Archive pour Coup de coeur

Karine Giebel – Juste une ombre

Posted in Littérature with tags , on 10 février 2021 by Yvan

Paranoïa ou harcèlement ?

Karine Giebel – Juste une ombreL’ombre dont il est question dans ce roman de Karine Giebel est celle qui semble surveiller Cloé, s’introduisant chez elle, allant même jusqu’à remplir son frigo. Aucune preuve de cette présence, aucune trace d’effraction… est-elle devenue folle ? Une chose est certaine, la police n’y croit pas… sauf peut-être le commandant Alexandre Gomez…

Si les deux personnages principaux sont à priori assez antipathiques (elle carriériste et hautaine, lui aigri et violent), ils vont progressivement dévoiler leurs faiblesses et s’apprivoiser au fil du temps. Alternant leurs voix au fil des chapitres, Karine Giebel invite à découvrir l’histoire personnelle de ces deux cabossés de la vie, les rendant plus humains et plus attachants, voire même touchants par moments.

Mais la grande force de ce thriller psychologique haletant est le climat de suspicion que l’auteure parvient à installer tout au long du récit. Brouillant constamment les pistes, elle ébranle inlassablement nos certitudes, faisant régulièrement passer cette proie de l’ombre d’une paranoïaque instable à une victime de harcèlement. Pourvu d’une narration percutante, le roman devient haletant au possible et captivant jusqu’au rebondissement final époustouflant !

Vivement recommandé aux amateurs de thrillers psychologiques !

Juste une ombre, Karine Giebel, Fleuve, 512 p., 20€

Ils en parlent également : Juliette, Apostrophe, Titia, Fifi, Ptitgateau, Mlle Cup of Tea, Lecture aléatoire, Mouncooking

Luis Sepúlveda – Le vieux qui lisait des romans d’amour

Posted in Littérature with tags , , on 13 janvier 2021 by Yvan

Une fable écologique poétique !

Luis Sepúlveda - Le vieux qui lisait des romans d'amourCela faisait un petit temps que j’avais envie de découvrir cet auteur chilien décédé le 16 avril 2020, des suites du Covid-19. C’est chose faite avec ce premier roman, datant de 1988 et rendant hommage à son ami brésilien Chico Mendès, grand défenseur de la forêt amazonienne…et qui le paya de sa vie !

Le récit débute par la découverte d’un braconnier, tué par une femelle jaguar. Devenue enragée à la découverte de ses petits assassinés par ce chasseur blanc, elle représente dorénavant un grand danger pour tous les habitants du petit village équatorien d’El Idilio. Afin d’éviter un carnage, le maire sollicite l’aide d’Antonio José Bolivar, un vieux ayant jadis vécu parmi les Shuars et qui connaît la forêt et ses animaux mieux que personne…

« Le vieux qui lisait des romans d’amour » nous emmène donc au cœur d’une jungle fourmillant de dangers et de merveilles, afin d’y suivre les pas d’un septuagénaire plein de sagesse, obligé de mener une chasse qu’il aurait préféré éviter. Il ne faut que quelques pages pour s’attacher à ce personnage romanesque qui passe son temps à lire des romans à l’eau de rose au fond de sa cabane en bambou, afin d’échapper à la bêtise humaine…

En partageant le regard d’un vieux profondément humain, qui aime non seulement les romans d’amour, mais également la forêt amazonienne et ses défenseurs, Luis Sepúlveda livre un conte écologique dépaysant non dépourvu d’humour, qui dénonce la destruction systématique de la forêt amazonienne et l’annihilation progressive des populations indigènes.

Pour échapper à la bêtise des hommes, lisez des romans d’amour… ou cette fable écologique chilienne d’une grande justesse!

Le vieux qui lisait des romans d’amour, Luis Sepúlveda, Seuil, 128 p., 5,90€

Ils en parlent également : Natiora, Jean-Pierre, USVAL’ivre lecteurAux vents des mots, Cécile, Mangeur de livres, Delphine, Marie, Sabine

Romans : Le Bilan de 2020

Posted in DIVERS, Littérature with tags , , on 1 janvier 2021 by Yvan

Romans Best of 2020Après deux longues périodes de confinement assez immobiles, mais heureusement aussi riches en lectures qu’en calories, le moment est venu de faire un petit bilan sur les romans que j’ai eu l’occasion de lire en cette étrange année 2020, qui aura tout de même eu le mérite de confirmer que les livres sont bel et bien un produit essentiel à la santé mentale des belges, leur permettant de s’évader pendant cette période particulièrement difficile.

Je tiens d’ailleurs à remercier tous les blogueurs qui m’ont permis de découvrir toutes ces pépites. Du coup, j’espère que cette liste totalement subjective pourra peut-être également vous donner quelques idées de lectures pour bien commencer 2021.

Les quatre principales choses que je retiendrai de cette année de lecture sont :

Bonne lecture et tous mes meilleurs voeux pour 2021 !

Mes coups de coeur de l’année :

Rebecca Lighieri – Il est des hommes qui se perdront toujours Samuelle Barbier – Celles qui restent Maud Mayeras – Les Monstres
Tiffany McDaniel – Betty Delia Owens – Là où chantent les écrevisses Colson Whitehead – Nickel Boys
Paul Cleave – Intuitions Sophie Jomain – Les étoiles brillent plus fort en hiver CLudovic Manchette et Christian Niemiec – Alabama 1963
R.J. Ellory - Le jour où Kennedy n'est pas mort Marie Vareille – Le syndrome du spaghetti Olivier Norek – Impact
Sebastian Fitzek – Siège 7A Alejandro Palomas – Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins Barbara Abel – Et les vivants autour
Franck Thilliez – Il était deux fois Mélissa Da Costa – Tout le bleu du ciel Djaïli Amadou Amal – Les impatientes
Virginie Grimaldi – Et que durent les moments doux Vanessa Springora – Le Consentement Oscar Lalo - La race des orphelins

Les autres très bonnes lectures :

Hervé Le Tellier – L’anomalie Anne-Gaëlle Huon – Les Demoiselles Grégoire Delacourt – Un jour viendra couleur d’orange
Alia Cardyn – Mademoiselle Papillon Sandrine Collette – Et toujours les forêts Laurent Petitmangin – Ce qu’il faut de nuit
Henri Loevenbruck – Le Loup des Cordeliers Maxime Girardeau – Persona Marie Pavlenko – Et le désert disparaîtra
Sébastien Spitzer – La Fièvre Amélie Antoine – Le jour où Stephen Chbosky – L’ami imaginaire

Excellent, mais découvert sur le tard :

Mattias Köping – Le Manufacturier Stephen King – 22/11/63 Mathias Malzieu – Journal d’un vampire en pyjama
Yasmina Khadra – L’attentat Wladyslaw Szpilman – Le pianiste Irvin Yalom - Le Problème Spinoza
Maud Mayeras – Reflex Anonyme – Le livre sans nom (Bourbon Kid Tome 1) Clémentine Beauvais – Les petites reines

Encore une dose de bons polars pour les amateurs :

Sally Hepworth – La belle-mère Chevy Stevens – Jamais tu ne me quitteras Sylvain Forge – Sauve-là
Bernard Minier – La vallée Karine Giebel – Chambres noires Paul Colize - Toute la violence des hommes
Jussi Adler-Olsen – Victime 2117 Clarence Pitz – Ineffaçables Joël Dicker – L’énigme de la chambre 622
Olivier Bal - L'Affaire Clara Miller Elly Griffiths – Le Journal de Claire Cassidy Joseph Incardona – La Soustraction des possibles

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2019 !

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2018 !

-> Jetez également un œil à mon bilan de 2017 !

Djaïli Amadou Amal – Les impatientes

Posted in Littérature with tags , on 20 décembre 2020 by Yvan

Des mariages qui n’arrangent que les hommes !

Djaïli Amadou Amal - Les impatientesLa patience dont il est question dans « Les impatientes » n’est pas celle qui est une vertu, mais celle qui invite les femmes maltraités à prendre leur mal en patience, en espérant des jours meilleurs.

Mariée de force à 17 ans à un cinquantenaire polygame et victime de violences conjugales lors d’un second mariage, Djaïli Amadou Amal sait de quoi elle parle. À travers ce roman choral inspiré de ses propres souffrances, l’écrivaine féministe camerounaise qui a créé l’association Femmes du Sahel en 2012, dénonce le calvaire des mariages forcés et de la polygamie.

Déjà lauréat du prix Orange du livre en Afrique en 2019 et récemment couronné du Goncourt des Lycéens, ce roman donne successivement la parole à trois femmes peules et musulmanes, emprisonnées dans des cages dorées, où les femmes n’ont aucun droit, sinon celui d’être patientes.

Il y a Ramla, jeune fille intelligente et jolie, qui devait devenir pharmacienne et épouser celui qu’elle aime… jusqu’au jour où son père change d’avis et décide de l’offrir comme seconde femme à un de ses partenaires d’affaires de cinquante ans. Il y a Hindou, la sœur de Ramla, née d’une autre mère, forcée d’épouser son cousin alcoolique et violent pour le bien de la famille. Puis il y a Safira, mariée depuis deux décennies avec le richissime Alhadji, et qui voit l’arrivée d’une seconde épouse, plus jeune que sa propre fille, d’un très mauvais œil.

Trois femmes obligées de se soumettre aux traditions et aux lois patriarcales, entièrement assujetties à leurs hommes, comme prôné par le « Tout-Puissant », et de surcroît victimes de rivalités impitoyables entre coépouses. Au programme de leur quotidien : violences physiques et morales, maltraitances, viols, mépris… ainsi qu’un conseil récurrent à toute tentative de plainte : « Munyal ! »… qui signifie patience en peul !

Le récit de ces jeunes femmes qui souffrent en silence s’avère poignant, glaçant et révoltant !

Un coup au cœur !

Les Impatientes, Djaïli Amadou Amal, Ed. Emmanuelle Collas, 252 p., 17€

Ils en parlent également : Au fil des livres, Matatoune, Audrey, Sonia, Balades en livres, Joëlle, Domi, Ceciloule, Pipelette liseuse, Patricia, Caro, Lili, Nos esperluettes, Culture VSNews, Cercle littéraire de Dordogne, Librairie Diderot

Ludovic Manchette et Christian Niemiec – Alabama 1963

Posted in Littérature with tags , on 14 décembre 2020 by Yvan

Immense coup de cœur !

Ludovic Manchette et Christian Niemiec - Alabama 1963Ludovic Manchette et Christian Niemiec ! Ludovic Manchette et Christian Niemiec ! Ludovic Manchette et Christian Niemiec ! Ayant du mal à retenir des noms en général, je note ceux-ci trois fois en espérant ne pas les oublier, afin de pouvoir me jeter sur leur prochain livre dès sa sortie, tellement ce premier roman est un immense coup de cœur !

« Alabama 1963 » ce sont des cadavres de petites filles noires retrouvés dans la nature et des policiers blancs qui ne s’en préoccupent pas trop. Le seul espoir de retrouver le meurtrier repose d’ailleurs sur les épaules de Bud Larkin, un détective privé bougon, alcoolique et raciste, qui a accepté d’enquêter pour les parents d’une des victimes afin de pouvoir se payer son prochain whisky. Peut-être qu’Adela Cobb, sa nouvelle femme de ménage noire engagée suite à une mauvaise blague de ses copains de beuverie, va pouvoir le remettre sur la bonne voie ?

« Alabama 1963 » c’est une époque où les choses commencent à changer pour la communauté noire des États-Unis, sauf en Alabama, état du sud-est où le Ku Klux Klan veille au grain pour empêcher de sortir du ségrégationnisme. Cette non-enquête, dont le coupable importe finalement peu, est d’ailleurs là pour le dénoncer. A travers les regards de cette mère de famille qui subit le racisme au quotidien et de ce détective privé blanc qui préfère rechercher le fond de ses bouteilles d’alcool que les petites disparues, le lecteur ne peut que constater toutes ces discriminations et injustices au quotidien !

« Alabama 1963 » ce sont surtout des personnages hauts en couleurs et tellement attachants, qu’ils m’ont donné envie d’enfreindre les règles de confinement. Ah que j’avais envie d’aller m’accouder au bar en compagnie de Bud et d’exploser le mètre cinquante de « social distancing » afin d’étreindre Adela. Si le rapprochement de ces deux personnages que tout oppose et qui s’apprivoisent au fil des pages malgré les interdits est tout bonnement savoureux, les personnages secondaires ne sont pas en reste, allant des copines d’Adela à ses employeurs, en passant par ses enfants. Sans oublier les dialogues exquis qui insufflent énormément d’humour à un contexte qui ne s’y prêtait pourtant pas à la base. Un pur bonheur !

« Alabama 1963 » ce sont deux auteurs qui ont visiblement envie de faire évoluer les mentalités en mélangeant les couleurs, du noir au blanc, en passant par l’arc-en-ciel. A l’aide d’un style simple et d’un humour comme preuve d’intelligence, ils invitent à franchir les barrières, à ne plus laver son linge en séparant les couleurs et à aller s’asseoir sur le banc d’en face, même s’il n’a pas la bonne couleur…

Un bijou réalisé à quatre mains, qui m’a fait rire, qui m’a fait pleurer, qui m’a tenu éveillé et que j’applaudis maintenant des deux mains, l’une blanche, l’autre noire… Bravo messieurs !

Un immense coup de cœur !

Alabama 1963, Ludovic Manchette et Christian Niemiec, Cherche Midi, 384 p., 18€

Ils en parlent également : Audrey, Ryane, Muffins & Books, Céline, Petite étoile livresque, Tomabooks, Jessica, Grâce, Emma, Evasion polar, Brice, Monica, Knut, Patricia, Mon moment de lecture, Angélique, Laura, Lisezenmoi, Nos esperluettes, Page après page

Maud Mayeras – Les Monstres

Posted in Littérature with tags , on 9 décembre 2020 by Yvan

Monstrueux !

Maud Mayeras – Les MonstresC’est une nouvelle dans le recueil « Ecouter le noir » qui m’a donné envie de découvrir les autres romans de Maud Mayeras. Je me suis tout d’abord jeté sur « Reflex » et l’ayant beaucoup aimé, je n’ai pas hésité une seule seconde à m’attaquer à son dernier ouvrage : « Les Monstres » !

Les monstres dont il est question vivent dans un terrier en compagnie de leur mère. Malgré l’odeur nauséabonde et le manque de nourriture, ils sont bien à l’abri, protégé de la lumière du jour qui brûlerait leur peau fragile et caché de la pire espèce qui sévit à l’extérieur : les hommes ! Heureusement qu’ils peuvent compter sur Aleph, le vieux qui les ravitaille de temps en temps, évacue leurs déchets et contribue même à leur éducation…

Maud Mayeras ne plonge pas uniquement le lecteur dans un terrier d’une noirceur profonde, mais également au cœur des pensées de ses habitants. En cette période de confinement, le sentiment d’enfermement est immédiatement partagé et l’empathie envers ces petits êtres certes différents, mais d’une fragilité et d’une sensibilité extrême, est immédiate. Cette immersion totale rend l’indifférence impossible, me donnant même régulièrement envie de crier « Non, pas ça ! » en voyant surgir le danger… poussé par le besoin de protéger leur pureté et leur innocence de l’horreur et de la cruauté du monde… et de la plume exquise d’une auteure sans pitié !

À coups de chapitres courts, ce roman se dévore à toute vitesse malgré le besoin de remonter régulièrement à la surface pour respirer un bon coup, afin de fuir les sujets forts abordés par l’auteure, puis de retourner en apnée, pour se laisser bouleverser par ce récit qui m’a fait penser à « Room », l’excellent roman d’Emma Donoghue, librement inspiré de l’affaire Josef Fritzl, psychopathe autrichien ayant séquestré sa propre fille et les enfants nés de leurs relations incestueuses.

Un roman dérangeant, voire même malsain, mais qui recèle également beaucoup de beauté, car derrière l’horreur de ces monstres se cache énormément d’amour… ouf !

Coup de coeur ! Monstrueux !

Les Monstres, Maud Mayeras, Anne Carrière, 299 p., 19€

Ils ont également visité ce terrier : EmOtionS, Cannibal lecteur, Stelphique, Emilie, Mes échappées livresques, Juju, Aude, Sangpages, Livresse du noir, Nina, Entre deux livres, Pause polars, Amandine, Laure, Flo, Stéph, NigraFolia

Samuelle Barbier – Celles qui restent

Posted in Littérature with tags , on 6 décembre 2020 by Yvan

Un roman triste qui fait beaucoup de bien !

Samuelle Barbier – Celles qui restent« Celles qui restent » raconte l’histoire de trois sœurs totalement différentes, mais très liées. Lorsqu’une des sœurs décide de partir, celles qui restent doivent non seulement chercher à comprendre le pourquoi de ce départ, mais surtout apprendre à vivre avec…

Je ne connaissais pas la magnifique plume de Samuelle Barbier, qui aborde ici avec énormément de délicatesse des thèmes particulièrement sensibles tels que la mort, le suicide et le deuil. S’appuyant avec tendresse sur un amour fraternel touchant, l’auteur parvient à entourer les différentes phases du deuil de chaleur, d’amour et d’espoir.

« Celles qui restent » fait partie de ces romans tristes qui font finalement beaucoup de bien. Un récit doux, émouvant, tendre, sensible et précieux, qui mélange rires et larmes sans jamais forcer sur les doses.

Un coup de cœur !

Il ne me reste plus qu’à aller découvrir son précédent roman : « La sirène et le scaphandrier ».

Celles qui restent, Samuelle Barbier, Hugo Roman, 227p., 16,95€

Ils en parlent également: Des plumes et des livresHélène, LaureK, Aurore, AurélieAnouk, Caroline, Petite étoile livresqueGwenLéa, Rowena, Angela, Ivredelivress, Ninie, Banditobooks, On Bookine, Naurile, Orlane, Balades en livres, Flora, Lily, Martine