Archive for the Littérature Category

Karine Giebel – Chambres noires

Posted in Littérature with tags on 29 novembre 2020 by Yvan

De la nouvelle haut de gamme !

Karine Giebel – Chambres noiresCe nouveau roman de Karine Giebel propose huit nouvelles, dont les quatre premières, aux titres inspirés de films célèbres (« Le vieux fusil », « L’armée des ombres », « Un monde parfait » et « Au revoir les enfants »), sont inédites. Les quatre suivantes, plus courtes, ont déjà été publiées dans des recueils caritatifs, tels que « 13 à table » pour les Restos du Cœur en 2017, 2018 et 2019 ou une nouvelle parue pendant le confinement pour la Fondation Hôpitaux de Paris Hôpitaux de France.

Je ne suis pas grand fan de nouvelles car la plupart des auteurs ont beaucoup de mal à construire une intrigue efficace tout en développant suffisamment la psychologie de leurs personnages sur seulement quelques pages. Le recueil « Ecouter le noir », également édité chez Belfond, était déjà parvenu à me réconcilier avec le genre et Karine Giebel confirme ici qu’il est effectivement possible de proposer des textes courts efficaces, prenants et bouleversants.

Il ne lui faut en effet que quelques pages pour parvenir à brosser des personnages touchants au possible. En mettant en scène des êtres cabossés par la vie, elle nous installe dans le camp des faibles, des oppressés, des victimes et des discriminés, tout en pointant du doigt les injustices de notre société. Le résultat sont des textes engagés, abordant des sujets lourds et d’actualité, tout en proposant des personnages attachants qui insufflent beaucoup d’humanité à l’ensemble malgré la noirceur des intrigues.

Et comment ne pas parler de cette quatrième nouvelle inédite « Au Revoir Les Enfants », invitant à suivre les pas d’une nonagénaire ayant survécu à la Shoah et se préparant à affronter la pandémie du coronavirus. Faire le rapprochement entre les horreurs de la seconde guerre mondiale et la crise sanitaire actuelle aurait pu s’avérer sérieusement casse-gueule, mais Karine Giebel (« Toutes blessent, la dernière tue », « Ce que tu as fait de moi », « Juste une ombre ») le fait avec une telle maestria que j’ai terminé cette nouvelle les larmes aux yeux et le cœur en vrac. Quel uppercut !

Quelle prouesse ! Me voilà donc presque fan du genre !

Chambres noires, Karine Giebel, Belfond, 272p., 18€

Ils en parlent également : EmOtionS, CarolineAudeJuju, Livresse du noir, L’oeil noirFrance, Pause polars, La lectrice compulsive, Balades en livres, Luciole, Laure, Florence

Virginie Grimaldi – Chère Mamie au pays du confinement

Posted in Littérature, Virginie Grimaldi with tags on 25 novembre 2020 by Yvan

Pour la bonne cause !

Virginie Grimaldi - Chère Mamie au pays du confinementJ’aime beaucoup les romans de Virginie Grimaldi, mais celui-ci est vraiment très/trop léger, sans parler du fait qu’il se lit terriblement vite puisqu’il s’agit de messages postés sur les réseaux sociaux sous forme de courtes lettres à sa Mamie durant les 55 jours de confinement.

Même si en Belgique, nous avons la chance que les librairies restent ouvertes pendant ce deuxième confinement, les amateurs de « grande littérature » ne considèreront probablement pas ce roman comme un produit essentiel.

Et pourtant, ces petites anecdotes du quotidien tournées en dérision ne manqueront pas de faire sourire et d’apporter un peu de bonne humeur pendant cette période de confinement automnale, beaucoup plus sombre que la première. De plus, les fans de Virginie Grimaldi apprendront à mieux la connaître à travers ces moments partagés avec son mari et ses deux enfants. Et comme les bénéfices de ce livre seront reversés à la Fondation Hôpitaux de Paris- Hôpitaux de France, on ne peut finalement qu’applaudir l’initiative !

Mais, pour découvrir Virginie Grimaldi, lisez plutôt « Et que durent les moments doux », « Quand nos souvenirs viendront danser », « Tu comprendras quand tu seras plus grande » ou « Il est grand temps de rallumer les étoiles ».

Chère Mamie au pays du confinement, Virginie Grimaldi, Le livre de poche, 240 p., 5,50€

Ils en parlent également: Petite étoile livresqueClemElora, Sophilosophe, Séverine, Auchama, L’instant des lecteurs, Nowowak

Paul Cleave – Intuitions

Posted in Littérature with tags , on 22 novembre 2020 by Yvan

À acheter les yeux fermés !

Paul Cleave – IntuitionsEn tant qu’amateur de polars, il m’est déjà très difficile de résister quand je vois que le roman est publié chez Sonatine, mais quand c’est de surcroît Paul Cleave (« Cauchemar », « Ne fais confiance à personne ») qui est aux manettes du récit, alors je l’achète vraiment les yeux fermés.

Joshua, 16 ans, est aveugle de naissance. Lorsque son père adoptif, qui est inspecteur de police, se fait brutalement assassiner par un malfrat, le monde de Joshua, qui avait déjà perdu ses parents biologiques, s’effondre une nouvelle fois. Sauf que, dans son malheur, Mitchell avait préalablement arrangé que s’il lui arrivait quelque chose, il lèguerait ses yeux à son fils adoptif. Si la greffe s’avère très vite un succès, Joshua commence cependant à faire des rêves étranges et à voir des choses affreuses…

Le point de départ de ce thriller est tout bonnement excellent ! L’auteur néo-zélandais aurait pu se contenter d’un simple don d’organe, mais en intégrant l’idée de « mémoire cellulaire », il booste évidemment les possibilités de son intrigue. Le père de Joshua a-t-il trempé dans des affaires louches, jusqu’où va l’influence des nouveaux organes sur les receveurs, etc… et vous pouvez bien entendu compter sur l’esprit tordu de Paul Cleave pour exploiter à merveille toutes ces pistes !

Puis il y a ce héros, victime de cécité, qui est inévitable attachant au possible. L’auteur ne manque d’ailleurs pas de partager les sensations et les émotions de ce jeune adolescent courageux qui, en recouvrant la vue, voit sa vie complètement chamboulée. De la réaction de ses anciens amis à son intégration compliquée au sein d’une nouvelle école, le garçon va en voir des vertes et des pas mûres… sans même parler de l’impact de cette fameuse « mémoire cellulaire » !

Finalement, il y a le style de Paul Cleave, qui accroche de la première à la dernière page. À l’aide de chapitres courts, il insuffle énormément de rythme au récit, gardant chaque fois un rebondissement sous la main afin de parvenir à surprendre le lecteur jusqu’à la fin… même ceux qui se doutent un peu de la tournure des événements…

Intuitions, Paul Cleave, Sonatine, 544 p., 22€

Ils en parlent également : EmOtionS, Aude, Ma voix au chapitre, Luciole

Olivier Norek – Impact

Posted in Littérature, Olivier Norek with tags , on 18 novembre 2020 by Yvan

Vive le terrorisme écologique ?

Olivier Norek – Impact« Impact », c’est du Olivier Norek, donc forcément un excellent thriller avec des personnages percutants, sur lequel je me suis précipité dès sa sortie et que j’ai ensuite dévoré en moins de 2 jours.

La particularité de ce roman est cependant que Norek ne se contente pas d’être un excellent auteur de polars, mais qu’il revête également son costume de militant écologiste en livrant un texte particulièrement engagé. L’auteur n’hésite en effet pas à pointer du doigt les dérives de l’industrialisation à outrance qui aboutiront à notre perte…preuves à l’appui !

Son héros, Virgil Solal, sorte de Greta Thunberg 3.0, s’attaque en effet au plus gros pollueurs de la planète et à tous ceux qui contribuent à détruire notre environnement… et il y va fort ! Alors certes, ce personnage principal manque parfois un peu de crédibilité et la fin ne justifie probablement pas les moyens qu’il utilise, mais cela n’empêche pas de s’y attacher et d’avoir envie d’arborer un masque de panda afin d’adhérer à sa cause. Et comment ne pas apprécier ce duo d’enquêteurs, Nathan Modis et Diane Meyer, qui sont chargés de l’arrêter alors qu’ils ne sont finalement pas non plus insensibles à sa cause ?

Malgré un récit un peu trop manichéen, une vulgarisation exagérée d’une thématique complexe et une fin plutôt utopique et précipitée, l’auteur parvient à faire passer un message qui ne manquera pas de vous percuter en pleine face. Il reste donc à espérer que son texte contribue à éveiller les consciences et à influencer nos comportements… sans pour autant ouvrir la porte à l’écoterrorisme !

Bref, moins abouti qu’ « Entre deux mondes », mais tout de même excellent, malgré ces quelques défauts.

Impact, Olivier Norek, Michel Lafon, 348 p., 19,95€

Ils en parlent également : EmOtionS, Lord Arsenik, AurélieAnthony, Mes échappées livresques, Nath, Laure, Aude, CarolineLire et courir, LilieDomi, Petite étoile livresque, ImaginoireLivresse du noirPapivoreAddiction polar,  Evasion polar, Collectif polarJe lis et je raconte, Narre ton livre, LittéLecture, Céline, Black-Books, Un livre après l’autre, Balades en livres, Rose, Mirelle, Les pages qui tournent, Lettres it be

Sophie Jomain – Les étoiles brillent plus fort en hiver

Posted in Littérature with tags , on 15 novembre 2020 by Yvan

Indispensable sous le sapin de Noël !

Sophie Jomain - Les étoiles brillent plus fort en hiverDepuis mon énorme coup de cœur pour « Quand la nuit devient jour », j’ai du mal à résister aux romans de Sophie Jomain. Même si j’avais un peu moins accroché à l’histoire d’amour qu’elle proposait dans « Et tu entendras le bruit de l’eau », je reste grand fan de son style et je suis donc prêt à lire chaque nouveau récit, peu importe le sujet !

En l’occurrence, en invitant à suivre les pas d’Agathe, décoratrice des Galeries Hartmann depuis cinq années, « Les étoiles brillent plus fort en hiver » plongent immédiatement le lecteur dans l’ambiance de Noël. A l’approche des fêtes de fin d’année, la jeune femme est tout bonnement débordée et compte bien ne pas se laisser marcher sur les pieds par Alexandre Hartmann, l’arrogant fils à papa qui vient de reprendre les rênes de la société et qui ne semble pas trop emballé par la décoration excessive du centre commercial…

Au fil des pages, le lecteur s’attache aux différents personnages et découvre progressivement les soucis privés de chacun. Entre Alexandre, qui en apprend beaucoup sur son père en reprenant son travail, et Agathe, qui voit subitement réapparaître sa sœur dont elle élève la fille depuis plusieurs années, le lecteur savoure les nombreux échanges entre les différents protagonistes, tout en partageant leurs émotions. Sans oublié Monsieur Claus, l’inégalable père Noël des galeries Hartmann et de son mystérieux chat, venus entretenir l’ambiance magique de Noël tout au long du récit…

A nouveau séduit par la plume légère d’une Sophie Jomain capable d’aborder des thèmes sérieux et de vous faire régulièrement passer du rire au Kleenex, j’ai tout aimé dans ce roman : la magie de Noël, l’esprit de famille et même cette petite romance…

Un ouvrage qui fait beaucoup de bien… à mettre sous tous les sapins !

Les étoiles brillent plus fort en hiver, Sophie Jomain, Charleston, 304 p., 19€

Ils en parlent également : Des plumes et des livres, Petite étoile livresque, Laure, Les instants volés à la vie, Knut, Douceur de lire, Un livre dans la poche, Miss Croq Book

Marie Vareille – Le syndrome du spaghetti

Posted in Littérature, Maladie with tags , , , on 11 novembre 2020 by Yvan

MVP -> Marie Vareille Power !

Marie Vareille - Le syndrome du spaghettiAyant adoré « La vie rêvée des chaussettes orphelines », je n’ai pas longtemps hésité à m’attaquer à ce nouveau roman de Marie Vareille au titre à nouveau très drôle et très intrigant… même si à la base c’est un roman jeunesse et que cela fait un petit temps que je ne le suis plus !

« Le syndrome du spaghetti » invite à suivre les baskets de Léa, 16 ans, passionnée de basket, tout comme son père, son meilleur ami Nico et moi-même. Jusqu’au jour où un drame vient bousculer cette vie d’adolescente insouciante axée autour du ballon rond, balayant subitement tous ses rêves et tous ses projets.
Le second spaghetti qui sera victime du syndrome imaginé par Marie Vareille se nomme Anthony, 17 ans, abandonné par son père et issu d’un monde totalement différent de celui de Léa. Un quartier difficile où la délinquance est légion, mais où un petit terrain de basket va leur permettre de s’unir autour d’une même passion…

L’équipe alignée par Marie Vareille pour affronter les aléas de la vie est attachante au possible. De la combativité de Léa à la carrure d’Anthony, en passant par la disponibilité d’Amel, l’auteure propose une brochette de personnages aussi complémentaires qu’attachants, qui vont grandir et se découvrir au fil des pages.

J’ai beaucoup aimé ce roman particulièrement touchant, qui aborde des thèmes délicats tels que le deuil, la maladie, l’amitié, l’adolescence et l’amour, avec énormément de délicatesse, de justesse et de légèreté.

Un peu de douceur dans ce monde de brutes… Me voilà définitivement fan de Marie Vareille !

Le syndrome du spaghetti, Marie Vareille, Pocket Jeunesse, 288 p., 17,90€

Ils en parlent également : Ma toute petite culture, Muffins & books, Tiffany, Satine’s books, Des mots aux livres, Djihane, BBB’s Mum, Mon rêve d’été, Langue de chat, BookMotion, Manika, Justine

Laurent Petitmangin – Ce qu’il faut de nuit

Posted in Littérature with tags on 8 novembre 2020 by Yvan

L’amour paternel

Laurent Petitmangin - Ce qu'il faut de nuitDepuis le décès de sa femme, emportée par une longue maladie, le narrateur élève seul ses deux enfants dans une petite ville de Lorraine. S’il tient le coup, c’est pour Fus, l’ainé avec qui il partage sa passion du foot, et pour Gillou, qu’il espère envoyer à Paris pour réussir de belles études. Ouvrier à la SNCF et l’un des derniers piliers de la section locale du Parti socialiste, il mène une vie faite de petits rituels auxquels il s’accroche tant bien que mal. Jusqu’au jour où Fus commence à fréquenter des gens à l’idéologie nauséabonde… Là, tout dérape !   

Pour son premier roman, Laurent Petitmangin plante son récit du côté de Nancy, dans une petite ville de Lorraine sinistrée par le chômage, où les petits commerces ferment les uns après les autres et où les partis socialistes et nationalistes tissent leur toile.    

À l’aide d’un long monologue, l’auteur partage toute la détresse de ce père aimant qui n’a rien vu venir. Un père rongé par la culpabilité et par la honte de ne pas avoir réussi à transmettre les bonnes valeurs à son fils. Au fil de relations familiales qui se compliquent de plus en plus, la fêlure s’agrandit progressivement, passant de l’incompréhension qui empêche de dormir au gouffre qui engloutit tout.   

L’écriture sans fioritures de Laurent Petitmangin va immédiatement à l’essentiel. À l’image de ce père taiseux, incapable de trouver les mots pour parler à son fils, cette tragédie familiale s’écrit dans le silence et dans les non-dits. 

Un excellent premier roman, même si dans le même genre, j’ai (forcément) préféré « Leurs enfants après eux » de Nicolas Mathieu, le prix Goncourt 2018, et « Il est des hommes qui se perdront toujours » de Rebecca Lighieri, qui est probablement mon plus gros coup de cœur de 2020.

Ce qu’il faut de nuit, Laurent Petitmangin, Manufacture de livre éditions, 187 p., 16,90€

Ils en parlent également : Cannibal lecteur, Audrey, USVA, Pierre, Ma collection de livres, Revanbane, Lili, Aude, Matatoune, Fflo, Mélie, Mélodie, Actu du noir, La Ménagerie du livre, Liseuses de Bordeaux, Nath, Hélène, Atout Plume, Dealer de lignes, Jo, Rue des lettres, Emi lit, Vincent, Yann, Les mafieuses, Joëlle, Librarie Diderot, Plumes et pages, Véronique, Le tourneur de pages, Page après page, Baz’Art, Brice