Thilde Barboni et Olivier Cinna – Hibakusha

Posted in Aire Libre, BANDES DESSINÉES, Dupuis, Franco-Belge, Guerre, One-shots, [DL 2017], [Grand public] with tags , , on 24 mai 2017 by Yvan

Les traces indélébiles d’Hiroshima…

Thilde Barboni et Olivier Cinna - HibakushaCe one-shot publié dans la collection Aire Libre de chez Dupuis est tiré de la nouvelle « Hiroshima, fin de transmission » de Thilde Barboni. Adaptée sous le titre de « Hibakusha », terme japonais désignant les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki, cette histoire narrant une romance au moment où le monde bascule dans l’horreur, m’a renvoyé aux bons souvenirs des romans (« Le poids des secrets ») d’Aki Shimazaki.

Situé en 1945, à l’aube de la date fatidique du 6 août, le récit invite à suivre les pas d’un interprète allemand envoyé en mission au pays du Soleil levant par le régime nazi. Sur place, il tombe éperdument amoureux d’une belle masseuse nippone, qui le soulage de ses douleurs physiques, tout en apaisant son âme et en bouleversant ses convictions. Un amour que la folie humaine scellera à jamais dans la pierre…

Entre fiction et réalité historique, cette bande dessinée nous plonge au cœur de la seconde guerre mondiale, au moment où le Japon s’apprête à vivre l’une des pages les plus sombres de son Histoire. À travers les documents confidentiels qu’il doit traduire, Ludwig comprends progressivement toutes les horreurs qui ont été commises… sans savoir que le pire reste à venir.

Malgré un ancrage historique particulièrement sombre et finalement juste effleuré, le lecteur retiendra surtout une belle histoire d’amour et un hommage vibrant aux victimes de la bombe atomique. La noirceur du fond, se retrouve ainsi balayée par la poésie et la sensibilité qui se dégage de ce récit profondément humain.

Si au niveau du scénario, la scène d’introduction n’apporte pas forcément grand-chose, excepté un brin de confusion, et que certains éléments auraient probablement mérité d’être développés un peu plus, cela ne m’a aucunement empêché d’être entièrement happé par l’ambiance du récit. Une séduction qui s’opère dès la couverture, qui est tout bonnement splendide, et qui se poursuit au fil des pages et de ce dessin sensuel qui distille une ambiance nippone dont je raffole. Particulièrement à l’aise au milieu des kimonos et des cerisiers en fleurs, Olivier Cinna (« Mr Deeds », « Ordures », « Fête des morts ») parvient à saisir la grâce, la sensualité et l’humain au milieu du chaos et de l’horreur.

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Delphine Bertholon – Coeur-naufrage

Posted in Littérature with tags on 19 mai 2017 by Yvan

Le terrible secret d’un amour de vacances…

Delphine Bertholon - Coeur-naufrageJe découvre Delphine Bertholon à travers ce récit qui, à force d’avis positifs, m’a incité à franchir le pas.

L’auteur invite à y suivre le parcours de Lyla, traductrice trentenaire et solitaire, qui vit sa vie par procuration, et de Joris, qui fut son grand amour il y a de cela dix-sept ans et qui est devenu kinésithérapeute entre-temps et père d’une petite fille. En vidant la maison de son père, Joris va cependant retrouver une lettre écrite par Lyla, qui fait ressurgir les souvenirs de cette idylle de vacances, ainsi qu’un terrible secret, enfoui depuis tant d’années…

Au fil de flash-backs revenant sur la rencontre des deux adolescents sur une plage des Landes durant l’été de 1998, l’auteur dévoile progressivement le drame qui hante encore le quotidien de Lyla et qui vient maintenant bouleverser celui de Joris. En proposant une narration à deux voix, celle de Lyla et celle de Joris, Delphine Bertholon offre non seulement deux regards différents sur cette relation, mais permet surtout de découvrir et de s’attacher à ces deux protagonistes qui partagent non seulement un secret douloureux, mais également une enfance difficile et une haine farouche envers leurs parents respectifs, cette mère photographe pour elle et ce père alcoolique pour lui. La psychologie des personnages est ainsi développée avec minutie, permettant de saisir les états d’âmes et les sentiments de ces deux êtres torturés par une enfance douloureuse.

Outre la construction parfaitement maîtrisée et le travail remarquable au niveau de personnages auxquels on finit inévitablement par s’attacher malgré leurs faiblesses, il faut également saluer la fluidité de l’écriture de Delphine Bertholon et la justesse des mots qu’elle dépose avec grand soin. Alors, certes, cette histoire d’amour ne déborde pas forcément d’originalité, mais cela ne m’a pas empêché d’être happé et totalement conquis par la lecture de ce roman qui aborde plusieurs thèmes, tels que la famille, la maternité, l’adolescence, les premiers amours, l’abandon et la peur de vieillir, avec une grande justesse émotionnelle.

Un très bon roman !

Bastien Vivès – Une sœur

Posted in BANDES DESSINÉES, Bastien Vivès, Casterman, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2017] with tags , on 17 mai 2017 by Yvan

Les premiers émois sexuels !

Bastien Vivès - Une sœurDélaissant un peu la BD pour l’instant et étant persuadé que Bastien Vivès se consacrait uniquement à « Lastman », je n’étais pas du tout au courant de la sortie de cet album réalisé en solo. C’est en entendant la chronique de Mat Van Overstraeten sur PureFM que j’ai réalisé cette lacune, m’incitant à immédiatement faire un petit détour par ma librairie préférée pour corriger le tir.

Après neuf tomes d’un manga à la française rythmé par l’action, l’auteur d’ « Elle(s) », du « Goût du chlore », de « Dans mes yeux » et de l’incontournable « Polina » revient vers un style plus intimiste en proposant ce roman graphique qui raconte les premiers émois sexuels d’un jeune garçon de treize ans.

Comme chaque été, Antoine passe ses deux mois de vacances dans la maison familiale au bord de la mer sur l’Île-aux-Moines. La routine des années précédentes se retrouve néanmoins chamboulée par l’arrivée d’une amie de sa mère et de sa fille Hélène, âgée de seize ans. Au lieu de passer son temps à dessiner ou à chasser des crabes avec son petit frère, Antoine va se lier d’amitié avec cette « grande sœur » et se découvrir de nouveaux sentiments…

Très belle, un peu rebelle, charismatique dès sa première apparition et parfaitement consciente de son pouvoir de séduction, Hélène bouscule le quotidien pépère d’Antoine. Au contact de cette fille de trois ans son aînée, Antoine découvre l’alcool, les soirées et le sexe, passant ainsi de l’enfance à l’adolescence en l’espace d’une semaine qu’il n’est pas près d’oublier.

Si cette transition effectuée par Antoine s’avère un peu rapide et probablement trop précoce et que le sujet abordé par Bastien Vivès est de surcroît particulièrement casse-gueule, il s’en sort néanmoins une nouvelle fois avec grand brio. Cette relation très ambiguë, renforcée par la connotation incestueuse du titre, flirte constamment avec le politiquement correct, mais l’auteur parvient à ne pas déraper malgré quelques passages assez explicites. La naissance du désir d’Antoine est en effet narrée avec une sensibilité rare, permettant à Vivès d’aborder des sujets délicats avec grande justesse.

Ce one-shot ne manquera d’ailleurs pas de réveiller des souvenirs profondément enfouis chez tous ceux qui ont traversé cette période où l’on commence à braver les interdits, à faire des conneries et à découvrir le sexe. Cette nostalgie d’une jeunesse certes envolée, mais gravée de manière indélébile dans notre cœur et dans notre mémoire ne manquera pas de séduire la plupart des lecteurs.

Visuellement, le style cinématographique et immédiatement reconnaissable de Bastien Vivès fait également de nouveau mouche. Il y a tout d’abord cette colorisation en nuances de gris qui renforce l’aspect nostalgique de cette histoire qui réveille inévitablement certains souvenirs, mais il y a surtout ce dessin fluide, épuré et délicat, capable de saisir la moindre émotion à coups de non-dits et de regards qui en disent souvent plus long que des cases pleines de texte.

Quel talent !

Retrouver cet album dans mon Top BD de l’année !

 

Robert Kirkman, Charlie Adlard et Stefano Gaudiano – Walking Dead, Les Chuchoteurs (Tome 27)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Contrebande, Delcourt, Robert Kirkman, Séries, [DL 2017], [En cours], [Sans super-héros] with tags , on 12 mai 2017 by Yvan

La guerre est déclarée !

Robert Kirkman, Charlie Adlard et Stefano Gaudiano - Walking Dead, Les Chuchoteurs (Tome 27)Comme le titre laisse suggérer, la menace représentée par les Chuchoteurs prend encore de l’ampleur dans de ce vingt-septième volet reprenant les épisodes US #157 à #162.

Depuis l’introduction de ces étranges individus qui se cachent sous un masque de chairs pour passer inaperçu aux yeux des vrais morts-vivants, il ne faisait aucun doute que la saga allait se diriger vers une confrontation entre la communauté de Rick Grimes et ce groupe qui ne cherche pas à reconstruire l’ancien monde, mais qui souhaite au contraire vivre en harmonie avec les morts-vivants. En utilisant et en se mêlant aux hordes de zombies, les Chuchoteurs insufflent une nouveauté bienvenue à la menace des morts-vivants, obligeant la communauté de Rick à imaginer des nouvelles stratégies de combat afin de venir à bout de ce nouvel ennemi.

Suite au cliff-hanger inattendu du tome précédent, le lecteur était inévitablement très curieux de voir quel rôle Robert Kirkman allait réserver à Negan. Lorsque les premières planches montrent un Negan tout sourire qui se dirige vers la communauté de Rick un cadeau sous le bras, ceux qui s’attendaient à le voir à la tête des Chuchoteurs pour se venger de Rick seront pour le moins surpris. Si la capacité de Robert Kirkman à nous surprendre à travers les actions de ce personnage charismatique s’avère à nouveau grande, le plaisir de retrouver Negan et sa batte de baseball sur le devant de la scène l’est également.

Ce tome est également marqué par de nouvelles menaces qui se profilent à l’horizon, démontrant que Robert Kirkman ne compte pas s’arrêter là, mais nous concocte encore quelques belles intrigues à venir. Il y a d’une part la communauté du Sanctuaire qui refuse de prêter main forte à Rick face aux Chuchoteurs. Mais il ne faudrait pas non plus oublier les actions d’Eugène Porter qui, à force de chipoter avec sa radio, parvient à entrer en contact avec un mystérieux interlocuteur et, connaissant Kirkman, cela ne présage rien de bon.

Visuellement, Charlie Adlard se fait aider par Stefano Gaudiano à l’encrage depuis plusieurs tomes et le duo continue de se montrer particulièrement efficace. Une collaboration fortement saluée car elle permet d’augmenter le rythme de production sans nuire à la qualité de l’ensemble. J’ai uniquement eu un peu plus de mal à identifier les différents personnages lorsque ceux-ci s’affrontaient au milieu des morts-vivants avec leurs visages recouverts d’un masque de chairs… mais difficile d’en vouloir aux dessinateurs car ce problème est inhérent à cette nouvelle technique de combat.

Une valeur fixe dans mon Top comics de l’année !

Ils en parlent également : Bibliocosme

Philippe Besson – Arrête avec tes mensonges

Posted in Littérature with tags on 10 mai 2017 by Yvan

Un premier amour passionnel et inavouable !

Philippe Besson - Arrête avec tes mensongesMême si, adolescent, il aimait déjà inventer des histoires, d’où l’injonction de sa mère qui fait office de titre à cet ouvrage, Philippe Besson ne savait pas encore qu’il allait en faire son métier et devenir écrivain. La seule chose qu’il savait, depuis l’âge d’onze ans, est qu’il préfère les garçons. En 1984, c’est Thomas Andrieu qui lui tape dans l’œil. Même si les deux élèves de terminale ne se côtoient pas, un amour passionnel et inavouable va les lier à jamais…

Le dernier roman de Philippe Besson est non seulement l’histoire d’un amour impossible et clandestin, qui restera à jamais gravé dans son cœur, mais il apporte également un éclairage sur le reste de l’œuvre de l’auteur. Ce déchirement s’avère en effet être un événement fondateur dans la vie de l’auteur. Outre l’aspect autobiographique du livre, le lecteur peut également apprécier le portrait que Philippe Besson dresse d’une époque, celle de l’émergence du sida et d’une communauté homosexuelle pleurant ses morts, et d’un petit bled charentais où la différence est encore plus difficile à dissimuler. Thomas, lui, a d’ailleurs du mal à accepter son homosexualité, qu’il continue à vivre dans le secret et dans le mensonge… le titre du livre lui étant finalement peut-être même destiné.

J’ai été initialement un peu surpris par le style de l’auteur et cette phrase initiale interminable qui se prolonge jusqu’à la fin du prologue, mais j’ai finalement totalement adhéré à cette narration ciselée qui dissèque avec brio les émotions qui accompagnent cette fêlure sentimentale. Parfois crue lorsque les corps répondent à leurs désirs, cette mise à nu se veut également d’une justesse rare et d’une grande délicatesse.

L’amour de jeunesse est un thème qui ne laisse personne indifférent et lorsqu’il est raconté avec tant de sensibilité, il est difficile de ne pas ressortir conquis d’une telle lecture.

Vivement conseillé !

Jussi Adler Olsen – Promesse

Posted in Littérature with tags on 8 mai 2017 by Yvan

Un sixième volet qui ne tient pas toutes ses promesses !

Jussi Adler Olsen - PromesseAprès « Miséricorde », « Profanation », « Délivrance », « Dossier 64 » et « L’effet Papillon », le Département V de la police criminelle de Copenhague reprend du service.

Le fameux service de police chargé d’élucider les vieilles affaires non résolues s’intéresse cette fois à un accident de la route survenu en 1997 et ayant coûté la vie d’Alberte Goldschmid. Durant près de dix-sept ans, le policier Christian Habersaat tentera d’élucider cette affaire, tout en essayant de prouver qu’elle est d’origine criminelle. À l’aube de sa retraite, il contacte le Département V afin d’implorer de reprendre l’enquête… puis se suicide !

Pour le sixième dossier de ce « Cold Case » à la danoise, le lecteur prend donc à nouveau plaisir à retrouver ce trio improbable. Outre la psychologie très soignée des personnages, Jussi Adler Olsen nous régale avec leur complicité et leurs interactions. Il y a tout d’abord le policier bourru, classique dans son genre : un fin limier avec une grande gueule, qui n’est pas fort apprécié par ses collègues. Si le personnage de Carl Mørck est très réussi, la vedette revient néanmoins inévitablement à son assistant Hafez el Assad. Cet homme à tout faire se révèle à nouveau plein de surprises et… de proverbes débordant de dromadaires. Ce réfugié politique syrien qui prend son boulot très à cœur est un personnage très attachant dont chaque intervention fait mouche et dont le passé intrigue au plus haut point. Rose, qui ne se laisse toujours pas marcher sur les pieds et qui est également réfractaire à toute forme d’autorité, est un peu plus en retrait lors de cette enquête, tandis que la dernière recrue en date (et boulet de service), Gordon, a encore un peu de mal à s’imposer au sein de l’équipe. De plus, si notre ami Carl Mørck doit gérer une équipe toujours aussi originale, tout en s’attaquant à un nouveau dossier épineux, il doit également faire face à une vie privée toujours aussi compliquée.

Si les personnages constituent à nouveau le principal intérêt du livre et que l’auteur prend amplement le temps de soigner leur psychologie, on regrettera peut-être que l’équipe ne s’agrandit pas comme lors des tomes précédents. Il y a certes un léger « come-back » de Hardy, le coéquipier tétraplégique redevenu un peu plus mobile, mais je m’attendais à une nouvelle arrivée surprenante comme lors des enquêtes précédentes. Les personnages secondaires, tels que Mona Ibsen, sont également un peu laissés sur la touche… même si l’ex belle-mère de Carl fait à nouveau très fort. Quant aux nouveaux personnages, le gourou charismatique Atu Abanshamash et sa comparse Pirjo, ils n’ont pas réussi à me convaincre, surtout Pirjo, que j’ai trouvée trop caricaturale. Heureusement qu’Asad continue de s’emmêler les pinceaux avec les expressions, permettant ainsi à l’auteur d’insuffler un brin d’humour tout au long de l’enquête.

Au niveau de l’intrigue, je trouve également que Jussi Adler Olsen a déjà fait beaucoup mieux. L’univers des sciences occultes n’est déjà pas là pour me séduire à la base, mais j’ai également trouvé l’ensemble assez prévisible et certains passages plutôt invraisemblables.

Bref, un tome qui n’est pas à la hauteur de ces prédécesseurs et une « Promesse » qui ne les tient donc pas toutes.

Nadia Hashimi – Si la lune éclaire nos pas

Posted in Guerre, Littérature with tags , , on 5 mai 2017 by Yvan

Le douloureux périple des réfugiés…

Nadia Hashimi - Si la lune éclaire nos pasAprès « La perle et la coquille », que je vais m’empresser de lire, Nadia Hashimi livre un second roman qui retrace le calvaire des migrants en quête d’un avenir meilleur en Europe.

L’auteure américaine d’origine afghane retrace d’abord l’histoire personnelle de Fereiba, depuis sa naissance jusqu’à l’arrivée au pouvoir des Talibans, au moment où elle coulait enfin des jours heureux en compagnie de son mari et de ses enfants. Dans un Kaboul initialement en paix, le lecteur apprécie tout d’abord le dépaysement de ce pays aux milles saveurs, tout en étant confronté au choc culturel qui découle de traditions ancestrales, qui ont visiblement la vie dure. D’une enfance en tant que domestique au sein de sa propre famille à son mariage arrangé, en passant par son combat pour accéder à l’éducation, la vie de Fereiba n’a certes rien d’une partie de plaisir, mais ce n’est rien par rapport à ce qui l’attend une fois les Talibans au pouvoir. Du port obligatoire de la burqa aux arrestations aléatoires, en passant par l’interdiction de travailler, les restrictions deviennent tellement nombreuses et le danger tellement présent, que sa famille n’a plus qu’une seule option : fuir l’Afghanistan !

La seconde partie du roman raconte non seulement cette fuite vers un avenir meilleur, mais propose également un second point de vue en donnant régulièrement la parole au fils aîné de Fereiba au fil des différents chapitres. Des traversées clandestines à la jungle de Calais, ce périple parsemé d’embûches est marqué par la faim et par la peur d’être renvoyé à son point de départ ou d’être séparés de ses proches. Si de nombreuses portes se referment tout au long de cette errance parsemée de dangers, il y a heureusement également quelques mains tendues, qui proposent une aide inespérée, voire sauvent des vies sans rien réclamer en retour. À travers le parcours de cette famille afghane, Nadia Hashimi nous plonge dans le quotidien effroyable de sans-papiers aux conditions de vie déplorables et à l’avenir plus qu’incertain…

« Il ne redeviendrait sans doute jamais celui qu’il avait été, celui qui autrefois était capable de rire, de rêver, de se sentir chez lui. Cette personne, comme son père, reposait probablement sous terre, sans pierre tombale, quelque part en Afghanistan. »

J’ai adoré la première partie qui se déroule en Afghanistan et m’a fait penser aux « Mille soleils splendides » de Khaled Hosseini. La seconde partie, abordant le problème des migrants, nous aide à prendre conscience du drame humain qui se cache derrière le flux de gens qui fuient leur malheur sans aucune garantie de trouver le bonheur. À l’aide d’une écriture fluide, sensible et profondément humaine, Nadia Hashimi dresse le portrait de personnages terriblement attachants qui se construisent au fil des pages. Leur périple, parsemé de malheurs et de belles histoires d’amitié, est narré avec énormément de réalisme et sans jamais tomber dans le pathos.

Si vous croiser des réfugiés en lisant ce roman, ils risquent peut-être de finir dans votre chambre d’amis… alors qu’avant vous auriez probablement juste détourné le regard.

Lecture vivement conseillée !