Archive for the Littérature Category

Donato Carrisi – L’égarée

Posted in Littérature with tags on 14 novembre 2018 by Yvan

Un modèle du genre !

Donato Carrisi - L'égaréeCe troisième tome n’est pas à proprement parler la suite du « Chuchoteur » et de « L’écorchée » et pourrait même presque se lire indépendamment des deux précédents… sauf qu’au milieu des nouveaux protagonistes, Donati Carrisi nous invite à croiser Mila Vasquez… afin de nous servir un rebondissement final pour le moins surprenant.

L’égarée dont il est question se nomme Samantha, une jeune lycéenne de treize ans, kidnappée sur le chemin de l’école et retrouvée quinze ans plus tard complètement nue sur le bord d’une route. Pour nous aider à faire toute la lumière sur cette mystérieuse disparition, l’auteur invite à suivre l’enquête d’un détective privé qui avait été engagé à l’époque par les parents de Samantha et qui semble bien décidé à résoudre cette affaire qui fait un peu tache sur son palmarès… surtout que le garçon n’a plus rien à perdre !

Vous l’aurez compris, au niveau de l’intrigue, Donati Carrisi nous sert du classique en proposant un kidnapping et une chasse au psychopathe. Si l’originalité n’est donc pas forcément au rendez-vous, l’efficacité est par contre bel et bien présente. Des chapitres courts, un rythme soutenu, une narration prenante et un twist final qui vous retourne le cerveau… un modèle du genre !

Ils en parlent également: EmOtionS, Les Lectures de Sophie, Flo & Books, La Liseuse Hyperfertile, Les Livres de K79, Lire & Courir

L’égarée, Donato Carrisi, Calmann-Lévy, 336 p., 20,90 €.

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Jane Harper – Canicule

Posted in Littérature with tags on 11 novembre 2018 by Yvan

Un polar d’ambiance prenant !

Jane Harper - CaniculePour son premier roman, Jane Harper nous propose un huis-clos dans une bourgade perdue en plein bush australien. Victime d’une canicule qui perdure depuis deux ans, ravageant les récoltes, tuant le bétail et pesant sur le moral des habitants et sur l’économie locale, Kiewarra aurait pu se passer de l’incompréhensible tuerie qui vient de frapper l’une de ses fermes et dont la petite Charlotte, âgée de 13 mois, est la seule survivante…

Vingt ans après avoir été chassé de Kiewarra en compagnie de son père, Aaron Falk se voit dans l’obligation de revenir dans son bled natal afin d’y assister aux funérailles de son ami d’enfance et de sa famille. S’il n’est déjà pas vraiment le bienvenu, le fait de commencer à enquêter sur cette horrible tragédie ne risque pas d’arranger les choses…

Outre une ambiance pesante et une communauté à cran à cause d’une canicule qui n’en finit pas, Jane Harper nous sert également un meurtre qui fait office de détonateur, faisant progressivement ressurgir les nombreux secrets enfuis au fil des ans. Alternant habilement passé et présent en utilisant deux topographies différentes, l’auteure australienne propose une intrigue particulièrement bien ficelée qui invite à découvrir la vérité sur les deux tragédies qui ont frappé cette petite communauté à vingt ans d’intervalle.

Un excellent page-turner et une auteure à suivre de près…

Ils en parlent également: Maned Wolf, Mes petits plaisirs à moi,
Livresse du Noir, Aurelitdeslivres, Lecture de Sam, Alohomora, Evasionpolar, Au détour d’un livre, Les Chroniques d’HanGee

Canicule, Jane Harper, Kero, 400 p., 19,90 €.

Laurent Gaudé – Salina, les trois exils

Posted in Littérature with tags , , on 7 novembre 2018 by Yvan

Il était une fois…

Laurent Gaudé - Salina, les trois exilsLe dixième roman de Laurent Gaudé raconte l’histoire de Salina, bébé jadis déposé dans le village du clan Djimba par un mystérieux cavalier venu d’on ne sait où. Sa vie nous est narrée par son fils alors qu’il est en route pour emmener sa mère vers sa dernière demeure, de l’autre côté de la montagne Tadma, celle que nul ne franchit…

Dès les premières pages, le lecteur est envoûté par cet univers hors du temps, riche en croyances et traditions, qui n’est pas sans rappeler l’Afrique antique. Au milieu de ce paysage aride, bercé par un soleil de plomb, Laurent Gaudé branche son projecteur sur le personnage de Salina. Entre ses premiers cris et son dernier souffle, il dresse le portrait d’une vie de souffrance, de colère, de vengeance et de courage.

Ce conte moderne rempli d’orgueil, de haine, d’amour et de sagesse est véritablement porté par la prose de Laurent Gaudé. Son incroyable talent de conteur contribue non seulement à restituer les odeurs, les sons et les images de ce monde cruel et beau à la fois, mais permet également de dresser le portrait puissant d’une femme indomptable, victime de sa condition féminine et des traditions ancestrales…

Coup de cœur !

Ils en parlent également: Lire&vous, La Livropathe, MarionBooks&Travels, BobidiBooks, LoupBouquin

Salina, les trois exils, Laurent Gaudé, Actes sud, 160 p., 16,80 €.

John Boyne – Le garçon au sommet de la montagne

Posted in Guerre, Littérature with tags , , on 4 novembre 2018 by Yvan

Comment adhérer à l’idéologie nazie…

John Boyne - Le garçon au sommet de la montagneAyant adoré l’adaptation cinématographique bouleversante du roman phare de cet auteur (« Le garçon en pyjama rayé »), l’histoire de cet autre garçon victime de la Seconde Guerre mondiale me tentait depuis un bon moment.

« Le garçon au sommet de la montagne » raconte l’histoire de Pierrot Fisher, un orphelin de père allemand et de mère française qui se voit confié à un orphelinat d’Orléans, avant d’être recueilli par sa tante. Il échappe ainsi à la montée de l’antisémitisme en France et se retrouve isolé dans une grande demeure au sommet d’une montagne bavaroise. Sa tante Béatrix s’avère en effet être gouvernante au Berghof, la résidence secondaire d’Adolf Hitler…

À l’instar du « garçon en pyjama rayé », ce roman propose donc également un aperçu de la Seconde Guerre mondiale du point de vue d’un gamin grandissant dans l’entourage des nazis et, comme l’autre garçon de John Boyne, le petit Pierrot ne réalise que progressivement les évènements qui se trament autour de lui.

Mêlant réalité et fiction, l’auteur irlandais montre la transformation de ce gamin malléable qui, ayant perdu tous ses repères, adhère progressivement à l’idéologie raciste et antisémite de cet homme charismatique qui l’accueille dans sa demeure. À travers ce roman, John Boyne illustre à merveille à quel point l’endoctrinement d’êtres faibles peu s’avérer facile…

Le garçon au sommet de la montagne, John Boyne, Gallimard, 272 p., 13 €.

Carole Fives – Tenir jusqu’à l’aube

Posted in Littérature with tags on 31 octobre 2018 by Yvan

L’incroyable courage des mères célibataires !

Carole Fives - Tenir jusqu’à l’aubePour son quatrième roman, Carole Fives raconte le quotidien d’une jeune mère célibataire qui a du mal à garder la tête hors de l’eau. Seule avec un fils de deux ans particulièrement difficile, au bord de la noyade émotionnelle, physique et financière, elle n’a droit qu’à une bouffée d’oxygène d’une dizaine de minutes chaque soir, en faisant le tour du bloc lorsque son enfant dort enfin…

En partageant la descente aux enfers de cette héroïne sans nom, l’auteure invite à découvrir l’horrible piège de la monoparentalité qui plonge tant de femmes dans la solitude, la culpabilité et la précarité. Comment élever un enfant quand on se retrouve seule, sans soutien familial, aux prises avec les huissiers et au sein d’une société qui préfère fermer les yeux que de tendre la main? Même sur le net, où elle espère trouver des réponses, voire à la limite un peu de réconfort, elle récolte surtout les avis lapidaires et les jugements incisifs d’ignorant qui l’invitent surtout à assumer…

À l’aide de phrases courtes et d’un style vif, Carole Fives retranscrit à merveille l’urgence dans lequel vit cette femme au bord de l’asphyxie. Le parallèle avec la chèvre de Monsieur Seguin, qui tire constamment sur sa corde en rêvant de liberté, est particulièrement bien trouvé et contribue également à pointer du doigt ce loup qu’est devenu notre société individualiste, qui se désolidarise des plus faibles et les dévore sans aucune pitié…

Un roman interpellant dont on ressort bouleversé, voire même fatigué d’avoir vécu le quotidien épuisant et totalement injuste d’une mère célibataire comme il y en a probablement trop…

Ils en parlent également: Mes échappées livresques, Au fil des livres, Mot Envolé, Lire&vous, Les élucubrations de Fleur, Les chroniques de Coco, Les mots de la fin, 31rst floor, Twin books, Agathe The Book

Tenir jusqu’à l’aube, Carole Fives, Gallimard, 192 p., 17 €.

Anne Mette Hancock – Fleur de cadavre

Posted in Littérature with tags on 24 octobre 2018 by Yvan

Un bon petit polar !

Anne Mette Hancock – Fleur de cadavreEtant grand amateur du genre, il suffit donc d’une banderole mentionnant que ce premier roman de la jeune auteure danoise a obtenu le « Prix de la révélation du polar danois 2017 » pour me convaincre de le lire.

Ce roman invite à suivre l’enquête d’une journaliste qui reçoit subitement des lettres énigmatiques provenant d’une femme recherchée pour le meurtre du fils d’un richissime homme d’affaires. Avec l’aide d’un policier Danois, elle va tenter de découvrir pourquoi ces lettres lui sont adressées, tout en essayant de tirer au clair ce crime datant d’une dizaine d’années.

Ce récit mêlant vengeance et secrets de famille est habilement construit, mais manque tout de même d’un peu de piment. Les informations ne sont distillées qu’au compte-gouttes et il faut donc attendre que les pièces du puzzle s’emboîtent avant de pouvoir profiter d’un final qui parvient à faire monter le suspense, tout en éclairant enfin la lanterne du lecteur. Ce « Cold Case » venant du Nord met donc un peu trop de temps à atteindre la bonne température, mais l’intrigue est bien menée et le final ne manquera pas d’en réchauffer plus d’un.

Un bon petit polar !

Ils en parlent également: Carolivre, Collectif Polar, Amicalement Noir

Fleur de cadavre, Anne Mette Hancock, Albin Michel, 372 p., 21,50€.

Guy Boley – Quand Dieu boxait en amateur

Posted in Littérature with tags , on 17 octobre 2018 by Yvan

Mon père, ce héros…

Guy Boley - Quand Dieu boxait en amateur« Quand Dieu boxait en amateur » c’est tout d’abord le plaisir de retrouver l’ambiance et les lieux du premier roman de Guy Boley : cette lessive humide qui sèche au gré du vent pendant que la forge et les locomotives rythment le quotidien des ouvriers de Besançon. Mais, « Quand Dieu boxait en amateur » c’est surtout le plaisir de retrouver la plume époustouflante de cet auteur découvert/révélé sur le (trop) tard.

« Car c’était lui, mon père, qui fut tout à la fois mon premier homme, ma première parole, ma première étincelle et ma première aurore. »

Ce récit, qui débute par le décès du père de l’auteur, remonte ensuite le temps afin de nous conter l’histoire de ce père d’origine modeste, devenu forgeron par nécessité et boxeur par obligation, ainsi que celle de son ami d’enfance, devenu abbé. Outre une belle histoire d’amitié entre deux gamins devenus inséparables, Guy Boley rend surtout un hommage vibrant à son père. Pourtant, au fil de l’adolescence, Guy Boley perdra progressivement la foi en celui qui fut jadis son Dieu, avant de la retrouver (beaucoup trop tard) et de la partager avec nous…

Si Dieu boxait visiblement en amateur, son fils écrit par contre comme un véritable professionnel, proposant une narration pleine de nostalgie, d’humour et de tendresse, construisant des phrases débordantes de poésie, d’ironie et d’émotion et ressuscitant non seulement son Dieu au fil des pages, mais également l’atmosphère, les sons et les odeurs de son enfance.

Encore un coup de cœur de cette rentrée littéraire 2018, d’ailleurs méritoirement sélectionné parmi la première sélection des candidats au Goncourt.

Ils en parlent également: Mes belles lectures, Folavril, L’instant livre, K79

Quand Dieu boxait en amateur, Guy Boley, Grasset, 180 p., 17€.