Archive for the CINÉMA & DVDs Category

Gilles Paquet-Brenner – Elle s’appelait Sarah [2010]

Posted in CINÉMA & DVDs, Guerre, [2005 à 2010] with tags , , on 20 mai 2011 by Yvan

Quand l’horreur du passé vient bouleverser le présent !

Gilles Paquet-Brenner - Elle s'appelait SarahTiré du roman éponyme de Tatiana de Rosnay, ce film de Gilles Paquet-Brenner s’attaque à l’une des pages les plus sombres de notre Histoire.

Ce récit qui débute par la rafle du Vél’d’Hiv’, met en scènes deux figures féminines, brillamment interprétées par Kristin Scott Thomas et par la petite Mélusine Mayance. La première joue le rôle d’une mère écrasée par un douloureux secret familial, mais bien décidée à aller au bout d’une quête de vérité pourtant éprouvante. La deuxième incarne une petite fille juive, déportée lors de la Seconde Guerre mondiale, qui s’accroche désespérément à une promesse qu’elle a faite à son petit frère.

Si les deux héroïnes ne se rencontrent jamais physiquement, leurs destinées s’entremêlent inexorablement au fil des allers-retours proposés par l’auteur. Conjuguant passé et présent, le récit fait avancer en parallèle deux histoires qui se font brillamment écho. Tandis que l’une permet de découvrir l’horreur de la déportation à travers le regard d’une enfant, l’autre permet de nouer cette tragédie à l’histoire contemporaine de deux familles torturées par de lourds secrets.

Le réalisateur parvient à mêler ces deux histoires avec brio et à trouver le ton juste pour ce récit qui s’aventure régulièrement à la limite du larmoyant.

A voir absolument !

Yôjirô Takita – Departures [2008]

Posted in CINÉMA & DVDs, [2005 à 2010] with tags , on 24 avril 2011 by Yvan

Un film qui rend ses lettres de noblesses au métier de croque-mort !

Yôjirô Takita - Departures [2009]Encore un excellent film que je vous conseille vivement : Departures !

Ce film a beau venir du japon, sa thématique universelle (la mort) le rend accessible à tous et donc exportable à l’étranger, comme en témoigne d’ailleurs cette statuette de l’oscar du meilleur film étranger en 2009 que ce mélodrame japonais a méritoirement remporté.

L’histoire est celle d’un violoncelliste de Tokyo qui, suite à la dissolution de son orchestre, se retrouve contraint de partir à la recherche d’un nouvel emploi dans son village natal du nord-est du Japon. À la suite d’une petite annonce pas vraiment claire, le jeune homme se retrouve, malgré lui et à l’insu de ses proches, engagé comme croque-mort dans une entreprise de pompes funèbres. Au fil du temps, le dégoût initial et la honte envers ce métier peu respecté font place à la passion envers un rituel funéraire complexe et précis, qui se déroule en présence des familles et des amis du défunt. Le réalisateur transforme ce moment solennel en une chorégraphie silencieuse et extrêmement respectueuse qui permet aux proches de garder le meilleur souvenir possible du défunt. Le contraste entre ces gestes minutieux et les tensions qui déchirent des familles en cette période de deuil est admirablement rendu par Yôjirô Takita.

Ce nouveau métier et ce retour à la terre natale, permettent également à Daigo Kobayashi de faire le point sur sa vie et sur son passé familial. En préparant les corps pour le dernier voyage, il s’engage également dans un voyage initiatique à la découverte de soi-même et de ses proches. Cette renaissance à travers le prisme de la mort permet au réalisateur d’aborder les thèmes de la mort, de la famille et de l’amour avec tact, finesse, humour, élégance et grand respect.

Académie des Oscars 2009
Oscar du Meilleur Film Etranger

Awards of the Japanese Academy 2009
Meilleur Film
Meilleur Acteur (Masahiro Motoki)
Plus Belle Photographie
Meilleur Réalisateur
Meilleur Montage
Plus Belle Lumière
Meilleur Scénario
Meilleur Son
Meilleur Acteur dans un Second Rôle (Tsutomu Yamazaki)
Meilleure Actrice dans un Second Rôle (Kimiko Yo)

Festival International du Film de Montréal 2008
Grand Prix des Amériques

Adam Elliot – Mary & Max [2009]

Posted in CINÉMA & DVDs, [2005 à 2010] with tags , on 22 avril 2011 by Yvan

De la pâte à modeler très humaine !

Adam Elliot - Mary & Max [2009]Mon coup de coeur cinématographique du moment va au film d’animation intitulé Mary et Max, qui raconte l’histoire d’une correspondance entre une petite australienne de 8 ans et un new-yorkais célibataire de 44 ans atteint du syndrome d’Asperger. Le réalisateur australien Adam Elliot a lui-même entretenu une longue relation épistolaire avec un ami new-yorkais atteint de la maladie dont souffre Max dans le film, donnant au récit un aspect autobiographique qui explique sans doute la justesse de cette histoire d’amitié étalée sur 20 années.

Au fil du courrier on s’attache inévitablement à ses deux personnages en pâte à modeler, plus vrais que nature. Ces deux personnages extrêmement humains qui n’ont en commun que leur solitude, leur incapacité à se faire des amis et leur amour pour le chocolat, se lancent néanmoins dans un échange drôle, touchant, cynique, triste et parfois surréaliste, qui permet au réalisateur d’aborder des thèmes difficiles tels que l’alcoolisme, l’amour, la solitude, l’autisme, l’agoraphobie, la psychiatrie, l’obésité et la religion. Ce spectacle en pâte à modeler est dirigé de main de maître, avec énormément de justesse et beaucoup d’esprit.

Une histoire d’amitié et d’humanité, sans prétention mais pourtant géniale, que je conseille à tous ceux qui me permette de partager cette amitié rare, celle qui dure et traverse les aléas de la vie, la seule que l’on peut qualifier de vraie, celle que partagent Mary et Max !

Festival International du Film de Berlin 2009
Ours de Crystal – Mention Spéciale

Festival International du Film d’Animation d’Annecy 2009
Meilleur Film

Festival International du Film d’Animation d’Ottawa 2009
Grand Prix

Clint Eastwood – Invictus [2009]

Posted in CINÉMA & DVDs, [2005 à 2010] with tags , , , on 28 février 2011 by Yvan

Quand le sport mélange les couleurs …

Clint Eastwood - Invictus [2009]« Invictus » n’est pas un film sur le rugby, tout comme l’excellent « Million Dollar Baby », du même réalisateur, n’était pas un film sur la boxe. Clint Eastwood nous emmène cette fois en Afrique du Sud et utilise le sport comme pinceau pour mélanger deux couleurs séparées par des années d’apartheid. Le peintre, brillamment interprété par Morgan Freeman, n’est autre que Nelson Rolihlahla Mandela, « Madiba » de son nom tribal.

Le film débute par la libération du leader de l’ANC et le commentaire d’époque « Nelson Mandela walks as a free man… » annonce déjà le nom de celui qui, une vingtaine d’années plus tard, incarnera son rôle au cinéma. Malgré un emprisonnement de 27 ans dans la prison de Robben Island, l’homme se retrouve vite à la tête de 43 millions d’habitants qu’il faut réconcilier après des années de séparatisme. La coupe du monde de rugby de 1995, organisée en Afrique du Sud, se présente comme la première occasion de brandir le nouveau drapeau arc en ciel et de partager un langage universel, celui du sport.

Une fois de plus, Clint Eastwood prouve qu’il n’est pas seulement bon au milieu d’une brute et d’un truand, mais également derrière une caméra. L’admiration qu’il voue à Mandela s’avère vite contagieuse et l’on ne peut qu’admirer la sagesse politique et humaine de cet homme qui rassemble toute une nation autour de Springboks vert et or.

Mais « Invictus » n’est pas seulement un excellent film, c’est également un court poème de l’écrivain William Ernest Henley, un texte qui inspira Mandela durant ses années de captivité au sein d’une minuscule cellule que le réalisateur ne manquera d’ailleurs pas de montrer dans le film. Un poème qui, replacé dans le contexte historique de l’Afrique du Sud et de son leader charismatique, prend toute sa valeur :

Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds, and shall find, me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.

Pierre Coffin & Chris Renaud – Despicable Me [2010]

Posted in CINÉMA & DVDs, [2005 à 2010] with tags , on 28 février 2011 by Yvan

Digne des meilleurs Pixar !

Pierre Coffin & Chris Renaud - Despicable Me [2010]Voilà un excellent p’tit film qui a amusé toute la famille.

Il y a d’abord ce héros moche et méchant, incarné par un Gad Elmaleh à l’accent russe dans la version française, qui s’avère finalement plus attachant que méchant. Mais il y a aussi ces petits assistants cyclopéens, surnommés Minions, qui sont adorables et alimentent constamment le caractère comique du film. Le gag répétitif de ce petit serviteur jaune maladroit qui défie l’apesanteur tout au long du récit jusqu’au final musical, m’a d’ailleurs bien fait rire.

Mais, il y a surtout ces trois petites orphelines qui font basculer l’abominable Gru dans le camp des gentils et dont la petite dernière est totalement craquante. Dur, dur de demeurer méchant en compagnie de ces trois fillettes et d’une armée de maladroits.

Woodie Allen – Vicky Christina Barcelona [2008]

Posted in CINÉMA & DVDs, [2005 à 2010] with tags on 14 février 2011 by Yvan

Quand Woodie séduit !

Woodie Allen - Vicky Christina BarcelonaSi les trois noms qui composent le titre de ce film ont toujours eu de quoi me séduire, c’est surtout le nom du réalisateur qui m’avait rebuté jusqu’ici. La grosse différence par rapport aux autres films de Woodie Allen (que je n’ai pas vraiment su apprécier), est qu’il se contente de rester derrière la caméra dans celui-ci. Je ne sais pas si c’est là l’élément clé qui a fait que j’ai aimé ce film de Woodie Allen et pas les autres, mais quoi qu’il en soit, au niveau des acteurs on y gagne certainement au change avec des actrices telles que Scarlett Johansson (Christina), Pénélope Cruz et Rebecca Hall (Vicky) et le ténébreux Javier Bardem dans le rôle masculin.

L’histoire est assez simple : Vicky et Christina, deux jeunes américaines invitées à venir passer quelques jours à Barcelone, rencontrent un artiste peintre local (Javier Bardem) qui entretient encore une relation plutôt orageuse avec son ex-femme Maria Elena (Pénélope Cruz). Lorsque le bel hidalgo ténébreux propose d’entrée aux deux jolies inconnues de les emmener en week-end pour faire l’amour, la surprise est de taille et le dilemme finalement pas si aisé que ça !

Le réalisateur joue évidemment sur les visions diamétralement opposées que les deux femmes ont de l’amour. Vicky étant plus mesurée, voire cloisonnée au sein d’une vision très conventionnelle de l’amour, tandis que Christina est plus instinctive et impulsive. Si on ajoute à cela un homme culotté, qui n’a pas peur de faire sa meilleure offre aux femmes qu’il croise, ainsi qu’une ex-femme ibérique au tempérament chaud, on obtient un chassé-croisé intéressant, mêlant désirs, passion et tensions érotiques subtiles.

Et pour ceux qui ne s’intéressent pas aux expériences sexuelles et passionnelles des protagonistes et qui resteront donc de marbre au moment où Scarlett Johansson et Pénélope Cruz se roulent une pelle d’anthologie, il reste heureusement la beauté de la ville de Barcelone, qui ne laisse évidemment personne indifférent. Des chefs-d’œuvre de Gaudi aux toiles d’artistes, en passant par la musique catalane, le tout servi sous un soleil hispanique qui baigne la Catalogne dans des couleurs chatoyantes, absolument tout fleure bon les vacances et la liberté dans ce film !

Jouant sur le contraste entre l’impulsif et le mesuré, parfois de manière presque théâtrale, Woody Allen offre non seulement une réflexion désenchantée sur l’amour, mais surtout une comédie qui joue la carte de la séduction et croque à pleines dents le fameux fruit de la passion !

Academy Awards 2009
Oscar for Best Performance by an Actress in a Supporting Role (Penélope Cruz)

Golden Globes 2009
Best Motion Picture (Comedy)

BAFTA Awards 2009
Best Performance by an Actress in a Supporting Role (Penélope Cruz)

Gaudí­ Awards 2008
Best Film not in the Catalan Language
Best Performance by an Actress in a Supporting Role (Penélope Cruz)
Best Original Score

Alejandro Amenabar – Mar Adentro [2004]

Posted in CINÉMA & DVDs, [2000 à 2005] with tags on 10 novembre 2010 by Yvan

Le droit de mourir ?

Alejandro Amenabar Mar adentro [2004]C’est le 12 janvier 1998 que Ramón Sampedro filma sa mort au chlorure de potassium. Tétraplégique depuis vingt-huit ans suite à un plongeon exécuté à marée basse, ce Galicien de 55 ans réclama son droit à l’euthanasie et alla jusqu’à défendre sa cause devant les tribunaux. N’ayant pu obtenir gain de cause, c’est avec effroi que l’Espagne découvrit les images télévisées de cet homme qui avait filmé ses derniers instants afin de marquer les esprits.

Quelques années plus tard, le cinéaste Alejandro Amenabar, s’empare de cette histoire vraie et dresse le portrait de cet homme qui refusa de vivre après avoir perdu l’usage de son corps. La majorité de l’histoire se déroule dans la chambre de cet homme alité et soigné comme un roi par des proches qui ne comprennent pas son désir d’en finir. Si le récit permet une approche intéressante de la mort, tout en découvrant un pince-sans-rire admirablement incarné par Javier Bardem, il s’avère cependant un peu trop larmoyant, pas toujours crédible (la rivalité amoureuse entre la belle avocate et la maman ouvrière est assez limite) et souvent accompagné d’une musique dont je ne raffole pas.

Mais au final, j’ai beaucoup apprécié ce film récompensé de nombreux prix.

Academy Awards 2005
Oscar du Meilleur Film Etranger (Spain)

Festival International du Film de Bangkok 2005
Meilleur Acteur (Javier Bardem)
Meilleur Film

European Film Awards 2005
Meilleur Acteur (Javier Bardem)
Meilleur Réalisateur

Golden Globes 2005
Meilleur Film Etranger (Spain)

Goya Awards 2005
Meilleure Photographie
Meilleur Réalisateur
Meilleur Film
Meilleur Acteur Principal (Javier Bardem)
Meilleure Actrice Principale (Lola Dueñas)
Meilleurs Maquillages & Coiffures
Meilleur Espoir Masculin (Tamar Novas)
Meilleure Espoir Féminin (Belén Rueda)
Meilleure Musique Originale
Meilleure Supervision de Production
Meilleur Scénario
Meilleur Son
Meilleur Acteur dans un Second Rôle (Celso Bugallo)
Meilleure Actrice dans un Second Rôle (Mabel Rivera)

Festival International du Film de Palm Springs 2005
Prix du Public

Festival du Film de Venise 2004
Prix Spécial du Jury
Volpi Cup pour Meilleur Acteur (Javier Bardem)
Meilleur Film International