Archive pour Maladie

Espé – Le Perroquet

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Glénat, Maladie, One-shots, [DL 2017], [Grand public] with tags , , on 7 juin 2017 by Yvan

Une maman bipolaire !

Espé – Le PerroquetÀ travers cette bande dessinée autofictionnelle, Espé (« Château Bordeaux ») évoque son histoire familiale et plus particulièrement la maladie de sa mère.

Le lecteur suit le quotidien de Bastien, dont la mère souffre de troubles bipolaires avec tendance schizophrénique. Entre les crises d’une rare intensité et les séjours en établissements psychiatriques, dont elle revient souvent à l’état de légume, les moments d’accalmie et de lucidité se font de plus en plus rares. Du haut de ses huit ans, Bastien tente de comprendre et observe la lente descente aux enfers de sa mère à travers son regard d’enfant, plein d’innocence et d’imagination…

C’est à travers de petites tranches de vie indépendantes que l’auteur partage son vécu. Ces courts chapitres de seulement quelques pages reviennent sur des épisodes-clés de la vie de Bastien, restituant avec brio la détresse de toute la famille, du grand-père qui refuse d’accepter la maladie de sa fille au fiston qui se réfugie dans l’imaginaire et transforme sa mère en super-héroïne.

Visuellement, le trait sobre et efficace de l’auteur accompagne ce récit riche en émotions avec beaucoup de pudeur. La colorisation, rouge lors des crises et vert lors des rares instants de bonheur, intensifie encore un peu plus l’ambiance du moment.

Un excellent one-shot que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

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Eric-Emmanuel Schmitt – Oscar et la dame rose

Posted in Littérature, Maladie with tags , on 28 février 2017 by Yvan

Une belle leçon de vie !

Eric-Emmanuel Schmitt - Oscar et la dame roseComme ma fille devait lire ce roman pour l’école, je l’ai forcément feuilleté, puis j’ai lu les premières pages et je suis ensuite resté accroché… pour finalement le redéposer tellement ravi de l’avoir lu, que je vais même vous en parler.

Oscar est un petit garçon de dix ans atteint de leucémie, qui n’a plus aucune chance de s’en sortir. Mamie-Rose, une des bénévoles de l’hôpital qui offrent leur temps libre aux petits malades, lui suggère d’écrire quotidiennement à Dieu afin de se sentir mieux…

Vous l’aurez compris, ce roman aborde un sujet cruel, mais parvient néanmoins à le faire sans tomber dans le pathos ou dans l’excès. À travers le regard innocent de ce gamin condamné, Eric-Emmanuel Schmitt aborde des thèmes difficiles, tels que la maladie, la mort, la souffrance, la tristesse, l’espoir, la vie et l’amour, avec grande justesse, mais également avec beaucoup de poésie et d’humour. La correspondance d’Oscar permet également d’évoquer la religion chrétienne, certes avec beaucoup de simplicité, mais surtout avec finesse et pédagogie.

Le lecteur ressort forcément bouleversé d’avoir été obligé d’accepter l’inacceptable, mais également ravi d’avoir passé un moment, les derniers, avec ce petit garçon courageux et souvent drôle, qui nous offre finalement une belle leçon de vie. S’il est impossible de ne pas s’attacher à cet enfant qui écrit à Dieu avec une sincérité touchante, Mamie-Rose ne laisse pas non plus indifférent. Le franc-parler et le style direct de cette ancienne catcheuse professionnelle fait inévitablement mouche, tout en rendant hommage au métier d’infirmière et d’aide-soignante. Respect !

« Oscar et la dame rose » est un roman très court, qui parvient à aborder des questions philosophiques et existentielles profondes avec légèreté et grande justesse. Cela donne donc inévitablement envie de découvrir l’adaptation cinématographique du livre, ainsi que les autres volumes de ce « Cycle de l’invisible » qui traite des différentes religions.

Dans le même genre, je vous invite à découvrir l’excellente bande dessinée « Boule à zéro » de Zidrou.

Takashi Murakami – L’oiseau bleu

Posted in BANDES DESSINÉES, Ki-oon, Maladie, Manga / Manhwa, One-shots, [DL 2015] with tags , on 11 janvier 2016 by Yvan

Lorsque le destin nous arrache des proches !

Takashi Murakami - L’oiseau bleuAprès « Le chien gardien d’étoiles » aux éditions Sarbacane, Takashi Murakami revient avec un nouveau one-shot riche en émotions, proposé au sein de la collection Latitudes des éditions Ki-oon.

Le récit débute par un pique-nique en famille qui vire au drame lors du voyage retour. La voiture sort en effet de la route, abandonnant la maman avec un mari plongé dans le coma et un fils décédé. Le grand-père paternel vit également très mal la perte de son petit-fils et s’enfonce de plus en plus dans sa maladie d’Alzheimer…

Tout en douceur, Takashi Murakami livre trois tranches de vie bouleversantes, marquées par le deuil. Il y a tout d’abord Yuki, qui a non seulement perdu son fils, mais qui doit aussi s’occuper d’un mari prisonnier d’un coma. Il y a ensuite ce grand-père qui, face à la mort de son petit-fils, préfère s’enfoncer dans le brouillard de sa maladie, imposant ainsi à sa femme la lourde tâche de s’occuper de lui. Puis il y a ce plongeon dans le temps, qui remonte à l’époque où le grand-père travaillait en tant que jeune ouvrier dans une aciérie, et où un terrible accident avait abandonné un enfant orphelin…

Au fil des chapitres, les différents récits se rejoignent et l’histoire gagne en profondeur et en intensité dramatique. L’auteur invite à réfléchir sur la difficulté de se séparer d’un être cher, que ce soit à cause d’un décès ou à cause d’une maladie dégénérative. Abordant des thèmes difficiles tels que le deuil, la maladie et la vieillesse, l’auteur livre un récit plein d’humanité et porteur d’une lueur d’espoir malgré des sujets pourtant très tristes. Il profite également de l’occasion pour pointer du doigt le système médical nippon, qui ne sait pas quoi faire des patients plongés dans un état végétatif et qui n’offre pas le soutient nécessaire aux proches de personnes atteintes de maladies dégénératives.

Visuellement, le dessin sert parfaitement ce scénario riche en émotions et le lecteur à même droit à plusieurs pages en couleurs.

Un one-shot poignant qui aborde des sujets difficiles.

Neil Gaiman et Dave McKean – Signal/bruit

Posted in Au Diable Vauvert, BANDES DESSINÉES, Comics, Maladie, Neil Gaiman, One-shots, [DL 2011], [Sans super-héros] with tags , on 13 février 2015 by Yvan

Un one-shot illustré par l’inimitable Dave McKean !

Neil Gaiman et Dave McKean - Signal/bruitPour une raison inexplicable (et probablement inexcusable), j’étais totalement passé à côté de cet album publié par l’éditeur « Au diable Vauvert ». Depuis la lecture de « Cages », qui est un des meilleurs albums que j’ai eu l’occasion de lire, je suis pourtant grand fan du travail de Dave McKean. Le voir ici associé à Neil Gaiman, avec qui il a notamment déjà travaillé sur l’incontournable « Sandman », me laisse encore plus dubitatif concernant l’origine de cet oubli.

« Signal to noise » est un récit paru en 1992 chez VG Graphics, qui relate les derniers jours d’un cinéaste qui espère achever le scénario de son ultime film avant qu’un cancer ne l’emporte. Après avoir appris qu’il ne lui restait plus que quelques mois à vivre, les pensées de l’homme naviguent entre le sujet de ce film devant aborder la fin hypothétique du monde en 999 après J.C. et la fin de son propre monde…

En proposant de suivre les dernières pensées de ce personnage, Neil Gaiman invite à réfléchir sur la mort, sur la peur et sur les rêves inaboutis. Si ces textes de Neil Gaiman, qui invitent une nouvelle fois à plonger au plus profond de l’âme humaine, valent évidemment le détour, ils font surtout écho aux superbes planches de Dave McKean. Mêlant peintures, dessins, photographies et autres techniques, l’artiste propose une nouvelle fois un voyage visuel de toute beauté et totalement déstabilisant.

Une œuvre incontournable pour tous les fans de ces deux auteurs d’exception !

Fabien Toulmé – Ce n’est pas toi que j’attendais

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Delcourt, Encrages, Franco-Belge, Maladie, One-shots, [Avancé], [DL 2014] with tags , , on 26 novembre 2014 by Yvan

Amour paternel et tolérance !

Fabien Toulmé - Ce n'est pas toi que j'attendaisCe récit autobiographique de Fabien Toulmé est l’histoire de sa deuxième paternité. Ce qui aurait dû être un grand moment de bonheur tourne cependant au cauchemar pour ce père qui s’attendait à tout, sauf à une petite trisomique. Même si au final, il sera évidemment content qu’elle soit venue, ce n’est pas elle qu’il attendait…

Pour son premier one-shot Fabien Toulmé se met immédiatement à nu en racontant avec pudeur, délicatesse, sincérité et grande justesse la montagne russe de sentiments qu’il a traversé du rejet de ce bébé handicapé à l’amour inconditionnel envers cette attachante petite fille. Partageant les faiblesses et les doutes de ce jeune papa, ce témoignage intime fait non seulement preuve de grand courage, mais se révèle surtout très humain. Si certains propos, tel le titre, sont d’une dureté incroyable, l’histoire se termine heureusement sur un happy-end et le tout est servi avec une bonne dose d’humour et d’autodérision.

« Ce n’est pas toi que j’attendais » raconte donc le parcours d’un homme qui doit apprendre à aimer sa fille. Tout commence par l’angoisse des échographies, puis le déni du verdict et le rejet de cet être qu’il s’avère incapable d’aimer, dont il souhaite même initialement la mort et qu’il sera incapable de prendre dans ses bras. Si la maman de Julia et sa grande sœur ont visiblement moins de mal à accepter l’handicap, le chemin parcouru par l’auteur est beaucoup plus long et douloureux, mais l’emmènera également vers l’acceptation et le bonheur. Visuellement, les dessins et la colorisation aux teintes variantes permettent d’accompagner ce cheminement en douceur.

Bref, un excellent ouvrage sur les préjugés et sur la tolérance et une conclusion qui rassure : L’amour envers son enfant va au-delà de toute différence et de n’importe quel handicap ! Longue vie à toi Julia !

Ils en parlent également : Jérôme, Noukette

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Damien Marie et Laurent Bonneau – Ceux qui me restent

Posted in Bamboo, BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Damien Marie, Franco-Belge, Maladie, One-shots, [DL 2014], [Grand public] with tags , , on 10 septembre 2014 by Yvan

Plongée réussie dans les méandres de la mémoire…

Damien Marie et Laurent Bonneau - Ceux qui me restentCela fait longtemps que je suis fan du travail de Damien Marie (Welcome to Hope, La cuisine du diable, Dans mes veines, Back to Perdition)… et cet ouvrage est encore meilleur que les précédents.

Pourtant, en s’attaquant à la maladie d’Alzheimer, l’auteur abordait un sujet particulièrement compliqué à mettre en scène. Dès les premières pages, il invite le lecteur à s’immiscer dans les souvenirs imprécis d’un père… une mémoire tronquée dont une seule certitude semble émerger du brouillard : il a un jour perdu sa fille ! Etait-ce sur le pont de ce bateau qu’il l’a égarée à l’âge de cinq ans ou était-ce plus tard ?

Si l’histoire de Florent n’a rien d’original, celle-ci est cependant racontée avec une maîtrise et une justesse incroyable. Rythmé par le ballet non-linéaire d’images qui se bousculent dans la tête de cet homme dont la mort est inéluctablement précédée par celle des souvenirs, le récit parvient à retranscrire avec grand brio le chaos qui règne dans l’esprit de cet homme dont le passé s’efface de manière irréversible. En accompagnant deux êtres qui se sont perdus dans la vraie vie avant de se perdre dans celle des souvenirs rongés par la maladie, l’auteur parvient non seulement à tenir en haleine un lecteur en quête de réponses, mais il parvient surtout à restituer l’émotion et la détresse qui accompagne l’errance de cet esprit étouffé par trop de zones d’ombre.

Visuellement, le dessin de Laurent Bonneau (Metropolitan) accompagne avec maestria ce voyage aux confins de la mémoire. La sobriété du trait et la colorisation à l’aide d’aplats monochromes s’installent très vite au diapason de ce one-shot qui met en scène l’oubli. Les décors semblent ainsi s’effacer, tout comme la mémoire, abandonnant le lecteur dans le flou et ne laissant émerger que quelques souvenirs plus précis, comme ce ciré jaune que portait Lillie quand il l’a perdue de vue…

Vous l’aurez compris, ce récit qui aborde la maladie d’Alzheimer avec grande justesse ne risque donc pas de finir aux oubliettes…

Retrouvez le d’ailleurs dans mon Top de mois, ainsi que dans mon Top de l’année !

Ils en parlent également: Marion, Noukette, Cynthia, Jérôme, Yaneck, Livresse des mots

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Gipi – Vois comme ton ombre s’allonge

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Franco-Belge, Futuropolis, Gipi, Guerre, Maladie, One-shots, [Avancé], [DL 2014] with tags , , , on 29 janvier 2014 by Yvan

Plongeon dans la tête d’un écrivain schizophrène.

Gipi - Vois comme ton ombre s'allongeCinq ans après avoir mal dessiné sa vie, Gipi (Ma vie mal dessinée, S., Notes pour une histoire de guerre) plonge dans la tête d’un écrivain devenu schizophrène.

Après un malaise sur une plage, Silvano Landi est interné en hôpital psychiatrique. Dans sa tête, les souvenirs se bousculent et resurgissent sous forme de dessins sans lien apparent. Les images d’une station service où sa femme l’a quitté s’entremêlent ainsi à celles d’un arbre mort planté au beau milieu d’un champ de bataille où son aïeul a combattu pendant la Grande Guerre.

Tout comme le personnage central de l’album, le lecteur se retrouve perdu entre ces fragments de mémoire qui ne respectent en rien la chronologie. Cette narration non-linéaire combinée à des transitions déroutantes et des dialogues décousus oblige le lecteur à faire lui-même le tri dans les pensées de l’écrivain et à reconstruire le puzzle incomplet de cet homme dont l’identité est broyée par la maladie. Au fil des pages, les morceaux finissent par s’emboîter, permettant de deviner une partie de l’existence de cet écrivain perdu dans un monde dont personne ne détient malheureusement la clé.

Si la confusion accompagne volontairement le scénario, le graphisme accompagne à merveille les troubles de cet esprit malade. Passant d’un dessin en noir et blanc qui se contente d’esquisser le présent de l’hôpital psychiatrique à de superbes aquarelles pour revenir sur les souvenirs et les obsessions du personnage, Gipi propose une mise en images à tomber par terre.

Un album intriguant, déstabilisant, voire frustrant, qui met en images la folie de manière poétique, mystérieuse et esthétique, comme seuls les grands auteurs sont capables de le faire.

Un coup de cœur que vous retrouverez également dans mon Top de l’année.

Ils en parlent également : Yaneck, Cristie

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