Ian Manook – Yeruldelgger


Un bon polar, particulièrement dépaysant !

Ian Manook - Yeruldelgger« Yeruldelgger » est le premier roman au titre imprononçable et à la couverture particulièrement moche d’Ian Manook, pseudonyme de Patrick Manoukian. Même si ce dernier nous épargne le nom complet de son personnage principal (Yeruldelgger Khaltar Guichyguinnnkhen) sur la couverture, il faut bien avouer que cela ne donne pas forcément envie…

Pourtant, ce récit qui débute par le corps enseveli d’une fillette blonde sur son tricycle en pleine steppe mongole et qui enchaîne avec la découverte de trois chinois émasculés dans un entrepôt, vaut bel et bien le détour. Le commissaire de police à Oulan-Bator qui se voit confier les deux enquêtes (et qui a au passage la mauvaise idée de donner son nom au titre du roman) se retrouve solidement dans la merde car, au milieu de collègues ripoux et des puissants propriétaires terriens, il n’y a pas grand monde qui aimerait le voir faire toute la lumière sur ces crimes.

Si le personnage principal, qui n’était déjà pas en grande forme dû à un passé particulièrement douloureux, se retrouve avec de nombreux bâtons dans les roues, le lecteur, lui, se retrouve au beau milieu de la Mongolie. De la noirceur et de la misère des bas-fonds d’Ulan Bator à la beauté de steppes sauvages infinies, le dépaysement est garanti. La Mongolie peut d’ailleurs être considérée comme un personnage à part entière de cette histoire. Ian Manook propose d’une part un état des lieux peu reluisant en pointant du doigt les nombreux problèmes sociaux, économiques et politiques, mais il donne d’autre part envie d’aller découvrir ce pays riche en traditions et aux spécialités culinaires étonnantes.

L’autre grand point fort de ce roman est indéniablement ce flic bourru, insolent et intègre, aux méthodes expéditives. C’est un homme fort et respectueux des traditions, mais qui n’a plus rien à perdre puisqu’il a déjà tout perdu dans la vie. Les personnages secondaires ne sont pas en reste non plus. Il y a tout d’abord les nombreuses femmes, de sa partenaire à son amante, en passant par sa fille aînée. Il ne faudrait pas non plus oublier ces nomades plus anonymes, mais tellement fiers et purs, ou ces moines combattants qui agissent dans l’ombre. Mais la palme revient indéniablement à Gantulga, cet enfant des rues tellement débrouillard et drôle qu’on s’y attache dès la première rencontre. Bref, de l’excellent casting et une caractérisation aux petits oignons !

Au niveau de l’intrigue, le lecteur comprends certes assez vite qui tire les ficelles de cette machination, mais cela ne freine aucunement son envie de tourner les pages au plus vite. Les courts chapitres et le style fluide de l’auteur rendent en effet la lecture très accrocheuse. Bref, j’ai beaucoup aimé et je compte m’attaquer à la suite, intitulée « Les Temps Sauvages », au plus vite.

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