Archive pour Coup de coeur

Mathias Malzieu – Journal d’un vampire en pyjama

Posted in Littérature, Maladie with tags , , on 26 avril 2020 by Yvan

Combat contre Dame Oclès !

Mathias Malzieu - Journal d’un vampire en pyjamaFin 2013, ne respirant pas la grande forme, Mathias Malzieu décide d’effectuer une prise de sang. Malheureusement pour lui, ses symptômes ne sont pas dû à un coup de fatigue, mais à une maladie rare nommée aplasie médullaire idiopathique, qui nécessite des transfusions de sang régulières en attendant de trouver un donneur compatible pour une greffe de moelle osseuse. De chimio en chambre stérile, les médecins surveillent dès lors attentivement ses globules blanches, ses globules rouges et ses plaquettes… sous le regard attentif de Dame Oclès !

Ce roman servi sous forme de journal intime raconte le combat de Mathias Malzieu contre cette maladie qui le transforme en vampire en pyjama, errant dans les couloirs des hôpitaux de transfusions en traitements. Cette plongée dans le monde hospitalier déborde heureusement d’autodérision et d’espoir, évitant ainsi au lecteur de sombrer en pleine dépression. Offrant une belle leçon de courage et d’optimisme, l’auteur en profite également pour rendre hommage au corps médical, sans qui il ne serait probablement plus là.

Le seul point négatif de ce roman que j’ai dévoré en une seule journée est que je ne suis pas vraiment fan de cet environnement hospitalier… c’est d’ailleurs la première fois que je dois m’allonger les jambes en l’air en lisant un roman afin de ne pas tomber dans les pommes… notamment lors de l’épreuve du harpon du myélogramme…

Un coup de cœur !

Journal d’un vampire en pyjama, Mathias Malzieu, Albin Michel, 240 p., 18€

Ils en parlent également : Folavril, Mes échappées livresquesMa toute petite cultureStelphique, MarinePause polars, My pretty booksPetite plumeLa chouette bouquine, Eve, Anne-Sophie, EnnaCamille, Emma, Lula, MagaliLivresque 78, Ibidouu, Les cibles d’une lectrice à viséeLivraisons littéraires, Des miettes entre les pages, Nos amis les motsQuai des prosesLittéart

Delia Owens – Là où chantent les écrevisses

Posted in Littérature with tags , on 12 avril 2020 by Yvan

La fille des marais !

Delia Owens - Là où chantent les écrevissesCe premier roman de la zoologue américaine Delia Owens débute en 1969 par la découverte du cadavre de Chase Andrews, ex-vedette de l’équipe de football locale. Une mort plutôt suspecte qui pousse le lecteur à revenir en 1952, dans les pas de Kya, une gamine de six ans qui vit seule avec son père alcoolique depuis que sa mère et ses frères et sœurs ont décidé de quitter cette cabane enfouie dans les marais de la Caroline du Nord… l’abandonnant ainsi à son triste sort !

Si un meurtre est commis dans ce roman, l’intrigue n’est cependant pas son principal attrait. Par contre, si vous avez aimé des héroïnes telles que Turtle dans « My absolute darling » de Gabriel Tallent, Lucy dans « Lucy in the sky » de Peter Fromm, Nell et Eva de « Dans la forêt » de Jean Hegland ou Tracy dans « Sauvage » de Jamey Bradbury, vous devriez très vite vous attacher à Kya, la petite sauvageonne qui vit seule dans les marais, qui collectionne les plumes et côtoie principalement des goélands.

« Là où chantent les écrevisses » propulse le lecteur dans les environs de la petite ville ségrégationniste de Barkley Cove, au plus profond d’un marais obscur, illuminé par la présence d’une analphabète débrouillarde qui passe ses journées à étudier la nature environnante. Le fond de l’histoire est certes une nouvelle fois assez sombre, mais cette noirceur est filtrée par une brume de poésie qui flotte au-dessus de ces marais où chantent les écrevisses. Dès le titre, aussi intriguant que splendide, l’auteure propose un véritable immersion au cœur de cet écosystème fourmillant de surprises et de découvertes. Au fil des pages, la petite Kya nous invite à venir humer les parfums de cette nature sauvage, partageant son amour des coquillages, des oiseaux, des arbres, des plantes et des insectes.

Récit initiatique saupoudré d’une thriller juridique, « Là où chantent les écrevisses » est également une réflexion sur la différence et un hymne à la nature, débordant d’humanité, de poésie et de délicatesse.

Splendide !

Là où chantent les écrevisses, Delia Owens, Seuil, 480 p., 21,50€

Ils étaient également dans les marais : Anthony, Frédéric, Mumu, StephanieMes échappées livresques, Andréa, SamEmma, Marion, Dealer de lignesDomi, Estelle, Fanny, Lire et pourquoi pasJean-Pierre, Céline, Culture VSnews, Leslie-Fleur, Patricia, Louise, Annick, Naurile, HimeropeAngélique, Kitty, Jean-Paul

Maxime Girardeau – Persona

Posted in Littérature with tags , on 5 avril 2020 by Yvan

Faire tomber les masques !

Maxime Girardeau - PersonaFranck Sommerset, commissaire à la brigade criminelle, est appelé sur une scène de crime où la victime est malheureusement encore vivante. Jugeant que la mort serait probablement trop douce, l’agresseur a en effet multiplié les tortures et les mutilations, mais en prenant bien soin de ne pas ôter la vie…

Si l’enquête piétine, elle emmène très vite le lecteur dans l’univers impitoyable des GAFAM, acronyme désignant les géants du web : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Si les horreurs perpétrées par le coupable font froid dans le dos, les dessous de ce monde digital ne sont pas en reste. Á travers ce thriller sociétal, Maxime Girardeau pointe en effet du doigt les dérives de notre société hyper-connectée et cherche à faire tomber les masques de ceux qui n’affichent pas leur vrai visage sur les réseaux sociaux et dans ce monde fait de paillettes et d’apparences.

« La Persona est ce que quelqu’un n’est pas en réalité, mais que lui-même et les autres personnes pensent qu’il est. »

« Persona » n’est pas seulement un polar original et engagé, c’est aussi un page-turner d’une efficacité redoutable. Alternant les narrateurs, multipliant les fausses pistes et les crimes sordides, l’auteur entretient un suspense qui monte crescendo, empêchant le lecteur de lâcher son roman. En plus d’une construction parfaitement maîtrisée et très solide, l’auteur propose également une galerie d’enquêteurs attachants et une plume efficace, certes sans fioritures, mais non dénuée d’un cynisme qui fait admirablement mouche. Le fait qu’il ne semble pas trop apprécier les parisiens et Trump devrait achever de vous convaincre de vous intéresser à cet auteur qui signe ici un premier roman que je n’hésite pas à classer parmi mes coups de cœur de 2020.

Persona, Maxime Girardeau, Fayard/Mazarine, 432 p., 19€

En remerciant ceux qui m’ont permis de découvrir cet excellent polar : EmOtionS, Lord ArsenikLire et courir, Livresse du noirAddiction polar, Le bouquin ivreMes lectures du dimanche, Eve, Anaïs, Maud, Sonia, AudeSangPages, Entre deux livresVagabondageautourdesoi, Ffloladilettante, Dou livresque, Loudie, Julie, Sam, Mes aventures livresques, Feygirl, Je me livre, LecturesSériesetc, La sorcière des mots, Valmyvoyou lit, Sylvie, Livres for fun

Sebastian Fitzek – Siège 7A

Posted in Littérature with tags , on 29 mars 2020 by Yvan

Se boit comme du petit lait !

Sebastian Fitzek – Siège 7AAvec douze romans à son actif, cela faisait un petit temps que Sebastian Fitzek me faisait de l’œil. En apprenant que l’auteur était un adepte du one-shot, évitant au passage les personnages récurrents, je me suis précipité sur le siège 7A de ce thriller psychologique de haut vol !

Une fois à bord, le docteur Mats Krüger, éminent psychiatre allemand vivant à Buenos Aires, me semble un peu pâlot. Il faut dire que le garçon, parti rejoindre sa fille qui est sur le point d’accoucher à Berlin, a une peur bleue de l’avion et qu’il va devoir passer treize heures en l’air. Lorsqu’il reçoit un coup de fil d’un malade lui annonçant le kidnapping de sa fille et la mort imminente de cette dernière s’il ne contribue pas à faire crasher l’avion dans lequel il se trouve… je m’accroche à mon siège 7A et ne le lâche plus avant la fin !

Proposant des chapitres courts, alternant les narrateurs et passant constamment de l’avion à Berlin, où une des collègues de Mats mène l’enquête, Sebastian Fitzek livre un roman dynamique et parfaitement rythmé, ainsi que des personnages bien campés et immédiatement attachants. Certains passages sont certes un poil capillo-tractés, mais cela passe comme une lettre à la poste car la tension monte crescendo et nous tient en haleine du début à la fin. Du huis-clos à bord de l’avion en compagnie de Mats à cette course contre la montre pour retrouver sa fille sur le point d’accoucher, en passant par de nombreux rebondissements distillés au fil des chapitres, l’auteur parvient à livrer un page-turner palpitant !

Bref, au moment où les tours opérateurs sont cloués au sol par le coronavirus, voici un vol à ne surtout pas manquer !

Siège 7A, Sebastian Fitzek, L’Archipel, 384 p., 22€

Ils étaient également à bord : Sonia, Sophie, Audrey, Valmyvoyou litTomabooks, Alohomora, Dans ma boîte aux livresShe reads a bookNigraFolia, Mes aventures livresques, Branchés culture, L’atelier de Litote, DelphUn brin de lecture, Blondes & littéraires, Les demoiselles de Chatillon, Colorandbook, Jess Swann  

Barbara Abel – Et les vivants autour

Posted in Barbara Abel, Littérature with tags , on 22 mars 2020 by Yvan

Mettre fin au coma…

Barbara Abel - Et les vivants autourC’est autour de Jeanne que gravitent les vivants. Cette dernière est plongée dans un coma depuis quatre ans, pouponnée quotidiennement par sa mère et maintenue artificiellement en vie grâce à la médecine et aux finances de son père. Cela fait cependant quelque temps que les médecins préconisent l’arrêt des soins et lorsque le docteur Goossens convoque la famille, ceux-ci s’attendent inévitablement à l’irrémédiable… mais pas forcément au pire…

La révélation du médecin (tirée d’un fait divers dont je me souvenais, mais que je ne dévoilerai pas afin de ne pas gâcher votre plaisir de lecture) est le point de départ de ce thriller psychologique qui va faire voler en éclats une famille somme toute assez banale. Si Barbara Abel aborde le sujet difficile de l’arrêt des soins lorsque l’espoir de guérison devient quasiment nul, elle démontre surtout une nouvelle fois sa capacité à brosser des personnages comme vous et moi, mais qui dévoilent progressivement leurs failles et leur côté obscur… au grand bonheur des fans de polar que nous sommes !

La première moitié du roman s’immisce lentement au cœur de la famille Mercier, brisant les apparences, dévoilant les rancœurs et les secrets, petit à petit, à coups de non-dits et de révélations qui tiennent en haleine. Puis, dans la seconde moitié, les choses s’enveniment et s’accélèrent, accentuant l’aspect thriller du récit et transformant l’ensemble en un page-turner efficace.

Malgré un dénouement que l’on pourra certes qualifier de prévisible, je reste fan absolu de Barbara Abel (Je sais pas, Je t’aimeEcouter le noir) !

Et les vivants autour, Barbara Abel, Belfond, 444 p., 19€

Ils en parlent également : EmOtionS, Lire & courir, Livresse du noirSonia, Aude, Mélie, Entre deux livres, Céline, Dou livresque, Gaboninfoslive, Mon rêve d’été, Mes petits bonheurs, Doc bird, Livres addict, AngéliquePascale bouquineChapitres à lire

Mélissa Da Costa – Tout le bleu du ciel

Posted in Littérature with tags , , on 15 mars 2020 by Yvan

Road movie plein d’émotions !

Mélissa Da Costa - Tout le bleu du cielCe premier roman de la jeune auteure française Mélissa Da Costa invite à vivre le dernier voyage d’Émile, 26 ans, atteint d’un Alzheimer précoce, une maladie neurodégénérative orpheline qui ne lui donne qu’environ deux ans à vivre. Refusant d’être un poids pour ses proches et de terminer sa vie dans un hôpital, il décide de partir à l’aventure en camping-car, en compagnie d’une certaine Joanna, recrutée via une petite annonce sur la toile…

« Jeune homme de 26 ans, condamné par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) d’aventure pour partager avec moi ce dernier périple. »

Au fil des pages et des rencontres, Émile et Joanne vont s’apprivoiser et s’ouvrir l’un à l’autre. Cette rencontre improbable entre deux écorchés de la vie qui finissent par se réparer mutuellement ne peut laisser indifférent. D’étape en étape, le lecteur s’attache à ce duo insolite, qui lève progressivement le voile sur les blessures du passé tout en s’accrochant aux notes d’espoir qu’offre cet ultime voyage.

Ce road movie qui met en avant les petits plaisirs de la vie et la beauté du monde qui nous entoure propose une belle leçon de vie, riche en émotions. Une véritable aventure humaine sur le dépassement de soi, sur la mémoire et sur la solidarité, qui en met plein les yeux et qui va droit dans le cœur !

Tout le bleu du ciel, Mélissa Da Costa, Carnets Nord, 648 p., 21€

Lisez également: Viriginie Grimaldi – Il est grand temps de rallumer les étoiles

Ils en parlent également : Anthony, Mes échappées livresques, Valmyvoyou lit, Garoupe, Liseuse HyperfertileSandrine, MHF, Pat, Lectures de rêves, A propose de livres, Livres d’un jour, Antigone, Cristina, FélicieD’une étagère à l’autre, La valse des pagesLes belles feuilles, AnaLireUn livre dans le sacLittéLecture, Psych3DesLivresBook’N’All, Culture VSNews, Les lectures de Cannetille, Ma collection de livres, Stitch

Alejandro Palomas – Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins

Posted in Littérature with tags , , on 16 février 2020 by Yvan

Supercalifragilisticexpialidocious !

Alejandro Palomas - Le petit garçon qui voulait être Mary PoppinsLe précédent roman d’Alejandro Palomas (« Une mère ») m’ayant déjà fait de l’œil, je n’ai pas mis longtemps à repérer celui-ci. Face à un titre tellement intriguant et une couverture aussi sublime, je n’ai pas su résister plus longtemps à l’envie de découvrir cet auteur espagnol.

« Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins » raconte l’histoire d’un petit garçon de neuf ans hypersensible, solitaire et différent des autres, qui voue une passion sans bornes à Mary Poppins. Derrière le sourire de ce gamin débordant d’imagination se cache néanmoins beaucoup de tristesse et une blessure bien profonde…

Dans ce roman choral qui donne à tour de rôle la parole aux différents protagonistes de l’intrigue, Alejandro Palomas a surtout la bonne idée de donner la parole à un enfant, auquel le lecteur s’attache immédiatement. Au fil des pages, toutes les pièces du puzzle se mettent en place, dévoilant progressivement la partie immergée de cet iceberg, dissimulée derrière un imaginaire fertile, que le pauvre gamin utilise afin d’échapper à une réalité beaucoup trop douloureuse…

Alejandro Palomas propose une fable moderne, toute simple, émouvante, sombre et tendre à la fois… un peu de poésie dans ce monde de brutes ! Une fois le livre refermé, force est d’ailleurs de constater que la magie a opéré ! Supercalifragilisticexpialidocious !

Coup de cœur !

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins, Alejandro Palomas, Cherche Midi, 224 p., 20€

Ils en parlent également : SybouletteAudreyJuju, Sophie, JulieElora, Nathi litAu fil de l’imaginaireMa voix au chapitreLire&vous, Sharon, Page après pageUn an de lectureMuffins & books, CultureVSnews