Archive pour Coup de coeur

Sebastian Fitzek – Siège 7A

Posted in Littérature with tags , on 29 mars 2020 by Yvan

Se boit comme du petit lait !

Sebastian Fitzek – Siège 7AAvec douze romans à son actif, cela faisait un petit temps que Sebastian Fitzek me faisait de l’œil. En apprenant que l’auteur était un adepte du one-shot, évitant au passage les personnages récurrents, je me suis précipité sur le siège 7A de ce thriller psychologique de haut vol !

Une fois à bord, le docteur Mats Krüger, éminent psychiatre allemand vivant à Buenos Aires, me semble un peu pâlot. Il faut dire que le garçon, parti rejoindre sa fille qui est sur le point d’accoucher à Berlin, a une peur bleue de l’avion et qu’il va devoir passer treize heures en l’air. Lorsqu’il reçoit un coup de fil d’un malade lui annonçant le kidnapping de sa fille et la mort imminente de cette dernière s’il ne contribue pas à faire crasher l’avion dans lequel il se trouve… je m’accroche à mon siège 7A et ne le lâche plus avant la fin !

Proposant des chapitres courts, alternant les narrateurs et passant constamment de l’avion à Berlin, où une des collègues de Mats mène l’enquête, Sebastian Fitzek livre un roman dynamique et parfaitement rythmé, ainsi que des personnages bien campés et immédiatement attachants. Certains passages sont certes un poil capillo-tractés, mais cela passe comme une lettre à la poste car la tension monte crescendo et nous tient en haleine du début à la fin. Du huis-clos à bord de l’avion en compagnie de Mats à cette course contre la montre pour retrouver sa fille sur le point d’accoucher, en passant par de nombreux rebondissements distillés au fil des chapitres, l’auteur parvient à livrer un page-turner palpitant !

Bref, au moment où les tours opérateurs sont cloués au sol par le coronavirus, voici un vol à ne surtout pas manquer !

Siège 7A, Sebastian Fitzek, L’Archipel, 384 p., 22€

Ils étaient également à bord : Sonia, Sophie, Audrey, Valmyvoyou litTomabooks, Alohomora, Dans ma boîte aux livresShe reads a bookNigraFolia, Mes aventures livresques, Branchés culture, L’atelier de Litote, DelphUn brin de lecture, Blondes & littéraires, Les demoiselles de Chatillon, Colorandbook, Jess Swann  

Barbara Abel – Et les vivants autour

Posted in Barbara Abel, Littérature with tags , on 22 mars 2020 by Yvan

Mettre fin au coma…

Barbara Abel - Et les vivants autourC’est autour de Jeanne que gravitent les vivants. Cette dernière est plongée dans un coma depuis quatre ans, pouponnée quotidiennement par sa mère et maintenue artificiellement en vie grâce à la médecine et aux finances de son père. Cela fait cependant quelque temps que les médecins préconisent l’arrêt des soins et lorsque le docteur Goossens convoque la famille, ceux-ci s’attendent inévitablement à l’irrémédiable… mais pas forcément au pire…

La révélation du médecin (tirée d’un fait divers dont je me souvenais, mais que je ne dévoilerai pas afin de ne pas gâcher votre plaisir de lecture) est le point de départ de ce thriller psychologique qui va faire voler en éclats une famille somme toute assez banale. Si Barbara Abel aborde le sujet difficile de l’arrêt des soins lorsque l’espoir de guérison devient quasiment nul, elle démontre surtout une nouvelle fois sa capacité à brosser des personnages comme vous et moi, mais qui dévoilent progressivement leurs failles et leur côté obscur… au grand bonheur des fans de polar que nous sommes !

La première moitié du roman s’immisce lentement au cœur de la famille Mercier, brisant les apparences, dévoilant les rancœurs et les secrets, petit à petit, à coups de non-dits et de révélations qui tiennent en haleine. Puis, dans la seconde moitié, les choses s’enveniment et s’accélèrent, accentuant l’aspect thriller du récit et transformant l’ensemble en un page-turner efficace.

Malgré un dénouement que l’on pourra certes qualifier de prévisible, je reste fan absolu de Barbara Abel (Je sais pas, Je t’aimeEcouter le noir) !

Et les vivants autour, Barbara Abel, Belfond, 444 p., 19€

Ils en parlent également : EmOtionS, Lire & courir, Livresse du noirSonia, Aude, Mélie, Entre deux livres, Céline, Dou livresque, Gaboninfoslive, Mon rêve d’été, Mes petits bonheurs, Doc bird, Livres addict, AngéliquePascale bouquineChapitres à lire

Mélissa Da Costa – Tout le bleu du ciel

Posted in Littérature with tags , , on 15 mars 2020 by Yvan

Road movie plein d’émotions !

Mélissa Da Costa - Tout le bleu du cielCe premier roman de la jeune auteure française Mélissa Da Costa invite à vivre le dernier voyage d’Émile, 26 ans, atteint d’un Alzheimer précoce, une maladie neurodégénérative orpheline qui ne lui donne qu’environ deux ans à vivre. Refusant d’être un poids pour ses proches et de terminer sa vie dans un hôpital, il décide de partir à l’aventure en camping-car, en compagnie d’une certaine Joanna, recrutée via une petite annonce sur la toile…

« Jeune homme de 26 ans, condamné par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) d’aventure pour partager avec moi ce dernier périple. »

Au fil des pages et des rencontres, Émile et Joanne vont s’apprivoiser et s’ouvrir l’un à l’autre. Cette rencontre improbable entre deux écorchés de la vie qui finissent par se réparer mutuellement ne peut laisser indifférent. D’étape en étape, le lecteur s’attache à ce duo insolite, qui lève progressivement le voile sur les blessures du passé tout en s’accrochant aux notes d’espoir qu’offre cet ultime voyage.

Ce road movie qui met en avant les petits plaisirs de la vie et la beauté du monde qui nous entoure propose une belle leçon de vie, riche en émotions. Une véritable aventure humaine sur le dépassement de soi, sur la mémoire et sur la solidarité, qui en met plein les yeux et qui va droit dans le cœur !

Tout le bleu du ciel, Mélissa Da Costa, Carnets Nord, 648 p., 21€

Lisez également: Viriginie Grimaldi – Il est grand temps de rallumer les étoiles

Ils en parlent également : Anthony, Mes échappées livresques, Valmyvoyou lit, Garoupe, Liseuse HyperfertileSandrine, MHF, Pat, Lectures de rêves, A propose de livres, Livres d’un jour, Antigone, Cristina, FélicieD’une étagère à l’autre, La valse des pagesLes belles feuilles, AnaLireUn livre dans le sacLittéLecture, Psych3DesLivresBook’N’All, Culture VSNews, Les lectures de Cannetille, Ma collection de livres, Stitch

Alejandro Palomas – Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins

Posted in Littérature with tags , , on 16 février 2020 by Yvan

Supercalifragilisticexpialidocious !

Alejandro Palomas - Le petit garçon qui voulait être Mary PoppinsLe précédent roman d’Alejandro Palomas (« Une mère ») m’ayant déjà fait de l’œil, je n’ai pas mis longtemps à repérer celui-ci. Face à un titre tellement intriguant et une couverture aussi sublime, je n’ai pas su résister plus longtemps à l’envie de découvrir cet auteur espagnol.

« Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins » raconte l’histoire d’un petit garçon de neuf ans hypersensible, solitaire et différent des autres, qui voue une passion sans bornes à Mary Poppins. Derrière le sourire de ce gamin débordant d’imagination se cache néanmoins beaucoup de tristesse et une blessure bien profonde…

Dans ce roman choral qui donne à tour de rôle la parole aux différents protagonistes de l’intrigue, Alejandro Palomas a surtout la bonne idée de donner la parole à un enfant, auquel le lecteur s’attache immédiatement. Au fil des pages, toutes les pièces du puzzle se mettent en place, dévoilant progressivement la partie immergée de cet iceberg, dissimulée derrière un imaginaire fertile, que le pauvre gamin utilise afin d’échapper à une réalité beaucoup trop douloureuse…

Alejandro Palomas propose une fable moderne, toute simple, émouvante, sombre et tendre à la fois… un peu de poésie dans ce monde de brutes ! Une fois le livre refermé, force est d’ailleurs de constater que la magie a opéré ! Supercalifragilisticexpialidocious !

Coup de cœur !

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins, Alejandro Palomas, Cherche Midi, 224 p., 20€

Ils en parlent également : SybouletteAudreyJuju, Sophie, JulieElora, Nathi litAu fil de l’imaginaireMa voix au chapitreLire&vous, Sharon, Page après pageUn an de lectureMuffins & books, CultureVSnews

Anonyme – Le livre sans nom (Bourbon Kid Tome 1)

Posted in Littérature with tags , on 9 février 2020 by Yvan

Totalement débile et jubilatoire !

Anonyme - Le livre sans nomJe ne connaissais pas le « Bourbon Kid » et en repérant un roman intitulé « Que le Diable l’emporte », je ne savais donc pas qu’il s’agissait d’un huitième tome et qu’il valait mieux commencer par le premier volet de la série pour ne pas être largué. Je suis donc vite parti à la recherche de ce roman dont je n’ai (pour une fois) eu aucun mal à retenir le nom de l’auteur (Anonyme) ou le titre (« Le Livre sans nom »).

Ce bouquin pour le moins intriguant propulse le lecteur à Santa Mondega, un bled pourri fréquenté par les pires raclures de la planète. Tout débute au « Tapioca », le bar du coin, où l’ami Sanchez s’amuse à servir de la pisse à tous les clients qu’il n’aime pas… et autant prévenir directement : le garçon n’aime personne ! L’ambiance y est particulièrement tendue et au moindre regard de travers, les murs sont immédiatement repeints à l’hémoglobine et les cadavres empilés sur plusieurs couches. Alors, quand c’est le Bourbon Kid, responsable d’un véritable carnage qui a décimé la moitié de la population il y a cinq ans de cela, qui entre dans le bar… il vaut peut-être mieux prendre ses jambes à son cou.

Ce « Livre sans nom » est de la série B avec un B majuscule, un véritable hommage au cinéma Grindhouse des années 60-70, qui s’inspire du concept de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez pour leur diptyque Boulevard de la mort (Death Proof) / Planète terreur (Planet Terror). Je n’ai encore jamais lu de roman dans le même genre, mais au niveau bande dessinée/comics, cela m’a fait penser à un mélange entre « Doggybags » et l’incontournable « Preacher ».

Le lecteur a donc droit à de la violence gratuite et à du second degré à profusion, le tout servi à un rythme endiablé. De l’alcool, des bagarres, des meurtres sordides, un serial killer, des tueurs à gages, deux moines férus d’arts martiaux, quelques vampires, un agent spécialiste du surnaturel dépêché sur place par le gouvernement et une bombasse amnésique quasi indestructible sont au rendez-vous de cette lecture totalement déjantée et absolument jubilatoire !

Le livre sans nom, Anonyme, Sonatine, 461 p., 8,40€

Ils en parlent également : Mes mots sur les leursAddiction polar, Wookiko, Mes aventures livresques, Je me livre, Koko, Ma toute petite culture, Lord Arsenik

Vanessa Springora – Le Consentement

Posted in Littérature with tags , on 26 janvier 2020 by Yvan

Un prédateur, enfermé dans un livre !

Vanessa Springora - Le Consentement« Le Consentement » est le récit autobiographique d’une auteure dont l’adolescence a été volée par un prédateur sexuel de cinquante ans. Au milieu des années quatre-vingt, Gabriel Matzneff, écrivain récompensé du prix Renaudot et pédophile notoire, jette son dévolu sur une gamine de quatorze ans en mal d’amour et de reconnaissance. Il ira même jusqu’à édulcorer cette liaison totalement malsaine dans ses romans, dissimulant ainsi les blessures de sa victime sous une plume mensongère, tout en jetant sa victime en pâture aux lecteurs. En couchant son calvaire sur papier, Vanessa Springora se ré-approprie non seulement sa propre histoire, mais elle enferme par la même occasion cet infâme prédateur dans un livre que j’invite tout le monde à lire !

« Le Consentement » n’est donc pas une histoire d’amour, mais un témoignage autobiographique décrivant avec précision le mécanisme de l’emprise psychologique de cet écrivain de renom sur une adolescente fragilisée par la vie, ainsi que le processus de victimisation de cette dernière. « Le Consentement » est la description d’une relation déséquilibrée et infecte entre une fillette qui doit encore découvrir son corps et un pervers habitué à voyager en Malaisie pour avoir des relations sexuelles avec des petits garçons. « Le Consentement » évoque également la complaisance d’un milieu littéraire qui ferme non seulement les yeux sur cette liaison connue de tous, mais qui ira même jusqu’à lancer des appels à la révision du Code pénal afin de dépénaliser les relations sexuelles avec des mineur(e)s.

« Le Consentement » c’est surtout le courage d’une auteure qui, après tant d’années de souffrance morale et avec le recul nécessaire, décide de se livrer avec pudeur et sincérité, livrant un texte poignant et particulièrement bien écrit, se servant ainsi de la même arme que celui qui a brisé sa vie…

Je vous invite vivement à utiliser cette arme !

Le Consentement, Vanessa Spingora, Grasset, 216 p., 18€

Ils en parlent également: Folavril, Au fil des livresLa culture dans tous ses états, Cannibal lecteur, Emi lit, Ally litTopobibliotecaMélie et les livres, Met p’tits lusYuko, Eve, Mélissa, MilèneSoniaCristina, LylouLyonel, Antigone, Koryfée, Sandrine, Julie, JoëlleLe fil des communsMa voix au chapitre, Des plumes et des pinceaux, Les liseusesDMPVD, Et si l’on parlait de vous, Les pages qui suiventLe club de lectureVagabondageautourdesoi

Et également un grand bravo à Denise Bombardier:

Mattias Köping – Le Manufacturier

Posted in Littérature with tags , on 19 janvier 2020 by Yvan

Une horreur… dont seul le lecteur sort gagnant !

Mattias Köping - Le ManufacturierCe livre me tentait depuis belle lurette (tout comme « Les Démoniaques », le précédent roman de l’auteur d’ailleurs), mais comme il n’est pas disponible en format E-book, j’ai mis un peu plus de temps à franchir le pas. Retour à la bonne vieille version papyrus donc, pour cette belle brique qui m’aura gardé éveillé la nuit… tout en me musclant les biceps. Il faudrait d’ailleurs vraiment que l’éditeur face un petit effort pour passer au numérique afin de préserver les pauvres lecteurs qui ne savent plus soulever une brindille sans se démettre le dos et qui ne parviennent plus à lire au-delà de la deuxième ligne des échelles Monoyer chez l’ophtalmologue. Mais bon, c’est une autre discussion et j’ai finalement survécu car quand on est vraiment accro, peu importe le flacon… pourvu qu’on ait l’ivresse… et c’est effectivement une lecture dont je suis ressorti totalement chancelant…

« Le Manufacturier » c’est un psychopathe qui vend les vidéos de ses massacres sur le Dark Web. C’est aussi un gamin qui a miraculeusement survécu au massacre de sa famille dans un petit village de Croatie en novembre 1991 et qui cherche dorénavant à retrouver les coupables. C’est également un flic du Havre qui ne respecte rien ni personne pour arriver à ses fins…

Si vous ouvrez « Le Manufacturier », ranger d’abord Casimir, Charles Ingalls et Jacques Martin dans un recoin bien éloigné de votre cerveau car dans l’univers de Mattias Köping personne ne sort gagnant, la petite maison dans la prairie a cramé avec tous ses occupants dedans, les enfants sont loin d’être heureux et les monstres sont tout sauf gentils. L’auteur importe en effet toutes les horreurs du conflit serbo-croate au cœur d’une vengeance sanguinaire qui ravive toute la haine et les blessures entre les peuples slaves, le tout saupoudré des pires vices du Dark Web et d’une bonne dose de corruption policière.

Génocides, tortures, viols, pédophilie, meurtres en série, prostitution, trafic d’êtres humains, corruption, drogue, mafia et crimes de guerre, Mattias Köping n’épargne rien ni personne et propose un polar d’une violence inouïe, qui plonge dans les méandres les plus sombres de la folie humaine. De très nombreuses scènes sont d’un sadisme ahurissant et souvent proches de l’insoutenable. Pour couronner le tout, l’auteur nous sert également une belle brochette de crapules en tout genre. Les âmes sensibles peuvent donc s’abstenir…

Mais, mon but n’est évidemment pas d’effrayer le chaland car ce pavé est un véritable page-turner, que j’ai dévoré en seulement quelques jours. Multipliant les lieux et les personnages, Mattias Köping développe plusieurs récits en parallèle, qui s’entrecroisent et s’imbriquent à merveille au fil des pages. De plus, à l’aide de chapitres courts et d’un style percutant qui contribue également à vous mettre KO, il parvient à insuffler un rythme incroyable à l’ensemble !

Une grosse claque !

Le Manufacturier, Mattias Köping, Ring, 548 p., 21,90€

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