Archive pour Livres

Amélie Antoine – Quand on n’a que l’humour

Posted in Littérature with tags , on 26 juillet 2017 by Yvan

Au-delà des paillettes…

Amélie Antoine - Quand on n'a que l'humour« Quand on n’a que l’humour » c’est tout d’abord l’histoire d’un humoriste adulé de tous, mais dont l’humour n’est qu’une bouée de sauvetage, une façade qui dissimule un homme blessé. Au sommet de sa gloire, alors qu’il doit jouer devant un Stade de France comble, pour un spectacle de surcroît retransmis sur TF1, Edouard Bresson se souvient de son enfance douloureuse et regrette d’être aimé de tous, sauf de son fils…

« Quand on n’a que l’humour » c’est également l’histoire d’un garçon qui souffre des absences de ce père qui multiplie les tournées et les spectacles. Arthur ira même jusqu’à renier son nom de famille, trop difficile à porter… le nom d’un père qu’il ne connaît pas…

La construction en deux parties est intéressante. La première, relatant la soirée au Stade de France, parsemée de flashbacks revenant sur l’enfance et le parcours de l’humoriste, fait progressivement tomber le masque de ce personnage qui arbore un sourire sur scène, mais qui côtoie la solitude et la tristesse en coulisses. La seconde, offrant le point de vue du fils délaissé, se déroule sur plusieurs mois et jette une nouvelle lumière sur des évènements dévoilés lors de la première partie, que l’on pensait initialement anecdotiques…

« Quand on n’a que l’humour » est donc l’histoire d’une quête de soi et d’un père et d’un fils qui ne se sont pas trouvés. C’est l’histoire d’un monde où la notoriété et l’argent ne font pas forcément le bonheur, où les apparences sont souvent trompeuses et où le rire n’est pas nécessairement le prolongement du bonheur, mais un ultime cri de détresse issu d’une blessure beaucoup trop profonde. Si j’ai surtout aimé la première partie, qui offre le point de vue du père, la deuxième partie, dédiée au fils, est également très bien car elle permet à ces deux êtres séparés par la gloire et les paillettes de se rapprocher au fil des pages…

Amélie Antoine, dont j’ai subitement envie de lire le précédent roman « Fidèle au poste », retranscrit les sentiments de ses personnages avec grand brio. Cette capacité à saisir les émotions avec autant de justesse et à brosser le portrait de personnages d’une authenticité remarquable, crée énormément d’empathie envers des personnages que l’on prend plaisir à côtoyer et à découvrir au fil des pages.

Lecture fortement conseillée !

Christelle Dabos – La Passe-Miroir, Les fiancés de l’hiver

Posted in Littérature with tags , , on 21 juillet 2017 by Yvan

Sur les traces de J.K. Rowling…

Christelle Dabos - La Passe-Miroir, Les fiancés de l'hiverJe ne suis pas particulièrement friand de romans jeunesse, mais je n’ai pas su résister à la multiplication d’avis dithyrambiques concernant cette saga qui compte déjà trois tomes. Et j’ai bien fait !

Christelle Dabos, dont c’est le premier roman, brosse tout d’abord un univers d’une richesse incroyable. Ce monde divisé en Arches, où vivent des Esprit de Famille et leur descendance respective, happe immédiatement le lecteur. D’endroits hostiles et terrifiants, à l’image de ce Pôle aux températures glaciales, à d’autres, empreints de magie et d’illusions, l’immersion est vite totale et l’émerveillement constant.

Puis il y a cette héroïne, qui ne paie pas de mine, mais qui est capable de lire le passé des objets et de traverser les miroirs. Surtout célèbre pour sa maladresse légendaire et son apparence quelconque, elle doit subitement quitter sa famille et l’Arche d’Anima suite à un mariage arrangé avec un membre du clan des Dragons. Si personne ne donne cher de la peau de la frêle jeune fille aux gants troués et au nez qui coule, le lecteur se prend néanmoins vite d’affection pour cette héroïne incroyablement attachante et finalement beaucoup plus tenace et courageuse qu’elle n’en a l’air. Si le personnage d’Ophélie est indéniablement une belle réussite, l’auteure parvient également à donner vie à d’autres personnages véritablement mémorables, qui livrent leurs secrets au fil des pages.

Si j’ai dévoré ce premier tome en moins de deux jours, la plume de Christelle Dabos n’y est pas étrangère. Elle insuffle en effet beaucoup de rythme, ainsi que plusieurs pointes d’humour, à ce récit parsemé de personnages particulièrement travaillés et se déroulant dans un univers foisonnant de détails et d’imagination. Je ne manquerai donc pas de lire les prochaines aventures de cette Passe-Miroir.

Bref, si vous aimer Harry Potter, vous allez adorer ce livre. Même si c’est un roman jeunesse et que c’est de la fantasy, comme pour les romans de J.K. Rowling, cela plaît de 7 à 77 ans. Foncez !

Sorj Chalandon – Mon traître

Posted in Littérature with tags on 14 juillet 2017 by Yvan

Un pays, une famille, une cause… et un traître !

Sorj Chalandon - Mon traîtreLe traître de Sorj Chalandon se nomme Denis Donaldson dans la vraie vie. En tant que journaliste à Libération, Sorj Chalandon a couvert le conflit irlandais durant de nombreuses années et a bien connu celui qui avouera avoir trahi les siens pendant près d’un quart de siècle et qu’il nommera Tyrone Meehan pour les besoins de ce roman fortement autobiographique.

« Mon traître » invite à suivre les pas d’Antoine, un luthier français qui tombe, presque par hasard, amoureux de l’Irlande. Le narrateur de ce récit ne va pas seulement découvrir un pays qui l’accueille les bras ouverts, mais également y trouver une famille, dont il finira cependant par enterrer de nombreux membres… morts pour la cause !

« Mon traître » se déroule en effet dans l’Irlande de l’IRA, dans le Belfast des années 70 à 90 et dans des pubs où les tournées de Guinness permettent d’oublier la grisaille de quartiers marqués par la pauvreté et l’insécurité. C’est là, au milieu des chants louant la solidarité, la fraternité et les héros de cette cause qui les unit face à l’oppression britannique, qu’Antoine devient Tony. Nombreux sont même ceux qui l’appellent « Fils », dont Tyrone Meehan, le leader emblématique et charismatique du Sinn Féin, l’incarnation vivante de la cause, engagé dans l’IRA depuis sa prime jeunesse. Le tout est de savoir si la profonde amitié qui finit par lier les deux hommes, pourra survivre à cette incompréhensible trahison qui finit par émerger. En dénonçant ses camarades de l’IRA et en fournissant des renseignements aux anglais pendant 25 ans, le traître n’a pas seulement trahi la cause de l’IRA, mais également celle que le narrateur a fait sienne au fil de ses allers-retours entre la France et l’Irlande…

« Mon traître » ne propose pas uniquement une immersion dans l’histoire explosive de l’Irlande du Nord en compagnie de militants aussi déterminés que chaleureux, mais surtout une belle histoire d’amitié… et de trahison. Sorj Chalandon nous invite à oublier la grisaille et la solitude en côtoyant des personnages hauts en couleur qui vont trinquer et chanter avec nous et progressivement nous réchauffer le cœur avec cette flamme de patriotisme qui consume tout sur son passage. Si tout débute par un « Su casa es mi casa » visiblement de rigueur au sein de l’hospitalité irlandaise, au fil des pages leur bataille deviendra également la sienne… et même la nôtre…

Il ne me reste donc plus qu’à lire « Retour à Killybegs », qui propose le point de vue du traître en question et me permettra peut-être de mieux comprendre pourquoi il nous a trahis… notre traître, notre ami…

Laetitia Colombani – La Tresse

Posted in Littérature with tags on 10 juillet 2017 by Yvan

Trois femmes fortes !

Laetitia Colombani - La TressePour son premier roman, Laetitia Colombani noue les destinées de trois femmes dont les histoires finissent par se rejoindre.

Dans un petit village d’Inde, Smita, l’intouchable, doit vider les latrines à mains nues et refuse que ce métier, transmis de génération en génération, devienne également celui de sa fille. À Palerme, en Sicile, Giulia, 20 ans, travaille dans l’entreprise familiale qui fabrique des perruques et des extensions avec des cheveux naturels importés de Sicile. Un accident de scooter de son père et la rencontre d’un indien Sikh vont précipiter son destin. À Montréal, au Canada, Sarah, une avocate quadragénaire mène une brillante carrière professionnelle au détriment de sa vie privée et de ses trois enfants. Un cancer du sein va cependant venir modifier sa vision des choses…

Découpé en courts chapitres, qui font progresser les trois destinées en alternance et se terminent souvent par une phrase choc (un peu trop artificielle) visant à relancer le suspense, ce roman s’avère parfaitement rythmé et incite le lecteur à poursuivre le tissage de cette tresse imaginée par l’auteure. S’il ne faut pas s’appeler Nostradamus pour découvrir le lien capillaire qui finit par unir les trois histoires, ce n’est cependant pas la seule chose qui les rapproche. Au fil des pages, les trois héroïnes s’engagent en effet dans un même combat : celui de femmes qui se battent contre l’injustice, contre les discriminations et contre les traditions, sur ce long chemin parsemé d’obstacles qui mène à l’émancipation et la liberté.

Laetitia Colombani dresse en effet le portrait de trois femmes fortes, qui ne baissent jamais les bras dans l’adversité. Si elles refusent toutes les trois de laisser la fatalité décider de leur vie, leur combat sert également à pointer du doigt la condition de la femme à travers le monde. Que ce soit la répudiation de veuves jetées à la rue en Inde, ou le machisme qui rend certains postes plus difficilement accessibles, l’auteur s’attache clairement au sort des femmes à travers le monde, mettant en avant leur courage et leur détermination.

Un premier roman agréable, qui ne manquera pas de séduire un lectorat plutôt féminin.

Pascal Manoukian – Ce que tient ta main droite t’appartient

Posted in Guerre, Littérature with tags , , , on 30 juin 2017 by Yvan

Dans le nid des terroristes !

Pascal Manoukian - Ce que tient ta main droite t'appartientAlors que son premier roman, encensé par les critiques et retraçant le parcours de migrants arrivés clandestinement en France, s’est inexplicablement échoué quelque part dans ma PAL, ce deuxième ouvrage a très vite terminé dans mes mains, pour ne plus les quitter avant la dernière page.

En s’intéressant à la destinée de ceux qui décident de rejoindre l’Etat islamique en Syrie avant de revenir nous exploser à la gueule, l’ancien reporter de guerre s’attaque non seulement à un sujet d’actualité, mais il le fait surtout avec un réalisme qui fait froid dans le dos et à l’aide d’une narration aussi élégante que percutante, qui nous tient en haleine du début à la fin.

Au fil des pages, Pascal Manoukian dresse le portrait d’anonymes qui deviennent candidats au djihad pour des mauvaises raisons. Il y a Lila, une adolescente de quinze ans d’origine algérienne, qui se dégote un mari à Alep, où elle pense pouvoir faire du shopping gratuit. Puis il y a Anthony et sa femme Sarah, qui veulent élever leur fils de quatre ans en terre sacrée afin d’en faire un bon musulman. Mais il y a surtout Karim, le personnage principal, dont la femme vient de se faire exploser sur la terrasse d’un bar de Paris, lors d’une attaque terroriste revendiquée par l’État islamique et perpétrée par un jeune Français ayant grandi dans la même banlieue que lui. Le jeune homme, musulman, décide alors de se rendre en Syrie, afin de comprendre ce qui pousse ces jeunes à emprunter le chemin de la radicalisation, mais également afin de trouver le commanditaire de l’attentat qui a tué sa femme, ainsi que le bébé qu’elle s’apprêtait à lui offrir.

De Paris à Mari, en passant par Bruxelles, Gaziantep, Raqqa et Alep, Pascal Manoukian suit les pas d’écervelés endoctrinés par une organisation terroriste qui sert au plus mal cette religion qu’elle met en exergue, remontant ainsi progressivement la piste de l’organisation terroriste, jusque dans son antre. A travers les destins d’anonymes, l’auteur détaille les rouages d’une machine de recrutement parfaitement huilée, qui exploite à merveille les faiblesses de notre société hyper-connectée en ciblant une jeunesse paumée en perte de repères. De la propagande via Internet aux actions kamikazes visant à faire le plus de victimes possible, en passant par les passeurs et les camps d’entraînement, le tableau dressé par Pascal Manoukian s’avère particulièrement sombre et pour le moins alarmant.

Une lecture essentielle, qui ne laisse pas indemne et que l’on ne referme pas forcément rassuré malgré une belle note d’espoir envers cette religion de partage et de paix, bafouée par quelques imbéciles…

Marie Pavlenko – Je suis ton soleil

Posted in Littérature with tags , , on 28 juin 2017 by Yvan

Théorème de la scoumoune & Moonwalk !

Marie Pavlenko - Je suis ton soleilEn tant qu’homme amateur de polars, j’avais quelques appréhensions concernant ce roman pour ados, de surcroît plutôt destiné à un public féminin. J’ai eu grand tort !

Si le soleil de cette histoire se nomme Déborah, dix-sept ans, l’année de terminale qui l’attend ne s’annonce cependant pas très brillante. Outre le fait que sa meilleure amie Eloïse n’est plus dans sa classe et qu’elle devra donc se contenter de Jamal, alias Mygale-man, et de Tania, la pouffiasse de service, elle doit également entamer son année chaussée de bottes en caoutchouc vertes à cause d’Isidor, son vilain labrador obèse, qui ne se contente pas de puer et de baver, mais qui a également la mauvaise manie de déchiqueter ses chaussures. Ajoutez à cela une mère qui déprime, des notes qui dégringolent et un père qui va voir ailleurs et tout part en sucette, comme prédit par le théorème de la scoumoune. Heureusement qu’il reste le beau Victor, dans lequel elle place tous ses espoirs… sauf que son cœur semble déjà pris !

Au départ, j’ai eu un peu peur car, en suivant les déboires de cette jeune fille à l’existence initialement assez banale, pendue aux lèvres de sa meilleure amie et rêvant de celles de Victor, l’histoire commence comme un véritable roman d’ados. Heureusement, le récit bifurque progressivement vers des sujets plus adultes, obligeant l’héroïne à évoluer au fil des drames. Et là, une fois le virage amorcé, j’ai vraiment pris mon pied.

Il y a tout d’abord cette héroïne, fragile comme la plupart des filles de son âge, avec ses peurs, ses angoisses, ses prises de tête, mais qui s’avère également pourvue d’un humour à toute épreuve, qui fait sourire, même dans les moments les plus pénibles. Elle n’a rien de vraiment spécial ou de plus que les autres (si l’on excepte le fait qu’elle soit constamment victime du théorème de la scoumoune), mais elle a cette authenticité et ce côté désopilant qui la rend inévitablement attachante. Puis, il y a Eloïse, Victor et Jamal, des amis en or, le genre de copains que tout le monde rêve d’avoir. Mais il ne faudrait surtout pas oublier Isidore, le chien de la honte, dont la bave dégouline de vos pages tout au long de la lecture. Des personnages foncièrement humains, qui font des erreurs, mais que l’on apprend à aimer au fil des pages et que l’on quitte le cœur lourd une fois la dernière page tournée.

Mais ce qui m’a probablement encore le plus plu, c’est le ton, d’une justesse incroyable, et cette capacité d’aborder des sujets assez délicats, tels que la dépression, le divorce ou l’avortement, tout en conservant une certaine légèreté dans la narration. Le lecteur parcours ainsi une montagne russe d’émotions en compagnie de cette héroïne qui passe de l’adolescence à l’âge adulte, rigolant et pleurant avec elle, parfois les deux à la fois.

Marie Pavlenko livre une tranche de vie authentique, une histoire douce-amère qui parle d’amour, de famille et d’amitié, un roman qui nous ramène avec nostalgie à l’époque de nos dix-huit ans. L’écriture est vive, rythmée, jeune, inventive, débordante d’humour, mais surtout touchante de sincérité. Je me suis régalé de ces chapitres courts aux titres succulents et de ces cadavres exquis qui prennent tout leur sens lors de ce final moonwalkien. Oh yeah !

Marie Pavlenko a été mon soleil durant plusieurs heures et je l’en remercie !

Gros coup de cœur donc !

Andrus Kivirähk – L’homme qui savait la langue des serpents

Posted in Littérature with tags on 14 juin 2017 by Yvan

La fin d’une époque !

 L'homme qui savait la langue des serpents L’auteur estonien Andrus Kivirähk situe ce roman pas comme les autres au Moyen Age, à une époque qui correspond à la colonisation et à l’évangélisation des dernières contrées païennes d’Europe. Si les Estoniens ont longtemps résisté à l’envahisseur germanique, la majorité de la population a désormais quitté la forêt pour des villages qui vivent d’agriculture et embrassent pleinement la religion chrétienne. Le jeune Leemet et sa famille sont parmi les derniers à ne pas céder aux sirènes de la modernité et font office de derniers témoins d’une civilisation et d’une culture vouées à disparaître…

Livré sous forme de conte satirique, ce roman ne se cantonne néanmoins pas à un seul genre. Ce véritable ovni littéraire mêle en effet tout à tour histoire, mythologie, fantastique, quête initiatique, saga familiale et histoire d’amour. Ce récit d’une intelligence rare offre non seulement une réflexion intéressante sur la notion d’identité, mais aborde également des thèmes d’actualité, tels que l’évolution des civilisations, la place de la religion et les dangers de l’extrémisme. Issu du folklore estonien, ce livre d’une grande richesse est également pourvu d’une dimension pamphlétaire qui prend tout son sens lors de la lecture d’une postface qui apporte un éclairage particulier sur cette critique déguisée de la société estonienne. Si l’auteur dénonce clairement la bêtise humaine et le fanatisme, il évite cependant de choisir entre les défenseurs de l’ancien temps et ceux qui embrassent aveuglément la modernité, profitant d’ailleurs de l’occasion pour démontrer que la bêtise ne se limite que très rarement à un seul camp. La morale de l’histoire étant probablement qu’il faut savoir évoluer avec son temps, sans pour autant renier ses origines…

Ce monde imaginaire, saupoudré de fantastique et de folklore, livre également des personnages aussi surprenants qu’attachants. Du serpent royal Innts au grand-père cul de jatte, en passant par des ours particulièrement dragueurs, Andrus Kivirähk propose une galerie de personnages hauts en couleur. Si ceux-ci ne manqueront pas de marquer les esprits, c’est surtout la solitude de Leemet qui restera en mémoire. Perdant progressivement tous ses compagnons de route et ses repaires au fil des chapitres, le dernier représentant de l’ancien temps se retrouve le cul entre deux chaises, incapable de choisir entre l’ancien et le nouveau monde. Devenu gardien du savoir de son peuple, dépourvu d’héritier à qui transmettre des traditions qui menacent de tomber dans l’oubli, le dernier homme à encore savoir parler la langue des serpents observe, totalement impuissant, la fin de son monde.

Si la quête de plus en plus solitaire de Leemet est parsemée de drames, le récit d’Andrus Kivirähk baigne néanmoins dans l’humour et l’ironie. En décrivant de manière exagérée et souvent délicieusement imagée le caractère totalement absurde de certains comportements, il dénonce la plupart des dérives avec énormément d’humour. Les sujets ont donc beau être complexes et le fond du récit d’une tristesse profonde, le rire est cependant bel et bien au rendez-vous…

Un roman pas comme les autres, pourvu de plusieurs niveaux de lecture, qui aborde avec intelligence la transition entre deux civilisations.

Lisez-le sur votre liseuse ou en version papier, quitte à être le dernier…

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