Archive pour Livres

Ivan Zinberg – Matière noire

Posted in Littérature with tags on 16 août 2020 by Yvan

Un polar réaliste !

Ivan Zinberg – Matière noireJuillet 2017. Karim Bekkouche, chef de la BAC de Saint-Étienne enquête sur la disparition inquiétante d’Inès Ouari, 18 ans, qui ne donne plus aucun signe de vie après une soirée en discothèque. En Savoie, c’est Jacques Canovas, un retraité des célèbres RG reconverti en journaliste d’investigation à Crimes Hebdo, qui couvre la disparition de Marion Testud, jamais rentrée de son jogging matinal.

En proposant deux investigations en parallèle, qui ne se rejoignent que très tardivement, Ivan Zinberg nous emmène sur les traces d’un tueur en série qui sévit dans l’ombre. L’auteur étant capitaine de police, il puise inévitablement dans son expérience de terrain et propose du coup un polar particulièrement réaliste. Cette authenticité a cependant tendance à ralentir le rythme de lecture, l’auteur n’hésitant pas à explorer de nombreuses pistes qui n’aboutissent nulle part, voire à trimballer son lecteur de ville en ville, de foyer en foyer et de discothèque en discothèque, de manière assez répétitive, afin de mener à bien son enquête.

Si l’auteur insuffle de nombreuses références littéraires, cinématographiques, musicales ou aux séries télévisées actuelles, il ajoute également de nombreux passages décrivant les lieux visités par les deux enquêteurs, ainsi que plusieurs allusions à des affaires criminelles réelles, qui ont tendance à alourdir le récit et donnent parfois l’impression de lire des passages de Wikipedia ou d’un guide touristique.

Malgré l’absence de rebondissements et cette abondance de détails visant à étoffer l’intrigue ou à préserver le réalisme de l’enquête, Ivan Zinberg sait visiblement de quoi il parle et livre un récit, certes classique, mais parfaitement fignolé.

Une enquête policière très crédible et un polar classique assez lent, mais très bien construit.

Matière noire, Ivan Zinberg, Cosmopolis, 462 p., 19,95€

Ils en parlent également : EmOtionS, AnaïsSangpages, Aude, Delph, Sonia, Des plumes et des livres, Livresse du noir, MAG, Entre deux livres, Mes lectures du dimanche, Un livre toujours, BooksnPics, One more cup of coffee, Pause polars, Addiction polar, Evasion polar, Les plumes noires, Une lectrice à Paris, La belette

Anne-Gaëlle Huon – Les Demoiselles

Posted in Littérature with tags on 9 août 2020 by Yvan

Des femmes libres !

Anne-Gaëlle Huon - Les DemoisellesCe roman d’Anne-Gaëlle Huon raconte l’histoire de Rosa, une jeune espagnole de 15 ans qui traverse les Pyrénées au péril de sa vie pour devenir couseuse d’espadrilles à Mauléon, un petit village français dans le pays basque, friand de cette main d’œuvre clandestine surnommée « Les Hirondelles ».

« Les Demoiselles » c’est tout d’abord un voyage dans le temps et dans l’histoire, qui débute en 1923 et invite le lecteur à danser le charleston, à découvrir les coulisses des Folies Bergères et à croiser des personnages emblématiques tels que Chaplin et Dior.

« Les Demoiselles » c’est ensuite la rencontre improbable entre une pauvre petite espagnole venu coudre en France afin de pouvoir aider sa grand-mère malade et des « Demoiselles » dont l’existence est parsemée d’hommes, de paillettes, de plumes et de champagne millésimé. C’est d’une part le parcours d’une petite hirondelle courageuse qui cherche à prendre son envol et d’autre part la destinée de femmes libres qui dissimulent bien des secrets…

« Les Demoiselles » c’est surtout un roman pétillant et clairement féminin, qui invite à suivre les pas de femmes d’exception, bien décidées à bousculer les barrières d’une époque et à vivre pleinement et en totale liberté.

Les Demoiselles, Anne-Gaëlle Huon, Albin Michel, 336 p., 17,90€

Ils en parlent également : Maeve, Juju, Petite étoile livresque, Pause polars, Evasion polar, Aurélie, Knut, Clem, Lili, Chloé, Elora, Salomé, Elodie, Mylène, Laura, ValmyVoyou, Nath

Bernard Minier – La vallée

Posted in Littérature with tags on 5 août 2020 by Yvan

Huis clos dans les Pyrénées !

Bernard Minier - La valléeAyant adoré « Sœurs » de l’auteur, je n’ai pas longtemps hésité à lire cette nouvelle enquête de Martin Servaz.

Tout débute par un coup de téléphone qui laisse l’enquêteur suspendu sans voix. La personne à l’autre bout du fil n’est autre que la mère de son fils, disparue depuis huit ans. Etant parvenue à échapper à ceux qui la séquestraient, elle lui demande de venir la sauver au plus vite…mais de ne surtout pas prévenir la police. Arrivé sur place, dans une vallée au cœur des Pyrénées, il constate cependant que Marianne a de nouveau disparue, tandis que la région semble frappée par une série de meurtres épouvantables…

« La vallée » plonge le lecteur au cœur d’un huis clos particulièrement prenant. Cette vallée subitement coupée du monde par un éboulement, s’avère en effet être le terrain de jeu d’un tueur en série qui multiplie les meurtres à la mise en scène horrible. Une fois ses personnages pris au piège, l’auteur déroule une intrigue riche en action et en rebondissements, qui tient le lecteur en haleine tout en abordant des thèmes d’actualité. Si le dénouement m’a laissé un peu dubitatif au niveau de la crédibilité (surtout que le coupable effectue des mises en scène très élaborées sans laisser aucune trace), l’ensemble est parfaitement huilé et se dévore à toute vitesse.

Vu le nombre de références aux précédentes enquêtes et le retour d’anciens personnages, il vaut cependant mieux avoir lu les autres romans mettant en scène Martin Servaz. Si le lecteur voit réapparaître Marianne, Irène Ziegler et Castaing, il a également droit à de nouveaux personnages forts, notamment quelques femmes charismatiques, comme Gabriella Dragoman, la psychiatre de service, ou Isabelle Torres, la maire du village.

De l’excellent divertissement !

La vallée, Bernard Minier, XO, 522 p., 21,90€

Ils étaient également coincés dans la vallée: EmOtionS, Anthony, Lire et courir, Sangpages, Aude, Livresse du noir, Addiction polar, Evasion polar, Black-Books, Lilou, Imaginoire, Culture VSNews, One more cup of coffee, Little coffee book, Matatoune, Le cygne noir, Pierre, Branchés culture, Litote, Nath

 

Bernard Minier – Sœurs

Posted in Littérature with tags on 5 août 2020 by Yvan

La première enquête de de Martin Servaz !

Bernard Minier – SœursN’ayant encore jamais lu de romans de Bernard Minier, j’avais un peu peur de m’attaquer à la cinquième histoire mettant en scène Martin Servaz, héros récurrent de cette série. Heureusement pour moi, l’auteur a eu la bonne idée de revenir en arrière afin de nous livrer la première enquête marquante du personnage.

Le récit débute donc par le meurtre de deux sœurs, retrouvées habillées en communiantes. Cette mise en scène peu commune faisant référence à l’un des romans noirs et ultraviolents de l’auteur à succès Erik Lang, ce dernier devient vite le principal suspect du jeune Servaz. Si l’affaire est finalement résolue, elle laisse cependant un sentiment d’inachevé à l’inspecteur. Lorsqu’un nouveau meurtre est perpétré vingt ans plus tard, les routes de l’écrivain et du héros de Minier, devenu un policier aguerri, vont à nouveau se croiser…

Cette intrigue qui se déroule sur deux époques, l’une en 1993 et l’autre en 2018, s’avère particulièrement bien ficelée et palpitante. L’écriture fluide de Bernard Minier et les personnages attachants incitent également à tourner les pages au plus vite afin de découvrir le dénouement de ce polar qui m’aura tenu en haleine du début à la fin. Le seul point négatif sont les (trop) nombreuses allusions aux tomes précédents, qui n’apportent finalement pas grand-chose au récit, surtout que la qualité de cette histoire suffit amplement à me donner envie de découvrir les autres enquêtes de Martin Servaz…

Lecture conseillée pour les amateurs de bons polars !

Sœurs, Bernard Minier, XO, 480 p., 21,90 €

Franck Thilliez – Il était deux fois

Posted in Franck Thilliez, Littérature with tags , on 2 août 2020 by Yvan

Du grand art !

Franck Thilliez – Il était deux foisAvril 2008. Enquêtant sur la disparition de sa fille, le lieutenant Gabriel Moscato suit une piste qui le mène au registre des arrivées de l’hôtel de la Falaise. Exténué après un mois d’enquête, il s’endort dans la chambre 29 au second étage. Lorsqu’il se réveille en pleine nuit, il se trouve au rez-de-chaussée, dans la chambre 7… et sa fille a disparu depuis 12 ans. Entre 2008 et 2020… un vide total qu’il va falloir combler !

Le point de départ de ce roman de Franck Thilliez est donc la disparition d’une jeune fille, ainsi que douze années qui ont été effacées de la mémoire de son père. Il n’en faut pas plus à l’auteur pour développer une intrigue à tiroirs qui nous emmène aux tréfonds de la nature humaine, multipliant les fausses pistes et les rebondissements. De la Haute-Savoie aux Carpates polonaises, en passant par Lille, Paris et la Belgique, Thilliez nous balade, emboîte intelligemment les pièces de son puzzle et dévoile progressivement une vérité qui fait froid dans le dos. Au passage il en profite pour offrir un éclairage supplémentaire à son précédent roman (« Le Manuscrit inachevé ») et effectuer un clin d’œil amusant à son collègue Bernard Minier. Du grand art !

Un immense coup de cœur…et peut-être bien le meilleur Thilliez jusqu’à présent !

Il était deux fois, Franck Thilliez, Fleuve, 528 p., 22,90€

Ils en parlent également : EmOtionS, Anthony, Anaïs, Aude, Sonia, Livresse du noir, Entre deux livres, Encore un livre, Mes lectures du dimanche, Le livre d’après, Addiction polar, Collectif polar, Tomabooks, Loeildem, Alexandra, Black-Books, L’oeil noir, Annick, Nina, Gwen, Lilou, Let me tale you, Imaginoire, Culture VSNews, Nigrafolia, Lire et pourquoi pas, Charlène, Clémence, One more cup of coffee, Steph, Ingrid, A l’ombre d’un livre

David Zukerman – San Perdido

Posted in Littérature with tags on 26 juillet 2020 by Yvan

Un héros emblématique !

David Zukerman – San PerdidoPour son premier roman, David Zukerman nous emmène dans les années 50, dans la petite ville imaginaire de San Perdido, au bord du Canal de Panama.

Le récit débute dans une décharge publique, où la population la plus démunie tente de survivre en récupérant ce que les plus riches y déversent. C’est là qu’apparait un beau jour un enfant noir aux yeux profondément bleus, incapable de prononcer une parole, mais doté d’une force herculéenne… c’est lui qui deviendra le héros de cette aventure et le légendaire justicier de San Perdido !

« San Perdido », ce sont tout d’abord des personnages hauts en couleur, issus des laissés-pour-compte des bidonvilles, tels que Yumna et Hissa, deux jeunes femmes qui sont parvenues à s’extraire de la misère de la ville basse grâce à leur beauté, ou issus des beaux quartiers de la ville haute, tels que le gouverneur Lamberto ou son conseiller Carlos Hierra. Des personnages certes légèrement trop caricaturaux, mais que l’on prend grand plaisir à croiser et à suivre au fil des pages.

« San Perdido » est également un roman particulièrement dépaysant et original, qui invite le lecteur à plonger au cœur d’une société panaméenne bâtie sur de grandes inégalités sociales, gangrénée par la corruption, les magouilles en tout genre et la prostitution.

Malgré une histoire parfois un peu décousue, « San Perdido » propose un conte moderne envoûtant, mettant en avant les laissés-pour-compte et permettant à un héros foncièrement attachant de s’extraire de la misère… et je conseille vivement le lexique en fin de roman à tous ceux qui veulent travailler leurs insultes en espagnol !

Un excellent premier roman !

San Perdido, David Zukerman, Calmann-Lévy, 450 p., 19,90€

Ils en parlent également: Mes échappées livresques, Lire & vous, Aude, Aurélie, Antigone, 68 premières fois, Ma collection de livres, Polars ethniques, Collectif polar, Butineries, Des livres aux lèvres, Page temps, Miriam, Page après page, Ca va mieux en l’écrivant, Baz’art, Cannetille

Amanda Sthers – Lettre d’Amour sans le dire

Posted in Littérature with tags on 19 juillet 2020 by Yvan

La renaissance d’une femme

Amanda Sthers - Lettre d'Amour sans le direCe récit épistolaire est une longue lettre d’amour écrite par une femme proche de la cinquantaine, qui n’avait jusque-là jamais eu de chance avec les hommes.

C’est sur un malentendu qu’Alice, professeur de français à la retraite, se voit proposer un massage Shiatsu. Les mains d’Akifumi ne vont cependant pas uniquement détendre son corps, mais également rompre la barrière d’émotions profondément enfouies.

Cette longue lettre n’est pas seulement une déclaration d’amour, mais surtout la renaissance d’une femme qui a collectionné les déceptions amoureuses. Une mise à nu qui dévoile progressivement les fêlures du passé, d’une enfance malheureuse à une vie dépourvue d’amour. Une magnifique lettre qui contient non seulement tout cet amour qu’elle n’a jamais su exprimer, ni recevoir, mais qui renferme également une vie parsemée de déceptions sentimentales.

Un amour qui va également inciter Alice à suivre des cours de japonais et à s’ouvrir à cette culture qu’elle ne connaissait pas, ajoutant ainsi une toile de fond nippone qui sied parfaitement à ce récit qui allie pudeur et sensualité. Un éveil de l’amour porté par l’écriture délicate et subtile d’Amanda Sthers.

Je ne suis pas fan de romans épistolaires à la base, mais je dois avouer qu’après l’excellent « Monsieur le commandant » de Romain Slocombe et cette magnifique lettre d’amour d’Amanda Sthers, je vais peut-être finir par m’ouvrir au genre…

Lettre d’Amour sans le dire, Amanda Sthers, Grasset, 140 p., 14,50€

Ils en parlent également : Folavril, Au fil des livres, Ma voix au chapitre, Koryfée, Eve, Yuko, Clem, Céline, Domi, Kevin, Eirine, Un livre après l’autre, Agathe the book, Ma collection de livres, Mon petit carnet de lecture, Lilly