Archive for the K.BD Category

Olivier Vatine – Niourk

Posted in Ankama, BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, K.BD, Séries, [DL 2012], [En cours], [Grand public] with tags on 18 octobre 2012 by Yvan

Adaptation de l’œuvre de Stefan Wul !

Olivier Vatine - NiourkCet album inaugure la collection d’adaptation lancée par Ankama et Comix buro, axée sur l’œuvre de Stefan Wul (Pierre Pairault de son vrai nom). Alors que plusieurs grands noms (Vatine, Morvan, Yann, Cassegrain, Reynes, Lapière, etc) sont déjà annoncés pour s’attaquer aux romans de science fiction de l’auteur, c’est Olivier Vatine (Aquablue) qui remet à neuf le second ouvrage du maître : Niourk !

Sur une Terre post-apocalyptique où la civilisation a des allures préhistoriques, l’auteur invite à suivre les aventures d’un jeune enfant noir, tenu à l’écart par la tribu préhistorique. Dans ce quotidien dicté par les besoins les plus primaires, le lecteur découvre la quête initiatique de cet enfant qui part à la découverte d’un monde mystérieux recelant de nombreux dangers. La découverte de vestiges d’une civilisation ancienne confirme bel et bien que l’on se situe dans un roman d’anticipation, où les hommes doivent payer les erreurs de leurs lointains aînés.

Olivier Vatine restitue brillamment l’ambiance post-apocalyptique du roman, tout en insufflant beaucoup de rythme au récit à l’aide d’un découpage très cinématographique. Alternant scènes d’introspection, où le jeune garçon tente de trouver sa propre voie, et scènes d’action, où les humains doivent affronter les nombreuses menaces de ce monde, l’auteur livre une adaptation particulièrement réussie et accessible à tous.

Nul doute donc, que cette mise en bouche convaincante devrait inciter les lecteurs à découvrir les autres adaptations de l’œuvre de Stefan Wul, dont le premier tome de Oms, adapté par Jean-David Morvan et illustré par l’Américain Mike Hawthorne.

Olivier Vatine - NiourkRetrouvez cet album dans mon Top de l’année !

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Emmanuel Lepage – Un printemps à Tchernobyl

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Emmanuel Lepage, Franco-Belge, Futuropolis, K.BD, One-shots, [Accessible], [DL 2012] with tags , on 17 octobre 2012 by Yvan

22 ans après la catastrophe !

Emmanuel Lepage - Un printemps à TchernobylLe 26 avril 1986, dans la centrale Lénine à Tchernobyl en Ukraine, eut lieu le plus grave accident nucléaire du XXème siècle. Si les chiffres concernant les conséquences de cette catastrophe varient d’une source à l’autre, vingt-deux ans après les faits, Emmanuel Lepage accepte de se rendre sur place afin de réaliser un carnet de voyage pour le compte de l’association Dessin’acteurs. En mai 2008, il se rend donc pendant deux semaines dans le village de Volodarka, à 20 km de la zone interdite, pour une expérience qui résultera en deux ouvrages : « Fleurs de Tchernobyl », édité chez La boîte à bulles et ce merveilleux « Un printemps à Tchernobyl », édité chez Futuropolis.

A l’instar du très beau Voyage aux Iles de la Désolation, le lecteur assiste tout d’abord aux prémices du voyage. Partageant tout d’abord les doutes de l’artiste et de ses proches concernant la nécessité d’un tel engagement, étant donné les risques de contamination non négligeables, l’album revient ensuite brièvement sur le drame même et sur ses conséquences directes. L’organisation du voyage étant beaucoup plus concise que lors de son Voyage aux Iles de la Désolation, le lecteur se retrouve très vite sur place pour un témoignage dont on retiendra principalement la beauté, alors qu’il était initialement destiné à pointer du doigt les dangers du nucléaire.

Le ton est d’ailleurs initialement résolument sombre, distillant un décor grisâtre et fantomatique, prouvant les séquelles de cette tragédie. Au fil des rencontres et des visites, Emmanuel Lepage s’immerge progressivement dans ces lieux, découvrant des enfants qui jouent et des panoramas bucoliques splendides. Le tic tac du dosimètre, sorte d’écho menaçant de ce gigantesque désastre technologique, se fait alors quelque peu oublier au profit d’une vie et d’une nature qui reprennent leurs droits. L’association des mots « printemps » et « Tchernobyl » sur la couverture de cet album, prend subitement tout son sens. Le bruit de fond des becquerels fait alors place aux rires et aux chants de ces gens pourtant frappés de plein fouet par la contamination et par les conséquences économiques et écologiques du drame. Le spectre noir de l’ancienne centrale semble néanmoins s’effacer au profit d’une flore verdoyante qui démontre tous les talents de Mère Nature lorsque l’homme n’est pas là pour lui mettre des bâtons dans les roues.

Visuellement, la maîtrise graphique d’Emmanuel Lepage est à nouveau impressionnante, avec quelques pleines pages à couper le souffle. Si la première moitié de l’album ne laisse que peu de place aux couleurs, restituant l’univers post-apocalyptique de Tchernobyl, l’auteur semble par la suite prendre conscience de la beauté des paysages qui l’entourent. Laissant progressivement choir ses préjugés, il s’ouvre à la bonté des habitants et à la beauté de la nature qui l’entoure et propose des scènes de plus en plus bucoliques et colorées. Le doute s’installe alors brièvement chez l’auteur : lui qui était venu pour mettre la mort et la désolation en images, se met subitement à dessiner la vie… Comment dessiner cette menace impalpable, ces radiations invisibles et ce silence environnant, alors que son regard ne capte que la beauté et la joie de vivre ?

Allez donc faire un tour à Tchernobyl !
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Un printemps à Tchernobyl (Lepage) Retrouvez cet album dans mon Top de l’année !

Ils en parlent également: Syl

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Osamu Tezuka – La vie de Bouddha

Posted in BANDES DESSINÉES, K.BD, Manga / Manhwa, Osamu Tezuka, Séries, Tonkam, [DL 2000 à 2005], [Terminées] with tags on 7 octobre 2012 by Yvan

Les origines du bouddhisme !

Osamu Tezuka - La vie de BouddhaDans cette série en huit tomes, parus aux éditions Tonkam, Osamu Tezuka s’attaque à l’histoire du créateur de la philosophie bouddhiste.

Ce premier volet, qui mêle aventure, tragédie, humour et philosophie, n’a cependant rien d’une œuvre religieuse. Celui qui deviendra le futur Bouddha, le prince Siddhartha, ne naît d’ailleurs qu’en fin d’album, l’auteur préférant se concentrer sur les légendes qui précèdent la venue du prince, en invitant le lecteur à suivre les destinées de plusieurs autres protagonistes qui finissent par se croiser au fil des pages.

Il y a tout d’abord le jeune brahmane, Naradatta, disciple du vénérable Asita, qui part à la recherche de l’être élu qui changera la face du monde. Il y a ensuite Chaprah, l’esclave particulièrement adroit, qui parviendra à échapper à sa condition en devenant le fils adoptif du général Boudhaï. Il y a finalement Tata, un jeune voyou aux pouvoirs surprenants. En relatant les péripéties de ces personnages, l’auteur aborde les différences sociales et le système des castes qui existaient à l’époque, tout en abordant déjà certains principes bouddhistes, comme le fait que chaque vie soit sacrée.

Visuellement, le style sobre et simple de Tezuka accompagne parfaitement cette histoire qui passe de scènes plus drôles à des événements plus tragiques.

Une très bonne initiation au bouddhisme.

Osamu Tezuka - La vie de BouddhaIls en parlent également: OliV, IDDBD

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Tetsuya Tsutsui – Prophecy

Posted in BANDES DESSINÉES, K.BD, Ki-oon, Manga / Manhwa, Séries, Tetsuya Tsutsui, [DL 2012], [En cours] with tags on 12 juillet 2012 by Yvan

Excellent thriller sur fond de cybercriminalité !

Tetsuya Tsutsui est un mangaka que j’apprécie particulièrement, non seulement pour la qualité de ses récits (Manhole, Duds Hunt ou Reset), mais également pour sa capacité à produire des séries aussi courtes qu’efficaces, ce qui fait énormément de bien quand on voit la longueur de la plupart des sagas venues d’Asie. Lorsque les éditions Ki-oon lancent une nouvelle série de leur auteur phare, il ne me faut donc pas longtemps pour mordre à l’hameçon.

Annoncé comme un thriller tournant autour des nouveaux média de communication, « Prophecy » invite à suivre les pas d’une brigade anti-cybercriminalité qui fait la chasse aux fraudeurs du net. Si cette approche permet initialement d’aborder le problème du téléchargement illégal et du piratage, les cyber-policiers se trouvent très vite confrontés à un criminel de toute autre envergure, qui se cache derrière le surnom de Paperboy.

Cet individu, masqué par un journal, qui annonce ses crimes à l’avance, sous forme de vidéos publiées sur des réseaux sociaux, voit sa popularité croître en se positionnant comme défenseur des opprimés et des laissés-pour-compte de la société japonaise. En dévoilant les motivations de ce justicier du net en deuxième moitié d’album, l’auteur tente d’ailleurs de nous gagner à sa cause, voire même de légitimer ses actes. Le développement psychologique du personnage principal permet d’acquérir un sérieux brin de sympathie envers ce Zorro / Robin des Bois du web et donne beaucoup plus de profondeur au récit.

Tetsuya Tsutsui propose à nouveau une narration très limpide, qui permet même d’intégrer des passages plus techniques sans jamais perdre le lecteur. De plus, en abordant la cybercriminalité et des réseaux sociaux où des individus peuvent cracher leur haine sous le couvert de l’anonymat, il propose un sujet d’actualité et un personnage central qui se bat avec des armes particulièrement modernes.

Visuellement, l’auteur propose à nouveau un dessin réaliste et très épuré, qui accentue encore un peu plus l’extrême lisibilité de l’ensemble.

Vivement la suite !

Tetsuya Tsutsui - ProphecyRetrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top Manga de l’année !

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Edouard Cour – Héraklès

Posted in Akileos, BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Diptyques, Franco-Belge, K.BD, [Accessible], [DL 2012] with tags on 11 juillet 2012 by Yvan

Les dix… ah ben non… douze travaux d’un demi-dieu !

Edouard Cour - HéraklèsPour son premier album, Edouard Cour revisite un grand classique de la mythologie grecque. L’histoire de ce demi-dieu, qui doit passer des épreuves jugées irréalisables pour le commun des mortels afin d’accéder à l’Olympe, est donc connue de tous. L’approche contemporaine et souvent très drôle de l’auteur fait cependant mouche dès les premières pages.

Héraklès est dépeint comme un rentre-dedans qui ne réfléchit que très rarement et uniquement après avoir frappé. Malgré ce statut de brute épaisse invulnérable, l’auteur parvient à lui insuffler une maladresse attachante et beaucoup d’humanité. Les dialogues modernes et drôles se placent au diapason d’un récit qui ne manquera pas de faire sourire. Les interventions du spectre de l’ancien maître de musique d’Héraklès sont à ce titre assez amusantes.

L’aspect répétitif des épreuves (une par chapitre) est compensé par un graphisme dynamique qui accentue le rythme très soutenu du récit. Chaque case déborde d’énergie et le trait incisif d’Edouard Cour fait parfois penser à celui de Christophe Blain.

Abandonnant le lecteur après la huitième épreuve, cette première partie de diptyque donne non seulement envie de connaître la suite, mais laisse également présager d’une suite qui apportera des réponses au passé du héros, dont ces quatre silhouettes qu’il croise régulière au fil des pages.

Une excellente découverte !
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Edouard Cour - HéraklèsIls en parlent également: Jérôme

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Gabriel Bá et Fábio Moon – Daytripper

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, K.BD, One-shots, Urban Comics, Vertigo Deluxe, [Angoulême 2013], [DL 2012], [Sans super-héros] with tags , , on 3 mai 2012 by Yvan

Au jour le jour

Gabriel Bá et Fábio Moon - DaytripperRécompensé du prix du meilleur album aux Eisner Awards 2011, Daytripper fait partie des œuvres à ne louper sous aucun prétexte. De plus, Urban Comics a l’excellente idée de publier les dix épisodes de cette saga des frères jumeaux brésiliens Gabriel Bá et Fábio Moon en un seul volume.

L’album invite à suivre Brás de Oliva Domingos, un écrivain de chroniques nécrologiques, à différents moments de sa vie. Chacun des dix chapitres se concentre sur un événement important de la vie du personnage et est ponctuée de sa propre nécrologie. Cette mort métaphorique du personnage à la fin de chaque épisode donne encore plus d’importance au moment vécu et invite à profiter encore deux fois plus de ce que l’existence lui réserve par la suite. Sans respecter la chronologie de la vie du personnage, le récit aborde des questions existentielles autour de l’amitié, de la filiation, de l’amour, de la mort, de l’enfance, de la famille, de la vieillesse, de la paternité et du travail. Fait d’une multitude de petits riens, l’album s’attarde sur les détails de la vie, accentue leur importance et démontre finalement la richesse de l’existence de chacun.

Dès la couverture, cet ouvrage à quatre mains installe un ton totalement différent du caractère assez violent du reste de la production Vertigo et plonge le lecteur au sein d’un voyage onirique particulièrement humain. La justesse du récit est prolongée au niveau du graphisme délicat et soigné, le tout étant rehaussé par la colorisation experte d’un Dave Stewart que l’on ne présente même plus. Du grand art !

Ce petit chef-d’œuvre qui incite les lecteurs à vivre leur vie pleinement est d’ailleurs recommandé par Cyril Pedrosa (Portugal) et Craig Thompson (Habibi) : rien que ça !

Gabriel Bá et Fábio Moon - DaytripperRetrouvez d’ailleurs ce comics dans mon Top de l’année !

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Benjamin Flao – Kililana song

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Futuropolis, K.BD, [Accessible], [DL 2012] with tags , , on 13 avril 2012 by Yvan

Un voyage fascinant en terres africaines.

Benjamin Flao - Kililana songAprès avoir illustré deux scénarios de Christophe Dabitch (« La Ligne de fuite » et « Mauvais garçons »), Benjamin Flao s’attaque à un premier projet BD en solitaire, qu’il sert sous forme de diptyque. Pour ce premier voyage en solo, ce grand amateur de périples autour du monde, invite les bédéphiles à l’accompagner en terre africaine.

La vedette de ce premier volet est incontestablement le petit Naïm, un jeune orphelin de onze ans qui préfère l’éducation de la rue à celle de l’école. En suivant ses pérégrinations à travers les rues de la ville portuaire de Lamu, le lecteur rencontre une galerie de personnages hauts en couleur. Il y a tout d’abord ce grand frère qu’il s’amuse à faire tourner en bourrique et cette tantine qu’il apprécie tant… aaah, que serait l’Afrique sans ses tontons et ses tantines ! Mais il y a également Jahid, roi du trafic en tout genre, ou Günter, ce capitaine hollandais coincé sur les côtes pour transport d’une cargaison illicite. Sans oublié ce vieil homme solitaire qui habite sur son île près d’un immense arbre majestueux ou cet ancien pêcheur devenu très philosophe au fil des ans.

Tant de destins que le lecteur est invité à croiser et qui s’entrelacent savamment au fil des pages. Si l’intrigue met du temps à prendre forme, chaque prétexte pour découvrir cette partie de l’Afrique est saisie à deux mains. Partageant le sentiment de liberté qui anime le petit Naïm, le lecteur se nourrit des différentes rencontres, découvre les mœurs et le quotidien d’une région riche en traditions, dont l’identité n’est pas encore totalement souillée par le capitalisme. À travers l’attitude colonialiste de touristes et expatriés issus du vieux continent, l’auteur ne manque d’ailleurs pas de souligner cette réalité qui est certes synonyme de ressources économiques, mais souvent au dépend d’un authenticité que Benjamin Flao parvient à rendre avec justesse et réalisme tout au long de ce premier volet.

Si cet album appel au voyage, le graphisme somptueux de Benjamin Flao n’y est certainement pas étranger. Ce trait proche du crayonné, littéralement sublimé par une mise en couleur directe chaude et chatoyante, contribue à immerger le lecteur dans cette délicieuse ambiance africaine. Alternant des cases très fouillées à des planches d’un blanc ensoleillé qui exploitent merveilleusement le vide, l’auteur étale tout son talent de dessinateur…et de narrateur. Des scènes dynamiques dans les petites ruelles de la ville aux passages plus contemplatifs qui permettent de s’imprégner de toute la beauté de ce continent, il maîtrise à merveille le rythme de ce récit chorale.

Un moment de bonheur et de beauté africaine, qui sent bon le vécu !

Retrouvez cet album dans mon Top du mois et dans mon Top de l’année !

Benjamin Flao - Kililana songIls en parlent également : Jérôme, Mo’

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