Archive for the DIVERS Category

Sally Hepworth – La belle-mère

Posted in Littérature with tags , on 25 octobre 2020 by Yvan

Qui a tué la belle-mère ?

Sally Hepworth - La belle-mèreMelbourne – Un vendredi soir, deux policiers se présentent au domicile de Lucy et Ollie et leur apprennent le décès de Diana, la mère d’Ollie. Si la mort ressemble à un suicide, certains éléments suspects demandent tout de même une autopsie et une enquête…   

Ce roman qui se déroule entre passé et présent donne alternativement la parole à cette belle-fille qui espérait trouver en Diana une mère de substitution, et à cette belle-mère, qui est d’une part froide et intransigeante envers ses proches, mais qui se dévoue d’autre part corps et âme à une association d’aide aux réfugiés. Le principal attrait de ce thriller psychologique n’est donc sans doute pas l’enquête policière en elle-même, mais plutôt la psychologie des personnages et l’analyse des nombreuses relations familiales conflictuelles. 

En s’immisçant derrière les apparences de cette famille aux allures harmonieuses, Sally Hepworth dresse finalement le portrait d’une belle-mère que l’on a parfois envie de tuer… et parfois envie de comprendre ! 

Un roman australien construit de main de maitre, qui tient le lecteur en haleine et qui devrait plaire à ceux qui ne peuvent pas sentir leur belle-mère… mais également à ceux (beaucoup plus nombreux 🙂 ) qui l’adorent!

La belle-mère, Sally Hepworth, L’Archipel, 360 p., 21€

Ils en parlent également : Lord Arsenik, Maeve, Light & smile, Sangpages, SoniaLire et courir, Audrey, Les voyages de K, Valmyvoyou, En tournant les pages, Ma voix au chapitre, Anaïs, Carnet de lecture, Alohomora, Les rêveries d’Isis, Pat, Sam, Emi lit, Dans ma boîte aux livres, Imaginoire, Culture VSnews, La minute livres, Mes aventures livresques, La sorcière des mots, Un bouquin sinon rien, TchussPeaceKissLovaLova, Livres for fun, L’atelier de Litote

Amélie Antoine – Le jour où

Posted in Littérature with tags , on 18 octobre 2020 by Yvan

Le jour où… tout a basculé !

Amélie Antoine - Le jour où« Raisons obscures » étant l’un de mes plus gros coups de cœur de l’année dernière, je pouvais difficilement passer à côté de ce nouveau roman signé Amélie Antoine (« Quand on n’a que l’humour », « Sans elle »).

Le récit se déroule entre un passé qui nous emmène inexorablement vers ce jour où tout a basculé et un présent qui espère pouvoir nous ramener un jour vers la lumière. Le jour où est celui qui a tout détruit, ne laissant qu’un champ de ruines et effaçant toute perspective d’avenir. L’instant fatidique où l’avant laisse subitement la place à un après où la vie ne semble plus avoir aucun sens…   

Si l’entièreté du récit oscille autour d’une tragédie innommable, Amélie Antoine narre surtout la rencontre entre deux êtres cabossés par la vie qui se rencontrent dans un cimetière, lui, venant d’assister à un enterrement, elle, venue entretenir des tombes laissées à l’abandon. A l’inverse de Katarina Mazetti, qui avait tendance à en faire de trop dans « Le mec de la tombe d’à côté », nuisant finalement à la crédibilité des personnages et sombrant régulièrement dans un humour forcé, Amélie Antoine ne s’aventure pas dans une histoire d’amour improbable, mais démontre une nouvelle fois tout son talent à brosser des personnages plus vrais que nature et à décortiquer leurs sentiments avec grande justesse. S’apprivoisant au fil des pages et brisant progressivement ces carapaces qui faisaient barrière à toute forme de bonheur, les deux protagonistes finissent par entrevoir une infime lueur d’espoir…

L’intrigue n’a certes rien de révolutionnaire, mais comment ne pas s’attacher à ces deux protagonistes que l’on aimerait tellement voir heureux ? Comment ne pas croire à la beauté de cette lumière qu’ils ne peuvent pas encore voir dans la noirceur de cette nuit qui les enveloppe ? Comment résister à tourner les pages en espérant qu’ils puissent tourner la leur, cette page tellement sombre que plus rien ne semble pouvoir s’écrire dessus ?  

« Le jour où » est une belle histoire d’amour et de résilience, construite dans la noirceur, mais laissant entrevoir ce brin de lumière auquel il est tellement bon de s’accrocher, le tout emmené par la plume experte d’une autrice lilloise qui sait aller au plus profond de l’âme humaine…

Le jour où, Amélie Antoine, XO, 395 p., 19,90€ 

Ils en parlent également : EmOtionS, Maeve, Mes échappées livresques, SangPages, Koryfée, Laurence, Aude, Entre deux livres, Maman Nature, Imaginoire, Audrey, Lili, Petite étoile livresque, Stéph, Annick, Célittérature, Evasion polar, Mon rêve d’été, Nath, Julie

Noël Boudou – Benzos

Posted in Littérature with tags on 11 octobre 2020 by Yvan

Un cauchemar éveillé ?

Noël Boudou - BenzosNick Power se réjouit de pouvoir accueillir des amis de longue date pour le week-end afin de leur faire enfin visiter la région et de parler du bon vieux temps. Malheureusement, les retrouvailles ne se déroulent pas vraiment comme prévues. Ses amis sont-ils en cause ou est-ce lui qui divague à force d’ingurgiter des anxiolytiques et de l’alcool ?

Dès les premières pages, ce thriller psychologique invite à suivre la descente aux enfers d’un insomniaque accro aux benzodiazépines, « Benzos » pour les amis (d’où le titre). Ce récit à la première personne nous plonge immédiatement dans la tête de Nick, partageant non seulement sa souffrance et sa confusion, mais surtout son besoin de démêler le vrai du faux.

Loin de nous envoyer dans les bras de Morphée, l’écriture percutante et directe de Noël Boudou aura plutôt tendance à vous rendre accros à ce roman parfaitement rythmé. Si j’ai passé un bon moment de lecture, je regrette néanmoins l’abus de scènes de sexe un peu gratuites et quelques passages trop surprenants qui m’ont un peu empêché d’y croire totalement.

Benzos, Noël Boudou, Taurnada, 230 p., 9,99 €

Ils en parlent également : Lord ArsenikAnthony, Cannibal lecteur, SoniaLilou, MaVoixAuChapitreMes lectures du dimanche, VirginiePause polarsMaud, Ophélie, Un livre toujours, Mel, Nigrafolia, Claire, Sur ma table de nuit, Anaïs, 4bookine, Charlène, Collectif polar, Ju, Mademoiselle Cup of Tea, Annick, Revanbane, Le Papivore, Valmyvoyou lit, Le kilometre manquant, SandrineMlle Javotte Books, Pauline, Anne-Sophie, Les plumes noires, Let me entertain you, Evasion polar, Passion Cultur’All, Célittérature, Bouquins de poches en poches, Un bouquin sinon rien, Candice, Misery Bay

Grégoire Delacourt – Un jour viendra couleur d’orange

Posted in Littérature with tags , on 4 octobre 2020 by Yvan

Fresque sociale colorée !

Grégoire Delacourt - Un jour viendra couleur d’orangeAprès « Mon père », livre percutant proposant le face-à-face entre un prêtre accusé de viol et le père de l’enfant victime, l’auteur de « La Liste de mes envies » change totalement de registre. Derrière cet étrange titre, tiré d’un poème de Louis Aragon écrit en hommage au poète Federico Garcia Lorca, assassiné en 1936 au début de la Guerre d’Espagne par des miliciens franquiste, Grégoire Delacourt se nourrit de la colère des « Gilets Jaunes » pour peindre une fresque sociale en plusieurs couleurs.

Malgré cette couleur jaune en toile de fond, restituant le ras-le-bol de la France « d’en bas », l’auteur livre un message d’espoir, plein de tendresse et de poésie, emmené par des personnages hauts en couleurs que l’on quitte avec regret. Le plus attachant est indéniablement Geoffrey, un autiste surdoué de treize ans qui ne supporte aucun contact physique et multiplie les crises. Il y a ensuite Pierre, son père, vigile à mi-temps dans un supermarché, qui incarne les frustrations et la colère du peuple. Pour compenser les faiblesses de ce père, il y a Louise, sa femme, mère aimante et infirmière dévouée dans un service de soins palliatifs.

« Un jour viendra couleur d’orange » est aussi une histoire d’amour entre ce gamin emprisonné dans un monde de chiffres et de couleurs et Djamila, une maghrébine de quinze ans à la peau caramel et aux yeux vert Véronèse, que ses frères cherchent à emprisonner dans un islam radical. Si chacun détient la clé pour libérer l’autre, ils peuvent également compter sur Hagop l’arménien, ermite forestier, dont la cabane au fond des bois fait penser à celle de Francis Cabrel… celle qui invite à faire soi-même le mélange des couleurs.

« Tout le monde le sait, un groupe humain se constitue par l’exclusion d’une ou plusieurs personnes. Un groupe d’élèves c’est pareil. Ainsi les amitiés se façonnent-elles sur le dos d’un gros, d’une grosse, d’un moche, d’une moche, d’un bigleux, d’une bigleuse, d’un étranger, d’une étrangère. »

Collant à l’actualité sociale et abordant des thèmes forts, tels que le harcèlement, le racisme, la différence, la précarité, l’injustice sociale, la mort et l’amour, Grégoire Delacourt livre un récit profondément humain, ainsi qu’un texte poétique de toute beauté.

Un jour viendra couleur d’orange, Grégoire Delacourt, Grasset, 272 p., 19,50€

Ils en parlent également : Folavril, Entre deux livres, Aude, Matatoune, Nath, Eve-Yeshé, Ceciloule, Koryfée, Knut, Lili, Les voyages de K, Margaux, Eirine, Nath, Michel, Mélanie, Nuit de livres, Delcyfaro, L’homme qui lit, Autour des livres

Tiffany McDaniel – Betty

Posted in Littérature with tags , on 27 septembre 2020 by Yvan

La petite guerrière indienne !

Tiffany McDaniel - BettyDans ce roman de 720 pages, qui a remporté le prix Fnac 2020, Tiffany McDaniel s’inspire de la vie de sa mère, pour livrer une fresque familiale poignante.

Si Betty Carpenter est née en 1954 dans une « baignoire vide à pieds de griffon », le récit débute par la rencontre de ses parents, un Cherokee bienveillant à la peau sombre et une Blanche psychologiquement instable, dans un cimetière. Une romance qui débute dans un lieu pour le moins incongru et qui se termine avec une fratrie de huit enfants dans une maison en ruine, et que l’on prétend maudite, dans un bled perdu du sud-est de l’Ohio. Malgré les drames familiaux qui empoisonnent son quotidien et les humiliations qu’elle subit à l’école à cause de sa couleur de peau métissée et de la classe sociale dont elle est issue, Betty se raccroche aux histoires inventées par son père, qui lui permettent d’échapper à la réalité, tout en enterrant ses traumatismes dans un bocal vide au fond du jardin… en espérant qu’ils disparaissent à tout jamais.

« Betty » est l’histoire d’un passage à l’âge adulte dans une bourgade rurale américaine des années 60-70. Une enfance rendue difficile par un teint mat stigmatisé et par un contexte familial douloureux, à une époque où le simple fait de naître « fille » suffisait déjà à vous condamner à vie. En invitant à suivre les pas de cette gamine courageuse, à la fois héroïne et narratrice du récit, ce roman se veut également foncièrement féministe, à l’image de ce pantalon que Betty décide d’un jour mettre à l’école, revendiquant l’égalité des sexes… ne fût-ce que vestimentaire.

Malgré des thèmes sombres, tels que le racisme, le suicide, le viol, l’inceste, le handicap, la dépression, le harcèlement et la pauvreté, cette saga familiale se veut néanmoins lumineuse et poétique. Au cœur de cette noirceur et de cette famille dysfonctionnelle, Betty peut en effet se raccrocher à l’amour inconditionnel de son père. Ce dernier lui transmet non seulement un héritage culturel rempli de bon sens et de respect de la nature, mais il trouve surtout toujours les mots adéquats pour soigner ses maux. Inventant des mythes d’une beauté exceptionnelle, il parvient à embellir la réalité, plongeant le lecteur dans un monde poétique et fantastique, le tout rehaussé par la prose élégante et très imagée d’une autrice américaine qui parsème ce bijou littéraire de métaphores puissantes !

Une héroïne inoubliable, qui ne manquera pas d’aller rejoindre Turtle (« My absolute darling »), Lucy (« Lucy in the sky »), Nellll et Eva (« Dans la forêt »), Tracy (« Sauvage ») ou la petite Kya (« Là où chantent les écrevisses »).

Betty, Tiffany McDaniel, Gallmeister, 720 p., 26,40 €

Ils en parlent également: Mes échappées livresques, Au fil des livres, Charlotte, Aude, Revanbane, Aurélie, Monica, Malicia, Charlotte, Anita, Books moods and more, Coraline, Librairie L’Odyssée, Librairie St-Christophe, L’ombre des motsThe Eden of BooksAudrey, OphélieEmOtionS, Le livre d’aprèsPlumes et pages

Sébastien Spitzer – La Fièvre

Posted in Littérature, Maladie with tags , on 20 septembre 2020 by Yvan

L’écho du passé !

Sébastien Spitzer – La FièvreAyant adoré « Ces rêves qu’on piétine », qui abordait les derniers jours du régime nazi sous un angle original et intéressant, je n’ai pas hésité à lire ce nouveau roman de Sébastien Spitzer qui fait étonnamment écho à l’actualité du moment !

Comme il l’explique dans sa postface, le sujet du roman lui est venu en essayant de découvrir l’origine du fou-rire particulièrement contagieux d’Elvis Presley lors d’un de ses concerts. Si je vous invite à découvrir cette performance live du King que le regretté Eric Laforge adorait passer le matin sur Classic21, me mettant chaque fois de très bonne humeur, Sébastien Spitzer s’est néanmoins très vite éloigné de sa quête initiale. Scrutant la vie d’Elvis, il est finalement tombé à Memphis… logique… mais en 1878 !

Du coup, l’auteur nous plonge à la fin du dix-neuvième siècle, quelques années après la fin de la Guerre de Sécession et l’abolition de l’esclavage, à l’aube de l’apparition de cette mystérieuse épidémie de fièvre jaune, qui a en grande partie décimé cette ville portuaire qui verra naître le célèbre roi du rock’n’roll des années plus tard. Si le thème principal évoqué par le titre du roman fait inévitablement écho à la pandémie de Covid19 qui sévit actuellement, la scène d’ouverture donnera cependant envie de mettre un genou à terre en levant le poing bien haut. Le fond historique prend en effet soin de nous rappeler que la libération des esclaves en 1965 n’était pas forcément du goût du KKK et de la plupart des gens du Sud… #BlackLivesMatter

Outre une histoire basée sur des faits réels et des thèmes forts et extrêmement actuels, Sébastien Spitzer donne surtout vie à des personnages qui insufflent énormément d’humanité au récit. De la petite Emmy, métisse épileptique à la recherche de son père, au directeur raciste du journal local, en passant par l’attachante Anne Cook, tenancière du plus beau bordel de la ville, le lecteur suit des personnages confrontés à une épidémie qui sème non seulement la mort et la panique, mais qui révèle surtout progressivement le pire et le meilleur de l’humanité…

Ce très bon roman démontre une nouvelle fois l’incroyable capacité de cet auteur à faire renaître le passé à travers des personnages parfaitement ciselés !

La Fièvre, Sébastien Spitzer, Albin Michel, 320 p., 19,90€

Ils en parlent également: La culture dans tous ses états, Charlotte, Sonia, Anouk, My pretty books, Koryfée, Julie, Tours & culture, Knut, Un livre après l’autre, Ophélie, Envie de partager les livres, Brice, Page après page, Des plumes et des livres, Valmyvoyou litNath

Marie Pavlenko – Et le désert disparaîtra

Posted in Littérature, Marie Pavlenko with tags , on 13 septembre 2020 by Yvan

How dare you !

Marie Pavlenko – Et le désert disparaîtraAprès « Je suis ton soleil » et « Un si petit oiseau », deux immenses coups de cœur, Marie Pavlenko change radicalement de registre en nous emmenant dans un monde post-apocalyptique où le désert recouvre la Terre entière.

Au cœur d’une tribu de nomades, où les hommes chassent les derniers arbres pour les échanger contre des vivres, le lecteur est invité à suivre les pas de Samaa, une jeune fille rebelle de douze ans qui rêve de de faire partie des chasseurs… tâche réservée uniquement aux hommes. A force d’enfreindre les règles, Samaa va finir par faire une étrange découverte qui ébranlera ses certitudes et changera totalement sa vision du monde !

« Et le désert disparaîtra » est non seulement un roman initiatique féministe, mais surtout une fable écologique, onirique et contemplative qui invite à réfléchir au lien qui nous lie à la nature et qui ne plaira pas uniquement à Greta Thunberg.

Et le désert disparaîtra, Marie Pavlenko, Flammarion, 240 p., 14€

Ils en parlent également : Mathilde, Marion, Marie, Lilie, Virginie, Amindara, Mademoizelle Virgule, Alexiane, Emma, Coco, Audrey, Cécile, Gaëlle, Au coin de l’âtre, Au bordel culturel, Entre les pages, Gaëlle, Milleca, Arcanes ouvertes, Alix, Shazia, Meg, Agnes, Anaaklusmos, Chloé, Val, Quitterie, Nuit de livres, Célia, La ménagerie du livre, Eléonore, BookMotion, Naurile, Tribulations culturelles de Loup, Les pages qui tournent