Archive pour Livres

Lisa Gardner – Le Saut de l’Ange

Posted in Littérature with tags on 15 septembre 2017 by Yvan

Balade dans les méandres d’un cerveau abîmé !

Lisa Gardner – Le Saut de l'AngeJe découvre « Lisa Gardner » à travers ce thriller psychologique prenant et je compte donc très vite m’attaquer au restant de son œuvre.

L’intrigue démarre par un banal accident de la route dans le New-Hampshire en compagnie d’une femme gravement blessée qui tente de s’extraire de son véhicule coincé au fond d’un ravin. Totalement affolée et confuse, la rescapée ne pense qu’à une chose : sauver sa fille Véro ! Les enquêteurs arrivés sur place sont cependant formel : il n’y avait qu’une seule personne dans l’habitacle. Information également confirmée par le mari de Nicole Frank car le couple n’a pas d’enfants. Pourtant la petite Véro semble bel et bien exister…

Lisa Gardner propose un thriller psychologique à la construction très américaine, avec des chapitres courts et parfaitement rythmés et une intrigue basée sur l’amnésie de son héroïne qu’elle s’amuse à distiller au compte-gouttes. L’auteure nous balade dans les méandres de ce cerveau abîmé par plusieurs traumatismes crâniens, dévoilant progressivement le passé sombre de son héroïne. Au fil des chapitres, le lecteur tente de démêler le vrai du faux et se retrouve vite embarqué dans un thriller prenant qu’il se voit incapable de lâcher tant qu’il ne sera pas parvenu à éclairer toutes les zones d’ombre. Comme c’est souvent le cas avec des romans qui jouent sur l’amnésie d’un personnage, l’intrigue a parfois tendance à tourner un peu en rond, avec des répétitions qui insufflent parfois quelques longueurs, mais c’est là le seul petit bémol de cet ouvrage.

Un très bon thriller psychologique !

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David Vann – Aquarium

Posted in Littérature with tags on 8 septembre 2017 by Yvan

Quand l’équilibre familial vole en éclats !

David Vann - Aquarium« Aquarium » invite à suivre le quotidien peu réjouissant de Sheri, une mère éreintée par une vie mouvementée et par un boulot de grutière difficile et mal payé au port à conteneurs, et de Caitlin, sa fillette de douze ans qu’elle élève seule en essayant de joindre les deux bouts. Après l’école, en attendant que sa mère vienne la chercher, Caitlin trouve refuge à l’aquarium de Seattle afin d’oublier les soucis quotidiens, la grisaille de cette banlieue triste et pauvre de Seattle et la fatigue des longues journées où on se réveille à l’aube.

David Vann plonge le lecteur dans un huis-clos où les personnages se comptent sur les doigts d’une main. Il y a d’une part l’univers envoûtant et hors du temps de cet aquarium qui permet à la fillette de s’évader d’une existence terne et sans joie et d’autre part l’environnement confiné et froid de leur appartement dans la banlieue de Seattle. L’auteur s’y penche sur la relation fusionnelle entre une mère et sa fille, qui survivent en attendant des jours meilleurs, mais dont l’univers bascule le jour où un étrange vieil homme se lie d’amitié avec la petite Caitlin…

Si j’ai initialement été tenté d’enfiler un bonnet rouge en hommage aux documentaires sous-marins de Jacques-Yves Cousteau, j’ai fini par me laisser envelopper par la poésie et la sérénité de ce monde aquatique qui se trouve renforcé par des superbes illustrations de poissons dessinés à l’encre et qui permet de multiplier les métaphores afin de mieux exprimer les sentiments éprouvés par Caitlin. Une fois que le passé tragique de Sheri refait surface, le calme et la beauté de l’univers maritime s’estompent au détriment d’une histoire familiale particulièrement obscure. En explorant des relations familiales compliquées et des secrets profondément enfouis, l’auteur installe progressivement une ambiance plus lourde, voire même dérangeante et malsaine, tout en abordant des thèmes délicats tels que les traumatismes liés à l’enfance, les blessures familiales, la violence psychologique ou la découverte de l’amour.

Un roman à l’univers poétique et étrange, qui distille des émotions fortes et bouleversantes en scrutant les recoins les plus obscures d’une histoire familiale débordante de rancœurs.

Jojo Moyes – Avant toi

Posted in Littérature with tags on 6 septembre 2017 by Yvan

« Intouchables » version roman d’amour !

Jojo Moyes – Avant toi« Avant toi » invite à suivre les pas de Louisa Clark, une jeune femme de vingt-sept ans à la vie monotone, qui se retrouve sans emploi lorsque le café où elle travaillait en tant que serveuse ferme du jour au lendemain. Sans véritables compétences, mais obligée de subvenir aux besoins d’une famille qui ne roule pas sur l’or, elle accepte un job d’aide-soignante auprès d’un tétraplégique. Elle comprend très vite que le principal objectif de ce contrat de six mois consiste à redonner le goût de vivre à cet ex-Golden-boy londonien devenu handicapé suite à un stupide accident de la circulation…

Au début, j’ai eu un peu peur de me retrouver embarqué dans une version roman d’amour du film « Intouchables ». Au fil des pages, je me suis cependant attaché aux personnages, prenant finalement grand plaisir à les accompagner jusqu’au bout de ce voyage mêlant émotions et humour. Il y a tout d’abord la bonne humeur contagieuse d’une Lou qui fait d’une part penser au personnage de « Bridget Jones » à cause de son côté gaffeuse et célibataire immature et d’autre part à celui de « Pretty Woman » une fois plongée dans cet univers où l’on dépense sans compter. Puis il y a le personnage de Will, certes malheureux et immobilisé, mais à l’esprit vif et aux répliques délicieusement sarcastiques. N’oublions pas non plus les personnages secondaires, tels que la sœur cadette de Lou ou son compagnon fana de sport, qui ne sont pas en reste et permettent à l’auteure de développer des relations aussi diverses qu’intéressantes.

Si la narratrice principale s’avère être Lou, tandis que Will n’a pas vraiment droit à la parole, l’auteure propose également le point de vue d’autres personnages en variant les narrateurs. Usant d’un style léger et saupoudré d’humour, Jojo Moyes fait pleurer et rire, tout en abordant des thèmes délicats tels que la place des handicapés dans notre société et l’euthanasie.

Si vous avez aimé « Les dernier jours de Rabbit Hayes » d’Anna McPartlin et/ou « Quand la nuit devient jour » de Sophie Jomain, je vous conseille vivement la lecture de ce roman de Jojo Moyes.

Donato Carrisi – L’Écorchée

Posted in Littérature with tags on 30 août 2017 by Yvan

L’excellente suite du « Chuchoteur » !

Donato Carrisi - L'Écorchée« L’Écorchée » est la suite du « Chuchoteur » et invite à retrouver Mila Vasquez, l’enquêtrice spécialisée dans les disparitions d’enfants, sept ans après l’affaire du Chuchoteur. Si Klaus Boris, qui s’occupait des interrogatoires lors du tome précédent, est également de la partie en tant qu’inspecteur, c’est cependant Simon Berish qui fera équipe avec Mila afin de résoudre cette nouvelle enquête qui nous plonge une nouvelle fois dans les méandres du Mal.

Mila Vasquez travaille dorénavant aux Limbes, la cellule d’enquête sur les personnes disparues. Lorsqu’une famille est assassinée par un homme disparu depuis dix-sept ans et que d’autres disparus des Limbes se mettent à perpétrer des crimes horribles, Mila se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une affaire particulièrement sordide. Le duo qu’elle forme avec Simon Berish fonctionne à merveille car cet expert en anthropologie devenu paria de la police est également un personnage complexe et torturé. L’auteur livre donc une nouvelle fois de l’excellent boulot au niveau des personnages, avec des histoires personnelles et des fêlures qui s’intègrent avec brio à l’intrigue principale.

Donato Carrisi livre à nouveau un thriller psychologique sombre et glauque en menant le lecteur par le bout du nez d’une atrocité à la suivante. L’auteur propose en effet un récit à tiroirs qui multiplie les rebondissements et qui nous tient en haleine jusqu’à cette conclusion surprenante qui tient toutes ses promesses. Le Chuchoteur est cette fois remplacé par Kairus, alias le Maître de la nuit, qui représente à son tour le Mal tapie dans le noir. Chaque crime révèle son lot de surprises et les meurtriers se succèdent tels des poupées russes, ne dévoilant le fameux Kairus qu’en toute fin de roman.

Bref, Donato Carrisi livre un nouveau page-turner haletant, impossible à lâcher avant la fin.

Harper Lee – Ne Tirez pas sur l’oiseau moqueur

Posted in Littérature with tags on 23 août 2017 by Yvan

Une œuvre intemporelle !

Harper Lee - Ne Tirez pas sur l'oiseau moqueurAvec « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » Nell Harper Lee nous transporte dans l’Alabama des années 1930, au sein d’une petite ville rurale frappée par la récession… et par le ségrégationnisme. Parmi les habitants de Maycomb, l’auteure se concentre sur la destinée d’Atticus Finch, avocat taciturne qui élève ses deux enfants, Jem et Scout, avec l’aide d’une vieille cuisinière noire. Si les étés de la petite Scout et de son grand frère sont remplis d’insouciance et d’aventures, la petite communauté s’enflamme lorsqu’Atticus est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche.

En s’intéressant surtout aux péripéties des deux enfants et de leur ami Dill, la première partie du roman fait plutôt penser aux aventures de Tom Sawyer, même si l’on détecte déjà ce racisme latent qui ne demande malheureusement qu’à s’exprimer. Lors de la seconde moitié du récit, l’Amérique ségrégationniste des années 30 montre son vrai visage, tandis que le procès de Tom Robinson tient le lecteur en haleine.

Le récit date de 1960 mais cela ne se fait pas vraiment ressentir car les thèmes abordés sont universels et le fait de montrer les événements à travers le regard naïf et innocent d’une petite fille de huit ans contribue également à rendre la narration intemporelle. Du côté garçon manqué et débrouillard de Scout Finch à l’intégrité de ce père profondément humain, tous les personnages sont admirablement construits et extrêmement attachants.

Ce récit qui invite à s’indigner du sort de ce Noir injustement accusé d’agression sur une Blanche ne laisse évidemment pas indifférent, que ce soit maintenant ou dans les années 60, où il sera d’ailleurs récompensé du prix Pulitzer en 1961, avant de s’installer définitivement comme l’un des grands classiques de la littérature antiségrégationniste. De la justesse des propos de cette gamine de huit ans à la tolérance de ce père qui invite à regarder au-delà des préjugés, « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » est une véritablement hymne à la tolérance, à la justice, à la liberté et à l’égalité.

Bref, une œuvre universelle, intemporelle et fondatrice de la littérature américaine…

Matthieu Biasotto – Ewa

Posted in Littérature with tags on 9 août 2017 by Yvan

Vive l’internat !

Matthieu Biasotto - EwaAvec « Ewa », Matthieu Biasotto nous plonge au cœur d’un pensionnat en Pologne dans les années 30, le temps d’un thriller fantastique qui en fera frissonner plus d’un.

Ewa est une adolescente de quinze ans dotée d’un pouvoir surnaturel tellement maléfique, qu’il oblige sa famille à l’enfermer dans un pensionnat pour jeunes filles pas vraiment comme les autres. Si la directrice de l’endroit se voit contrainte de faire disparaître tous les miroirs afin de ne pas réveiller le don héréditaire de la jeune fille, l’enfer ne se situe peut-être pas de l’autre côté du miroir, mais plutôt au sein même de cet établissement cauchemardesque…

Si j’avais un peu peur de l’élément fantastique de ce polar, celui-ci se retrouve heureusement très vite dilué au sein d’une intrigue au réalisme qui fait souvent froid dans le dos. Dès la couverture, l’auteur nous plonge dans un univers sombre, glauque et d’une froideur extrême. Outre les conditions climatiques extrêmes et une Seconde Guerre mondiale pointe le bout de son nez, c’est surtout l’ambiance glaciale et oppressante de ce pensionnat qui marque les esprits. Des tortures physiques et psychologiques aux disparitions inquiétantes, les conditions de détention de ces jeunes pensionnaires ne laisseront personne indifférent.

Au fil des pages, le lecteur s’attache inévitablement à la jeune Ewa, partageant ses peurs, ses souffrances, sa solitude… et sa rage. C’est à travers ses yeux que le lecteur tente de découvrir la véritable nature et le rôle de chacun des protagonistes, de l’impitoyable directrice à l’attachant Maciej, en passant par le colossal homme à tout faire ou sa compagne de chambre que l’on surnomme « La Terreur ». Multipliant les rebondissements, l’auteur s’amuse à multiplier les fausses pistes et nous tient habilement en haleine jusqu’à la dernière page.

C’était mon premier roman de cet auteur, mais ce ne sera certainement pas le dernier…

Lian Hearn – Le Clan des Otori, Le Silence du Rossignol

Posted in Littérature with tags , , on 3 août 2017 by Yvan

Guerre des clans dans un Japon médiéval imaginaire teinté de fantastique !

Lian Hearn - Le Clan des Otori, Le Silence du RossignolAvec « Le Clan des Otori », l’auteure australienne Lian Hearn transporte le lecteur dans un Japon médiéval imaginaire teinté de fantastique, où il ne fait pas si bon vivre depuis que le Clan des Tohan a étendu sa domination des Terres de l’Est vers les Terres du Milieu.

Ce triptyque rallongé de deux tomes, dont le dernier revient sur les événements qui se sont déroulés avant le début de celui-ci, débute en compagnie de Tomasu, un jeune homme issu d’une communauté pacifiste, qui voit son quotidien bouleversé le jour où sa famille et les autres habitants de son village sont massacrés par des guerriers Tohan. Sauvé in extremis grâce à l’intervention de Sire Shigeru, du Clan des Otori, il est ensuite recueilli par son sauveur, avec qui il partage dorénavant un désir de vengeance envers Iida Sadamu, le leader impitoyable des Tohan. En parallèle, le lecteur découvre également la destinée de Kaede Shirakawa, retenue prisonnière dans un château appartenant à des alliés d’Iida depuis l’âge de huit ans et promise à un mariage arrangé visant à consolider le pouvoir d’Iida Sadamu.

Ce premier tome de la saga du Clan des Otori nous propulse donc au cœur de luttes sanglantes entre différents clans, tout en suivant l’apprentissage de ce jeune homme rebaptisé Takeo, qui tente de trouver sa voie au sein de cet univers violent, notamment en essayant de maîtriser les étranges pouvoirs dont il a visiblement hérité. Au fil des pages les différents personnages dévoilent leurs véritables intentions au sein de cette épopée mêlant action, quête de soi, luttes de pouvoir, amitiés, trahisons et amours impossibles, le tout imbibé d’une ambiance nippone et servi par une plume emplie de poésie, à l’image de ce parquet de la forteresse d’Inuyama qui chante comme un rossignol lorsque l’on marche dessus.

Une excellente lecture qui plaira aux adolescents et aux plus grands !