Archive pour Jeunesse

Marion Brunet – Sans foi ni loi

Posted in Littérature with tags , on 3 mai 2020 by Yvan

La femme aux éperons d’or !

Marion Brunet - Sans foi ni loiLorsque le jeune Garrett se retrouve pris en otage par une hors-la-loi ensanglantée, il n’en mène pas large. Pourtant, durant leur fuite vers le Wyoming, une étrange complicité s’installe entre la redoutable Abigaïl Stenson et ce gamin éduqué à la dure par un père violent. En le kidnappant, elle vient finalement peut-être de lui ouvrir les portes d’un avenir moins sombre…

En invitant le lecteur à chevaucher le Wild West en compagnie de ce duo improbable, Marion Brunet s’approprie tous les codes du western, des parties de poker aux filles de joie, en passant par les chasseurs de primes, les duels et une justice qui se règle de préférence à coups de Winchester. Sans réinventer le genre, Marion Brunet propose également un roman d’apprentissage. Transformé en narrateur, le jeune Garrett raconte en effet cette aventure humaine qui l’a subitement précipité vers l’âge adulte, tout en revenant régulièrement sur ses souvenirs d’enfance. En suivant Abigaïl Stenson, ce gamin de de 16 ans entre certes dans un monde sans foi ni loi, mais également dans une vie éloignée des coups de fouet de son père, riche en découvertes et parsemée d’amitiés.

Si « Sans foi ni loi » invite à croiser des personnages attachants et forts, il dresse surtout le portrait d’une héroïne rebelle. Une femme indomptable, qui rêve de liberté et qui tente de se faire une place dans un monde d’hommes… forcément cruel !

Un roman sorti chez Pocket Jeunesse, qui devrait assurément séduire un public plus large et ravir tous les fans de western !

Sans foi ni loi, Marion Brunet, Pocket Jeunesse, 224 p., 16,90€

Ils en parlent également: NouketteL’ouvre-livres, Bulles & chapitresAux livres de mes ruches, Muffins & books, Derrière mes binocles, Entre les pages, Books & rap, Arcanes ouvertes, Mybookishverse, Nuit de livres, Choukaite, Bookscritics, Nom d’un bouquin, Livres attitude, Café noir & polars gourmands, Between the lines, Sophie, Petites madeleines, Books & cappuccino

Alejandro Palomas – Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins

Posted in Littérature with tags , , on 16 février 2020 by Yvan

Supercalifragilisticexpialidocious !

Alejandro Palomas - Le petit garçon qui voulait être Mary PoppinsLe précédent roman d’Alejandro Palomas (« Une mère ») m’ayant déjà fait de l’œil, je n’ai pas mis longtemps à repérer celui-ci. Face à un titre tellement intriguant et une couverture aussi sublime, je n’ai pas su résister plus longtemps à l’envie de découvrir cet auteur espagnol.

« Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins » raconte l’histoire d’un petit garçon de neuf ans hypersensible, solitaire et différent des autres, qui voue une passion sans bornes à Mary Poppins. Derrière le sourire de ce gamin débordant d’imagination se cache néanmoins beaucoup de tristesse et une blessure bien profonde…

Dans ce roman choral qui donne à tour de rôle la parole aux différents protagonistes de l’intrigue, Alejandro Palomas a surtout la bonne idée de donner la parole à un enfant, auquel le lecteur s’attache immédiatement. Au fil des pages, toutes les pièces du puzzle se mettent en place, dévoilant progressivement la partie immergée de cet iceberg, dissimulée derrière un imaginaire fertile, que le pauvre gamin utilise afin d’échapper à une réalité beaucoup trop douloureuse…

Alejandro Palomas propose une fable moderne, toute simple, émouvante, sombre et tendre à la fois… un peu de poésie dans ce monde de brutes ! Une fois le livre refermé, force est d’ailleurs de constater que la magie a opéré ! Supercalifragilisticexpialidocious !

Coup de cœur !

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins, Alejandro Palomas, Cherche Midi, 224 p., 20€

Ils en parlent également : SybouletteAudreyJuju, Sophie, JulieElora, Nathi litAu fil de l’imaginaireMa voix au chapitreLire&vous, Sharon, Page après pageUn an de lectureMuffins & books, CultureVSnews

Victor Dixen – Cogito

Posted in Littérature with tags , on 10 novembre 2019 by Yvan

Je pense donc je suis !

Victor Dixen - Cogito« Cogito » plonge le lecteur dans un monde futuriste dominé par les robots et l’intelligence artificielle, où de moins en moins d’humains parviennent à jouer un rôle utile. Parmi eux, Roxane, une jeune délinquante de dix-huit ans, cabossée par la vie et pas vraiment promise à un avenir meilleur. Sauf qu’elle vient d’obtenir une bourse afin de participer à un stage de programmation neuronale expérimental, qui permet de transmettre des connaissances directement dans le cerveau des stagiaires durant leur sommeil. Voilà qui devrait pouvoir lui permettre de réussir toutes les épreuves du BAC les doigts dans le nez et lui redonner l’espoir de trouver un boulot convenable dans cette société où les travailleurs humains sont inévitablement remplacés par des machines…

Victor Dixen, dont je n’avais encore jamais rien lu, propose un excellent roman d’anticipation pour adolescents. Sans révolutionner le genre, il pointe du doigt les dérives, les dangers et les limites de la technologie, de la robotisation et de l’intelligence artificielle, tout en parsemant son récit de nombreuses références, principalement cinématographiques, et en proposant une réflexion philosophique intéressante sur cette société qui perd progressivement son humanité…

Si les riches héritiers qui déboursent une véritable fortune pour participer à ce stage sont un peu trop stéréotypés, j’ai eu par contre moins de mal à m’attacher aux trois boursiers issus de milieux beaucoup plus défavorisés, qui dévoilent leurs forces et leurs faiblesses au fil des pages. Si ce huis-clos, qui se déroule sur une île pourvue des toutes dernières technologies, distille immédiatement quelques tensions entre les stagiaires, ainsi qu’un sentiment de malaise par rapport à cette technique d’enseignement insensée, les rebondissements se multiplient en fin de roman, rendant le rythme carrément haletant !

Bref, un roman d’anticipation pour ados qui, sans s’écarter des sentiers battus, propose une réflexion intelligente et un récit profondément humain au cœur d’un monde futuriste qui ne l’est malheureusement plus…

Cogito, Victor Dixen, R-jeunes adultes, 544 p., 19,90€

Ils en parlent également : Marion, StephAlice Neverland, ClemiHatchi, Anne-SophieCupcake, Andréa, EmyAlex, Sylnor, Les pages qui tournent, Des bulles et des motsLes deux artistes, Dévolivre, Muffins & books, La couleur des mots, Le goût du risqueA touch of blue MarineNosbookboyfriends, Songe d’une nuit d’été, Une rousse studieuse, Bouquinovores, Anaaklusmos & books, Bettierose books, Petit moment littéraire, La pomme qui rougit, Minimouth lit, L’essence des mots, Foxybook, Mhiryo, La chouette bouquine, Melobooks, Girl kissed by fire, Lecture d’une autruche, Ma passion des livres, Mademoiselle bouquineMademoizelle virgule, A l’encre de tes mots, Cozy mornings & books, Sterling books, Althéa rose, Bookflix & chill, Les dégustations littéraires, Chemin faisant, Un océan de livres, Sona’s books, IvreDeLivress, Livre est-ce de la nuit, Lirado, Des paillettes dans la bibliothèque, Exulire, Little red reading books, Priscila

Emilie Chazerand – La fourmi rouge

Posted in Littérature with tags , , on 11 août 2019 by Yvan

Une solide dose de bonne humeur !

Emilie Chazerand - La fourmi rougeCe roman jeunesse invite à suivre les pas de Vania Strudel, une adolescente de quinze ans qui doit non seulement se farcir un nom qui fait à la fois penser à une serviette hygiénique et à une pâtisserie étrangère, mais qui a également un œil qui part en vrille, une poitrine aux abonnés absents, un père taxidermiste et une meilleure amie qui pue le poisson pourri. Et pour couronner le tout, son meilleur ami, Pierre-Rachid, vient de lui annoncer qu’il sortait avec son ennemie jurée, Charlotte Kramer, la star du lycée !

À travers cette héroïne handicapée par ses différences et faisant preuve d’une autodérision à toute épreuve, Emilie Chazerand aborde les déboires de l’adolescence avec une solide dose d’humour. Si la petite Vania s’avère très vite terriblement attachante, les autres protagonistes ne sont heureusement pas en reste. De Victoire, sa copine qui schlingue à douze kilomètres à la ronde, à Gottfried, son empailleur de père qui la véhicule dans une « ouafture » digne de « Dumb and Dumber », en passant par Pirach, Grizminn, Rachel et Charlotte, l’auteure n’y va pas de main morte et livre une belle brochette de personnages secondaires qui sont tout bonnement hilarants.

Derrière ce récit débordant d’humour et d’humanité, Emilie Chazerand aborde également plusieurs sujets graves, tels que le harcèlement, le mensonge, l’amitié et l’amour, ainsi que les autres nombreuses difficultés liées à l’adolescence. J’y ai retrouvé le même plaisir de lecture qu’en découvrant « Je suis ton soleil » de Marie Pavlenko.

Un énorme coup de cœur, qui m’aura fait pouffer de rire tout en m’offrant une véritable bouffée d’oxygène !

La fourmi rouge, Emilie Chazerand, Sarbacane, 256 p., 15,50€

Ils en parlent également: CaroPetite plume, L’ourse bibliophileAudrey, Félicie lit aussi, Mlle Javotte Books, Les voyages d’Ulysse, Croqueuse d’histoires, La valse des pages, Des bulles et des mots, La chouette bouquine, Café antidote, Les cinq mots des livres, RoadTrip imaginaire

Lian Hearn – Le Clan des Otori, Le Silence du Rossignol

Posted in Littérature with tags , , on 3 août 2017 by Yvan

Guerre des clans dans un Japon médiéval imaginaire teinté de fantastique !

Lian Hearn - Le Clan des Otori, Le Silence du RossignolAvec « Le Clan des Otori », l’auteure australienne Lian Hearn transporte le lecteur dans un Japon médiéval imaginaire teinté de fantastique, où il ne fait pas si bon vivre depuis que le Clan des Tohan a étendu sa domination des Terres de l’Est vers les Terres du Milieu.

Ce triptyque rallongé de deux tomes, dont le dernier revient sur les événements qui se sont déroulés avant le début de celui-ci, débute en compagnie de Tomasu, un jeune homme issu d’une communauté pacifiste, qui voit son quotidien bouleversé le jour où sa famille et les autres habitants de son village sont massacrés par des guerriers Tohan. Sauvé in extremis grâce à l’intervention de Sire Shigeru, du Clan des Otori, il est ensuite recueilli par son sauveur, avec qui il partage dorénavant un désir de vengeance envers Iida Sadamu, le leader impitoyable des Tohan. En parallèle, le lecteur découvre également la destinée de Kaede Shirakawa, retenue prisonnière dans un château appartenant à des alliés d’Iida depuis l’âge de huit ans et promise à un mariage arrangé visant à consolider le pouvoir d’Iida Sadamu.

Ce premier tome de la saga du Clan des Otori nous propulse donc au cœur de luttes sanglantes entre différents clans, tout en suivant l’apprentissage de ce jeune homme rebaptisé Takeo, qui tente de trouver sa voie au sein de cet univers violent, notamment en essayant de maîtriser les étranges pouvoirs dont il a visiblement hérité. Au fil des pages les différents personnages dévoilent leurs véritables intentions au sein de cette épopée mêlant action, quête de soi, luttes de pouvoir, amitiés, trahisons et amours impossibles, le tout imbibé d’une ambiance nippone et servi par une plume emplie de poésie, à l’image de ce parquet de la forteresse d’Inuyama qui chante comme un rossignol lorsque l’on marche dessus.

Une excellente lecture qui plaira aux adolescents et aux plus grands !

Christelle Dabos – La Passe-Miroir, Les fiancés de l’hiver

Posted in Littérature with tags , , on 21 juillet 2017 by Yvan

Sur les traces de J.K. Rowling…

Christelle Dabos - La Passe-Miroir, Les fiancés de l'hiverJe ne suis pas particulièrement friand de romans jeunesse, mais je n’ai pas su résister à la multiplication d’avis dithyrambiques concernant cette saga qui compte déjà trois tomes. Et j’ai bien fait !

Christelle Dabos, dont c’est le premier roman, brosse tout d’abord un univers d’une richesse incroyable. Ce monde divisé en Arches, où vivent des Esprit de Famille et leur descendance respective, happe immédiatement le lecteur. D’endroits hostiles et terrifiants, à l’image de ce Pôle aux températures glaciales, à d’autres, empreints de magie et d’illusions, l’immersion est vite totale et l’émerveillement constant.

Puis il y a cette héroïne, qui ne paie pas de mine, mais qui est capable de lire le passé des objets et de traverser les miroirs. Surtout célèbre pour sa maladresse légendaire et son apparence quelconque, elle doit subitement quitter sa famille et l’Arche d’Anima suite à un mariage arrangé avec un membre du clan des Dragons. Si personne ne donne cher de la peau de la frêle jeune fille aux gants troués et au nez qui coule, le lecteur se prend néanmoins vite d’affection pour cette héroïne incroyablement attachante et finalement beaucoup plus tenace et courageuse qu’elle n’en a l’air. Si le personnage d’Ophélie est indéniablement une belle réussite, l’auteure parvient également à donner vie à d’autres personnages véritablement mémorables, qui livrent leurs secrets au fil des pages.

Si j’ai dévoré ce premier tome en moins de deux jours, la plume de Christelle Dabos n’y est pas étrangère. Elle insuffle en effet beaucoup de rythme, ainsi que plusieurs pointes d’humour, à ce récit parsemé de personnages particulièrement travaillés et se déroulant dans un univers foisonnant de détails et d’imagination. Je ne manquerai donc pas de lire les prochaines aventures de cette Passe-Miroir.

Bref, si vous aimer Harry Potter, vous allez adorer ce livre. Même si c’est un roman jeunesse et que c’est de la fantasy, comme pour les romans de J.K. Rowling, cela plaît de 7 à 77 ans. Foncez !

Marie Pavlenko – Je suis ton soleil

Posted in Littérature, Marie Pavlenko with tags , , on 28 juin 2017 by Yvan

Théorème de la scoumoune & Moonwalk !

Marie Pavlenko - Je suis ton soleilEn tant qu’homme amateur de polars, j’avais quelques appréhensions concernant ce roman pour ados, de surcroît plutôt destiné à un public féminin. J’ai eu grand tort !

Si le soleil de cette histoire se nomme Déborah, dix-sept ans, l’année de terminale qui l’attend ne s’annonce cependant pas très brillante. Outre le fait que sa meilleure amie Eloïse n’est plus dans sa classe et qu’elle devra donc se contenter de Jamal, alias Mygale-man, et de Tania, la pouffiasse de service, elle doit également entamer son année chaussée de bottes en caoutchouc vertes à cause d’Isidor, son vilain labrador obèse, qui ne se contente pas de puer et de baver, mais qui a également la mauvaise manie de déchiqueter ses chaussures. Ajoutez à cela une mère qui déprime, des notes qui dégringolent et un père qui va voir ailleurs et tout part en sucette, comme prédit par le théorème de la scoumoune. Heureusement qu’il reste le beau Victor, dans lequel elle place tous ses espoirs… sauf que son cœur semble déjà pris !

Au départ, j’ai eu un peu peur car, en suivant les déboires de cette jeune fille à l’existence initialement assez banale, pendue aux lèvres de sa meilleure amie et rêvant de celles de Victor, l’histoire commence comme un véritable roman d’ados. Heureusement, le récit bifurque progressivement vers des sujets plus adultes, obligeant l’héroïne à évoluer au fil des drames. Et là, une fois le virage amorcé, j’ai vraiment pris mon pied.

Il y a tout d’abord cette héroïne, fragile comme la plupart des filles de son âge, avec ses peurs, ses angoisses, ses prises de tête, mais qui s’avère également pourvue d’un humour à toute épreuve, qui fait sourire, même dans les moments les plus pénibles. Elle n’a rien de vraiment spécial ou de plus que les autres (si l’on excepte le fait qu’elle soit constamment victime du théorème de la scoumoune), mais elle a cette authenticité et ce côté désopilant qui la rend inévitablement attachante. Puis, il y a Eloïse, Victor et Jamal, des amis en or, le genre de copains que tout le monde rêve d’avoir. Mais il ne faudrait surtout pas oublier Isidore, le chien de la honte, dont la bave dégouline de vos pages tout au long de la lecture. Des personnages foncièrement humains, qui font des erreurs, mais que l’on apprend à aimer au fil des pages et que l’on quitte le cœur lourd une fois la dernière page tournée.

Mais ce qui m’a probablement encore le plus plu, c’est le ton, d’une justesse incroyable, et cette capacité d’aborder des sujets assez délicats, tels que la dépression, le divorce ou l’avortement, tout en conservant une certaine légèreté dans la narration. Le lecteur parcourt ainsi une montagne russe d’émotions en compagnie de cette héroïne qui passe de l’adolescence à l’âge adulte, rigolant et pleurant avec elle, parfois les deux à la fois.

Marie Pavlenko livre une tranche de vie authentique, une histoire douce-amère qui parle d’amour, de famille et d’amitié, un roman qui nous ramène avec nostalgie à l’époque de nos dix-huit ans. L’écriture est vive, rythmée, jeune, inventive, débordante d’humour, mais surtout touchante de sincérité. Je me suis régalé de ces chapitres courts aux titres succulents et de ces cadavres exquis qui prennent tout leur sens lors de ce final moonwalkien. Oh yeah !

Marie Pavlenko a été mon soleil durant plusieurs heures et je l’en remercie !

Gros coup de cœur donc !