Archive for the DIVERS Category

Jamey Bradbury – Sauvage

Posted in Littérature with tags on 12 juin 2019 by Yvan

Thriller psychologique teinté de fantastique au cœur de l’Alaska !

Jamey Bradbury - SauvageCe premier roman de l’auteure américaine Jamey Bradbury invite à suivre les pas de Tracy Sue Petrikoff, une jeune adolescente de dix-sept ans, qui vit dans un coin reculé de l’Alaska en compagnie de son jeune frère et de son père. Renvoyée de son lycée pour violence, la jeune rebelle se nourrit des grands espaces qui l’entourent en compagnie de ses chiens de traineau. Jusqu’au jour où elle reprend connaissance après avoir été attaquée en forêt, convaincue d’avoir mortellement blessé son agresseur…

Mettez vos bonnets et vos moufles car l’auteure nous emmène dans les paysages enneigés de l’Alaska, où seul le crissement des patins de traîneau et le halètement des chiens qui les tirent viennent perturber le silence environnant. Entièrement ancré dans le style nature-writing, « Sauvage » plonge le lecteur au cœur d’un territoire souvent inhospitalier, qui installe immédiatement une atmosphère prenante, qui perdure tout au long du livre.

« Sauvage » est également un superbe roman d’apprentissage, qui dresse le portrait d’une héroïne surprenante, qui tente d’une part de contenir cette rage qui bouillonne en elle, tout en essayant de faire le deuil de sa mère. Obnubilée par les courses de chiens de traîneaux, elle rêve de participer à l’Iditarod Trail Sled Dog Race, course mythique qui a contribué à rendre son père célèbre dans toute la région.

« Sauvage » est aussi un thriller psychologique qui tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page. Jamey Bradbury exploite d’une part avec brio le mystère qui entoure cet individu qui a agressé Tracy en forêt et vient d’autre part titiller la curiosité du lecteur à travers le personnage de Jesse, jeune garçon venu proposer d’aider la famille Petrikoff en échange d’un logis.

Si le personnage de Tracy ne manquera pas de séduire, il faudra cependant adhérer à son don surnaturel pour le moins étrange, qui n’est pas sans rappeler celui de Tony Chu dans la saga BD homonyme de John Layman et Rob Guillory et qui insuffle une touche de fantastique qui ne plaira pas forcément à tout le monde.

Si vous avez apprécié les sœurs Nell et Eva de « Dans la forêt » de Jean Hegland, Turtle dans « My absolute darling » de Gabriel Tallent ou Lucy dans « Lucy in the sky » de Peter Fromm, ne passez pas à côté de cette héroïne attachante et solitaire imaginée par Jamey Bradbury !

Sauvage, Jamey Bradbury, Gallmeister, 313 p., 22,60€

Ils en parlent également : Folavril, Cannibal LecteurActu du noir, Dealer de lignesLe blog de Krol, A l’horizon des mots, Les fringales littérairesDu calme Lucette, Parlez-moi de livres, Vol de nuit littéraire, Ondine, AllyRead Look Hear, Girl kissed by fire, Love in books, Books moods & more, Hubris & Libris, Librairie Saint-Christophe, Cousines de lectures, From the avenue

Publicités

Sophie Jomain – Et tu entendras le bruit de l’eau

Posted in Littérature with tags on 5 juin 2019 by Yvan

Romance en Baie de Somme…

Sophie Jomain - Et tu entendras le bruit de l'eauAyant adoré « Quand la nuit devient jour » de l’auteure, je me suis jeté sans trop réfléchir sur son dernier roman, qui invite à suivre Marion Verrier, une journaliste people qui décide de faire un break en allant se ressourcer durant trois mois dans un gite en Baie de Somme. Un exil en pleine nature qui lui permet non seulement de réfléchir à son avenir, mais également de faire la connaissance de l’homme mystérieux et solitaire qui a loué le bungalow sur l’eau, tout proche du sien…

Parmi les points positifs de ce roman, il y a indéniablement le cadre, qui donne envie d’aller découvrir la Picardie, ainsi que la quête de soi du personnage principal. Loin de la superficialité du monde de la presse à scandales et du rythme effréné de la vie parisienne, Marion va en effet renouer avec la nature, avec elle-même et avec l’humain, s’ouvrant progressivement à un autre style de journalisme et à des sentiments amoureux envers ce voisin pourtant distant…

Et c’est là où le bât blesse en ce qui me concerne, car je n’ai malheureusement pas accroché à cette histoire d’amour, ni à sa conclusion. Alors, certes, la romance n’est pas vraiment mon « core business » et le 14 février n’est pas la date que je coche en premier dans mon agenda, mais je pense que le problème se situe également un peu au niveau du personnage dont Marion tombe amoureux. Ce dernier, très direct, fort bourru, voire même un peu paysan sur les bords, n’est pas vraiment parvenu à me séduire et j’ai du coup eu beaucoup de mal à comprendre l’attirance qu’éprouvait Marion envers ce malotru. Le tout étant ponctué d’une conclusion un peu trop cucul la praline, je n’ai donc pas trop adhéré au côté romance du récit.

Heureusement, Sophie Jomain ne se cantonne pas à la romance, mais aborde également plusieurs sujets forts, tels que la protection des animaux, l’exploitation du gaz de schistes, la condition des migrants ou la maladie. Ceux-ci sont peut-être survolés un peu trop vite, mais permettent de faire ressortir le côté engagé de l’héroïne et d’une auteure dont le style m’a de nouveau séduit !

Et tu entendras le bruit de l’eau, Sophie Jomain, Harlequin, 378 p., 15,90 €

Ils en parlent également: A la page des livres, Songe d’une nuit d’été, Des plumes et des livres, Léa, Rowena, CélinePsych3desLivres, Alice Neverland, Stella’s BooksFollow the readerPony Book, Spread my wingsEstwinch, LadiesColocBlog, There will be books, Un K à part, Livre sa vie, Malénia, Les tentatrices, Zélie, New Kids on the Geek, Miss Croq Book

Virginie Grimaldi – Quand nos souvenirs viendront danser

Posted in Littérature with tags , , on 29 mai 2019 by Yvan

Le dernier tango !

Virginie Grimaldi - Quand nos souvenirs viendront danserEtant plus fan de polars que de romans « feel-good » et n’étant pas vraiment un danseur invétéré, j’aurais pu me dire que ce roman n’était pas forcément écrit pour moi. Sauf que j’aime alterner les genres et lire des romans plus légers afin de m’octroyer une bouffée d’oxygène entre les polars que je dévore. Ayant beaucoup aimé « Tu comprendras quand tu seras plus grande » et « Il est grand temps de rallumer les étoiles », je suis surtout devenu fan de Virginie Grimaldi et donc incapable de résister à ce cinquième roman qui invite à suivre une bande d’octogénaires pas comme les autres.

« Quand nos souvenirs viendront danser » raconte les déboires des habitants de l’impasse des Colibris qui, au crépuscule d’une vie faite de bonheurs et de tragédies, se retrouvent menacés d’expulsion lorsque le maire décide de raser leur quartier afin d’y construire une école. Les petits vieux sont cependant prêts à tout pour sauver leurs maisons et les souvenirs qu’ils ont accumulés pendant plus de soixante ans…

À l’aide de courts chapitres, qui se font intelligemment écho, Marcelline, la narratrice, raconte d’une part leur combat face au maire et revient d’autre part sur les soixante années passées au sein du quartier, de leur emménagement jusqu’à nos jours. En plongeant dans l’histoire de son couple, elle nous livre également une merveilleuse histoire d’amour…

Cette histoire qui mêle habilement passé et présent, propose donc des personnages extrêmement attachants, comme c’est toujours le cas avec Virginie Grimaldi, dont cet adorable couple qui traverse la vie comme l’on danse un tango. Alternant rire et larmes, ce récit profondément humain aborde des thèmes délicats, tels que la maladie, la vieillesse, les relations intergénérationnelles, la solidarité et la famille, avec énormément de tendresse et beaucoup d’humour.

À l’instar de la saga BD « Les Vieux Fourneaux » de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet, vous refermerez cet ouvrage en ayant préféré passer beaucoup plus de temps en compagnie de ces petits vieux bien déterminés à ne pas se laisser faire !

Un coup de cœur !

Quand nos souvenirs viendront danser, Virginie Grimaldi, Fayard, 360 p., 18,50€

Si vous aimez Virginie Grimaldi, lisez également les romans de Marie Pavlenko (« Je suis ton soleil », « Un si petit oiseau »)  et d’Anna McPartlin (« Les derniers jours de Rabbit Hayes », « Du côté du bonheur ») !

Ils en parlent également : Andréa, Anouk, MarieJuju, Koryfée, CatherineElodie, Géraldine, MilieOrlane & booksCarnet Parisien, A la page des livres, Les pages qui tournentMes petits délices livresquesPetite étoile livresque, Flo & books, Emi lit, Entre deux livres, A touch of blue Marine, Mon rêve d’été, Nos livres et nos mots, Mes mots sur les leurs, Envolée de mots, Mon semblable mon frère, AuCoinBouquin, La petite maman dans la nurserie, Au chapitre, The story of Jo, Miss croq book, Bill et Marie

Søren Sveistrup – Octobre

Posted in Littérature with tags , on 22 mai 2019 by Yvan

Un coup de cœur scandinave !

Søren Sveistrup - OctobrePour son premier roman, le scénariste de l’excellente série « The Killing » frappe fort !

Octobre se déroule au Danemark, où le corps d’une femme est retrouvé amputé d’une main. En guise de signature, le tueur a laissé un petit bonhomme en marrons. Si cette tradition automnale scandinave abandonnée sur la scène de crime a de quoi surprendre, ce sont surtout les empreintes digitales d’une fillette disparue plus d’un an auparavant qui font froncer les sourcils des enquêteurs. Surtout que son ravisseur est déjà incarcéré et a même avoué le meurtre de cette pauvre gamine dont le corps n’a jamais été retrouvé…

Les deux policiers qui doivent tirer les marrons du feu de cette enquête délicate impliquant la ministre danoise des affaires sociales sont Mark Hess, un inspecteur d’Europol renvoyé à Copenhague pour raisons disciplinaires, et Naia Thulin, une jeune mère célibataire et ambitieuse qui souhaite quitter les homicides pour rejoindre le service d’élite spécialisé dans la cybercriminalité. Un duo de choc, pas forcément très motivé au départ, mais qui se retrouve très vite happé par l’enquête… tout comme le lecteur !

Il faut dire que Søren Sveistrup livre une intrigue particulièrement bien ficelée, qui tient en haleine pendant plus de 600 pages. En proposant des victimes sauvagement mutilées, mais sans tomber dans la surenchère du gore, un duo d’enquêteurs accrocheur, victime de pressions politiques et de luttes intestines, un meurtrier qui s’amuse à jouer au chat et à la souris et une intrigue parfaitement rythmée qui multiplie les rebondissements et les cliff-hangers, l’auteur livre un véritable sans-faute !

Un thriller danois digne des meilleurs polars de Jussi Adler-Olsen, qui devrait ravir les fans du « Chuchoteur » de Donato Carrisi ou de « Ragdoll » de Daniel Cole.

Octobre, Søren Sveistrup, Albin Michel, 640 p., 22,9 €

Ils en parlent également : SangpagesLire & courir, Anaïs, Addiction polar, Carolivre, Des plumes et des pinceaux, Girl kissed by fire, Bookflix & chill, Lysée, Eugénie, Une lectrice à Paris, Catcritick, Le blog des petits Piou, Thé & livres, L’atelier de Litote, Les lectures de Bill et Marie

Olivier Norek – Surface

Posted in Littérature with tags , on 15 mai 2019 by Yvan

Norek à la campagne !

Olivier Norek - SurfaceJ’avais déjà beaucoup aimé la trilogie d’Olivier Norek (Code 93, Territoires et Surtensions), mais depuis l’excellentissime « Entre deux mondes » chacun de ses romans est dorénavant condamné à atterrir au sommet de ma PAL.

Pour son nouveau polar, Olivier Norek délaisse non seulement la banlieue parisienne, mais également son enquêteur fétiche, le capitaine Victor Coste, ainsi que son équipe. Il invite en effet à suivre les pas de Noémie Chastain, capitaine de police qui se prend une balle en plein visage lors d’une intervention policière qui tourne mal. Complètement défigurée, elle ne peut malheureusement pas compter sur le soutien de sa hiérarchie et se retrouve sur une voie de garage au fin fond de l’Aveyron. Une France rurale qui lui réservera cependant quelques surprises…

Olivier Norek nous sert d’une part un véritable page-turner en faisant progressivement remonter quelques sombres secrets, profondément enfuis au sein de ce petit village à l’apparence si tranquille. Il dresse d’autre part le portrait profondément humain d’une femme obligée de se reconstruire, invitant le lecteur à regarder au-delà de la surface de cette gueule cassée, en partageant avec brio les sentiments et la souffrance de cette nouvelle héroïne foncièrement attachante.

Bref, une vieille affaire qui remonte à la surface, des chapitres courts et parfaitement rythmés, des dialogues parfaitement ciselés, énormément de réalisme et d’humanité… de quoi séduire tous les amateurs de bons polars !

Surface, Olivier Norek, Michel Lafon, 424 p., 19,95€

Ils en parlent également : EmOtionS, SybouletteMadameOurseMes Lectures du Dimanche, Au Fil de l’imaginaire, Le cygne noirSonia, BlandineAzilisJuju, Aude, Ibidouu, PaïkanneSangpages, Evasion polar, Addiction polarCollectif Polar, Lire & courir, Je lis et je raconte, Des plumes et des pinceaux, A la page des livresLe Nez dans les Bouquins, Songe d’une nuit d’étéGirl kissed by fire, Ma passion les livres, Un livre dans la poche, Petit pingouin vert, La papivore, BigmammyEntre deux livres, Black-Books

J.M. Erre – Qui a tué l’homme-homard ?

Posted in Littérature with tags , on 8 mai 2019 by Yvan

Un polar drôlement irrévérencieux !

J.M. Erre - Qui a tué l’homme-homard ?L’homme-homard dont il est question est issu du “freak show” d’un cirque itinérant, qui proposait notamment une femme à barbe, des sœurs siamoises, un homme-éléphant ou un homme-caoutchouc, et dont tous les membres se sont définitivement installés dans le petit village tranquille de Margoujols. Comme le monstre qui vient d’être retrouvé assassiné était détesté de tous les habitants, cela nous fait quasi 431 suspects…

Ce roman de J.M. Erre devrait tout d’abord ravir tous les amateurs de polars, qui y trouveront un bled perdu, un crime abominable, une enquête bien ficelée, du rythme, des rebondissements à la pelle et un twist final qui fonctionne à merveille ! Bref, un roman qui les tiendra en haleine jusqu’au bout !

Mais, ce roman atypique devrait également pouvoir plaire à ceux qui ont eu leur dose de polars, car ils y trouveront de l’originalité à revendre au niveau du style, au niveau des suspects et surtout au niveau de la narratrice. L’enquêtrice est en effet une tétraplégique contrainte à communiquer via un dispositif de synthèse vocale, qu’elle actionne de son seul doigt valide. Cette fan de polars pourvu d’un cynisme à toute épreuve démonte progressivement toutes les ficelles du genre en faisant preuve d’un humour on ne peut plus noir. Jouant avec les codes du polar et faisant preuve d’une répartie délicieusement irrévérencieuse, elle ne manquera pas de séduire ceux qui rêvent de se moquer du genre !

Un polar atypique, drôlement irrévérencieux et haletant, qui plaira aux amateurs de polars… et même aux autres lecteurs !

« Mon père m’a offert le même ordinateur que celui de l’astrophysicien Stephen Hawking, cloué dans un fauteuil à cause de la maladie de Charcot. Le gars explorait les trous noirs et perçait les mystères de l’univers alors qu’il n’arrivait même pas à se curer le nez. »

“émaciée, le regard fixe, la tête penchée sur le côté pour mieux me baver sur l’épaule. Car je bave. Beaucoup. Un des rares domaines dans lesquels je sois très productive. Je suis un monstre. Je vous avais avertis.”

« Moi, je ne pleure jamais. Atrophie du canal lacrymonasal. Pour compenser, je bave. On reste dans le domaine de la sécrétion, c’est l’essentiel. »

Qui a tué l’homme-homard ?, J.M. Erre, Buchet-Chastel, 368p., 19€

Ils en parlent également: Sophie, Lire & vous, Cornelia, Langageducoeur, Benoit ToccacieliBibliotheque de Bracieux, Page après page, Les cibles d’une lectrice « à visée » 

Pete Fromm – Lucy in the sky

Posted in Littérature with tags on 5 mai 2019 by Yvan

Il était une fois… l’adolescence !

Pete Fromm - Lucy in the skyMême si j’ai toujours été beaucoup plus fan des Rolling Stones que des Beatles, cela faisait tout de même un petit temps que le titre de ce roman de Pete Fromm me faisait de l’œil.

La Lucy dont il est question n’a que quatorze ans au début du livre et ressemble plus à un garçon qu’à une fille avec ses cheveux rasés à la tondeuse et son corps squelettique. Ballottée entre un père bûcheron itinérant trop souvent absent et une mère qui cherche surtout à combler sa propre solitude, Lucy Diamond se retrouve beaucoup trop souvent livrée à elle-même dans ce bled perdu du Montana dont seul le nom, Great Falls, sonne grandiose…

Avec « Lucy in the sky » Pete Fromm invite à suivre les pas d’une jeune ado qui doit non seulement apprendre à gérer le pouvoir de séduction que son corps changeant commence à exercer sur les garçons, mais également les émotions et les sentiments qui la tourmentent maintenant que son regard sur la vie et sur ses parents commence à changer. La justesse avec laquelle l’auteur parvient à se mettre dans la peau de cette adolescente en pleine éclosion au sein d’une famille en pleine implosion est assez impressionnante. Le cocktail de rébellion et de fragilité qu’il nous sert sur le chemin qui mène vers l’âge adulte s’avère parfaitement dosé et très vite enivrant !

Une très belle lecture, qui ne laisse pas indifférent… surtout quand on a une fille du même âge que Lucy à la maison !

Lucy in the sky, Pete Fromm, Gallmeister, 427p., 24€

Ils en parlent également: Les élucubrations de Fleur, Mumu dans le bocage, Charlotte Parlotte, A l’ombre des livres