Archive for the Zidrou Category

Zidrou et Francis Porcel – Le Chevalier Brayard

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, One-shots, Zidrou, [DL 2017], [Grand public] with tags on 13 septembre 2017 by Yvan

Une aventure moyenâgeuse lourdingue !

Zidrou et Francis Porcel - Le Chevalier Brayard« Le Chevalier Brayard » invite à suivre les péripéties du chevalier en question et du moinillon qui l’accompagne. En revenant de croisade en terre sainte, le duo croise le chemin d’Hadiyatallah, une jeune maure de treize ans qui vient d’échapper à ses ravisseurs et affirme être la fille d’un prince arabe prêt à payer une fortune pour récupérer sa progéniture.

Zidrou a beau être l’un des auteurs les plus prolifiques du moment et régulièrement varier les genres, il ne m’avait jusqu’à présent jamais déçu et même souvent conquis. Je m’attendais donc à nouveau à une petite perle en découvrant cette troisième collaboration entre le talentueux scénariste et le dessinateur hispanique Francis Porcel (« Les folies Bergère » et « Bouffon »). Je ressors malheureusement particulièrement mitigé de cette aventure médiévale en un tome…

Cela partait pourtant bien en compagnie d’un trio de personnages haut en couleurs. Avec d’un part un chevalier Brayard tranchant et bagarreur et de l’autre un moinillon peureux et censé rapporter les reliques de Sainte Bertrude la Chaste à sa communauté religieuse, le tout rehaussé par l’arrivée de ce joli brin de fillette particulièrement farouche, le lecteur s’attendait en effet à passer un bon moment. Malheureusement, au fil des pages, l’aventure se révèle anecdotique, voire sans véritable intérêt, si ce n’est de servir de prétexte à une parodie multipliant les jeux de mots grossiers et proposant un humour répétitif et finalement lassant, à l’image de la chanson paillarde qui nous accompagne du début à la fin ou des saints qui se multiplient à outrance dans le but de faire rire.

Bref, j’ai trouvé l’histoire inintéressante et l’humour lourdingue. Le dessin de Francis Porcel sied par contre parfaitement au récit en restituant avec brio l’ambiance médiévale et grâce à une splendide maîtrise des couleurs et à un trait caricatural qui accentue la parodie.

Ils en parlent également : Noukette, Jérôme

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Zidrou et Arno Monin – L’adoption, La Garua (Tome 2/2)

Posted in Bamboo, BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Zidrou, [DL 2017], [Grand public] with tags , on 16 août 2017 by Yvan

Perdu dans le brouillard de Lima !

Zidrou et Arno Monin - L'adoption, La Garua (Tome 2/2)« La Garua » propose la suite et fin de cette chronique familiale en deux tomes, scénarisée par le prolifique Zidrou et mise en images par Arno Monin.

Si le premier volet racontait l’histoire de l’adoption de la petite Qinaya, ramenée du Pérou par Alain et Lynette, où un tremblement de terre avait fait des milliers d’orphelins, le cliff-hanger final déstabilisant, marqué par l’intervention de la police et le retour au pays de la fillette adoptive, donnait envie de découvrir où Zidrou voulait finalement nous emmener.

Le départ brutal de la petite péruvienne de quatre ans a en effet un solide impact sur sa famille d’adoption. Entre le père qui subit les conséquences de son acte illégal et la grand-mère qui perd la boule, Zidrou se concentre une nouvelle fois sur ce grand-père un peu bougon, qui n’était initialement pas très enthousiaste vis-à-vis de cette progéniture venue d’Amérique du Sud, mais qui avait fini par fondre devant sa petite-fille adoptive. Le lecteur retrouve donc un Gabriel Van Oosterbeek profondément marqué par la séparation, mais embarquant pour le Pérou, où il compte bien retrouver sa petite-fille adorée.

Ce deuxième volet est non seulement marqué par un changement de décor et d’ambiance, mais présente également les personnages du tome précédent sous une toute nouvelle perspective. Si l’intrigue concernant la petite Qinaya est vite résolue, le chemin de croix de ce grand-père qui espérait se racheter de ses absences en tant que père en s’occupant de sa petite-fille, se poursuit de plus belle et prend même une nouvelle tournure grâce à la rencontre de Marc Legendre, un compatriote venu récupérer le corps de sa fille décédée lors du dernier tremblement de terre. Perdu dans la Gurua, sorte de brouillard qui enveloppe la côte péruvienne, cette rencontre inattendue va permettre à Gabriel de sortir de sa propre brume. Une prise de conscience émouvante, qui lui permet finalement de retrouver bien plus que l’enfant qu’il était venu chercher…

Zidrou livre donc une nouvelle histoire remplie d’humanité, narrée avec beaucoup de tendresse et d’humour, le tout servi avec des dialogues d’une justesse incroyable. Visuellement, même dans la brume de Lima, le dessin tout en rondeur d’Arno Monin continue de faire mouche. Le dessinateur contribue à insuffler beaucoup d’humanité et de tendresse au récit, tout en livrant des personnages d’une grande expressivité et particulièrement attachants.

Un diptyque que je vous invite à adopter au plus vite !

Encore du bon Zidrou, que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également : Jérôme

Zidrou et Jordi Lafebre – Les beaux étés, Mam’Zelle Esterel (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, One-shots, Zidrou, [DL 2017], [Grand public] with tags , on 5 juillet 2017 by Yvan

Des vacances dictées par le guide Michelin !

Zidrou et Jordi Lafebre – Les beaux étés, Mam’Zelle Esterel (Tome 3)Après « Cap au sud ! » et « La Calanque », ce troisième volet débute en 1992, au moment où Pierre décide de vendre la fameuse 4L à un collectionneur. Ce début surprenant n’est cependant qu’une excuse pour se remémorer les premières vacances de la famille à bord de « Mam’Zelle Esterel », 30 ans plus tôt.

Tout comme lors des tomes précédents, ce récit estival invite donc le lecteur à prendre place à bord de la 4L rouge en compagnie de la famille Faldérault. Comme tous les étés, Mado, Pierre et leurs enfants disent adieu à la Belgique pour se rendre dans le sud de la France et comme d’habitude, le départ a pris du retard car le papa est de nouveau à la bourre pour terminer les planches de sa série BD.

La principale différence de ce troisième volet, qui se déroule sept ans avant le précédent et onze ans avant le premier, est qu’à cette époque, Pierre et Mado ne comptent que deux enfants et qu’ils décident de combler les places vacantes en emmenant les beaux-parents de Pierre avec eux. S’ils trouvaient logique d’emmener ceux qui leur ont offert la voiture lors de son premier voyage, ils vont vite découvrir que « beaux-parents » et « Beaux étés » ne sont pas forcément compatibles.

Grâce à Mamyvette, la belle-mère tyrannique, les vacances au Sud n’iront en effet pas plus loin que Saint-Étienne et le camping et les balades au petit bonheur la chance seront remplacés par un hôtel et des visites d’églises conseillés par le guide Michelin. De plus, il faudra également faire attention à manger sainement et à ne pas boire trop d’alcool car « Gros-papy » doit faire très attention depuis sa crise cardiaque l’an dernier. Heureusement que l’on danse sur « Let’s twist again » et que l’on chante Brel à cette époque…

Excepté cette belle-mère qui met un solide frein au sentiment de liberté, cette très belle chronique familiale remplie de personnages sympathiques et attachants s’inscrit dans la veine des précédentes. En relatant ces petits riens qui font tout le sel de notre quotidien, Zidrou offre en effet un joli portrait de famille et un récit débordant d’humanité, de justesse et de tendresse. En intégrant un petit secret de famille et en mettant en avant la relation entre grands-parents et petits-enfants, il livre à nouveau une petite perle que l’on dévore avec grand plaisir à l’entame de l’été.

« – Dis, Gros-Papy, pourquoi t’es crès crès gros ?
– C’est parce que je suis rempli de souvenirs, c’est pour ça. »

Visuellement, le dessin de Jordi Lafebre contribue à plonger le lecteur dans une ambiance délicieusement rétro en restituant avec brio l’ambiance pleine de nostalgie du début des années 60. Outre un travail remarquable au niveau du jeu de lumière de ces planches empreintes de douceur, il faut également souligner l’excellent travail au niveau de l’expressivité des personnages. De plus, au fil des tomes et des époques, le talentueux dessinateur ibérique s’amuse à rajeunir/vieillir des personnages dont on prend grand plaisir à suivre l’évolution.

Des vacances qui font à nouveau du bien… et vivement le prochain tome, qui se déroulera en 1980 !

Retrouvez ce tome dans mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également : Noukette, Mo’

Zidrou et Oriol – Natures mortes

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, One-shots, Zidrou, [Accessible], [DL 2017] with tags , on 29 mars 2017 by Yvan

Des toiles plus vraies que nature !

Zidrou et Oriol - Natures mortesPour leur troisième collaboration, Zidrou et Oriol (« La Peau de l’Ours » et « Les Trois Fruits ») partent à Barcelone côtoyer des peintres talentueux de la fin du XIXe siècle, dont un certain Vidal Balaguer (1873 — ?), encensé par ses collègues, mais méconnu du grand public.

Artiste bohème, criblé de dettes, Vidal Balaguer doit non seulement tout faire pour éviter de croiser son créancier, mais se retrouve également soupçonné de la disparition de sa compagne et muse Mar Noguera Monzo. Le fait que le corps d’une vieille dame dont il avait signé le portrait mortuaire se soit également volatilisé ne plaide évidemment pas en sa faveur…

Le scénario imaginé par Zidrou, mêlant histoire d’amour, biographie imaginaire et polar fantastique, permet très intelligemment de donner vie à l’œuvre de Vidal Balaguer et de rendre le travail de l’artiste encore plus ensorcelant et vivant. Si l’auteur insuffle beaucoup de poésie dans son récit, il faut également une nouvelle fois saluer les dialogues savoureux et la narration exemplaire effectuée à travers un vieux peintre qui se souvient de cet ami tellement talentueux, mais disparu dans d’étranges conditions…

« Mar portait bien son nom. Comme la mer, elle allait et venait…Mais entre elle et moi, c’était différent. J’étais sa plage, en quelque sorte….et la plage ne demande pas à la mer où elle a passé la nuit! »

Si je suis un inconditionnel de Zidrou, il faut surtout saluer le travail d’Oriol dans cette œuvre qui rend hommage à la peinture. Si le scénariste a l’art de s’entourer de dessinateurs talentueux, il se fait en effet voler la vedette par le dessinateur espagnol, qui livre une prestation remarquable. De cette couverture dont la texture rappelle celle d’une toile à cette mise en couleur directe tout bonnement sublime, l’album nous plonge au cœur de l’art et de cette ambiance barcelonaise envoûtante de la fin du XIXème siècle. Du grand art Monsieur Oriol !

Un coup de cœur qui mérite une belle place dans mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également: Moka, Noukette, Au fil des plumes

Zidrou et Alexeï Kispredilov – Rosko, Les Enfants de Marie (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Diptyques, Franco-Belge, Zidrou, [Accessible], [DL 2017] with tags on 15 février 2017 by Yvan

Conclusion de la saga !

Zidrou et Alexeï Kispredilov - Rosko, Les Enfants de Marie (Tome 2)Initialement prévu en trois tomes, ce thriller d’anticipation se conclut finalement avec ce second volet qui se sera d’une part fait désirer, mais qui s’avère d’autre part bien plus épais que le précédent.

Le lecteur retrouve donc Per Svenson, l’ennemi public numéro un, qui a nonante-deux victimes à son actif et qui est toujours en cavale suite à son évasion le jour de son exécution. Les autorités sont convaincues qu’il va tenter de s’en prendre à Épiphanie Kendricks, la seule survivante de ce malade qui compte 92 victimes à son actif. Quant à Rosko Timber, le policier retraité qui pourchassa et arrêta le célèbre tueur en série, six ans auparavant, il tente d’oublier ses démons et ne tient pas vraiment à participer à cette foire médiatique. Mais bon, dans la vie on n’a pas toujours le choix…

Situé dans un futur assez proche, « Rosko » plonge le lecteur au sein d’une société peu reluisante où la sécurité publique est gérée par une entreprise privée qui ne protège que les personnes en ordre de cotisations. Dans ce monde où la chirurgie esthétique et reine et l’audimat souverain, les exécutions sont retransmises en direct, abandonnant même le choix de la manière au vote des téléspectateurs. À travers ce diptyque, Zidrou ne manque donc pas de pointer du doigt les dérives d’une société hyper-libérale, axée sur le divertissement et entraînée par une course au sensationnel sans limites et dépourvue de toute considération éthique.

S’appuyant une nouvelle fois sur des personnages particulièrement denses, Zidrou propose un récit choral où les différentes histoires personnelles finissent par se regrouper avec maestria. Passant d’Épiphanie Kendricks, encore toute petite au moment des faits, qui se souvient progressivement de l’horreur qu’elle a vécue, à un ami d’enfance de Per Svenson, devenue chirurgien esthétique réputé, l’auteur dévoile petit à petit les motivations du tueur. Multipliant les rebondissements et dévoilant progressivement une machination d’envergure, le scénariste déroule une intrigue certes classique, mais maîtrisée en tous points.

Parfaitement rythmé et prenant au possible, ce polar particulièrement sombre est dessiné par Alexeï Kispredilov. Ce dernier propose une mise en images dynamique, très cinématographique, qui accompagne parfaitement cette intrigue imaginée par le tr ès prolifique Zidrou.

Un bon diptyque !

Zidrou et José Homs – Shi, Au commencement était la colère

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, Séries, Zidrou, [DL 2017], [En cours], [Grand public] with tags , on 1 février 2017 by Yvan

La colère des femmes dans le Londres victorien !

Zidrou et José Homs - Shi, Au commencement était la colère« Au commencement était la colère » est le premier volet d’une saga prévue en quatre tomes. Si le peu de sagesse qui sommeille en moi m’incitait à attendre la suite avant de me lancer, il y avait tout d’abord cette superbe couverture qui me faisait dangereusement de l’œil, puis il y avait le nom de Zidrou qui a fait péter tous les mécanismes de sécurité censés contenir le bédéphile compulsif qui a dévoré ce premier tome…

Le récit débute à notre époque en compagnie d’un riche industriel, mais un flash-back explosif nous propulse très vite en plein Londres victorien. Si Zidrou invite à suivre la destinée de plusieurs personnages sur différentes époques, le cœur de l’intrigue se déroule en 1851, lors de la toute première Exposition universelle. C’est là que débute l’enquête et la colère de Jennifer Winterfield, la fille rebelle du Colonel Winterfield, qui aimerait bien découvrir le mystère qui se cache derrière cette japonaise exposée, qui tient visiblement un bébé mort dans ses bras…

Outre ces deux héroïnes fortes, qui s’installeront progressivement à l’origine d’une colère viscérale qui frappera à travers les époques, Zidrou propose une galerie de personnages charismatiques. De l’attachante petite Pickles au détestable révérend, en passant par le docteur Winterfield ou les membres de ce petit groupe sectaire aux pratiques répugnantes, aucun protagoniste ne laisse le lecteur indifférent. L’auteur ne manque pas non plus d’utiliser ce casting particulièrement réussi pour dénoncer la condition des femmes et des pauvres au sein de cette société sexiste, hypocrite et cruelle.

Au cas où la présence d’un Zidrou, de surcroît en grande forme, ne suffirait pas à vous convaincre de lire ce tome, je vous invite à le feuilleter afin de découvrir le graphisme époustouflant de José Homs (Millenium, Secrets : L’Angélus). La mise en images dynamique et soignée du dessinateur espagnol fait des merveilles, que ce soit au niveau de l’univers sombre auquel il donne vie ou au niveau de l’expressivité des personnages. Notons de plus la présence d’un cahier graphique réservé à la première édition.

Bref, lisez cette saga qui inaugure de bien belle manière mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également: Au fil des plumes, Noukette

Zidrou et Simon Van Liemt – Ric Hochet, Meurtres dans un jardin français (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Lombard, Séries, Zidrou, [DL 2016], [En cours], [Grand public] with tags on 30 décembre 2016 by Yvan

Deuxième enquête de cette remise à zéro !

Zidrou et Simon Van Liemt - Ric Hochet, Meurtres dans un jardin français (Tome 2)Ayant bien aimé le premier volet de ces « Nouvelles enquêtes de Ric Hochet », je n’ai pas hésité à me procurer cette deuxième aventure imaginée par les successeurs d’André-Paul Duchâteau et Tibet. Pour l’occasion, Zidrou et Simon Van Liemt nous baladent dans les Jardins du Luxembourg à Paris, où notre ami Ric Hochet enquête sur une mystérieuse jeune femme qui assassine les hommes à qui elle donne rendez-vous dans le parc d’un baiser aussi fougueux que mortel.

Après un premier tome qui invitait à suivre le Caméléon, le plus célèbre ennemi de notre ami journaliste, c’est donc bel et bien Ric Hochet qui est aux manettes de cette seconde aventure qui reprend à nouveau tous les ingrédients et les personnages de l’univers du héros… même si le professeur Hermelin manque cruellement à l’appel. Le lecteur a droit à une intrigue bien ficelée, mais sans véritable surprise, qui propose une histoire de vengeance sur fond politique. Si cette histoire de baisers mortels est un peu rocambolesque, cette remise à neuf du personnage est à nouveau marquée par des dialogues teintés d’humour, voire même légèrement (trop) parodiques.

Si le scénario est légèrement moins emballant que le précédent, le jeune dessinateur Simon Van Liemt s’en sort une nouvelle fois haut la main, surtout que reprendre le flambeau d’un homme qui a dessiné pas moins de 78 aventures du célèbre journaliste-détective n’est pas une mince affaire. Force est donc de constater qu’il s’en sort très bien, respectant d’une part le travail de son prédécesseur, tout en insufflant sa propre personnalité et une approche plus moderne.

Vivement le troisième tome, intitulé « Comment réussir un assassinat ».