Jeff Lemire et Andrea Sorrentino – Old Man Logan, Folie furieuse

Posted in Comics, Marvel Now, Panini, Séries, Wolverine, [Avec super-héros], [DL 2017], [En cours] with tags , on 26 janvier 2018 by Yvan

Old Man Logan reprend du service !

Jeff Lemire et Andrea Sorrentino - Old Man Logan, Folie furieuseJe lis beaucoup moins de bandes dessinées et de comics qu’avant, mais il y a certains titres qu’il est difficile de laisser passer sans sauter dessus. En étant non seulement écrite par l’excellent Jeff Lemire et en reprenant de surcroît le personnage principal de l’incontournable « Old Man Logan » de Mark Millar et Steve McNiven, cette nouvelle saga devait inévitablement finir entre mes mains.

Cette série imaginée par Jeff Lemire et dessinée par Andrea Sorrentino, se situe donc après l’épisode de Secret Wars signé Brian Michael Bendis et Andrea Sorrentino, qui avait permis au vieux Wolverine de Mark Millar de s’immiscer dans l’univers Marvel actuel. Le duo qui avait déjà étalé tout son talent lors du relaunch de « Green Arrow », fait une nouvelle fois mouche en invitant à suivre les premiers pas de ce vieux Logan désabusé, qui se retrouve à poil dans les rues de New York, ne comprenant pas trop où il a atterri, mais se rendant vite compte que son futur n’a pas encore eu lieu. Il décide donc fort logiquement de tout mettre en œuvre afin d’éviter que ce monde ne connaisse les mêmes désastres que le sien. Afin d’empêcher que ce futur n’arrive et de sauver sa femme et ses enfants d’une mort certaine, il décide d’assassiner un vilain de seconde zone appelé le Butcher, ainsi que Bruce Banner, Mysterio et Crâne Rouge. Tout un programme !

Le premier point fort de cette saga est de retrouver un héros torturé et affaibli par les années, mais déterminé à changer ce futur où il a perdu ceux qui lui sont chers. L’autre point fort est le talent d’un Jeff Lemire, capable de nous plonger dans les pensées les plus sombres de son personnage, renforçant ses émotions à coups de flash-backs montrant les horreurs qu’il a subies. De plus, Andrea Sorrentino, qui avait déjà œuvré avec Jeff Lemire sur « Green Arrow » et qui avait déjà mis l’épisode de Secret Wars en images, livre à nouveau une excellente prestation, notamment au niveau du découpage.

Un album qui mérite donc une petite place dans mon Top comics de l’année !

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Cédric Mayen et Lucy Mazel – Edelweiss

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, One-shots, Vents d'Ouest, [DL 2017], [Grand public] with tags on 24 janvier 2018 by Yvan

Une histoire d’amour qui atteint des sommets !

Cédric Mayen et Lucy Mazel - EdelweissCe roman graphique débute par la rencontre entre Edmond, ouvrier à l’usine Renault, et Olympe, jeune femme férue d’alpinisme, issue d’une famille aisée, lors d’un soir d’été en 1947. Si lui rêve de conquérir le cœur de sa dulcinée et d’ascension sociale, elle rêve de conquérir le sommet du Mont Blanc, tout comme son aïeule Henriette d’Angeville. Ensemble, ils connaîtront l’amour et les aléas de la vie…

Cédric Mayen livre une histoire d’amour parsemée d’embûches, mais en évitant de tomber dans les pièges du genre, tout en abordant plusieurs thèmes intéressants en toile de fond, allant de la lutte pour l’émancipation des femmes à la différence des classes, en passant par les dangers de la montagne. De plus, au fil des années, il parvient à donner plus d’épaisseur à ses deux personnages principaux. Du coup, le lecteur s’attache progressivement à ce couple, partage ses peines et ses moments de bonheur.

Visuellement, ce one-shot fait mouche dès la couverture. Le dessin de Lucy Mazel, déjà fort séduisant lors de l’album « Communardes ! – Les éléphants rouges », gagne encore en maturité, tout en parvenant à allier élégance, poésie, lisibilité et expressivité.

Bref, un très beau récit, que ce soit au niveau du scénario ou du graphisme, que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année.

Ils en parlent également: Moka, Noukette, Mes échappées livresques

Wilfrid Lupano et Paul Cauuet – Les Vieux Fourneaux, La Magicienne (Tome 4)

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, Séries, Wilfrid Lupano, [DL 2017], [En cours], [Grand public] with tags , on 19 janvier 2018 by Yvan

Les secrets de Sophie !

Wilfrid Lupano et Paul Cauuet - Les Vieux Fourneaux, La Magicienne (Tome 4)Ah, qu’il est agréable de retrouver la fine équipe de septuagénaires de Lupano et Cauuet !

Si le premier tome revenait sur le passé d’Antoine, que le second mettait Pierrot à l’honneur et que le précédent s’intéressait d’un peu plus près à Mimile, celui-ci permet d’en apprendre un peu plus sur le célibat de Sophie, la petite fille d’Antoine. Cette dernière rentre d’ailleurs au bercail après une tournée d’été pour son spectacle de marionnettes le « Loup en Slip » et retrouve son charmant petit village en pleine agitation. Le projet d’extension de l’entreprise Garan-Servier, censé relancer l’économie de la région, semble en effet compromis à cause de la présence d’une espèce de sauterelle protégée dans les champs de Berthe : la magicienne dentelée !

Les ingrédients qui ont fait le grand succès des tomes précédents sont à nouveau présents : des dialogues finement ciselés et particulièrement truculents, un enchaînement de situations cocasses qui mettent en avant des seniors qui refusent d’abdiquer et des personnages hauts en couleurs et terriblement attachants. Outre Sophie, Antoine, Pierrot, Berthe et Mimile qui se la coule initialement douce en Ecosse, le lecteur a droit à quelques nouveaux personnages, dont un jeune homme séduisant qui semble plaire à Sophie. Ce tome permet d’ailleurs de lever le voile sur certains secrets concernant la petite-fille d’Antoine, notamment les problèmes avec son père ou l’identité du géniteur de sa fille, Juliette.

En se reposant sur les vaillants représentants de cette génération soixante-huitarde dont l’engagement syndical est parfaitement exploité, Wilfrid Lupano parvient également à pointer du doigt quelques dérives du monde dans lequel nous vivons, tel que les déserts médicaux ou le vieillissement des campagnes. De médecins roumains à Game of Thrones, en passant par l’absence de wifi, l’auteur nous immisce avec beaucoup d’humour au cœur des problèmes ruraux, allant du chômage à la préservation de l’environnement. Le lecteur a donc de nouveau droit à une belle brochette de vieux qui conservent une pêche d’enfer et à de multiples intrigues qui s’entremêlent avec brio.

Si les répliques des différents protagonistes sont souvent à mourir de rire, l’aspect légèrement caricatural du dessin semi-réaliste de Paul Cauuet contribue également à l’expressivité de ces personnages extrêmement attachants et foncièrement humains. Le dessinateur avait déjà travaillé sur « L’Honneur des Tzarom » avec Wilfrid Lupano et livre une nouvelle fois de l’excellent boulot en proposant des planches débordantes de vie malgré l’âge avancé des protagonistes.

Notons également que cette saga est en cours d’adaptation cinématographique, avec Wilfrid Lupano au scénario et Pierre Richard, Roland Giraud et Eddy Mitchell comme petits vieux !

Timothé le Boucher – Ces jours qui disparaissent

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Glénat, One-shots, [Accessible], [DL 2017] with tags , on 17 janvier 2018 by Yvan

À deux dans un même corps ?

Timothé Le Boucher - Ces jours qui disparaissentCe one-shot signé Timothé le Boucher invite à suivre les déboires de Lubin Maréchal, un acrobate d’une vingtaine d’années qui, suite à une vilaine chute sur la tête, s’aperçoit tout d’abord qu’il ne vit plus qu’un jour sur deux. Puis, il se rend compte qu’il ne dort pas durant ces jours qui disparaissent, mais qu’un double schizophrénique au caractère diamétralement opposé utilise son corps, construisant progressivement une vie parallèle qui n’a pas forcément tout pour lui plaire…

Ce récit fantastique, basé sur la schizophrénie et sur le dédoublement de la personnalité, permet à l’auteur de développer un thriller psychologique non seulement particulièrement prenant, mais également très intelligent. Sur près de 200 pages, Timothé le Boucher prend le temps de détailler l’impact de ce dédoublement sur la vie professionnelle, sociale et affective de son personnage, tout en installant petit-à-petit une relation conflictuelle entre les deux personnalités. De plus, cette histoire propose une réflexion intéressante sur l’immuabilité du temps qui passe et sur l’identité, mais également sur l’amour, la mort et l’amitié. De quoi questionner notre propre existence…

Visuellement, le graphisme assez épuré et aux allures de manga de Timothé le Boucher peut initialement déconcerter, mais s’avère finalement d’une efficacité et d’une lisibilité redoutable.

Un excellent one-shot que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également : Mo’

Jérémie Moreau – La Saga de Grimr

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2017] with tags , on 10 janvier 2018 by Yvan

La beauté hostile de l’Islande !

Jérémie Moreau - La Saga de GrimrAprès les incontournables « Max Winson » et «Le singe de Hartlepool », Jérémie Moreau propose un one-shot qui invite à suivre le destin tragique d’un orphelin à la force herculéenne dans l’Islande du XVIIIème siècle.

En 1783, il ne fait pas bon d’être islandais, surtout quand on n’a plus de nom, ni de terres. Sous le joug du Danemark depuis le XIVème siècle, l’île doit également faire face à des catastrophes naturelles, à des épidémies et à la cruauté des hommes. Dans ce pays où la valeur d’un homme est déterminée par sa lignée, Grimr, orphelin ayant perdu ses parents lors d’une éruption volcanique, ne peut compter que sur sa force colossale et sur sa détermination à bâtir sa propre légende… comme les héros des nombreuses sagas qui se transmettent de génération en génération et qui constituent l’histoire de son pays.

À travers ce récit initiatique, qui invite à suivre la destinée extraordinaire de ce garçon étrange, Jérémie Moreau nous fait découvrir toute la rudesse et la beauté de l’Islande. Tout au long des 230 pages de cette épopée découpée en six chapitres, l’auteur restitue avec grand brio les paysages sulfureux et les habitants rugueux qui font tout le charme de ses terres hostiles.

Excellent !

Ils en parlent également: Moka, Noukette

Romans : Le Bilan de 2017

Posted in DIVERS, Littérature with tags , , on 31 décembre 2017 by Yvan

Comme je lis de moins en moins de bande dessinées chaque année et de plus en plus de romans, cela me permet dorénavant de faire un bilan séparé pour les romans.

Voici ce que je retiens de ces nombreuses heures de lecture :

Mes coups de coeur de l’année :

Luca di Fulvio – Le gang des rêves Véronique Olmi – Bakhita Gaël Faye – Petit pays
Marie Pavlenko – Je suis ton soleil Olivier Norek – Entre deux mondes Virginie Grimaldi – Tu comprendras quand tu seras plus grande
Kathryn Hugues – Il était une lettre Steve Cavanagh – Un coupable idéal Shilpi Somaya Gowda – Un fils en or

Les autres très bonnes lectures :

Alice Zeniter – L’art de perdre Tanguy Viel – Article 353 du code pénal Pascal Manoukian – Ce que tient ta main droite t’appartient
Sorj Chalandon – Le jour d’avant Sébastien Spitzer – Ces rêves qu’on piétine Laetitia Colombani – La Tresse
Philippe Besson – Arrête avec tes mensonges Solène Bakowski – Une bonne intention Amélie Antoine – Quand on n’a que l’humour
Fred Vargas – Quand sort la recluse Matthieu Biasotto – Ewa Valérie Tong Cuong – Par amour
Nadia Hashimi – Si la lune éclaire nos pas Sarah Pinborough – Mon amie Adèle Eric Vuillard – L’Ordre du jour
Daniel Cole – Ragdoll Delphine Bertholon – Coeur-naufrage Johana Gustawsson – Mör
Jean Hegland – Dans la forêt Hervé Le Corre – Prendre les loups pour des chiens Colson Whitehead – Underground Railroad
Michael Farris Smith – Nulle part sur la terre

Excellent, mais découvert sur le tard :

Henri Lœvenbruck – Nous rêvions juste de liberté Don Winslow – La griffe du chien Jojo Moyes – Avant toi
Franck Thilliez – Rêver Christelle Dabos – La Passe-Miroir, Les fiancés de l’hiver Lian Hearn – Le Clan des Otori, Le Silence du Rossignol
Harper Lee – Ne Tirez pas sur l’oiseau moqueur Michel Bussi – Nymphéas Noirs Sorj Chalandon – Mon traître

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2016 !

 

Sébastien Spitzer – Ces rêves qu’on piétine

Posted in Guerre, Littérature with tags , , , on 30 décembre 2017 by Yvan

Les derniers jours du régime nazi !

Sébastien Spitzer - Ces rêves qu’on piétineDe prime abord, ce premier roman de Sébastien Spitzer pourrait passer pour un énième récit sur la Seconde Guerre Mondiale. Certes, le sujet a déjà souvent été abordé, mais l’angle particulier sous lequel l’auteur nous le sert, vaut absolument le détour !

Sébastien Spitzer relate non seulement les derniers jours du régime nazi, mais offre surtout les destins croisés de quelques rescapés des camps de concentration, tentant d’échapper aux dernières représailles, et de Magda Goebbels, attendant une mort certaine aux côtés de ses enfants, de son mari, du Führer et d’autres vaincus qui se terrent au fond d’un bunker à Berlin.

Sous terre, l’épouse du Ministre de la Propagande du Reich, Joseph Goebbels, se souvient de ses origines modestes, de son ascension fulgurante et de ses années de gloire en tant que première dame du régime nazi. Parmi les survivants de l’horreur qui rassemblent leurs dernières forces sur des routes qui ne mènent pas forcément vers la liberté, Aimé, Judah, Fela et surtout la petite Ava, née dans le bloc 24-A d’Auschwitz, sont détenteurs d’une vérité qu’il sera impossible de nier, à l’image de ce rouleau de cuir contenant les témoignages de nombreux prisonniers, dont des lettres écrites par un certain Richard Friedländer, juif déporté et père adoptif de Magda Goebbels…

Si la force du sujet est indéniable, il faut surtout saluer l’intelligence de l’auteur, qui utilise le père de Magda Goebbels et les lettres fictives à sa fille adoptive afin de lier le parcours des bourreaux et de leurs victimes, tout en relatant des faits historiques innommables avec grande justesse et sans pathos. En invitant le lecteur dans l’intimité et la psychologie profonde de personnages de chair et sang, il insuffle une part d’humanité à des faits qui en sont pourtant dépourvus. Si ce sont surtout les personnages féminins, allant de Magda Goebbels à la petite Ava, en passant par la reporter de guerre Lee, qui s’installent au diapason de ce récit d’une force incroyable, le jeune hongrois Judah n’est pas en reste. À l’instar du récit, tous se mettent entièrement au service d’un devoir de mémoire d’une importance capitale.

Un premier roman qu’il faut donc impérativement lire !