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Henri Loevenbruck – Le Loup des Cordeliers

Posted in Heni Loevenbruck, Littérature with tags on 23 février 2020 by Yvan

Attention, c’est un Tome 1 !

Henri Loevenbruck - Le Loup des Cordeliers« Le loup des Cordeliers » plonge le lecteur dans les rues de Paris en mai 1789, aux prémices de la révolution française. Au milieu de ce peuple qui grogne, la police retrouve régulièrement des cadavres avec un étrange symbole gravé sur le front. Ces morts seraient l’œuvre d’un justicier masqué, accompagné d’un loup féroce, qui arpente les rues de Paris afin de protéger les femmes victimes d’agressions. Gabriel Joly, jeune journaliste fraîchement arrivé à la capitale, semble bien déterminé à relater cette révolte populaire, tout en essayant de démasquer le Loup des Cordeliers…

De la naissance de l’Assemblée Nationale à la prise de la Bastille, Henri Loevenbruck s’amuse à vulgariser un fond historique qui ne me bottait pourtant pas trop à la base, tout en s’autorisant quelques libertés, au service de ce roman policier parsemé de complots, d’amour, de capes et d’épées. S’appropriant les personnages historiques de l’époque, de Danton à Louis XVI, en passant par Robespierre, Desmoulins, Mirabeau ou Marie-Antoinette, Henri Loevenbruck démontre une nouvelle fois sa capacité à proposer des personnages particulièrement travaillés et attachants. Les personnages fictifs ne sont pas en reste, permettant à l’auteur de livrer un récit prenant et quelques personnages inoubliables, allant de la flamboyante Anne-Josèphe Terwagne au pirate nommé Récif, en passant par Gabriel Joly, l’enquêteur de service aux allures de Sherlock Holmes.

À l’instar de Luca Di Fulvio, Henri Loevenbruck (« Nous rêvions juste de liberté », « J’irai tuer pour vous ») s’avère être un narrateur hors pair, capable de passer d’un univers à l’autre, tout en sachant happer le lecteur en proposant une écriture fluide et des personnages attachants. Si j’ai adoré ce roman, je regrette cependant les deux mots qui concluent cette brique de 560 pages : « A SUIVRE… ». Franchement, même si l’on découvre finalement l’identité du Loup des Cordeliers, cette conclusion laisse tout de même un goût solidement amer…

Si j’ai passé un excellent moment de lecture, je me dois néanmoins de conclure cet avis par une citation historique afin d’exprimer ma frustration finale : « Non mais, allô quoi ! »

Le Loup des Cordeliers, Henri Loevenbruck, XO Éditions, 560 p., 21,90€

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Alejandro Palomas – Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins

Posted in Littérature with tags , , on 16 février 2020 by Yvan

Supercalifragilisticexpialidocious !

Alejandro Palomas - Le petit garçon qui voulait être Mary PoppinsLe précédent roman d’Alejandro Palomas (« Une mère ») m’ayant déjà fait de l’œil, je n’ai pas mis longtemps à repérer celui-ci. Face à un titre tellement intriguant et une couverture aussi sublime, je n’ai pas su résister plus longtemps à l’envie de découvrir cet auteur espagnol.

« Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins » raconte l’histoire d’un petit garçon de neuf ans hypersensible, solitaire et différent des autres, qui voue une passion sans bornes à Mary Poppins. Derrière le sourire de ce gamin débordant d’imagination se cache néanmoins beaucoup de tristesse et une blessure bien profonde…

Dans ce roman choral qui donne à tour de rôle la parole aux différents protagonistes de l’intrigue, Alejandro Palomas a surtout la bonne idée de donner la parole à un enfant, auquel le lecteur s’attache immédiatement. Au fil des pages, toutes les pièces du puzzle se mettent en place, dévoilant progressivement la partie immergée de cet iceberg, dissimulée derrière un imaginaire fertile, que le pauvre gamin utilise afin d’échapper à une réalité beaucoup trop douloureuse…

Alejandro Palomas propose une fable moderne, toute simple, émouvante, sombre et tendre à la fois… un peu de poésie dans ce monde de brutes ! Une fois le livre refermé, force est d’ailleurs de constater que la magie a opéré ! Supercalifragilisticexpialidocious !

Coup de cœur !

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins, Alejandro Palomas, Cherche Midi, 224 p., 20€

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Anonyme – Le livre sans nom (Bourbon Kid Tome 1)

Posted in Littérature with tags , on 9 février 2020 by Yvan

Totalement débile et jubilatoire !

Anonyme - Le livre sans nomJe ne connaissais pas le « Bourbon Kid » et en repérant un roman intitulé « Que le Diable l’emporte », je ne savais donc pas qu’il s’agissait d’un huitième tome et qu’il valait mieux commencer par le premier volet de la série pour ne pas être largué. Je suis donc vite parti à la recherche de ce roman dont je n’ai (pour une fois) eu aucun mal à retenir le nom de l’auteur (Anonyme) ou le titre (« Le Livre sans nom »).

Ce bouquin pour le moins intriguant propulse le lecteur à Santa Mondega, un bled pourri fréquenté par les pires raclures de la planète. Tout débute au « Tapioca », le bar du coin, où l’ami Sanchez s’amuse à servir de la pisse à tous les clients qu’il n’aime pas… et autant prévenir directement : le garçon n’aime personne ! L’ambiance y est particulièrement tendue et au moindre regard de travers, les murs sont immédiatement repeints à l’hémoglobine et les cadavres empilés sur plusieurs couches. Alors, quand c’est le Bourbon Kid, responsable d’un véritable carnage qui a décimé la moitié de la population il y a cinq ans de cela, qui entre dans le bar… il vaut peut-être mieux prendre ses jambes à son cou.

Ce « Livre sans nom » est de la série B avec un B majuscule, un véritable hommage au cinéma Grindhouse des années 60-70, qui s’inspire du concept de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez pour leur diptyque Boulevard de la mort (Death Proof) / Planète terreur (Planet Terror). Je n’ai encore jamais lu de roman dans le même genre, mais au niveau bande dessinée/comics, cela m’a fait penser à un mélange entre « Doggybags » et l’incontournable « Preacher ».

Le lecteur a donc droit à de la violence gratuite et à du second degré à profusion, le tout servi à un rythme endiablé. De l’alcool, des bagarres, des meurtres sordides, un serial killer, des tueurs à gages, deux moines férus d’arts martiaux, quelques vampires, un agent spécialiste du surnaturel dépêché sur place par le gouvernement et une bombasse amnésique quasi indestructible sont au rendez-vous de cette lecture totalement déjantée et absolument jubilatoire !

Le livre sans nom, Anonyme, Sonatine, 461 p., 8,40€

Ils en parlent également : Mes mots sur les leursAddiction polar, Wookiko, Mes aventures livresques, Je me livre, Koko, Ma toute petite culture, Lord Arsenik

Elly Griffiths – Le Journal de Claire Cassidy

Posted in Littérature with tags on 2 février 2020 by Yvan

Un bon petit polar, très british !

Elly Griffiths - Le Journal de Claire CassidyClaire Cassidy, enseignante en littérature anglaise à Talgarth High, est passionnée par le nouvelliste R.M. Holland, dont l’ancien bureau se situe d’ailleurs toujours à l’étage de l’ancienne partie du collège. Quand une de ses collègues est assassinée et qu’une citation faisant référence au mystérieux auteur est retrouvée sur les lieux du crime, Claire se retrouve bien malgré elle au cœur de l’enquête…

« Le Journal de Claire Cassidy » plonge immédiatement le lecteur dans une ambiance victorienne très brumeuse. Cette atmosphère très british est renforcée par les nombreuses références littéraires et par l’intégration d’une nouvelle de R.M. Holland au récit, qui insuffle une petite touche fantomatique sans pour autant plonger l’intrigue dans le surnaturel. Bref, un polar à lire dans un cottage anglais au coin du feu !

La narration qui alterne avec brio les points de vue de Claire, de sa fille et du lieutenant chargé de l’enquête entraîne certes quelques redondances, mais fonctionne finalement à merveille. Outre une intrigue parfaitement menée et particulièrement prenante, le lecteur a également droit à une brochette de personnages très attachants et un contexte littéraire très plaisant.

Bref, un bon petit polar, très british !

Le Journal de Claire Cassidy, Elly Griffiths, Hugo Roman, 444p., 19,95€

Ils en parlent également : AudreyEncore un livreLire et courir, Mélissa, Je me livre, Notre passion au fil des pagesLire la nuit ou pas, Les horizons livresques d’Isa et Do, Mes aventures livresques, Les lubies de Fifi, L’imaginarium de Clémy-PikaCulture VSnewsEvasion polarCollectif polar, Jess, Page après page, Mes petits bonheurs, LucioleDelph

Vanessa Springora – Le Consentement

Posted in Littérature with tags , on 26 janvier 2020 by Yvan

Un prédateur, enfermé dans un livre !

Vanessa Springora - Le Consentement« Le Consentement » est le récit autobiographique d’une auteure dont l’adolescence a été volée par un prédateur sexuel de cinquante ans. Au milieu des années quatre-vingt, Gabriel Matzneff, écrivain récompensé du prix Renaudot et pédophile notoire, jette son dévolu sur une gamine de quatorze ans en mal d’amour et de reconnaissance. Il ira même jusqu’à édulcorer cette liaison totalement malsaine dans ses romans, dissimulant ainsi les blessures de sa victime sous une plume mensongère, tout en jetant sa victime en pâture aux lecteurs. En couchant son calvaire sur papier, Vanessa Springora se ré-approprie non seulement sa propre histoire, mais elle enferme par la même occasion cet infâme prédateur dans un livre que j’invite tout le monde à lire !

« Le Consentement » n’est donc pas une histoire d’amour, mais un témoignage autobiographique décrivant avec précision le mécanisme de l’emprise psychologique de cet écrivain de renom sur une adolescente fragilisée par la vie, ainsi que le processus de victimisation de cette dernière. « Le Consentement » est la description d’une relation déséquilibrée et infecte entre une fillette qui doit encore découvrir son corps et un pervers habitué à voyager en Malaisie pour avoir des relations sexuelles avec des petits garçons. « Le Consentement » évoque également la complaisance d’un milieu littéraire qui ferme non seulement les yeux sur cette liaison connue de tous, mais qui ira même jusqu’à lancer des appels à la révision du Code pénal afin de dépénaliser les relations sexuelles avec des mineur(e)s.

« Le Consentement » c’est surtout le courage d’une auteure qui, après tant d’années de souffrance morale et avec le recul nécessaire, décide de se livrer avec pudeur et sincérité, livrant un texte poignant et particulièrement bien écrit, se servant ainsi de la même arme que celui qui a brisé sa vie…

Je vous invite vivement à utiliser cette arme !

Le Consentement, Vanessa Spingora, Grasset, 216 p., 18€

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Et également un grand bravo à Denise Bombardier:

Mattias Köping – Le Manufacturier

Posted in Littérature with tags , on 19 janvier 2020 by Yvan

Une horreur… dont seul le lecteur sort gagnant !

Mattias Köping - Le ManufacturierCe livre me tentait depuis belle lurette (tout comme « Les Démoniaques », le précédent roman de l’auteur d’ailleurs), mais comme il n’est pas disponible en format E-book, j’ai mis un peu plus de temps à franchir le pas. Retour à la bonne vieille version papyrus donc, pour cette belle brique qui m’aura gardé éveillé la nuit… tout en me musclant les biceps. Il faudrait d’ailleurs vraiment que l’éditeur face un petit effort pour passer au numérique afin de préserver les pauvres lecteurs qui ne savent plus soulever une brindille sans se démettre le dos et qui ne parviennent plus à lire au-delà de la deuxième ligne des échelles Monoyer chez l’ophtalmologue. Mais bon, c’est une autre discussion et j’ai finalement survécu car quand on est vraiment accro, peu importe le flacon… pourvu qu’on ait l’ivresse… et c’est effectivement une lecture dont je suis ressorti totalement chancelant…

« Le Manufacturier » c’est un psychopathe qui vend les vidéos de ses massacres sur le Dark Web. C’est aussi un gamin qui a miraculeusement survécu au massacre de sa famille dans un petit village de Croatie en novembre 1991 et qui cherche dorénavant à retrouver les coupables. C’est également un flic du Havre qui ne respecte rien ni personne pour arriver à ses fins…

Si vous ouvrez « Le Manufacturier », ranger d’abord Casimir, Charles Ingalls et Jacques Martin dans un recoin bien éloigné de votre cerveau car dans l’univers de Mattias Köping personne ne sort gagnant, la petite maison dans la prairie a cramé avec tous ses occupants dedans, les enfants sont loin d’être heureux et les monstres sont tout sauf gentils. L’auteur importe en effet toutes les horreurs du conflit serbo-croate au cœur d’une vengeance sanguinaire qui ravive toute la haine et les blessures entre les peuples slaves, le tout saupoudré des pires vices du Dark Web et d’une bonne dose de corruption policière.

Génocides, tortures, viols, pédophilie, meurtres en série, prostitution, trafic d’êtres humains, corruption, drogue, mafia et crimes de guerre, Mattias Köping n’épargne rien ni personne et propose un polar d’une violence inouïe, qui plonge dans les méandres les plus sombres de la folie humaine. De très nombreuses scènes sont d’un sadisme ahurissant et souvent proches de l’insoutenable. Pour couronner le tout, l’auteur nous sert également une belle brochette de crapules en tout genre. Les âmes sensibles peuvent donc s’abstenir…

Mais, mon but n’est évidemment pas d’effrayer le chaland car ce pavé est un véritable page-turner, que j’ai dévoré en seulement quelques jours. Multipliant les lieux et les personnages, Mattias Köping développe plusieurs récits en parallèle, qui s’entrecroisent et s’imbriquent à merveille au fil des pages. De plus, à l’aide de chapitres courts et d’un style percutant qui contribue également à vous mettre KO, il parvient à insuffler un rythme incroyable à l’ensemble !

Une grosse claque !

Le Manufacturier, Mattias Köping, Ring, 548 p., 21,90€

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Clarence Pitz – Ineffaçables

Posted in Littérature with tags , , on 12 janvier 2020 by Yvan

Quand Bruxelles bruxellait !

Clarence Pitz – IneffaçablesMais comment ai-je pu louper la sortie de cet excellent polar qui, à l’instar de « Jeux de mains », se déroule quasiment dans mon jardin ? Heureusement que je peux compter sur mes collègues blogueurs pour éviter de passer à côté de petites pépites comme celle-ci. En l’occurrence, il me faut donc remercier le blog de Sangpages, qui a eu la bonne idée de mettre ce deuxième roman de l’auteure belge dans son bilan de 2019.

« Ineffaçables » démarre donc à Bruxelles, en 2016, au lendemain d’une vague d’attentats qui a mis la capitale sous tension et les forces de l’ordre sur les rotules. Ces derniers doivent cependant prévoir un bon stock de Red Bull car des fresques à caractère pornographique commencent à fleurir sur les murs de Bruxelles, tandis qu’en parallèle, une série de crimes particulièrement pervers sont commis quasi simultanément. Même Virgile Plisson, flic infirme relégué au placard, doit reprendre du service…

Utiliser un fait divers véridique, celui des fresques clandestines de Bruxelles, comme fil rouge d’un roman policier multipliant des meurtres liés à ces peintures murales, est une excellente idée car ce jeu de piste permet à Clarence Pitz de nous balader dans les quartiers populaires de la capitale. J’ai adoré me promener dans les rues de Bruxelles et croiser certains repères estudiantins qui ont animé ma jeunesse (Le Gauguin, la Jefke, la Marie Galante, …), surtout que depuis l’instauration du piétonnier je n’y vais quasiment plus.

Si la ville est quasiment un personnage à part entière, les autres protagonistes ne sont pas en reste. De l’inspecteur principal Karel Jacobs et ses problèmes personnels à cette adorable Monique qui promène son chien, en passant par la courageuse Samira (qui n’aura pas uniquement conquis le cœur de Vigile), l’auteure dresse le portrait de personnages plus vrais que nature et envers lesquels j’ai éprouvé énormément d’empathie.

Outre un cadre d’une grande richesse et des personnages extrêmement attachants, Clarence Pitz livre également un thriller parfaitement rythmé, parsemé d’humour, de références culturelles et d’expressions croustillantes bien de chez nous, que j’ai dévoré en moins de deux jours.

Bref, un roman coup de cœur qui me donne non seulement envie d’aller me dégourdir les jambes à Bruxelles, mais également de découvrir son premier roman « La parole du Chacal ».

Si tu ne sautes pas (sur ce livre), tu n’es pas Bruxellois !

Ineffaçables, Clarence Pitz, Editions Nouvelle Bibiliothèque, 510 p., 24€

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