Frank Pé et Zidrou – Spirou vu par…, La lumière de Bornéo (Tome 10)

Posted in BANDES DESSINÉES, Dupuis, Franco-Belge, One-shots, Zidrou, [DL 2016], [Grand public] with tags , , on 7 décembre 2016 by Yvan

Un magnifique one-shot !

Frank Pé et Zidrou - Spirou vu par…, La lumière de Bornéo (Tome 10)« La lumière de Bornéo » est déjà le dixième volet de cette série « Spirou et Fantasio – Une aventure par… », qui permet à différents dessinateurs et scénaristes de s’approprier le personnage mythique de Spirou le temps d’un album. Avec Frank Pé et Zidrou aux manettes, cette nouvelle parution s’avère donc particulièrement alléchante.

Dans cet album, le lecteur retrouve donc forcément Spirou, même si ce dernier n’est plus journaliste. N’ayant pas trop apprécié la censure de l’un de ses articles (qui critiquait certes un gros annonceur du journal), notre ami vient en effet de claquer la porte du Moustique. S’il comptait initialement se la couler douce en se mettant notamment à la peinture, quelques évènements vont néanmoins venir chambouler ses plans et sa quiétude. Il y a tout d’abord cet étrange champignon noir qui menace de devenir un fléau mondial. Il y a ensuite ces mystérieuses toiles révolutionnaires d’un peintre anonyme qui arrivent à la galerie Bernard, provocant l’admiration des foules et la convoitise des collectionneurs. Puis il y a les retrouvailles avec le dompteur Noé, qui débarque en ville avec une adolescente en pleine crise hormonale, qui s’avère être sa propre fille, mais qu’il décide de confier à Spirou afin de pouvoir se concentrer sur son nouveau spectacle.

Ce qui saute aux yeux dès les premières pages, c’est que le Spirou proposé par Frank Pé et Zidrou est beaucoup plus moderne et que l’environnement dans lequel il évolue est plus contemporain. De plus, les auteurs ont la bonne idée de ressusciter plusieurs personnages cultes, tels que le dompteur Noé ou le cheik Ibn-Mah-Zout. Sans oublier les incontournables Fantasio et Champignac ou cette petite nouvelle au caractère bien détrempé. Tous ces personnages particulièrement humains, prennent vie au sein de plusieurs intrigues parallèles, dont la principale ne manque pas de mettre en valeur la création artistique et le monde animal, le tout sublimé par la beauté du dessin de Frank Pé. Le dessinateur de « Zoo » n’a en effet plus à prouver sa capacité à donner vie aux animaux comme nul autre. Il livre donc une nouvelle fois des planches pleine d’émotion et de magie, qui en mettent plein la vue.

Le meilleur album de la série depuis l’incontournable « Le Journal d’un ingénu » d’Émile Bravo !

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top BD de l’année !

Mathieu Bablet – Shangri-La

Posted in Ankama, BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2016] with tags on 5 décembre 2016 by Yvan

Une supernova du neuvième art !

Mathieu Bablet - Shangri-LaAprès « Adrastée » et des participations aux tomes 7 et 8 de « Doggybags », Mathieu Bablet se lance dans un space-opéra particulièrement ambitieux.

Dans un futur lointain, les hommes vivent agglutinés dans une gigantesque station spatiale sous le contrôle de la multinationale Tianzhu. Malgré l’absence de religion et une paix apparente, un mouvement rebelle dénonçant le manque de liberté et une dépendance extrême à la société Tianzhu commence à prendre de l’ampleur au sein du vaisseau. De plus, des scientifiques tentent de donner vie à une nouvelle race d’humains sur Titan, ce qui est particulièrement mal vu par une grande partie des gens qui doivent vivre cloîtré dans cet environnement ultra-formaté. De quoi rendre la situation particulièrement explosive…

Étalant son récit sur plus de 200 pages, Mathieu Bablet propose un one-shot d’une grande densité, qui aborde de nombreux thèmes tels que le capitalisme, les manipulations génétiques, le consumérisme à outrance, le racisme, l’écologie, l’expérimentation animale et la manipulation de masse. À travers les dérives de ce monde futuriste, l’auteur ne manque pas de dénoncer certaines dérives de notre société actuelle, faisant ainsi faire réfléchir le lecteur sur son propre mode de vie. Malgré cette densité, la narration s’avère néanmoins d’une grande fluidité, invitant le lecteur à plonger sans aucune retenue dans cet univers d’une grande richesse.

Si le scénario de Mathieu Bablet vaut le détour, le graphisme invite quant à lui à s’attarder sur chaque planche afin de profiter de cette mise en images qui s’installe très vite au diapason de l’ensemble. Il faut dire que l’auteur peut également compter sur une édition particulièrement soignée de la part d’Ankama. Ce grand format au dos toilé contribue en effet à mettre en valeur les décors vertigineux et fourmillant de détails imaginés par Mathieu Bablet. Ajoutez à cela un découpage cinématographique irréprochable, plusieurs cases aux perspectives vertigineuses et une mise en couleurs de toute beauté et la claque visuelle est totale !

Incontournable !

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top BD de l’année !

Scott Snyder et Greg Capullo – Batman, La relève – 1ère partie (Tome 8)

Posted in Comics, Séries, BANDES DESSINÉES, [Avec super-héros], [Terminées], Urban Comics, Scott Snyder, DC Renaissance, Batman, [DL 2016] with tags on 2 décembre 2016 by Yvan

Un Batman sans Bat-Mobile et un Jim Gordon sans moustache ?

Scott Snyder et Greg Capullo – Batman, La relève – 1ère partie (Tome 8)L’avant-dernier tome de cette saga scénarisée par Scott Snyder propose la première partie d’un diptyque intitulée « La Relève ».

L’album s’ouvre sur l’épisode #44, écrit par Scott Snyder et Brian Azzarello et dessiné par Jock. Ce flash-back de quelques années s’intéresse à l’enquête d’un Batman toujours « alive and kicking » qui désire retrouver le meurtrier d’un gamin dont le corps est retrouvé dans les marécages. Cette histoire courte fait office d’introduction à ce qui suit car elle permet de faire la connaissance de Mr Bloom et de sa mystérieuse drogue.

Les épisodes suivants (#41 à #43 et #45) sont à nouveau du tandem Scott Snyder et Greg Capullo et se déroulent dans une ville de Gotham City qui pleure son Chevalier Noir depuis sa dernière confrontation avec le Joker. Scott Snyder va donc faire ce que d’autres scénaristes ont déjà fait avant lui lorsque Batman n’est plus là pour défendre Gotham City : il va lui trouver un remplaçant… mais le garçon va faire (un peu trop) fort !

Le choix du commissaire Gordon pour endosser le rôle du Dark Knight est déjà assez surprenant en soi, mais en lui rasant le crâne et la moustache et en le transformant en non-fumeur, l’auteur va probablement un peu trop loin, dénaturant trop le personnage. Puis, il y a l’idée de faire revêtir une armure au nouveau Batman, qui n’est pas neuve non plus, mais franchement, la aussi, au niveau du look, il y avait probablement moyen de faire moins ridicule. Et comme si ce look qui ressemble plus à un grand lapin qu’à une chauve-souris ne suffisait pas, il remplace également la Bat-Mobile par un Bat-Camion totalement risible. Et pour couronner le tout, il va également dénaturer le personnage de Bruce Wayne en le rendant amnésique et dénué de tout sentiment de vengeance. Snyder pousse donc le bouchon trop loin et n’aurait probablement aucune chance de s’en sortir haut la main après un postulat de base pareil… sauf qu’il va lui-même se moquer du look de l’armure et également remettre en question le choix de Gordon… et c’est bien là ce qui le sauve au niveau du scénario.

Bref, on finit donc par avaler la pilule du nouveau Batman et de son armure, mais pour avoir une intrigue il faut également un beau gros vilain. Et là, Snyder va également innover car au lieu de renouveler d’anciens ennemis comme il l’avait fait dans les tomes précédents, il va en imaginer un nouveau : Mr Bloom ! Bon, personnellement, je pense que Poison Ivy aurait parfaitement pu remplir le rôle du super-vilain dans cette histoire, même si la créature végétale de Snyder ne démérite pas.

Si Scott Snyder ose au niveau du scénario et qu’il faudra attendre la conclusion du récit pour se faire une opinion définitive, c’est tout de même toujours un véritable plaisir de retrouver Greg Capullo au graphisme. Notons également la présence du Batman Annual #4 en fin de tome, écrit par James Tynion IV et mis en images par Roge Antonio, qui confronte Batman et ses amis à l’Homme-Mystère, Mister Freeze et Gueule d’Argile, dans un récit sympathique, mais sans plus.

Ils en parlent également : Yaneck

 

 

Leïla Slimani – Chanson douce

Posted in Littérature with tags on 30 novembre 2016 by Yvan

La parentalité ne se sous-traite pas !

Leïla Slimani - Chanson douceCe deuxième roman de Leïla Slimani se trouvait déjà dans ma PÀL avant qu’il ne remporte le prix Goncourt 2016, mais cette consécration m’a encore plus donné envie de le lire.

Dès la première page, Leïla Slimani fait savoir au lecteur qu’il arrive trop tard. Le drame a déjà eu lieu. La nounou vient d’assassiner les deux enfants dont elle avait la garde et qu’elle adorait pourtant. Sans s’attarder sur ce crime sordide, l’auteure remonte le fil du temps et d’une mécanique complexe qui va permettre de répondre au « Pourquoi ? » que l’on se pose inévitablement.

Afin de comprendre ce qui a conduit à l’impensable, Leïla Slimani revient sur les mois qui l’ont précédé. Du choix méticuleux de cette nounou pas trop vieille, non-voilée et non-fumeuse, à son intégration progressive dans la vie quotidienne du jeune couple, Louise devient vite indispensable à la maisonnée. Véritable fée du logis, cette Mary Poppins parisienne devrait conquérir tous les cœurs… sauf que le lecteur sait ce qu’il va advenir. Du coup, il scrute chaque faille… les différences sociales, cette façon de s’incruster dans l’intimité du foyer, la solitude de sa propre vie, ces petites notes de discordance qui finissent par se faire entendre derrière une harmonie trompeuse… et puis, totalement impuissant, il commence à voir ces forces invisibles qui accompagnent la lente glissade de la nounou vers le drame.

Au fil de ce huis clos, qui se déroule dans l’intimité de cette famille, l’auteure développe un thriller psychologique particulièrement efficace. Le style sobre Leïla Slimani décrit d’ailleurs avec brio cette menace latente qui plane au-dessus de cette tragédie à rebours qui incitera inévitablement les lecteurs à bien réfléchir avant de sous-traiter leur parentalité et l’éducation de leurs enfants à une inconnue afin d’assouvir leurs besoins de réussite professionnelle.

Pas de nounou chez nous !

Brian K. Vaughan et Fiona Staples – Saga (Tome 6)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Séries, Urban Comics, Urban Indies, [DL 2016], [En cours], [Sans super-héros] with tags , on 28 novembre 2016 by Yvan

Les grandes retrouvailles !

Brian K. Vaughan et Fiona Staples - Saga (Tome 6)Cette excellente série imaginée par Brian K. Vaughan (Y, le dernier homme, Pride of Baghdad ou Ex Machina) se poursuit avec un sixième volet qui reprend les épisodes #31 à #36 de ce space opéra familial particulièrement jubilatoire.

Pour rappel, Saga invite à suivre les déboires d’un couple d’amoureux, issus de planètes ennemies et en guerre perpétuelle. Marko, notre Roméo cornu originaire de la planète Couronne, vit donc d’amour et d’eau fraîche en compagnie d’Alana, sa Juliette ailée issue de Continent. Au centre des débats (et à la narration), le lecteur retrouve bien évidemment la petite Hazel, fruit de leur amour interdit. Cette progéniture, issue de deux espèces qui sont en guerre depuis la nuit des temps, n’est cependant pas vue d’un bon œil par les peuples respectifs et se retrouve du coup pourchassée dès sa première bouffée d’air. La vie de couple n’est déjà pas un long fleuve tranquille, mais quand on est pourchassé par les pires tueurs professionnels de la galaxie, que les beaux-parents surgissent à l’improviste, que la baby-sitter est un fantôme et qu’une ex montre le bout du nez… il faut être sacrément balèze pour que l’amour survive !

Après un cinquième volet où les différents membres de la famille s’étaient retrouvés éparpillés aux quatre coins de l’univers, Marko et Alana sont à nouveau réunis et bien décidés à retrouver leur enfant. S’il y avait un peu d’eau dans le gaz du couple lors du quatrième tome, ce but commun semble cependant leur faire du bien. Si Marko et Alana se retrouvent de nouveau au cœur du propos, ils se font néanmoins voler la vedette par la petite Hazel. Cette dernière a maintenant quatre ans (et toutes ses ailes/cornes) et est toujours enfermée avec sa grand-mère dans une prison de la planète Continent.

En parallèle, l’auteur poursuit également la quête de nombreux personnages secondaires. Du tueur à gages nommé Testament, qui est enfin sorti du coma grâce au remède pour le moins surprenant trouvé par Gwendoline, La Marque et Sophie sur la planète Demimonde, au retour des deux journalistes d’investigation, en passant par les déboires de la famille royale Robot, l’auteur livre à nouveau une véritable petite pépite au niveau de la caractérisation. En multipliant les planètes et les espèces, l’auteur offre une lecture très diversifiée et une galerie de personnages extrêmement riche et parfaitement exploitée, qui s’étend au fil des tomes. Celui-ci marque ainsi l’arrivée de Noreen, la maitresse d’école de Hazel, et de Pétrichor, le transsexuel, et démontre une nouvelle fois la capacité de l’auteur à dresser le portrait de personnages terriblement humains et toujours aussi attachants et à composer des groupes de personnages assez improbables et de saupoudrer le tout de dialogues croustillants au possible.

Si cet ovni mélange avec brio space opéra, romance, chronique familiale, géo-politique, comédie, aventure, sexe, horreur, violence, chasse à l’homme, drame, action, science-fiction et magie, l’une des grandes forces du récit sont en effet les dialogues. Ceux-ci sont une nouvelle fois d’un naturel extraordinaire et débordent d’humour. Le choix d’Hazel en tant que narratrice du récit fonctionne également toujours à merveille, surtout que cette dernière revient sur les événements avec un certain recul et beaucoup de cynisme. Ajoutez à cela un character-design impressionnant, un univers débordant d’inventivité et la capacité de Vaughan d’aborder énormément de thèmes sensibles en toute décontraction, sans alourdir le récit, et vous obtenez une véritable tuerie qui gère de surcroît l’art du cliffhanger avec énormément de maestria.

Visuellement, le graphisme de Fiona Staples continue de fonctionner à merveille. La dessinatrice canadienne donne non seulement vie à des créatures loufoques au look très réussi, mais parvient surtout à mettre les délires du scénariste en images avec beaucoup de savoir-faire et d’esthétisme. À l’aide d’une colorisation qui accompagne toujours parfaitement le ton du récit, elle contribue aussi à installer une ambiance toujours adéquate. Elle offre également un découpage efficace qui rend la lecture très fluide et qui incite à tourner les pages à grande vitesse.

Ils en parlent également : Dionysos

Marc-Antoine Mathieu – Otto, l’homme réécrit

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, Marc-Antoine Mathieu, One-shots, [Avancé], [DL 2016] with tags on 25 novembre 2016 by Yvan

La quête identitaire d’un artiste !

Marc-Antoine Mathieu - Otto, l’homme réécritCe nouveau one-shot signé Marc-Antoine Mathieu (Dieu en personne, Julius Corentin Acquefacques,
3 secondes, Sens) invite à suivre la crise existentielle d’Otto, un artiste pourtant arrivé au sommet de son art.

C’est la mort de ses parents qui va précipiter le questionnement existentiel d’Otto. Il reçoit en effet une malle en héritage, contenant l’intégralité des faits et gestes des sept premières années de son existence. Il décide alors de s’isoler du monde et de revivre les sept premières années de sa vie en temps réel. Lui qui n’avait que très peu de souvenirs de son enfance, découvre progressivement que tout ce qu’il est devenu était déjà pré-écrit dès son plus jeune âge. En ayant subitement accès à l’intégralité de son tissu originel, il réalise qu’aucune de ces actions et de ses choix artistiques ne relève du « libre arbitre »… que tout n’est qu’illusion et que son œuvre n’est finalement qu’une énorme imposture!

Adepte de sujets conceptuels, Marc-Antoine Mathieu propose une introspection philosophique qui invite le lecteur à se poser des questions existentielles et à s’interroger sur sa propre identité. Si l’approche est une nouvelle fois brillante, j’ai trouvé le manque d’empathie envers le personnage principal un peu dommage. Le lecteur a en effet beau revivre son enfance en sa compagnie, c’est surtout la démarche intellectuelle et l’observation purement factuelle qui intéresse l’auteur. Ce sentiment de distance envers ce personnage que l’on n’apprend jamais à véritablement connaître se retrouve encore renforcé par une narration en voix-off.

Visuellement, le talent narratif de cet auteur qui recherche constamment les limites de l’art séquentiel n’a plus besoin d’être démontré. Usant d’un trait précis et minimaliste, il propose un dessin noir et blanc d’une sobriété renforcée par l’absence de phylactères et merveilleusement mis en valeur par ce format à l’italienne très élégant. Comme d’habitude, l’auteur tente de repousser les limites du neuvième art en jouant avec les cadrages, avec les concepts et avec la géométrie des formes. Ici, ce sont les reflets et les jeux de miroir qui jouent un rôle prépondérant. Ces miroirs sont comme des fenêtres qui permettent au personnage central de s’observer tout en se redécouvrant au fil des pages.

Jeff Lemire – Winter road

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Futuropolis, One-shots, [DL 2016], [Sans super-héros] with tags on 23 novembre 2016 by Yvan

La vie d’un voyou dans le fin fond du Canada !

Jeff Lemire - Winter roadÀ l’instar d’ « Essex County », Jeff Lemire (Sweet Tooth, Jack Joseph soudeur sous-marin, Trillium)nous emmène une nouvelle fois dans son pays natal. L’action de « Roughneck » (titre original) se déroule en effet dans un bled perdu de la province de l’Ontario au Canada.

Dans cet univers hostile et enneigé qui n’est pas sans faire penser à celui de « Fargo », l’auteur invite à suivre les pas de Derek Ouelette. Cet ancien joueur de hockey, reconverti en loser qui dort dans un petit local de la patinoire, passe ses journées accoudé au bar en attendant la prochaine occasion de se bagarrer. Sa sœur Bethy n’est pas beaucoup mieux lotie : partie treize ans auparavant en direction de Toronto, elle revient dans sa ville natale sans un radis, complètement camée et poursuivie par un ex violent. Avec son frère comme seul espoir, ses chances de s’en sortir semblent bien minces… à moins qu’elle lui redonne un but dans la vie…

Jeff Lemire signe donc un one-shot basé sur les relations familiales, dans un environnement où les conflits se règlent par la violence. L’auteur nous immerge lentement dans ce huis clos au milieu de nulle part, dévoilant progressivement le poids qui pèse sur les différents personnages. Les décors dépouillés et la colorisation bleutée renforcent encore la froideur et le calme qui règnent dans cet endroit aux conditions climatiques rudes, où le silence est roi. Seul les flash-backs sont en couleurs, comme pour souligner des temps meilleurs. Le trait brut et particulièrement expressif contribue également à faire ressortir la dureté des visages de ces personnages torturés par une vie difficile et marqués par ce climat hostile.

Très bon, même si l’intrigue ne déborde pas forcément d’originalité.

Ils en parlent également : Mo’, Jérôme