Cédric Sire – Vindicta

Posted in Littérature with tags on 18 septembre 2019 by Yvan

Une vengeance sanglante !

Cédric Sire - VindictaMalgré une couverture et un titre de roman qui ne m’attiraient pas vraiment, j’avais cependant noté le nom de cet auteur lorsqu’il écrivait encore sous le pseudo de Sire Cédric. En apprenant qu’il ne changeait pas seulement de pseudo, mais qu’il s’attaquait dorénavant à mon genre de prédilection, j’ai décidé de franchir le pas…

« Vindicta » est une histoire de vengeance qui démarre par le braquage d’une bijouterie, perpétré par quatre jeunes banlieusards à la dérive. Malgré un plan dépourvu d’embûches, tout finit forcément par solidement foirer. Outre un flic mis au placard par sa hiérarchie et affecté à la surveillance de la bijouterie en question, ils vont également devoir faire face à un vilain coup du sort, ainsi qu’à un tueur impitoyable, sorti spécialement de l’ombre pour se mêler à la descente aux enfers qui s’annonce…

L’auteur alterne les points de vue de différents protagonistes, que le lecteur découvre progressivement et auxquels il s’attache finalement très vite. Du psychopathe sanglant, plutôt surprenant et flirtant avec la légende urbaine, au policier n’hésitant pas à enfreindre la loi pour la bonne cause, le récit ne manque pas de personnages forts, dont les destins s’entremêlent efficacement au fil des pages.

Malgré quelques passages un peu trop gore pour les âmes sensibles et certaines ficelles un peu trop grosses pour les pinailleurs de service, ce thriller s’avère totalement addictif, de la première page au twist final. Des chapitres courts, des mots qui claquent et des phrases qui vont à l’essentiel, pour un roman qui privilégie l’action et qui parvient à tenir en haleine pendant près de 600 pages, sans aucune longueur ni temps-mort. Un page-turner qui file à mille à l’heure, capable de braver vos pires moments de fatigue et de vous tenir éveillé une grande partie de la nuit !

Bref, un auteur qui peut encore jouer avec son pseudo autant de fois qu’il veut, pourvu qu’il reste dans le genre car je suis désormais fan !

Vindicta, Cédric Sire, Metropolis, 577p., 21,90€

Ils en parlent également : La culture dans tous ses états, EmOtionSLa caverne du polar, Livresse du noirMes lectures du dimanche, Lire et courir, Les pages qui tournentAnaïsMélie, Juju, Maud, Aude, Alex, Gwen, Amandine, Jean-Paul, SamUn bon livre à lireDes plumes et des livresLe cygne noir, Tomabooks, Le kilometre manquantJe lis et je raconte, Les rêveries d’Isis, Addiction polarAu fil des mots, Un livre toujours, Le monde d’Elhyandra, Pause polars, BooksnPics, Livres à profusion, Ivre de livres, Entre deux livres, Ma passion les livres, Revue de thrillers, Asatrublog, Les plumes noires, La Papivore, Tranches de livres, Black-Books, Le fil des mots, Une lectrice à Paris, Un K à partQuoi lire?

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Tim Willocks – La Religion

Posted in Littérature with tags , , on 11 septembre 2019 by Yvan

Au cœur du grand siège de Malte !

Tim Willocks - La ReligionAyant beaucoup aimé « La mort selon Turner » de l’auteur, j’ai tout de même mis du temps à m’attaquer à cette brique de 950 pages, surtout que je ne suis pas trop fan de récits historiques à la base.

« La Religion » invite à suivre les pas de Mattias Tannhauser, un aventurier qui accepte une mission périlleuse sur l’île de Malte pour les beaux yeux d’une veuve à la robe rouge envoûtante. Même s’il n’a jamais été contre un peu d’action, même sanglante, le mercenaire se rend vite compte qu’au nom de l’amour, il vient de mettre les pieds en enfer !

En relatant les déboires de ce héros particulièrement séduisant, Tim Willocks entraîne en effet le lecteur en 1565, au cœur du grand siège de Malte opposant les armées musulmanes du sultan Soliman le Magnifique à l’ordre des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, commandés par le grand maître de l’Ordre, Jean de Valette. Enjeu stratégique de fanatiques rivalisant de cruauté, le petit archipel va être le théâtre d’affrontements sanglants entre chrétiens et musulmans durant près de quatre mois…

Les combats sont décrits avec tant de réalisme qu’on a presque l’impression que l’auteur se promène caméra à l’épaule au milieu de massacres que l’on pensait inimaginables et indescriptibles. Tim Willocks y parvient cependant très bien et les âmes sensibles devront donc solidement s’accrocher. Cette impression « d’y être » est également renforcée par la structure même du roman, qui relate quasiment chaque journée de ce siège de quatre mois. S’il faut donc d’une part accepter toute l’horreur qui découle de ce souci de réalisme, ainsi que quelques longueurs, cela permet d’autre part d’illustrer à merveille l’absurdité de cette guerre qui envoie des milliers d’innocents à la mort au nom de la religion, ainsi que les jeux de pouvoir immondes qui sont à la base de cette boucherie.

Mais, au-delà de cette accumulation d’affrontements religieux, « La Religion » livre surtout plusieurs personnages inoubliables, dont un héros particulièrement charismatique qui connaît parfaitement les deux camps qui s’affrontent, contribuant ainsi à pointer du doigt l’absurdité de l’un et de l’autre. Ajoutez à cela une bonne dose d’amour, quelques amitiés à toute épreuve, des complots en tout genre et des intrigues politiques et religieuses palpitantes, le tout emmené par une plume qui allie puissance et poésie, et vous obtenez un roman historique qui m’aura tenu en haleine pendant près de mille pages. Un véritable exploit !

La dernière bonne nouvelle étant que les aventures de Tannhauser ne se terminent pas à la fin de cet ouvrage, qui s’avère être le premier volet d’une trilogie dédiée au personnage.

La Religion, Tim Willocks, Sonatine, 864 p., 23€

Ils en parlent également : L’Ivre Lecteur, Une certaine culture, Albédo, Ca va mieux en l’écrivant

 

Loraine Letournel Laloue – HS 7244

Posted in Littérature with tags on 4 septembre 2019 by Yvan

Une cause juste !

Loraine Letournel Laloue – HS 7244Ce premier roman de Loraine Letournel Laloue débute au moment où Marius se réveille dans une cellule glaciale et nauséabonde. La veille, le touriste français profitait pourtant encore de son voyage en amoureux avec Camille, « sa moitié ». Dorénavant, il porte le matricule HS 7244 dans un camp qui torture ses prisonniers. Où est donc Camille et comment faire comprendre à ses bourreaux russes qu’il n’est pas un terroriste ?

En situant son récit dans une prison qui n’a pas grand-chose à envier aux camps de concentration nazis, l’auteure, qui est également la créatrice du célèbre groupe de lecture sur Facebook « le club des mordus de lecture », propose un thriller d’une noirceur extrême. En multipliant les scènes de tortures et les expériences médicales effroyables au fil des chapitres, elle semble constamment à la recherche de la scène qui choquera le plus. Ce concentré de tortures physiques et psychologiques devient non seulement assez vite écœurant et insoutenable, mais flirte également dangereusement avec la surenchère gratuite…

Malgré un sort qui ne peut laisser indifférent et une écriture à la première personne qui invite à partager son désarroi et ses souffrances, j’ai eu un peu de mal à accrocher au personnage principal, ainsi qu’à sa quête un peu trop redondante qui consiste à retrouver Camille. Le gros problème au niveau des personnages est cependant ce savant fou qui effectue des expériences aussi immondes qu’absurdes sur les détenus, le tout sur fond de musique classique. Ce personnage carrément grotesque enlève toute crédibilité à cette histoire pourtant basée sur des faits réels et dénonçant des sujets cruciaux. Car, au niveau des thématiques abordées et du sujet de fond (que j’avais probablement trop vite deviné afin de pouvoir me laisser surprendre), il y avait énormément de potentiel, mais l’ensemble se retrouve malheureusement un peu sous-exploité, voire noyé par une accumulation de scènes gores…

Un premier roman au service d’une cause juste, mais fortement déconseillé aux âmes sensibles !

HS 7244, Loraine Letournel Laloue, Belfond, 288 p., 18€

Ils en parlent également : EmOtionS, Lord ArsenikLe kilometre manquantAude, Lectures évasion, Collectif polar, Ma voix au chapitre, Liseuse hyperfertile, Encore un livre, Entre deux livres, Valmyvoyou lit, Songe d’une nuit d’été, Addiction polar, Lire et courir, Lylou, Dans ma boîte aux livres, Blondes and littéraires

Ingrid Desjours – La prunelle de ses yeux

Posted in Littérature with tags on 1 septembre 2019 by Yvan

Un bon petit polar !

Ingrid Desjours - La prunelle de ses yeuxCe roman d’Ingrid Desjours alterne passé et présent en narrant d’une part l’histoire de Victor, un garçon de dix-sept ans qui vient d’intégrer la prestigieuse école supérieure de « Mètis » en 2003, puis d’autre part celle de Gabriel et de Maya, un aveugle en quête de vengeance, accompagné d’une femme qui se cache sous une fausse identité, en 2016. Deux histoires qui convergent assez vite et une construction habile qui tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page.

« La prunelle de ses yeux » est un récit mêlant bizutage d’étudiants, violence conjugale, quête vengeresse et amour, qui invite à suivre des personnages attachants tout au long d’une intrigue riche en suspense. L’histoire d’amour, un peu à l’eau de rose, n’est certes pas indispensable au récit et certaines scènes d’action manquent également un brin de réalisme par rapport à la cécité de conversion dont souffre Gabriel suite au traumatisme qu’il a vécu, mais cela n’empêche pas de passer un excellent moment de lecture.

Un bon petit polar !

La prunelle de ses yeux, Ingrid Desjours, Robert Laffont, 320 p., 20 €.

Sandrone Dazieri – Tu tueras le Père

Posted in Littérature with tags on 28 août 2019 by Yvan

La menace omniprésente du Père !

Sandrone Dazieri - Tu tueras le PèreCe roman invite à suivre l’enquête non-officielle de Colomba Caselli, commissaire en congé maladie suite à une affaire traumatisante. Tout démarre par la disparition d’un enfant de huit ans, dont la mère est retrouvée décapitée et le père immédiatement suspecté d’avoir commis le crime. Afin de résoudre cette étrange histoire de famille, Colomba Caselli sollicite l’aide de Dante Torre, ancienne victime d’un kidnappeur qui l’a séquestré pendant onze longues années. Très vite, les indices trouvés sur place permettent à Dante Torre de comprendre que son tortionnaire, surnommé le Père, est également lié à cette nouvelle disparition…

Si ce polar est excellent, son duo atypique d’enquêteurs n’y est évidemment pas étranger. Il y a d’une part Colomba Caselli, une femme traumatisée, victime de crises de panique dans des situations de stress, qui veut d’une part changer de métier, mais se voit d’autre part incapable de lâcher cette affaire. Mais il y a surtout Dante Torre, surnommé « l’enfant du silo » par les médias, un héros d’une fragilité extrême, accroc aux anxiolytiques, qui doit surmonter ses troubles psychologiques afin de mettre fin aux actes de son ancien bourreau. Au fil des pages, ces deux personnages au passé torturé vont apprendre à s’apprivoiser afin de former un duo de choc terriblement attachant et particulièrement efficace.

L’autre grande qualité de ce roman est une intrigue complexe et parfaitement construite, qui multiplie les rebondissements et nous tient en haleine de la première à la dernière page de cette solide brique. Au fil des pages, l’ombre de ce Père devient de plus en plus menaçante et cette omniprésence contribue également à tenir le lecteur en haleine, tout en lui faisant froid dans le dos.

Un thriller incontournable !

Je ne manquerai donc pas de lire « Tu tueras l’Ange » au plus vite !

Delphine de Vigan – Les Loyautés

Posted in Littérature with tags on 25 août 2019 by Yvan

Une jeunesse en détresse !

Delphine de Vigan - Les LoyautésParmi les professeurs d’un collège parisien, Hélène Destrée est la seule à remarquer l’attitude étrange de Théo Lubin, un adolescent de 12-13 ans dont les parents sont divorcés. Ayant elle-même été victime de maltraitances durant sa jeunesse, elle ne peut rester indifférente au mal-être de ce gamin silencieux, presque transparent, qui tente de disparaître dans la masse. En dehors de l’école, Théo est effectivement victime d’une garde alternée qui se déroule très mal, mais son comportement étrange est surtout dû à la quantité d’alcool de plus en plus importante qu’il ingurgite en cachette… afin de tout effacer…

« J’ai pensé que le gamin était maltraité, j’y ai pensé très vite, peut-être pas les premiers jours mais pas longtemps après la rentrée, c’était quelque chose dans la façon de se tenir, de se soustraire au regard, je connais ça, je connais ça par cœur, une manière de se fondre dans le décor, de se laisser traverser par la lumière. Sauf qu’avec moi, ça ne marche pas. Les coups je les ai reçus quand j’étais gosse et les marques je les ai cachées jusqu’au bout, alors à moi on ne la fait pas. »

Avec « Les Loyautés », Delphine de Vigan livre un roman choral à quatre voix, qui met en scène des personnages malmenés par la vie, en prise avec leurs propres démons. Il y a tout d’abord Hélène, passant outre les limites de sa fonction, à cause d’un passé d’enfant battue qui continue de la hanter. Il y a ensuite Théo, un gamin en détresse qui trouve refuge dans la boisson. Puis il y a Mathis, le seul ami de Théo, qui, n’étant pas beaucoup mieux loti que son copain, l’accompagne volontiers dans ses délires éthyliques. Et il y a finalement Cécile, la mère de Mathis, qui consulte un psy après avoir découvert le secret de son mari sur les réseaux sociaux et qui s’inquiète des fréquentations de son fils…

Delphine de Vigan (« Les gratitudes ») parvient une nouvelle fois à dresser le portrait de personnages profondément humains et extrêmement touchants, tout en parvenant à saisir l’infiniment intime. D’une plume délicate, elle décrit non seulement avec brio les relations qui se tissent entre les personnages, mais aborde également avec grande justesse de nombreux thèmes sensibles et malheureusement d’actualité au sein de notre société, tels que le divorce, l’enfance brisée ou l’alcoolisme précoce.

Les loyautés, Delphine de Vigan, JC Lattès, 208 p., 17 €

Ils en parlent également : MaeveFolavril, Juju, Lectures de rêveLes livres d’Eve, Fan de lecture, Pousse de Ginkgo, Céline, CaroLe bazar de Barbouille, Librarian Life, Foxybook, Light & smell

 

Franck Bouysse – Né d’aucune femme

Posted in Littérature with tags on 21 août 2019 by Yvan

S’accrocher aux mots !

Franck Bouysse - Né d’aucune femmeAyant adoré « Glaise » de Franck Bouysse, je n’ai pas pu résister bien longtemps à l’envie de lire son dernier roman, surtout que la couverture se veut également particulièrement séduisante.

Le récit débute par les paroles d’une femme, recueillies dans l’intimité du confessionnal du père Gabriel. Elle lui demande de récupérer des cahiers dissimulés sous la robe d’une défunte, dont il doit aller bénir le corps. La lecture de ces cahiers, qui contiennent les confessions de Rose, va bouleverser sa vie…

« Né d’aucune femme » raconte donc l’histoire de Rose, depuis son enfance et ce fameux jour où son père la vendue pour quelques pièces à un forgeron, jusqu’à ses derniers jours. En donnant en alternance la parole au père Gabriel, à Rose, à ses parents et au palefrenier du forgeron, ce récit choral dresse progressivement le portrait bouleversant d’une femme abimée par la vie, mais qui parvient à s’évader de l’enfer grâce aux mots. Des mots que l’auteur utilise avec grand brio, narrant l’intolérable avec force, beauté et finesse…

« Les mots, ils me font me sentir autrement, même enfermée dans cette chambre. Ils représentent la seule liberté à laquelle j’ai droit, une liberté qu’on ne peut pas me retirer, puisque personne à part Génie, sait qu’ils existent. »

« Né d’aucune femme » est une histoire sombre, mais profondément humaine, racontée de manière lumineuse !

Né d’aucune femme, Franck Bouysse, La manufacture des Livres, p., 20,90 €

Ils en parlent également (la liste de ceux qui n’en parlent pas est probablement plus courte 🙂 ): Anthony, Moka, Maeve, MaudDomi, Mélie, Juju, Gwen, CocoMes échappées livresques, EmOtionS, Au fil des livres, Actu du noir, Livresse du noirMumu dans le bocage, Lectures de rêve, Livres d’un jour, A l’horizon des mots, Entre deux livresSerial Readeuz, La livrophageUranie, Krolfranca, Les cibles d’une lectrice à visée, Emma’s books, Au fil de l’histoire, Lire & vous, Les yeux dans les livresMes pages versicolores, 22h05 rue des Dames, Black novel, Cercle littéraire de Dordogne, Moonpalaace, Girl kissed by fire, Mrs Pepys, Bib’Bazar, Des pages et des lettres, Boutabou, Eugénie, Liseuse hyperfertile, Ma passion les livres, Dealer de lignes, Les libraires masqués du grenier, Coquecigrues et ima-nu-ages