Archive for the Littérature Category

Joël Dicker – La disparition de Stéphanie Mailer

Posted in Littérature with tags , on 11 juillet 2018 by Yvan

Quadruple meurtre à Orphéa !

Joël Dicker - La disparition de Stéphanie MailerAuteur du best-seller mondial « La Vérité Sur L’Affaire Harry Québert » en 2012, couronné du Grand Prix du roman de l’Académie française et du Prix Goncourt des lycéens, Joël Dicker nous livre ici son quatrième roman.

Le jeune auteur suisse invite à suivre un policier proche de la retraite, subitement contraint de rouvrir une enquête qu’il pensait avoir bouclée il y a vingt ans de cela. Lorsqu’une brillante journaliste nommée Stéphanie Mailer prétend qu’il s’est jadis trompé de coupable, avant de disparaître mystérieusement, il commence en effet à se dire que l’auteur du quadruple meurtre qui a secoué la petite communauté en 1994 court peut-être encore les rues…

L’action se déroule à Orphéa, une petite station balnéaire des Hamptons, sur la côte est des Etats-Unis. Au fil des pages, cette petite ville paisible, où un festival annuel de théâtre semble être l’événement le plus emballant, dévoile cependant plusieurs secrets enfouis au plus profond de cette communauté restreinte.

Tout en installant un huis clos riche en zones d’ombre, Joël Dicker développe son intrigue entre passé et présent, tout en changeant régulièrement de narrateur, permettant ainsi d’alterner les points de vue, tout en levant le voile sur leurs démons du passé. Si la profusion de personnages permet à l’auteur de brouiller les pistes et d’induire souvent le lecteur en erreur, cela ne prête pas pour autant à confusion car l’enquête avance assez lentement et les nombreux allers-retours entre passé et présent, ainsi que l’alternance des narrateurs, sont à l’origine de nombreuses répétitions qui empêchent le lecteur de se perdre.

Malgré un style dont on appréciera surtout la facilité et l’accessibilité et quelques personnages trop caricaturaux, voire même grotesques, Joël Dicker propose un récit assez prenant, qui multiplie les rebondissements. Le résultat est un page-turner de plus de 600 pages à la mécanique parfaitement huilée.

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Nicolas Lebel – L’Heure Des Fous

Posted in Littérature with tags on 4 juillet 2018 by Yvan

Au cœur des SDF !

Nicolas Lebel - L'Heure Des FousSuite aux nombreuses critiques élogieuses, l’heure de lire du Nicolas Lebel a finalement sonné pour moi !

Ce sont indéniablement les personnages hauts en couleurs qui constituent la grande force de ce premier polar de l’auteur, ainsi que leurs répliques truculentes, qui insufflent beaucoup d’humour tout au long de l’enquête. Du capitaine Mehrlicht, érudit macho à la tête de batracien et aux méthodes à l’ancienne, à Dossantos, justicier culturiste connaissant le code pénal sur le bout des doigts, en passant par le stagiaire souffre-douleur Ménard ou le lieutenant Sophie Latour, qui tente de se faire une petite place dans ce monde d’hommes, l’équipe qui mène l’enquête est aussi attachante qu’hétéroclite et fait d’ailleurs tout le sel de ce livre!

Nicolas Lebel situe son récit dans le XIIème arrondissement de Paris, dans le milieu des SDF. C’est le meurtre de l’un d’entre eux, poignardé devant témoins sur les rails d’une voie ferrée, qui déclenche l’enquête. Malgré quelques éléments originaux et un lien séduisant au Paris d’antan, l’intrigue s’avère plutôt classique. Néanmoins, le style, les personnages, l’humour et les nombreuses références font de ce premier roman une belle réussite, donnant envie de découvrir les autres romans de Nicolas Lebel !

Barbara Abel – Je t’aime

Posted in Littérature with tags on 27 juin 2018 by Yvan

La descente aux enfers d’une famille recomposée…

Barbara Abel - Je t’aimeSi Barbara Abel (« Derrière la haine », « Je sais pas ») aime mettre la famille au cœur de ses intrigues, elle nous invite cette fois à faire la connaissance d’une famille recomposée. Maude, la maman de Suzie (11 ans) et d’Arthur (15 ans), et Simon, le papa d’Alice (17 ans), ont en effet retrouvé l’amour et tentent de faire cohabiter une progéniture qui ne voit pas forcément tous ces rapprochements d’un bon œil. Lorsque Maude surprend sa belle-fille en train de fumer un joint dans sa chambre, elle décide donc de ne rien révéler à son conjoint afin d’améliorer la relation tendue qu’elle entretient avec l’adolescente. Un petit secret qui aura cependant des conséquences dévastatrices …

Barbara Abel a l’art d’imaginer des intrigues d’un réalisme effrayant, tout en brassant le portrait de gens ordinaires, auxquels le lecteur n’a aucun mal à s’identifier. Puis vient ce petit grain de sable qui bouleverse un quotidien en apparence si paisible et qui fait émerger toutes les tensions sous-jacentes de cette famille recomposée, mettant à nu quelques secrets qui détruiront tout sur leur passage. Le résultat est un thriller psychologique addictif, mâtiné d’un drame familial renversant, où l’amour maternel/paternel pousse des personnes bien intentionnées à faire des choses qui font parfois froid dans le dos…

Encore du tout bon Barbara Abel !

Daniel Cole – L’Appât

Posted in Littérature with tags on 20 juin 2018 by Yvan

Après avoir joué à la poupée, Daniel Cole sort ses marionnettes !

Daniel Cole – L’AppâtLors de son premier roman, Daniel Cole mettait la police de Londres à rude épreuve en lui servant six victimes pour un seul corps, surnommé « Ragdoll », poupée de chiffon en anglais. En imposant aux policiers d’identifier au plus vite les six personnes composant le cadavre, tout en essayant de protéger les futures victimes, l’auteur proposait un compte à rebours particulièrement prenant.

La première chose qui surprend en découvrant cette suite, est que l’inspecteur William Oliver Layton-Fawkes, alias Wolf, n’est plus de la partie. Ce dernier ayant disparu suite aux événements de « Ragdoll », le lecteur est donc invité à poursuivre sa lecture en compagnie d’Emily Baxter, devenue inspecteur principal et contrainte de collaborer avec ses homologues américains du FBI et de la CIA suite à une série de meurtres commis des deux côtés de l’Atlantique, visiblement liés à l’affaire Ragdoll.

Malgré l’absence de Wolf et un auteur qui pointe régulièrement du doigt les conséquences du dénouement de « Ragdoll » sans vraiment prendre soin de nous rafraîchir la mémoire, cette nouvelle série de meurtres axés sur une mise en scène marquante accroche très vite le lecteur et les personnages demeurent l’une des grandes forces de ce roman. Outre la personnalité rugueuse de l’inspectrice principale, le lecteur a également le plaisir de retrouver les anciens collègues de Baxter (Alex Edmunds, qui travaille au bureau des fraudes, et Finlay, poussé à la retraite), qui viennent régulièrement donner un coup de main, ainsi que deux nouveaux protagonistes (Elliot Curtis du FBI et Damien Rouche de la CIA), qui forment un trio atypique et de choc avec l’inspecteur Baxter tout au long de l’enquête. J’ai surtout été séduit par le personnage de Rouche, qui intrigue dès le départ et dont personne n’arrive à prononcer le nom correctement.

L’intrigue, qui multiplie les crimes horribles à Londres et à New-York en livrant des corps portant le mot « Marionnette » ou « Appât » gravé sur le torse, tient le lecteur en haleine en l’incitant à vouloir découvrir l’identité de celui qui tire les ficelles et en abordant le thème des attentats, notamment ceux de New-York en 2001 et ceux de Londres en 2005. Malgré la noirceur des événements et la montée en puissance de l’horreur, l’auteur parvient à insuffler pas mal d’humour à son enquête policière, notamment grâce à une scène qui devrait particulièrement plaire aux arachnophobes.

Un bon polar, riche en cadavres, et une scène finale qui donne inévitablement envie de découvrir la suite !

Véronique Mougin – Où passe l’aiguille…

Posted in Littérature with tags on 13 juin 2018 by Yvan

Des rêves remodelés par l’enfer !

Véronique Mougin - Où passe l'aiguille…Ce roman de Véronique Mougin raconte le parcours de vie exceptionnel de Tomas Kiss, un jeune garçon de 14 ans, bien décidé à ne jamais devenir couturier comme son père. Malheureusement pour lui, en 1944 à Beregszàsz, un petit village situé alors en Hongrie, il ne fait pas bon d’être juif. Stigmatisés, leurs conditions de vie se dégradent très vite et toute sa famille se retrouve finalement déportée dans des camps de concentration, où il deviendra le matricule 55789. Afin de survivre au milieu de l’horreur, il doit faire preuve de beaucoup d’ingéniosité… et même apprendre à coudre. Après la guerre, il deviendra d’ailleurs célèbre dans le monde de la haute-couture…

Pour être honnête, j’avais quelques appréhensions avant d’entamer cette lecture. Outre la crainte de me farcir un énième roman sur la Seconde Guerre mondiale et sur les camps de concentration, j’avais surtout peur de cette incursion annoncée dès le titre dans l’univers de la mode. Je me suis cependant très vite attaché au personnage de Tomi, j’ai ressenti ses peurs et ses souffrances, découvert les ruses qui l’ont sauvé d’une mort certaine, avant de me plonger avec grand soulagement dans le monde foisonnant et rayonnant de la haute couture, content d’être sorti de l’enfer et de vivre cette belle époque de l’après-guerre où les jupes et les couleurs effacent progressivement les tenues rayées des prisonniers…

Si cette narration à la première personne fait inévitablement mouche, nous projetant au plus près de cette victime de la page la plus sombre de notre Histoire, le récit est régulièrement entrecoupé de chapitres en italique, proposant des témoignages de personnages qui gravitent autour de Tomi. Ce procédé particulièrement ingénieux permet d’offrir des regards supplémentaires/différents sur cette histoire totalement bouleversante. Puis arrive ce dernier chapitre, permettant de faire le lien entre ce déporté dorénavant âgé de 88 ans et une auteure que l’on se doit de remercier d’avoir su briser le vœux de silence de Tomi et d’être parvenue à mettre les mots justes sur ces souvenirs enfouis. Une conclusion qui donne tout son sens au titre et qui ajoute une dimension supplémentaire à ce témoignage poignant, tout en nous invitant à ne jamais oublier… afin d’éviter que l’histoire ne se répète !

Un gros coup de cœur !

Gabriel Tallent – My Absolute Darling

Posted in Littérature with tags , on 6 juin 2018 by Yvan

Le réveil d’une ninja !

Gabriel Tallent – My Absolute Darling« My absolute darling » raconte l’histoire de « Croquette », une jeune adolescente de quatorze ans qui vit dans une vieille bicoque insalubre, isolée dans une forêt du nord de la Californie, en compagnie d’un père rustre et incestueux et d’un grand-père alcoolique…

Oui, je sais, ça ne donne pas vraiment envie, surtout que les personnages ne sont pas du tout attachants, même pas cette gamine élevée comme une sauvageonne, particulièrement asociale, capable de manier toutes sortes d’armes et de survivre seule en pleine nature, aussi hostile soit-elle. Pourtant, au fil des pages, le lecteur va apprendre à aimer cette jeune héroïne, qui s’éveille progressivement, illuminant cet environnement sombre de sa présence.

C’est particulièrement bien écrit et le lecteur pénètre petit à petit dans ce huis-clos nauséabond et oppressant, tout en découvrant le mode de pensée totalement tordu du père et de cette fille manipulée par un amour malsain. Tout en évitant la surenchère, Gabriel Tallent livre avec grand brio les hésitations de cette adolescente, partagée entre la culpabilité d’abandonner un père qui n’a qu’elle et le besoin d’échapper à son emprise destructrice…

Un premier roman coup de poing, qui m’a mis plusieurs fois KO !
Je conseille donc, mais ça envoie du lourd…

Tess Gerritsen – Écorchures

Posted in Littérature with tags , on 30 mai 2018 by Yvan

À la merci d’un prédateur !

Tess Gerritsen - ÉcorchuresCe n’est qu’en découvrant le duo d’enquêteurs de ce roman que j’ai fait le lien entre Tess Gerritsen et la série TV « Rizzoli & Isles ». Comme les deux personnages principaux, l’inspecteur Jane Rizzoli et le médecin légiste Maura Isles, évoquent régulièrement d’anciennes enquêtes et/ou leurs vies privées, j’ai également réalisé que ce roman n’était pas le premier dédié au duo, mais le onzième. En commençant par celui-ci j’ai donc forcément manqué de vécu, mais cela ne dérange plus que cela à la compréhension de l’histoire.

Dans ce nouvel opus, les deux femmes sont confrontées au meurtre particulièrement sanglant de Leon Gott. Eviscéré comme un vulgaire gibier, le célèbre taxidermiste et amateur de chasse est retrouvé pendu par les pieds à son domicile. Ce massacre qui ne demeure pas isolé, semble finalement lié à un safari qui s’est déroulé six ans plus tôt dans la savane du Botswana.

Si une partie de l’intrigue se déroule au Botswana et l’autre à Boston, Tess Gerritsen relie progressivement les deux scènes de crime, tout en brouillant intelligemment les pistes concernant l’identité du terrible prédateur qui nous tient en haleine. Si les animaux sauvages et en particulier les grands félins se retrouvent au centre de l’intrigue, que ce soit lors du safari au Botswana ou à l’intérieur des zoos, j’avais une petite préférence pour les séquences en Afrique car les humains n’en ressortent pas forcément gagnant malgré les nombreux trophées qu’ils ramènent.

La narration de Tess Gerritsen est particulièrement fluide et le fait d’alterner les points de vue et les lieux, font que le lecteur dévore les pages de ce roman à grande vitesse.

Un bon petit polar qui se dévore à toute vitesse !