Archive for the Littérature Category

Mathias Malzieu – Le guerrier de porcelaine

Posted in Guerre, Littérature with tags , on 22 janvier 2022 by Yvan

Le journal de son père !

Mathias Malzieu - Le guerrier de porcelaineAprès l’excellent « Journal d’un vampire en pyjama », où Mathias Malzieu racontait son combat contre une maladie rare qui lui imposait des transfusions de sang régulières en attendant de trouver un donneur compatible pour une greffe de moelle osseuse, l’auteur se glisse dans la peau de son père, lors des derniers mois de la Seconde Guerre mondiale.

C’est le 3 juin 1944 que le petit Mainou, 9 ans, perd sa mère. Son père, combattant dans la Résistance, ne pouvant s’occuper de lui, décide de l’envoyer chez sa grand-mère, dans une petite ferme en zone occupée. Après avoir franchi illégalement la ligne de démarcation dissimulé dans une charrette à foin, le gamin est accueilli par sa grand-mère, sa tante Louise et son oncle Émile, chez qui il devra vivre caché des Allemands jusqu’à la fin de la guerre…  

S’inspirant de l’histoire familiale pendant la Seconde Guerre mondiale, Mathias Malzieu invite à vivre les derniers mois de cette guerre dans la clandestinité et à hauteur d’enfant. A travers le regard de ce gamin qui doit faire le deuil de sa mère tout en vivant cloîtré dans une ferme entourée de nazis, l’auteur redonne vie à sa famille tout en prenant des libertés avec la réalité.

Des bondieuseries de sa tante Louise au grand cœur de son oncle Émile, en passant par la belle Sylvia qui hante ses rêves et cette grand-mère aussi sévère qu’aimante, Mathias Malzieu livre une galerie de personnages foncièrement attachants que l’on découvre au fil des pages…tout comme le petit Mainou.  

Malgré la monotonie d’un quotidien qui consiste principalement à rester planqué sans faire de bruit ou à se retrancher dans la cave lors des bombardement réguliers, l’auteur parvient à livrer un roman intime débordant d’humour, de justesse, de tendresse et de poésie, où l’innocence et le merveilleux de l’enfance, combiné à la bienveillance des proches, prennent finalement le dessus sur la noirceur de l’époque et la perte de cette maman…

Le guerrier de porcelaine, Mathias Malzieu, Albin-Michel, 237 pages, 19,90 €.

Ils en parlent également : Audrey, Lily, Karine, Lili, Elodie, Laurence, Petite étoile livresque, Evasion polar, Valmyvoyou lit

Jetez également un œil au making-of :

Alex Schulman – Les Survivants

Posted in Littérature with tags on 19 janvier 2022 by Yvan

Les non-dits d’une famille dysfonctionnelle !

Alex Schulman – Les SurvivantsCe premier livre traduit en français de l’auteur à succès suédois Alex Schulman est une fiction inspirée d’éléments autobiographiques.

« Les Survivants » débute en compagnie de trois frères venus disperser les cendres de leur mère sur le lac près de la maison de vacances de leur enfance. Un endroit qui rappelle beaucoup de souvenirs, ainsi qu’un terrible drame dont ils ne préfèrent pas parler…

Pourvu d’une construction légèrement déstabilisante qui entremêle deux temporalités, celle du présent relaté à rebours, de 23h59 à 0h00, et celle du passé relatant les souvenirs d’enfance de Benjamin, des vacances dans la maison du lac jusqu’au décès de sa mère, ce roman nous conduit progressivement vers l’endroit où les deux trames se télescopent. Une construction originale qui peut certes déboussoler, mais qui permet également d’entretenir le suspense concernant la tragédie qui a frappé cette famille, tout en apportant un éclairage final bouleversant qui donne tout son sens au récit.

« Les Survivants » est l’histoire d’une famille dysfonctionnelle qui s’est construite sur un drame enfoui. L’histoire de trois frères qui ont, chacun à leur manière, essayé de laisser ce passé derrière eux mais qui, en entreprenant ce voyage vers la maison de vacances de leur enfance, retournent inévitablement vers ce passé qui les lie autant qu’il les sépare. Une époque où trois enfants élevés par des parents démissionnaires étaient abandonnés à leur sort. Trois gamins privés d’amour parental, qui ont eu beaucoup de mal à se (re)construire au fil des années, toujours hantés par cette tragédie…

Dès les premières pages, l’atmosphère pesante et poisseuse installée par l’auteur fait ressentir un malaise au lecteur. Un sentiment qui s’accentue au fil des chapitres, des révélations et des nombreux non-dits sensés taire les secrets de cette famille. Les indices sont pourtant là dès le début, titillant la curiosité du lecteur et l’incitant à tourner les pages jusqu’à cette révélation finale qui apporte soudainement un nouvel éclairage à l’ensemble.

« Les Survivants » est l’histoire bouleversante de trois enfants ayant survécu tant bien que mal à un terrible traumatisme au cœur d’une famille dysfonctionnelle.

Les Survivants – Alex Schulman, Albin Michel, 304 p., 19,90€

Lisez également : le très bon « Ce qu’il faut de nuit » de Laurent Petitmangin, l’excellent « Leurs enfants après eux » de Nicolas Mathieu et mon immense coup de cœur pour  « Il est des hommes qui se perdront toujours » de Rebecca Lighieri.

Ils en parlent également : Caroline, Aude, Annick, Lola, Pamolico

Violaine Bérot – Comme des bêtes

Posted in Littérature with tags , on 15 janvier 2022 by Yvan

Une réalité dévoilée par un conte !

Violaine Bérot - Comme des bêtesCoup de cœur pour ce merveilleux conte dont je dois absolument vous parler, mais sans en révéler trop afin de ne pas en briser la magie !

« Comme des bêtes » c’est l’histoire d’un randonneur qui découvre une petite fille de 6 ou 7 ans, totalement nue, accompagnée d’une espèce de colosse, qui se rue sur lui en grognant lorsqu’il fait mine de vouloir s’approcher. La peur au ventre, il détale au plus vite de cette montagne et part prévenir les autorités… 

« Comme des bêtes » c’est tout d’abord une enquête menée par la gendarmerie, visant à dévoiler la vérité qui se dissimule derrière cette scène pour le moins étrange. Un roman choral à la construction remarquable qui multiplie les témoignages des villageois, venus nous éclairer sur les us et les coutumes de ce bled perdu des Pyrénées aux habitants parfois étranges…

« Comme des bêtes » c’est également l’histoire d’une femme venue vivre à l’écart d’un petit village reculé de haute montagne, en compagnie de son fils simple d’esprit, que les locaux surnomment « l’Ours ». Véritable force de la nature, incapable de prononcer le moindre mot, il évite tout contact avec les autres, dont il craint la compagnie…

« Comme des bêtes » c’est surtout une légende, celle de la grotte aux fées, dont certains habitants se souviennent vaguement, ne sachant plus très bien si les fées venaient kidnapper les bébés ou recueillaient seulement ceux qui étaient abandonnés…  

« Comme des bêtes » c’est une romancière qui s’indigne tout d’abord contre les injustices de cette société obnubilée par la normalisation, qui ne laisse pas de place à la différence, pour finalement conclure son roman par une véritable claque, en révélant la réalité atroce qui se dissimule derrière ce conte poétique.

Comme des bêtes, Violaine Bérot, Buchet-Chastel, 160 p., 14 €

Ils en parlent également : Mumu, Audrey, Jean-Christophe, Julie, Sandrion, Karine, Joëlle, Domi, PatiVore, Héliéna, Chantal, Soubresaut, Ecri’turbulente, Librairie de Clermont, Dealer de lignes, Page après page, Joëlle

Philippe Besson – Paris-Briançon

Posted in Littérature with tags , on 12 janvier 2022 by Yvan

Le nouveau crime de l’Orient- Express?

Philippe Besson - Paris-BriançonAprès m’avoir bouleversé avec son excellent roman autobiographique « Arrête avec tes mensonges », Philippe Besson profite de cette rentrée littéraire 2022 pour m’inviter à bord d’un train de nuit entre Paris et Briançon.

A bord de l’Intercités de nuit n°5789, il fait tout d’abord les présentations : un médecin, une mère de famille, un hockeyeur, un VRP, un couple de sexagénaires retraités et une bande de cinq étudiants… sans oublier de mentionner un certain Giovanni Messina, qu’il présentera plus tard. Il annonce également d’entrée de jeu que tous les personnages n’arriveront pas vivant à destination. Ne sachant pas trop si je vais assister à un remake du crime de l’Orient- Express d’Agatha Christie, je décide de monter à bord…

Me voilà au cœur d’un huis-clos, entouré de personnages que rien ne relie et filant vers les montagnes alpines à bord d’un train-couchettes plutôt désuet. Étonnamment, cette ambiance nocturne, combiné à la difficulté de trouver le sommeil, semble inciter les gens à faire connaissance, à nouer des liens, voire même à se confier et à partager quelques secrets. Allez hop, je m’installe confortablement, j’enlève mes chaussures et j’allonge mes jambes sur la banquette… merci de m’avoir invité Philippe, je suis très bien là !

Philippe Besson a l’art de brosser des personnages attachants et de décortiquer leurs sentiments avec minutie. Au fil d’échanges profondément humains il met ses personnages à nu, tout en soulignant la fragilité de nos vies en abordant les thèmes de la fatalité et du hasard. Au-delà du suspense qui nous maintient éveillé durant tout le trajet, tout en nous tenant en haleine jusqu’à la dernière seconde, l’auteur nous oblige à faire le deuil de certains passagers, transformant ce qui s’annonçait être un bon polar…en petit coup de cœur émouvant !

Paris-Briançon, Philippe Besson, Julliard, 208 p., 19 €

Ils étaient également à bord du Paris-Briançon : Juju, Rose, Mateiva, MatatouneMarco

Titiou Lecoq – Les grandes oubliées : pourquoi l’histoire a effacé les femmes

Posted in Littérature with tags on 10 janvier 2022 by Yvan

Une autrice qui remet les pendules à l’heure !

Titiou Lecoq - Les grandes oubliéesAvec « Je suis une femme sans histoire », Alice Zeniter s’amusait déjà à démontrer que la littérature a toujours été une affaire d’hommes. Avec « Les Grandes Oubliées », l’essayiste Titiou Lecoq porte encore un peu plus haut le flambeau du mouvement féministe.

Pourquoi les femmes sont elles absentes de nos manuels d’histoire ? S’agit-il d’un oubli, d’une omission, voire carrément d’un effacement volontaire ? À travers ce roman, l’autrice propose une relecture chronologique et radicale de l’histoire, de la préhistoire jusqu’à nos jours, redonnant une voix et une place à ces femmes « oubliées »… la place qu’elles méritent et pas seulement celle que les hommes ont bien voulu leur donner.   

Appuyant cet éclairage féminin sur un travail de recherche rigoureux et saupoudrant le tout d’un ton léger et délicieusement cynique, Titiou Lecoq livre un récit accessible et didactique, qui démontre que les droits des femmes n’ont pas toujours progressé au fil des siècles, bien au contraire, et que leur combat est encore loin d’être terminé.

En retirant le féminin des métiers exercés de son dictionnaire et en décidant que le masculin l’emporterait toujours sur le féminin pour l’accord des adjectifs, l’Académie Française aura également contribué à asseoir la supériorité du genre masculin… jusque dans cette belle langue que l’autrice utilise à merveille pour nous démontrer le contraire.

Les grandes oubliées : pourquoi l’histoire a effacé les femmes, Titiou Lecoq, L’Iconoclaste, 325 p., 20,90€

Ils (et surtout elles) en parlent également: Olivia, Fanny, Moka, Catherine, Ally, Marie-Eve, Liza, Eve, Des pages et des lettres, Votre fille chérie, Ô Grimoire, Topobiblioteca, Itzamna Librairie, Branchés culture 

Romans : Le Bilan de 2021

Posted in DIVERS, Littérature with tags , , on 1 janvier 2022 by Yvan

Bilan livres 2021Après une nouvelle année parsemée de confinement, mais heureusement assez riche en lectures, le moment est venu de faire un petit bilan sur mes lectures de 2021… et de peut-être vous donnez quelques idées de lectures avant la rentrée littéraire.

Je tiens d’ailleurs à remercier tous les blogueurs et tous les lecteurs Babelio qui m’ont permis de découvrir toutes ces pépites.

Si je devais résumer cette année de lecture en 5 points, ce seraient les suivants :

  • Si votre PÀL déborde et que vous n’avez de la place que pour un seul roman en plus, n’hésitez pas et prenez « Des diables et des saints » de Jean-Baptiste Andrea ! Perso, je le prendrais même avec sur une île déserte !
  • Je croyais avoir fait le tour des récits sur Auschwitz, mais c’était avant d’avoir lu « Si c’est un homme » de Primo Levi. Si vous ne devez lire qu’un seul roman sur les camps de concentration, c’est probablement celui-ci.
  • Ce qui s’est passé en Afghanistan cette année est terrible et des pépites tels que « La laveuse de mort » de Sara Omar ou « Que sur toi se lamente le Tigre » d’Emilienne Malfatto font bien d’y dénoncer la condition féminine…
  • Le vaccin COVID a probablement des effets secondaires car me voilà fan de Brittainy C Cherry (« Eleanor & Grey« ), qui écrit des histoires d’amour pour ados, tout en proposant des couvertures originales qui ne vous invitent pas seulement à reposer ses romans, mais à les jeter le plus loin possible. Merci de tester et de confirmer si vous êtes également vaccinés…
  • Merci aux auteurs de « Goldorak » de m’avoir replongé en enfance, tout en me redonnant goût à la bande dessinée. Ah, nostalgie, quand tu nous tiens !

Bonne lecture et tous mes meilleurs vœux pour 2022 !

Mes coups de cœur de 2021 :

Jean-Baptiste Andrea – Des diables et des saints Grégoire Delacourt – L’Enfant réparé Karine Giebel – Glen Affric
Agnès Martin-Lugand – La Datcha Séjal Badani – La passeuse d’histoires Marie Vareille – Ainsi gèlent les bulles de savon
Franck Thilliez – 1991 Amélie Nothomb – Premier sang R.J. Ellory – Le carnaval des ombres
Sorj Chalandon – Enfant de salaud Marie Vingtras – Blizzard Laetitia Colombani – Le cerf-volant
 width= Nathacha Appanah – Rien ne t’appartient Michael Christie – Lorsque le dernier arbre
Valentine Stergann – Les ours mal léchés s’apprivoisent à Noël Brittainy C Cherry – Eleanor & Grey Niklas Natt och Dag – 1794
Caroline Laurent – Rivage de la colère Guillaume Sire – Avant la longue flamme rouge Sara Omar – La Laveuse de mort

Les autres très bonnes lectures :

Virginie Grimaldi – Les possibles Chahdortt Djavann – Et ces êtres sans pénis! Solène Bakowski – Rue du Rendez-vous
Chuck Wendig – Les Somnambules Claire Norton – Celle que je suis Yoann Iacono – Le Stradivarius de Goebbels
Mohamed Mbougar Sarr – La plus secrète mémoire des hommes Amélie Antoine – Le bonheur l’emportera Julien Sandrel – Vers le soleil
Clara Dupont-Monod – S’adapter Delphine Horvilleur – Vivre avec nos morts Sophie Jomain – M’asseoir cinq minutes avec toi
Anne Berest – La carte postale Marie-Sabine Roger – Dernière visite à ma mère Michel Bussi – Code 612. Qui a tué le Petit Prince?
David Diop – La porte du voyage sans retour Anna McPartlin – Sous un grand ciel bleu Luca Di Fulvio – Mamma Roma
Thibault Bérard – Il est juste que les forts soient frappés Pedro Correa – Matins Clairs, Lettre à tous ceux qui veulent changer de vie Laurent Mauvignier – Des hommes
Jean-Claude Grumberg – Jacqueline Jacqueline Mathieu Menegaux – Femmes en colère Marie-Aude Murail – Simple
Richard Powers – Sidérations Aki Shimazaki – Sémi Émilienne Malfatto – Que sur toi se lamente le tigre

Excellent, mais découvert sur le tard :

Haruki Murakami – Le Meurtre du Commandeur Markus Zusak – La voleuse de livres Luis Sepúlveda – Le vieux qui lisait des romans d’amour
Primo Levi – Si c’est un homme Négar Djavadi – Désorientale Larry Tremblay – L’orangeraie
Karine Giebel – Juste une ombre Serena Giuliano – Mamma Maria Bernard Minier - Une putain d'histoire
Akira Mizubayashi – Âme brisée Pierre Lemaître – Trois jours et une vie David Vann – Sukkwan Island

Encore une dose de bons polars pour les amateurs :

René Manzor – A Vif A.J. Kazinski et Thomas Rydahl – La mort d’une sirène Michel Bussi – Rien ne t’efface
Ane Riel – Résine Chrystel Duchamp – Le sang des Belasko Yves Laurent – Jeux de vilains
François-Xavier Dillard – Prendre un enfant par la main Raphaël Passerin – Le cas Van Noorden Olivier Bal – La Forêt des disparus

Une seule BD…mais un immense coup de cœur :

Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac, Guillo – Goldorak

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2020 !

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2019 !

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2018 !

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2017 !

David Vann – Sukkwan Island

Posted in Littérature with tags on 25 décembre 2021 by Yvan

Un huis-clos particulièrement sombre !

David Vann - Sukkwan IslandC’est après avoir lu « Blizzard » de Marie Vingtras, que j’ai eu envie de lire cet autre huis-clos à ciel ouvert sur les terres hostiles de l’Alaska. J’avais déjà été séduit par « Aquarium » de l’auteur, mais pour une inexplicable raison, je n’avais pas encore lu ce best-seller, Prix Médicis étranger 2010, qui a révélé l’auteur.

« Sukkwan Island » est une île isolée du sud de l’Alaska, où Jim décide d’acheter une cabane, afin d’y passer du temps avec son fils de 13 ans. Conscient d’avoir totalement loupé sa vie et éprouvant le besoin de prendre du recul, il espère pouvoir se débarrasser de ses démons intérieurs tout en renouant avec ce fils qu’il a négligé aux fils des divorces. Un séjour de quelques mois sur cette île déserte qui s’annonce physiquement… et mentalement éprouvant !

Si comme cet homme divorcé vous vous attendez à une bonne dose de nature writing, parsemé de complicité entre un père et son fils pêchant le saumon et coupant du bois pour affronter l’hiver, passez votre chemin car c’est bel et bien un huis-clos particulièrement sombre que nous sert David Vann. Le calme et le silence sont certes au rendez-vous de cette vie au grand air, mais les silences et les non-dits entre cet adulte brisé et cet ado qui se cherche encore créent immédiatement une ambiance pesante qui n’annonce rien de bon… et fait même craindre le pire !

Dès les premières pages, le lecteur se sent mal à l’aise en compagnie de cet homme dépressif et pitoyable, puis accompagne cette descente aux enfers angoissante au cœur d’une névrose qui n’épargne rien ni personne. Malgré le grand air, j’ai terminé ce voyage dévastateur qui nous plonge jusqu’aux tréfonds de l’âme humaine totalement asphyxié. J’ai par contre trouvé que la première partie du roman, dont la conclusion m’a laissé bouche bée, se suffisait à elle-même et que la deuxième partie poussait le bouchon inutilement trop loin.

Sukkwan Island, David Vann, Gallmeister, 212 p., 18€

Lisez également : « La Route » de Cormac McCarthy, « Blizzard » de Marie Vingtras ou « Dans la forêt » de Jean Egland.

Ils en parlent également : Hugues, Aude, Mes échappées livresques, Chinouk, Pierre, Culture VSNews, Lanie, Yan, Laila, Papillon, The Eden of Books, Anne-Sophie, Sylire, Moby, Cathulu, Cynic, Un coin de blog, Bladelor, Pamolico, Bouquins de poches en poches, Lydia