Archive for the Littérature Category

R.J. Ellory – Une saison pour les ombres

Posted in Littérature, R.J. Ellory with tags , on 8 février 2023 by Yvan

De la noirceur dans l’enfer blanc du Canada !

Une saison pour les ombresPour son dernier roman en date publié chez Sonatine, l’écrivain britannique R.J. Ellory nous emmène à Jasperville, un bled perdu dans le Nord-Est du Canada où personne n’aurait l’idée de vivre s’il n’y avait pas de minerai de fer à exploiter.

En 1984, Jack Devereaux a d’ailleurs fui cette région hostile pour refaire sa vie à Montréal. Mais, vingt-six ans après avoir quitté l’enfer blanc québécois, il reçoit un appel de la police locale qui va malheureusement l’obliger à retourner au bercail. Son jeune frère Calvis vient en effet d’être arrêté pour tentative de meurtre et, ce qui étonne le plus Jack, ce n’est pas que son petit frère ait disjoncté… mais que cela ait mis si longtemps à arriver !

C’est donc sur fond blanc que R. J. Ellory déroule sa plume foncièrement noire. Un endroit éloigné de tout où les hivers sont rudes et les étés humides et peuplés de moustiques. Un environnement propice aux dépressions et aux suicides… si vous n’y mourrez pas avant, de froid ou dévoré par des animaux affamés, allant d’une meute de loups à un ours. Et pour couronner le tout, selon les autochtones algonquiens, la région serait également peuplée de wendigos, des créatures surnaturelles, maléfiques et anthropophages que vous n’avez pas vraiment envie de croiser. Bref, l’environnement idéal pour y planter l’intrigue d’un roman noir !

« Une saison pour les ombres » n’est pas seulement un cadre hostile limitant fortement l’espérance de vie, mais également l’histoire d’un retour aux sources forcé. En cherchant à comprendre pourquoi son frère a voulu tuer cet homme, Jack Devereaux se voit en effet obligé de lever le voile sur un passé qu’il avait pourtant enfoui au plus profond. Au-delà de ce frère qu’il a lâchement abandonné à l’aube de ses douze ans et des mauvais souvenirs qu’il a choisi de laisser derrière lui, Jack avait également tourné le dos à son premier amour… et à ces nombreux corps retrouvés éventrés au fil des ans. Welcome back à Jasperville !

« – Tu penses que Dieu nous punit tous ?

– Non, répondit Henri. Les hommes se punissent tout seuls. Dieu n’est là que pour porter le chapeau. »

« Une saison pour les ombres » est donc un roman foncièrement noir, livré par un maître du genre, ainsi qu’une recherche de vérité au cœur d’un passé pas toujours bon à remuer. Un roman d’ambiance qui dresse progressivement le portrait d’une communauté isolée essayant de survivre tant bien que mal là où personne ne veut demeurer. Une intrigue qui s’immisce au sein d’une famille et d’une fratrie détruite par les drames. Un endroit où vous ne voulez absolument pas aller…sauf qu’en compagnie d’Ellory, j’y serais volontiers resté encore un peu !

Je ne sais donc pas si je dois remercier Yvan Fauth du blog littéraire EmOtionS de m’avoir aidé à résoudre cette enquête 😊

Une saison pour les ombres, R. J. Ellory, Sonatine, 396 p., 25€

Elles/ils étaient également à Jasperville : Yvan, Kitty, Stelphique, Aude, Anthony, Nadia, Aurélie, La page qui marque, Evasion polar, Ma voix au chapitre, Encore un livre

René Manzor – Du fond des âges

Posted in Littérature with tags on 4 février 2023 by Yvan

De l’excellent divertissement !

René Manzor - Du fond des âgesAprès son excellent thriller biblique « Apocryphe » et le tout aussi bon « À vif », un polar plus classique qui nous emmenait dans les tréfonds de la folie, je n’ai pas hésité un seul instant à me lancer dans ce thriller scientifique teinté de surnaturel. Je ne suis pourtant pas friand du genre, mais sachant que René Manzor aime se renouveler tout en demeurant un excellent conteur d’histoires, j’étais confiant de passer un excellent moment de lecture…et c’était bel et bien le cas !    

« Du fond des âges » invite à suivre le calvaire du célèbre glaciologue Marcus Taylor, dont le fils a disparu depuis trois ans et qui doit de surcroît se remettre d’une mission scientifique en Antarctique qui a très mal tournée l’année précédente. Envoyé au pôle Sud en compagnie d’une équipe de chercheurs afin d’y étudier une bactérie ensevelie depuis des siècles au plus profond de la glace, il sera en effet l’unique survivant de cette expédition. Lorsque tout d’un coup, son fils de huit ans réapparaît dans les rues de Christchurch, poursuivi par un russe qui cherche à l’abattre, le mystère devient total !   

René Manzor propose donc un récit à double temporalité, qui se déroule d’une part en Nouvelle-Zélande, où le lecteur cherche à comprendre d’où vient ce gamin réapparu après trois ans, et d’autre part sur une base russe perdue au beau milieu de l’Antarctique, revenant sur cette expédition mortelle qui a confronté des chercheurs à une bactérie revenue du fond des âges…

Dès la scène d’ouverture, décrivant une course poursuite effrénée dans les rues de Christchurch, entre un tueur russe et un pauvre gamin de huit ans, René Manzor cueille le lecteur avec ce récit au rythme endiablé qui se transforme très vite en véritable page-turner. Les passages au cœur de l’Antarctique raviront les amateurs de « survival » qui viennent de lire « The White Darkness » de David Grann et s’avèrent également prenants au possible, les protagonistes étant confrontés à des ennemis invisibles, allant du froid extrême à cette mystérieuse bactérie. Au fil des pages et de ces allers-retours entre la Nouvelle-Zélande et le pôle Sud, passé et présent finissent par se rejoindre, au cœur d’un récit particulièrement addictif.

Malgré un sentiment de « déjà-vu » inévitable, surtout pour ceux qui ont vu « The Thing » de John Carpenter, ce nouveau roman de René Manzor ne manquera pas de séduire et de divertir de la première à la dernière page. N’hésitez donc pas à lire du René Manzor !     

Du fond des âges, René Manzor, Calmann-Lévy, 414 p., 20,90€

Elles/ils en parlent également : Yvan, Nath, Anthony, Aude, Karine, Julie, Belette, Lilou, Laurence, Jean-Paul, Nadia, Lire et courir

 

Franck Ollivier – L’Ombre

Posted in Littérature with tags on 1 février 2023 by Yvan

Dans le cerveau d’un tueur en série !

Franck Ollivier – L’OmbreÀ San Bernardino, en Californie, le FBI est alerté par la découverte du corps supplicié d’une femme retrouvé dans le désert. Nicholas Foster, le célèbre écrivain devenu consultant pour le FBI, et l’agent spécial Michelle Ventura y voient immédiatement la signature d’un tueur en série nommé Patrick Hollmann. Ce prêtre qui a tué de nombreuses femmes dans divers pays a cependant un alibi en béton armé car il a été exécuté par l’état d’Illinois il y a plusieurs années. Tout porte donc à croire que ce crime immonde est un message destiné à Nicholas Foster… qui doit sa notoriété à plusieurs livres consacrés à ce serial killer qu’il a accompagné jusque dans le couloir de la mort.

En alternant le présent, principalement dédié à l’évolution de l’enquête, et le passé, qui permet de découvrir les liens qui se sont tissés entre les différents personnages tout en se glissant dans le cerveau du tueur en série, Franck Ollivier construit une intrigue pour le moins machiavélique qui multiplie les lieux et les personnages, sans pour autant perdre le lecteur, certes un minimum attentif. Entre ces deux temporalités qui se font constamment écho, l’auteur s’intéresse énormément à la psychologie de ses personnages, cherchant constamment l’ombre qui se dissimule entre le bien et le mal.

Malgré quelques longueurs et une fin que les plus perspicaces parviendront malgré tout à prévoir, « L’ombre » est un excellent polar que j’ai dévoré en seulement deux jours.

Vivement conseillé aux amateurs de thrillers mettant en scène des tueurs en série !

L’Ombre, Franck Ollivier, Albin Michel, 480 p., 22,90€

Elles/ils en parlent également : Fabienne, Caro, Willy, Valmyvoyou, Julie

Jérôme Camut et Nathalie Hug – Nos âmes au diable

Posted in Littérature with tags , on 28 janvier 2023 by Yvan

Et si la mort d’un enfant n’était pas le pire ?

Jérôme Camut et Nathalie Hug - Nos âmes au diableSixtine Vigier, dix ans, disparaît sur l’île d’Oléron. Alors qu’un sentiment de culpabilité dévore son père Richard, supposé la surveiller, ainsi que sa mère Jeanne, trop accaparée par son métier pour être présente, la fillette demeure introuvable. L’absence de corps entretient cependant cette petite lueur d’espoir tellement cruelle… et si la mort n’était pas ce qui pouvait lui arriver de pire ?

« Nos âmes au diable » débute certes comme une affaire de kidnapping classique, mais au fil des pages le duo d’auteurs va progressivement proposer une intrigue plus complexe et machiavélique. Si certains lecteurs ne manqueront pas de la trouver légèrement trop capillo-tractée, j’ai pour ma part surtout eu les poils qui se dressaient régulièrement d’effroi tellement j’ai tremblé avec les personnages.

En invitant à suivre en parallèle le calvaire de la gamine et la descente aux enfers de sa mère, Jérôme Camut et Nathalie Hug, que j’avais découvert au détour d’une nouvelle en lisant « Ecouter le noir », livrent un véritable page turner qui m’a happé de la première à la dernière page.

Quand on écrit à quatre mains il devient certes plus facile d’en garder une de libre pour délivrer une belle claque et j’invite donc tous les amateurs de thrillers psychologiques à tendre la joue…

Je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher votre plaisir… D. comme du tout bon polar !

Nos âmes au diable, Jérôme Camut et Nathalie Hug, Fleuve, 374p., 19,90€

Elles/ils en parlent également : Yvan, Aude, Juju, Hedwige, Nadia, Mélie, Maud, Sonia, Annick, Caro, Katia, Delphine, L’œil noir, Lire & courir, One more cup of coffee, Evasion polar

Sophie Jomain – Les perce-neige s’éveillent sous les flocons

Posted in Littérature with tags on 25 janvier 2023 by Yvan

La magie de Noël !

Sophie Jomain - Les perce-neige s'éveillent sous les floconsRassurez-vous, je ne participe pas au marathon de comédies de Noël entamé par LaBiblidOnee, je suis juste fan de Sophie Jomain (lisez « Quand la nuit devient jour »), qui m’invite régulièrement à plonger dans l’ambiance de Noël. C’était déjà le cas avec l’excellent « Les étoiles brillent plus fort en hiver » ou l’année dernière avec « Les tortues ne fêtent pas Noël sous la neige », qui importait l’ambiance de Noël au cœur des Caraïbes, dans un décor qui ne s’y prêtait pourtant pas à la base.

L’atmosphère de Noël est cette fois-ci moins artificielle car l’autrice nous emmène dans le Refuge du Perce-neige, dans le massif du Mont-Blanc. Liia Josserand et son père y élèvent une cinquantaine de rennes en semi-liberté, tout en transmettant la culture Sami aux visiteurs du gîte. Un endroit féerique qui risque malheureusement de disparaître car les résultats financiers plongent de plus en plus dans le rouge, sans parler du coût des soins médicaux du fils de Liia, atteint d’un lourd handicap dès la naissance, l’obligeant à subir des interventions chirurgicales aussi onéreuses que régulières. Peut-être que les deux hôtes très particuliers qui viennent y séjourner à l’aube de Noël pourront mettre un peu de beurre dans les épinards, surtout que le premier est un chef étoilé désireux de mettre de la viande de rennes à son menu de Noël et que l’autre, venu en traîneau tiré par ses propres rennes, prétend s’appeler Nicolas Clauss…

Au menu de cette nouvelle comédie de Noël, Sophie Jomain (« Et tu entendras le bruit de l’eau », « M’asseoir cinq minutes avec toi ») nous sert à nouveau une belle romance et des personnages hauts en couleur extrêmement attachants, le tout saupoudré de ce brin d’humour dont elle a le secret. Outre ces ingrédients traditionnels que l’on retrouve avec plaisir, elle y ajoute une bonne dose de résilience et un brin de tolérance, à l’image de cette maman courageuse qui se plie en quatre pour offrir le meilleur avenir possible à ce gamin différend, victime de malformations du visage, qui souffre surtout du regard des autres et d’un manque de confiance en soi.

Au final, je ne sais pas si c’est la magie de Noël qui a opéré ou celle de la plume de Sophie Jomain, mais si vous êtes en manque de neige à cause du réchauffement climatique ou que vous avez besoin d’une bonne dose de « Feel Good » débordant de tendresse, je vous invite à enfiler vos Moon Boots pour rejoindre le Refuge du Perce-neige sous une avalanche de flocons.

Les perce-neige s’éveillent sous les flocons, Sophie Jomain, Charleston, 304 p., 19€

Elles/ils en parlent également : Suzie, Livre sa vie, Marine, A la page des livres, Fabienne, La Bibliojoe, Laure, Aurore

Philippe Besson – Ceci n’est pas un fait divers

Posted in Littérature with tags , on 21 janvier 2023 by Yvan

Le féminicide n’est pas un fait divers !

Philippe Besson - Ceci n’est pas un fait divers« Papa vient de tuer maman. »

À l’inverse du « happy-end » américain, Philippe Besson livre une grosse claque d’entrée en débutant son nouveau roman par ces cinq mots qui retiennent immédiatement toute l’attention du lecteur. Une phrase courte, percutante et lourde de sens, prononcée au téléphone par une gamine de treize ans qui vient d’assister à l’innommable qui se cache derrière ces cinq mots. À l’autre bout du fil, la vie du grand frère de dix-neuf ans vient de basculer. C’est lui qui encaisse l’onde de choc qui accompagne cette phrase, qui va remonter le fil de sa vie pour chercher les indices qui permettraient d’expliquer l’inexplicable, qui va sauter dans le premier train afin de recoller les quelques morceaux qu’il reste de cette famille volée en éclats et qui va se transformer en narrateur afin de mettre des mots et surtout des sentiments sur cet événement qui, pour lui, est tout sauf un simple fait divers !

À l’instar de David Lelait-Helo dans son excellent « Je suis la maman du bourreau », Philippe Besson (« Paris-Briançon ») se glisse dans la peau des victimes collatérales d’un crime. Tandis que le médecin légiste examine le corps de cette mère tuée de dix-sept coups de couteau par son mari, Philippe Besson se livre à l’autopsie de sa famille, décortiquant les prémices et les conséquences du drame avec une précision quasi chirurgicale. Des signes précurseurs, allant d’une jalousie excessive à de la violence psychologique, aux répercussions du drame, en passant par l’escalade des violences conjugales et les lâchetés de ceux qui ne sont pas intervenus, Philippe Besson fouille le passé et analyse le présent, pointant non seulement du doigt ce fait de société qui alimente trop souvent la page des faits divers de l’actualité, mais sortant surtout de l’ombre ces victimes invisibles dont on ne parle pas : ces proches traumatisés, endeuillés et meurtris à jamais !

Ce qui me séduit à chaque fois dans les romans de Philippe Besson, c’est l’élégance de sa narration, qu’il combine cette fois à l’intelligence de ne pas en faire trop, de ne pas rechercher les effets de style afin de décrire ce sujet délicat avec pudeur et grande justesse. Laissant de côté les envolées issues de ses propres tripes qui m’ont tellement séduit lors de ses ouvrages plus intimes, l’auteur de « Arrête avec tes mensonges » pose ici ses mots avec grande délicatesse sur les blessures d’un autre. S’imposant des limites à ne pas franchir, des libertés à ne pas saisir, comme une sorte de retenue qui s’impose vis-à-vis de ce récit inspiré de faits réels qu’il désire conserver au plus près de la réalité tout en se l’appropriant avec brio, Philippe Besson s’attaque au féminicide d’une plume alliant sobriété et sensibilité.

Non, le féminicide n’est pas un fait divers !

Ceci n’est pas un fait divers, Philippe Besson, Julliard, 208 p., 20€

Elles/ils en parlent également: Anthony, Frédéric, Sonia, Karine, Kitty, Stelphique, Baz’Art, Rose, Célittérature, Elodie

Amélie Antoine – Pourquoi tu pleures ?

Posted in Amélie Antoine, Littérature with tags , on 14 janvier 2023 by Yvan

Lisez Amélie Antoine !

Amélie Antoine - Pourquoi tu pleures ?Amélie Antoine (« Le bonheur l’emportera », « Le jour où », « Sans elle ») fait partie de ces auteurs qui parviennent à se glisser dans un quotidien qui pourrait être le vôtre, avec une aisance incroyable. Puis, une fois à l’intérieur, de sa plume incisive, elle gratte là où ça fait mal, sondant l’âme des occupants, libérant des sentiments cachés au plus profond, dévoilant leur face cachée, elle vous piétine le cœur avant de vous délivrer un uppercut final qui vous met définitivement à terre.

Si, du coup, je n’hésite jamais à me ruer sur ses romans, il y a cependant une chose que je déteste chez elle : le fait de ne quasi pas pouvoir vous parler du roman afin de ne pas gâcher votre plaisir de lecture. Vu qu’un simple « Lisez-le ! » serait un peu trop sommaire, je vais tout de même faire une tentative de vous parler de « Pourquoi tu pleures ? » sans rien dévoiler de l’intrigue.

La petite famille qui a cette fois la mauvaise idée d’ouvrir sa porte à Amélie Antoine est composée de Lilas Colombel, une jeune maman, Maxime, l’homme de sa vie, et Zélie, leur petite fille de quatre mois qui vient parachever ce véritable conte de fées. En ce 18 juin 2022, Lilas étant un peu sur les rotules à cause de la petite qui fait ses dents, son mari, on ne peut plus bienveillant, lui propose de souffler un peu : Il se rendra seul avec Zélie à la pendaison de crémaillère de son collègue pendant que Lilas profitera d’une petite soirée en solitaire bien méritée, faite d’un bon bain relaxant, d’une assiette de sushis et de beaucoup de repos. Sauf qu’au petit matin, totalement paniquée, elle téléphone à la police car Maxime et Zélie ne sont jamais rentrés…

Passant constamment de ce présent qui démarre par un événement pour le moins flippant au passé de Lilas livré sous forme de carnets intimes, Amélie Antoine livre progressivement tous les éléments qui permettront de lever le voile sur cette mystérieuse disparition. Au fil des pages, elle nous invite à partager le quotidien du couple, à remonter dans leur passé, retirant un peu de vernis à gauche, dévoilant quelques taches de moisissure à droite, quelques manquements ici et là. Le lecteur se balade, constatant en effet que la maison s’avère déjà moins belle vue de l’intérieur, aperçoit un mur arriver droit devant et se le prend en pleine face, se dit qu’il évitera cette marche défaillante qu’il vient de remarquer, mais les dévale finalement toutes la tête la première. Se dit merde, il faisait tellement lumineux en entrant, mais là ça devient vachement sombre, termine à peine sa pensée et se prend une nouvelle porte en plein dans la tronche, puis trébuche une nouvelle fois sans être certain de pouvoir se relever… Amélie Antoine, le regarde alors totalement hébétée en demandant : « Mais… Pourquoi tu pleures ? »

« Pourquoi tu pleures ? » est un thriller psychologique prenant, que l’on dévore de la première à la dernière page avec l’envie de découvrir toutes les pièces de ce puzzle machiavélique, oppressant, dérangeant et glaçant au possible.

Lisez « Raisons obscures », lisez « Quand on n’a que l’humour », lisez Amélie Antoine !

Pourquoi tu pleures ?, Amélie Antoine, Muscadier, 282 p., 19,50€

Elles/ils lisent également Amélie Antoine : Juju, Audrey, Laurence, Mes échappées livresques, Cindy, Elodie, Lily, Maman nature