Thierry Gloris et Erwan Le Saëc – La Grande évasion, Diên Biên Phu (Tome 5)

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, One-shots, [DL 2013], [Grand public] with tags on 22 août 2016 by Yvan

La grande Histoire, mais une petite évasion…

Thierry Gloris et Erwan Le Saëc - La Grande évasion, Diên Biên Phu (Tome 5)Le cinquième one-shot de cette série concept proposant des histoires d’évasions est imaginé par Thierry Gloris et dessiné par Erwan Le Saëc.

Ce nouveau one-shot propulse le lecteur en pleine guerre du Vietnam, où des soldats français se retrouvent coincés dans la vallée de Diên Biên Phu, entourés par des forces Vietminh bien supérieures en nombre.

En nous plongeant en pleine guerre d’Indochine, au sein de la célèbre bataille de Diên Biên Phu, Thierry Gloris livre tout d’abord un récit historique qui relate le quotidien de nombreux soldats durant le conflit. Le premier problème de cette approche est qu’il passe d’un personnage à l’autre de manière trop brouillonne, empêchant ainsi le lecteur de véritablement s’attacher aux protagonistes qui participeront ensuite à la « grande évasion ».

Et c’est là que le bât blesse le plus : cette évasion intervient bien trop tard et semble finalement trop artificielle par rapport au reste. Cet élan de bravoure qui pousse quelques soldats à braver les ordres et à s’échapper de cet enfer en tentant de traverser les lignes ennemies a en effet beaucoup de mal à convaincre… un peu comme si l’auteur s’était subitement rendu compte qu’il avait oublié de respecter le cahier des charges de la collection et ajouté une évasion peu crédible et trop rapide à un récit historique. Visuellement, le trait réaliste d’Erwan Le Saëc sied bien au récit, même s’il est parfois difficile de différencier les différents protagonistes.

Déception donc !

Greg Rucka et Salvador Larroca – Ultimate Daredevil et Elektra, La part du Diable

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Daredevil, Deluxe, Greg Rucka, Intégrales, Panini, [Avec super-héros], [DL 2016] with tags on 19 août 2016 by Yvan

Les origines « Ultimates » de la redoutable ninja grecque !

Greg Rucka et Salvador Larroca - Ultimate Daredevil et Elektra, La part du DiableÀ l’université de Colombia, la jeune Elektra Natchios fait la connaissance de sa colocataire Phoebe McAllister. En se rendant en cours, les deux tombent sur une étudiante qui se fait importuner par Trey Langstrom. Douée en arts martiaux et n’ayant pas l’intention de laisser un gosse de riche dicter la loi sur le campus, Elektra intervient… même si elle devra visiblement assumer ce choix par la suite. Le seul garçon qui parvient à l’impressionner est un certain Matt Murdock, qui effectue des prouesses aux barres asymétriques en salle de gym… et qui s’avère de surcroît aveugle.

À l’instar des autres séries de l’univers Ultimate Marvel, Ultimate Daredevil & Elektra propose une version modernisée des personnages, visant à conquérir un jeune public parfois rebuté par quarante ans de continuité. Cette revisite imaginée par Greg Rucka et mise en images par Salvador Larroca ramène le lecteur aux débuts du binôme, alors qu’ils passent encore la plupart de leur temps sur les bancs de la fac. Les couvertures sont à ce titre assez trompeuses, car Elektra Natchios ne mène pas encore une carrière d’assassin et Matt Murdock n’est pas encore un justicier (et ne porte même jamais son célèbre costume rouge dans ce tome). Ce dernier est d’ailleurs plus à considérer comme un personnage secondaire servant principalement à souligner les mauvais choix effectués par une Elektra qui se dirige progressivement vers le côté obscur de la force.

Si le récit se concentre principalement sur les origines d’Elektra, omettant même de revenir sur la provenance des pouvoirs de Matt, il ne met pas en avant le côté super-héroïque des protagonistes, mais privilégie les relations humaines. Du coup de foudre entre Elektra et Matt aux rapports entretenus avec leurs amis de faculté, en passant par la famille d’Elektra ou sa Sensei, Greg Rucka ne livre pas forcément une relecture très ambitieuse, mais elle n’en demeure pas moins agréable à lire. Au niveau de l’intrigue, il faut attendre l’arrivée de Wilson Fisk et de Bulleye (renommé Pointdexter) pour avoir un peu de piment, car le fils à papa qui maltraite les étudiantes s’avère être un peu trop léger/banal dans le rôle du vilain. Graphiquement, par contre, il n’y pas grand-chose à redire à la prestation de Salvador Larroca, qui installe un environnement très réaliste, tout en offrant un dessin particulièrement lisible.

Un récit qui n’arrive forcément pas à la cheville du travail de Frank Miller sur ce personnage qu’il créa au début des années 80 lors de son run mythique sur Daredevil, mais qui devrait tout de même ravir les néophytes qui désirent en apprendre plus sur « la » genèse de cette redoutable ninja grecque.

Kris, Barbara Pellerin et Vincent Bailly – Mon père était boxeur

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Kris, One-shots, [Accessible], [DL 2016] with tags on 17 août 2016 by Yvan

Un uppercut riche en émotions !

Kris, Barbara Pellerin et Vincent Bailly - Mon père était boxeurAprès l’adaptation d’ « Un sac de Billes » de Joseph Joffo, Kris (Coupures irlandaises, Le monde de Lucie, Notre mère la guerre, Les Ensembles contraires, Un homme est mort) et Vincent Bailly (Coupures irlandaises) s’attaquent au portrait d’un père… qui était avant tout un boxeur.

Le titre est cependant assez trompeur car ce one-shot est tout sauf un album dédié à ce sport de combat, mais surtout l’histoire d’une relation difficile entre Barbare Pellerin et son père. L’album s’ouvre certes sur la troisième finale des Championnats de France Poids Lourds perdue par Hubert Pellerin, mais les auteurs raccrochent ses gants après seulement quelques pages afin de raconter l’histoire de cette fille qui redécouvre son père au fil des pages. Elle réalisera d’ailleurs un documentaire (offert en DVD avec l’album) sur ce père dont elle aimerait avoir une autre image que celle dont elle se souvient en tant que petite fille : un ancien boxeur dont les abus d’alcool et les crises de violence étaient la cause d’un contexte familial tendu…

Aidée par quelques photos et une vidéo super 8, qui font office d’unique héritage, l’auteure se souvient et reconstruit progressivement l’image de ce père qu’elle n’a jamais vraiment connu,… décédé seulement quelques mois après le reportage qu’elle lui a consacré. Si le portrait est sans concession, les retrouvailles s’avèrent malheureusement trop brèves et trop tardives… Visuellement, le trait de Vincent Bailly insuffle beaucoup de punch et d’énergie à ce récit pourtant très intimiste.

Un très bon one-shot !

Oscar Martin – Solo, Le Cœur et le Sang (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Contrebande, Delcourt, Trilogies, [DL 2016], [Sans super-héros] with tags on 15 août 2016 by Yvan

Un peu monotone, mais de toute beauté !

Oscar Martin - Solo, Le Cœur et le Sang (Tome 2)Après avoir quitté le cocon familial pour voler de ses propres ailes et s’être transformé en guerrier aguerri au fil des épreuves, Solo a finalement trouvé sa place au sein d’une petite communauté de rats. Promis à des jours heureux auprès de sa chère et tendre, il voit son quotidien bousculé par l’arrivée de l’ami d’enfance de sa compagne. Jaloux de ne plus recevoir toute l’attention de cette dernière et ne supportant pas la rivalité qui s’installe progressivement dans son propre foyer, il quitte le groupe qui l’héberge pour de nouvelles aventures en solitaire…

Le deuxième volet de cette série prévue en trois tomes permet de replonger dans l’univers post-apocalyptique imaginé par Oscar Martin. Dans ce monde violent où le gibier se fait de plus en plus rare et où le danger peut surgir à tout moment, la présence de Lyra au côté de notre héros et l’équilibre trouvé au sein de la colonie promettaient des jours meilleurs. Cette harmonie est néanmoins vite rompue par l’arrivée d’une tierce personne, prolongeant ainsi l’errance solitaire de ce rat doué pour le combat, qui cherche désespérément sa place dans ce milieu peuplé de créatures malintentionnées.

À l’aide d’une voix off particulièrement immersive, l’auteur espagnol se concentre principalement sur le conflit intérieur subi par ce personnage qui partage ses doutes et ses regrets au fil des pages. Fuyant un futur rempli de promesses, Solo part à la recherche de réponses, dévoilant au passage un visage particulièrement humain dans cet univers animalier sombre et dangereux. Cette suite, moins portée sur l’action et soignant principalement la psychologie des personnages, développe certes une histoire d’amour, mais ne déborde pas forcément d’originalité et souffre de quelques longueurs dues à une narration à la première personne parfois assez monotone.

Si le scénario abandonne le lecteur sur sa faim, notamment concernant la menace qui frappe la colonie ratière, il peut néanmoins se consoler avec la présence d’un cahier graphique proposant entre autres des fiches techniques sur les différentes espèces qui se croisent, ainsi que trois histoires courtes assez sympathiques. Graphiquement, cette aventure zoomorphique proposée dans la collection Contrebande des éditions Delcourt est d’ailleurs à nouveau absolument irréprochable. Après sa participation à la série animalière La Guilde chez Casterman, Oscar Martin confirme en effet toute sa maîtrise de l’anthropomorphisme en croquant des personnages très expressifs à l’aide d’un trait Disneyen séduisant à souhait. Issu de l’animation, le dessinateur ibérique fait preuve d’un sens du rythme fabuleux, proposant des combats dynamiques et d’une grande lisibilité. Son travail sur la colorisation est également d’une grande justesse, en parfaite adéquation avec l’environnement hostile et désertique.

Vivement la conclusion de cette aventure de toute beauté !

Neil Gaiman et Philip Craig Russell – L’étrange vie de Nobody Owens (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Contrebande, Delcourt, Diptyques, Neil Gaiman, [DL 2016], [Sans super-héros] with tags , on 12 août 2016 by Yvan

Version morbide du Livre de la Jungle !

Neil Gaiman et Philip Craig Russell - L'étrange vie de Nobody Owens (Tome 2)Tandis qu’une famille entière est assassinée par un tueur implacable, surnommé le « Jack », le plus jeune des deux enfants parvient à sortir de son lit à barreau et à trouver refuge dans un cimetière avoisinant. Même s’il fait encore partie du monde des vivants, les fantômes qui hantent le lieu acceptent finalement de le recueillir. Dame Owens et son mari seront dorénavant ses nouveaux parents et Silas, le charismatique vampire, son tuteur. Ayant pour unique consigne de ne jamais quitter l’enceinte, le jeune Nobody Owens grandit d’abord au milieu des morts, multipliant les aventures. Désormais adolescent, il souhaite néanmoins partir à la découverte du monde extérieur et cela, malgré la menace du Jack, qui n’a pas l’intention de lâcher sa mission…

Cet album des éditions Delcourt est la suite et fin de l’adaptation en deux tomes du roman éponyme (The Graveyard) écrit par Neil Gaiman en 2008. Dès les premières pages, le lecteur y retrouve immédiatement l’atmosphère particulière qui caractérise les récits de l’auteur britannique. Baignant dans le fantastique, ce conte gothique à l’ambiance onirique et poétique invite à suivre les pas d’un jeune orphelin contraint de grandir au milieu d’étranges personnages. En situant l’éducation du jeune garçon dans un lieu particulièrement saugrenu, l’auteur livre sa propre version du Livre de la Jungle de Rudyard Kipling, offrant au passage un décalage intéressant entre l’innocence du héros et la morbidité de son environnement. Chacun des cinq chapitres du tome précédent narrait un passage marquant de la vie de ce personnage qui grandissait au fil des épisodes. Si la vie de Nobody Owens, alias Bod, n’était pas de tout repos dans ce lieu où il est pourtant censé être éternel, il n’est dorénavant plus un petit garçon et sa soif de partir à la rencontre des vivants devient finalement plus forte que tout. D’une première tentative d’intégration en se faisant scolariser dans une école de la ville jusqu’à son départ définitif, en passant par la vérité sur son passé et sur les motivations du Jack, ce deuxième volet conclut avec brio l’étrange vie de Nobody parmi les morts… reste maintenant à affronter tous les dangers de notre réalité…

Si le jeune Nobody Owens est immédiatement attachant, les personnages secondaires ne sont pas en reste. De l’énigmatique Silas à l’ensorcelante Liza Hempstock, le jeune héros multiplie les rencontres insolites et fait plus ample connaissance avec les nombreux habitants du cimetière, alimentant ainsi constamment l’atmosphère fantastique absolument fascinante imaginée par Neil Gaiman. Malgré le retour inévitable du Jack, ce sont surtout les retrouvailles émouvantes avec la jeune demoiselle Scarlett qui marqueront les esprits lors de cette conclusion.

Visuellement, plusieurs illustrateurs (Jill Thompson, Kevin Nowlan, Scott Hampton, Tony Harris et David Lafuente) se succèdent au fil des chapitres de ce diptyque sans que cela nuise trop à l’unité de l’ensemble, le tout sous la houlette de Philip Craig Russell. Ce dernier, qui a déjà travaillé avec Neil Gaiman sur le cultissime « Sandman », assure lui-même le dessin de deux épisodes (le deuxième du tome 1 et le dernier de celui-ci) et se charge de la transposition de cette œuvre de Gaiman en bande dessinée, le tout rehaussé par la colorisation experte de Lovern Kindzierski.

Un diptyque qui ravira les fans de Neil Gaiman et les amateurs de récits oniriques à la frontière du réel.

 

Teresa Radice et Stefano Turconi – Le port des marins perdus

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Glénat, One-shots, [Accessible], [DL 2016] with tags , on 10 août 2016 by Yvan

Une aventure maritime onirique de toute beauté !

Teresa Radice et Stefano Turconi - Le port des marins perdusQuelle bonne idée d’avoir traduit ce one-shot transalpin écrit et dessiné par le couple d’Italiens Teresa Radice et Stefano Turconi et récompensé par le prix du meilleur roman graphique au festival de BD de Lucca en 2015 !

« Le port des marins perdus » invite à suivre la quête identitaire d’un jeune homme amnésique retrouvé sur la plage d’une île au large du Siam, à l’automne 1807. Au fil de nombreuses rencontres, ce garçon qui ne se souvient que de son prénom, retrouve progressivement les traces de son passé. Du jeune capitaine William, qui l’a recueilli, aux trois filles du capitaine Stevenson, qui le logent dans l’auberge de leur père, en passant par Rebecca, une tenancière de maison close éprise de poésie, ou Nathan Mc Leod, un capitaine de la marine marchande qui le prend son aile, Abel croise la route de nombreux personnages hauts en couleurs.

Cette aventure maritime saupoudrée de fantastique happe le lecteur durant plus de 300 pages, l’emmenant des côtes du Siam à l’Angleterre, en passant par l’île de Pâques. Ce récit mêlant chasse au trésor, tempêtes et chants marins est non seulement romanesque, mais également littéraire et poétique car, en intégrant de larges extraits des œuvres de Samuel Taylor Coleridge à William Blake, en passant par Lord Byron, l’auteure y met à l’honneur les grands poètes anglais du début du XIXe siècle.

L’aspect onirique et romantique de l’ouvrage est encore renforcé par le trait fin et élégant de Stefano Turconi. Malgré une impression d’inachevé propre au crayonné et le regret de ne pas retrouver la superbe colorisation de la couverture à l’intérieure de l’album, ce dessin à la mine de plomb finit par séduire au fil des pages, tellement il insuffle de l’expressivité aux personnages et de la beauté aux paysages.

Un roman graphique que l’on referme en regrettant d’être arrivé à destination tellement le voyage était plaisant.

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top BD de l’année !

Xavier Dorison et Eric Hérenguel – Ulysse 1781, Le cyclope (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Diptyques, Franco-Belge, [DL 2016], [Grand public] with tags on 8 août 2016 by Yvan

Ulysse n’est pas encore à la maison !

Xavier Dorison et Eric Hérenguel - Ulysse 1781, Le cyclope (Tome 2)Voici donc la conclusion du premier diptyque de cette saga librement inspirée de la fameuse Odyssée d’Homère. Comme (subtilement) indiqué par le titre de la série, Xavier Dorison et Eric Hérenguel y transposent la célèbre épopée homérique sur le continent nord-américain à la fin de la guerre d’indépendance américaine.

Outre un personnage central haut en couleurs qui n’hésite pas à jouer les héros, Xavier Dorison (Red Skin, Long John Silver, Asgard, W.E.S.T., Le Troisième Testament) utilisait le tome précédent pour nous présenter son fils Mack (au lieu de Télémaque) et sa femme Penn (pour Pénélope), qu’Ulysse désire rejoindre au plus vite afin de la délivrer des mains d’un bataillon d’anglais. Afin de gagner du temps, Ulysse McHendricks n’hésite donc pas à prendre un raccourci à travers le territoire Washita… et hop, le tour est joué pour Dorison : une petite dose de shamanisme et vous obtenez un wendigo indien de trois mètres avec un œil blanc tatoué sur le torse, qui fait office de cyclope dans cette version western-fantastique de L’Odyssée d’Homère.

Après avoir planté l’ambiance et fait les présentations lors du tome précédent, les auteurs utilisent certes cette conclusion pour nous en apprendre un peu plus sur l’origine de ce « One-eye » et sur le sort réservé à cette pauvre Penn qui doit commencer à trouver le temps un peu long, mais ils nous réservent surtout une bonne dose d’action. La majeure partie de cette suite est en effet dédiée à l’affrontement entre Ulysse et le cyclope… quitte à en faire même parfois un peu trop au niveau de l’héroïsme.

Si le rythme de ce tome à l’ambiance envoûtante est particulièrement endiablé, le dessin expert d’Eric Herenguel n’y est certainement pas étranger. Alliant sens du détail, dynamisme et grande lisibilité, il en met de nouveau plein la vue. Déjà exceptionnel sur « Lune d’argent sur Providence« , l’artiste démontre une nouvelle fois tout son savoir-faire et installe son dessin au diapason de ce premier diptyque.

À l’instar de la femme d’Ulysse, le lecteur doit maintenant prendre son mal en patience afin de voir ce voyage aboutir… et tout porte à croire qu’il y aura encore quelques obstacles à franchir…

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