Archive for the Maladie Category

Virginie Grimaldi – Les possibles

Posted in Littérature, Maladie, Virginie Grimaldi with tags , , on 29 mai 2021 by Yvan

Un papa qui s’efface !

Virginie Grimaldi - Les possiblesQuand un nouveau Grimaldi sort en librairie, cela donne à peu près le même effet que lorsqu’une petite vieille balance ses vieux morceaux de pain dans un parc rempli de pigeons : ils se ruent tous dessus ! Le « Feel Good » n’a beau pas être mon genre de prédilection, quand un Grimaldi sort, et bien, moi aussi, inévitablement, je roucoule !

« Les possibles » ce sont à nouveau des personnages plus vrais que nature, emmenés par Juliane, la narratrice qui, suite à l’incendie accidentel de la maison de son père, se voit un peu obligée d’accueillir ce dernier chez elle. Fan de hard rock et passionné par les indiens, Jean s’avère assez original sur les bords et perturbe immédiatement l’équilibre et le quotidien parfaitement huilé du foyer de Juliane. Mais, ce qui l’inquiète encore plus, c’est qu’elle a l’impression que son père commence tout doucement à perdre un peu la boule…

Lire un Grimaldi, c’est s’installer en compagnie de ses personnages, que l’on considère très vite comme des proches. Comment ne pas s’attacher à cette mère de famille dont la chanson préférée s’avère être « Killing in the name » de Rage Against the Machine ? Comment ne pas fondre face à la relation quasi fusionnelle entre Jean et son petit-fils Charlie ? Comment ne pas pouffer de rire lors des joutes verbales entre Jean et son ex-femme ou face à la relation conflictuelle qu’il entretient avec Monsieur Colin, le voisin amère de Juliane ?

Malgré l’humour et la légèreté, lire un Grimaldi c’est également faire le plein d’émotions. Si Juliane décrit sa cohabitation avec ce paternel dont les souvenirs s’effacent inéluctablement avec énormément d’auto-dérision, elle le fait également avec beaucoup de tendresse et de justesse. D’une plume délicate et sincère, elle aborde des thèmes délicats tels que la maladie et la vieillesse, tout en nous parlant d’amour et de l’importance de la famille.

Virginie GrimaldiEt que durent les moments doux », « Quand nos souvenirs viendront danser », « Tu comprendras quand tu seras plus grande », « Il est grand temps de rallumer les étoiles », « Chère Mamie au pays du confinement ») rend donc une nouvelle fois service en procurant à ses nombreux fans un moment de bonne humeur, léger et débordant d’humanité… et c’est en imaginant tous ces amateurs de « Feel Good » en train d’écouter la playlist de ce roman, une guitare électrique imaginaire à la main et en plein headbanging, que je referme également cet ouvrage le sourire aux lèvres, prêt à roucouler lors de la parution du prochain Grimaldi !

Les possibles, Virginie Grimaldi, Fayard, 378p., 19,50€

Ils en parlent également : Stéphanie, Juju, Marine, Petite étoile livresque, Anouk, Amandine, Emiline, A la page des livres, Tiffany, Nath, Mes mots sur les leurs, Balades en livres, Clem, Culture VSnews, Eole, Elodie, Lisez en moi, Nadine, Angélique, Les pages qui tournent

Christelle Saïani – Lumière

Posted in Littérature, Maladie with tags , on 14 mars 2021 by Yvan

Un hymne à la vie !

Christelle Saïani - LumièrePour son premier roman Christelle Saïani nous invite à faire la connaissance d’Ambre, une jeune femme victime d’une rupture amoureuse aussi brutale qu’inexpliquée. En proie à une souffrance profonde, elle ne supporte plus de croiser Olivier, ce voisin qui respire le bonheur en compagnie de sa femme et de ses deux enfants. Un jour, exaspérée, elle lui déverse toute sa frustration, mais découvre bien vite que derrière cette joie de vivre se cache un drame terrible… Ce sera pour eux le début d’une très belle amitié…

La couverture de ce roman résume parfaitement son contenu. Tout d’abord ce fond noir, qui donne immédiatement le ton et préfigure du contenu peu réjouissant de ce récit, qui aborde des thèmes extrêmement douloureux tels que le chagrin d’amour, la dépression, la maladie et le deuil. Puis il y a ce titre, lumineux, qui s’installe au diapason de l’approche foncièrement positive que l’autrice réserve à ces sujets particulièrement sombres. Christelle Saïani s’attelle en effet à livrer un véritable hymne à l’amour, à la famille et à l’amitié en proposant une leçon de courage parsemée d’espoir.

Ce roman choral alterne les points de vue en donnant la parole aux trois personnages principaux au fil des chapitres. Si le lien entre Ambre, Léo (l’ingénieur en robotique sous-marine qui la largue via SMS) et Olivier (le voisin) m’a semblé un peu trop artificiel et pas assez solide au début, l’auteure finit par développer une très belle relation entre Ambre et Olivier. La plume de l’auteure, emplie de poésie et de métaphores, s’avère très riche, voire même un peu trop travaillée lors des premières pages, et accompagne avec brio ce récit qui ne manquera pas de toucher ses lecteurs.

Lumière, Christelle Saïani, Librinova, 189 p., 12,90€

Ils en parlent également : Frédéric, Ju lit les mots, Audrey, Eve, Ma voix au chapitre, Valmyvoyou lit, Caroline, Mélodie, Maman Nature, Jean-Paul, Mots dire sans haine, Cannetille, Page après page

Marie Vareille – Le syndrome du spaghetti

Posted in Littérature, Maladie with tags , , , on 11 novembre 2020 by Yvan

MVP -> Marie Vareille Power !

Marie Vareille - Le syndrome du spaghettiAyant adoré « La vie rêvée des chaussettes orphelines », je n’ai pas longtemps hésité à m’attaquer à ce nouveau roman de Marie Vareille au titre à nouveau très drôle et très intrigant… même si à la base c’est un roman jeunesse et que cela fait un petit temps que je ne le suis plus !

« Le syndrome du spaghetti » invite à suivre les baskets de Léa, 16 ans, passionnée de basket, tout comme son père, son meilleur ami Nico et moi-même. Jusqu’au jour où un drame vient bousculer cette vie d’adolescente insouciante axée autour du ballon rond, balayant subitement tous ses rêves et tous ses projets.
Le second spaghetti qui sera victime du syndrome imaginé par Marie Vareille se nomme Anthony, 17 ans, abandonné par son père et issu d’un monde totalement différent de celui de Léa. Un quartier difficile où la délinquance est légion, mais où un petit terrain de basket va leur permettre de s’unir autour d’une même passion…

L’équipe alignée par Marie Vareille pour affronter les aléas de la vie est attachante au possible. De la combativité de Léa à la carrure d’Anthony, en passant par la disponibilité d’Amel, l’auteure propose une brochette de personnages aussi complémentaires qu’attachants, qui vont grandir et se découvrir au fil des pages.

J’ai beaucoup aimé ce roman particulièrement touchant, qui aborde des thèmes délicats tels que le deuil, la maladie, l’amitié, l’adolescence et l’amour, avec énormément de délicatesse, de justesse et de légèreté.

Un peu de douceur dans ce monde de brutes… Me voilà définitivement fan de Marie Vareille !

Le syndrome du spaghetti, Marie Vareille, Pocket Jeunesse, 288 p., 17,90€

Ils en parlent également : Ma toute petite culture, Muffins & books, Tiffany, Satine’s books, Des mots aux livres, Djihane, BBB’s Mum, Mon rêve d’été, Langue de chat, BookMotion, Manika, Justine

Sébastien Spitzer – La Fièvre

Posted in Littérature, Maladie with tags , on 20 septembre 2020 by Yvan

L’écho du passé !

Sébastien Spitzer – La FièvreAyant adoré « Ces rêves qu’on piétine », qui abordait les derniers jours du régime nazi sous un angle original et intéressant, je n’ai pas hésité à lire ce nouveau roman de Sébastien Spitzer qui fait étonnamment écho à l’actualité du moment !

Comme il l’explique dans sa postface, le sujet du roman lui est venu en essayant de découvrir l’origine du fou-rire particulièrement contagieux d’Elvis Presley lors d’un de ses concerts. Si je vous invite à découvrir cette performance live du King que le regretté Eric Laforge adorait passer le matin sur Classic21, me mettant chaque fois de très bonne humeur, Sébastien Spitzer s’est néanmoins très vite éloigné de sa quête initiale. Scrutant la vie d’Elvis, il est finalement tombé à Memphis… logique… mais en 1878 !

Du coup, l’auteur nous plonge à la fin du dix-neuvième siècle, quelques années après la fin de la Guerre de Sécession et l’abolition de l’esclavage, à l’aube de l’apparition de cette mystérieuse épidémie de fièvre jaune, qui a en grande partie décimé cette ville portuaire qui verra naître le célèbre roi du rock’n’roll des années plus tard. Si le thème principal évoqué par le titre du roman fait inévitablement écho à la pandémie de Covid19 qui sévit actuellement, la scène d’ouverture donnera cependant envie de mettre un genou à terre en levant le poing bien haut. Le fond historique prend en effet soin de nous rappeler que la libération des esclaves en 1965 n’était pas forcément du goût du KKK et de la plupart des gens du Sud… #BlackLivesMatter

Outre une histoire basée sur des faits réels et des thèmes forts et extrêmement actuels, Sébastien Spitzer donne surtout vie à des personnages qui insufflent énormément d’humanité au récit. De la petite Emmy, métisse épileptique à la recherche de son père, au directeur raciste du journal local, en passant par l’attachante Anne Cook, tenancière du plus beau bordel de la ville, le lecteur suit des personnages confrontés à une épidémie qui sème non seulement la mort et la panique, mais qui révèle surtout progressivement le pire et le meilleur de l’humanité…

Ce très bon roman démontre une nouvelle fois l’incroyable capacité de cet auteur à faire renaître le passé à travers des personnages parfaitement ciselés !

La Fièvre, Sébastien Spitzer, Albin Michel, 320 p., 19,90€

Ils en parlent également: La culture dans tous ses états, Charlotte, Sonia, Anouk, My pretty books, Koryfée, Julie, Tours & culture, Knut, Un livre après l’autre, Ophélie, Envie de partager les livres, Brice, Page après page, Des plumes et des livres, Valmyvoyou litNath

Mathias Malzieu – Journal d’un vampire en pyjama

Posted in Littérature, Maladie with tags , , on 26 avril 2020 by Yvan

Combat contre Dame Oclès !

Mathias Malzieu - Journal d’un vampire en pyjamaFin 2013, ne respirant pas la grande forme, Mathias Malzieu décide d’effectuer une prise de sang. Malheureusement pour lui, ses symptômes ne sont pas dû à un coup de fatigue, mais à une maladie rare nommée aplasie médullaire idiopathique, qui nécessite des transfusions de sang régulières en attendant de trouver un donneur compatible pour une greffe de moelle osseuse. De chimio en chambre stérile, les médecins surveillent dès lors attentivement ses globules blanches, ses globules rouges et ses plaquettes… sous le regard attentif de Dame Oclès !

Ce roman servi sous forme de journal intime raconte le combat de Mathias Malzieu contre cette maladie qui le transforme en vampire en pyjama, errant dans les couloirs des hôpitaux de transfusions en traitements. Cette plongée dans le monde hospitalier déborde heureusement d’autodérision et d’espoir, évitant ainsi au lecteur de sombrer en pleine dépression. Offrant une belle leçon de courage et d’optimisme, l’auteur en profite également pour rendre hommage au corps médical, sans qui il ne serait probablement plus là.

Le seul point négatif de ce roman que j’ai dévoré en une seule journée est que je ne suis pas vraiment fan de cet environnement hospitalier… c’est d’ailleurs la première fois que je dois m’allonger les jambes en l’air en lisant un roman afin de ne pas tomber dans les pommes… notamment lors de l’épreuve du harpon du myélogramme…

Un coup de cœur !

Journal d’un vampire en pyjama, Mathias Malzieu, Albin Michel, 240 p., 18€

Ils en parlent également : Folavril, Mes échappées livresquesMa toute petite cultureStelphique, MarinePause polars, My pretty booksPetite plumeLa chouette bouquine, Eve, Anne-Sophie, EnnaCamille, Emma, Lula, MagaliLivresque 78, Ibidouu, Les cibles d’une lectrice à viséeLivraisons littéraires, Des miettes entre les pages, Nos amis les motsQuai des prosesLittéart

Gavin’s Clemente-Ruiz – Le club des feignasses

Posted in Littérature, Maladie with tags , on 1 août 2018 by Yvan

Quand la mort rapproche de la vie !

Gavin's Clemente Ruiz - Le club des feignassesSi la couverture invite à s’allonger dans un transat en bord de mer, le cocktail servi par l’auteur est cependant composé de médicaments utilisés dans le cadre d’une cure de chimiothérapie. Le club dont il est question réunit en effet des personnes dont le seul point commun est qu’on vient de leur diagnostiquer un cancer. Au revoir la légèreté et le moment de détente que semblait promettre le titre et place à un récit qui tombe dans le pathos et le larmoyant ?

Pas du tout, car l’auteur a beau aborder un sujet peu réjouissant à la base, il le fait avec légèreté et beaucoup d’humour, en compagnie de personnages bien décidés à se serrer les coudes et à ne pas se laisser abattre par la maladie. Le plus grand challenge du lecteur sera d’ailleurs de passer outre ce positivisme exagéré et cette abondance de bons sentiments, qui transforment certes ce livre au sujet délicat en roman feel-good, mais l’éloigne par la même occasion de la réalité… à l’image de cette infirmière qui effectue une danse du crabe devant des patients venus faire leur première chimio.

Afin de passer un bon moment de lecture, il faut donc pouvoir accepter cette approche pleine d’autodérision. Une fois cette barrière franchie, on s’attache très vite à ces personnages qui partagent progressivement leurs fêlures et leurs faiblesses, sous une devise commune qui résume immédiatement le ton du récit : « Croix de bois, croix de fer, si je meurs c’est d’un cancer! »

Si personne ne rêve de faire partie de ce « Club des feignasses », il ne manque cependant pas de séduire. La légèreté promise par le titre y est de rigueur, permettant à ses membres d’affronter la maladie avec une incroyable joie de vivre, sans mettre l’accent sur la mort, mais sur la vie. Le chemin parcouru est certes celui de la maladie, mais surtout celui de la solidarité, de la tendresse, du rire et de l’humanité, proposant ainsi une bouffée d’oxygène malgré un sujet sensible.

Si les émotions sont inévitablement au rendez-vous de cette lecture, celles-ci atteignent leur comble lors des remerciements de l’auteur. Cette partie où il nous parle de son propre vécu est forcément plus ancrée dans la réalité et du coup beaucoup plus émouvante…

Dans le même genre, lisez surtout « Les derniers jours de Rabbit Hayes » d’Anna McPartlin.

Sophie Daull – Camille mon envolée

Posted in Littérature, Maladie with tags , on 16 mars 2018 by Yvan

Des mots afin de combler le vide…

Sophie Daull - Camille mon envoléeCe roman raconte l’histoire de Camille, seize ans et toute la vie devant elle… jusqu’à cette fièvre soudaine et violente, traitée comme une mauvaise grippe, dont l’adolescente ne se relèvera jamais. Pour la maman, c’est le vide, aussi soudain qu’éternel, impossible à combler… puis le besoin d’écrire, afin de prolonger un peu la présence… et ne pas oublier…

Autant vous prévenir illico, ce témoignage courageux et profondément intime n’est pas agréable à lire. Sophie Daull s’y adresse directement à sa fille, retraçant les quatre jours ayant précédé sa mort, ainsi que les semaines qui ont suivi. Si le récit est poignant au possible, le besoin de régulièrement refermer le livre est également présent, car rien que s’imaginer vivre une telle injustice à travers les mots de l’auteure est déjà trop douloureux.

Les personnages ne sont pas vraiment travaillés, mais ce n’est franchement pas nécessaire car tout parent qui se respecte s’identifie inévitablement à cette mère et ne peut sortir que bouleversé de cette lecture. Même le style n’a plus forcément d’importance lorsque les mots n’existent pas pour décrire ce genre de peine…

« Nous n’avons pas de nom. Nous ne sommes ni veufs, ni orphelins. Il n’existe pas de mot pour désigner celui ou celle qui a perdu son enfant ».