Archive for the DIVERS Category

Pierre Lemaître – Trois jours et une vie

Posted in Littérature with tags , on 20 janvier 2021 by Yvan

Un gamin poursuivi par son crime !

Pierre Lemaître – Trois jours et une vie« Trois jours et une vie » est mon premier livre audio !
Même si je préfère largement lire le livre moi-même, je dois bien avouer que ce format s’avère bien pratique lorsque l’on perd chaque jour plus de 1h30 en se rendant au travail en voiture.

« Trois jours et une vie » partage le drame vécu par Antoine Courtin, un garçon de douze ans qui, emporté par une grande colère, assène un coup de bâton mortel à Rémi Desmedt, son petit voisin de seulement six ans. Paniqué, Antoine dissimule maladroitement le corps du gamin dans une cavité sous le tronc d’un hêtre de la forêt de Saint-Eustache. Une fois de retour au village de Beauval, il ne lui reste plus qu’à attendre que la police retrouve le corps et vienne l’arrêter…

Le coupable du crime étant connu dès le départ, l’enjeu du récit n’est évidemment pas de savoir qui a fait le coup, mais plutôt de découvrir comment l’auteur pourra vivre avec le poids de son crime. En installant immédiatement une ambiance pesante au cœur de cette petite bourgade où un tel drame pèse encore plus qu’ailleurs, Pierre Lemaître (« Au-revoir là-haut ») livre donc un roman psychologique noir à l’atmosphère prenante.

En découpant son roman sur trois époques, 1999, l’année du crime, et 2011/2015, l’auteur tente de montrer l’impact psychologique d’un tel crime au long terme. Au fil des pages et des années, l’auteur partage ainsi la culpabilité, l’angoisse, la paranoïa et les regrets d’Antoine. Sous la menace constante d’un passé qui risque à tout moment de ressurgir, telle une épée de Damoclès, Antoine vit finalement emprisonné par cette hantise, à défaut d’être physiquement enfermé derrière des barreaux. Je pense à ce titre que ce format audio, qui a tendance à créer plus de distance entre le lecteur et le contenu, empêche d’entrer pleinement dans les pensées d’Antoine, au détriment de l’empathie.

Beaucoup aimé ce roman, même si ce n’est pas son meilleur !

Trois jours et une vie, Pierre Lemaitre, Albin Michel, 280 p., 19,80 €

Ils en parlent également : EveCéline, AnnickJean-Pierre, MylèneCollectif polar, Un livre un thé, Knut, Ouvrez-moi

Christophe Vasse – Celle qui ne pleurait jamais

Posted in Littérature with tags on 16 janvier 2021 by Yvan

Un bon polar !

Christophe Vasse - Celle qui ne pleurait jamais« Celle qui ne pleurait jamais » invite à suivre les pas d’un flic bougon dont l’ex-femme se retrouve principale suspecte d’un double meurtre.

L’intrigue, assez classique, ne révolutionnera certes pas le genre. Certaines ficelles ont en effet déjà souvent été utilisées et l’identité du coupable ne demeurera donc pas un mystère jusqu’à la fin pour les aficionados de polars. Grâce à un style efficace, ainsi que des personnages et des dialogues accrocheurs, l’auteur parvient néanmoins à tenir le lecteur en haleine de la première à la dernière page.

La construction, qui intègre régulièrement des passages issus du passé, venant habilement faire écho aux développements du présent, contribue également à transformer ce premier livre en excellent moment de lecture, méritoirement couronné du Prix du Polar Femme Actuelle 2017.

Celle qui ne pleurait jamais, Christophe Vasse, Pocket, 480 p., 7,95€

Ils en parlent également: Brigitte, Louise, Mes mots sur les leursMAPS

Luis Sepúlveda – Le vieux qui lisait des romans d’amour

Posted in Littérature with tags , , on 13 janvier 2021 by Yvan

Une fable écologique poétique !

Luis Sepúlveda - Le vieux qui lisait des romans d'amourCela faisait un petit temps que j’avais envie de découvrir cet auteur chilien décédé le 16 avril 2020, des suites du Covid-19. C’est chose faite avec ce premier roman, datant de 1988 et rendant hommage à son ami brésilien Chico Mendès, grand défenseur de la forêt amazonienne…et qui le paya de sa vie !

Le récit débute par la découverte d’un braconnier, tué par une femelle jaguar. Devenue enragée à la découverte de ses petits assassinés par ce chasseur blanc, elle représente dorénavant un grand danger pour tous les habitants du petit village équatorien d’El Idilio. Afin d’éviter un carnage, le maire sollicite l’aide d’Antonio José Bolivar, un vieux ayant jadis vécu parmi les Shuars et qui connaît la forêt et ses animaux mieux que personne…

« Le vieux qui lisait des romans d’amour » nous emmène donc au cœur d’une jungle fourmillant de dangers et de merveilles, afin d’y suivre les pas d’un septuagénaire plein de sagesse, obligé de mener une chasse qu’il aurait préféré éviter. Il ne faut que quelques pages pour s’attacher à ce personnage romanesque qui passe son temps à lire des romans à l’eau de rose au fond de sa cabane en bambou, afin d’échapper à la bêtise humaine…

En partageant le regard d’un vieux profondément humain, qui aime non seulement les romans d’amour, mais également la forêt amazonienne et ses défenseurs, Luis Sepúlveda livre un conte écologique dépaysant non dépourvu d’humour, qui dénonce la destruction systématique de la forêt amazonienne et l’annihilation progressive des populations indigènes.

Pour échapper à la bêtise des hommes, lisez des romans d’amour… ou cette fable écologique chilienne d’une grande justesse!

Le vieux qui lisait des romans d’amour, Luis Sepúlveda, Seuil, 128 p., 5,90€

Ils en parlent également : Natiora, Jean-Pierre, USVAL’ivre lecteurAux vents des mots, Cécile, Mangeur de livres, Delphine, Marie, Sabine

A.J. Kazinski et Thomas Rydahl – La mort d’une sirène

Posted in Littérature with tags on 10 janvier 2021 by Yvan

La genèse des contes d’Andersen !

A.J. Kazinski et Thomas Rydahl - La mort d'une sirèneLa première originalité de ce roman est qu’il est écrit à six mains, A.J. Kazinski étant le pseudonyme des deux auteurs danois Anders Ronnow Klarlund et Jacob Weinreich.

La seconde originalité est que le personnage principal n’est autre que Hans Christian Andersen, l’illustre conteur danois. Ce dernier ayant tenu un journal intime de 1825 à 1875, contenant un blanc de dix-huit mois qui démarre lors de son retour d’Italie en 1834, les auteurs se sont amusés à combler ce vide en imaginant une histoire sordide qui démarre par le meurtre sanglant d’une prostituée en 1834.

Ce n’est donc pas un conte pour enfants que les auteurs imaginent, mais un polar historique bien sombre qui démarre en 1834 dans les rues de Copenhague, par la découverte du corps mutilé d’une jeune prostituée retrouvée dans les eaux du port. Lorsque la sœur de la victime désigne Hans Christian Andersen comme étant le coupable, ce dernier obtient un délai de trois jours avant son exécution afin de prouver son innocence…

À l’instar de l’excellent « 1793 » de Niklas Natt och Dag, ce roman nous plonge à une époque marquée par la pauvreté et des crimes sordides. Rydahl et Kazinski restituent avec brio le quotidien de ces habitants vivant dans la misère, la puanteur et la crasse et combattant la faim et l’injustice, tandis que la noblesse se vautre dans le grand luxe. Cette immersion dans le Copenhague du XIXe est indéniablement l’une des réussites du roman.

L’autre véritable attrait de ce polar rondement mené est la présence d’Andersen en tant qu’enquêteur pas très orthodoxe et plutôt inefficace, qui peut heureusement compter sur l’aide de l’adorable Molly, la soeur de la victime, elle aussi prostituée. Malgré quelques longueurs, l’intrigue policière parvient à tenir en haleine tout au long des 540 pages.

Une intrigue prenante, un enquêteur original et un contexte historique parfaitement restitué, pour un thriller qui propose au passage la genèse des contes les plus populaires de Hans Christian Andersen, tels que « La petite sirène » ou encore « La Petite Fille aux allumettes ».

La mort d’une sirène, A.J. Kazinski et Thomas Rydahl, Robert Laffont, 560 p., 21€

Ils en parlent également : EmOtionS, Lord Arsenik, Les voyages de K, Le sentier des mots, Saveur littéraire, Culture VSnews, Sylvie, Sophie, Books are my Wonderland, Temps de lecture

François-Xavier Dillard – Prendre un enfant par la main

Posted in Littérature with tags on 6 janvier 2021 by Yvan

Efficace et prenant !

François-Xavier Dillard - Prendre un enfant par la mainCela fait plusieurs années que Marc et Sarah pleurent la disparition de leur fille Clémentine, emportée par une violente tempête lors d’une sortie en mer. Une perte dont ils ne semblent jamais pouvoir se remettre, jusqu’au jour où de nouvelles voisines emménagent dans leur appartement, accompagnées de leur fille Gabrielle…une adolescente qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Clémentine… et qui aurait de surcroît exactement le même âge qu’elle.

Dès les premières pages, François-Xavier Dillard prend ses lecteurs par la main et il ne faut même pas attendre la première vague pour être totalement immergé dans le récit. À l’image de Barbara Abel ou d’Amélie Antoine, il croque des personnages comme vous et moi, ancrés dans le réel, et explore habilement les failles et les souffrances des familles qu’il met en scène. Si parmi les personnages, la jeune Gabrielle, en pleine crise d’adolescence, est brossée avec grande justesse, j’ai particulièrement apprécié la commissaire Jeanne Muller et ses méthodes d’investigation plutôt expéditives.

Outre la justesse et le réalisme de ce thriller psychologique, il faut également saluer la plume fluide de cet auteur que je découvre ici, ainsi que sa capacité à insuffler énormément de rythme à ce livre quasiment impossible à lâcher avant la fin. C’est assez étonnant, surtout que la plupart des rebondissements sont assez prévisibles et que les différentes histoires développées en parallèle se regroupent également sans véritable surprise. Comme quoi, il ne faut pas forcément faire dans l’abracadabrantesque pour parvenir à tenir les lecteurs en haleine.

Mon premier Dillard mais certainement pas mon dernier !

Prendre un enfant par la main, François-Xavier Dillard, Belfond, 336 p., 19€

Ils en parlent également : EmOtionS, Lord Arsenik, Aude, Sonia, Maeve, Azilis, Valérie, Caroline, Lire & courir, Stéph, Nadia, Nath, Willy, Balades en livres, Collectif polar, Mag, Lucile, So, Jess, Books books books, Claire

Romans : Le Bilan de 2020

Posted in DIVERS, Littérature with tags , , on 1 janvier 2021 by Yvan

Romans Best of 2020Après deux longues périodes de confinement assez immobiles, mais heureusement aussi riches en lectures qu’en calories, le moment est venu de faire un petit bilan sur les romans que j’ai eu l’occasion de lire en cette étrange année 2020, qui aura tout de même eu le mérite de confirmer que les livres sont bel et bien un produit essentiel à la santé mentale des belges, leur permettant de s’évader pendant cette période particulièrement difficile.

Je tiens d’ailleurs à remercier tous les blogueurs qui m’ont permis de découvrir toutes ces pépites. Du coup, j’espère que cette liste totalement subjective pourra peut-être également vous donner quelques idées de lectures pour bien commencer 2021.

Les quatre principales choses que je retiendrai de cette année de lecture sont :

Bonne lecture et tous mes meilleurs voeux pour 2021 !

Mes coups de coeur de l’année :

Rebecca Lighieri – Il est des hommes qui se perdront toujours Samuelle Barbier – Celles qui restent Maud Mayeras – Les Monstres
Tiffany McDaniel – Betty Delia Owens – Là où chantent les écrevisses Colson Whitehead – Nickel Boys
Paul Cleave – Intuitions Sophie Jomain – Les étoiles brillent plus fort en hiver CLudovic Manchette et Christian Niemiec – Alabama 1963
R.J. Ellory - Le jour où Kennedy n'est pas mort Marie Vareille – Le syndrome du spaghetti Olivier Norek – Impact
Sebastian Fitzek – Siège 7A Alejandro Palomas – Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins Barbara Abel – Et les vivants autour
Franck Thilliez – Il était deux fois Mélissa Da Costa – Tout le bleu du ciel Djaïli Amadou Amal – Les impatientes
Virginie Grimaldi – Et que durent les moments doux Vanessa Springora – Le Consentement Oscar Lalo - La race des orphelins

Les autres très bonnes lectures :

Hervé Le Tellier – L’anomalie Anne-Gaëlle Huon – Les Demoiselles Grégoire Delacourt – Un jour viendra couleur d’orange
Alia Cardyn – Mademoiselle Papillon Sandrine Collette – Et toujours les forêts Laurent Petitmangin – Ce qu’il faut de nuit
Henri Loevenbruck – Le Loup des Cordeliers Maxime Girardeau – Persona Marie Pavlenko – Et le désert disparaîtra
Sébastien Spitzer – La Fièvre Amélie Antoine – Le jour où Stephen Chbosky – L’ami imaginaire

Excellent, mais découvert sur le tard :

Mattias Köping – Le Manufacturier Stephen King – 22/11/63 Mathias Malzieu – Journal d’un vampire en pyjama
Yasmina Khadra – L’attentat Wladyslaw Szpilman – Le pianiste Irvin Yalom - Le Problème Spinoza
Maud Mayeras – Reflex Anonyme – Le livre sans nom (Bourbon Kid Tome 1) Clémentine Beauvais – Les petites reines

Encore une dose de bons polars pour les amateurs :

Sally Hepworth – La belle-mère Chevy Stevens – Jamais tu ne me quitteras Sylvain Forge – Sauve-là
Bernard Minier – La vallée Karine Giebel – Chambres noires Paul Colize - Toute la violence des hommes
Jussi Adler-Olsen – Victime 2117 Clarence Pitz – Ineffaçables Joël Dicker – L’énigme de la chambre 622
Olivier Bal - L'Affaire Clara Miller Elly Griffiths – Le Journal de Claire Cassidy Joseph Incardona – La Soustraction des possibles

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2019 !

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2018 !

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2017 !

Oscar Lalo – La race des orphelins

Posted in Guerre, Littérature with tags , , on 31 décembre 2020 by Yvan

Une croix gammée lourde à porter !

Oscar Lalo - La race des orphelinsLa race des orphelins, c’est celle de ces enfants issus du programme « Lebensborn », initié par Himmler et qui consiste à créer de beaux petits aryens en sélectionnant leurs géniteurs sur base de critères déterminés par Hitler afin d’œuvrer à la prolifération d’une race supérieure de blonds aux yeux bleus. Conçus sans amour, mais endoctrinés dès le plus jeune âge, ces enfants du IIIème Reich ont pour mère l’Allemagne et pour père le Führer.

Née dans un Lebensborn norvégien, Hildegard Müller fait partie de ces enfants de la honte, condamnés à porter une croix, de surcroît gammée, beaucoup trop lourde à porter. Eprouvant le besoin de mettre des mots sur cette vie héritée du nazisme, la vieille femme de 76 ans convoque un scribe pour raconter son histoire.

J’avais déjà entendu parler du programme « Lebensborn », notamment dans « Max », l’excellent roman de Sarah Cohen-Scali, mais ce qui frappe immédiatement à l’entame du récit, c’est la forme atypique de ce roman. À l’instar de Joseph Ponthus dans son incontournable « A la ligne, Feuillets d’usine », Oscar Lalo se démarque immédiatement au niveau de l’originalité de sa narration.

L’histoire est en effet livrée sous forme de journal intime, fait de courts chapitres, parfois de juste quelques lignes, qui restituent avec force et brio les souvenirs fragmentés d’Hildegard. D’une plume incisive, jouant sur l’économie des mots, mais les alignant chaque fois avec une dextérité éblouissante, l’auteur livre un texte puissant et de toute beauté, où chaque mot déposé avec délicatesse rapproche Hildegard de ce passé qu’elle a toujours refusé d’accepter…

Moi qui ai plutôt tendance à lire les livres à grande vitesse, ici, toutes les deux phrases je relisais la dernière, pour mieux m’imprégner de sa justesse et de sa force. Le genre de livre que l’on a envie de distribuer dans toutes les écoles, pas seulement pour l’indispensable devoir de mémoire, mais en espérant qu’ils s’écrient « Waow, comment il déchire le mec avec ses phrases de ouf ! ».

La race des orphelins, Oscar Lalo, Belfond, 288 p., 18€

Ils en parlent également : Frédéric, Maeve, Eve, Christelle, Karine, Pauline, Fabienne, Ju, Jessica, Victoria, Flo, Ma voix au chapitre, Au fil des pages, A livre ouvert, Twin books, La minute livres, Maman nature, Maman tornade, Willy, Ma collection de livres, Valmyvoyou, L’Homme qui lit, Envie de partager les livres