Archive for the Antoine Ozanam Category

Antoine Ozanam et Mikkel Sommer – Burn out

Posted in Antoine Ozanam, BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Casterman, Franco-Belge, KSTR, One-shots, [DL 2014], [Grand public] with tags on 28 mai 2014 by Yvan

Descente aux enfers d’un flic quadragénaire !

Antoine Ozanam et Mikkel Sommer - Burn outEn invitant à suivre la descente aux enfers d’un flic quadragénaire qui menait jusque là une vie pépère entre ses parties de pêche et de jambes en l’air avec sa maîtresse, Antoine Ozanam livre à nouveau un polar parfaitement huilé au sein de cette collection KSTR des éditions Casterman.

La vie du policier bascule lorsque sa maîtresse est retrouvée assassinée. Si l’été est particulièrement caniculaire à Reno, Nevada, c’est surtout le brave Ethan Korashi qui commence à avoir chaud. Il se retrouve non seulement principal suspect du meurtre de sa maîtresse, mais comme si cela ne suffisait pas, le pauvre bonhomme ne dispose que d’une marge de manœuvre limitée en ayant pour collègue son beau-frère et pour patron son beau-père. Et oui… jusqu’au cou !

L’acteur principal de ce polar sombre, qui livre quelques personnages très charismatiques, est donc ce policier qui sent progressivement les mailles du filet se refermer sur lui, sans parvenir à deviner d’où vient le danger. Rattrapé par son passé, piégé par un sort qui semble s’acharner contre lui, il se retrouve complètement dépassé par cette enquête policière qui pourrait finalement bien être sa dernière.

Entretenant le suspense jusqu’à la dernière page, Antoine Ozanam livre une intrigue parfaitement huilée. Multipliant les retours en arrière et maniant avec brio une voix-off qui nous rapproche encore un peu plus de la détresse du personnage, il mène le lecteur par le bout du nez. Si les ficelles de cette intrigue policière rondement menée ont déjà été usées jusqu’à la corde, la véritable surprise de cet album vient du dessin. Réputée pour dévoiler de jeunes auteurs talentueux, la collection KSTR nous fait en effet découvrir un dessinateur danois talentueux. D’un graphisme surprenant et très personnel, Mikkel Sommer impose son style au fil des pages et livre des planches qui accompagnent avec brio ce polar efficace à l’ambiance étouffante.

Un très bon one-shot !

bd du mercredi Allez découvrir les autres BDs du mercredi sur le blog de Mango !
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Antoine Ozanam et Antoine Carrion – Temudjin

Posted in Antoine Ozanam, BANDES DESSINÉES, Daniel Maghen, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2013] with tags , on 18 juin 2013 by Yvan

Sur les traces du grand Gengis Khan !

Antoine Ozanam et Antoine Carrion - TemudjinAntoine Ozanam est un auteur très prolifique que j’apprécie particulièrement et je vous invite d’ailleurs vivement à lire We are the nightLe roi banalL’amourir ou ce « Temudjin », qui s’ajoute à la longue liste de très bons récits produits par le scénariste.

Ce one-shot raconte le parcours initiatique d’un enfant né de l’étreinte d’une mortelle avec l’esprit-loup de la forêt. Prénommé Temudjin par un chaman ayant entrevu l’incroyable destinée de cet être capable de maîtriser les esprits des défunts et de visiter l’entre-monde, le jeune garçon est l’élu qui unifiera les clans mongols déchirés par les luttes intestines, pour bâtir un formidable Empire…tout comme un certain Gengis Khan !

Antoine Ozanam revisite l’enfance du fondateur de l’empire mongol au début du XIIIe siècle au sein d’une fable initiatique intemporelle et onirique. S’emparant de la figure de Gengis Khan et s’appropriant sa légende, l’auteur propose l’histoire d’un homme dont le destin semble tracé d’avance et invite à réfléchir sur la prédestination.

« Maintenant, il est libre, il choisira sa route. »

Se déroulant dans des steppes mongoles situées hors du temps, l’histoire plonge le lecteur au sein d’un univers onirique, mêlant Histoire et légende et saupoudré de fantastique. La narration vogue d’ailleurs allègrement entre la réalité et l’univers de l’esprit de la Terre-Mère, plongeant le récit aux frontières du réel. Le dessin fin et semi-réaliste d’Antoine Carrion s’installe d’ailleurs au diapason de cette ambiance hypnotique dès la couverture. Déjà associé à Antoine Ozanam sur « L’ombre Blanche », le dessinateur livre ici un travail remarquable.

Mon seul regret vient de cette fin ouverte et légèrement frustrante, qu’un faux cahier graphique faisant office de véritable fin parvient presque à faire oublier…

Ils en parlent également : Madoka

Antoine Ozanam – Les âmes sèches

Posted in Antoine Ozanam, Auteurs à découvrir, BANDES DESSINÉES, Casterman, Franco-Belge, KSTR, Trilogies, [Accessible], [DL 2011] with tags on 21 mai 2011 by Yvan

À la poursuite du Mal !

Antoine Ozanam - Les âmes sèchesFervents adeptes du one-shot, Antoine Ozanam et le label KSTR proposent cette fois une série en trois tomes. « Les âmes sèches » est une trilogie dessinée par trois auteurs différents et dont les tomes sont parus à quelques semaines d’intervalle.

L’intrigue de ce premier volet, qui se déroule au début du vingtième siècle, non loin de San Francisco, invite à suivre l’histoire de Conrad Horswooth, un jeune homme qui entre au service de Lord Fairchild, un bourgeois dont le fils, atteint d’une mystérieuse maladie, est maintenu en quarantaine. Au programme de ce récit qui mêle fantastique et polar : un manoir rempli de mystères et de secrets familiaux, une cabane isolée au fond du domaine, où s’est retirée une femme (Pandora) souffrant d’un étrange mal, mais surtout un jeune homme fort curieux et à l’âme romantique, qui, tout comme le lecteur, cherche à connaître le fin mot de toutes ces énigmes.

C’est le frère de Conrad qui, par le biais de lettres qu’il a reçu, nous raconte cette étrange histoire qui mêle histoire d’amour, malédictions, sciences occultes, malheurs familiaux et pouvoirs occultes. Une longue narration en voix-off qui s’avère un brin trop lente et parfois légèrement redondante, mais qui au final, parvient à tenir le lecteur en haleine jusqu’au final très surprenant de cette très bonne mise en place.

Au niveau du graphisme, Alberto Pagliaro livre de l’excellent travail. À l’aide d’un dessin torturé et d’une colorisation adéquate (mais peut-être parfois un peu trop sombre), il installe une ambiance horrifique très efficace. Ses planches mêlant réalité et fantastique, lors de manifestations maléfiques, sont une belle réussite et permettent d’imbiber ces événements étranges d’une certaine crédibilité.

Un excellent tome de mise en place, parfois un peu lent, mais riche en rebondissements et servi par une ambiance envoûtante très efficace.

Antoine Ozanam - Les âmes sèchesLe deuxième tome de cette trilogie débute treize ans après la fin du premier volet, en compagnie d’Israël Horswooth.

C’est à nouveau le frère de Conrad Horswooth qui alimente cette longue narration en voix-off, mais il ne s’attèle plus à raconter les péripéties de son frère, mais bel et bien sa propre aventure. Antoine Ozanam délaisse en effet le sinistre manoir pour proposer un road-movie aux allures de western, racontant la quête d’Israël, lancé à la poursuite du Mal et de toutes forces occultes. Ce voyage solitaire parsemé d’embûches et de surprises, permet de faire plus ample connaissance avec le narrateur du premier tome. C’est avec grand intérêt que le lecteur suit le parcours de cet homme qui affronte les manifestations maléfiques qui tourmentent les gens qu’il croise, mais qui doit également affronter ses propres démons. Le rythme est légèrement plus soutenu que lors de la mise en place et le suspense monte en puissance jusqu’à ce final qui donne une nouvelle fois envie de vite découvrir la suite.

Au niveau du graphisme, le dessin de Connor Willumsen est légèrement moins hachuré et moins séduisant que celui d’Alberto Pagliaro, mais la transition entre ces deux styles qui opèrent dans le même registre est finalement assez fluide. Le changement radical de décor et le renouvellement du casting sont d’ailleurs là pour faciliter la transition graphique entre les deux dessinateurs. Et au niveau de l’atmosphère, le lecteur ressort une nouvelle fois ravi de cette lecture.

Antoine Ozanam - Les âmes sèchesAprès la chasse au Mal du tome précédent, le lecteur a tout d’abord droit à la confrontation tant attendue entre Israël Horswooth et Pandora. Si le début de la confrontation tient toutes ses promesses et propulse le narrateur de cette saga au cœur même du monde de sa maléfique opposante, la suite devient malheureusement plus brouillonne. En mêlant dimensions parallèles, ectoplasmes, doubles/reflets, changements d’époque et failles temporelles, Antoine Ozanam semble vouloir en faire de trop et, si Israël Horswooth commence à douter de sa propre réalité, le lecteur, lui, a du mal à tenir le fil de l’histoire. Si je n’ai pas su apprécier cette recrudescence du fantastique et cette complexification de l’intrigue, je ne suis pas non plus fan de la conclusion. Vraiment dommage !

Au niveau du graphisme, on a de nouveau droit à un changement de décor et de dessinateur. C’est cette fois Bandini, déjà associé à Ozanam sur « Face contre ciel » qui s’occupe du dessin, dans un style graphique qui se marie en douceur avec celui de son prédécesseur et avec quelques belles trouvailles au niveau des changements d’apparences.

Bref, première petite déception sur un scénario d’Ozanam lors de cette conclusion. Mais comme j’ai apprécié le reste de la saga, je me réjouis tout de même de l’annonce d’un deuxième cycle de trois tomes.

Découvrez plus d’albums d’Antoine Ozanam !

Antoine Ozanam & Kieran – We are the night

Posted in Ankama, Antoine Ozanam, BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, [Accessible], [DL 2010] with tags on 29 mars 2011 by Yvan

Récit choral parfaitement huilé !

Antoine Ozanam & Kieran - We are the night« We are the night » n’est pas seulement le titre d’un album des Chemical Brothers, mais également celui de ce diptyque imaginé par le très prolifique Antoine Ozanam (« E dans l’eau », « Le roi banal », « Pills », « King David », « Last bullets », « L’amourir », « Le chant des sabres »).

Le récit se déroule dans la ville de Lyon et invite à suivre une vingtaine de protagonistes, qui se croisent le temps d’une nuit. Le premier volet se déroule de 20h à 1h, alors que le suivant invitera à suivre les événements qui se dérouleront entre 1h et 8h.

C’est un récit choral parfaitement huilé que nous livre Antoine Ozanam. Rebondissant d’un personnage à l’autre sans jamais perdre le lecteur, il distille une à une les pièces de son puzzle narratif, tout en maintenant l’intérêt du lecteur. Les destins se croisent au fil des pages, tissant ainsi une toile qui mélange avec brio polar, humour, histoire d’amour, adultère, braquage, tentative de suicide et dettes. Les transitions entre les différentes scènes sont particulièrement soignées et cette technique de fondu qui invite à changer de décor tout en prolongeant la narration est utilisée à merveille.

Au niveau du graphisme, Antoine Ozanam a l’art de s’entourer de dessinateurs peu connus, mais de talent. Les dessins de Kieran ne dérogent pas à cette règle et son trait nerveux et réaliste, rehaussé d’une colorisation qui se place au diapason de l’atmosphère prenante, combine originalité, dynamisme et efficacité.

Vivement la suite de cette nuit passionnante !

Découvrez plus d’albums d’Antoine Ozanam !

Retrouvez cette BD dans MON TOP 2010 !

[Auteur à découvrir] Antoine Ozanam

Posted in Antoine Ozanam, Auteurs à découvrir, BANDES DESSINÉES, Casterman, DIVERS, Franco-Belge, KSTR, One-shots, [Accessible] with tags on 24 mars 2011 by Yvan

Un polar sombre et efficace !

« E dans l’eau », c’est typiquement le genre de récits que j’apprécie : un polar bien sombre et rondement mené !

On n’atteint certes pas le niveau d’un « Criminal », mais malgré un scénario qui s’appuie fortement sur les poncifs du genre et des personnages un peu trop caricaturaux, ce one-shot est vraiment tout bon !

Il y a d’abord ce casting qui a tout pour plaire : des petites frappes sans cervelle, des jeunes losers qui embrassent plus le crime que des copines qui ne demandent pourtant que ça, un flic boulimique hanté par son passé et un producteur de « cinéma » qui n’a pas sa place au box-office.

A travers quatre chapitres distincts, Antoine Ozanam propose quatre points de vus différents de son histoire et construit un puzzle que le lecteur prend plaisir à reconstruire. Au fil des magouilles et des crimes, l’auteur développe la psychologie de ses personnages et livre leurs secrets.

Au niveau de graphisme, Rica livre une ambiance glauque et malsaine, agrémentée de violence et de sexe, qui sied parfaitement au développement de ce polar bien sombre. Un peu trop sombre d’ailleurs au niveau de certaines cases, parfois moins lisibles.

Un très bon polar, comme je les aime !

Un souverain pas comme les autres !

Voilà un one-shot surprenant et attachant.

L’histoire est celle d’un vieil homme qui s’est inventé son propre royaume suite à la mort de sa femme. Ses héritiers ont quittés le fictif Royaume de Georgettia et il se retrouve à combler ses journées dans un monde imaginaire en compagnie de son unique sujet Bao, un chien qui suit fidèlement les errances de son maître.

Cette souveraineté autoproclamée n’est cependant qu’un prétexte, qui permet à Antoine Ozanam de développer plusieurs thèmes intéressants en toute légèreté. Des relations familiales de cette personne âgée vivant à l’écart du monde réel aux difficultés conjugales de sa fille et son beau-fils, Florence et Gilles, ces tranches de vie s’avèrent très touchantes.

Le graphisme de Kyung-Eun accompagne parfaitement l’humanité des personnages et le fond burlesque de ce royaume imaginaire. Les transitions entre cet environnement fictif rassurant et la réalité pas toujours réconfortante sont particulièrement réussies.

Une histoire sensible et touchante abordée de manière originale !

Rébellion & histoire d’amour !

Après « Le chant des Sabres », Antoine Ozanam et Tentacle Eye récidivent au sein du label KSTЯ pour un nouveau one-shot.

Grand habitué de cette collection des éditions Casterman, Antoine Ozanam aime varier les plaisirs et les genres, avec une constante néanmoins : la qualité !

Pour ce nouveau récit, il nous emmène à Bär-Lein, une petite ville portuaire fictive, tombée sous l’emprise d’un régime dictatorial. Alors qu’une rébellion gronde dans les sous-sols de la cité, l’auteur nous conte l’histoire d’amour entre une danseuse de cabaret et un révolutionnaire mystérieux. Multipliant les flashbacks et dévoilant petit à petit le lourd passé du héros, l’auteur tient le lecteur en haleine. Usant d’une narration efficace, reposant essentiellement sur la voix-off, il accompagne brillamment la destinée tragique de ses personnages.

Si le récit ne déborde pas d’originalité, il est cependant porté par le graphisme sombre et surprenant de Tentacle Eye. Son style brut et torturé fait des merveilles au niveau des ambiances et véhicule avec brio les émotions distillées par l’histoire.

Un très bon one-shot !

Drogues & super-pouvoirs !

Après avoir signé ensemble « King David » au sein de cette même collection des éditions Casterman, Antoine Ozanam et Guillaume Singelin s’associent pour ce nouveau one-shot.

Grand habitué du label KSTЯ, Antoine Ozanam décrit ici un monde où le tabac est interdit, mais où de nombreuses drogues, appelées STUCE (Stupéfiants Tolérés à Usage Contrôlé par l’État), sont devenues légales. Toute l’originalité du récit se situe dans les facultés surprenantes que procurent ces drogues et dans l’intelligence avec laquelle l’auteur utilise leurs effets afin de servir son intrigue. Car les Diamond Dogs, Mercy Seat, Liquid Sky, Slow Hands, Cosmic Dancer et autres ne sont pas des drogues ordinaires, mais des pilules qui procurent temporairement des facultés physiques étranges, telles que la duplication, la capacité de voler, de respirer sous l’eau, de traverser les murs ou de voyager dans une autre enveloppe corporelle. Des capacités qui donnent finalement un petit côté super-pouvoirs comics à ce thriller qui mêle histoire d’amitié et chronique sociale à une chasse à l’homme prenante et originale.

Graphiquement, cet album accompagne parfaitement le trip proposé par le scénario. Le trait vif et la colorisation flashy s’installent au diapason des hallucinations et des trips des personnages.

« Pills » est un très bon album qui, dans la forme et dans le fond, devrait faire mouche auprès du public ciblé par cette collection.

Et, pour ceux qui ne seraient pas encore rassasiés, il y a le deuxième tome de « We are the night » qui vient de sortir !

 

 

 Mon Top Ozanam :

  1. We are the night
  2. Le roi banal
  3. L’amourir
  4. Pills
  5. E dans l’eau
  6. Les âmes sèches