Archives de Shoah

Pat Perna et Fabien Bédouel – Kersten, Médecin d’Himmler

Posted in BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, Glénat, Guerre, [DL 2015], [Grand public] with tags , , , on 20 janvier 2015 by Yvan

L’histoire d’un héros oublié !

Pat Perna et Fabien Bédouel - Kersten, Médecin d'HimmlerSi vous avez aimé l’histoire de Joseph Joanovici dans l’excellent « Il était une fois en France » de Fabien Nury, vous devriez apprécier le premier volet de ce diptyque historique qui s’intéresse aux exploits du médecin estonien Felix Kersten durant la Seconde Guerre Mondiale.

Pat Perna s’intéresse en effet à un personnage complexe et fascinant, que l’Histoire semble avoir oublié. Devenu le médecin attitré du Reichsführer Heinrich Himmler, dont il est le seul à pouvoir calmer les douleurs d’estomac, Kersten va profiter de cette complicité pour faire sa part de résistance et sauver de nombreuses vies. Ce jeu d’influences s’avère cependant particulièrement périlleux car il se retrouve très vite dans le collimateur du chef de la Gestapo Heydrich, qui voit d’un très mauvais œil le lien qui s’installe entre Kersten et Himmler.

La narration, qui multiplie les aller-retours entre deux époques, s’avère très efficace. L’auteur décrit d’une part le quotidien et le double jeu dangereux du docteur au côté d’Himmler, mais revient également en parallèle sur le refus des autorités suédoises de lui accorder la nationalité à la fin du conflit, l’accusant même d’avoir soigné l’un des pires bourreaux de l’Histoire.

Ce thriller psychologique mâtiné d’espionnage est non seulement captivant, mais également superbement mis en images par le talentueux dessinateur de « L’or et le sang ». Proposant un trait fin et un style réaliste, Fabien Bédouel restitue à merveille l’ambiance oppressante de l’époque et livre des personnages hauts en couleurs.

Retrouvez ce premier coup de cœur de l’année dans mon Top BD de l’année !

Jacques Tardi – Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB, Mon retour en France

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Casterman, Franco-Belge, Guerre, Trilogies, [Avancé], [DL 2014] with tags , , , on 31 décembre 2014 by Yvan

La marche interminable de prisonnier à travers une Allemagne en déroute !

Jacques Tardi - Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB, Mon retour en FranceAprès avoir multiplié les ouvrages sur la Der des Ders, Jacques Tardi se penche pour la première fois sur la Seconde Guerre Mondiale. À l’origine de cette saga, il y a trois cahiers d’écolier datant des années 80, minutieusement remplis par René Tardi à la demande de son fils. C’est sur base de ces souvenirs écrits, ponctués de petits croquis pour mieux visualiser les choses, que l’auteur revient sur les évènements que son père a vécus pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Après un premier tome qui revenait sur les cinq années de captivité du sergent-chef René Tardi dans un camp de prisonniers : le Stalag II B, au nord de l’Allemagne en Poméranie, Jacques Tardi raconte le retour au pays de son père. L’avancée menaçante des Russes à l’Est incite les Allemands à évacuer les prisonniers du Stalag IIB. Le 29 janvier 1945 marque ainsi le début d’une longue marche forcée à travers un IIIème Reich qui s’écroule. Cet album raconte le long chemin de croix de prisonniers errant en colonne à travers un pays qui s’effondre. À travers des villages dévastés et sous des températures glaciales, René Tardi et ses compagnons d’infortune vont tenter de survivre, avec l’espoir de pouvoir un jour regagner leur liberté et leur patrie.

La narration de ces mois d’errance a inévitablement quelque chose de monotone. Les jours se suivent et se ressemblent : le froid, la faim, la fatigue, la cruauté de gardiens de plus en plus nerveux, une colonne qui enfile les kilomètres de marche avec peine et grande lenteur et cette impression de se perdre au fil de villages et de fermes qui se ressemblent souvent et dont le nom n’évoque pas forcément grand chose. Jacques Tardi utilise néanmoins tout son talent pour conserver l’attention du lecteur. Comme lors du volet précédent, il se met lui-même en images, sous forme d’un enfant en culottes courtes qui accompagne son paternel tout en le questionnant tout au long de son périple. Ce questionnement contribue à dynamiser le récit, tout en permettant d’y ajouter quelques touches d’humour et de recadrer ce témoignage personnel au sein de la grande Histoire. Je n’étais pas fan de cette approche narrative lors du tome précédent, mais cet accompagnateur virtuel permet ici de briser la monotonie de cette marche interminable.

Découpant ses planches en trois cases horizontales panoramiques, Tardi plonge le lecteur dans un rôle de spectateur, décrivant avec minuties le supplice enduré par tous ces prisonniers de guerre. C’est Rachel Tardi, la fille de l’auteur, qui se charge de la colorisation, rehaussant le travail de son père d’aplats gris et de quelques touches de couleur (pour les drapeaux par exemple). On peut même parler de saga familiale, car c’est Oscar (le fils), qui s’occupe de la documentation que l’on découvre en fin d’album.

« Mon retour en France » est un témoignage historique bouleversant, restituant avec brio le calvaire vécu par ces prisonniers français qui ont mis des mois à regagner leur patrie à la fin du conflit 40-45.

Suite et fin dans le troisième tome.

Marco Rizzo et Lelio Bonaccorso – Jan Karski

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Guerre, One-shots, Steinkis, [Accessible], [DL 2014] with tags , , on 12 décembre 2014 by Yvan

Un devoir de mémoire !

Marco Rizzo et Lelio Bonaccorso - Jan KarskiCe one-shot signé Marco Rizzo et Lelio Bonaccorso s’inspire du roman autobiographique de Jan Kozielewski (Jan Karski était son nom de résistant) et raconte l’histoire de ce jeune Polonais de bonne famille qui se retrouve happé par la Seconde Guerre mondiale avant de devenir agent de la résistance et témoin des atrocités qui se déroulent en Europe.

« Je sais que beaucoup de gens ne me croiront pas, ils penseront que j’exagère ou que j’invente. Et pourtant, je jure que j’ai vu ce que je décris. Je n’ai pas d’autres preuves, pas de photographies, mais tout ce que je dis est vrai. »

De sa mobilisation dans l’armée polonaise en 1939 jusqu’à ses missions d’infiltration dans le ghetto de Varsovie et dans un camp d’extermination, en passant par son évasion d’un goulag russe, par les tortures qu’il a subies aux mains de la Gestapo et son implication dans l’Armia Krajowa, l’homme n’hésite pas à mettre régulièrement sa vie en danger afin de pouvoir rassembler des informations sur la réalité du terrain et de témoigner des horreurs perpétrées par les nazis. Dépassant toute imagination et provocant la nausée et le dégoût, ce compte-rendu de la situation au cœur même de l’holocauste s’avère difficile à croire. L’homme est-il vraiment capable de tels crimes ?

« M. l’ambassadeur, je n’ai pas dit que ce jeune homme mentait. J’ai dit que je suis incapable de le croire. Ce n’est pas la même chose. »

Si le jeune homme revient de ses missions sans aucune preuve visuelle, Lelio Bonaccorso se charge de nous montrer les images de cette page sombre de l’Histoire. Malgré une mise en images sobre et efficace, certaines scènes sont à peine supportables. Fermer les yeux sur toute cette barbarie n’est cependant pas une option…

À l’instar d’Art Spiegelman (Maus) ou de Joe Kubert (Yossel, 19 avril 1943), les auteurs livrent un témoignage poignant qui invite à ne jamais oublier cette page sombre de l’Histoire et à découvrir le témoignage de ce héros méconnu.

Ils en parlent également : Bibliocosme

Aurélien Ducoudray et Eddy Vaccaro – Young

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, One-shots, [Accessible], [DL 2013] with tags , , on 15 janvier 2014 by Yvan

KO à Auschwitz !

Aurélien Ducoudray et Eddy Vaccaro - YoungAlors que le neuvième art est acculé dans les cordes, quoi de plus normal de s’intéresser à la boxe. Après avoir réalisé la biographie de Battling Siki, le premier africain champion du monde de boxe, dans « Championzé », Aurélien Ducoudray et Eddy Vaccaro remettent les gants pour s’attaquer à un autre grand boxeur d’avant guerre : Victor Young Perez, le plus jeune champion du monde des poids mouches. À noter qu’une autre biographie du personnage, « A l’Ombre de la gloire », réalisée par Denis Lapierre et Aude Samama a déjà été éditée par Futuropolis mi-2012. Et ceux qui veulent encore ajouter un petit round face au champion, peuvent aller voir le film réalisé par Jacques Ouaniche, avec Brahim Asloum dans le rôle principal.

Ce one-shot va évidemment bien au-delà d’un simple récit sportif car il dresse le portrait poignant d’un homme passionné par la boxe qui, malgré sa générosité et son courage, finit assassiné durant l’hiver 1945, alors que les Allemands fuient l’armée russe. Le scénario d’Aurélien Ducoudray multiplie les allers-retours entre le déroulement chronologique de la vie du boxeur et ses dernières années à Auschwitz. Il y a donc d’un côté le parcours ascendant de cet enfant juif qui grandit dans les rues de Tunis avant de connaître la gloire et l’amour à Paris, ainsi qu’un titre de champion du monde qui fera de lui un véritable héros pour les tunisiens. Puis, de l’autre, il y a les horreurs subies dans l’enfer des camps de concentration et ses ultimes combats entre déportés triés sur le volet.

L’opposition entre ces deux époques est assez intéressante car elle permet de comprendre que le petit « youpin » de Tunis gardera cette étiquette jusqu’à Auschwitz et que la montée de l’antisémitisme finiront par transformer les railleries de l’enfance en l’horreur des camps. Si la dualité du destin de Victor Perez est parfaitement rendue, le récit est cependant parfois un peu trop elliptique et ne s’attarde par exemple pas suffisamment sur les détails de son arrestation ou sur sa relation avec l’actrice Mireille Balin.

Visuellement, le trait charbonneux d’Eddy Vaccaro restitue avec brio le passé du champion. Des ruelles de Tunis aux hivers glacials d’Auschwitz, en passant par le glamour de Paris et les affrontements sur le ring, le crayonné très expressif du dessinateur accompagne l’incroyable destin de Victor Young Perez avec grande efficacité.

Un très bon one-shot !

Ils en parlent également: Yaneck

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Ignacio Minaverry – Dora

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Comics, l'Agrume, Séries, [DL 2012], [En cours], [Sans super-héros] with tags , on 19 décembre 2012 by Yvan

Journal intime d’une future espionne !

Ignacio Minaverry - DoraJ’étais totalement passé à côté de cet album publié par cette nouvelle maison d’édition : l’Agrume. C’est en le voyant parmi plusieurs sélections de fin d’année, que j’ai décidé de m’attaquer à ce récit d’Ignacio Minaverry, initialement publié en épisodes dans la revue argentine Fierro.

« Dora » raconte l’itinéraire d’une jeune fille discrète et indépendante, qui décide de devenir espionne et qui se lance même dans une chasse aux nazis. C’est en 1959, dans le Berlin Ouest de l’après-guerre, que le lecteur fait la connaissance de Dora Bardavid. Fille d’un père déporté et mort dans un camp dont elle héritera le prénom, elle est employée au Berlin Document Center, où elle classe les documents saisis aux nazis à la fin de la guerre. Le lecteur la retrouve ensuite en banlieue parisienne, à Bobigny, en tant que traductrice de manifestes politiques pour un groupe de jeunes communistes. Photographiant d’abord clandestinement plusieurs documents à l’aide d’un vieux Minox, elle se retrouve finalement embarquée pour Buenos Aires, sur les traces de Josef Mengele, le célèbre médecin nazi d’Auschwitz.

L’auteur livre tout d’abord la quête identitaire d’une fille de seize ans qui passe à l’âge adulte, mais mêle habilement la petite histoire à la grande. Grâce à son travail d’archiviste, Dora découvre en effet les dessous de la Shoah et se retrouve même confrontée à son douloureux passé familial en croisant la fiche du prisonnier 20.784, son père, parmi la comptabilité macabre des nazis. De l’organisation de la solution finale à la fuite des anciens nazis en Amérique du Sud, en passant par la situation politique de la France embourbée dans la guerre d’Algérie, l’ancrage historique est particulièrement bien intégré à cette histoire qui vogue entre le journal intime et récit d’espionnage.

Visuellement, le dessin sobre et élégant de l’argentin offre une grande lisibilité à l’ensemble. Le style ligne claire paraît fort classique, mais il est accompagné de cadrages originaux et d’insertions intelligentes d’éléments particulièrement didactiques, tel que l’organigramme d’un camp de concentration, les insignes des prisonniers des camps ou des fiches de renseignements de la Waffen SS. Des passages instructifs, qui font ressortir toute l’horreur et la minutie de la machine de guerre nazie et de sa solution finale.

Vivement la suite !

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Tardi – Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Casterman, Festival BD Angoulême, Franco-Belge, Guerre, Séries, [Angoulême 2013], [Avancé], [DL 2012], [En cours] with tags , , , , on 12 décembre 2012 by Yvan

Après Spiegelman, un autre survivant raconte…

Tardi - Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIBAprès avoir multiplié les ouvrages sur la Der des Ders, Jacques Tardi se penche pour la première fois sur la Seconde Guerre Mondiale. À l’origine de cette saga, il y a trois cahiers d’écolier datant des années 80, minutieusement remplis par René Tardi à la demande de son fils. C’est sur base de ces souvenirs écrits, ponctués de petits croquis pour mieux visualiser les choses, que l’auteur revient sur les évènements que son père a vécus pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Si la première partie de l’album s’attarde brièvement sur le passé militaire de René et sur ses quelques faits d’armes anecdotiques, il se concentre ensuite sur ses cinq années de captivité dans un camp de prisonniers : le Stalag II B, au nord de l’Allemagne en Poméranie. René Tardi y raconte son quotidien en tant que prisonnier de guerre : la faim, le froid, les projets d’évasion, les problèmes de salubrité, les brutalités, les souffrances physiques et psychologiques, les appels quotidiens, la surpopulation, les travaux proches de l’esclavagisme, le marché noir, les maladies,… l’enfer de la guerre et de ses prisonniers.

Je ne suis pas trop fan de l’approche narrative qui consiste à inclure l’auteur dans l’histoire, sous forme d’un enfant en culottes courtes qui accompagne son paternel tout en le questionnant tout au long de son périple. Si ce questionnement dynamise le récit, tout en permettant d’y ajouter quelques touches d’humour, cette présence m’a dérangé tout au long de l’album. D’un autre côté, cette démarche permet à Tardi d’enfin poser les questions qu’il n’a jamais réussi à lui poser de son vivant. Son père a en effet toujours tenté d’enfouir ce passé de prisonnier, qui semble tellement ridicule face aux exploits du grand-père Tardi dans les tranchées de 14-18. Pourquoi parler de ses années de souffrance, alors qu’il vivait comme un roi comparé aux victimes des camps de concentration et qu’il ne faisait qu’attendre sa libération pendant que les résistants menaient le véritable combat ?

Découpant ses planches en trois cases horizontales panoramiques, Tardi plonge le lecteur dans un rôle de spectateur, décrivant avec minuties le supplice enduré par tous ces prisonniers de guerre. C’est Rachel Tardi, la fille de l’auteur, qui se charge de la colorisation, rehaussant le travail de son père d’aplats gris et de quelques touches de couleur (pour les drapeaux par exemple). On peut même parler de saga familiale, car c’est Oscar (le fils), qui s’occupe de la documentation, alors que dans un des camps décrit dans l’album, René Tardi croise un certain Jean Grange, le futur beau-père de son fils Jacques.

Mais, « Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB » n’est pas vraiment une saga familiale, ni une biographie, mais plutôt un témoignage historique bouleversant, restituant avec brio le calvaire vécu par près de 1,8 millions de prisonniers français durant le conflit 40-45. Une survie dans les camps et une relation père/fils que l’on rangera d’ailleurs fort précieusement auprès de l’inégalable « Maus » d’Art Spiegelman.

Vivement la suite !

Un excellent album que vous retrouverez également dans mon Top de l’année, ainsi que dans ma sélection du Festival d’Angoulême 2013.

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Christian Lax – L’écureuil du Vel’d’Hiv

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, One-shots, [Accessible], [DL 2012] with tags , , , on 12 octobre 2012 by Yvan

La piste des exploits… et de la honte !

Christian Lax - L’écureuil du Vel’d’HivAprès un one-shot sur le tour de France dans les années 1910 (L’Aigle sans orteils) et un diptyque sur le Paris-Roubaix dans les années 1920 (Pain d’Alouette), Christian Lax termine sa trilogie dédiée au vélo avec l’Ecureuil du Vel’d’Hiv, un récit dédié au vélo sur piste durant la Seconde Guerre mondiale.

Le Vel d’Hiv (le vélodrome d’Hiver à Paris) est donc au centre de ce one-shot, en tant qu’endroit mythique pour la pratique du sport, mais également en tant que théâtre de l’une des pages les plus sombres de la guerre 40-45. C’est au Vel d’Hiv, du 16 au 17 juillet 1942, sous le régime de Vichy, qu’eu lieu la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale : près de 30.000 hommes, femmes et enfants furent arrêtés, internés et déportés vers des camps de concentration.

Le vélo n’est donc qu’un prétexte pour s’attarder sur la vie quotidienne à Paris sous l’occupation allemande. Christian Lax brosse ainsi le portrait d’une famille de l’époque : Serge Ancelin, le père, joueur de poker invétéré et plutôt collabo. La mère qui aide clandestinement les Juifs persécutés et dont on regrette que la destinée soit trop brièvement évoquée. Sam, le fils aîné champion de cyclisme, surnommé l’Écureuil du Vel’ d’Hiv et la grande fierté de son père. Eddie, le deuxième fils, dédaigné par son paternel du fait de son infirmité et signant ses articles de presse antinazis sous le pseudonyme de “L’écureuil”, en témoignage de son amour fraternel. C’est à travers le quotidien de la famille Ancelin, que l’auteur restitue toute l’ambigüité de l’époque, tout en abordant les exploits sportifs du Vel d’Hiv.

Visuellement, Christian Lax parvient à donner vie à cette page de l’histoire du cyclisme et de la France avec beaucoup de réalisme. Ce dessin, alliant dynamisme et charge émotionnelle, est admirablement rehaussé par une colorisation toute en douceur, qui renvoie immédiatement le lecteur dans les années 40.

Un témoignage réussi et une histoire profondément humaine !
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