Archive pour Coup de coeur

Tim Willocks – La Religion

Posted in Littérature with tags , , on 11 septembre 2019 by Yvan

Au cœur du grand siège de Malte !

Tim Willocks - La ReligionAyant beaucoup aimé « La mort selon Turner » de l’auteur, j’ai tout de même mis du temps à m’attaquer à cette brique de 950 pages, surtout que je ne suis pas trop fan de récits historiques à la base.

« La Religion » invite à suivre les pas de Mattias Tannhauser, un aventurier qui accepte une mission périlleuse sur l’île de Malte pour les beaux yeux d’une veuve à la robe rouge envoûtante. Même s’il n’a jamais été contre un peu d’action, même sanglante, le mercenaire se rend vite compte qu’au nom de l’amour, il vient de mettre les pieds en enfer !

En relatant les déboires de ce héros particulièrement séduisant, Tim Willocks entraîne en effet le lecteur en 1565, au cœur du grand siège de Malte opposant les armées musulmanes du sultan Soliman le Magnifique à l’ordre des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, commandés par le grand maître de l’Ordre, Jean de Valette. Enjeu stratégique de fanatiques rivalisant de cruauté, le petit archipel va être le théâtre d’affrontements sanglants entre chrétiens et musulmans durant près de quatre mois…

Les combats sont décrits avec tant de réalisme qu’on a presque l’impression que l’auteur se promène caméra à l’épaule au milieu de massacres que l’on pensait inimaginables et indescriptibles. Tim Willocks y parvient cependant très bien et les âmes sensibles devront donc solidement s’accrocher. Cette impression « d’y être » est également renforcée par la structure même du roman, qui relate quasiment chaque journée de ce siège de quatre mois. S’il faut donc d’une part accepter toute l’horreur qui découle de ce souci de réalisme, ainsi que quelques longueurs, cela permet d’autre part d’illustrer à merveille l’absurdité de cette guerre qui envoie des milliers d’innocents à la mort au nom de la religion, ainsi que les jeux de pouvoir immondes qui sont à la base de cette boucherie.

Mais, au-delà de cette accumulation d’affrontements religieux, « La Religion » livre surtout plusieurs personnages inoubliables, dont un héros particulièrement charismatique qui connaît parfaitement les deux camps qui s’affrontent, contribuant ainsi à pointer du doigt l’absurdité de l’un et de l’autre. Ajoutez à cela une bonne dose d’amour, quelques amitiés à toute épreuve, des complots en tout genre et des intrigues politiques et religieuses palpitantes, le tout emmené par une plume qui allie puissance et poésie, et vous obtenez un roman historique qui m’aura tenu en haleine pendant près de mille pages. Un véritable exploit !

La dernière bonne nouvelle étant que les aventures de Tannhauser ne se terminent pas à la fin de cet ouvrage, qui s’avère être le premier volet d’une trilogie dédiée au personnage.

La Religion, Tim Willocks, Sonatine, 864 p., 23€

Ils en parlent également : L’Ivre Lecteur, Une certaine culture, Albédo, Ca va mieux en l’écrivant

 

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Emilie Chazerand – La fourmi rouge

Posted in Littérature with tags , , on 11 août 2019 by Yvan

Une solide dose de bonne humeur !

Emilie Chazerand - La fourmi rougeCe roman jeunesse invite à suivre les pas de Vania Strudel, une adolescente de quinze ans qui doit non seulement se farcir un nom qui fait à la fois penser à une serviette hygiénique et à une pâtisserie étrangère, mais qui a également un œil qui part en vrille, une poitrine aux abonnés absents, un père taxidermiste et une meilleure amie qui pue le poisson pourri. Et pour couronner le tout, son meilleur ami, Pierre-Rachid, vient de lui annoncer qu’il sortait avec son ennemie jurée, Charlotte Kramer, la star du lycée !

À travers cette héroïne handicapée par ses différences et faisant preuve d’une autodérision à toute épreuve, Emilie Chazerand aborde les déboires de l’adolescence avec une solide dose d’humour. Si la petite Vania s’avère très vite terriblement attachante, les autres protagonistes ne sont heureusement pas en reste. De Victoire, sa copine qui schlingue à douze kilomètres à la ronde, à Gottfried, son empailleur de père qui la véhicule dans une « ouafture » digne de « Dumb and Dumber », en passant par Pirach, Grizminn, Rachel et Charlotte, l’auteure n’y va pas de main morte et livre une belle brochette de personnages secondaires qui sont tout bonnement hilarants.

Derrière ce récit débordant d’humour et d’humanité, Emilie Chazerand aborde également plusieurs sujets graves, tels que le harcèlement, le mensonge, l’amitié et l’amour, ainsi que les autres nombreuses difficultés liées à l’adolescence. J’y ai retrouvé le même plaisir de lecture qu’en découvrant « Je suis ton soleil » de Marie Pavlenko.

Un énorme coup de cœur, qui m’aura fait pouffer de rire tout en m’offrant une véritable bouffée d’oxygène !

La fourmi rouge, Emilie Chazerand, Sarbacane, 256 p., 15,50€

Ils en parlent également: CaroPetite plume, L’ourse bibliophileAudrey, Félicie lit aussi, Mlle Javotte Books, Les voyages d’Ulysse, Croqueuse d’histoires, La valse des pages, Des bulles et des mots, La chouette bouquine, Café antidote, Les cinq mots des livres, RoadTrip imaginaire

Marie Vareille – La vie rêvée des chaussettes orphelines

Posted in Littérature with tags , on 28 juillet 2019 by Yvan

Les deux font la paire !

Marie Vareille - La vie rêvée des chaussettes orphelines« La vie rêvée des chaussettes orphelines » invite à suivre la reconstruction d’Alice, une jeune américaine qui débarque à Paris afin de fuir son passé. Mal dans sa peau, incapable de dormir sans somnifères, souffrant de troubles obsessionnels compulsifs et collectionnant les crises d’angoisse, elle veut recommencer sa vie à zéro, sans rien dévoiler de sa vie antérieure. Cherchant un emploi d’urgence, elle accepte de travailler pour une start-up à l’objectif pour le moins farfelu : créer une application visant à réunir les chaussettes orphelines.

Au fil des chapitres, Marie Vareille voyage entre passé et présent, narrant d’une part ce nouveau départ parisien tourné vers l’avenir et revenant d’autre part sur sa vie d’avant en dévoilant progressivement les pages de son journal intime. Cette approche permet non seulement d’insuffler du rythme au récit, mais parvient surtout à entretenir le suspense, forçant le lecteur à tourner les pages afin de découvrir ce lourd secret qui a poussé Alice à tout quitter…

Outre cette capacité à entretenir le mystère jusqu’au bout, tout en proposant un dénouement particulièrement réussi, l’auteure livre également des personnages hauts en couleur et très attachants. Pourtant, à la base, cette héroïne mal dans sa peau, névrosée et asociale n’a pas forcément tous les atouts pour séduire. Cependant, au fil des pages et de quelques touches d’humour, la mayonnaise commence à prendre. Puis il y a cette sœur plus rock’n’roll, au caractère diamétralement opposé, qui séduit immédiatement, tout comme le lien fusionnel qui les unit…

Si l’histoire s’articule autour de l’amour inconditionnel qui lie ces deux sœurs, Marie Vareille y aborde également d’autres sujets riche en émotions avec beaucoup de justesse, tels que la quête de maternité, le deuil, la dépression, la célébrité et la nécessité de réaliser ses rêves.

Le résultat est un roman « feel good » profondément humain, parvenant à allier légèreté et profondeur et capable de tenir en haleine jusqu’à la dernière page. Il ne reste donc qu’à corriger cette banderole erronée, qui n’annonce que 400.000 lecteurs conquis…

Si vous aimez les romans de Virginie Grimaldi (Tu comprendras quand tu seras plus grande, Quand nos souvenirs viendront danser, Il est grand temps de rallumer les étoiles) et de Marie Pavlenko (Je suis ton soleil, Un si petit oiseau)… Foncez !

La vie rêvée des chaussettes orphelines, Marie Vareille, Charleston, 400p., 19€

Ils en parlent également : Marie VareilleAndreaChristl, Carnet Parisien, Emy, Laura, Nath, Histoire du soir, Mon jardin littéraire, A book is always a good idea, A touch of blue Marine, Satine’s books, Anouk library, LœildeM, A livre ouvert, Liseuse hyperfertile, Clem, Cledesol, Mon rêve d’été, Des mots aux livres, Les instants volés à la vie, Je tu lis, Ladybooks, Clemi’s bookish world, Marnie, Les mots des autres, Petite étoile livresque, A la page des livres, Lire ou dormir, Happy Manda Passions, Au coin d’Eden

Xavier Massé – L’inconnue de l’équation

Posted in Littérature with tags , on 21 juillet 2019 by Yvan

Thriller psychologique haletant !

Xavier Massé - L'inconnue de l'équationLe second roman de Xavier Massé débute par un drame conjugal qui tourne mal. Malgré une intervention policière et la présence de leur fils, des coups de feu retentissent, puis la maison explose. Résultat de cette dispute : un couple carbonisé, un gamin entre la vie et la mort, une inspectrice blessée par balle et une grand-mère sous le choc…

Livré sous forme de huis-clos, « L’inconnue de l’équation » se déroule dans les locaux de la police de Lyon, où les inspecteurs Migue et Dida interrogent simultanément les deux témoins capables d’expliquer cet événement dramatique : l’inspectrice Amandine Binger, blessée lors de son intervention, et Mireille Conut, la grand-mère de l’enfant ayant survécu à l’explosion.

Passant d’une salle d’interrogatoire à l’autre, proposant ainsi deux points de vue différents sur les motifs du drame, et revenant d’autre part sur le passé du couple à coups de flash-back savamment distillés, l’auteur dévoile progressivement toutes les pièces du puzzle. N’hésitant jamais à entraîner le lecteur sur de mauvaises pistes, il livre un thriller psychologique totalement addictif et au twist final particulièrement bluffant.

Un polar terriblement efficace, que j’ai lu d’une traite !

L’inconnue de l’équation, Xavier Massé, Taurnada, 260 p., 9,99€

Ils en parlent également : Mes lectures du dimancheSonia, Lord ArsenikAnne-Sophie, Aude, Anaïs, Des plumes et des livresLes plumes noires, Livresse du noirSangpages, 4 BookineCollectif Polar, Le Papivore, Addiction polarBooksNPics, Dora-Suarez, Le kilomètre manquant, Emilie, Kiriiti’s blog, Les cibles d’une lectrice « à visée », Inspirer et Partager, Les Miss Chocolatine Bouquinent, Satine’s Books, Ma voix au chapitre, Black-Books, Lire la nuit ou pas, Revue de thrillers, Valmyvoyou lit, Mlle Javotte Books, Sang peur et sans reproche, Maêlle, Au fil de l’imaginaire, Sharon

Niklas Natt och Dag – 1793

Posted in Littérature with tags , on 10 juillet 2019 by Yvan

City trip à Stockholm… en 1793 !

Niklas Natt och Dag - 1793« 1793 » débute par la découverte du cadavre d’un jeune homme dans un lac de Stockholm. Une partie de pêche qui intrigue les enquêteurs car la victime a visiblement été privée de sa langue, ensuite été énuclée, puis successivement amputé de ses quatre membres… avant d’être tuée, puis balancée dans les eaux glacées et pleines d’excréments du Fatbaren. Même pour l’époque, on peut difficilement parler d’une belle mort !

Niklas Natt och Dag (à défaut de pouvoir le prononcer, essayez de retenir ce nom !) a la bonne idée de nous plonger dans une période méconnue de l’histoire suédoise. Il situe en effet son intrigue un an après l’assassinat du roi Gustav III de Suède, dans un contexte historique pour le moins agité, parsemé de rumeurs et de complots et balayé par les idées révolutionnaires venues de France. Au programme de ce city trip au cœur de la capitale suédoise en l’an 1793, réputé pour son hiver des plus rigoureux : meurtres violents, auberges malfamées, maladies contagieuses, atmosphère poisseuse, odeurs nauséabondes et misère à tous les coins de rues. Bref, le jour où les voyages temporels seront possibles, n’allez pas passer vos vacances en Suède en 1793 ! Par contre, si vous envisagez d’écrire un thriller bien sombre, ce cadre particulièrement glauque sied à merveille !

Afin de vous escorter au mieux dans les bas quartiers de Stockholm au 18e siècle, l’auteur (Allez hop, donnez-moi vite son nom !) a heureusement prévu deux personnages bien droits dans leurs pompes. Bon, certes, Mickel Cardell est un peu porté sur la boisson et a perdu un bras pendant la guerre russo-suédoise, tandis que Cecil Winge n’est plus qu’une épave tuberculeuse aux portes de la mort, mais la force brute de l’un, combiné à l’analyse réfléchie du second risquent bien de pouvoir vous aider à découvrir le sombre mystère qui se cache derrière ce tronc récupéré dans un lac. Bref, des enquêteurs atypiques, que tout oppose, mais qui s’avèrent au final très complémentaires et qui mériteront indéniablement un bon pourboire à la fin de cette visite guidée mémorable.

Ce thriller historique macabre, raconté sur une année, est divisée en quatre parties, en suivant les saisons. La première et la dernière se concentrent sur l’enquête de ce duo particulièrement attachant, tandis que les deux autres s’intéressent à des personnages secondaires qui permettent non seulement à l’auteur d’ajouter quelques pièces importantes à son puzzle, mais qui contribuent également à peaufiner cette reconstitution historique totalement immersive. Restituant les bonnes effluves de l’époque, Niklas Natt och Dag parviendra à vous tenir en haleine de la première à la dernière page, tout en vous servant un pan d’histoire qui passera comme une lettre à la poste, même si vous n’êtes pas fan de récits historiques. Du grand art !

Issu d’une des plus anciennes familles de la noblesse suédoise, Niklas Natt och Dag propose un premier roman absolument envoûtant, qui devrait d’ailleurs être suivi de deux autres récits, intitulées 1794 et 1795… Je réserve déjà mon billet !

Gros coup de cœur !

1793, Niklas Natt och Dag, Sonatine, 448 p., 22€

Ils en parlent également : La culture dans tous ses états, Cannibal lecteur, Lord ArsenikÔ Grimoire, StelphiqueActu du noir, Addiction polar, La viduité, Evasion polar, Les libraires masqués du grenier, Zéro Janvier, Un bouquin sinon rien, Mes aventures livresques, A vos livres

R.J. Ellory – Le chant de l’assassin

Posted in Littérature with tags , on 3 juillet 2019 by Yvan

L’histoire d’une promesse…

R.J. Ellory - Le chant de l’assassinA sa libération, Henry Quinn a promis de remettre une lettre à la fille d’Evan Riggs, son codétenu qui a pris perpète pour meurtre. Muni d’une enveloppe au nom de Sarah et d’une bonne dose de détermination, le jeune homme se rend à Calvary, une petite ville oubliée de l’ouest du Texas. L’endroit n’étant pas spécialement connu pour son accueil chaleureux des étrangers et étant de surcroît aux mains d’un certain Carson Riggs, la quête d’Henry Quinn semble très vite avoir tendance à vouloir remuer un passé qui ne sent pas très bon…

« Le chant de l’assassin » est donc l’histoire d’une parole donnée, qui emmène le lecteur dans une bourgade texane peu accueillante et hanté par les fantômes d’un passé chargé de secrets profondément enfouis, que personne ne semble prêt à révéler. R. J. Ellory (« Papillon de nuit« ) invite d’une part à suivre les investigations périlleuses de l’ex-détenu dans ce bled perdu, mais entrecoupe d’autre part fréquemment son récit de retours en arrière qui permettent de comprendre l’origine de la rivalité entre les deux frères Riggs.

Si vous rechercher un rythme endiablé, des cliff-hangers à la pelle et une intrigue à vous couper le souffle, passez votre chemin car l’auteur britannique a beau restituer l’Amérique profonde mieux que les autochtones, il n’est pas pour autant adepte de la lecture fast-food ! Avec lui, le lecteur est plutôt invité à déguster des plats qui ont mijoté pendant des heures et à siroter un whisky qui est le fruit d’un vieillissement dont seul l’auteur détient le secret. Il lui suffit d’une lettre dont on ignore le contenu pour nous happer, puis la force des mots et la puissance de l’écriture vous hypnotisent jusqu’à la dernière page. Si Ellory donne l’impression de dérouler son intrigue au ralenti, ce sont souvent les silences et les non-dits qui semblent les plus révélateurs. L’air de rien, il vous emmène dans les méandres de la psyché de ses personnages, explore leurs failles et met le doigt sur ces petits moments de l’existence où la vie bascule d’un côté ou l’autre. Equilibriste hors pair, il distille non seulement une atmosphère aussi sombre qu’envoûtante, mais donne surtout vie à des personnages profondément humains, qui luttent constamment avec leur côté sombre.

Du grand art !

Le Chant de l’assassin, R. J. Ellory, Sonatine, 496 p., 22 €

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Franck Thilliez – Luca

Posted in Littérature with tags , on 19 juin 2019 by Yvan

Réflexion sur l’avenir de notre société !

Franck Thilliez - Luca« Luca » démarre dans une chambre d’hôtel de la région parisienne en juillet 2016, en compagnie d’un couple en mal d’enfant qui a rendez-vous avec une femme porteuse dégotée via une petite annonce sur Internet. Un an après, le commandant Franck Sharko et sa femme Lucie Henebelle se rendent sur la scène d’un crime atroce perpétré en forêt de Bondy. Un peu plus tard, dans la même journée, un homme totalement affolé, venu délivrer un message à la police, meurt de manière subite devant le bâtiment principal, les yeux injectés de sang. La lettre, signée « L’Ange du futur », prédit encore bien des catastrophes…

Outre le plaisir de retrouver l’équipe du commandant Sharko, encore traumatisée par l’enquête précédente et flanquée d’une petite nouvelle également pourvue de sérieux démons, le lecteur est également tenu en haleine par une intrigue tentaculaire aux rebondissements multiples et rythmée par une course contre la montre assez suffocante. Franck Thilliez nous emmène une nouvelle fois dans les tréfonds de l’horreur, tout en pointant du doigt les dérives de notre société. Des réseaux sociaux aux manipulations génétiques, en passant par l’Intelligence Artificielle et le Darknet, il dresse le portrait d’un monde peuplé de chimpanzés obnubilés par les écrans de leurs smartphones et bientôt remplacés par des robots, le tout dans un langage qui demeure accessible. Du grand talent!

Mon deuxième gros coup de cœur polar de l’année après « Octobre » de Søren Sveistrup !

Luca, Franck Thilliez, Fleuve, 552 p., 22,90€

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