui n’hésite pas à utiliser les doubles pages, Grégory Panaccione insuffle énormément de rythme à cette bande dessinée qui se passe finalement volontiers du talent de dialoguiste de Wilfrid Lupano.

Une petite perle qui vous pouvez retrouver dans mon Top de l’année !

Ils en parlent également: Mo’, Noukette, Bibliocosme, Yaneck

Lupano et Salomone – L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, Le mystère de la femme araignée (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Delcourt, Franco-Belge, Séries, Wilfrid Lupano, [DL 2014], [En cours], [Grand public] with tags , on 4 juin 2014 by Yvan

Avant-dernier tome d’une excellente saga !

Lupano et Salomone - L'homme qui n'aimait pas les armes à feu, Le mystère de la femme araignée (Tome 3)Si le tome précédent se concentrait surtout sur le passé des protagonistes, dévoilant au passage la véritable signification du titre de cette saga, le lecteur ne souffrant pas de la maladie d’Alzheimer se souvient encore du carnage en fin de premier tome, qui abandonnait les personnages principaux dans un bien piteux état. C’est donc avec grand plaisir qu’il découvre ici la suite de cette traque ayant pour protagonistes principaux le jeune Tim Bishop, le jeune héros inexpérimenté, Byron Peck, le lord anglais réprouvant les armes à feu, et Knut Hoggaard, le colosse norvégien de moins en moins bavard. Tous poursuivent bien évidemment toujours cette sal…. de lady Margot de Garine… et depuis le tome précédent on sait pourquoi !

Durant cette aventure qui semble vouloir emmener tous les personnages vers un même lieu afin d’aborder le dernier tome en bonne compagnie, Lupano démontre une nouvelle fois tout son talent narratif. Après s’être attardé sur les liens qui unissent les différents personnages, il joue à nouveau pleinement la carte de l’action et du western spaghetti, multipliant les péripéties, sans oublier de dénoncer quelques vérités concernant l’Histoire des Ètats-Unis. De la ségrégation raciale (à travers l’histoire de cet indien noir) à l’identité des autochtones (à travers le récit du potier navajo croisé lors du premier volet ou en abordant l’éducation sévère de cette petite indienne par des « bonnes » sœurs), l’auteur s’en donne à cœur joie. Outre des personnages très charismatiques, qui contribuent à sortir cette saga des sentiers battus, l’humour est également à nouveau au rendez-vous, notamment grâce à des dialogues ciselés et particulièrement corrosifs.

Visuellement, le travail de Paul Salomone (dont on rappelle que c’est la première série) demeure splendide et se retrouve sublimé par la colorisation experte de Simon Champelovier. Le jeune dessinateur particulièrement prometteur fait à nouveau preuve d’une grande maîtrise graphique et d’un souci du détail qui se retrouve au niveau des expressions particulièrement jouissives de personnages hauts en couleur et du soin apporté aux arrière-plans. Notons également que la première édition de l’ouvrage propose huit jolies cartes postales que les collectionneurs conserveront avec grand soin.

Suite et fin lors du prochain tome !

Retrouvez cet album dans mon Top de mois, ainsi que dans mon Top de l’année !

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Wilfrid Lupano et Paul Cauuet – Les vieux fourneaux, Ceux qui restent

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Dargaud, Festival BD Angoulême, Franco-Belge, Séries, Wilfrid Lupano, [Angoulême 2015], [DL 2014], [En cours], [Grand public] with tags , , on 23 avril 2014 by Yvan

Trois septuagénaires en grande forme !

Wilfrid Lupano et Paul Cauuet - Les vieux fourneaux, Ceux qui restentCette nouvelle saga signée Wilfrid Lupano invite à suivre les pas de trois vieillards qui se retrouvent lors d’un enterrement. S’il profitent de l’occasion pour ressasser de vieux souvenirs, c’est une lettre post-mortem de la défunte qui va mettre le feu aux poudres et transformer ces retrouvailles en une course-poursuite drôlement touchante.

Le récit repose en grande partie sur les personnages hauts en couleurs et terriblement attachants proposés par l’auteur. Au fil de ce road-movie il distille subtilement plusieurs flashbacks qui permettent de découvrir les liens qui unissent les différents protagonistes. Si Antoine, Mimile et Pierrot gagnent progressivement en épaisseur, les trois inséparables démontrent surtout que leurs vieux fourneaux sont encore loin d’être refroidis malgré leur âge avancé.

En se reposant sur les vaillants représentants de cette génération soixante-huitarde dont l’engagement syndical est parfaitement exploité, Wilfrid Lupano parvient également à pointer du doigt les dérives du monde capitaliste et individualiste dans lequel nous vivons. La tirade de Sophie est à ce titre aussi amusante que pertinente. Tous les dialogues sont d’ailleurs finement ciselés et particulièrement truculents.

Si les répliques des trois septuagénaires sont souvent à mourir de rire, l’aspect légèrement caricatural du dessin semi-réaliste de Paul Cauuet contribue également à l’expressivité de ces personnages extrêmement attachants et foncièrement humains. Le dessinateur avait déjà travaillé sur « L’Honneur des Tzarom » avec Wilfrid Lupano et livre une nouvelle fois de l’excellent boulot.

Un véritable coup de cœur que vous retrouverez dans mon Top de l’année.
Wilfrid Lupano et Paul Cauuet - Les vieux fourneaux, Ceux qui restent

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Wilfrid Lupano et Jean-Baptiste Andreae – Azimut, Que la Belle meure (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Séries, Vents d'Ouest, Wilfrid Lupano, [Accessible], [DL 2014], [En cours] with tags , on 20 février 2014 by Yvan

Voyage dans les méandres du temps !

Wilfrid Lupano et Jean-Baptiste Andreae - Azimut, Que la Belle meure (Tome 2)Le deuxième tome de cette série imaginée par Wilfrid Lupano (Alim Le Tanneur, L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, L’honneur des Tzarom) et dessinée par Jean-Baptiste Andreae (MangeCoeur, « La confrérie du crabe ») permet au lecteur de replonger dans cet univers décalé qui n’a rien à envier à celui d’Alice au pays des merveilles ou de « La Nef des fous ».

Dans ce monde qui a visiblement perdu le Nord, Wilfrid Lupano propose un voyage merveilleusement absurde dans les méandres du temps. Ce deuxième volet donne encore plus d’épaisseur à cet univers d’une inventivité rare, mais qui semble également parfaitement maîtrisé et réfléchi. De son Altesse Irénée le Magnanime au vieux professeur Aristide Breloquinte, en passant le jeune peintre amoureux Eugène, le vieux Baron Chagrin, le chasseur de prime Oreste Picote, la Reine Ether, l’Arracheur de Temps, la belle Manie Ganza, l’aventureux La Pérue ou les drôles de Chronoptères, l’auteur livre également un éventail de personnages hauts en couleur et fort sympathiques, ainsi qu’un nombre impressionnant de créatures extraordinaires.

Mêlant le destin de ces nombreux protagonistes qui ont tendance à poursuivre la même femme ou la jeunesse éternelle, Lupano nous entraîne dans une aventure onirique et dépaysante. Tout en faisant preuve d’une imagination débordante, il aborde le thème du temps qui passe et dévoile progressivement les enjeux de cette étrange histoire.

Visuellement, Jean-Baptiste Andreae réussi non seulement la prouesse de mettre en images ce scénario complètement loufoque imaginé par Wilfrid Lupano, mais il parvient également à joindre beauté et poésie à ce débordement d’originalité. Ses planches fourmillantes de détails se placent au diapason du récit et provoquent constamment l’émerveillement. Offrant des personnages aussi attachants que burlesques, ainsi que des décors d’une richesse incroyable, Andreae livre un véritable sans faute. Et que dire de cette colorisation de toute beauté, qui vient admirablement rehausser son trait délicat et plonger l’ensemble dans une atmosphère envoûtante. Un travail de colorisation qui est particulièrement mis en valeur lors de la visite du château grisâtre du Baron Chagrin.

Ah, que le temps passe vite en lisant un tome d’Azimut, alors qu’entre deux tomes, il semble presque éternel…

Un album que vous pouvez retrouver dans mon Top de l’année.

Wilfrid Lupano et Rodguen – Ma révérence

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, One-shots, Wilfrid Lupano, [DL 2013], [Grand public] with tags , on 20 septembre 2013 by Yvan

Un braquage qui ne tourne finalement pas si mal !

Wilfrid Lupano et Rodguen - Ma révérenceCe one-shot signé Wilfrid Lupano (Le Singe de HartlepoolAzimutAlim le Tanneur) démarre comme une simple histoire de braquage en compagnie de deux loosers qui cherchent leur inspiration dans les bars.

Il y a tout d’abord Vincent, trentenaire philosophe sans-le-sou depuis qu’il a dilapidé l’héritage de sa grand-mère au Sénégal, qui est également le narrateur de cette histoire. Il y a ensuite son complice Gaby Rocket, un beauf à banane et santiags, vulgaire, raciste, homophobe et profondément asocial et con. Puis il y a le fameux plan qui leur permettra de sortir de leur existence médiocre : un braquage non-violent qui permettra à l’un de rejoindre sa femme en Afrique et à l’autre de réaliser son rêve de rockeur à Las Vegas.

Démarrant comme une banale histoire de casse, le récit s’intéresse très vite au parcours personnel de Vincent. Virant vers la chronique sociale, Wilfrid Lupano nous offre alors une belle tranche d’humanité, une quête introspective qui donne progressivement beaucoup de profondeur à ses personnages. Même Gaby Rocket laisse entrevoir un cœur presque aussi grand que sa gueule au fil des pages. Partageant ouvertement leur passé, leurs faiblesses et leurs sentiments, les deux bonshommes deviennent finalement extrêmement attachants.

Rythmé selon les envies narratives du conteur, le récit manie le verbe avec finesse et beaucoup d’humour. Le dessin vif et réaliste de Rodguen, dont c’est ici la première réalisation au sein du neuvième art, accompagne d’ailleurs merveilleusement le scénario de Lupano en donnant vie à des personnages expressifs et criants de vérité. Notons finalement que la colorisation est réalisée par Ohazar, qui n’est autre que le frère du scénariste.

Un album coup de cœur que vous retrouverez également dans mon Top du mois et dans mon Top de l’année !

Lupano et Salomone – L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, sur la piste de Madison (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, Séries, Wilfrid Lupano, [DL 2013], [En cours], [Grand public] with tags on 18 mars 2013 by Yvan

Liaisons dangereuses !

Lupano et Salomone - L'homme qui n'aimait pas les armes à feu (Tome 2)Si l’homme n’est pas censé aimer les armes à feu, le tome précédent se terminait pourtant sur un véritable carnage et abandonnait ses personnages principaux dans un bien piteux état. Si lors de ce deuxième volet Byron Peck, le lord anglais réprouvant les armes à feu, et Knut Hoggaard, le colosse norvégien peu bavard, poursuivent toujours cette sal…. de lady Margot de Garine, Wilfrid Lupano se concentre surtout sur le passé des protagonistes.

Au fil des pages de ce long flashback, l’auteur lève donc le voile sur le passé commun et particulièrement chargé de la séduisante Margot, de son charmant époux et de son (premier) amant. Mais ce n’est pas tout, car ce retour en arrière permet également au lecteur de comprendre la véritable signification du titre de cette saga, permettant au passage à l’auteur d’aborder de manière assez intelligente un sujet fortement d’actualité.

En s’attardant sur les liens qui unissent les différents personnages, le scénario joue certes un peu moins la carte de l’action et du western spaghetti, mais donne beaucoup plus de profondeur aux personnages. Outre des personnages très charismatiques, qui contribuent à sortir cette saga des sentiers battus, l’humour est également à nouveau au rendez-vous, notamment grâce à des dialogues ciselés et particulièrement corrosifs.

Visuellement, le changement de coloriste s’effectue sans heurts et le travail de Paul Salomone (dont on rappelle que c’est la première série) demeure splendide. Il fait à nouveau preuve d’une grande maîtrise graphique et d’un souci du détail qui se retrouve au niveau des expressions particulièrement jouissives de personnages hauts en couleur et du soin apporté aux arrière-plans. Notons également que la première édition de l’ouvrage propose également un cahier graphique de huit pages qui permet d’encore mieux apprécier le travail de ce jeune dessinateur particulièrement prometteur.

Vivement la suite de cet album que vous retrouverez également dans mon Top de l’année.

Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau – Le singe de Hartlepool

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Delcourt, Franco-Belge, Guerre, Mirages, One-shots, Wilfrid Lupano, [Accessible], [Angoulême 2013], [DL 2012] with tags , , , on 3 octobre 2012 by Yvan

Mieux vaut rire de la bêtise humaine…

Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau - Le singe de HartlepoolCe one-shot signé Wilfried Lupano (Alim le tanneur, L’assassin qu’elle mérite, L’Honneur des Tzarom, L’homme qui n’aimait pas les armes à feu, Azimut) et Jérémie Moreau s’inspire d’une anecdote folklorique peu glorieuse, qui fait partie de la légende de la petite ville côtière d’Hartlepool, sur la côte Est du nord de l’Angleterre.

En 1814, un navire français s’échoue le long des côtes anglaises et les habitants d’Hartlepool découvrent un survivant parmi les restes du naufrage. N’ayant jamais vu ni entendu de français, ils prennent un chimpanzé déguisé en officier par des marins qui en avaient fait leur mascotte, pour un espion de Napoléon. Leur haine viscérale envers l’ennemi aidant à transformer cette ignorance en bêtise, ils décident donc de pendre le pauvre singe haut et court.

Dès les premières planches, Wilfried Lupano nourrit son récit de la rivalité qui oppose français et anglais depuis des lustres. Les dialogues sont cinglants et les répliques balancées à la tête de l’ennemi sont souvent hilarantes. Il faut dire que les personnages, de l’ancien combattant ayant perdu ses jambes au Québec au maire tavernier qui ne se contente pas de mettre des bières sur le comptoir de son bistrot, mais qui tente également de mettre son village sur la carte à travers la capture de ce bouffeur de grenouilles, sont particulièrement truculents.

Cet album est donc profondément drôle car les auteurs ont choisi de rire de la bêtise humaine, alors qu’il serait probablement plus approprié d’en pleurer. D’ailleurs, derrière ses allures de comédie, cet album emprunte un ton beaucoup plus sombre. Entre deux rires, l’auteur dénonce la bêtise humaine et le racisme basé sur l’ignorance et la méconnaissance de l’autre. Ce nationalisme stupide est malheureusement d’actualité et les mouvements de foule qu’il provoque n’ont certes rien de rigolo, pourtant cette dénonciation qui joue délibérément la carte de parodie fonctionne à merveille. Bien joué !

Derrière cette splendide couverture, le lecteur peut également découvrir l’étendue du talent de Jérémie Moreau. Pour son premier ouvrage, ce jeune dessinateur, lauréat du Prix Jeunes Talents au Festival d’Angoulême en 2012, livre de l’excellent boulot en proposant un dessin délicieusement caricatural rehaussé d’une colorisation judicieuse, qui accompagne brillamment ce savant mélange entre parodie et drame.

Un conte universel drôle et cruel sur la nature humaine, qui vient s’ajouter à cette superbe collection Mirages des éditions Delcourt.

Retrouvez cet album dans mon Top de l’année !

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