Archive pour Coup de coeur

Clarence Pitz – Ineffaçables

Posted in Littérature with tags , , on 12 janvier 2020 by Yvan

Quand Bruxelles bruxellait !

Clarence Pitz – IneffaçablesMais comment ai-je pu louper la sortie de cet excellent polar qui, à l’instar de « Jeux de mains », se déroule quasiment dans mon jardin ? Heureusement que je peux compter sur mes collègues blogueurs pour éviter de passer à côté de petites pépites comme celle-ci. En l’occurrence, il me faut donc remercier le blog de Sangpages, qui a eu la bonne idée de mettre ce deuxième roman de l’auteure belge dans son bilan de 2019.

« Ineffaçables » démarre donc à Bruxelles, en 2016, au lendemain d’une vague d’attentats qui a mis la capitale sous tension et les forces de l’ordre sur les rotules. Ces derniers doivent cependant prévoir un bon stock de Red Bull car des fresques à caractère pornographique commencent à fleurir sur les murs de Bruxelles, tandis qu’en parallèle, une série de crimes particulièrement pervers sont commis quasi simultanément. Même Virgile Plisson, flic infirme relégué au placard, doit reprendre du service…

Utiliser un fait divers véridique, celui des fresques clandestines de Bruxelles, comme fil rouge d’un roman policier multipliant des meurtres liés à ces peintures murales, est une excellente idée car ce jeu de piste permet à Clarence Pitz de nous balader dans les quartiers populaires de la capitale. J’ai adoré me promener dans les rues de Bruxelles et croiser certains repères estudiantins qui ont animé ma jeunesse (Le Gauguin, la Jefke, la Marie Galante, …), surtout que depuis l’instauration du piétonnier je n’y vais quasiment plus.

Si la ville est quasiment un personnage à part entière, les autres protagonistes ne sont pas en reste. De l’inspecteur principal Karel Jacobs et ses problèmes personnels à cette adorable Monique qui promène son chien, en passant par la courageuse Samira (qui n’aura pas uniquement conquis le cœur de Vigile), l’auteure dresse le portrait de personnages plus vrais que nature et envers lesquels j’ai éprouvé énormément d’empathie.

Outre un cadre d’une grande richesse et des personnages extrêmement attachants, Clarence Pitz livre également un thriller parfaitement rythmé, parsemé d’humour, de références culturelles et d’expressions croustillantes bien de chez nous, que j’ai dévoré en moins de deux jours.

Bref, un roman coup de cœur qui me donne non seulement envie d’aller me dégourdir les jambes à Bruxelles, mais également de découvrir son premier roman « La parole du Chacal ».

Si tu ne sautes pas (sur ce livre), tu n’es pas Bruxellois !

Ineffaçables, Clarence Pitz, Editions Nouvelle Bibiliothèque, 510 p., 24€

Ils en parlent également : Branchés culture, Sangpages, Mes lectures du dimancheEntre deux livresPause polars, NigraFoliaLivrement Ka, Mylène, Indécise Book, Les plumes noires

Romans : Le Bilan de 2019

Posted in DIVERS, Littérature with tags , , on 1 janvier 2020 by Yvan

Bonne année à tous !

C’est le moment des bonnes résolutions, mais également l’heure du bilan et l’occasion de remercier tous les blogueurs qui contribuent à me faire découvrir des auteurs et des titres… voire même à m’éloigner parfois du genre polar ! Je constate d’ailleurs que j’apprécie de plus en plus les romans chick-lit et les parutions jeunesse.

Grâce à vous, j’ai non seulement lu beaucoup de romans (sans parler de ma PAL qui déborde), mais surtout d’excellents titres car vous m’aidez à faire le tri parmi les (trop) nombreuses parutions. Vous m’avez ainsi incité à lire plus ou moins 80 romans cette année et voici ce que je retiens de ces nombreuses heures de lecture :

Mes coups de coeur de l’année :

Marie Pavlenko – Un si petit oiseau Joseph Ponthus – A la ligne, Feuillets d’usine Steve Cavanagh – Treize
Amélie Antoine – Raisons obscures Delphine de Vigan – Les gratitudes Olivier Norek – Surface
Søren Sveistrup – Octobre Virginie Grimaldi – Quand nos souvenirs viendront danser Franck Thilliez – Luca
R.J. Ellory – Le chant de l’assassin Niklas Natt och Dag – 1793 Marie Vareille – La vie rêvée des chaussettes orphelines
Victoria Mas – Le bal des folles Bénédicte Belpois – Suiza Bérengère Cornut – De Pierre et d’Os
Jérôme Loubry – Les refuges Luca Di Fulvio – Le Soleil des Rebelles Jean-Claude Grumberg – La plus précieuse des marchandises, Un conte

Les autres très bonnes lectures :

Michel Houellebecq – Sérotonine Mick Kitson – Manuel de survie à l’usage des jeunes filles Olivier Liron – Einstein, le sexe et moi
Philippe Lançon – Le Lambeau Hyam Zaytoun – Vigile Sarah Gysler – Petite
René Manzor – Apocryphe Grégoire Delacourt – Mon père Cédric Sire – Vindicta
Franck Bouysse – Né d’aucune femme Jón Kalman Stefánsson – Ásta Jean-Baptiste Andrea - Cent millions d’années et un jour
Victor Dixen – Cogito Karine Tuil – Les choses humaines Romain Puértolas – La police des fleurs, des arbres et des forêts

Excellent, mais découvert sur le tard :

Tim Willocks – La Religion Michaël Mention – Power Isabelle Duquesnoy – L’embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard
Pete Fromm – Lucy in the sky Yuval Noah Harari – Sapiens, une brève histoire de l’humanité Emilie Chazerand – La fourmi rouge

Encore une dose de bons polars pour les amateurs :

Fred Vargas – Temps glaciaires David Joy – Le Poids du monde Bryan Reardon – Jake
Estelle Tharreau – Mon ombre assassine Alex Michaelides – Dans son silence J.M. Erre – Qui a tué l’homme-homard ?
Jamey Bradbury – Sauvage Morgan Audic – De bonnes raisons de mourir Xavier Massé – L’inconnue de l’équation
Angelina Delcroix – Si je serais grande Collectif – Ecouter le noir Sarah Pinborough – Si je mens, tu vas en enfer
Karine Giebel – Ce que tu as fait de moi Paul Cleave – Cauchemar Ellison Cooper – Sacrifices

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2018 !

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2017 !

 

Paul Cleave – Cauchemar

Posted in Littérature with tags , on 1 janvier 2020 by Yvan

Jusqu’au bout !

Paul Cleave - CauchemarJ’avais déjà entendu parler de cet écrivain néo-zélandais, mais sans jamais franchir le pas. Un polar sombre, quelques avis positifs de blogueurs de confiance et un éditeur qui ne déçoit jamais dans le genre… et hop, je me lance dans ce cauchemar signé Paul Cleave !

Alyssa Stone, une fillette de sept ans qui a disparu.
Un suspect ligoté à une chaise.
Noah Harper, un flic local qui dérape tellement afin d’obtenir des aveux qu’il se retrouve limogé, divorcé et banni de la petite ville d’Acacia Pines.
Douze ans plus tard, Noah reçoit un coup de fil de son ex-femme… Une nouvelle disparition… Le cauchemar recommence !

« Cauchemar » c’est tout d’abord un bled perdu entouré de forêts et de lacs, où les randonneurs ont tendance à se perdre et où les habitants dissimulent de lourds secrets. Acacia Pines ne sera donc sans doute pas votre prochaine destination de vacances, mais la petite ville contribue néanmoins à installer une ambiance pesante et hostile tout au long du roman.

« Cauchemar » c’est aussi un héros aux valeurs nobles, mais aux méthodes musclées, dont le retour à Acacia Pines n’est pas vraiment vu d’un très bon œil. Un justicier qui n’a pas froid aux yeux et qui fait preuve d’une détermination hors norme. Bref, le genre de héro bien droit dans ses souliers que j’affectionne.

« Cauchemar » c’est surtout un page-turner qui démarre fort, sur une scène de torture violente, et qui parvient à garder le lecteur sous tension jusqu’au cliffhanger final. Ce thriller parfaitement rythmé, narré à la première personne et débordant d’action s’avère en effet d’une efficacité redoutable et m’a un peu fait penser à l’excellent « La mort selon Turner » de Tim Willocks.

A défaut de provoquer des cauchemars, ce roman haletant au possible pourrait bien vous faire passer une nuit blanche…

Cauchemar, Paul Cleave, Sonatine, 448p., 22€

Ils en parlent également: La culture dans tous ses états, Lord Arsenik, EmOtionSStelphique, Livresse du noir, Elodie, Ma voix au chapitreLire & courir, Aude, Evasion polar, Un livre un crayon l’addition, Dup

Bénédicte Belpois – Suiza

Posted in Littérature with tags , , on 21 décembre 2019 by Yvan

Quand le désir se transforme en amour !

Bénédicte Belpois - SuizaPour son premier roman, Bénédicte Belpois invite le lecteur dans un petit village agricole de Galice peuplé d’hommes rudes et de femmes à leur service. Si le café local permet de s’imbiber de vin du Rioja afin de combler la chaleur ambiante, l’arrivée d’une serveuse suisse à la peau laiteuse fait immédiatement monter la température ambiante…

Au milieu de ce décor digne de Marcel Pagnol, le lecteur est invité à suivre les pas de Tomas, un fermier veuf d’à peine quarante ans au langage peu châtié, qui tombe raide dingue de cette étrangère un peu conne, qui ne parle certes pas l’espagnol, mais dont le corps semble beaucoup plus fertile que les champs avoisinants. Cette subite envie de labourer autre choses que ses propres terres, lui ferait presque oublier son cancer des poumons…

« Suiza » est la rencontre de deux êtres blessés par la vie, que tout oppose, mais qui progressivement s’apprivoisent. Il y a tout d’abord ce gros paysan macho, qui a du mal à exprimer ses sentiments, mais qui, bizarrement, me parle. Puis il y a Suiza, naïve et sensuelle, qui trimballe néanmoins un lourd passé que l’auteure dévoile au fil des pages. « Suiza », c’est le jour qui percute la nuit de plein fouet… et la promesse d’un avenir plus lumineux…

« Suiza » ce sont des personnages secondaires truculents que l’on a du mal à quitter en refermant le roman. Du vieux Ramon, fidèle ouvrier et père de substitution, à la vieille Agustina au langage de charretière, mais aux conseils avisés, en passant par Lope, l’employé homosexuel, ou Alvaro, le tenancier du bar, personne ne laisse indifférent.

Coup de cœur !

Suiza, Bénédicte Belpois, Gallimard, 256 p., 20 €.

Ils en parlent également: Au fil des livresMes échappées livresques, SybouletteAnthony, 68 premières fois, A l’horizon des motsLe petit poucet des mots, Domi C Lire, Plumes et pages, Agathe The BookLoupbouquinLa marmotte à lunettesCercle littéraire de Dordogne, Page après page, Ma collection de livres, Sans connivence

Joseph Ponthus – A la ligne, Feuillets d’usine

Posted in Littérature with tags , on 18 décembre 2019 by Yvan

Les coulisses du capitalisme !

Joseph Ponthus - A la ligne, Feuillets d’usineCe premier roman autobiographique de Joseph Ponthus, récompensé du grand prix RTL/Lire, invite à suivre ses déboires en tant qu’ouvrier intérimaire dans l’agroalimentaire.

Ayant tout plaqué pour s’installer en Bretagne avec son épouse et ne trouvant pas de boulot dans son domaine, Joseph Ponthus s’inscrit dans une agence d’intérim. Après une première mission éreintante dans une usine de transformation et de cuisson de poissons et de crustacés, il est envoyé dans un abattoir… pour effectuer d’autres tâches abrutissantes et répétitives !

Dès les premières lignes, le lecteur pénètre dans les coulisses de l’industrie agroalimentaire. Travail de nuit épuisant, cadences inhumaines, pauses chronométrées, contrats au jour le jour, le bruit, les odeurs et le froid, le travail à la chaîne va de pair avec de nombreuses souffrances physiques et morales… ainsi qu’un salaire dérisoire. L’auteur dépeint un tableau social peu reluisant, fait de main-d’œuvre intérimaire pas cher et remplaçable, qui n’a même plus la force, ni le courage, d’enfiler son gilet jaune pour aller s’en plaindre…

Le style sans ponctuation et multipliant les retours à la ligne peut surprendre, mais s’avère finalement d’une justesse incroyable afin de restituer le tempo du travail à la chaîne. D’une part, cette impression de se retrouver face à un poème, fait de phrases courtes et d’un texte revenant constamment à la ligne, mais délaissant les rimes… logiquement… afin d’évoquer ce travail qui ne rime à rien. D’autre part, cette absence de ponctuation restituant le manque de temps… cette incapacité à délimiter les mots et les phrases qui défilent devant les yeux écarquillés d’un lecteur n’ayant plus le droit de marquer un temps d’arrêt, avalant les mots comme ils viennent… à la chaîne… Allez ! Du tempo ! Le capitalisme n’attend pas !

Grosse claque !

À la ligne, Joseph Ponthus, La Table Ronde, 267 p., 18 €

Ils en parlent également : La culture dans tous ses états, Au fil des livresAnthonySyboulette, FolavrilMumuMaeveLire & vous, Krol, FfloladilettantePatiVore, GaroupeLoupBouquin, MissBookUne libraire blogueuse, Charge d’âme, Liseuses de Bordeaux, La marmotte à lunettes, Autobiosphère, 68 premières fois, Lettres d’Irlande et d’ailleurs, D’une étagère à l’autre, Mélopée, Voyage au bout de mes livres, Emy, Kroniques, Des petits riens, Domi C Lire, Claire, Lectures de rêves, Librairie Saint Christophe, Collection de livres, Page après page

Bérengère Cornut – De Pierre et d’Os

Posted in Littérature with tags , on 1 décembre 2019 by Yvan

Esseulée face à l’essentiel !

Bérengère Cornut - De Pierre et d’OsCeux qui ont aimé « Salina » de Laurent Gaudé peuvent se lancer les yeux fermés dans ce roman qui invite à suivre l’existence nomade d’une jeune inuit séparée des siens suite à une fracture dans la banquise. Livrée à elle-même dès le plus jeune âge, Uqsuralik doit constamment braver la solitude, la faim et les conditions polaires extrêmes de ce milieu hostile…

Entraînant le lecteur en Arctique, en compagnie de personnages, certes fictifs, mais d’un réalisme émouvant, Bérangère Cournut dévoile progressivement la culture ancestrale et le mode de vie particulièrement rude des Inuits. En mettant en avant une héroïne forte, d’abord adolescente, puis femme et ensuite mère, l’auteure propose un roman initiatique qui embrasse non seulement la nature, mais également la condition des femmes de l’époque…

En entrecoupant les nombreux chapitres de chants, l’auteure livre de surcroît un récit particulièrement onirique et poétique, où se mêlent traditions et croyances ancestrales. À l’aide d’une narration très sensorielle, Bérangère Cournut nous immerge avec brio dans cet environnement glacial où esprits, nature et êtres humains sont encore fortement connectés !

Un coup de cœur, couronné du Prix du roman Fnac 2019 !

De Pierre et d’Os, Bérengère Cornut, Le Tripode, 254 p., 19€

Ils en parlent également : Ma toute petite culture, Au fil des livres, SophieMes échappées livresques, Mumu, Des mots et des notes, Le livre d’après, Mélie et les livres, Livres d’un jour, Mes pages versicolores, PatiVore, Girl kissed by fire, La viduité, La livropathe, LoupBouquin, Nom d’un bouquin, Emma, Marine, Cornélia, Bonnes feuilles et mauvaise herbe, Le cercle des libraires disparues, Une libraire blogueuse, Ma collection de livres, Les deux bouquineuses

Luca Di Fulvio – Le Soleil des Rebelles

Posted in Littérature with tags , on 17 novembre 2019 by Yvan

Un destin moyenâgeux hors norme !

Luca Di Fulvio - Le Soleil des RebellesAprès New York dans les années 20 (« Le Gang des rêves ») et Venise au début du XVIe siècle (« Les enfants de Venise »), le romancier italien Luca Di Fulvio nous emmène au Moyen-âge.

Le jeune Marcus II, prince héritier du royaume de Saxe, y assiste au massacre de toute sa famille par Agomar, un guerrier impitoyable commandité par Ojsternik, le seigneur de Dravocnik. Sauvé in extremis par la fille d’Agnete, la sage-femme, le gamin de neuf ans se retrouve élevé comme un serf au cœur d’un système féodal aux conditions de vie effroyables…

À l’instar de Christmas dans « Le Gang des rêves » ou de Mercurio dans « Les enfants de Venise », Luca di Fulvio nous invite une nouvelle fois à suivre la destinée incroyable d’un gamin que l’on voit grandir au fil des pages et que l’on quitte les yeux embués une fois le roman refermé. L’intrigue ne révolutionnera certes pas le genre mais, en conteur hors pair, Luca di Fulvio livre un récit initiatique parsemé d’amour, d’amitié, de cruauté, de misère, de courage, de trahisons et de vengeance, qui tient en haleine de la première à la dernière page.

« La seule vérité qui compte, c’est celle qui…résonne en toi. »

De plus, cette épopée médiévale qui se vit autant qu’elle se lit, offre à nouveau une galerie de personnages hauts en couleur, emmenés par un héros au destin hors norme, ainsi que par un trio de personnages féminins (Agnete, la sage-femme, Eloisa, sa fille, et Emöke, la folle) qui ne laissera personne indifférent.

Bref, ma troisième brique signée Luca di Fulvio et mon troisième coup de cœur de cet auteur dont je vais m’empresser d’aller lire « Les prisonniers de la liberté » !

Le Soleil des Rebelles, Luca Di Fulvio, Slatkine et cie, 636 p., 23€

Ils en parlent également : Flo & books, Stelphique, Au chapitre, Mots pour mots, Valmyvoyou lit, Un livre toujours, Addiction polar, Evasion polar, LœildeM, Entre deux pages, Tours et culture, Derrière ma porte un monde, Hélène, AurélieÔ Grimoire, Page après page, Un bouquin sinon rien, Franck’s books