Archive pour Livres

Steve Cavanagh – Treize

Posted in Littérature with tags , on 21 avril 2019 by Yvan

Une star hollywoodienne accusée de double meurtre !

Steve Cavanagh - TreizeAprès deux premières aventures juridiques particulièrement passionnantes, les fans d’Eddie Flynn ne manqueront pas de se jeter sur ce troisième roman dédié à cet avocat au sens de la justice profond.

Après ses déboires avec la maffia russe dans le premier volet (« La Défense ») et la pression exercée sur lui par la CIA lors du tome précédent (« Un coupable idéal »), notre ami se retrouve piégé au cœur d’un procès ultra-médiatisé, impliquant une vedette du cinéma hollywoodien, accusée d’avoir tué sa femme et son garde du corps. Si toutes les preuves semblent accuser Bobby Solomon, Eddie Flynn est de plus en plus convaincu que son client est innocent…

Pour son troisième roman, Steve Cavanagh situe donc à nouveau son histoire dans un endroit qu’il connaît bien en tant qu’ancien avocat (il a remporté le plus gros procès pour discrimination raciale d’Irlande du Nord). Mais, l’auteur irlandais a beau situer son récit dans un tribunal, il est cependant loin de nous endormir à coups de plaidoyers barbants… bien au contraire. Il multiplie les rebondissements et n’oublie pas non plus de nous servir une bonne dose d’action. De plus, en alternant les points de vue du serial killer et de cet ancien escroc devenu avocat au fil des chapitres, il parvient à plonger le lecteur au cœur de ce thriller judiciaire. Ajoutez à cela une écriture très directe, combinée à des chapitres particulièrement courts, souvent ponctués de cliff-hangers prenants et les pages se mettent à tourner toutes seules.

Alors certes, l’intrigue est peut-être légèrement capillo-tractée, mais l’idée de base particulièrement audacieuse d’introduire un meurtrier au sein du jury fonctionne à merveille. Le plaisir est également grand de retrouver Eddie Flynn, un personnage foncièrement attachant malgré une vie privée qui part totalement en couille. Si notre avocat est divorcé, traumatisé par une ancienne affaire et qu’il lutte encore contre son problème d’alcoolémie, sa débrouillardise, ses contre-interrogatoires musclés et sa capacité à débusquer les flics corrompus ne manquent pas de séduire. Le fait qu’il combine un sens de la justice profond à un passé d’escroc, qu’il ne renie pas du tout, permet également à l’auteur de ne pas cantonner son personnage d’un seul côté de la loi. Les personnages secondaires ne sont pas en reste non plus. Outre le plaisir de retrouver d’anciens personnages charismatiques, l’auteur nous livre plusieurs nouveaux protagonistes qui ne laisseront personne indifférent, de cet accusé qui finit par séduire à ce meurtrier au QI élevé et au sang-froid glaçant.

Un roman coup de cœur, vivement conseillé à tous les fans de polar !

Treize, Steve Cavanagh, Bragelonne, 424p., 20€

Ils en parlent également : EmOtionS, Un bon livre à lireLa liseuse et la théière, L’île aux 30 polars, Le caribou littéraire, Le sentier des motsAnne Ju, Samlor en livreWander Dreams

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Alex Michaelides – Dans son silence

Posted in Littérature with tags on 17 avril 2019 by Yvan

Comment briser le silence ?

Alex Michaelides - Dans son silenceCe premier roman d’Alex Michaelides raconte l’histoire d’Alicia Berenson, artiste peintre internée dans un établissement psychiatrique après avoir été reconnue coupable du meurtre de son mari. Cela fait maintenant six ans qu’elle se mure dans un silence qui résiste à toutes les thérapies. Peut-être que l’arrivée de Théo Faber, jeune psychiatre passionné par son cas, saura briser le silence…

L’intrigue se déroule donc principalement dans cet hôpital psychiatrique londonien où le lecteur suit non seulement les efforts de Théo afin d’essayer d’éclaircir le mystère qui plane autour du mutisme d’Alicia, mais également le quotidien houleux de cet établissement aux difficultés financières et aux patients parfois hystériques.

« Son silence agissait comme un miroir, vous renvoyait votre image. Et souvent, celle-ci n’était pas belle à voir. »

En parallèle, l’auteur nous livre également des bribes de la vie intime de Théo, ainsi que des passages issus du journal intime d’Alicia. Au fil de chapitres courts et de rebondissements parfois surprenants, tous les événements finissent par s’imbriquer avec grande maestria, abandonnant le lecteur sur un final qui risque bien de le laisser lui-même sans voix !

Un excellent thriller psychologique et un auteur à suivre !

Dans son silence, Alex Michaelides, Calmann-Lévy, 20,50 €

Ils en parlent également : Maeve, EveSangpagesLire et courir, Les Fringales Littéraires, Aude, Wander Dreams, A la page des livresUn livre toujours, Anne-Sophie, BooksNpics

Jean-Claude Grumberg – La plus précieuse des marchandises, Un conte

Posted in Guerre, Littérature with tags , , , on 14 avril 2019 by Yvan

Il était une fois… la Shoah !

Jean-Claude Grumberg - La plus précieuse des marchandises, Un conteJean-Claude Grumberg avait à peine quatre ans lorsque son père fut arrêté sous ses yeux pour être emmené à Drancy puis déporté à Auschwitz le 2 mars 1943 par le convoi numéro 49. Jeanine et son frère jumeau, nés le 9 novembre 1943, ont été déportés à l’âge de 28 jours dans le convoi numéro 64. Dans la réalité ils ont tous les deux péri, mais ce conte a le pouvoir d’offrir un brin d’espoir… tout en revenant sur l’horreur.

Ce conte démarre en compagnie d’un couple de bûcherons au cœur d’une forêt enneigée. Lui se retrouve réquisitionné par l’envahisseur pour des travaux d’intérêt général. Elle, aurait aimé avoir un enfant, mais a désormais passé l’âge d’en avoir. Non loin de chez eux, une ligne de chemin de fer fait déferler des trains de marchandises dont le contenu demeure mystérieux, mais qui font rêver la pauvre bûcheronne en cette période de pénurie de vivres. Jusqu’au jour où quelqu’un jette un paquet par la lucarne d’un des wagons…

Si aborder la Shoah sous forme de conte peut surprendre, ceux qui ne croient plus au merveilleux devinent bien vite que cette forêt se situe en Pologne, que les trains se dirigent vers Auschwitz et que la marchandise est condamnée d’avance. Pour l’auteur, cette marchandise s’avère cependant on ne peut plus précieuse et l’imaginaire un exutoire à ce traumatisme qui le hantera à jamais…

Il lui faudra une centaine de pages pour mettre des mots sur l’indicible. Vingt petits chapitres pour raconter une grande histoire. Un conte à la puissance évocatrice extrêmement forte, qui relate l’horreur et la cruauté sans oublier d’y insuffler une bonne dose d’humanité. Un des pires moments de l’Histoire et une idéologie destructrice que l’auteur décide de combattre avec une fable pleine d’amour et de tendresse…

« Voilà la seule chose qui mérite d’exister dans les histoires comme dans la vraie vie. L’amour, l’amour qui fait que malgré tout ce qui existe, et tout ce qui n’existe pas, l’amour qui fait que la vie continue. »

Un conte précieux… qui n’en est malheureusement pas un !

La plus précieuse des marchandises, Jean-Claude Grumberg, Seuil, 128 p., 12€.

Ils en parlent également : Mes échappées livresques, Les Miscellanées d’USVA, Les lectures de Maman NatureLire dit-elle, Emi Lit, 31rst floor, Les liseuses, Le dit des mots, B comme bouquiner

Hyam Zaytoun – Vigile

Posted in Littérature with tags on 10 avril 2019 by Yvan

Un cri d’amour !

Hyam Zaytoun - VigileA travers ce premier roman paru aux Éditions Le Tripode, Hyam Zaytoun propose un récit intime retraçant un évènement bouleversant, marqué au fer rouge dans sa mémoire.

En 100 pages, l’auteure raconte le drame qu’elle a vécu il y a cinq ans… la nuit où son compagnon et père de ses deux enfants a fait un arrêt cardiaque. Un récit où elle partage sa peur et les mots d’amour qu’elle chuchote à l’oreille de celui qui gît désormais dans l’antichambre de la mort…

Il lui aura fallu cinq ans pour mettre les mots justes sur ce traumatisme. Au fil des pages de ce récit écrit à la première personne, la narratrice partage non seulement toute son impuissance, sa tristesse et ses peurs au moment du drame, mais également le fil des souvenirs qui affluent lors des jours qui suivent, ainsi que ces mots débordants de tendresse qu’elle déverse à celui qui vient de l’abandonner…

Ne passez pas à côté de ce roman de la rentrée littéraire 2019 !

Vigile, Hyam Zaytoun, Le Tripode, 124 p., 13 €

Ils en parlent également: Folavril, Mes échappées livresques, Au fil des livres, Syboulette, Sophie, AydoraLes Miscellanées d’USVA, Maeve22h05 Rue des dames, La Marmotte à lunettes, Bonnes feuilles et mauvaise herbe, Les chroniques de Koryfée, A book is always a good idea, Lire dit-elle, Moonpalaace, Au bordel culturel, Demain je lis, Lottes of Books, Céline, Juju, Nos livres et nos mots

Sarah Cohen-Scali – Max

Posted in Guerre, Littérature with tags , , on 3 avril 2019 by Yvan

Un bébé nazi presque parfait !

Sarah Cohen-Scali - MaxMax est un bébé issu du programme « Lebensborn », initié par Himmler et qui consiste à créer de beaux petits aryens en sélectionnant leurs géniteurs sur base de critères déterminés par Hitler afin d’œuvrer à la prolifération d’une race supérieure de blonds aux yeux bleus. Conçus sans amour, mais endoctrinés dès le plus jeune âge, ces enfants du IIIème Reich ont pour mère l’Allemagne et pour père le Führer. En attendant intentionnellement le 20 avril 1936, le jour de l’anniversaire d’Adolf Hitler, pour sortir du ventre de sa mère, le fœtus Max fait déjà preuve d’une détermination exemplaire et démontre qu’il a toutes les qualités pour devenir un SS parfait. Heil Hitler !

Sarah Cohen-Scali invite le lecteur à suivre la destinée prometteuse de Max, d’avant sa naissance jusqu’à la chute du régime. Cette narration à la première personne de la part d’un enfant qui n’est même pas encore né peut initialement surprendre (surtout que le ton utilisé par le petit Max s’avère particulièrement glaçant), mais fait très vite mouche car elle accentue/renforce toute la détermination/folie du mouvement nazi. Heureusement, au fil des rencontres et de la débâcle du IIIème Reich, les croyances idéologiques de ce fidèle représentant du nazisme va s’ébranler, augmentant ainsi l’empathie du lecteur envers ce narrateur initialement privé d’humanité.

A travers cette fiction inspirée de faits réels, Sarah Cohen-Scali montre tout d’abord le système d’endoctrinement perfide imaginé par les nazis, mais relate également des faits historiques moins connus du grand public, tels que ce programme « Lebensborn » ou le kidnapping d’enfants étrangers destinés à être « germanisés ».

Max, Sarah Cohen-Scali, Gallimard, 480p., 15,90€

Ils en parlent également : Le temps de la lecture, Mademoizelle Virgule, Laure, Amindara, Léa, Andréa, A propos de livres, Otter loves books, Bim bam books, Ode à la prose, Délia, Un livre un thé, Amande et coton, Mes aventures livresques, Liburu, Jabber the reader, La petite bibliothèque

Sarah Gysler – Petite

Posted in Littérature with tags on 27 mars 2019 by Yvan

La naissance d’une grande aventurière !

Sarah Gysler - PetiteCe premier roman autobiographique à la jolie couverture turquoise raconte l’éclosion de Sarah Gysler, petite fille solitaire devenue globe-trotteuse.

L’auteure partage tout d’abord une enfance faite d’incompréhension, de famille recomposée et d’incapacité à rentrer dans le moule d’une société qui rejette la différence. Puis, à vingt ans, elle décide de tout plaquer et d’aller à la rencontre du monde. Un coup de tête, une mappemonde qui tourne et un doigt qui se pose au hasard sur une première destination alléchante : le Cap Nord ! Sans argent, sans itinéraire, parlant à peine quelques mots d’anglais, munie d’un sac à dos et de beaucoup de courage elle part à l’aventure, comptant sur la gentillesse des gens pour la prendre en stop, lui offrir le gîte et le couvert…

Si la première partie du roman sert à comprendre les éléments déclencheurs de ce voyage riche en rencontres et en émotions, la suite vous invite à lever le pied, à interrompre votre cycle « métro – boulot – dodo » et à lever le pouce pour partir en auto-stop avec cette jeune aventurière durant trois ans.

« Petite » est une invitation au voyage, une immense bouffée d’oxygène qui permet de reprendre confiance en l’humanité, tout en incitant à reconsidérer notre point de vue sur la société. « Petite » c’est surtout un partage d’une authenticité qui fait chaud au cœur et la naissance d’une écrivaine qui nous touche et dont on ne manquera pas de continuer à suivre les aventures sur son blog laventurierefauchee.com

Petite, Sarah Gysler, Editions des Equateurs, 182p., 18 €

Ils en parlent égamelent: Analire, Le blog littéraire, Céline, Willy, Conscience, Nous les femmes

Ogawa Ito – La papeterie Tsubaki

Posted in Littérature with tags , on 24 mars 2019 by Yvan

Prendre le temps d’écrire !

Ogawa Ito - La papeterie Tsubaki« La papeterie Tsubaki » invite à suivre les pas d’une jeune femme de vingt-cinq ans qui revient dans le quartier de son enfance afin d’y reprendre la papeterie de sa grand-mère. Elle n’hérite cependant pas uniquement d’un commerce, mais également d’un métier pour lequel elle a été formé à la dure, celui d’écrivain public…

« La papeterie Tsubaki » plonge le lecteur dans l’univers raffiné de la calligraphie japonaise, allant des différents systèmes d’écriture (hiragana, katana, kanji) au respect de coutumes issues d’une époque qui n’était pas encore numérique. Initiée dès le plus jeune âge aux règles de cet art, Hatoko soigne chacune de ses missions jusque dans les moindres détails, du choix des outils d’écriture à la texture du papier, en passant par la couleur de l’encre, les tampons, l’enveloppe et même le timbre. Sans oublier le choix des mots et des formules de politesse en fonction de la demande et du besoin de nuancer certains propos. Tout un art !

Au fil des demandes, Hatoko jette également un nouveau regard sur cette grand-mère rigide et exigeante, qui lui a finalement appris tant de choses… dont ce métier qui lui permet dorénavant d’entrer dans la vie des gens et de leur procurer un peu de bonheur. En suivant Hatoko, le lecteur est également inviter à effectuer une balade contemplative dans la ville de son enfance, découvrant les différents sanctuaires, les jardins et les lieux où se restaurer…

Bref, si vous rechercher le suspense, l’action ou une intrigue capillo-tractée… passez votre chemin. Par contre, si vous appréciez le style nippon et les ambiances contemplatives, ce récit tout en délicatesse devrait vous plaire, surtout si vous préférez recevoir une belle lettre bien écrite plutôt qu’un tweet ou un e-mail en langage SMS.

La papeterie Tsubaki, Ogawa Ito, Picquier, 384 p., 20€

Ils en parlent également: Juste Lire, Des bulles et des mots, Mumu dans le bocage, BookManiac, Hanae part en livre, Des Femmes dans ma bibliothèque, La liseuse et la théière, Plumes et pages, Les libraires masqués du Grenier, Nom d’un bouquin!, MissBook, Le blog de Krol, Les histoires de Lullaby, MHF, A book is always a good idea, Stephalivres, Temps des mots, Mon petit carnet de curiosités, La Bulle de Realita, Les liseuses, L. bouquine, Claire, Horizons lectures, Journal du Japon