Archive pour Livres

Haruki Murakami – Le Meurtre du Commandeur (Livre 2)

Posted in Littérature with tags , on 12 mai 2021 by Yvan

Une conclusion (trop) fantastique !

41YZjgSQoyL._SX195_« Le Meurtre du Commandeur » invite à suivre les pas d’un peintre en mal d’inspiration. Lorsque sa femme lui annonce qu’elle veut divorcer, il quitte Tokyo et trouve refuge à Odawara, dans la maison de Tomohiko Amada, célèbre peintre japonais, grand spécialiste de la peinture traditionnelle japonaise, le nihonga. C’est là, isolé de tous au sommet d’une montagne, que Wataru Menshiki, un homme riche et mystérieux, lui propose une somme exubérante pour exécuter son portrait…

Après une première brique de 500 pages qui faisait office d’introduction, cette suite permet de retrouver les personnages intrigants et hauts en couleurs imaginés par Haruki Murakami. Du narrateur au charismatique Wataru Menshiki, en passant par le petit commandeur ou le mystérieux inconnu à la Subaru blanche, les personnages de Murakami continuent de captiver le lecteur de la première à la dernière page.

À l’instar du premier volet, le rythme de cette suite est à nouveau très lent et le style particulièrement descriptif et répétitif. Cette capacité typiquement nippone qui consiste à restituer des émotions profondes en capturant avec brio les silences et les non-dits, ces petites choses insignifiantes du quotidien qui font tout le sel de la vie, fait donc à nouveau mouche.

Le plus gros changement par rapport au tome précédent est la part de fantastique qui prend plus de place, à l’image du voyage improbable effectué par le narrateur. De cette clochette bouddhiste qui tintait dans la nuit à cette idée qui prenait forme sous les traits d’un petit personnage grotesque, en passant par cet homme sans visage qui réclamait son portrait dès le prologue, Haruki Murakami insufflait déjà une solide touche de surnaturel lors du tome précédent, mais le passage effectué par le narrateur dans un « autre monde » m’a un peu trop déstabilisé. Si les phénomènes étranges parvenaient à entretenir le mystère lors du tome précédent, mon esprit (trop) cartésien a eu plus de mal avec cette conclusion qui abandonne le lecteur avec plusieurs fils narratifs ouverts et des explications finalement assez irrationnelles.   

J’ai également eu un peu de mal avec l’obsession croissante du narrateur vis-à-vis des poitrines des personnages féminins et j’ai trouvé dommage qu’il peigne moins sur la fin car Haruki Murakami a un véritable talent pour décrire le processus de la création artistique, comme si chaque tableau prenait vie sous nos yeux tout en dévoilant la nature profonde du créateur et de son sujet.

Bref, malgré un aspect symbolique plus appuyé et des pensées philosophiques particulièrement intéressantes, le manque d’ancrage avec la réalité m’a un peu trop déstabilisé lors de cette suite.

Le Meurtre du Commandeur, Haruki Murakami, Belfond, 456 p., 23,90€

Ils en parlent également : Zagaducgsette, ClaireElodieCélineCharlotteAnne-SophieSamurai NekoPage après pageLa bibliothèque de Déols

Guillaume Musso – l’Appel de l’Ange

Posted in Littérature with tags on 9 mai 2021 by Yvan

L’Appel de Musso !

Guillaume Musso - l'Appel de l'AngeÀ force d’entendre parler les gens des romans de Guillaume Musso, l’Appel de Musso devenait trop grand et j’ai fini par craquer pour celui-ci (que j’ai lu avant « La jeune fille et la nuit« ).

L’histoire est celle d’une fleuriste anglaise vivant à Paris et d’un ancien chef-coq français de renom qui se télescopent dans un resto à l’aéroport JFK de New-York. Par inadvertance, ils se retrouvent chacun avec le smartphone de l’autre, mais ne s’en rendent compte qu’une fois séparés de milliers de kilomètres de distance : elle à Paris et lui à San Francisco ! Poussés par une curiosité malsaine, ils se mettent à fouiller le téléphone de l’autre, découvrant ainsi des secrets bien gardés, qui leur donnent envie de pousser l’enquête sur l’autre un peu plus loin…

Si le récit commence comme une comédie romantique, il s’oriente progressivement vers le polar au fil des investigations des deux protagonistes. Ce n’est clairement pas de la haute littérature, mais le style a le mérite d’être fluide et accessible et l’intrigue n’a aucun mal à tenir le lecteur en haleine de la première à la dernière page. De plus, j’ai bien aimé les citations en début de chapitre et l’insertion d’e-mails, de textos et d’articles de presse au milieu du texte.

Les personnages manquent par contre un peu de profondeur et de consistance et l’auteur a également la vilaine tendance à oublier de nous faire savoir ce qu’il advient des personnages secondaires en fin de récit. Mais le plus gros problème de ce roman se situe au niveau de la crédibilité. On a beau dire que le hasard fait parfois bien les choses, il ne faut tout de même pas pousser mémé dans les orties. De l’échange des portables à ce point commun improbable qui les unit dans le passé, en passant par la multitude de rebondissements abracadabrantesques, on n’y croit malheureusement pas un seul instant.

Du bon divertissement !

l’Appel de l’Ange, Guillaume Musso, XO, 408 p., 14,90€

René Manzor – A Vif

Posted in Littérature with tags on 5 mai 2021 by Yvan

A la folie !

51WQAHCMHiL._SX195_René Manzor m’ayant converti avec son thriller biblique « Apocryphe », j’avais forcément la foi en entamant ce polar plus classique qui nous emmène dans les tréfonds de la folie…

« A Vif » débute par la découverte du corps d’une jeune fille de treize ans, brûlée sur un bûcher. Un meurtre horrible qui rappelle ceux perpétrés quelques années plus tôt… et malheureusement toujours irrésolus. Chargée de mener l’enquête, la capitaine Julie Fraysse consulte Novak Marrec, son prédécesseur qui n’a jamais su découvrir l’identité du mystérieux « Immoleur » de ce petit village de Gévaugnac. Le hic est que celui-ci n’est pas vraiment sorti indemne de cette ancienne affaire et qu’il séjourne dorénavant dans un hôpital psychiatrique, atteint de troubles obsessionnels délirants.    

Ce qui accroche immédiatement le lecteur, ce sont les personnages particulièrement travaillés de Réne Manzor. Il y a tout d’abord ce couple d’enquêteurs atypique, constitué d’une mère de deux enfants qui tente tant bien que mal de conjuguer vie personnelle et vie professionnelle, et d’un homme hanté par les images du passé et naviguant constamment entre réalité et délires. Si l’auteur parvient à les rendre extrêmement attachants, les personnages secondaires ne sont pas en reste. J’ai à ce titre adoré les deux garçons de Julie, qui insufflent beaucoup d’humour à l’ensemble et qui soulignent la capacité de René Manzor à livrer des dialogues parfaitement ciselés, qui ont su me faire sourire tout au long de cette histoire qui ne s’y prête pas forcément.

Il faut ensuite applaudir cette intrigue qui flirte certes régulièrement avec les limites de la crédibilité, mais qui s’avère prenante au possible et qui abandonne le lecteur bouche bée. L’auteur se sert admirablement du profil pathologique de Novak Marrec pour prendre le lecteur à contre-pied, tout en l’emmenant sur le terrain de la psychiatrie.

Ne vous étonnez donc pas si vous refermer ce page-turner en l’ayant aimé… à la folie !

À vif, René Manzor, Calmann-Lévy, 400 p., 20,50 €

Ils en parlent également : Yvan, Frédéric, Nath & Christel, Aude, Laurence, Nadia, Enael, Stéphanie, Collectif Polar, Un livre toujours, Culture VSNews, NigraFolia, Balades en livres, Evasion polar, Flo, Sagweste, Aline

Ane Riel – Résine

Posted in Littérature with tags on 2 mai 2021 by Yvan

Bienvenue chez les Haarder !

CVT_Resine_8184Bienvenue chez les Haarder, une famille de menuisiers qui habite sur une presqu’île à l’écart de tout. Entourée de nature, elle avait tout pour être heureuse…sauf qu’à la suite de plusieurs malheurs, le père va lentement sombrer dans la folie. Voulant protéger à tout prix les membres de sa famille, il les isole de plus en plus du monde extérieur…

« Résine » c’est tout d’abord une ambiance sombre, qui vous fait immédiatement comprendre que quelque chose ne tourne pas rond. Un malaise initial qui se transforme progressivement en huis clos macabre et malsain. Un roman noir qui ravira les amateurs du genre.

« Résine » ce sont ensuite des protagonistes particulièrement singuliers qui finissent par vivre reclus, entourés d’objets inutiles récupérés à gauche et à droite, pas toujours de manière légale, mais servant à ériger de nouveaux murs entre ce cocon familial insalubre et le monde extérieur. C’est un père de plus en plus paranoïaque qui en sombrant, entraine toute sa famille avec lui…

De ce récit qui mêle plusieurs voix, dont les lettres posthumes de la mère, le lecteur retiendra surtout celle de Liv, leur fille. Déscolarisée, cette petite sauvageonne vit de chasse et de larcins dans le village voisin. Faisant preuve d’une maturité somme toute assez logique compte tenu de ses conditions de vie, elle insuffle également ce brin d’innocence et de naïveté salutaire, qui permet au lecteur de s’accrocher à quelque chose de beau, voire presque poétique, allant jusqu’à donner à ce thriller macabre des allures de conte. Il était une fois une petite fille solitaire qui n’avait jamais rien connu d’autre, qui vouait à son père une confiance aveugle et un amour aussi inconditionnel qu’étrange, qui vivait en communion totale avec la nature… et qui offre du coup au lecteur un regard attendrissant et déstabilisant sur cette descente aux enfers annoncée dès les premières pages.

Lauréat du prix Clé de Verre (prix littéraire annuel récompensant un roman policier scandinave) en 2016, ce second roman d’Ane Riel (le premier traduit en français) devrait ravir les amateurs de polars nordiques.

Résine, Ane Riel, Seuil, 304 p., 20€

Ils en parlent également : Maud, Tomabooks, Lison, Saveur littéraire, Marine, Valériane, Amicalement noir, Lilly, Un bouquin sinon rien, Thierry, Baz’art, Julie, My fabulous reading

 

Agnès Martin-Lugand – La Datcha

Posted in Littérature with tags , on 28 avril 2021 by Yvan

Un endroit magique !

31VVlqQw30L._SX195_« La Datcha » invite à suivre les pas d’Hermine, une jeune femme sans repères, cabossée par la vie, abandonnée dès l’enfance, qui croise par hasard la route de Jo, tenancier d’un hôtel provençal. Une vieille ferme restaurée, rebaptisée « La Datcha », où les vacanciers viennent certes se ressourcer, mais où elle va non seulement trouver un endroit où poser ses valises, mais également une véritable famille d’accueil…  

« La Datcha » c’est une auteure qui a l’intelligence d’effectuer un bond de vingt ans après le premier chapitre, dévoilant une héroïne mariée, mère de deux enfants et véritable pilier de l’établissement qui la accueilli. Entretenant le mystère au fil des pages, Agnès Martin-Lugand effectue ensuite de nombreux allers-retours dans le temps, levant non seulement le voile sur les évènements qui se sont déroulés durant ces vingt ans, mais révélant également des secrets enfouis bien plus profondément, datant d’avant son arrivée à la Datcha !

 « La Datcha » c’est un lieu charmant où j’ai adoré séjourner. Un hôtel à l’ambiance familiale dont je suis immédiatement tombé sous le charme. Un endroit qui sera même parvenu à me faire danser sur de la musique tsigane, mais où j’aurai tout de même pris du poids à force d’y manger de succulentes ravioles au pesto. C’est donc bel et bien lire qui me fait grossir !

« La Datcha » c’est une brochette de personnages attachants, voire inoubliables. Une véritable famille qui vous accueille les bras ouverts. De Hermine, jeune femme blessée en pleine reconstruction, à Jo et Macha, les propriétaires qui ont su insuffler de la magie à l’endroit, en passant par leur fils Vassili ou Charly, le cuistot de l’hôtel.   

« La Datcha » c’est la plume immersive d’Agnès Martin-Lugand, qui donne véritablement vie à ce havre de paix où il fait tellement bon de passer un peu de temps. Une narration débordante d’humanité qui vous lie aux personnages et vous invite à partager leurs émotions, le tout en abordant des thèmes sensibles tels que l’amour, l’abandon, la filiation et le deuil.

Comment ne pas vous recommander un roman dont la playlist sur Spotify débute par un titre de Janis Joplin et qui se referme avec le regret de quitter non seulement des personnages attachants, mais surtout un endroit qui continue de faire rêver après l’avoir abandonné : La Datcha !

La Datcha, Agnès Martin-Lugand, Michel Lafon, 344 p., 19,95€

Ils en parlent également : Stéphanie, Clem, Ladybooks, Rowena, Little pretty books, Petite étoile livresque, Karine, Virginie, Marion, Pascale, Anouk, Un livre dans la poche, Emmanuelle, Ninie, Mélodie, Angélique, Candice

Mathieu Menegaux – Femmes en colère

Posted in Littérature with tags on 25 avril 2021 by Yvan

20 ans de réclusion pour la victime ? #MeToo

41mbWE1zTPL._SX319_BO1,204,203,200_Derrière cette étrange couverture, qui me fait penser à celle de « La vie de Norman », l’excellente bande dessinée de Stan Silas, la femme en colère se nomme Mathilde Colignon. Agressée trois ans plus tôt par deux « hommes », elle s’est fait justice elle-même. En tant que médecin gynécologue, elle savait très bien où allait aboutir sa plainte et n’avait aucune confiance en la justice. Du coup, c’est elle qui se retrouve sur le banc des accusés, risquant vingt ans de réclusion pour acte de torture et de barbarie, face à deux agresseurs transformés en victimes.

« Femmes en colère » est un roman #MeToo qui se déroule aux Assises de Rennes en juin 2020 et qui débute à la fin du procès, à l’heure des délibérations. Le lecteur se retrouve en alternance dans le huis clos de la chambre des délibérations, où il assiste aux coulisses de ce procès d’assises, et dans la cellule de Mathilde qui, en attente du verdict, partage ses émotions et sa vérité.

À l’instar de « Un fils parfait », Mathieu Menegaux met en avant le combat de nombreuses femmes, impuissantes face à leurs agresseurs, et dénonce à nouveau les failles d’un système juridique français qui a tendance à se retourner contre les victimes d’abus sexuels. Au fil des pages, le lecteur découvre non seulement l’ampleur de la vengeance de Mathilde, mais également les actes immondes dont elle a été victime. À travers l’histoire de cette femme, Mathieu Menegaux invite à réfléchir sur une justice qui ne s’obtient pas uniquement dans les tribunaux, mais également dans les médias et sur les réseaux sociaux et donne surtout la parole à des femmes qui ont toutes les raisons d’être en colère tant que l’égalité n’est pas acquise.

Si vous aimez les procès, lisez également l’excellent « Article 353 du code pénal » de Tanguy Viel.

Femmes en colère, Mathieu Menegaux, Grasset, 198 p., 18€

Ils en parlent également: Yvan, Aude, Mes échappées livresques, Folavril, Lire et courir, Ecriturbulente, Voyages de K, Little pretty books, Geek-o-polis, Topobiblioteca, A la page des livres, Le temps de la lecture, Domi, Marine, Karine, Maman nature, Balades en livres, Hedwige, Mes p’tits lus, Plumes et pages, Je me livre, Petite étoile livresque, Little Coffee Book, Séverine, Virginie, Lili, Voyages au fil des pages, Catherine

Anjali Sachdeva – Tous les noms qu’ils donnaient à Dieu

Posted in Littérature with tags on 21 avril 2021 by Yvan

Des nouvelles qui flirtent avec le conte

41V3iXK2C8L._SX195_Ce premier roman d’Anjali Sachdeva publié chez Albin Michel dans sa collection « Terres d’Amérique » est un recueil de neuf nouvelles toutes différentes les unes des autres, variant les genres et passant d’une époque à l’autre.

« Le monde la nuit » invite à suivre la solitude de Sadie, une jeune femme albinos hypersensible à la lumière qui, en attendant le retour de son mari, découvre une mystérieuse grotte dont les tunnels s’étirent sur des kilomètres. 

« Poumons de verre » raconte l’histoire d’Henrick van Jorgen, un danois émigré à New-York, handicapé par des poumons fragiles suite à un accident dans une aciérie, mais qui décide tout de même de suivre sa fille jusque dans un désert d’Egypte à la recherche d’un tombeau rempli de trésors.

« Logging Lake » invite à suivre Robert, qui après avoir rompu avec Linda, part en randonnée en montagne avec sa nouvelle flamme Terri.

« Tueur de rois » livre les derniers instants d’un écrivain aveugle accusé de régicide, qui dialogue avec sa muse.

« Tous les noms qu’ils donnaient à Dieu », qui donne son titre éponyme au recueil, livre la vengeance ensorcelée et poignante de deux jeunes nigérianes enlevées par un mouvement islamiste, maltraitées, violées et mariées contre leur volonté.

« Robert Greenman et la Sirène » raconte l’emprise d’une sirène sur un marin, le tout sous l’œil attentif d’un immense requin blanc.

« Tout ce que vous désirez » propose une histoire d’amour entre une fille prisonnière de sa situation familiale et d’un employé de son père, condamné à travailler dans la mine du patriarche pour rembourser ses dettes de jeu.

Dans « Manus » les extra-terrestres sont au pouvoir et obligent les humains à remplacer leurs mains par des prothèses en acier.

« Les Pléiades » invite à suivre la destinée tragique de sept jumelles créées artificiellement par des experts en génétique, mais rappelées à l’ordre par Dieu…

N’étant pas forcément fan de nouvelles, ni de certains genres tels que la science-fiction ou le fantastique, je ne faisais à priori donc pas partie du public ciblé par ce roman. Si les récits plus réalistes et lorgnant plus vers le polar, tels que « Logging Lake » ou « Tout ce que vous désirez », sont parvenus à me séduire, c’était également le cas des autres histoires, même si elles étaient parsemées de vaudou, d’extra-terrestres ou de sirènes.

Il faut dire qu’Anjali Sashdeva, malgré son jeune âge et ce premier roman, s’avère d’ores et déjà une conteuse hors pair. Même si je n’étais pas toujours fan des chutes un peu trop ouvertes de ses nouvelles, j’étais chaque fois envouté par les mondes et les voyages qu’elle proposait. Mêlant poésie, mystères, inventivité et personnages aussi étonnants qu’attachants, elle livre des superbes récits qui flirtent avec le conte.

Une auteure à suivre, dont je suis d’ailleurs impatient de découvrir le véritable premier roman. 

Tous les noms qu’ils donnaient à Dieu, Anjali Sachdeva, Albin Michel, 288 p., 21,90€

Ils en parlent également : Frédéric, Mélie, Nicolas