Archive for the Littérature Category

Haruki Murakami – Le Meurtre du Commandeur (Livre 1)

Posted in Littérature with tags , on 7 mars 2021 by Yvan

Une mise en place signée Murakami !

Haruki Murakami - Le Meurtre du Commandeur (Livre 1)« Le Meurtre du Commandeur » invite à suivre les pas d’un peintre en mal d’inspiration. Lorsque sa femme lui annonce qu’elle veut divorcer, il quitte Tokyo et trouve refuge à Odawara, dans la maison de Tomohiko Amada, célèbre peintre japonais, grand spécialiste de la peinture traditionnelle japonaise, le nihonga. C’est là, isolé de tous au sommet d’une montagne, que Wataru Menshiki, un homme riche et mystérieux, lui propose une somme exubérante pour exécuter son portrait…

Si, a priori, il ne se passe pas grand-chose tout au long des 450 pages de ce premier volet, que le rythme est particulièrement lent et que le style s’avère descriptif et répétitif, Haruki Murakami parvient tout de même à nous tenir en haleine. À l’instar de nombreux auteurs nippons, il parvient à restituer des émotions profondes en capturant avec brio les silences et les non-dits, ces petites choses insignifiantes du quotidien, qui font tout le sel de la vie. Sans parler de sa capacité à décrire avec grande justesse le processus de la création artistique, comme si chaque tableau prenait vie sous nos yeux tout en dévoilant la nature profonde du créateur et de son sujet.

Puis, il y a cette touche de surnaturel, ces phénomènes étranges intégrés au réel avec un naturel presque déstabilisant. De cette clochette bouddhiste qui tinte dans la nuit à cette idée qui prend forme sous les traits d’un petit personnage grotesque, en passant par ce tableau dissimulé dans le grenier ou cet homme sans visage qui réclame son portrait dès le prologue, Haruki Murakami entretient le mystère, donnant envie de découvrir la suite au plus vite.

Finalement, il y a cette capacité à brosser des personnages intrigants et hauts en couleurs, que les lecteurs auront du mal à abandonner en fin d’ouvrage. Du narrateur au charismatique Wataru Menshiki, en passant par le petit commandeur ou le mystérieux inconnu à la Subaru blanche, les personnages de Murakami captivent du début à la fin.

Alors oui, il est assez frustrant de constater que les 450 pages de ce premier volet ne sont finalement qu’une mise en place, mais c’est l’envie de s’attaquer immédiatement à la suite qui l’emporte finalement haut la main.

Le Meurtre du Commandeur, Haruki Murakami, Belfond, 456 p., 23,90€

Ils en parlent également : Claire, Elodie, Céline, Charlotte, Anne-Sophie, Samurai Neko, Page après page, La bibliothèque de Déols

Brittainy C Cherry – Eleanor & Grey

Posted in Littérature with tags , , , on 3 mars 2021 by Yvan

Rire et larmes !

Brittainy C Cherry – Eleanor et GreySi jamais vous n’êtes pas trop fan d’histoires d’amour ou de romans pour ados, n’allez surtout pas jeter un œil à la couverture originale de cet ouvrage en anglais, sinon, peu importe ce que je dirai dans mon avis, jamais je ne pourrai vous convaincre de le lire !

« Eleanor & Grey » invite à suivre la relation au fil des ans de deux personnages dont vous n’aurez pas trop de mal à deviner les prénoms. Il y a tout d’abord Eleanor, pas l’adolescente la plus populaire de son lycée, qui aime se réfugier dans les livres en général et dans ceux d’Harry Potter en particulier. Même lorsque sa cousine l’emmène à une soirée, elle préfère s’installer à l’écart pour lire. C’est à ce moment-là que, contre toute attente, Grey, l’un des garçons les plus populaires de l’école, s’approche d’elle et vient carrément lui parler…

Le roman est divisé en deux parties. La première relate la rencontre des deux adolescents et permet de découvrir comment ce duo assez improbable s’est finalement lié d’une amitié très forte. La deuxième partie nous plonge une quinzaine d’années plus tard, au moment où les deux ont refait leurs vies et doivent réapprendre à se connaître malgré des parcours très différents… et parsemés de drames.

Je n’avais encore jamais rien lu de Brittainy C Cherry, mais je découvre avec grand plaisir sa capacité à brosser des personnages attachants dont on découvre les failles au fil des pages. Les personnages secondaires ne sont d’ailleurs pas en reste, que ce soit l’hilarante cousine Shay ou les deux sœurs dont la plus petite est un véritable rayon de soleil…même si ma préférence va à la plus âgée des deux, adolescente torturée qui dévoile progressivement toutes ses cicatrices…

« Eleanor & Grey » n’est pas seulement une histoire d’amour, mais surtout un roman poignant parsemé de tragédies et abordant des thèmes douloureux tels que le deuil, la différence, le harcèlement scolaire, la maladie et l’isolement. C’est également l’histoire d’une reconstruction, de la découverte de l’âme sœur et de l’importance de la famille dans les moments difficiles.

Voilà, si entre deux polars vous avez envie de passer du rire aux larmes en compagnie de personnages foncièrement humains, ne faites pas attention au genre ou à la couverture…et laissez-vous tenter !

Coup de cœur pour cette histoire d’amour pour ados…tout arrive !

Eleanor & Grey, Brittainy C Cherry,Hugo Roman , 441 p., 17€

Ils en parlent également : Les pages qui tournent, Alice, Tiffany, Aurélie, Marie, Mathilde, Sandrine, Mademoiselle M, Clem, Elise, Julie, Marie, Coralie, Laura, Lily-Cath, Jenn, Elyosa, Céline, Ludivine, Pommy, Bookivresse, Maman Chicklit, Elisa, Shazia, Léa, Amandine, Quitterie, Steph, Emelyne, Rowena, Aline, Mae, Elsa, Lucie, Lounea Book, Darlène, Amandine, Filledepapiers, Coralie, Vane, Books on fire, Mayna, Charlaine, Camille, Sandra, Fifi

Barbara Abel – Après la fin

Posted in Barbara Abel, Littérature with tags on 28 février 2021 by Yvan

Les nouveaux voisins !

Barbara Abel - Après la finCe roman, qui se déroule huit ans après le premier opus (« Derrière la haine »), invite à retrouver la famille Geniot quelques années après le drame qui a frappé leurs voisins.

Il est donc fortement conseillé d’avoir lu « Derrière la haine » avant d’entamer cette suite. Outre le plaisir de découvrir ce qu’il advient des personnages du thriller précédent, cela permet au lecteur de mieux comprendre les tensions qui règnent entre Tiphaine et Sylvain, ainsi que le lourd secret qu’ils protègent à tout prix.

Cette ambiance tendue qui découle des événements tragiques du tome précédent et du fait que Milo se retrouve dorénavant en pleine crise d’adolescence, ne s’améliore pas avec l’arrivée de nouveaux voisins. Lorsque Nora et ses deux enfants emménagent dans la maison mitoyenne, cela empiète non seulement sur leur intimité, mais cela menace également de réveiller le passé…

Cette suite reprend donc les ingrédients du thriller précédent, avec une Barbara Abel (« Je sais pas », « Et les vivants autour », « Je t’aime ») qui excelle de nouveau à mettre en scène des personnages qui pourraient être vos propres voisins. Des gens comme vous et moi, qui doivent faire face à des crises d’adolescence et à des tensions de couple, sauf qu’ici, la folie, incarnée par la machiavélique Tiphaine, menace de faire basculé le quotidien dans l’horreur. La tension psychologique augmente donc au fil des pages, ouvrant progressivement la porte à une folie difficile à contenir…

Si le tome précédent ne nécessitait pas forcément une suite, j’ai néanmoins pris beaucoup de plaisir à lire cette suite et à découvrir le sort réservé aux différents protagonistes.

N’oubliez pas de surveiller vos voisins !

Après la fin, Barbara Abel, Fleuve, 336 p., 18,50€

Ils en parlent également: Nathalie, MaeveVirginieMélanie, Carnet de lecture, Julie, Des livres à lire, Stan, Anaïs, Missnefer, Paco

Markus Zusak – La voleuse de livres

Posted in Guerre, Littérature with tags , on 24 février 2021 by Yvan

Quand la Mort raconte la guerre !

Markus Zusak - La voleuse de livresL’histoire de Liesel Meminger, petite orpheline allemande de neuf ans, recueillie par Hans et Rosa Hubermann à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, aurait pu n’être qu’un énième récit sur cette page sombre de notre Histoire, mais son approche originale en fait sans doute une œuvre indispensable.

Il y a tout d’abord la Mort, qui fait office de narratrice. Une Mort finalement très humaine, qui n’est somme toute pas insensible à cette tragédie qui l’oblige à faire des heures supplémentaires. Dotée d’humour et d’émotions, elle fait son boulot du mieux qu’elle peut en recueillant les âmes avec douceur et compassion. 

Il y a ensuite la petite Liesel, qui croise à trois reprises la route de la Mort et dont la destinée parsemée de drames ne manque pas d’émouvoir le lecteur et même la narratrice. En racontant l’histoire de cette gamine, Markus Zusak offre non seulement le regard d’une enfant sur la guerre, mais invite surtout à découvrir le point de vue de citoyens allemands qui souffrent également de privations et qui n’adhèrent pas tous au nazisme… 

Il y a finalement le pouvoir des mots, découvert au fil des pages par cette fillette qui dérobe son premier livre alors qu’elle ne sait pas encore lire. Des mots qui réconfortent ceux qui tremblent de peur au fond d’un abri souterrain lors des bombardements aériens, mais des mots qu’Hitler utilise également afin d’endoctriner tout un peuple…

Si je ne suis pas fan du principe de dévoiler les événements qui vont avoir lieu au début de chaque chapitre, j’ai cependant été charmé par l’approche originale de ce roman (la Mort en tant que narratrice, le regard d’une enfant et le point de vue allemand), par le rôle central qu’y jouent les livres et par les relations bouleversantes que la petite Liesel tisse au fil des pages, que ce soit avec ses parents adoptifs, avec son petit voisin qui se prend pour Jesse Owens ou avec ce juif condamné à vivre dans un sous-sol, sans oublier la femme du maire et son immense bibliothèque… 

Incontournable !

La voleuse de livres, Markus Zusak, Pocket, 640 p., 8,40€

Ils en parlent également: Marine, Priscilla, Camille, Eve, Page après page, Valmyvoyou lit

Caroline Laurent – Rivage de la colère

Posted in Littérature with tags , , on 21 février 2021 by Yvan

Une injustice méconnue !

Caroline Laurent - Rivage de la colèreCe roman de Caroline Laurent aborde une page de l’Histoire que je ne connaissais pas: l’exil forcé des habitants des îles Chagos, un petit archipel de l’Océan indien rattaché à l’île Maurice !

Lors de l’indépendance de l’île Maurice en 1968, un accord secret prévoit que certaines de ses dépendances, dont les îles Chagos, resteront britanniques. Le Royaume-Uni a en effet promis ces territoires aux Etats-Unis, afin d’y installer une base militaire. Petit détail du contrat, mais de lourde conséquence pour les quelques 2.000 Chagossiens: l’archipel doit préalablement être vidé de tous ses habitants !

Le premier point fort de ce roman historique est de nous éclairer sur cette décolonisation totalement injuste dans l’océan Indien. Toute une population qui vivait en paix et en harmonie avec la nature, se retrouve soudainement déportée vers les Seychelles et l’île Maurice, sans aucune explication préalable. Un endroit où ils doivent dorénavant vivre comme des parias, dans la pauvreté la plus extrême et séparés à jamais de la terre de leurs ancêtres.

L’autre immense attrait de ce récit est la petite histoire imaginée par Caroline Laurent afin de nous faire traverser la grande. L’incroyable histoire d’une jeune autochtone illettrée, victime d’une histoire d’amour impossible et chassée de sa terre natale par les Anglais. Le récit de gens simples, profondément attachants, balayés par la grande Histoire, et celui d’une femme forte, digne, qui refuse de se laisser faire sans combattre…

Un récit plein d’humanité et d’injustice qui ne laisse bien évidemment pas indifférent et une auteure franco-mauricienne qui sait placer les mots juste sur ce déracinement honteux !

Un coup de cœur qui me donne fortement envie de découvrir son précédent ouvrage « Et soudain, la liberté », écrit à quatre mains avec Evelyne Pisier.

Rivage de la colère, Caroline Laurent, éditions Les Escales, 432 p., 19,90 €

Ils en parlent également : 68 premières fois, Mes échappées livresques, Mumu, Audrey, Olivia, Stelphique, Domi, Agathe, Krol, Laurence, Eve, Emi lit, Sophie, Charlotte, Claire, Anaïs, Nana, Aline, Fflo, Lilou, Lili, Corinne, Anita, Vincent, Knut, Jean-Pierre, Nina, Cath, Sy’zel, Laure, Plumes et pages, Feministah, Emilie, Myriam, Books moods & more, Ghislaine, Page après page, Ma collection de livres, Ptitgateau

Michel Bussi – Rien ne t’efface

Posted in Littérature with tags , on 17 février 2021 by Yvan

Comment expliquer la disparition de son enfant ?

Michel Bussi - Rien ne t’effaceCe nouveau roman de Michel Bussi (« Nymphéas noirs », « J’ai dû rêver trop fort ») invite à suivre les pas d’une mère célibataire dont l’enfant disparaît le jour de ses dix ans.

Le récit débute à Saint-Jean-de-Luz dans le Pays basque, en compagnie de Maddi Libéri, médecin généraliste, et de son fils Esteban. Chaque matin, ils ont pour habitude de passer un moment sur la plage de Saint-Jean-de-Luz avant de s’attaquer à leur petit-déjeuner. Lorsqu’Esteban disparaît sans laisser de traces le jour de ses dix ans, les autorités privilégient la thèse de la noyade, tandis que la mère pense à un enlèvement.

Lorsque dix ans plus tard, après avoir refait sa vie avec Gabriel en Normandie, Maddi revient en pèlerinage sur cette même plage, elle se fige. Là, à seulement quelques mètres d’elle, se tient un gamin de dix ans qui ressemble comme deux gouttes d’eau à son fils et qui porte le même maillot de bain que le jour de sa disparition. Elle décide de le suivre jusqu’en Auvergne, où il vit dans le petit village de Murol…

En voyant que Michel Bussi comptait m’emmener sur la voie de la réincarnation pour expliquer l’inexplicable, je dois bien avouer avoir eu très peur de ressortir fortement déçu de cette lecture. Force est cependant de constater qu’après avoir baladé mon esprit cartésien sur de nombreuses fausses pistes flirtant avec le surnaturel, l’auteur est une nouvelle fois parvenu à retomber sur ses pattes avec grande maestria. Alors certes, la fin est un poil capillo-tractée, mais les salons de coiffure ayant été fermés en Belgique pendant la pandémie COVID-19, je comprends que même les intrigues puissent être légèrement tirées par les cheveux.

Ces révélations finales qui ont pour but de mettre le lecteur sur le cul après lui avoir retourné le cerveau, ne sont d’ailleurs pas le seul attrait de ce roman. Cette quête de vérité permet en effet de croiser des personnages attachants et profondément humains, emmenés par une assistante sociale et un employé de mairie bien déterminés à démêler les fils de cette énigme particulièrement bien ficelée.

Du très bon Bussi !

Rien ne t’efface, Michel Bussi, Editions Presses de la cité, 427 p., 21€

Ils en parlent également : EmOtionS, Aude, Ghislaine, Isa, Little pretty Books, One more cup of coffee, Culture VSNews

Yves Laurent – Jeux de vilains

Posted in Littérature with tags , on 14 février 2021 by Yvan

Du bon polar bruxellois !

Yves Laurent - Jeux de vilainsAyant beaucoup aimé le premier roman à quatre mains d’Yves Vandeberg et Laurent Vranjes (« Jeux de mains »), je n’ai pas hésité à m’attaquer à la suite des aventures de l’inspecteur David Corduno et de son équipe.

Si l’on retrouve la même équipe d’enquêteurs, celle-ci ne s’avère pas encore totalement remise de l’enquête précédente et doit de surcroît faire face à un nouveau tueur en série…encore pire que le précédent. À défaut de pouvoir panser les blessures du passé, les différents protagonistes vont donc devoir en subir des nouvelles, encore plus profondes que les précédentes.

Proposant à nouveau des chapitres assez courts et alternant les points de vue des différents personnages, dont celui du meurtrier, le duo d’auteurs bruxellois livre à nouveau un polar riche en rebondissements, que l’on a beaucoup de mal à lâcher avant la fin. Le rythme est très soutenu et l’intrigue particulièrement efficace. Certaines scènes pourront peut-être heurter les âmes les plus sensibles… même si je trouve que les auteurs n’abusent pas vraiment de ce côté trash, évitant ainsi de tomber dans le gore totalement gratuit.

Si cette suite s’avère un peu plus sombre que « Jeux de mains », elle s’avère également moins bruxelloise au niveau des expressions. Les auteurs semblent en effet avoir mis un frein aux savoureuses expressions belges, qui avaient d’ailleurs fait l’objet d’un petit lexique séparé en fin d’ouvrage précédent. Si les dialogues sont donc un peu moins de chez nous (et du coup plus accessibles à nos voisins français), j’ai cependant à nouveau pris grand plaisir à reconnaître les différents endroits décrits au fil des pages et que je fréquente régulièrement et… je ferai dorénavant d’ailleurs très attention aux zakouskis d’Ivonne.

Une suite qui s’avère être une belle réussite, indispensable aux amateurs de polars, surtout s’ils sont bruxellois !

Jeux de vilains, Yves Vandeberg et Laurent Vranjes, Yves Laurent, 436 p., 18 €

Ils en parlent également : Nath & Christel, Balades en livres, Philippe, Mylène, Elodie