Archive pour Maladie

Virginie Grimaldi – Quand nos souvenirs viendront danser

Posted in Littérature with tags , , on 29 mai 2019 by Yvan

Le dernier tango !

Virginie Grimaldi - Quand nos souvenirs viendront danserEtant plus fan de polars que de romans « feel-good » et n’étant pas vraiment un danseur invétéré, j’aurais pu me dire que ce roman n’était pas forcément écrit pour moi. Sauf que j’aime alterner les genres et lire des romans plus légers afin de m’octroyer une bouffée d’oxygène entre les polars que je dévore. Ayant beaucoup aimé « Tu comprendras quand tu seras plus grande » et « Il est grand temps de rallumer les étoiles », je suis surtout devenu fan de Virginie Grimaldi et donc incapable de résister à ce cinquième roman qui invite à suivre une bande d’octogénaires pas comme les autres.

« Quand nos souvenirs viendront danser » raconte les déboires des habitants de l’impasse des Colibris qui, au crépuscule d’une vie faite de bonheurs et de tragédies, se retrouvent menacés d’expulsion lorsque le maire décide de raser leur quartier afin d’y construire une école. Les petits vieux sont cependant prêts à tout pour sauver leurs maisons et les souvenirs qu’ils ont accumulés pendant plus de soixante ans…

À l’aide de courts chapitres, qui se font intelligemment écho, Marcelline, la narratrice, raconte d’une part leur combat face au maire et revient d’autre part sur les soixante années passées au sein du quartier, de leur emménagement jusqu’à nos jours. En plongeant dans l’histoire de son couple, elle nous livre également une merveilleuse histoire d’amour…

Cette histoire qui mêle habilement passé et présent, propose donc des personnages extrêmement attachants, comme c’est toujours le cas avec Virginie Grimaldi, dont cet adorable couple qui traverse la vie comme l’on danse un tango. Alternant rire et larmes, ce récit profondément humain aborde des thèmes délicats, tels que la maladie, la vieillesse, les relations intergénérationnelles, la solidarité et la famille, avec énormément de tendresse et beaucoup d’humour.

À l’instar de la saga BD « Les Vieux Fourneaux » de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet, vous refermerez cet ouvrage en ayant préféré passer beaucoup plus de temps en compagnie de ces petits vieux bien déterminés à ne pas se laisser faire !

Un coup de cœur !

Quand nos souvenirs viendront danser, Virginie Grimaldi, Fayard, 360 p., 18,50€

Si vous aimez Virginie Grimaldi, lisez également les romans de Marie Pavlenko (« Je suis ton soleil », « Un si petit oiseau »)  et d’Anna McPartlin (« Les derniers jours de Rabbit Hayes », « Du côté du bonheur ») !

Ils en parlent également : Andréa, Anouk, MarieJuju, Koryfée, CatherineElodie, Géraldine, MilieOrlane & booksCarnet Parisien, A la page des livres, Les pages qui tournentMes petits délices livresquesPetite étoile livresque, Flo & books, Emi lit, Entre deux livres, A touch of blue Marine, Mon rêve d’été, Nos livres et nos mots, Mes mots sur les leurs, Envolée de mots, Mon semblable mon frère, AuCoinBouquin, La petite maman dans la nurserie, Au chapitre, The story of Jo, Miss croq book, Bill et Marie

Delphine de Vigan – Les gratitudes

Posted in Littérature with tags , , on 1 mai 2019 by Yvan

Dire merci…

Delphine de Vigan - Les gratitudes« Les gratitudes » raconte l’histoire de Michka, une vieille dame atteinte d’aphasie, obligée d’aller vivre en maison de retraite. Au fil des visites de Marie, sa jeune amie, et de Jérôme, son logopède, le lecteur découvre qu’elle perd non seulement son autonomie, mais également peu à peu l’usage de la parole. Elle a pourtant encore un merci à dire à des gens qui ont tant fait pour elle…

Le titre fait non seulement référence à la reconnaissance de Marie envers cette voisine plus âgée, dont elle a tellement souvent franchi la porte lorsqu’elle était plus jeune, mais également à la gratitude de Michka envers cette famille à qui elle doit la vie et à laquelle elle n’a encore jamais su dire merci…

Delphine de Vigan propose un récit à deux voix, qui alterne les visites de Marie et de Jérôme, tout en proposant des interludes qui permettent de partager les cauchemars de Michka. Adaptant son texte à l’aphasie de plus en plus prononcée de son personnage, l’auteure joue avec les mots, trébuche sur certains, les remplace parfois par d’autres ou laisse des vides, multipliant ainsi les lapsus parfois très révélateurs ou insufflant une bonne dose d’humour. Au fil des pages, le lecteur doit ainsi commencer à déchiffrer ces phrases cabossées, s’amuse parfois du résultat, mais s’attache surtout à cette vieille dame dont il découvre progressivement le passé.

Un récit court, pas vraiment triste, mais plutôt tendre… qui explore avec énormément de brio les relations humaines !

Les Gratitudes, de Delphine de Vigan, JC Lattès, 178 p., 17 €

Ils en parlent également : Ma toute petite cultureMes échappées livresques, Lectures de rêvesMy pretty booksEntre les lignes, Chronicroqueuse de livres, SoniaAgathe the book, Juju, Céline, Pause polars, Liseuse hyperfertile, StephalivresCultur’Elle, KoryféeChristlbouquine, CunéipageLight & Smell, Mélie, NathMoonpalaace, Lilylit, Bibli de NanaDemain je lis, Sorbet-Kiwi, Parfum livresqueSonge d’une nuit d’été, Librairie en folie, Nos livres et nos motsLes yeux dans les livresPsych3deslivres

Gavin’s Clemente-Ruiz – Le club des feignasses

Posted in Littérature, Maladie with tags , on 1 août 2018 by Yvan

Quand la mort rapproche de la vie !

Gavin's Clemente Ruiz - Le club des feignassesSi la couverture invite à s’allonger dans un transat en bord de mer, le cocktail servi par l’auteur est cependant composé de médicaments utilisés dans le cadre d’une cure de chimiothérapie. Le club dont il est question réunit en effet des personnes dont le seul point commun est qu’on vient de leur diagnostiquer un cancer. Au revoir la légèreté et le moment de détente que semblait promettre le titre et place à un récit qui tombe dans le pathos et le larmoyant ?

Pas du tout, car l’auteur a beau aborder un sujet peu réjouissant à la base, il le fait avec légèreté et beaucoup d’humour, en compagnie de personnages bien décidés à se serrer les coudes et à ne pas se laisser abattre par la maladie. Le plus grand challenge du lecteur sera d’ailleurs de passer outre ce positivisme exagéré et cette abondance de bons sentiments, qui transforment certes ce livre au sujet délicat en roman feel-good, mais l’éloigne par la même occasion de la réalité… à l’image de cette infirmière qui effectue une danse du crabe devant des patients venus faire leur première chimio.

Afin de passer un bon moment de lecture, il faut donc pouvoir accepter cette approche pleine d’autodérision. Une fois cette barrière franchie, on s’attache très vite à ces personnages qui partagent progressivement leurs fêlures et leurs faiblesses, sous une devise commune qui résume immédiatement le ton du récit : « Croix de bois, croix de fer, si je meurs c’est d’un cancer! »

Si personne ne rêve de faire partie de ce « Club des feignasses », il ne manque cependant pas de séduire. La légèreté promise par le titre y est de rigueur, permettant à ses membres d’affronter la maladie avec une incroyable joie de vivre, sans mettre l’accent sur la mort, mais sur la vie. Le chemin parcouru est certes celui de la maladie, mais surtout celui de la solidarité, de la tendresse, du rire et de l’humanité, proposant ainsi une bouffée d’oxygène malgré un sujet sensible.

Si les émotions sont inévitablement au rendez-vous de cette lecture, celles-ci atteignent leur comble lors des remerciements de l’auteur. Cette partie où il nous parle de son propre vécu est forcément plus ancrée dans la réalité et du coup beaucoup plus émouvante…

Dans le même genre, lisez surtout « Les derniers jours de Rabbit Hayes » d’Anna McPartlin.

Sophie Daull – Camille mon envolée

Posted in Littérature, Maladie with tags , on 16 mars 2018 by Yvan

Des mots afin de combler le vide…

Sophie Daull - Camille mon envoléeCe roman raconte l’histoire de Camille, seize ans et toute la vie devant elle… jusqu’à cette fièvre soudaine et violente, traitée comme une mauvaise grippe, dont l’adolescente ne se relèvera jamais. Pour la maman, c’est le vide, aussi soudain qu’éternel, impossible à combler… puis le besoin d’écrire, afin de prolonger un peu la présence… et ne pas oublier…

Autant vous prévenir illico, ce témoignage courageux et profondément intime n’est pas agréable à lire. Sophie Daull s’y adresse directement à sa fille, retraçant les quatre jours ayant précédé sa mort, ainsi que les semaines qui ont suivi. Si le récit est poignant au possible, le besoin de régulièrement refermer le livre est également présent, car rien que s’imaginer vivre une telle injustice à travers les mots de l’auteure est déjà trop douloureux.

Les personnages ne sont pas vraiment travaillés, mais ce n’est franchement pas nécessaire car tout parent qui se respecte s’identifie inévitablement à cette mère et ne peut sortir que bouleversé de cette lecture. Même le style n’a plus forcément d’importance lorsque les mots n’existent pas pour décrire ce genre de peine…

« Nous n’avons pas de nom. Nous ne sommes ni veufs, ni orphelins. Il n’existe pas de mot pour désigner celui ou celle qui a perdu son enfant ».

Espé – Le Perroquet

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Glénat, Maladie, One-shots, [DL 2017], [Grand public] with tags , , on 7 juin 2017 by Yvan

Une maman bipolaire !

Espé – Le PerroquetÀ travers cette bande dessinée autofictionnelle, Espé (« Château Bordeaux ») évoque son histoire familiale et plus particulièrement la maladie de sa mère.

Le lecteur suit le quotidien de Bastien, dont la mère souffre de troubles bipolaires avec tendance schizophrénique. Entre les crises d’une rare intensité et les séjours en établissements psychiatriques, dont elle revient souvent à l’état de légume, les moments d’accalmie et de lucidité se font de plus en plus rares. Du haut de ses huit ans, Bastien tente de comprendre et observe la lente descente aux enfers de sa mère à travers son regard d’enfant, plein d’innocence et d’imagination…

C’est à travers de petites tranches de vie indépendantes que l’auteur partage son vécu. Ces courts chapitres de seulement quelques pages reviennent sur des épisodes-clés de la vie de Bastien, restituant avec brio la détresse de toute la famille, du grand-père qui refuse d’accepter la maladie de sa fille au fiston qui se réfugie dans l’imaginaire et transforme sa mère en super-héroïne.

Visuellement, le trait sobre et efficace de l’auteur accompagne ce récit riche en émotions avec beaucoup de pudeur. La colorisation, rouge lors des crises et vert lors des rares instants de bonheur, intensifie encore un peu plus l’ambiance du moment.

Un excellent one-shot que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

Eric-Emmanuel Schmitt – Oscar et la dame rose

Posted in Littérature, Maladie with tags , on 28 février 2017 by Yvan

Une belle leçon de vie !

Eric-Emmanuel Schmitt - Oscar et la dame roseComme ma fille devait lire ce roman pour l’école, je l’ai forcément feuilleté, puis j’ai lu les premières pages et je suis ensuite resté accroché… pour finalement le redéposer tellement ravi de l’avoir lu, que je vais même vous en parler.

Oscar est un petit garçon de dix ans atteint de leucémie, qui n’a plus aucune chance de s’en sortir. Mamie-Rose, une des bénévoles de l’hôpital qui offrent leur temps libre aux petits malades, lui suggère d’écrire quotidiennement à Dieu afin de se sentir mieux…

Vous l’aurez compris, ce roman aborde un sujet cruel, mais parvient néanmoins à le faire sans tomber dans le pathos ou dans l’excès. À travers le regard innocent de ce gamin condamné, Eric-Emmanuel Schmitt aborde des thèmes difficiles, tels que la maladie, la mort, la souffrance, la tristesse, l’espoir, la vie et l’amour, avec grande justesse, mais également avec beaucoup de poésie et d’humour. La correspondance d’Oscar permet également d’évoquer la religion chrétienne, certes avec beaucoup de simplicité, mais surtout avec finesse et pédagogie.

Le lecteur ressort forcément bouleversé d’avoir été obligé d’accepter l’inacceptable, mais également ravi d’avoir passé un moment, les derniers, avec ce petit garçon courageux et souvent drôle, qui nous offre finalement une belle leçon de vie. S’il est impossible de ne pas s’attacher à cet enfant qui écrit à Dieu avec une sincérité touchante, Mamie-Rose ne laisse pas non plus indifférent. Le franc-parler et le style direct de cette ancienne catcheuse professionnelle fait inévitablement mouche, tout en rendant hommage au métier d’infirmière et d’aide-soignante. Respect !

« Oscar et la dame rose » est un roman très court, qui parvient à aborder des questions philosophiques et existentielles profondes avec légèreté et grande justesse. Cela donne donc inévitablement envie de découvrir l’adaptation cinématographique du livre, ainsi que les autres volumes de ce « Cycle de l’invisible » qui traite des différentes religions.

Dans le même genre, je vous invite à découvrir l’excellente bande dessinée « Boule à zéro » de Zidrou.

Takashi Murakami – L’oiseau bleu

Posted in BANDES DESSINÉES, Ki-oon, Maladie, Manga / Manhwa, One-shots, [DL 2015] with tags , on 11 janvier 2016 by Yvan

Lorsque le destin nous arrache des proches !

Takashi Murakami - L’oiseau bleuAprès « Le chien gardien d’étoiles » aux éditions Sarbacane, Takashi Murakami revient avec un nouveau one-shot riche en émotions, proposé au sein de la collection Latitudes des éditions Ki-oon.

Le récit débute par un pique-nique en famille qui vire au drame lors du voyage retour. La voiture sort en effet de la route, abandonnant la maman avec un mari plongé dans le coma et un fils décédé. Le grand-père paternel vit également très mal la perte de son petit-fils et s’enfonce de plus en plus dans sa maladie d’Alzheimer…

Tout en douceur, Takashi Murakami livre trois tranches de vie bouleversantes, marquées par le deuil. Il y a tout d’abord Yuki, qui a non seulement perdu son fils, mais qui doit aussi s’occuper d’un mari prisonnier d’un coma. Il y a ensuite ce grand-père qui, face à la mort de son petit-fils, préfère s’enfoncer dans le brouillard de sa maladie, imposant ainsi à sa femme la lourde tâche de s’occuper de lui. Puis il y a ce plongeon dans le temps, qui remonte à l’époque où le grand-père travaillait en tant que jeune ouvrier dans une aciérie, et où un terrible accident avait abandonné un enfant orphelin…

Au fil des chapitres, les différents récits se rejoignent et l’histoire gagne en profondeur et en intensité dramatique. L’auteur invite à réfléchir sur la difficulté de se séparer d’un être cher, que ce soit à cause d’un décès ou à cause d’une maladie dégénérative. Abordant des thèmes difficiles tels que le deuil, la maladie et la vieillesse, l’auteur livre un récit plein d’humanité et porteur d’une lueur d’espoir malgré des sujets pourtant très tristes. Il profite également de l’occasion pour pointer du doigt le système médical nippon, qui ne sait pas quoi faire des patients plongés dans un état végétatif et qui n’offre pas le soutient nécessaire aux proches de personnes atteintes de maladies dégénératives.

Visuellement, le dessin sert parfaitement ce scénario riche en émotions et le lecteur à même droit à plusieurs pages en couleurs.

Un one-shot poignant qui aborde des sujets difficiles.