Archive pour Maladie

Christelle Saïani – Lumière

Posted in Littérature, Maladie with tags , on 14 mars 2021 by Yvan

Un hymne à la vie !

Christelle Saïani - LumièrePour son premier roman Christelle Saïani nous invite à faire la connaissance d’Ambre, une jeune femme victime d’une rupture amoureuse aussi brutale qu’inexpliquée. En proie à une souffrance profonde, elle ne supporte plus de croiser Olivier, ce voisin qui respire le bonheur en compagnie de sa femme et de ses deux enfants. Un jour, exaspérée, elle lui déverse toute sa frustration, mais découvre bien vite que derrière cette joie de vivre se cache un drame terrible… Ce sera pour eux le début d’une très belle amitié…

La couverture de ce roman résume parfaitement son contenu. Tout d’abord ce fond noir, qui donne immédiatement le ton et préfigure du contenu peu réjouissant de ce récit, qui aborde des thèmes extrêmement douloureux tels que le chagrin d’amour, la dépression, la maladie et le deuil. Puis il y a ce titre, lumineux, qui s’installe au diapason de l’approche foncièrement positive que l’autrice réserve à ces sujets particulièrement sombres. Christelle Saïani s’attelle en effet à livrer un véritable hymne à l’amour, à la famille et à l’amitié en proposant une leçon de courage parsemée d’espoir.

Ce roman choral alterne les points de vue en donnant la parole aux trois personnages principaux au fil des chapitres. Si le lien entre Ambre, Léo (l’ingénieur en robotique sous-marine qui la largue via SMS) et Olivier (le voisin) m’a semblé un peu trop artificiel et pas assez solide au début, l’auteure finit par développer une très belle relation entre Ambre et Olivier. La plume de l’auteure, emplie de poésie et de métaphores, s’avère très riche, voire même un peu trop travaillée lors des premières pages, et accompagne avec brio ce récit qui ne manquera pas de toucher ses lecteurs.

Lumière, Christelle Saïani, Librinova, 189 p., 12,90€

Ils en parlent également : Frédéric, Ju lit les mots, Audrey, Eve, Ma voix au chapitre, Valmyvoyou lit, Caroline, Mélodie, Maman Nature, Jean-Paul, Mots dire sans haine, Cannetille, Page après page

Brittainy C Cherry – Eleanor & Grey

Posted in Littérature with tags , , , on 3 mars 2021 by Yvan

Rire et larmes !

Brittainy C Cherry – Eleanor et GreySi jamais vous n’êtes pas trop fan d’histoires d’amour ou de romans pour ados, n’allez surtout pas jeter un œil à la couverture originale de cet ouvrage en anglais, sinon, peu importe ce que je dirai dans mon avis, jamais je ne pourrai vous convaincre de le lire !

« Eleanor & Grey » invite à suivre la relation au fil des ans de deux personnages dont vous n’aurez pas trop de mal à deviner les prénoms. Il y a tout d’abord Eleanor, pas l’adolescente la plus populaire de son lycée, qui aime se réfugier dans les livres en général et dans ceux d’Harry Potter en particulier. Même lorsque sa cousine l’emmène à une soirée, elle préfère s’installer à l’écart pour lire. C’est à ce moment-là que, contre toute attente, Grey, l’un des garçons les plus populaires de l’école, s’approche d’elle et vient carrément lui parler…

Le roman est divisé en deux parties. La première relate la rencontre des deux adolescents et permet de découvrir comment ce duo assez improbable s’est finalement lié d’une amitié très forte. La deuxième partie nous plonge une quinzaine d’années plus tard, au moment où les deux ont refait leurs vies et doivent réapprendre à se connaître malgré des parcours très différents… et parsemés de drames.

Je n’avais encore jamais rien lu de Brittainy C Cherry, mais je découvre avec grand plaisir sa capacité à brosser des personnages attachants dont on découvre les failles au fil des pages. Les personnages secondaires ne sont d’ailleurs pas en reste, que ce soit l’hilarante cousine Shay ou les deux sœurs dont la plus petite est un véritable rayon de soleil…même si ma préférence va à la plus âgée des deux, adolescente torturée qui dévoile progressivement toutes ses cicatrices…

« Eleanor & Grey » n’est pas seulement une histoire d’amour, mais surtout un roman poignant parsemé de tragédies et abordant des thèmes douloureux tels que le deuil, la différence, le harcèlement scolaire, la maladie et l’isolement. C’est également l’histoire d’une reconstruction, de la découverte de l’âme sœur et de l’importance de la famille dans les moments difficiles.

Voilà, si entre deux polars vous avez envie de passer du rire aux larmes en compagnie de personnages foncièrement humains, ne faites pas attention au genre ou à la couverture…et laissez-vous tenter !

Coup de cœur pour cette histoire d’amour pour ados…tout arrive !

Eleanor & Grey, Brittainy C Cherry,Hugo Roman , 441 p., 17€

Ils en parlent également : Les pages qui tournent, Alice, Tiffany, Aurélie, Marie, Mathilde, Sandrine, Mademoiselle M, Clem, Elise, Julie, Marie, Coralie, Laura, Lily-Cath, Jenn, Elyosa, Céline, Ludivine, Pommy, Bookivresse, Maman Chicklit, Elisa, Shazia, Léa, Amandine, Quitterie, Steph, Emelyne, Rowena, Aline, Mae, Elsa, Lucie, Lounea Book, Darlène, Amandine, Filledepapiers, Coralie, Vane, Books on fire, Mayna, Charlaine, Camille, Sandra, Fifi

Marie Vareille – Le syndrome du spaghetti

Posted in Littérature, Maladie with tags , , , on 11 novembre 2020 by Yvan

MVP -> Marie Vareille Power !

Marie Vareille - Le syndrome du spaghettiAyant adoré « La vie rêvée des chaussettes orphelines », je n’ai pas longtemps hésité à m’attaquer à ce nouveau roman de Marie Vareille au titre à nouveau très drôle et très intrigant… même si à la base c’est un roman jeunesse et que cela fait un petit temps que je ne le suis plus !

« Le syndrome du spaghetti » invite à suivre les baskets de Léa, 16 ans, passionnée de basket, tout comme son père, son meilleur ami Nico et moi-même. Jusqu’au jour où un drame vient bousculer cette vie d’adolescente insouciante axée autour du ballon rond, balayant subitement tous ses rêves et tous ses projets.
Le second spaghetti qui sera victime du syndrome imaginé par Marie Vareille se nomme Anthony, 17 ans, abandonné par son père et issu d’un monde totalement différent de celui de Léa. Un quartier difficile où la délinquance est légion, mais où un petit terrain de basket va leur permettre de s’unir autour d’une même passion…

L’équipe alignée par Marie Vareille pour affronter les aléas de la vie est attachante au possible. De la combativité de Léa à la carrure d’Anthony, en passant par la disponibilité d’Amel, l’auteure propose une brochette de personnages aussi complémentaires qu’attachants, qui vont grandir et se découvrir au fil des pages.

J’ai beaucoup aimé ce roman particulièrement touchant, qui aborde des thèmes délicats tels que le deuil, la maladie, l’amitié, l’adolescence et l’amour, avec énormément de délicatesse, de justesse et de légèreté.

Un peu de douceur dans ce monde de brutes… Me voilà définitivement fan de Marie Vareille !

Le syndrome du spaghetti, Marie Vareille, Pocket Jeunesse, 288 p., 17,90€

Ils en parlent également : Ma toute petite culture, Muffins & books, Tiffany, Satine’s books, Des mots aux livres, Djihane, BBB’s Mum, Mon rêve d’été, Langue de chat, BookMotion, Manika, Justine

Sébastien Spitzer – La Fièvre

Posted in Littérature, Maladie with tags , on 20 septembre 2020 by Yvan

L’écho du passé !

Sébastien Spitzer – La FièvreAyant adoré « Ces rêves qu’on piétine », qui abordait les derniers jours du régime nazi sous un angle original et intéressant, je n’ai pas hésité à lire ce nouveau roman de Sébastien Spitzer qui fait étonnamment écho à l’actualité du moment !

Comme il l’explique dans sa postface, le sujet du roman lui est venu en essayant de découvrir l’origine du fou-rire particulièrement contagieux d’Elvis Presley lors d’un de ses concerts. Si je vous invite à découvrir cette performance live du King que le regretté Eric Laforge adorait passer le matin sur Classic21, me mettant chaque fois de très bonne humeur, Sébastien Spitzer s’est néanmoins très vite éloigné de sa quête initiale. Scrutant la vie d’Elvis, il est finalement tombé à Memphis… logique… mais en 1878 !

Du coup, l’auteur nous plonge à la fin du dix-neuvième siècle, quelques années après la fin de la Guerre de Sécession et l’abolition de l’esclavage, à l’aube de l’apparition de cette mystérieuse épidémie de fièvre jaune, qui a en grande partie décimé cette ville portuaire qui verra naître le célèbre roi du rock’n’roll des années plus tard. Si le thème principal évoqué par le titre du roman fait inévitablement écho à la pandémie de Covid19 qui sévit actuellement, la scène d’ouverture donnera cependant envie de mettre un genou à terre en levant le poing bien haut. Le fond historique prend en effet soin de nous rappeler que la libération des esclaves en 1965 n’était pas forcément du goût du KKK et de la plupart des gens du Sud… #BlackLivesMatter

Outre une histoire basée sur des faits réels et des thèmes forts et extrêmement actuels, Sébastien Spitzer donne surtout vie à des personnages qui insufflent énormément d’humanité au récit. De la petite Emmy, métisse épileptique à la recherche de son père, au directeur raciste du journal local, en passant par l’attachante Anne Cook, tenancière du plus beau bordel de la ville, le lecteur suit des personnages confrontés à une épidémie qui sème non seulement la mort et la panique, mais qui révèle surtout progressivement le pire et le meilleur de l’humanité…

Ce très bon roman démontre une nouvelle fois l’incroyable capacité de cet auteur à faire renaître le passé à travers des personnages parfaitement ciselés !

La Fièvre, Sébastien Spitzer, Albin Michel, 320 p., 19,90€

Ils en parlent également: La culture dans tous ses états, Charlotte, Sonia, Anouk, My pretty books, Koryfée, Julie, Tours & culture, Knut, Un livre après l’autre, Ophélie, Envie de partager les livres, Brice, Page après page, Des plumes et des livres, Valmyvoyou litNath

Mathias Malzieu – Journal d’un vampire en pyjama

Posted in Littérature, Maladie with tags , , on 26 avril 2020 by Yvan

Combat contre Dame Oclès !

Mathias Malzieu - Journal d’un vampire en pyjamaFin 2013, ne respirant pas la grande forme, Mathias Malzieu décide d’effectuer une prise de sang. Malheureusement pour lui, ses symptômes ne sont pas dû à un coup de fatigue, mais à une maladie rare nommée aplasie médullaire idiopathique, qui nécessite des transfusions de sang régulières en attendant de trouver un donneur compatible pour une greffe de moelle osseuse. De chimio en chambre stérile, les médecins surveillent dès lors attentivement ses globules blanches, ses globules rouges et ses plaquettes… sous le regard attentif de Dame Oclès !

Ce roman servi sous forme de journal intime raconte le combat de Mathias Malzieu contre cette maladie qui le transforme en vampire en pyjama, errant dans les couloirs des hôpitaux de transfusions en traitements. Cette plongée dans le monde hospitalier déborde heureusement d’autodérision et d’espoir, évitant ainsi au lecteur de sombrer en pleine dépression. Offrant une belle leçon de courage et d’optimisme, l’auteur en profite également pour rendre hommage au corps médical, sans qui il ne serait probablement plus là.

Le seul point négatif de ce roman que j’ai dévoré en une seule journée est que je ne suis pas vraiment fan de cet environnement hospitalier… c’est d’ailleurs la première fois que je dois m’allonger les jambes en l’air en lisant un roman afin de ne pas tomber dans les pommes… notamment lors de l’épreuve du harpon du myélogramme…

Un coup de cœur !

Journal d’un vampire en pyjama, Mathias Malzieu, Albin Michel, 240 p., 18€

Ils en parlent également : Folavril, Mes échappées livresquesMa toute petite cultureStelphique, MarinePause polars, My pretty booksPetite plumeLa chouette bouquine, Eve, Anne-Sophie, EnnaCamille, Emma, Lula, MagaliLivresque 78, Ibidouu, Les cibles d’une lectrice à viséeLivraisons littéraires, Des miettes entre les pages, Nos amis les motsQuai des prosesLittéart

Mélissa Da Costa – Tout le bleu du ciel

Posted in Littérature with tags , , on 15 mars 2020 by Yvan

Road movie plein d’émotions !

Mélissa Da Costa - Tout le bleu du cielCe premier roman de la jeune auteure française Mélissa Da Costa invite à vivre le dernier voyage d’Émile, 26 ans, atteint d’un Alzheimer précoce, une maladie neurodégénérative orpheline qui ne lui donne qu’environ deux ans à vivre. Refusant d’être un poids pour ses proches et de terminer sa vie dans un hôpital, il décide de partir à l’aventure en camping-car, en compagnie d’une certaine Joanna, recrutée via une petite annonce sur la toile…

« Jeune homme de 26 ans, condamné par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) d’aventure pour partager avec moi ce dernier périple. »

Au fil des pages et des rencontres, Émile et Joanne vont s’apprivoiser et s’ouvrir l’un à l’autre. Cette rencontre improbable entre deux écorchés de la vie qui finissent par se réparer mutuellement ne peut laisser indifférent. D’étape en étape, le lecteur s’attache à ce duo insolite, qui lève progressivement le voile sur les blessures du passé tout en s’accrochant aux notes d’espoir qu’offre cet ultime voyage.

Ce road movie qui met en avant les petits plaisirs de la vie et la beauté du monde qui nous entoure propose une belle leçon de vie, riche en émotions. Une véritable aventure humaine sur le dépassement de soi, sur la mémoire et sur la solidarité, qui en met plein les yeux et qui va droit dans le cœur !

Tout le bleu du ciel, Mélissa Da Costa, Carnets Nord, 648 p., 21€

Lisez également: Viriginie Grimaldi – Il est grand temps de rallumer les étoiles

Ils en parlent également : Anthony, Mes échappées livresques, Valmyvoyou lit, Garoupe, Liseuse HyperfertileSandrine, MHF, Pat, Lectures de rêves, A propose de livres, Livres d’un jour, Antigone, Cristina, FélicieD’une étagère à l’autre, La valse des pagesLes belles feuilles, AnaLireUn livre dans le sacLittéLecture, Psych3DesLivresBook’N’All, Culture VSNews, Les lectures de Cannetille, Ma collection de livres, Stitch

Bénédicte Belpois – Suiza

Posted in Littérature with tags , , on 21 décembre 2019 by Yvan

Quand le désir se transforme en amour !

Bénédicte Belpois - SuizaPour son premier roman, Bénédicte Belpois invite le lecteur dans un petit village agricole de Galice peuplé d’hommes rudes et de femmes à leur service. Si le café local permet de s’imbiber de vin du Rioja afin de combler la chaleur ambiante, l’arrivée d’une serveuse suisse à la peau laiteuse fait immédiatement monter la température ambiante…

Au milieu de ce décor digne de Marcel Pagnol, le lecteur est invité à suivre les pas de Tomas, un fermier veuf d’à peine quarante ans au langage peu châtié, qui tombe raide dingue de cette étrangère un peu conne, qui ne parle certes pas l’espagnol, mais dont le corps semble beaucoup plus fertile que les champs avoisinants. Cette subite envie de labourer autre choses que ses propres terres, lui ferait presque oublier son cancer des poumons…

« Suiza » est la rencontre de deux êtres blessés par la vie, que tout oppose, mais qui progressivement s’apprivoisent. Il y a tout d’abord ce gros paysan macho, qui a du mal à exprimer ses sentiments, mais qui, bizarrement, me parle. Puis il y a Suiza, naïve et sensuelle, qui trimballe néanmoins un lourd passé que l’auteure dévoile au fil des pages. « Suiza », c’est le jour qui percute la nuit de plein fouet… et la promesse d’un avenir plus lumineux…

« Suiza » ce sont des personnages secondaires truculents que l’on a du mal à quitter en refermant le roman. Du vieux Ramon, fidèle ouvrier et père de substitution, à la vieille Agustina au langage de charretière, mais aux conseils avisés, en passant par Lope, l’employé homosexuel, ou Alvaro, le tenancier du bar, personne ne laisse indifférent.

Coup de cœur !

Suiza, Bénédicte Belpois, Gallimard, 256 p., 20 €.

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