Archive pour Coup de coeur

Brittainy C Cherry – Eleanor & Grey

Posted in Littérature with tags , , , on 3 mars 2021 by Yvan

Rire et larmes !

Brittainy C Cherry – Eleanor et GreySi jamais vous n’êtes pas trop fan d’histoires d’amour ou de romans pour ados, n’allez surtout pas jeter un œil à la couverture originale de cet ouvrage en anglais, sinon, peu importe ce que je dirai dans mon avis, jamais je ne pourrai vous convaincre de le lire !

« Eleanor & Grey » invite à suivre la relation au fil des ans de deux personnages dont vous n’aurez pas trop de mal à deviner les prénoms. Il y a tout d’abord Eleanor, pas l’adolescente la plus populaire de son lycée, qui aime se réfugier dans les livres en général et dans ceux d’Harry Potter en particulier. Même lorsque sa cousine l’emmène à une soirée, elle préfère s’installer à l’écart pour lire. C’est à ce moment-là que, contre toute attente, Grey, l’un des garçons les plus populaires de l’école, s’approche d’elle et vient carrément lui parler…

Le roman est divisé en deux parties. La première relate la rencontre des deux adolescents et permet de découvrir comment ce duo assez improbable s’est finalement lié d’une amitié très forte. La deuxième partie nous plonge une quinzaine d’années plus tard, au moment où les deux ont refait leurs vies et doivent réapprendre à se connaître malgré des parcours très différents… et parsemés de drames.

Je n’avais encore jamais rien lu de Brittainy C Cherry, mais je découvre avec grand plaisir sa capacité à brosser des personnages attachants dont on découvre les failles au fil des pages. Les personnages secondaires ne sont d’ailleurs pas en reste, que ce soit l’hilarante cousine Shay ou les deux sœurs dont la plus petite est un véritable rayon de soleil…même si ma préférence va à la plus âgée des deux, adolescente torturée qui dévoile progressivement toutes ses cicatrices…

« Eleanor & Grey » n’est pas seulement une histoire d’amour, mais surtout un roman poignant parsemé de tragédies et abordant des thèmes douloureux tels que le deuil, la différence, le harcèlement scolaire, la maladie et l’isolement. C’est également l’histoire d’une reconstruction, de la découverte de l’âme sœur et de l’importance de la famille dans les moments difficiles.

Voilà, si entre deux polars vous avez envie de passer du rire aux larmes en compagnie de personnages foncièrement humains, ne faites pas attention au genre ou à la couverture…et laissez-vous tenter !

Coup de cœur pour cette histoire d’amour pour ados…tout arrive !

Eleanor & Grey, Brittainy C Cherry,Hugo Roman , 441 p., 17€

Ils en parlent également : Les pages qui tournent, Alice, Tiffany, Aurélie, Marie, Mathilde, Sandrine, Mademoiselle M, Clem, Elise, Julie, Marie, Coralie, Laura, Lily-Cath, Jenn, Elyosa, Céline, Ludivine, Pommy, Bookivresse, Maman Chicklit, Elisa, Shazia, Léa, Amandine, Quitterie, Steph, Emelyne, Rowena, Aline, Mae, Elsa, Lucie, Lounea Book, Darlène, Amandine, Filledepapiers, Coralie, Vane, Books on fire, Mayna, Charlaine, Camille, Sandra, Fifi

Caroline Laurent – Rivage de la colère

Posted in Littérature with tags , , on 21 février 2021 by Yvan

Une injustice méconnue !

Caroline Laurent - Rivage de la colèreCe roman de Caroline Laurent aborde une page de l’Histoire que je ne connaissais pas: l’exil forcé des habitants des îles Chagos, un petit archipel de l’Océan indien rattaché à l’île Maurice !

Lors de l’indépendance de l’île Maurice en 1968, un accord secret prévoit que certaines de ses dépendances, dont les îles Chagos, resteront britanniques. Le Royaume-Uni a en effet promis ces territoires aux Etats-Unis, afin d’y installer une base militaire. Petit détail du contrat, mais de lourde conséquence pour les quelques 2.000 Chagossiens: l’archipel doit préalablement être vidé de tous ses habitants !

Le premier point fort de ce roman historique est de nous éclairer sur cette décolonisation totalement injuste dans l’océan Indien. Toute une population qui vivait en paix et en harmonie avec la nature, se retrouve soudainement déportée vers les Seychelles et l’île Maurice, sans aucune explication préalable. Un endroit où ils doivent dorénavant vivre comme des parias, dans la pauvreté la plus extrême et séparés à jamais de la terre de leurs ancêtres.

L’autre immense attrait de ce récit est la petite histoire imaginée par Caroline Laurent afin de nous faire traverser la grande. L’incroyable histoire d’une jeune autochtone illettrée, victime d’une histoire d’amour impossible et chassée de sa terre natale par les Anglais. Le récit de gens simples, profondément attachants, balayés par la grande Histoire, et celui d’une femme forte, digne, qui refuse de se laisser faire sans combattre…

Un récit plein d’humanité et d’injustice qui ne laisse bien évidemment pas indifférent et une auteure franco-mauricienne qui sait placer les mots juste sur ce déracinement honteux !

Un coup de cœur qui me donne fortement envie de découvrir son précédent ouvrage « Et soudain, la liberté », écrit à quatre mains avec Evelyne Pisier.

Rivage de la colère, Caroline Laurent, éditions Les Escales, 432 p., 19,90 €

Ils en parlent également : 68 premières fois, Mes échappées livresques, Mumu, Audrey, Olivia, Stelphique, Domi, Agathe, Krol, Laurence, Eve, Emi lit, Sophie, Charlotte, Claire, Anaïs, Nana, Aline, Fflo, Lilou, Lili, Corinne, Anita, Vincent, Knut, Jean-Pierre, Nina, Cath, Sy’zel, Laure, Plumes et pages, Feministah, Emilie, Myriam, Books moods & more, Ghislaine, Page après page, Ma collection de livres, Ptitgateau

Michel Bussi – Rien ne t’efface

Posted in Littérature with tags , on 17 février 2021 by Yvan

Comment expliquer la disparition de son enfant ?

Michel Bussi - Rien ne t’effaceCe nouveau roman de Michel Bussi (« Nymphéas noirs », « J’ai dû rêver trop fort ») invite à suivre les pas d’une mère célibataire dont l’enfant disparaît le jour de ses dix ans.

Le récit débute à Saint-Jean-de-Luz dans le Pays basque, en compagnie de Maddi Libéri, médecin généraliste, et de son fils Esteban. Chaque matin, ils ont pour habitude de passer un moment sur la plage de Saint-Jean-de-Luz avant de s’attaquer à leur petit-déjeuner. Lorsqu’Esteban disparaît sans laisser de traces le jour de ses dix ans, les autorités privilégient la thèse de la noyade, tandis que la mère pense à un enlèvement.

Lorsque dix ans plus tard, après avoir refait sa vie avec Gabriel en Normandie, Maddi revient en pèlerinage sur cette même plage, elle se fige. Là, à seulement quelques mètres d’elle, se tient un gamin de dix ans qui ressemble comme deux gouttes d’eau à son fils et qui porte le même maillot de bain que le jour de sa disparition. Elle décide de le suivre jusqu’en Auvergne, où il vit dans le petit village de Murol…

En voyant que Michel Bussi comptait m’emmener sur la voie de la réincarnation pour expliquer l’inexplicable, je dois bien avouer avoir eu très peur de ressortir fortement déçu de cette lecture. Force est cependant de constater qu’après avoir baladé mon esprit cartésien sur de nombreuses fausses pistes flirtant avec le surnaturel, l’auteur est une nouvelle fois parvenu à retomber sur ses pattes avec grande maestria. Alors certes, la fin est un poil capillo-tractée, mais les salons de coiffure ayant été fermés en Belgique pendant la pandémie COVID-19, je comprends que même les intrigues puissent être légèrement tirées par les cheveux.

Ces révélations finales qui ont pour but de mettre le lecteur sur le cul après lui avoir retourné le cerveau, ne sont d’ailleurs pas le seul attrait de ce roman. Cette quête de vérité permet en effet de croiser des personnages attachants et profondément humains, emmenés par une assistante sociale et un employé de mairie bien déterminés à démêler les fils de cette énigme particulièrement bien ficelée.

Du très bon Bussi !

Rien ne t’efface, Michel Bussi, Editions Presses de la cité, 427 p., 21€

Ils en parlent également : EmOtionS, Aude, Ghislaine, Isa, Little pretty Books, One more cup of coffee, Culture VSNews

Karine Giebel – Juste une ombre

Posted in Littérature with tags , on 10 février 2021 by Yvan

Paranoïa ou harcèlement ?

Karine Giebel – Juste une ombreL’ombre dont il est question dans ce roman de Karine Giebel est celle qui semble surveiller Cloé, s’introduisant chez elle, allant même jusqu’à remplir son frigo. Aucune preuve de cette présence, aucune trace d’effraction… est-elle devenue folle ? Une chose est certaine, la police n’y croit pas… sauf peut-être le commandant Alexandre Gomez…

Si les deux personnages principaux sont à priori assez antipathiques (elle carriériste et hautaine, lui aigri et violent), ils vont progressivement dévoiler leurs faiblesses et s’apprivoiser au fil du temps. Alternant leurs voix au fil des chapitres, Karine Giebel invite à découvrir l’histoire personnelle de ces deux cabossés de la vie, les rendant plus humains et plus attachants, voire même touchants par moments.

Mais la grande force de ce thriller psychologique haletant est le climat de suspicion que l’auteure parvient à installer tout au long du récit. Brouillant constamment les pistes, elle ébranle inlassablement nos certitudes, faisant régulièrement passer cette proie de l’ombre d’une paranoïaque instable à une victime de harcèlement. Pourvu d’une narration percutante, le roman devient haletant au possible et captivant jusqu’au rebondissement final époustouflant !

Vivement recommandé aux amateurs de thrillers psychologiques !

Juste une ombre, Karine Giebel, Fleuve, 512 p., 20€

Ils en parlent également : Juliette, Apostrophe, Titia, Fifi, Ptitgateau, Mlle Cup of Tea, Lecture aléatoire, Mouncooking

Luis Sepúlveda – Le vieux qui lisait des romans d’amour

Posted in Littérature with tags , , on 13 janvier 2021 by Yvan

Une fable écologique poétique !

Luis Sepúlveda - Le vieux qui lisait des romans d'amourCela faisait un petit temps que j’avais envie de découvrir cet auteur chilien décédé le 16 avril 2020, des suites du Covid-19. C’est chose faite avec ce premier roman, datant de 1988 et rendant hommage à son ami brésilien Chico Mendès, grand défenseur de la forêt amazonienne…et qui le paya de sa vie !

Le récit débute par la découverte d’un braconnier, tué par une femelle jaguar. Devenue enragée à la découverte de ses petits assassinés par ce chasseur blanc, elle représente dorénavant un grand danger pour tous les habitants du petit village équatorien d’El Idilio. Afin d’éviter un carnage, le maire sollicite l’aide d’Antonio José Bolivar, un vieux ayant jadis vécu parmi les Shuars et qui connaît la forêt et ses animaux mieux que personne…

« Le vieux qui lisait des romans d’amour » nous emmène donc au cœur d’une jungle fourmillant de dangers et de merveilles, afin d’y suivre les pas d’un septuagénaire plein de sagesse, obligé de mener une chasse qu’il aurait préféré éviter. Il ne faut que quelques pages pour s’attacher à ce personnage romanesque qui passe son temps à lire des romans à l’eau de rose au fond de sa cabane en bambou, afin d’échapper à la bêtise humaine…

En partageant le regard d’un vieux profondément humain, qui aime non seulement les romans d’amour, mais également la forêt amazonienne et ses défenseurs, Luis Sepúlveda livre un conte écologique dépaysant non dépourvu d’humour, qui dénonce la destruction systématique de la forêt amazonienne et l’annihilation progressive des populations indigènes.

Pour échapper à la bêtise des hommes, lisez des romans d’amour… ou cette fable écologique chilienne d’une grande justesse!

Le vieux qui lisait des romans d’amour, Luis Sepúlveda, Seuil, 128 p., 5,90€

Ils en parlent également : Natiora, Jean-Pierre, USVAL’ivre lecteurAux vents des mots, Cécile, Mangeur de livres, Delphine, Marie, Sabine

Romans : Le Bilan de 2020

Posted in DIVERS, Littérature with tags , , on 1 janvier 2021 by Yvan

Romans Best of 2020Après deux longues périodes de confinement assez immobiles, mais heureusement aussi riches en lectures qu’en calories, le moment est venu de faire un petit bilan sur les romans que j’ai eu l’occasion de lire en cette étrange année 2020, qui aura tout de même eu le mérite de confirmer que les livres sont bel et bien un produit essentiel à la santé mentale des belges, leur permettant de s’évader pendant cette période particulièrement difficile.

Je tiens d’ailleurs à remercier tous les blogueurs qui m’ont permis de découvrir toutes ces pépites. Du coup, j’espère que cette liste totalement subjective pourra peut-être également vous donner quelques idées de lectures pour bien commencer 2021.

Les quatre principales choses que je retiendrai de cette année de lecture sont :

Bonne lecture et tous mes meilleurs voeux pour 2021 !

Mes coups de coeur de l’année :

Rebecca Lighieri – Il est des hommes qui se perdront toujours Samuelle Barbier – Celles qui restent Maud Mayeras – Les Monstres
Tiffany McDaniel – Betty Delia Owens – Là où chantent les écrevisses Colson Whitehead – Nickel Boys
Paul Cleave – Intuitions Sophie Jomain – Les étoiles brillent plus fort en hiver CLudovic Manchette et Christian Niemiec – Alabama 1963
R.J. Ellory - Le jour où Kennedy n'est pas mort Marie Vareille – Le syndrome du spaghetti Olivier Norek – Impact
Sebastian Fitzek – Siège 7A Alejandro Palomas – Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins Barbara Abel – Et les vivants autour
Franck Thilliez – Il était deux fois Mélissa Da Costa – Tout le bleu du ciel Djaïli Amadou Amal – Les impatientes
Virginie Grimaldi – Et que durent les moments doux Vanessa Springora – Le Consentement Oscar Lalo - La race des orphelins

Les autres très bonnes lectures :

Hervé Le Tellier – L’anomalie Anne-Gaëlle Huon – Les Demoiselles Grégoire Delacourt – Un jour viendra couleur d’orange
Alia Cardyn – Mademoiselle Papillon Sandrine Collette – Et toujours les forêts Laurent Petitmangin – Ce qu’il faut de nuit
Henri Loevenbruck – Le Loup des Cordeliers Maxime Girardeau – Persona Marie Pavlenko – Et le désert disparaîtra
Sébastien Spitzer – La Fièvre Amélie Antoine – Le jour où Stephen Chbosky – L’ami imaginaire

Excellent, mais découvert sur le tard :

Mattias Köping – Le Manufacturier Stephen King – 22/11/63 Mathias Malzieu – Journal d’un vampire en pyjama
Yasmina Khadra – L’attentat Wladyslaw Szpilman – Le pianiste Irvin Yalom - Le Problème Spinoza
Maud Mayeras – Reflex Anonyme – Le livre sans nom (Bourbon Kid Tome 1) Clémentine Beauvais – Les petites reines

Encore une dose de bons polars pour les amateurs :

Sally Hepworth – La belle-mère Chevy Stevens – Jamais tu ne me quitteras Sylvain Forge – Sauve-là
Bernard Minier – La vallée Karine Giebel – Chambres noires Paul Colize - Toute la violence des hommes
Jussi Adler-Olsen – Victime 2117 Clarence Pitz – Ineffaçables Joël Dicker – L’énigme de la chambre 622
Olivier Bal - L'Affaire Clara Miller Elly Griffiths – Le Journal de Claire Cassidy Joseph Incardona – La Soustraction des possibles

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2019 !

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2018 !

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2017 !

Djaïli Amadou Amal – Les impatientes

Posted in Littérature with tags , on 20 décembre 2020 by Yvan

Des mariages qui n’arrangent que les hommes !

Djaïli Amadou Amal - Les impatientesLa patience dont il est question dans « Les impatientes » n’est pas celle qui est une vertu, mais celle qui invite les femmes maltraités à prendre leur mal en patience, en espérant des jours meilleurs.

Mariée de force à 17 ans à un cinquantenaire polygame et victime de violences conjugales lors d’un second mariage, Djaïli Amadou Amal sait de quoi elle parle. À travers ce roman choral inspiré de ses propres souffrances, l’écrivaine féministe camerounaise qui a créé l’association Femmes du Sahel en 2012, dénonce le calvaire des mariages forcés et de la polygamie.

Déjà lauréat du prix Orange du livre en Afrique en 2019 et récemment couronné du Goncourt des Lycéens, ce roman donne successivement la parole à trois femmes peules et musulmanes, emprisonnées dans des cages dorées, où les femmes n’ont aucun droit, sinon celui d’être patientes.

Il y a Ramla, jeune fille intelligente et jolie, qui devait devenir pharmacienne et épouser celui qu’elle aime… jusqu’au jour où son père change d’avis et décide de l’offrir comme seconde femme à un de ses partenaires d’affaires de cinquante ans. Il y a Hindou, la sœur de Ramla, née d’une autre mère, forcée d’épouser son cousin alcoolique et violent pour le bien de la famille. Puis il y a Safira, mariée depuis deux décennies avec le richissime Alhadji, et qui voit l’arrivée d’une seconde épouse, plus jeune que sa propre fille, d’un très mauvais œil.

Trois femmes obligées de se soumettre aux traditions et aux lois patriarcales, entièrement assujetties à leurs hommes, comme prôné par le « Tout-Puissant », et de surcroît victimes de rivalités impitoyables entre coépouses. Au programme de leur quotidien : violences physiques et morales, maltraitances, viols, mépris… ainsi qu’un conseil récurrent à toute tentative de plainte : « Munyal ! »… qui signifie patience en peul !

Le récit de ces jeunes femmes qui souffrent en silence s’avère poignant, glaçant et révoltant !

Un coup au cœur !

Les Impatientes, Djaïli Amadou Amal, Ed. Emmanuelle Collas, 252 p., 17€

Ils en parlent également : Au fil des livres, Matatoune, Audrey, Sonia, Balades en livres, Joëlle, Domi, Ceciloule, Pipelette liseuse, Patricia, Caro, Lili, Nos esperluettes, Culture VSNews, Cercle littéraire de Dordogne, Librairie Diderot