Archive pour Maladie

Neil Gaiman et Dave McKean – Signal/bruit

Posted in Au Diable Vauvert, BANDES DESSINÉES, Comics, Maladie, Neil Gaiman, One-shots, [DL 2011], [Sans super-héros] with tags , on 13 février 2015 by Yvan

Un one-shot illustré par l’inimitable Dave McKean !

Neil Gaiman et Dave McKean - Signal/bruitPour une raison inexplicable (et probablement inexcusable), j’étais totalement passé à côté de cet album publié par l’éditeur « Au diable Vauvert ». Depuis la lecture de « Cages », qui est un des meilleurs albums que j’ai eu l’occasion de lire, je suis pourtant grand fan du travail de Dave McKean. Le voir ici associé à Neil Gaiman, avec qui il a notamment déjà travaillé sur l’incontournable « Sandman », me laisse encore plus dubitatif concernant l’origine de cet oubli.

« Signal to noise » est un récit paru en 1992 chez VG Graphics, qui relate les derniers jours d’un cinéaste qui espère achever le scénario de son ultime film avant qu’un cancer ne l’emporte. Après avoir appris qu’il ne lui restait plus que quelques mois à vivre, les pensées de l’homme naviguent entre le sujet de ce film devant aborder la fin hypothétique du monde en 999 après J.C. et la fin de son propre monde…

En proposant de suivre les dernières pensées de ce personnage, Neil Gaiman invite à réfléchir sur la mort, sur la peur et sur les rêves inaboutis. Si ces textes de Neil Gaiman, qui invitent une nouvelle fois à plonger au plus profond de l’âme humaine, valent évidemment le détour, ils font surtout écho aux superbes planches de Dave McKean. Mêlant peintures, dessins, photographies et autres techniques, l’artiste propose une nouvelle fois un voyage visuel de toute beauté et totalement déstabilisant.

Une œuvre incontournable pour tous les fans de ces deux auteurs d’exception !

Fabien Toulmé – Ce n’est pas toi que j’attendais

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Delcourt, Encrages, Franco-Belge, Maladie, One-shots, [Avancé], [DL 2014] with tags , , on 26 novembre 2014 by Yvan

Amour paternel et tolérance !

Fabien Toulmé - Ce n'est pas toi que j'attendaisCe récit autobiographique de Fabien Toulmé est l’histoire de sa deuxième paternité. Ce qui aurait dû être un grand moment de bonheur tourne cependant au cauchemar pour ce père qui s’attendait à tout, sauf à une petite trisomique. Même si au final, il sera évidemment content qu’elle soit venue, ce n’est pas elle qu’il attendait…

Pour son premier one-shot Fabien Toulmé se met immédiatement à nu en racontant avec pudeur, délicatesse, sincérité et grande justesse la montagne russe de sentiments qu’il a traversé du rejet de ce bébé handicapé à l’amour inconditionnel envers cette attachante petite fille. Partageant les faiblesses et les doutes de ce jeune papa, ce témoignage intime fait non seulement preuve de grand courage, mais se révèle surtout très humain. Si certains propos, tel le titre, sont d’une dureté incroyable, l’histoire se termine heureusement sur un happy-end et le tout est servi avec une bonne dose d’humour et d’autodérision.

« Ce n’est pas toi que j’attendais » raconte donc le parcours d’un homme qui doit apprendre à aimer sa fille. Tout commence par l’angoisse des échographies, puis le déni du verdict et le rejet de cet être qu’il s’avère incapable d’aimer, dont il souhaite même initialement la mort et qu’il sera incapable de prendre dans ses bras. Si la maman de Julia et sa grande sœur ont visiblement moins de mal à accepter l’handicap, le chemin parcouru par l’auteur est beaucoup plus long et douloureux, mais l’emmènera également vers l’acceptation et le bonheur. Visuellement, les dessins et la colorisation aux teintes variantes permettent d’accompagner ce cheminement en douceur.

Bref, un excellent ouvrage sur les préjugés et sur la tolérance et une conclusion qui rassure : L’amour envers son enfant va au-delà de toute différence et de n’importe quel handicap ! Longue vie à toi Julia !

Ils en parlent également : Jérôme, Noukette

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Damien Marie et Laurent Bonneau – Ceux qui me restent

Posted in Bamboo, BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Damien Marie, Franco-Belge, Maladie, One-shots, [DL 2014], [Grand public] with tags , , on 10 septembre 2014 by Yvan

Plongée réussie dans les méandres de la mémoire…

Damien Marie et Laurent Bonneau - Ceux qui me restentCela fait longtemps que je suis fan du travail de Damien Marie (Welcome to Hope, La cuisine du diable, Dans mes veines, Back to Perdition)… et cet ouvrage est encore meilleur que les précédents.

Pourtant, en s’attaquant à la maladie d’Alzheimer, l’auteur abordait un sujet particulièrement compliqué à mettre en scène. Dès les premières pages, il invite le lecteur à s’immiscer dans les souvenirs imprécis d’un père… une mémoire tronquée dont une seule certitude semble émerger du brouillard : il a un jour perdu sa fille ! Etait-ce sur le pont de ce bateau qu’il l’a égarée à l’âge de cinq ans ou était-ce plus tard ?

Si l’histoire de Florent n’a rien d’original, celle-ci est cependant racontée avec une maîtrise et une justesse incroyable. Rythmé par le ballet non-linéaire d’images qui se bousculent dans la tête de cet homme dont la mort est inéluctablement précédée par celle des souvenirs, le récit parvient à retranscrire avec grand brio le chaos qui règne dans l’esprit de cet homme dont le passé s’efface de manière irréversible. En accompagnant deux êtres qui se sont perdus dans la vraie vie avant de se perdre dans celle des souvenirs rongés par la maladie, l’auteur parvient non seulement à tenir en haleine un lecteur en quête de réponses, mais il parvient surtout à restituer l’émotion et la détresse qui accompagne l’errance de cet esprit étouffé par trop de zones d’ombre.

Visuellement, le dessin de Laurent Bonneau (Metropolitan) accompagne avec maestria ce voyage aux confins de la mémoire. La sobriété du trait et la colorisation à l’aide d’aplats monochromes s’installent très vite au diapason de ce one-shot qui met en scène l’oubli. Les décors semblent ainsi s’effacer, tout comme la mémoire, abandonnant le lecteur dans le flou et ne laissant émerger que quelques souvenirs plus précis, comme ce ciré jaune que portait Lillie quand il l’a perdue de vue…

Vous l’aurez compris, ce récit qui aborde la maladie d’Alzheimer avec grande justesse ne risque donc pas de finir aux oubliettes…

Retrouvez le d’ailleurs dans mon Top de mois, ainsi que dans mon Top de l’année !

Ils en parlent également: Marion, Noukette, Cynthia, Jérôme, Yaneck, Livresse des mots

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Gipi – Vois comme ton ombre s’allonge

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Franco-Belge, Futuropolis, Gipi, Guerre, Maladie, One-shots, [Avancé], [DL 2014] with tags , , , on 29 janvier 2014 by Yvan

Plongeon dans la tête d’un écrivain schizophrène.

Gipi - Vois comme ton ombre s'allongeCinq ans après avoir mal dessiné sa vie, Gipi (Ma vie mal dessinée, S., Notes pour une histoire de guerre) plonge dans la tête d’un écrivain devenu schizophrène.

Après un malaise sur une plage, Silvano Landi est interné en hôpital psychiatrique. Dans sa tête, les souvenirs se bousculent et resurgissent sous forme de dessins sans lien apparent. Les images d’une station service où sa femme l’a quitté s’entremêlent ainsi à celles d’un arbre mort planté au beau milieu d’un champ de bataille où son aïeul a combattu pendant la Grande Guerre.

Tout comme le personnage central de l’album, le lecteur se retrouve perdu entre ces fragments de mémoire qui ne respectent en rien la chronologie. Cette narration non-linéaire combinée à des transitions déroutantes et des dialogues décousus oblige le lecteur à faire lui-même le tri dans les pensées de l’écrivain et à reconstruire le puzzle incomplet de cet homme dont l’identité est broyée par la maladie. Au fil des pages, les morceaux finissent par s’emboîter, permettant de deviner une partie de l’existence de cet écrivain perdu dans un monde dont personne ne détient malheureusement la clé.

Si la confusion accompagne volontairement le scénario, le graphisme accompagne à merveille les troubles de cet esprit malade. Passant d’un dessin en noir et blanc qui se contente d’esquisser le présent de l’hôpital psychiatrique à de superbes aquarelles pour revenir sur les souvenirs et les obsessions du personnage, Gipi propose une mise en images à tomber par terre.

Un album intriguant, déstabilisant, voire frustrant, qui met en images la folie de manière poétique, mystérieuse et esthétique, comme seuls les grands auteurs sont capables de le faire.

Un coup de cœur que vous retrouverez également dans mon Top de l’année.

Ils en parlent également : Yaneck, Cristie

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Zidrou et Roger – Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre qui donc lui reprisait ses chaussettes ?

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Dargaud, Franco-Belge, One-shots, Zidrou, [DL 2013], [Grand public] with tags , , on 2 octobre 2013 by Yvan

Une super-héroïne de 72 ans !

Zidrou et Roger - Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre qui donc lui reprisait ses chaussettes ?Derrière ce titre à rallonge qui titille inévitablement la curiosité sans forcément inciter à la lecture, se cache l’histoire d’une mère âgée de 72 ans qui s’occupe quotidiennement de son fils handicapé de 43 ans.

Au fil des pages, Zidrou (et oui, encore lui !) lève progressivement le voile sur l’univers de Catherine et Michel. Par petites touches, il invite le lecteur dans l’intimité de cette relation débordante de complicité. À travers des habitudes routinières, il dévoile petit-à-petit l’origine du handicap, mais surtout ses conséquences sur l’entourage du fiston. Non sans humour, il raconte le quotidien souvent difficile de cette maman qui sacrifie tout pour son fils handicapé.

Si l’auteur varie les genres avec succès et avec une facilité déconcertante, en mettant en avant le courage d’une maman face à la maladie, il propose ici un récit super-héroïque ayant pour héros les gens qui affrontent quotidiennement les difficultés de la vie par amour pour leurs proches. Rendant hommage à ceux qui se battent dans l’ombre et s’attardant sur les joies et peines de leur quotidien, il livre une tranche de vie sensible, émouvante et parfois même drôle.

Multipliant les non-dits et les cases qui se passent volontiers de texte, Roger insuffle également beaucoup de tendresse et de justesse au récit. D’un trait délicat, le dessinateur de Jazz Maynard accompagne avec brio cette nouvelle perle signée Zidrou.

Retrouvez d’ailleurs ce one-shot dans mon Top de l’année !

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Daniel Pennac et Manu Larcenet – Journal d’un corps

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Franco-Belge, Futuropolis, Littérature, Maladie, Manu Larcenet, One-shots, [DL 2013], [Sélectif] with tags , , , on 29 mai 2013 by Yvan

La vie d’un homme à travers son corps

Daniel Pennac et Manu Larcenet - Journal d’un corpsCe « Journal d’un corps » emmène le lecteur en terrain connu car le personnage central est un corps. C’est suite à une grosse frayeur, qui l’a poussé à se faire dessus lors d’un camp scout, que le propriétaire anonyme de ce corps décide de coucher sur papier les surprises que lui réserve l’organisme. Devenu haut fonctionnaire à la retraite, il expédiera son journal post mortem à sa fille Lison. De treize à quatre-vingt-sept ans, de sa tendre enfance jusqu’à la mort, il tentera de comprendre et d’apprivoiser son corps.

L’épopée de ce corps n’épargne pas grand-chose au lecteur. De la varicelle au cancer, en passant par les polypes, la libido, les acouphènes, les flatulences, les bâillements, le vomi, les érections, la prostate, les caries, les crottes de nez et les cors au pied, le fonctionnement et les dysfonctionnements de ce corps permettent d’aborder la vie de cet homme de 1936 à 2010. Par le biais d’un corps, le lecteur partage le vécu du narrateur, de la puberté à la tombe. On aurait d’ailleurs aimé en apprendre plus sur la vie de cet homme, mais, malgré quelques digressions plus proches de l’âme que du corps, l’auteur a fait de son mieux pour s’en tenir au cahier des charges initial en se concentrant principalement sur les manifestations de son organisme.

« Ce soir, merde molle et collante. Deux chasses d’eau ne suffisent pas à décoller les chiures sur la céramique ni à effacer les traces brunes au fond de la cuvette. »

Profitant de la totalement liberté laissée par Daniel Pennac, Manu Larcenet ne se contente pas d’illustrer le roman de l’auteur, mais préfère partager ses perceptions et ses sentiments ressentis lors de la lecture. Le dessinateur choisit donc les passages qui l’ont touché dans le texte et les illustre parfois de manière littérale, parfois de manière amusante, mais toujours avec grande justesse.

Ils en parlent également : Mo’, PaKa

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Zidrou et Serge Ernst – Boule à zéro

Posted in Bamboo, BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Franco-Belge, Maladie, Séries, Zidrou, [DL 2012], [En cours], [Grand public] with tags , , on 14 novembre 2012 by Yvan

L’univers des enfants hospitalisés par Zidrou et Ernst !

Zidrou et Serge Ernst - Boule à zéro« Boule à zéro » invite à suivre les pas de Zita Sayyah, une jeune fille de treize ans qui vit depuis près de neuf ans dans la chambre 612 de l’hôpital Le Goff. La petite patiente d’origine marocaine est le boute-en-train du service et son côté espiègle séduit dès les premières planches. L’univers de celle que l’on surnomme « Boule à zéro » depuis que les nombreuses séances de chimiothérapie ont eu raison de sa chevelure, n’a pourtant rien de réjouissant. Ses conversations avec Madame ou Monsieur La Mort et ses pannes de cœur sont d’ailleurs là pour nous le rappeler.

Les auteurs ont néanmoins choisi de ne pas sombres dans le pathos en nous invitant à venir fêter le treizième anniversaire de la petite. C’est dans cette ambiance déjà plus festive que le lecteur découvre une galerie de personnages délicieusement attachants. De la complicité des membres du personnel soignant aux surnoms amusants des autres malades (Wilfrite le grand brûlé, Puzzle pour la fille aux os brisés, Supermalade, 90% coton, …), tout est fait pour que le lecteur se sente un peu plus à l’aise dans un environnement qu’il imaginait probablement moins accueillant.

La qualité principale de cet album est donc d’avoir su aborder un sujet grave et délicat avec énormément de justesse, mais surtout avec beaucoup de tendresse et d’humour. En optant pour le rire comme exécutoire à cet environnement difficile, les auteurs évitent donc de tomber dans le larmoyant et proposent une bande dessinée pleine d’humanité et de sensibilité, sans pour autant tourner le dos à la réalité. En dédiant cet album à toutes les Marine du monde, Serge Ernst se souvient de la fille d’un ami qui a gagné son combat contre un cancer du rein et démontre que ce projet lui tient à cœur. En donnant vie à des personnages aussi expressifs qu’attachants et en proposant un graphisme qui met l’accent sur le regard optimiste et enfantin des patients, tout en tournant le dos à l’aspect lugubre de l’endroit, il livre un bien bel album et un superbe témoignage qui comblera petits et grands.

Du coup, j’ajoute Zidrou à la liste de mes auteurs préférés !

Ils en parlent également: Yaneck, David

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