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Clint Eastwood – Invictus [2009]

Posted in CINÉMA & DVDs, [2005 à 2010] with tags , , , on 28 février 2011 by Yvan

Quand le sport mélange les couleurs …

Clint Eastwood - Invictus [2009]« Invictus » n’est pas un film sur le rugby, tout comme l’excellent « Million Dollar Baby », du même réalisateur, n’était pas un film sur la boxe. Clint Eastwood nous emmène cette fois en Afrique du Sud et utilise le sport comme pinceau pour mélanger deux couleurs séparées par des années d’apartheid. Le peintre, brillamment interprété par Morgan Freeman, n’est autre que Nelson Rolihlahla Mandela, « Madiba » de son nom tribal.

Le film débute par la libération du leader de l’ANC et le commentaire d’époque « Nelson Mandela walks as a free man… » annonce déjà le nom de celui qui, une vingtaine d’années plus tard, incarnera son rôle au cinéma. Malgré un emprisonnement de 27 ans dans la prison de Robben Island, l’homme se retrouve vite à la tête de 43 millions d’habitants qu’il faut réconcilier après des années de séparatisme. La coupe du monde de rugby de 1995, organisée en Afrique du Sud, se présente comme la première occasion de brandir le nouveau drapeau arc en ciel et de partager un langage universel, celui du sport.

Une fois de plus, Clint Eastwood prouve qu’il n’est pas seulement bon au milieu d’une brute et d’un truand, mais également derrière une caméra. L’admiration qu’il voue à Mandela s’avère vite contagieuse et l’on ne peut qu’admirer la sagesse politique et humaine de cet homme qui rassemble toute une nation autour de Springboks vert et or.

Mais « Invictus » n’est pas seulement un excellent film, c’est également un court poème de l’écrivain William Ernest Henley, un texte qui inspira Mandela durant ses années de captivité au sein d’une minuscule cellule que le réalisateur ne manquera d’ailleurs pas de montrer dans le film. Un poème qui, replacé dans le contexte historique de l’Afrique du Sud et de son leader charismatique, prend toute sa valeur :

Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds, and shall find, me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

Pierre Coffin & Chris Renaud – Despicable Me [2010]

Posted in CINÉMA & DVDs, [2005 à 2010] with tags , on 28 février 2011 by Yvan

Digne des meilleurs Pixar !

Pierre Coffin & Chris Renaud - Despicable Me [2010]Voilà un excellent p’tit film qui a amusé toute la famille.

Il y a d’abord ce héros moche et méchant, incarné par un Gad Elmaleh à l’accent russe dans la version française, qui s’avère finalement plus attachant que méchant. Mais il y a aussi ces petits assistants cyclopéens, surnommés Minions, qui sont adorables et alimentent constamment le caractère comique du film. Le gag répétitif de ce petit serviteur jaune maladroit qui défie l’apesanteur tout au long du récit jusqu’au final musical, m’a d’ailleurs bien fait rire.

Mais, il y a surtout ces trois petites orphelines qui font basculer l’abominable Gru dans le camp des gentils et dont la petite dernière est totalement craquante. Dur, dur de demeurer méchant en compagnie de ces trois fillettes et d’une armée de maladroits.

Woodie Allen – Vicky Christina Barcelona [2008]

Posted in CINÉMA & DVDs, [2005 à 2010] with tags on 14 février 2011 by Yvan

Quand Woodie séduit !

Woodie Allen - Vicky Christina BarcelonaSi les trois noms qui composent le titre de ce film ont toujours eu de quoi me séduire, c’est surtout le nom du réalisateur qui m’avait rebuté jusqu’ici. La grosse différence par rapport aux autres films de Woodie Allen (que je n’ai pas vraiment su apprécier), est qu’il se contente de rester derrière la caméra dans celui-ci. Je ne sais pas si c’est là l’élément clé qui a fait que j’ai aimé ce film de Woodie Allen et pas les autres, mais quoi qu’il en soit, au niveau des acteurs on y gagne certainement au change avec des actrices telles que Scarlett Johansson (Christina), Pénélope Cruz et Rebecca Hall (Vicky) et le ténébreux Javier Bardem dans le rôle masculin.

L’histoire est assez simple : Vicky et Christina, deux jeunes américaines invitées à venir passer quelques jours à Barcelone, rencontrent un artiste peintre local (Javier Bardem) qui entretient encore une relation plutôt orageuse avec son ex-femme Maria Elena (Pénélope Cruz). Lorsque le bel hidalgo ténébreux propose d’entrée aux deux jolies inconnues de les emmener en week-end pour faire l’amour, la surprise est de taille et le dilemme finalement pas si aisé que ça !

Le réalisateur joue évidemment sur les visions diamétralement opposées que les deux femmes ont de l’amour. Vicky étant plus mesurée, voire cloisonnée au sein d’une vision très conventionnelle de l’amour, tandis que Christina est plus instinctive et impulsive. Si on ajoute à cela un homme culotté, qui n’a pas peur de faire sa meilleure offre aux femmes qu’il croise, ainsi qu’une ex-femme ibérique au tempérament chaud, on obtient un chassé-croisé intéressant, mêlant désirs, passion et tensions érotiques subtiles.

Et pour ceux qui ne s’intéressent pas aux expériences sexuelles et passionnelles des protagonistes et qui resteront donc de marbre au moment où Scarlett Johansson et Pénélope Cruz se roulent une pelle d’anthologie, il reste heureusement la beauté de la ville de Barcelone, qui ne laisse évidemment personne indifférent. Des chefs-d’œuvre de Gaudi aux toiles d’artistes, en passant par la musique catalane, le tout servi sous un soleil hispanique qui baigne la Catalogne dans des couleurs chatoyantes, absolument tout fleure bon les vacances et la liberté dans ce film !

Jouant sur le contraste entre l’impulsif et le mesuré, parfois de manière presque théâtrale, Woody Allen offre non seulement une réflexion désenchantée sur l’amour, mais surtout une comédie qui joue la carte de la séduction et croque à pleines dents le fameux fruit de la passion !

Academy Awards 2009
Oscar for Best Performance by an Actress in a Supporting Role (Penélope Cruz)

Golden Globes 2009
Best Motion Picture (Comedy)

BAFTA Awards 2009
Best Performance by an Actress in a Supporting Role (Penélope Cruz)

Gaudí­ Awards 2008
Best Film not in the Catalan Language
Best Performance by an Actress in a Supporting Role (Penélope Cruz)
Best Original Score

Lucas Belvaux – Rapt [2009]

Posted in CINÉMA & DVDs, [2005 à 2010] with tags on 20 octobre 2010 by Yvan

La chute d’un PDG !

Lucas Belvaux - Rapt Yvan Attal« Rapt » est l’histoire d’un homme d’industrie et de pouvoir, enlevé par des truands aux motivations strictement pécuniaires.

C’est un Yvan Attal fortement amaigri et totalement habité par son personnage, que l’on retrouve dans le rôle de ce PDG humilié, amputé et croupissant dans le noir en attendant le payement de sa rançon. Si le captif ne plie pas face à la barbarie et l’inhumanité de ses ravisseurs, à l’extérieur, son masque tombe. La vie privée du riche héritier est jetée en pâture dans les médias et son jardin secret, construit de dettes de jeu et de maîtresses, est piétiné par la presse à scandale. Tout l’intérêt du film se situe d’ailleurs dans le paradoxe de cette société gangrenée par l’argent qui s’avère finalement plus cruelle que les supplices infligés par le gang de malfrats. Sujet à un jeu d’intérêts sournois entre actionnaires, policiers et syndicats lors de sa captivité et abandonné par ses proches au fil des révélations fracassantes, l’homme tombe lentement de son piédestal. Cette chute poignante et ce dépouillage émouvant finissent par créer une empathie envers ce personnage complètement mis à nu et admirablement incarné par un Yvan Attal éblouissant.

Au-delà du polar, Lucas Belvaux signe ici un film psychologique et intimiste très efficace, porté par l’interprétation irréprochable d’un acteur particulièrement prolifique ces dernières années.

Duncan Jones – Moon [2009]

Posted in CINÉMA & DVDs, [2005 à 2010] with tags on 20 septembre 2010 by Yvan

Le premier film du fils Bowie !

Duncan Jones - MoonAvec Moon, Duncan Jones signe son premier long-métrage, mais est pourtant loin d’être un inconnu. C’est en effet Zowie Bowie, le fils de l’illustre chanteur, qui se cache derrière ce pseudonyme !

Ce film de science-fiction anglais au budget dérisoire (seulement cinq millions de dollars) propose un huis-clos ayant pour seul décor une station lunaire et reposant sur les épaules d’un seul personnage : Sam Rockwell ! L’interprétation de l’acteur américain, seul face à la caméra et avec pour seul compagnon Gerty, l’ordinateur central de la station, est remarquable.

Au sein de cette ambiance minimaliste, le fils Bowie parvient à développer une intrigue intelligente et mystérieuse et livre un film de science-fiction introspectif, intimiste et philosophique. En isolant son héros face à lui-même et en lui offrant pour unique interlocuteur un robot qui prend la voix de Kevin Spacey et exprime ses émotions à l’aide d’un smiley, Duncan Jones propose également un scénario très humaniste et d’une sensibilité rare.

Seule ombre au tableau de cette petite perle qui devrait ravir les fans de 2001, A Space Odyssey : une fin un peu trop expédiée !

BAFTA Awards 2010
Meilleure Première Oeuvre

Festival International du Film d’Athènes 2009
Golden Athena

Festival International du Film Britannique de Dinard 2009
Silver Hitchcock

Festival International du Film d’Edimbourg 2009
Meilleur Première Oeuvre

Festival International du Film de Seattle 2009
Meilleur Acteur (Sam Rockwell)
Festival International du Film de Sitges 2009
Meilleur Acteur (Sam Rockwell)
Meilleur Film
Plus Beaux Décors
Meilleur Scénario

Scott Cooper – Crazy Heart [2009]

Posted in CINÉMA & DVDs, [2005 à 2010] with tags on 1 septembre 2010 by Yvan

Country & eau de vie ratée !

crazy heart jeff bridgesSignant son premier long métrage, Scott Cooper invite à suivre une ancienne star de la country qui, âgé de 57 ans, écume des bars de troisième zone afin d’avoir suffisamment d’argent pour se payer sa bouteille de gnôle. Guitare à la main, Bad Blake arpente les routes poussiéreuses des States pour un voyage qui propulse le lecteur dans l’essence même de cette musique qui transpire le mauvais whisky et le vécu. Endroits enfumés, bars crasseux, motels miteux, alcool au goulot et femmes d’un soir sont le lot quotidien de ce has been qui tente de noyer ses quatre mariages ratés et une carrière en chute libre dans un liquide que j’ai personnellement du mal à appeler eau-de-vie.

Dès les premières minutes, l’ambiance de ce film m’a littéralement happée. Après seulement quelques notes de musique, filtrées par une fumée bleue et diluées par l’alcool, je maudissais une nouvelle fois ce p*t*** de bar à pitta qui a remplacé le Blues Corner près de la Grand Place de Bruxelles. Si la mise en scène immersive de Scott Cooper fait indéniablement mouche, l’interprétation de Jeff Bridges est tout bonnement bouleversante. Faisant corps avec son personnage, l’acteur signe ici son meilleur rôle depuis « The Big Lebowski » et révèle au public des talents de chanteur impressionnants.

Si l’interprétation du vieux Mickey Rourke valait le détour dans « The Wrestler » et que « Walk the Line » rendait un superbe hommage à la musique de Johnny Cash, l’histoire de ce chanteur de country vieillissant qui doit faire face à ses démons intérieurs se place encore un cran au-dessus.

Académie des Oscars 2010
Oscar du Meilleur Acteur (Jeff Bridges)
Oscar de la Meilleure Musique (pour le titre « The Weary Kind »)

Golden Globes 2010
Meilleur Interprétation Masculine (Jeff Bridges)
Meilleure Musique (pour le titre « The Weary Kind »)

Festival International du Film de Palm Springs 2010
Meilleure Musique Composée pour un Film

Screen Actors Guild Awards 2010
Meilleure Interprétation Masculine (Jeff Bridges)

Underbelly Saison 1 [2008]

Posted in CINÉMA & DVDs, [2005 à 2010] with tags on 19 juillet 2010 by Yvan

Les Sopranos, version Down Under !

Underbelly TVAvec Underbelly, la mafia est de nouveau à l’honneur, même si l’immersion dans le monde du crime organisé est cette fois australienne et que cette série en 13 épisodes s’inspire de faits réels. Cette saga relate en effet la guerre des gangs qui a secoué Melbourne entre 1995 et 2004 et a d’ailleurs été interdite de diffusion dans l’Etat de Victoria afin de ne pas influencer les procès en cours.

C’est la famille Moran, emmenée par Jason Moran et son incontrôlable comparse Alphonse Gangitano, aka le Prince Noir, qui a la main mise sur le syndicat du crime de Melbourne, jusqu’au jour ou le fragile équilibre va être rompu à coups de meurtres sanglants. Emporté par le rythme effréné de la saga et une musique endiablée qui accompagne chaque scène comme Tarantino sait si bien le faire, le spectateur assiste alors à l’ascension destructrice de Carl William, ex homme de main et sous–fifre des frères Moran.

Au menu de ce cocktail ultra-réaliste : sexe et violence ! Avec d’un côté des criminels motivés par le gain, qui s’entretuent et entretiennent une atmosphère étouffante et lourde tout au long de la série, et de l’autre, des stripteaseuses, poules de luxe et autres bimbo qui permettent d’entrecouper cette violence de scènes explicites tout aussi gratuites. Mais malgré ce tableau peu reluisant, ce sont finalement des gens ordinaires qui défrayent la chronique, offrant à cette saga un réalisme tout aussi choquant.

Une deuxième série intitulée «Underbelly : a tale of two cities», sorte de préquelle relatant l’ascension de Terry Clarke dans le milieu de 1976 à 1987, a également vu le jour, alors que les producteurs (Des Monaghan et Jo Horsburgh) préparent une troisième saison, intitulée «Underbelly : the golden mile» et couvrant la période 1987-1995.