Archive for the [Angoulême 2008] Category

Guy Delisle – Chroniques Birmanes

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, One-shots, Shampooing, [Angoulême 2008], [Avancé], [DL 2007] with tags , , on 9 mars 2010 by Yvan

Guy Delisle - Chroniques BirmanesAprès avoir raconté ses séjours en Chine et en Corée dans « Shenzhen » et « Pyongyang », Guy Delisle offre un aperçu d’un autre pays totalitaire, le Myanmar (la Birmanie). Par rapport aux deux ouvrages chez l’Association, la situation de Guy Delisle a quelque peu évolué étant donné qu’il est passé d’un célibataire opérant dans le cadre de son travail à un père de famille accompagnant son épouse en mission sur place pour MSF. C’est sous cette nouvelle perspective et donc un peu plus dans un rôle de ‘touriste’, qu’il partage ce séjour de 14 mois en Birmanie. C’est donc plus un récit de voyage qu’une véritable investigation que nous offre cet album qui vient s’ajouter à la bien belle Collection Shampooing (« Trois Ombres ») de Delcourt.

Guy Delisle donne donc tout simplement un aperçu de sa vie quotidienne en tant que simple accompagnateur et homme au foyer. Une accumulations d’anecdotes intéressantes de la vie de cet expatrié, ainsi que les (més)aventures d’un père au foyer. Certes, l’ouvrage distille des informations intéressantes sur le Myanmar et ses habitants, mais d’un point de vue un peu trop ‘touristique’ et sans vraiment surprendre le lecteur. La lecture s’avère donc très agréable, emplie d’humour et d’autodérision, mais le côté ‘spectateur distant’ est un peu frustrant. Le dessin décalé est d’une grande lisibilité et malgré son apparence ‘simpliste’, il parvient tout de même à distiller énormément d’informations, d’émotions et de non-dits.

Retrouvez cet album parmi les titres sélectionnés au Festival d’Angoulême 2008 !

Sfar/Trondheim & Larcenet – Donjon Parade T5

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, K.BD, Manu Larcenet, Séries, [Accessible], [Angoulême 2008], [DL 2007], [En cours] with tags , on 9 mars 2010 by Yvan

Sfar/Trondheim & Larcenet - Donjon Parade T5Cinquième tome de cette série parallèle qui se situe chronologiquement entre les tomes 1 et 2 de la série « Donjon Zenith ». Comme les autres tomes de cette série qui fait explicitement référence aux Mickey Parade, celui-ci n’a pas pour but de faire avancer l’univers «Donjon», mais de nous distraire avec ses personnages. Donc, même si ce tome nous fait voyager à travers le monde de «Donjon», en nous emmenant à Cochonville et Poissonville, ce sont les personnages qui demeurent l’intérêt majeur de cette saga totalement burlesque. De ce côté-là, la surprise est que, pour une fois, cet album de « Donjon Parade » n’est pas construit autour d’Herbert et Marvin, mais autour du sympathique Grogro. J’adore ce personnage et le fait de lui attribuer ici le rôle d’un redoutable guerrier à la technique de combat infaillible est judicieusement burlesque. De plus, en plaçant cet écervelé en tandem avec Zongo, les auteurs nous livrent un duo aussi stupide qu’amusant. Au niveau du graphisme, le trait minimaliste de Larcenet demeure très efficace, avec quelques non-dits et scènes muettes dont il a le secret. Notons qu’il s’agit ici du dernier tome de « Donjon Parade » dessiné par Larcenet.

donjon sfarLisez également l’avis de Lunch sur K-BD !

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Julien Neel – Chaque chose

Posted in BANDES DESSINÉES, DIVERS, Franco-Belge, Gallimard, K.BD, One-shots, [Accessible], [Angoulême 2008], [DL 2006] with tags , on 9 mars 2010 by Yvan

Julien Neel - Chaque choseGrand fan de la petite « Lou! » et conquis depuis longtemps par cette collection Bayou de Gallimard (« Aya de yopougon », « Le local », « RG »), la lecture de ce one-shot de Julien Neel était pour moi quasiment inéluctable.

D’une approche plus introspective que « Lou! », « Chaque Chose » va aborder ces petites choses de la vie sur lesquelles il est parfois bon de s’attarder. C’est avec grande sensibilité que Julien Neel nous offre ici une parenthèse assez personnelle dédiée à son père. A l’instar de Larcenet dans « Le combat ordinaire », l’auteur va parvenir à exprimer les non-dits entre un père et son fils de façon profondément humaine, parsemé de tendresse et d’humour.

La construction, basée sur des allers-retours entre deux histoires qui semblent initialement distinctes, est également une des forces de ce récit. Cela permet à Julien Neel de décrire un moment fort de sa vie présente sur l’écho d’une vie antérieure. Les fondus et les transitions entre les deux périodes s’effectuent avec maestria.

Au niveau du graphisme, on est bien loin des couleurs pastels assez flash de « Lou! ». Les tons sont plus neutres, le trait plus hachuré et les arrière-plans plus ombrageux. Le résultat est donc plus brute, plus sombre, mais les personnages (en particulier le costume de nounours) permettent de garder une certaine légèreté tout au long de l’album.

Retrouvez cet album parmi les titres sélectionnés au Festival d’Angoulême 2008 !

Julien Neel - Chaque choseLisez également l’avis sur K.BD !

Jules Feiffer – Je ne suis pas n’importe qui

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Futuropolis, Intégrales, [Angoulême 2008], [DL 2007], [Sans super-héros] with tags , on 26 février 2010 by Yvan

Jules Feiffer - Je ne suis pas n'importe quiElla est ramoneuse de cheminée et rêve de ce glamour dont elle s’imprègne à l’occasion de soirées solitaires devant le petit écran. En la transformant en star de cinéma, la bonne fée du quartier répond à ses aspirations les plus chères et transforme sa vie en un tourbillon de cocktail parties, publicités et noubas. Etant donné ses capacités, Harold Swerg pourrait être le meilleur en tout. Etonnamment, il préfère continuer à gagner sa vie comme simple employé de classement. Etant le seul habitant de la lune, Georges s’ennuie profondément au milieu de ses cailloux et de ses cratères. Walter Fay, quant à lui, est un malaimé qui se sent déçu, ignoré, rejeté ou trahi par les autres. Malgré ses quatre ans, Munro est convoqué pour son service militaire. En bon patriote, ce petit garçon qui ne sait même pas attacher un bouton tout seul, s’en va jouer au soldat.

Jules Feiffer n’est pas n’importe qui ! Fort de cinquante ans de bandes dessinées publiées dans de nombreux journaux américains, d’une vingtaine de livres et d’autant de pièces de théâtre et de scénarios de films, cet ancien collaborateur de Will Eisner a reçu le Prix Pulitzer pour ses dessins de presse en 1986 et a été récompensé par l’Académie américaine des arts et des lettres en 1995. Ce recueil de six histoires, réalisées dans les années 50-60 et traduites par François Cavanna (le créateur de Charlie Hebdo), permet de découvrir cet auteur injustement méconnu dans l’Hexagone. C’est de manière intelligente et à l’aide d’antihéros souvent narcissiques que l’auteur y philosophe sur la place de l’homme dans la société.

Le premier récit (Passionella), oscillant entre Missy et Cendrillon, vient ainsi parodier la superficialité du monde du showbiz, tandis que le second fait une satire du nationalisme et du conformisme. La lune de Georges offre une brillante réflexion sur les origines et le territoire. Initialement publié dans la revue Playboy, La machine solitaire aborde le thème de l’isolement en s’intéressant à cet homme qui ne parvient pas à être lui-même dès qu’il est mis en présence d’autres personnes. Adapté en dessin animé (couronné de l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation), Munro met le doigt sur la bêtise et l’illogisme de l’appareil militaire, alors que La relation est un pantomime fataliste sur la vie de couple.

Les documents originaux de ces récits n’étant plus disponibles, les planches reproduites dans ce livre sont des fac-similés des éditions US. Grâce à l’utilisation d’un dessin d’une grande sobriété qui colle parfaitement au style discursif des scénarii, l’effet négatif sur la qualité graphique ne porte heureusement pas trop à conséquence. Datant de plus d’un demi-siècle, les fables humoristico-philosophiques de Feiffer n’ont rien perdu de leur justesse. Une œuvre intemporelle qui se parcourt certes trop vite, mais dont le plaisir de lecture perdure.

Linda Medley – Château l’attente

Posted in BANDES DESSINÉES, Ca et Là, Comics, Intégrales, [Angoulême 2008], [DL 2007], [Sans super-héros] with tags , on 26 février 2010 by Yvan

Linda Medley - Château l'attenteNominé au festival d’Angoulême 2008, « Château l’attente » surprend premièrement par son apparence : quelques 460 pages épaisses à la reliure cousue, marque page en tissu rouge et un format compact qui demande à être pris en main. La grande classe de la part de l’éditeur Cà et Là pour cette version française de cet ouvrage de Linda Medley.

L’histoire débute comme celle que nombreux parents lisent au coin du lit de leurs enfants afin de les endormir : il était une fois la Belle au bois dormant qui, victime d’un mauvais sort, tomba dans un sommeil de 100 ans. Heureusement le Prince Charmant passa par là, réveilla la princesse d’un baiser magique. Les deux s’en allèrent sur un beau cheval blanc, furent très heureux et eurent beaucoup d’enfants. Mais bon, imaginez qu’arrivée à la fin de l’histoire, les enfants insomniaques lancent un «Et après ?» qui abandonne les parents bouche bée. Et bien, heureusement pour vous, Linda Medley est maintenant là pour vous sauver la mise.

Car Linda Medley ne se contente pas seulement de narrer l’histoire de la Belle au bois dormant de manière humoristique et plus moderne, elle va par la suite raconter ce qui est arrivé aux personnages secondaires de la fameuse fable. Le lecteur va ainsi pouvoir découvrir la destinée des seconds rôles comme l’intendant, les dames de compagnie de la Princesse et autres villageois et membres du château. De plus, Linda Medley va incorporer de nombreux clins d’œil amusants à d’autres contes de fées à son histoire. Passant d’un personnage à l’autre, l’auteur va ainsi livrer un récit sans véritable fil rouge et sans véritable but, mais très agréable à lire. Certes, ces nombreuses digressions contiennent forcément quelques longueurs, mais dans l’ensemble la lecture de ces quelques 460 pages est très divertissante. Graphiquement, le dessin noir et blanc n’atteint jamais des sommets, mais ce style sans fioriture et très clair sied parfaitement à ce type de récit.

Bref, une revisite très sympathique et amusante d’un conte connu, à lire au coin du feu.

Chabouté – Construire un feu

Posted in BANDES DESSINÉES, Chabouté, Franco-Belge, One-shots, Vents d'Ouest, [Accessible], [Angoulême 2008], [DL 2007] with tags , on 25 février 2010 by Yvan

Chabouté - Construire un feuTout comme Jirô Taniguchi, qui rendit hommage au célèbre écrivain Jack London dans « L’homme de la Toundra » avec une histoire de chercheurs d’or affrontant le blizzard du grand nord, Christophe Chabouté s’attaque ici à l’un des classiques de la littérature américaine en adaptant la célèbre nouvelle de l’auteur de «Croc Blanc».

Démarrant sur une préface nécessaire à l’installation du contexte, le scénario, comme gelé par le froid environnant, avance lentement, rythmé par une voix-off exprimant les pensées de plus en plus pessimistes et emplies d’angoisse de cet homme prisonnier d’un enfer glacé. L’histoire se résume en deux mots, l’issue est connue d’avance et pourtant, Christophe Chabouté parvient à accrocher le lecteur.

L’ambiance de cette bande dessinée, qui en incitera beaucoup à relancer leur feu ouvert d’une bonne buche, n’y est sûrement pas étrangère. Alors qu’on était surtout habitué aux décors sombres de Chabouté, c’est d’un manteau de neige d’une blancheur extrême qu’il recouvre ici chacune de ses planches. Un découpage à l’aide de grandes cases d’une grande lisibilité et qui met l’accent sur chacun des petits gestes de cet homme qui tente de survivre face aux forces de la nature. Une impression de ralenti qui accentue encore ce silence funèbre que le lecteur n’interrompt que pour tourner les pages de ce splendide album.

Le seul défaut de ce one-shot étant probablement qu’il se lit aussi vite que les allumettes de cet homme en proie au froid du Grand Nord canadien se consomment.

Retrouvez cet album parmi les titres sélectionnés au Festival d’Angoulême 2008 !

Peeters – RG

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Gallimard, [Accessible], [Angoulême 2008], [DL 2007] with tags , on 18 février 2010 by Yvan

Peeters RGElle commence à avoir de la gueule cette collection Bayou de chez Gallimard avec des titres aussi divers qu’excellents, comme « Le local », Aya de yopougon, « Capucin » et maintenant ce « RG ». C’est d’ailleurs le directeur de collection, Joann Sfar, qui est à l’origine de ce projet qui unit le talentueux Peeters (Lupus, Koma, Pilules Bleues) à un véritable flic de terrain.

Dragon travaille pour les renseignements généraux (RG) et son expérience en tant que flic se ressent dans ce polar. Indics, planques, coups fourrés, investigations de terrain, anecdotes, magouilles, … tout cela sent le vécu.

Mais, cette histoire en un tome va également montrer l’homme qui se cache derrière l’enquêteur, et, qui de mieux que Peeters pour faire ressortir ce côté humain ? Dénué d’actions explosives qui viennent souvent agrémenter des policiers américains souvent médiocres, ce récit va se concentrer sur le quotidien de ces hommes qui œuvrent dans l’ombre de notre société, en toute discrétion.

Ajoutez à cela une bonne petite touche d’humour grâce à la présence des agents spéciaux Tarby et Kohl du F.B.I. et le dessin efficace de Peeters, pourvu d’une colorisation qui nous livre quelques ambiances parisiennes très agréables, et on ne peut que se réjouir de l’annonce d’une suite intitulée «Bangkok-Belleville».