Archive pour Coup de coeur

Paul Cleave – Intuitions

Posted in Littérature with tags , on 22 novembre 2020 by Yvan

À acheter les yeux fermés !

Paul Cleave – IntuitionsEn tant qu’amateur de polars, il m’est déjà très difficile de résister quand je vois que le roman est publié chez Sonatine, mais quand c’est de surcroît Paul Cleave (« Cauchemar », « Ne fais confiance à personne ») qui est aux manettes du récit, alors je l’achète vraiment les yeux fermés.

Joshua, 16 ans, est aveugle de naissance. Lorsque son père adoptif, qui est inspecteur de police, se fait brutalement assassiner par un malfrat, le monde de Joshua, qui avait déjà perdu ses parents biologiques, s’effondre une nouvelle fois. Sauf que, dans son malheur, Mitchell avait préalablement arrangé que s’il lui arrivait quelque chose, il lèguerait ses yeux à son fils adoptif. Si la greffe s’avère très vite un succès, Joshua commence cependant à faire des rêves étranges et à voir des choses affreuses…

Le point de départ de ce thriller est tout bonnement excellent ! L’auteur néo-zélandais aurait pu se contenter d’un simple don d’organe, mais en intégrant l’idée de « mémoire cellulaire », il booste évidemment les possibilités de son intrigue. Le père de Joshua a-t-il trempé dans des affaires louches, jusqu’où va l’influence des nouveaux organes sur les receveurs, etc… et vous pouvez bien entendu compter sur l’esprit tordu de Paul Cleave pour exploiter à merveille toutes ces pistes !

Puis il y a ce héros, victime de cécité, qui est inévitable attachant au possible. L’auteur ne manque d’ailleurs pas de partager les sensations et les émotions de ce jeune adolescent courageux qui, en recouvrant la vue, voit sa vie complètement chamboulée. De la réaction de ses anciens amis à son intégration compliquée au sein d’une nouvelle école, le garçon va en voir des vertes et des pas mûres… sans même parler de l’impact de cette fameuse « mémoire cellulaire » !

Finalement, il y a le style de Paul Cleave, qui accroche de la première à la dernière page. À l’aide de chapitres courts, il insuffle énormément de rythme au récit, gardant chaque fois un rebondissement sous la main afin de parvenir à surprendre le lecteur jusqu’à la fin… même ceux qui se doutent un peu de la tournure des événements…

Intuitions, Paul Cleave, Sonatine, 544 p., 22€

Ils en parlent également : EmOtionS, Aude, Ma voix au chapitre, Luciole

Olivier Norek – Impact

Posted in Littérature, Olivier Norek with tags , on 18 novembre 2020 by Yvan

Vive le terrorisme écologique ?

Olivier Norek – Impact« Impact », c’est du Olivier Norek, donc forcément un excellent thriller avec des personnages percutants, sur lequel je me suis précipité dès sa sortie et que j’ai ensuite dévoré en moins de 2 jours.

La particularité de ce roman est cependant que Norek ne se contente pas d’être un excellent auteur de polars, mais qu’il revête également son costume de militant écologiste en livrant un texte particulièrement engagé. L’auteur n’hésite en effet pas à pointer du doigt les dérives de l’industrialisation à outrance qui aboutiront à notre perte…preuves à l’appui !

Son héros, Virgil Solal, sorte de Greta Thunberg 3.0, s’attaque en effet au plus gros pollueurs de la planète et à tous ceux qui contribuent à détruire notre environnement… et il y va fort ! Alors certes, ce personnage principal manque parfois un peu de crédibilité et la fin ne justifie probablement pas les moyens qu’il utilise, mais cela n’empêche pas de s’y attacher et d’avoir envie d’arborer un masque de panda afin d’adhérer à sa cause. Et comment ne pas apprécier ce duo d’enquêteurs, Nathan Modis et Diane Meyer, qui sont chargés de l’arrêter alors qu’ils ne sont finalement pas non plus insensibles à sa cause ?

Malgré un récit un peu trop manichéen, une vulgarisation exagérée d’une thématique complexe et une fin plutôt utopique et précipitée, l’auteur parvient à faire passer un message qui ne manquera pas de vous percuter en pleine face. Il reste donc à espérer que son texte contribue à éveiller les consciences et à influencer nos comportements… sans pour autant ouvrir la porte à l’écoterrorisme !

Bref, moins abouti qu’ « Entre deux mondes », mais tout de même excellent, malgré ces quelques défauts.

Impact, Olivier Norek, Michel Lafon, 348 p., 19,95€

Ils en parlent également : EmOtionS, Lord Arsenik, AurélieAnthony, Mes échappées livresques, Nath, Laure, Aude, CarolineLire et courir, LilieDomi, Petite étoile livresque, ImaginoireLivresse du noirPapivoreAddiction polar,  Evasion polar, Collectif polarJe lis et je raconte, Narre ton livre, LittéLecture, Céline, Black-Books, Un livre après l’autre, Balades en livres, Rose, Mirelle, Les pages qui tournent, Lettres it be

Sophie Jomain – Les étoiles brillent plus fort en hiver

Posted in Littérature with tags , on 15 novembre 2020 by Yvan

Indispensable sous le sapin de Noël !

Sophie Jomain - Les étoiles brillent plus fort en hiverDepuis mon énorme coup de cœur pour « Quand la nuit devient jour », j’ai du mal à résister aux romans de Sophie Jomain. Même si j’avais un peu moins accroché à l’histoire d’amour qu’elle proposait dans « Et tu entendras le bruit de l’eau », je reste grand fan de son style et je suis donc prêt à lire chaque nouveau récit, peu importe le sujet !

En l’occurrence, en invitant à suivre les pas d’Agathe, décoratrice des Galeries Hartmann depuis cinq années, « Les étoiles brillent plus fort en hiver » plongent immédiatement le lecteur dans l’ambiance de Noël. A l’approche des fêtes de fin d’année, la jeune femme est tout bonnement débordée et compte bien ne pas se laisser marcher sur les pieds par Alexandre Hartmann, l’arrogant fils à papa qui vient de reprendre les rênes de la société et qui ne semble pas trop emballé par la décoration excessive du centre commercial…

Au fil des pages, le lecteur s’attache aux différents personnages et découvre progressivement les soucis privés de chacun. Entre Alexandre, qui en apprend beaucoup sur son père en reprenant son travail, et Agathe, qui voit subitement réapparaître sa sœur dont elle élève la fille depuis plusieurs années, le lecteur savoure les nombreux échanges entre les différents protagonistes, tout en partageant leurs émotions. Sans oublié Monsieur Claus, l’inégalable père Noël des galeries Hartmann et de son mystérieux chat, venus entretenir l’ambiance magique de Noël tout au long du récit…

A nouveau séduit par la plume légère d’une Sophie Jomain capable d’aborder des thèmes sérieux et de vous faire régulièrement passer du rire au Kleenex, j’ai tout aimé dans ce roman : la magie de Noël, l’esprit de famille et même cette petite romance…

Un ouvrage qui fait beaucoup de bien… à mettre sous tous les sapins !

Les étoiles brillent plus fort en hiver, Sophie Jomain, Charleston, 304 p., 19€

Ils en parlent également : Des plumes et des livres, Petite étoile livresque, Laure, Les instants volés à la vie, Knut, Douceur de lire, Un livre dans la poche, Miss Croq Book

Marie Vareille – Le syndrome du spaghetti

Posted in Littérature, Maladie with tags , , , on 11 novembre 2020 by Yvan

MVP -> Marie Vareille Power !

Marie Vareille - Le syndrome du spaghettiAyant adoré « La vie rêvée des chaussettes orphelines », je n’ai pas longtemps hésité à m’attaquer à ce nouveau roman de Marie Vareille au titre à nouveau très drôle et très intrigant… même si à la base c’est un roman jeunesse et que cela fait un petit temps que je ne le suis plus !

« Le syndrome du spaghetti » invite à suivre les baskets de Léa, 16 ans, passionnée de basket, tout comme son père, son meilleur ami Nico et moi-même. Jusqu’au jour où un drame vient bousculer cette vie d’adolescente insouciante axée autour du ballon rond, balayant subitement tous ses rêves et tous ses projets.
Le second spaghetti qui sera victime du syndrome imaginé par Marie Vareille se nomme Anthony, 17 ans, abandonné par son père et issu d’un monde totalement différent de celui de Léa. Un quartier difficile où la délinquance est légion, mais où un petit terrain de basket va leur permettre de s’unir autour d’une même passion…

L’équipe alignée par Marie Vareille pour affronter les aléas de la vie est attachante au possible. De la combativité de Léa à la carrure d’Anthony, en passant par la disponibilité d’Amel, l’auteure propose une brochette de personnages aussi complémentaires qu’attachants, qui vont grandir et se découvrir au fil des pages.

J’ai beaucoup aimé ce roman particulièrement touchant, qui aborde des thèmes délicats tels que le deuil, la maladie, l’amitié, l’adolescence et l’amour, avec énormément de délicatesse, de justesse et de légèreté.

Un peu de douceur dans ce monde de brutes… Me voilà définitivement fan de Marie Vareille !

Le syndrome du spaghetti, Marie Vareille, Pocket Jeunesse, 288 p., 17,90€

Ils en parlent également : Ma toute petite culture, Muffins & books, Tiffany, Satine’s books, Des mots aux livres, Djihane, BBB’s Mum, Mon rêve d’été, Langue de chat, BookMotion, Manika, Justine

Colson Whitehead – Nickel Boys

Posted in Littérature with tags , on 1 novembre 2020 by Yvan

Black Lives Matter

Colson Whitehead - Nickel BoysAprès avoir reçu le Prix Pulitzer en 2017 pour l’excellent « Underground Railroad », Colson Whitehead vient de recevoir le Prix Pulitzer pour ce roman qui aborde à nouveau la thématique de la ségrégation en invitant cette fois à suivre la destinée d’un jeune Noir envoyé en maison de correction. S’inspirant de la tristement célèbre Dozier School for boys en Floride, l’auteur propose la descente aux enfers d’Elwood Curtis en trois actes : avant son incarcération à la Nickel Academy, pendant son séjour dans ce centre de redressement pour jeunes délinquants et après…pour autant qu’il y en ait un ! 

Grand fan des discours de paix de Martin Luther King, Elwood Curtis rêve d’études brillantes à l’université malgré son origine modeste et une couleur de peau qui a plutôt tendance à vous fermer toutes les portes dans les années 1960. Malheureusement, suite à une erreur judiciaire qui n’empêchera pas grand monde de dormir, le pauvre gamin voit non seulement son avenir se briser, mais se retrouve surtout dans une maison de redressement dont personne ne ressort indemne.   

Colson Whitehead plonge le lecteur dans l’Amérique ségrégationniste des années 60, au sein d’une société régie par des Blancs, où les injustices raciales sont encore légion. En suivant les pas d’Elwood Curtis, le lecteur ressent à quel point ce racisme écœurant parvient à briser un gamin foncièrement bon à l’avenir prometteur. En retournant aux racines de ce mal qui a marqué au fer rouge des générations entières d’Afro-Américains, l’auteur fait écho aux inégalités entre noirs et blancs qui divisent encore de nos jours une Amérique qui a bien du mal à effacer toutes les traces de cet héritage…  

Un roman que l’on referme avec un genou à terre et le poing fermé levé vers le ciel !

Nickel Boys, Colson Whitehead, Albin Michel, 272 p., 19,99 €

Ils en parlent également: Cannibal lecteur, DiaCritik, USVA, Folavril, Mes échappées livresques, La culture dans tous ses états, My pretty Books, Aude, Ceciloule, Esmeralda, Charlotte, Gabrielle, Mumu, Maud, Mélanie, Pierre, Revanbane, Azilis, Nath, Le blog de Krol, Dealer de lignes, Mes pages versicolores, Love in Books, Tomabooks, La page qui marque, Lectures d’A, The Eden of Books, Nicolas, Antoine, La Ménagerie du livre, Uranie, Monica, Le monde de Tran, Anaëlle, Evasion polar, Henrik, Little Coffee Book, Les fringales littéraires, Aline, Librairie l’étincelle, Aurélie, Librairie l’Odyssée, Madame CDI, Le petit crayon, Christophe, Page après page, Baz’art

Sally Hepworth – La belle-mère

Posted in Littérature with tags , on 25 octobre 2020 by Yvan

Qui a tué la belle-mère ?

Sally Hepworth - La belle-mèreMelbourne – Un vendredi soir, deux policiers se présentent au domicile de Lucy et Ollie et leur apprennent le décès de Diana, la mère d’Ollie. Si la mort ressemble à un suicide, certains éléments suspects demandent tout de même une autopsie et une enquête…   

Ce roman qui se déroule entre passé et présent donne alternativement la parole à cette belle-fille qui espérait trouver en Diana une mère de substitution, et à cette belle-mère, qui est d’une part froide et intransigeante envers ses proches, mais qui se dévoue d’autre part corps et âme à une association d’aide aux réfugiés. Le principal attrait de ce thriller psychologique n’est donc sans doute pas l’enquête policière en elle-même, mais plutôt la psychologie des personnages et l’analyse des nombreuses relations familiales conflictuelles. 

En s’immisçant derrière les apparences de cette famille aux allures harmonieuses, Sally Hepworth dresse finalement le portrait d’une belle-mère que l’on a parfois envie de tuer… et parfois envie de comprendre ! 

Un roman australien construit de main de maitre, qui tient le lecteur en haleine et qui devrait plaire à ceux qui ne peuvent pas sentir leur belle-mère… mais également à ceux (beaucoup plus nombreux 🙂 ) qui l’adorent!

La belle-mère, Sally Hepworth, L’Archipel, 360 p., 21€

Ils en parlent également : Lord Arsenik, Maeve, Light & smile, Sangpages, SoniaLire et courir, Audrey, Les voyages de K, Valmyvoyou, En tournant les pages, Ma voix au chapitre, Anaïs, Carnet de lecture, Alohomora, Les rêveries d’Isis, Pat, Sam, Emi lit, Dans ma boîte aux livres, Imaginoire, Culture VSnews, La minute livres, Mes aventures livresques, La sorcière des mots, Un bouquin sinon rien, TchussPeaceKissLovaLova, Livres for fun, L’atelier de Litote

Amélie Antoine – Le jour où

Posted in Littérature with tags , on 18 octobre 2020 by Yvan

Le jour où… tout a basculé !

Amélie Antoine - Le jour où« Raisons obscures » étant l’un de mes plus gros coups de cœur de l’année dernière, je pouvais difficilement passer à côté de ce nouveau roman signé Amélie Antoine (« Quand on n’a que l’humour », « Sans elle »).

Le récit se déroule entre un passé qui nous emmène inexorablement vers ce jour où tout a basculé et un présent qui espère pouvoir nous ramener un jour vers la lumière. Le jour où est celui qui a tout détruit, ne laissant qu’un champ de ruines et effaçant toute perspective d’avenir. L’instant fatidique où l’avant laisse subitement la place à un après où la vie ne semble plus avoir aucun sens…   

Si l’entièreté du récit oscille autour d’une tragédie innommable, Amélie Antoine narre surtout la rencontre entre deux êtres cabossés par la vie qui se rencontrent dans un cimetière, lui, venant d’assister à un enterrement, elle, venue entretenir des tombes laissées à l’abandon. A l’inverse de Katarina Mazetti, qui avait tendance à en faire de trop dans « Le mec de la tombe d’à côté », nuisant finalement à la crédibilité des personnages et sombrant régulièrement dans un humour forcé, Amélie Antoine ne s’aventure pas dans une histoire d’amour improbable, mais démontre une nouvelle fois tout son talent à brosser des personnages plus vrais que nature et à décortiquer leurs sentiments avec grande justesse. S’apprivoisant au fil des pages et brisant progressivement ces carapaces qui faisaient barrière à toute forme de bonheur, les deux protagonistes finissent par entrevoir une infime lueur d’espoir…

L’intrigue n’a certes rien de révolutionnaire, mais comment ne pas s’attacher à ces deux protagonistes que l’on aimerait tellement voir heureux ? Comment ne pas croire à la beauté de cette lumière qu’ils ne peuvent pas encore voir dans la noirceur de cette nuit qui les enveloppe ? Comment résister à tourner les pages en espérant qu’ils puissent tourner la leur, cette page tellement sombre que plus rien ne semble pouvoir s’écrire dessus ?  

« Le jour où » est une belle histoire d’amour et de résilience, construite dans la noirceur, mais laissant entrevoir ce brin de lumière auquel il est tellement bon de s’accrocher, le tout emmené par la plume experte d’une autrice lilloise qui sait aller au plus profond de l’âme humaine…

Le jour où, Amélie Antoine, XO, 395 p., 19,90€ 

Ils en parlent également : EmOtionS, Maeve, Mes échappées livresques, SangPages, Koryfée, Laurence, Aude, Entre deux livres, Maman Nature, Imaginoire, Audrey, Lili, Petite étoile livresque, Stéph, Annick, Célittérature, Evasion polar, Mon rêve d’été, Nath, Julie