Anne-Laure Baudoux – L’aube sera grandiose

Posted in Littérature with tags on 23 mai 2018 by Yvan

Les révélations d’une mère !

Anne-Laure Baudoux - L’aube sera grandiose« L’aube sera grandiose » invite à suivre l’histoire d’une fille qui se fait quasiment kidnapper par sa mère à la sortie du lycée, pour se rendre dans une cabane perdue au bord d’un lac. La jeune adolescente, qui devait se rendre à la fête du lycée, se retrouve subitement isolée en compagnie d’une maman qui a visiblement décidé que l’heure des révélations était arrivée…

En lisant ce roman de littérature jeunesse, j’ai tout d’abord pris grand plaisir à plonger dans l’ambiance et les références des années 70 et 80. Outre ce côté nostalgique particulièrement agréable pour ceux qui ont connu cette époque, l’auteure livre également une histoire de famille très touchante. Anne-Laure Baudoux propose d’une part des personnages attachants et tient d’autre part habilement ses lecteurs en haleine en dévoilant les nombreux secrets de famille au compte-goutte.

Ce récit qui parle d’héritage et des rapports mère-fille alterne les flashbacks, qui reviennent sur le passé de la famille, au présent, qui permet de découvrir les réactions de l’adolescente. L’écriture est fluide et le livre se lit d’une traite, même si la fin et les retrouvailles promises dès le début s’avèrent quelque peu frustrantes.

Une lecture très agréable !

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Hervé Commère – Sauf

Posted in Littérature with tags on 16 mai 2018 by Yvan

Une vie construite sur des mensonges…

Hervé Commère - Sauf« Sauf » invite à suivre les pas de Mathieu, un brocanteur de Montreuil dont la vie bascule le jour où une inconnue vient déposer un album photo à son dépôt-vente. Rien de bien extraordinaire, sauf que cet album remet toute son existence en question… car il est censé avoir brûlé quarante ans plus tôt, lors de l’incendie qui emporta ses parents, ainsi que tous ses souvenirs…

Hervé Commère nous livre donc un personnage principal en quête de vérité, qui tente de reconstruire le puzzle de son existence au fil des pages. Le mystère qui entoure cet album photo s’épaissi progressivement, emmenant le lecteur de surprises en surprises, en compagnie de personnages auquel il s’attache très vite. Le récit est certes légèrement capillo-tracté et tout n’est pas toujours crédible, mais cette narration en chapitres courts et rythmés, systématiquement pourvus d’un cliffhanger prenant, ne manque pas de happer le lecteur de la première à la dernière page.

Un bon petit polar !

Aurélie Valognes – Au petit bonheur la chance !

Posted in Littérature with tags on 9 mai 2018 by Yvan

Grandir sans sa maman !

Aurélie Valognes - Au petit bonheur la chance !« Au petit bonheur la chance ! » invite à suivre la destinée pas forcément joyeuse du petit Jean, six ans en 1968. Confié à sa grand-mère maternelle pour quelques jours, afin de donner le temps à sa mère de s’installer à Paris, le pauvre gamin passera finalement la majeure partie de son enfance à Granville chez Mémé Lucette…

La complicité qui s’installe au fil des pages entre cette Mamy au grand cœur, mais pas vraiment commode, et ce petit bout inévitablement attachant est incontestablement émouvante. Les deux vont progressivement s’adopter, apprendre à se connaître et développer un lien qui ne manquera pas de toucher le lecteur.

Ce roman nous plonge également au début des années 70, à une époque où avoir une télévision ou un lave-linge tenait encore du grand luxe et où l’émancipation des femmes n’était qu’à ses débuts. En ne proposant que le point de vue de Jean, qui ne comprend forcément pas pourquoi sa mère l’abandonne, l’auteure nous prive malheureusement des raisons qui poussent cette mère à abandonner son fils, ainsi que d’une meilleure compréhension des conséquences de la condition féminine de l’époque.

Ce récit « feel-good » se lit donc avec beaucoup d’aisance, tout en proposant plusieurs passages touchants, mais n’ayant pas su apprécier/comprendre cette mère qui délaisse totalement son fils et n’étant pas nécessairement nostalgique de cette époque que je n’ai pas vraiment connue, je ne garderai pas un souvenir impérissable de ce roman (un peu trop) léger, qui m’a cependant offert un bon moment de détente.

Gaëlle Josse – Une longue impatience

Posted in Littérature with tags on 2 mai 2018 by Yvan

Un second mariage amer…

Gaëlle Josse - Une longue impatience« Une longue impatience » partage la longue attente d’une mère dont le fils de seize ans a mis les voiles. Veuve de pêcheur, elle s’est remariée avec un homme de bonne famille, véritable bouée de sauvetage, amoureux d’elle depuis l’enfance, mais malheureusement incapable de la partager avec ce fils, témoin encombrant d’une vie antérieure et rappel permanent de cet autre homme qui l’a jadis possédée…

La patience n’étant pas ma plus grande vertu et ce récit étant de surcroît très féminin, j’ai donc entamé cette lecture avec un sérieux handicap. Tout en nous propulsant dans un village breton au début des années 50, Gaëlle Josse donne la parole à une mère torturée par la disparition de son fils. Ex-femme de marin, habituée à l’incertitude et à la solitude, le regard porté vers la mer, elle ne peut cependant faire face à la vague d’émotions qui la submerge. Outre l’absence insupportable, elle doit en effet également vivre avec la culpabilité de ce choix, qui l’a poussée à vivre tiraillée entre l’amour inconditionnel d’une mère envers son fils et l’adoration salvatrice de cet homme qui lui a offert une seconde vie. Le lecteur a donc droit à l’errance solitaire d’une femme malheureuse, privée de son fils et pointée du doigt par des habitants qui la jalousent d’avoir pu troquer son malheur contre un foyer luxueux… au sein duquel elle ne s’est malheureusement jamais sentie à sa place.

Si Gaëlle Josse dresse le portrait bouleversant d’une mère noyée par le chagrin, elle entrecoupe régulièrement cette narration empreinte de mélancolie de lettres adressées au fils disparu, jetées telles des bouteilles à la mer… porteuses d’un ultime et infime espoir de retrouvailles joyeuses. L’attente n’étant pas vraiment mon point fort, j’ai éprouvé du mal à ne pas ressentir quelques longueurs en cours de lecture, tout en prenant plaisir à profiter de chacune des phrases issus de cette magnifique plume alliant poésie et finesse… Une écriture sublime qui a su me convaincre de prendre tout mon temps et mon mal en patience… Une longue mais très belle impatience…

Karine Giebel – Toutes blessent, la dernière tue

Posted in Littérature with tags , on 25 avril 2018 by Yvan

Tama, la cendrillon des temps modernes…

Karine Giebel - Toutes blessent, la dernière tueCe pavé de Karine Giebel invite à suivre deux histoires en parallèle :

– Celle de Tama, jeune marocaine arrachée à sa famille à l’âge de huit ans afin d’être exploitée en tant que boniche dans la France d’aujourd’hui.
– Celle de Gabriel, tueur professionnel impitoyable, dont la vie se retrouve à nouveau bouleversée le jour où il découvre une jeune femme grièvement blessée et amnésique dans son écurie.

Si Karine Giebel livre des personnages particulièrement forts et également assez ambigus, il est impossible de ne pas s’attacher à cette jeune esclave des temps modernes, dont on partage les souffrances physiques et mentales et que l’on aimerait sauver de ce cauchemar quotidien totalement révoltant. À travers la destinée de cette enfant, l’auteure invite à prendre conscience de l’existence d’un esclavage moderne, où des êtres humain sont exploités de manière non rémunérée et privés de tous droits, dans des conditions inhumaines et à un âge tout bonnement écœurant.

Si la noirceur est indéniablement au rendez-vous de de roman qui n’épargne pas grand-chose au lecteur, l’amitié, l’entraide et même l’amour viennent heureusement offrir une lueur d’espoir et réchauffer le cœur du lecteur. Ce dernier, se retrouve inévitablement happé de la première à la dernière page par ce récit totalement addictif, qui alterne brillamment les destinées de Tama et Gabriel.

Un coup de cœur !

Martha Hall Kelley – Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux

Posted in Guerre, Littérature with tags , on 18 avril 2018 by Yvan

Trois regards sur l’horreur !

Martha Hall Kelley - Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureuxCe premier roman à trois voix (féminines) de Martha Hall Kelly propose trois visions différentes de la Seconde Guerre Mondiale.

Les trois narratrices qui permettent à l’auteure d’alterner les points de vue tout au long du récit sont une américaine qui travaille bénévolement pour l’ambassade de France, une polonaise prisonnière du camp de concentration de Ravensbrück et une allemande qui y travaille comme médecin.

En suivant les destins de ces trois femmes de 1939 aux années 60, le lecteur découvre non seulement la manière dont elles ont chacune vécu l’horreur de la guerre, mais également les conséquences sur leur vie d’après-guerre.

Ce roman qui s’inspire de personnages et de faits réels plonge inévitablement le lecteur au cœur de l’atrocité, mais propose également une magnifique histoire d’amour, d’amitié, de courage et de solidarité, tout en levant le voile sur des événements moins connus, tels que ces jeunes filles charcutées au nom de la science, que l’on surnomme les « lapins » de Ravensbrück.

Un premier roman poignant et une auteure à suivre de près !

Lisez également « Kinderzimmer » de Valentine Goby.

Mathieu Menegaux – Un fils parfait

Posted in Littérature with tags on 11 avril 2018 by Yvan

Un système judiciaire imparfait !

Mathieu Menegaux – Un fils parfaitLe fils parfait dont il est question dans ce roman de Mathieu Menegaux se nomme Maxime. Il est beau, intelligent et père de deux enfants, dont il s’occupe souvent afin d’offrir à sa femme la possibilité de s’épanouir professionnellement. Bref, un portrait familial proche de la perfection, mais un rêve qui va tourner au cauchemar lorsque Daphné découvre que Maxime profite de ses absences à l’étranger pour abuser de leurs deux gamines…

Ce cauchemar est livré sous forme de lettre, écrite par Daphné à sa belle-mère, dans une tentative désespérée de lui raconter sa version des faits, tout en essayant de démontrer que son fils est finalement bien plus proche d’un monstre que de la perfection. Ce roman, qui aborde le sujet difficile de l’inceste, propose donc le combat d’une mère qui se bat pour sauver ses filles du prédateur qu’elle a épousé, mais c’est également un livre qui permet à l’auteur de dénoncer les failles d’un système juridique français qui a tendance à se retourner contre les victimes d’abus sexuels.

Malgré un épilogue un peu trop rocambolesque, l’engrenage dans lequel se retrouve cette pauvre mère de famille s’avère aussi prenant que révoltant. Le lecteur ne peut s’empêcher de tourner les pages de cette fiction qui met en avant le combat de nombreuses femmes, impuissantes face à leurs agresseurs, mais également face à une justice qui leur tourne trop souvent le dos.

Une lecture conseillée, qui invite à sortir le hashtag « MeToo »…