Archive pour Manga

Taiyou Matsumoto – Sunny (Tome 4)

Posted in BANDES DESSINÉES, Kana, Manga / Manhwa, Séries, Taiyou Matsumoto, [DL 2015], [En cours] with tags , on 14 décembre 2015 by Yvan

L’espoir de quitter un jour l’orphelinat !

Taiyou Matsumoto - Sunny (Tome 4)Pour cette saga prévue en six tomes, Taiyou Matsumoto puise dans ses souvenirs d’enfance, en orphelinat, afin de relater le quotidien d’un centre pour enfants forcés de grandir sans parents. L’auteur d’Amer béton et de Ping Pong emmène le lecteur dans les années 1970 afin d’y faire la connaissance des membres de ce foyer situé en pleine campagne, qui accueille des jeunes qui ne peuvent plus être élevés par leur famille. Si Haruo, Sei, Junsuke, Shôsuke, Kenji, Kiiko, Taro, Megumu et les autres ont des raisons diverses pour expliquer leur présence à l’orphelinat – une mère malade, un père alcoolique, …., – ils partagent cependant tous le sentiment d’avoir été abandonnés. Heureusement, perdue au fond d’un terrain vague, l’épave d’une vieille voiture permet aux jeunes de s’évader de cette réalité pesante. Une fois installés à bord de la vieille « Sunny », ils peuvent laisser libre cours à leur imagination et aller là où leurs rêves décident de les emmener… pourquoi pas à la maison…

Chaque chapitre se concentre sur l’un des gamins, sur leur tristesse et sur ce besoin d’amour que le lecteur voudrait tant combler au fur et à mesure qu’il s’attache à ces rejetons. Délicatement, par petites touches, l’auteur brosse le portrait d’une galerie de personnages marqués par ce délaissement. Un pot de Nivea qui fait penser à l’odeur maternelle, un trèfle à quatre feuilles qui pourrait accélérer le rétablissement d’une mère hospitalisé, des nuages que l’on observe en surveillant la boîte aux lettres de près… tant de petits détails parsemés au fil des chapitres, qui permettent de saisir les sentiments de ces gosses en manque d’affection. Empli de tristesse et de mélancolie, le récit se veut également positif. Ne cherchant pas à uniquement dépeindre la noirceur, Taiyou Matsumoto laisse suffisamment de place à la lumière et à l’espoir. Même dans un orphelinat, la vie réserve de beaux moments et vaut la peine d’être vécue…

Après un troisième volet qui se concentrait un peu plus sur les adultes du foyer Hoshi no ko, celui-ci place de nouveau les jeunes orphelins sur le devant de la scène, en se focalisant sur leur espoir de quitter un jour le centre en retournant chez leurs parents. Après avoir découvert la mère d’Haruo, le lecteur fait maintenant la connaissance de son père, ce qui permet d’encore mieux cerner le personnage d’Haruo, que je trouve personnellement le plus intéressant de la saga. Puis, il y a Asako, qui apprend que ses parents divorcent. Il y a aussi le récit particulièrement touchant de la pauvre Kiiko, qui croît pouvoir quitter définitivement le foyer, offrant même sa poupée préférée à sa copine… mais rien ne semble vraiment stable dans la destinée de ses enfants abandonnées. Mais tout n’est pas toujours sombre puisqu’il y a également le petit Sei, qui a régulièrement rendez-vous avec une fille de sa classe… qui habite dans une vraie famille, dans sa propre maison… ah que Taiyou Matsumoto est doué pour relater les sentiments de ces jeunes orphelins… mêlant habilement mélancolie et joie… souvent éphémère.

Outre le savoir-faire au niveau de la caractérisation des protagonistes, il faut également souligner le style personnel et immédiatement identifiable du dessin du mangaka, qui croque une nouvelle fois ses différents personnages avec grande affection. Ponctué de quelques planches en couleur somptueuses, la mise en images experte de Taiyou Matsumoto (Printemps bleu, Amer béton, Frères du Japon, Ping Pong, Number 5, Gogo Monster) accentue le réalisme de cette chronique douce-amère profondément humaine et touchante de sincérité et d’authenticité.

Une série incontournable !

Eiji Otsuka et Kamui Fujiwara – Unlucky Young Men

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Ki-oon, Manga / Manhwa, [Angoulême 2016], [DL 2015] with tags , on 13 novembre 2015 by Yvan

La révolution nippone de 68 !

Eiji Otsuka et Kamui Fujiwara - Unlucky Young MenEtant assez fan des séries courtes éditées par les éditions Ki-oon (Prophecy, Duds Hunt, Goggles, Green Blood, Manhole) et ayant apprécié le travail d’ Eiji Otsuka sur « M.P.D. Psycho », je n’ai pas longtemps hésité à me procurer cette saga imaginée par Eiji Otsuka et dessinée par Kamui Fujiwara.

« Unlucky Young Men » plonge le lecteur dans le Japon de la fin des années 60 et invite à suivre une jeunesse désabusée, qui a de plus en plus souvent recours à la violence pour marquer son désaccord. Dans le Tokyo de 1968, les révoltes estudiantines et les actes terroristes ont en effet tendance à se multiplier et c’est dans cette société en pleine mutation, qui se remet à peine de la Seconde Guerre Mondiale, que les jeunes rêvent de liberté, de richesse et des États-Unis… comme N., le personnage principal.

C’est dans cette ambiance tendue que les auteurs déroulent des tranches de vie qui s’entremêlent au fil des pages. Eiji Otsuka s’est d’ailleurs inspiré de personnes réelles pour ses personnages principaux. T. n’est autre que Takeshi Kitano, le célèbre cinéaste, N. est le tueur en série Norio Nagayama, Yoko est la révolutionnaire communiste et présidente de l’Armée Rouge Unie Hiroko Nagata, tandis que M. n’est autre que l’écrivain Yukio Mishima. Eiji Otsuka se sert habilement de ses personnages afin de livrer une chronique sociale sur fond historique. En intégrant un vol de 330 millions de yens, commis le 10 décembre 1968, à son intrigue, l’auteur flirte également avec le polar et livre un premier volet surprenant et d’une grande richesse.

Si j’aurais aimé quelques explications supplémentaires (sous forme de bonus) concernant le contexte historique et les personnages dont les auteurs s’inspirent, afin de mieux apprécier la richesse du scénario, j’ai par contre été totalement séduit par le graphisme de Kamui Fujiwara. À l’aide d’un style très réaliste, le mangaka distille une ambiance sombre et pessimiste qui colle à merveille au scénario.

Une belle surprise !

Taiyou Matsumoto – Sunny (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Kana, Manga / Manhwa, Séries, Taiyou Matsumoto, [DL 2015], [En cours] with tags , on 9 novembre 2015 by Yvan

Quel futur pour ces orphelins ?

Taiyou Matsumoto - Sunny (Tome 3)Pour cette saga prévue en six tomes, Taiyou Matsumoto puise dans ses souvenirs d’enfance, en orphelinat, pour relater le quotidien d’un centre pour enfants forcés de grandir sans parents. L’auteur d’Amer béton et de Ping Pong emmène le lecteur dans les années 1970 afin d’y faire la connaissance des membres de ce foyer situé en pleine campagne, qui accueille des jeunes qui ne peuvent plus être élevés par leur famille. Si Haruo, Sei, Junsuke, Shôsuke, Kenji, Kiiko, Taro, Megumu et les autres ont des raisons diverses pour expliquer leur présence à l’orphelinat (une mère malade, un père alcoolique, …), ils partagent cependant tous le sentiment d’avoir été abandonnés. Heureusement, perdue au fond d’un terrain vague, l’épave d’une vieille voiture permet aux jeunes de s’évader de cette réalité pesante. Une fois installés à bord de la vieille « Sunny », ils peuvent laisser libre cours à leur imagination et aller là où leurs rêves décident de les emmener… pourquoi pas à la maison…

Chaque chapitre se concentre sur l’un des gamins, sur leur tristesse et sur ce besoin d’amour que le lecteur voudrait tant combler au fur et à mesure qu’il s’attache à ces rejetons. Délicatement, par petites touches, l’auteur brosse le portrait d’une galerie de personnages marqués par ce délaissement. Un pot de Nivea qui fait penser à l’odeur maternelle, un trèfle à quatre feuilles qui pourrait accélérer le rétablissement d’une mère hospitalisé, un réveil matin qui rappelle des jours meilleurs, une tasse de thé qui… tant de petits détails parsemés au fil des chapitres, qui permettent de saisir les sentiments de ces gosses en manque d’affection. Empli de tristesse et de mélancolie, le récit se veut également positif. Ne cherchant pas à uniquement dépeindre la noirceur, Taiyou Matsumoto laisse suffisamment de place à la lumière et à l’espoir. Même dans un orphelinat, la vie réserve de beaux moments et vaut la peine d’être vécue…

Ce troisième volet qui se concentre un peu plus sur les adultes du foyer Hoshi no ko, s’intéresse également aux perspectives d’avenir des jeunes orphelins. Le lecteur découvre ainsi ce qu’est devenu l’un des anciens « bad boy » du centre. Puis, il y a Haruo qui se lie d’amitié avec une équipe de télévision venue tourner un reportage sur le foyer. S’il s’imagine un futur en tant qu’acteur, il cherche également une famille de substitution au sein de cette équipe de tournage… toujours afin de combler ce manque et ce délaissement. D’ailleurs, lorsqu’il voit un enclos de cochons privés de liberté et sans aucune perspective d’avenir, Haruo ne peut s’empêcher de les libérer. Il y a finalement Megumu qui est invitée dans la demeure de son amie Rie et qui y découvre toute la chaleur d’un véritable foyer… ah que Taiyou Matsumoto est doué pour relater les sentiments de ces jeunes orphelins…

Outre le savoir-faire au niveau de la caractérisation des protagonistes, il faut également souligner le style personnel et immédiatement identifiable du dessin du mangaka, qui croque une nouvelle fois ses différents personnages avec grande affection. Ponctué de quelques planches en couleur somptueuses, la mise en images experte de Taiyou Matsumoto (Printemps bleu, Amer béton, Frères du Japon, Ping Pong, Number 5, Gogo Monster) accentue le réalisme de cette chronique douce-amère profondément humaine et touchante de sincérité et d’authenticité.

Une série incontournable !

Inio Asano – La fille de la plage (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Imho, Manga / Manhwa, [DL 2015] with tags , on 30 octobre 2015 by Yvan

Le sexe comme exutoire !

Inio Asano - La fille de la plage (Tome 2)Voici donc la suite et fin de ce diptyque dérangeant imaginé par l’inimitable Inio Asano, l’auteur de Bonne nuit Punpun, « Un monde formidable », « Le Quartier de la lumière », Solanin, La fin du monde, avant le lever du jour et l’excellent Le champ de l’arc-en-ciel.

Pour rappel, « La fille de la plage » se déroule à Sannaka, une petite ville au bord de mer et invite à suivre les expériences sexuelles en tout genre de deux adolescents paumés. Il y a tout d’abord la fille, Koume Sato, qui, sortant d’une grosse déception amoureuse, se rabat sur Kosuke Isobe, un copain de classe solitaire et mal intégré, qui est amoureux d’elle depuis deux ans. Lui, souffre de la perte de son grand frère et de l’absence répétée de parents absorbés par leur boulot et trouve dans cette relation construite sur l’amertume un moyen de combler ce vide… surtout que dans cette petite ville portuaire trop calme, il est bien difficile de tromper l’ennui.

En fin de tome précédent, les rôles semblaient néanmoins s’être inversés. Au fil des mois, Sato finit en effet par éprouver des sentiments pour Isobe, tandis que ce dernier commence à rechercher un autre exutoire à ses frustrations. Au début de ce deuxième volet, les deux « sexfriends » se sont un peu perdus de vue et retentent de combler le vide de leur quotidien, chacun de leur côté. Mais quoi qu’ils tentent, leurs blessures ne disparaissent pas pour autant et, à défaut de mieux, ils reprennent leur relation sexuelle…

Le sexe proposé par Inio Asano n’est évidemment pas gratuit, mais traduit le mal-être profond de deux adolescents en quête de soi, qui trouvent dans ces expériences charnelles un exutoire à leurs frustrations et à leur mal de vivre. S’ils n’ont aucun mal à repousser les limites de leurs actes sexuels, ils sont cependant incapables d’exprimer leurs sentiments respectifs. Elle n’arrive pas à lui dire ce qu’elle ressent, tandis que lui recherche un autre exutoire à ses frustrations et pense également au suicide… et tout le sexe du monde ne parviendra bien évidemment pas à les rapprocher l’un de l’autre. L’accumulation de non-dits au sein de leur relation fait d’ailleurs craindre le pire au fil des pages…

En mettant à nu les actes sexuels de ses protagonistes, sans aucune forme de romantisme, Inio Asano livre une œuvre dérangeante, presque malsaine et déprimante. L’auteur dépeint à nouveau avec brio le désenchantement, la solitude et le mal-être de ces jeunes nippons et souligne leur incapacité à échapper à l’ennui et à l’absurdité de leur existence, peu importe le nombre de limites et de tabous qu’ils transgressent. Leurs ébats sexuels leur donnent peut-être l’impression d’exister et de vivre, mais ce « bonheur » n’est qu’illusoire et faux et ne modifie aucunement la réalité de leur quotidien. Si le pessimisme est de nouveau au rendez-vous de cette œuvre, l’auteur donne néanmoins l’impression de vouloir terminer sur une note légèrement positive… comme si, malgré les amours gâchées et les douleurs, la vie poursuivait son chemin avec, qui sait, une petite lueur d’espoir tout au bout…

Visuellement, on reconnaît directement le style caractéristique du mangaka. En optant pour un décor portuaire, Inio Asano semble vouloir installer une ambiance calme et mélancolique, presque poétique. En y superposant les paroles crues des deux jeunes, ainsi que des dessins sexuellement explicites, le contraste est encore plus grand. Il est d’ailleurs fort probable que cette œuvre en choquera plus d’un…

Un excellent diptyque que vous pouvez retrouver dans mon Top manga de l’année !

Balak, Bastien Vivès et Michaël Sanlaville – Lastman (Tome 7)

Posted in BANDES DESSINÉES, Bastien Vivès, Casterman, Franco-Belge, KSTR, Séries, [DL 2015], [En cours], [Grand public] with tags , on 9 octobre 2015 by Yvan

C’est parti pour une deuxième saison !

Balak, Bastien Vivès et Michaël Sanlaville - Lastman (Tome 7)Ce septième volet démarre le second cycle de ce « manga à la française » signé Yves « Balak » Bigerei, Bastien Vivès et Michaël Sanlaville et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’est fait attendre. Et oui, le lecteur s’était habitué au rythme de production de fou que les auteurs s’étaient imposés avec six tomes en deux ans, à raison de vingt pages par semaine. Alors, quand ils nous terminent le premier cycle sur un cliffhanger de malade et qu’après il faut attendre la suite durant près de dix mois, ben ça fait mal…

Bon, petit rappel pour ceux qui auraient déjà oublié comment s’était terminé le tome précédent (et gros spoiler pour les autres) : Richard Aldana s’était fait arrêté, le petit Adrien était balancé dans le vide et sa mère, la jolie et irremplaçable boulangère Marianne, était tuée par Chester Morgan, le général de la Garde Royale. Non, mais je vous jure, nous faire ça à nous, fidèles lecteurs !

Ce deuxième cycle effectue comme prévu un saut temporel d’une dizaine d’années et le lecteur retrouve donc la Vallée des Rois solidement modifiée après une décennie de règne de la part des militaires. Si on notera la construction d’une gigantesque muraille à la frontière du rift, ce nouveau cycle est surtout marqué par l’évasion de Richard Aldana. Avec l’aide de maître Jansen et de Sakova, le garçon est bien décidé à retrouver la trace d’Adrien… même s’il devra dorénavant faire face à une adversaire redoutable en la personne d’Elorna…

Cette dernière orne en effet la couverture de ce septième opus et a donc la lourde tâche de tenter de faire oublier la belle Marianne qu’on aimait tant… snif. Ce début de tome a d’ailleurs un peu de mal à démarrer sans Marianne et Adrien. On retrouve certes immédiatement Richard Aldana, mais Elorna, l’ancienne amie d’enfance d’Adrien, met un peu plus de temps à s’imposer. Heureusement, le personnage de maître Jansen fonctionne à merveille et les répliques sanglantes entre Richard et Sakova suffisent au bonheur du lecteur. Si ce savant mélange d’action et d’humour fait à nouveau mouche, il faut néanmoins attendre l’arrivée des personnages dans la ville décadente de Nillipolis pour que le récit décolle vraiment.

Visuellement, le dessin continue d’aller à l’essentiel sans s’attarder inutilement dans les détails et démontre une nouvelle fois tout le savoir-faire du trio au niveau de la narration et de la mise en scène.

Un début de cycle particulièrement prometteur.

Kyouichi Nanatsuki et Yang Kyung-Il – Area D – Le territoire des mutants, Le navire des condamnés

Posted in Manga, Pika Editions, Séries, [DL 2014], [En cours] with tags on 3 octobre 2015 by Yvan

Une île-prison pour mutants !

Kyouichi Nanatsuki et Yang Kyung-Il - Area D - Le territoire des mutants, Le navire des condamnésSuite aux nombreux avis élogieux concernant cette saga écrite par Kyouichi Nanatsuki (The Arms Peddler) et dessinée par l’illustrateur coréen Yang Kyung-Il, j’ai donc attaqué ce premier tome d’Area D.

Le récit invite à suivre des mutants surnommés « Les Altered » que le gouvernement transporte vers l’île D, une prison dont personne n’est jamais revenu. Suite à un étrange phénomène d’ampleur planétaire, survenu il y a une douzaine d’années, de nombreux individus ont en effet développé des capacités surhumaines et les autorités ont décidé de les isoler sur une île où règne visiblement la loi du plus fort.

Rien de vraiment novateur au niveau du scénario donc, mais cela fonctionne tout de même plutôt bien. Le lecteur a droit à un mélange de X-Men et de survival en milieu hostile. Le premier volet de ce huis-clos carcéral invite à suivre le transfert des prisonniers vers cette île et sert surtout à la mise en place du contexte général et à la présentation des différents protagonistes. Ce tome d’introduction est néanmoins déjà fort porté sur l’action et donne envie de connaître la suite, surtout que le casting et les différents pouvoirs semblent assez prometteur pour la suite.

Visuellement, Yang Kyung-Il livre un dessin soigné et particulièrement dynamique. Son travail au niveau du character-design est remarquable et le dessinateur s’amuse visiblement beaucoup en mettant les différents pouvoirs en images.

Bref, une saga qui s’annonce effectivement très prometteuse.

Inio Asano – La fille de la plage

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Imho, Manga / Manhwa, [Angoulême 2016], [DL 2014] with tags , on 14 septembre 2015 by Yvan

Le sexe comme exutoire !

Inio Asano - La fille de la plageJe lis beaucoup moins de manga qu’avant, mais quand Inio Asano, l’auteur de Bonne nuit Punpun, « Un monde formidable », « Le Quartier de la lumière », Solanin, La fin du monde, avant le lever du jour et l’excellent Le champ de l’arc-en-ciel, sort une saga en deux tomes, je n’hésite pas trop longtemps à m’y attaquer.

« La fille de la plage » se déroule à Sannaka, une petite ville au bord de mer (jusque-là, rien de surprenant) et invite à suivre les expériences sexuelles en tout genre de deux adolescents paumés (Là, ça surprend déjà plus). Il y a tout d’abord la fille, Koume Sato, qui sort d’une grosse déception amoureuse. Rejetée par Misaki après qu’il ait abusé d’elle, elle se rabat sur Kosuke Isobe, un copain de classe solitaire et mal intégré, qui est amoureux d’elle depuis deux ans. Lui, d’abord frustré de cet amour à sens unique et fâché d’avoir servi de jouet sexuel, décide finalement d’accepter cette relation purement sexuelle en espérant qu’elle finira par tomber amoureuse de lui…

Le sexe proposé par Inio Asano n’est évidemment pas gratuit, mais traduit le mal-être profond de deux adolescents en quête de soi, qui trouvent dans ces expériences charnelles un exutoire à leurs frustrations et à leur mal de vivre. Elle, souffre visiblement d’avoir été rejetée par le playboy du lycée et, à défaut de pouvoir décrocher le gros lot aux yeux de ses copines, elle entame une relation secrète avec celui que tous considèrent comme un tocard. Lui, souffre de la perte de son grand frère et de l’absence répétée de parents absorbés par leur boulot et trouve dans cette relation construite sur l’amertume un moyen de combler ce vide… surtout que dans cette petite ville portuaire trop calme, il est bien difficile de tromper l’ennui.

En mettant à nu les actes sexuels de ses protagonistes, sans aucune forme de romantisme, Inio Asano livre une œuvre dérangeante, presque malsaine et déprimante. Le lecteur met également du temps à comprendre les actes des deux adolescents et tout porte à croire que l’expression de leur mal-être ira encore crescendo lors du tome suivant. Au fil des mois, Sato semble en effet finir par éprouver des sentiments pour Isobe, tandis que ce dernier commence à rechercher un autre exutoire à ses frustrations…

Visuellement, on reconnaît directement le style caractéristique du mangaka. En optant pour un décor portuaire, Inio Asano semble vouloir installer une ambiance calme et mélancolique, presque poétique. En y superposant les paroles crues des deux jeunes, ainsi que des dessins sexuellement explicites, le contraste est encore plus grand. Il est d’ailleurs fort probable que cette œuvre en choquera plus d’un…

Personnellement, je vais me dépêcher d’aller lire le deuxième et dernier tome de cette excellente saga !