Daniel Cole – L’Appât

Posted in Littérature with tags on 20 juin 2018 by Yvan

Après avoir joué à la poupée, Daniel Cole sort ses marionnettes !

Daniel Cole – L’AppâtLors de son premier roman, Daniel Cole mettait la police de Londres à rude épreuve en lui servant six victimes pour un seul corps, surnommé « Ragdoll », poupée de chiffon en anglais. En imposant aux policiers d’identifier au plus vite les six personnes composant le cadavre, tout en essayant de protéger les futures victimes, l’auteur proposait un compte à rebours particulièrement prenant.

La première chose qui surprend en découvrant cette suite, est que l’inspecteur William Oliver Layton-Fawkes, alias Wolf, n’est plus de la partie. Ce dernier ayant disparu suite aux événements de « Ragdoll », le lecteur est donc invité à poursuivre sa lecture en compagnie d’Emily Baxter, devenue inspecteur principal et contrainte de collaborer avec ses homologues américains du FBI et de la CIA suite à une série de meurtres commis des deux côtés de l’Atlantique, visiblement liés à l’affaire Ragdoll.

Malgré l’absence de Wolf et un auteur qui pointe régulièrement du doigt les conséquences du dénouement de « Ragdoll » sans vraiment prendre soin de nous rafraîchir la mémoire, cette nouvelle série de meurtres axés sur une mise en scène marquante accroche très vite le lecteur et les personnages demeurent l’une des grandes forces de ce roman. Outre la personnalité rugueuse de l’inspectrice principale, le lecteur a également le plaisir de retrouver les anciens collègues de Baxter (Alex Edmunds, qui travaille au bureau des fraudes, et Finlay, poussé à la retraite), qui viennent régulièrement donner un coup de main, ainsi que deux nouveaux protagonistes (Elliot Curtis du FBI et Damien Rouche de la CIA), qui forment un trio atypique et de choc avec l’inspecteur Baxter tout au long de l’enquête. J’ai surtout été séduit par le personnage de Rouche, qui intrigue dès le départ et dont personne n’arrive à prononcer le nom correctement.

L’intrigue, qui multiplie les crimes horribles à Londres et à New-York en livrant des corps portant le mot « Marionnette » ou « Appât » gravé sur le torse, tient le lecteur en haleine en l’incitant à vouloir découvrir l’identité de celui qui tire les ficelles et en abordant le thème des attentats, notamment ceux de New-York en 2001 et ceux de Londres en 2005. Malgré la noirceur des événements et la montée en puissance de l’horreur, l’auteur parvient à insuffler pas mal d’humour à son enquête policière, notamment grâce à une scène qui devrait particulièrement plaire aux arachnophobes.

Un bon polar, riche en cadavres, et une scène finale qui donne inévitablement envie de découvrir la suite !

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Véronique Mougin – Où passe l’aiguille…

Posted in Littérature with tags on 13 juin 2018 by Yvan

Des rêves remodelés par l’enfer !

Véronique Mougin - Où passe l'aiguille…Ce roman de Véronique Mougin raconte le parcours de vie exceptionnel de Tomas Kiss, un jeune garçon de 14 ans, bien décidé à ne jamais devenir couturier comme son père. Malheureusement pour lui, en 1944 à Beregszàsz, un petit village situé alors en Hongrie, il ne fait pas bon d’être juif. Stigmatisés, leurs conditions de vie se dégradent très vite et toute sa famille se retrouve finalement déportée dans des camps de concentration, où il deviendra le matricule 55789. Afin de survivre au milieu de l’horreur, il doit faire preuve de beaucoup d’ingéniosité… et même apprendre à coudre. Après la guerre, il deviendra d’ailleurs célèbre dans le monde de la haute-couture…

Pour être honnête, j’avais quelques appréhensions avant d’entamer cette lecture. Outre la crainte de me farcir un énième roman sur la Seconde Guerre mondiale et sur les camps de concentration, j’avais surtout peur de cette incursion annoncée dès le titre dans l’univers de la mode. Je me suis cependant très vite attaché au personnage de Tomi, j’ai ressenti ses peurs et ses souffrances, découvert les ruses qui l’ont sauvé d’une mort certaine, avant de me plonger avec grand soulagement dans le monde foisonnant et rayonnant de la haute couture, content d’être sorti de l’enfer et de vivre cette belle époque de l’après-guerre où les jupes et les couleurs effacent progressivement les tenues rayées des prisonniers…

Si cette narration à la première personne fait inévitablement mouche, nous projetant au plus près de cette victime de la page la plus sombre de notre Histoire, le récit est régulièrement entrecoupé de chapitres en italique, proposant des témoignages de personnages qui gravitent autour de Tomi. Ce procédé particulièrement ingénieux permet d’offrir des regards supplémentaires/différents sur cette histoire totalement bouleversante. Puis arrive ce dernier chapitre, permettant de faire le lien entre ce déporté dorénavant âgé de 88 ans et une auteure que l’on se doit de remercier d’avoir su briser le vœux de silence de Tomi et d’être parvenue à mettre les mots justes sur ces souvenirs enfouis. Une conclusion qui donne tout son sens au titre et qui ajoute une dimension supplémentaire à ce témoignage poignant, tout en nous invitant à ne jamais oublier… afin d’éviter que l’histoire ne se répète !

Un gros coup de cœur !

Gabriel Tallent – My Absolute Darling

Posted in Littérature with tags , on 6 juin 2018 by Yvan

Le réveil d’une ninja !

Gabriel Tallent – My Absolute Darling« My absolute darling » raconte l’histoire de « Croquette », une jeune adolescente de quatorze ans qui vit dans une vieille bicoque insalubre, isolée dans une forêt du nord de la Californie, en compagnie d’un père rustre et incestueux et d’un grand-père alcoolique…

Oui, je sais, ça ne donne pas vraiment envie, surtout que les personnages ne sont pas du tout attachants, même pas cette gamine élevée comme une sauvageonne, particulièrement asociale, capable de manier toutes sortes d’armes et de survivre seule en pleine nature, aussi hostile soit-elle. Pourtant, au fil des pages, le lecteur va apprendre à aimer cette jeune héroïne, qui s’éveille progressivement, illuminant cet environnement sombre de sa présence.

C’est particulièrement bien écrit et le lecteur pénètre petit à petit dans ce huis-clos nauséabond et oppressant, tout en découvrant le mode de pensée totalement tordu du père et de cette fille manipulée par un amour malsain. Tout en évitant la surenchère, Gabriel Tallent livre avec grand brio les hésitations de cette adolescente, partagée entre la culpabilité d’abandonner un père qui n’a qu’elle et le besoin d’échapper à son emprise destructrice…

Un premier roman coup de poing, qui m’a mis plusieurs fois KO !
Je conseille donc, mais ça envoie du lourd…

Tess Gerritsen – Écorchures

Posted in Littérature with tags , on 30 mai 2018 by Yvan

À la merci d’un prédateur !

Tess Gerritsen - ÉcorchuresCe n’est qu’en découvrant le duo d’enquêteurs de ce roman que j’ai fait le lien entre Tess Gerritsen et la série TV « Rizzoli & Isles ». Comme les deux personnages principaux, l’inspecteur Jane Rizzoli et le médecin légiste Maura Isles, évoquent régulièrement d’anciennes enquêtes et/ou leurs vies privées, j’ai également réalisé que ce roman n’était pas le premier dédié au duo, mais le onzième. En commençant par celui-ci j’ai donc forcément manqué de vécu, mais cela ne dérange plus que cela à la compréhension de l’histoire.

Dans ce nouvel opus, les deux femmes sont confrontées au meurtre particulièrement sanglant de Leon Gott. Eviscéré comme un vulgaire gibier, le célèbre taxidermiste et amateur de chasse est retrouvé pendu par les pieds à son domicile. Ce massacre qui ne demeure pas isolé, semble finalement lié à un safari qui s’est déroulé six ans plus tôt dans la savane du Botswana.

Si une partie de l’intrigue se déroule au Botswana et l’autre à Boston, Tess Gerritsen relie progressivement les deux scènes de crime, tout en brouillant intelligemment les pistes concernant l’identité du terrible prédateur qui nous tient en haleine. Si les animaux sauvages et en particulier les grands félins se retrouvent au centre de l’intrigue, que ce soit lors du safari au Botswana ou à l’intérieur des zoos, j’avais une petite préférence pour les séquences en Afrique car les humains n’en ressortent pas forcément gagnant malgré les nombreux trophées qu’ils ramènent.

La narration de Tess Gerritsen est particulièrement fluide et le fait d’alterner les points de vue et les lieux, font que le lecteur dévore les pages de ce roman à grande vitesse.

Un bon petit polar qui se dévore à toute vitesse !

Anne-Laure Baudoux – L’aube sera grandiose

Posted in Littérature with tags on 23 mai 2018 by Yvan

Les révélations d’une mère !

Anne-Laure Baudoux - L’aube sera grandiose« L’aube sera grandiose » invite à suivre l’histoire d’une fille qui se fait quasiment kidnapper par sa mère à la sortie du lycée, pour se rendre dans une cabane perdue au bord d’un lac. La jeune adolescente, qui devait se rendre à la fête du lycée, se retrouve subitement isolée en compagnie d’une maman qui a visiblement décidé que l’heure des révélations était arrivée…

En lisant ce roman de littérature jeunesse, j’ai tout d’abord pris grand plaisir à plonger dans l’ambiance et les références des années 70 et 80. Outre ce côté nostalgique particulièrement agréable pour ceux qui ont connu cette époque, l’auteure livre également une histoire de famille très touchante. Anne-Laure Baudoux propose d’une part des personnages attachants et tient d’autre part habilement ses lecteurs en haleine en dévoilant les nombreux secrets de famille au compte-goutte.

Ce récit qui parle d’héritage et des rapports mère-fille alterne les flashbacks, qui reviennent sur le passé de la famille, au présent, qui permet de découvrir les réactions de l’adolescente. L’écriture est fluide et le livre se lit d’une traite, même si la fin et les retrouvailles promises dès le début s’avèrent quelque peu frustrantes.

Une lecture très agréable !

Hervé Commère – Sauf

Posted in Littérature with tags on 16 mai 2018 by Yvan

Une vie construite sur des mensonges…

Hervé Commère - Sauf« Sauf » invite à suivre les pas de Mathieu, un brocanteur de Montreuil dont la vie bascule le jour où une inconnue vient déposer un album photo à son dépôt-vente. Rien de bien extraordinaire, sauf que cet album remet toute son existence en question… car il est censé avoir brûlé quarante ans plus tôt, lors de l’incendie qui emporta ses parents, ainsi que tous ses souvenirs…

Hervé Commère nous livre donc un personnage principal en quête de vérité, qui tente de reconstruire le puzzle de son existence au fil des pages. Le mystère qui entoure cet album photo s’épaissi progressivement, emmenant le lecteur de surprises en surprises, en compagnie de personnages auquel il s’attache très vite. Le récit est certes légèrement capillo-tracté et tout n’est pas toujours crédible, mais cette narration en chapitres courts et rythmés, systématiquement pourvus d’un cliffhanger prenant, ne manque pas de happer le lecteur de la première à la dernière page.

Un bon petit polar !

Aurélie Valognes – Au petit bonheur la chance !

Posted in Littérature with tags on 9 mai 2018 by Yvan

Grandir sans sa maman !

Aurélie Valognes - Au petit bonheur la chance !« Au petit bonheur la chance ! » invite à suivre la destinée pas forcément joyeuse du petit Jean, six ans en 1968. Confié à sa grand-mère maternelle pour quelques jours, afin de donner le temps à sa mère de s’installer à Paris, le pauvre gamin passera finalement la majeure partie de son enfance à Granville chez Mémé Lucette…

La complicité qui s’installe au fil des pages entre cette Mamy au grand cœur, mais pas vraiment commode, et ce petit bout inévitablement attachant est incontestablement émouvante. Les deux vont progressivement s’adopter, apprendre à se connaître et développer un lien qui ne manquera pas de toucher le lecteur.

Ce roman nous plonge également au début des années 70, à une époque où avoir une télévision ou un lave-linge tenait encore du grand luxe et où l’émancipation des femmes n’était qu’à ses débuts. En ne proposant que le point de vue de Jean, qui ne comprend forcément pas pourquoi sa mère l’abandonne, l’auteure nous prive malheureusement des raisons qui poussent cette mère à abandonner son fils, ainsi que d’une meilleure compréhension des conséquences de la condition féminine de l’époque.

Ce récit « feel-good » se lit donc avec beaucoup d’aisance, tout en proposant plusieurs passages touchants, mais n’ayant pas su apprécier/comprendre cette mère qui délaisse totalement son fils et n’étant pas nécessairement nostalgique de cette époque que je n’ai pas vraiment connue, je ne garderai pas un souvenir impérissable de ce roman (un peu trop) léger, qui m’a cependant offert un bon moment de détente.