Delphine De Vigan – Les enfants sont rois

Posted in Littérature with tags on 18 septembre 2021 by Yvan

Devenir célèbre à n’importe quel prix !

Delphine De Vigan - Les enfants sont roisAyant beaucoup aimé « Les Loyautés » et « Les gratitudes », c’est assez logiquement que « Les Enfants sont rois » est venu s’ajouter à ma PÀL, surtout que la plupart des avis étaient très positifs.

« Les Enfants sont rois » débute en 2001, année où Clara Roussel et Mélanie Claux, encore adolescentes, suivent avec grande attention la finale du Loft, émission de téléréalité qui transformera Loana en star. Tandis que Clara intègre les forces de police, Mélanie continue de rêver de célébrité et trouvera finalement le succès en mettant en scène sa vie quotidienne et celle de ses enfants sur YouTube. Lorsque sa fille cadette est enlevée, c’est certes la stupeur parmi les millions de fans qui suivaient leur chaîne « Happy Récré », mais également un nouveau monde que va découvrir Clara lors de l’enquête : celui des enfants influenceurs !

Les enfants dont il est question sont donc rois d’un royaume virtuel où ils se mettent à nu, partageant chaque instant de leur jeune existence en espérant récolter le plus de « likes » possible de la part du peuple. En prenant comme point de départ l’avènement de la téléréalité, Delphine De Vigan suit le chemin tracé par notre société, qui permet d’accéder à la célébrité en sacrifiant sa vie privée. L’auteure pointe du doigt ce besoin constant de reconnaissance et de visibilité, qui incite des parents à partager l’intimité de leurs enfants à des fins mercantiles, générant ainsi des millions de vues sur les réseaux sociaux, ainsi que des sommes parfois astronomiques, souvent au détriment du bonheur des enfants…

Cette dénonciation s’effectue à travers le regard de deux femmes qui ont toutes les deux grandi à l’époque de la téléréalité, mais qui ont cependant développé une vision radicalement opposée des réseaux sociaux. Si l’une est une véritable star du numérique, l’autre est devenue une policière procédurière solitaire, qui préfère rester dans l’ombre. 

Si j’adhère totalement à la dénonciation de cet exhibitionnisme lucratif d’enfants beaucoup trop jeunes, je ressors par contre plutôt mitigé de cette lecture. Outre un manque d’empathie envers les personnages, j’ai également eu du mal avec la forme de ce roman, qui a tout d’un récit journalistique, certes intéressant, mais emballé dans une intrigue policière sans véritable envergure. De plus, le côté documentaire a légèrement tendance à tourner en rond en voulant restituer l’aspect répétitif des vidéos publiées sur YouTube, tandis que l’enquête policière retombe comme un soufflé.   

Bref, le monde se porterait sans doute mieux si les enfants influenceurs ouvraient des livres au lieu d’ouvrir des cadeaux de grandes marques devant une caméra…même si le livre en question est un livre qui ne m’a finalement pas trop emballé malgré un sujet intéressant. Dommage…mais n’oubliez tout de même pas de liker mon avis 😊.

Les enfants sont rois, Delphine De Vigan, Gallimard, 352 p. , 20€

Ils veulent également des « Likes » : Mumu, Nina, Nath, Mes échappées livresques, Page après page, Karine, Marie, Mélie, Julie, Une comète, Pat, Roseleen, Just One More Episode, Peluche, Valérie, À propos de livres, One more cup of coffee, Carnet de lecture, Lilou, Emi lit, Céline, Marine, Marie, Ju, Brigitte, Mon petit carnet de curiosités, Hélène, Lili, Mes p’tis lus, Henrik, Cath, Derrière ma porte un monde, Zagaducgsette, Joëlle, Christelle, Café antidote, Lily, Caroline, Cindy, Sylvie

Amélie Antoine – Le bonheur l’emportera

Posted in Amélie Antoine, Littérature with tags , on 14 septembre 2021 by Yvan

Accepter la différence !

Amélie Antoine - Le bonheur l'emporteraEtant fan des romans d’Amélie Antoine (« Quand on n’a que l’humour », « Le jour où », « Sans elle ») et de « Raisons obscures » en particulier, je ne pouvais bien évidemment pas passer à côté de son dernier roman.

« Le bonheur l’emportera » démarre dans le bonheur, en compagnie d’une bien jolie famille, composée de Joachim, militant Greenpeace et papa aimant travaillant de la maison, de Sophie, carriériste et maman débordée, et de Maël, jeune collégien de onze ans qui se réfugie dans les livres. Si le papa perçoit le mal-être de ce gamin solitaire et taiseux, la maman préfère mettre cela sur le compte de la préadolescence…

Si ce nouveau roman d’Amélie Antoine parle des problèmes qui poussent certains couples à progressivement se tourner le dos et à se déchirer, souvent au détriment des enfants, il donne surtout la parole à la différence. À l’instar de « Raisons obscures », l’auteure invite les parents à être à l’écoute de leurs enfants et à être attentif à chaque forme de repli sur soi et d’isolement, qui est souvent synonyme de malaise. Chaque enfant est différent et il faut donc éviter de vouloir absolument les formatter afin de les faire entrer dans le moule d’une société qui ne laisse pas de place à la différence.

Ce roman choral qui donne alternativement la parole aux trois protagonistes au fil des chapitres, démontre une nouvelle fois la capacité de l’auteure lilloise à se glisser dans la peau de ses personnages, allant au plus profond de l’âme humaine. La manière dont elle restitue le mal-être et la déchirure de ce gamin tellement mal dans sa peau qu’il cherche à devenir invisible, est tout bonnement bouleversant !

Un roman riche en émotions et profondément humain, qui invite à embrasser la différence et à accepter nos enfants comme ils sont !

Le bonheur l’emportera, Amélie Antoine, XO, 376 p., 19,90€

Ils en parlent également: Aude, Laurence, Mes échappées livresques, Maeve, Audrey, Karine, Ulrich, Caroline, Annick, Audrey, Balades en livres, Maman nature, Célittérature, Evasion polar, Lili, Page après page, Des livres mon univers, Sandra

David Diop – La porte du voyage sans retour

Posted in Littérature with tags , on 11 septembre 2021 by Yvan

Une mystérieuse fleur africaine…

David Diop - La porte du voyage sans retourAprès «Frère d’âme», lauréat du prix Goncourt des lycéens en 2018, David Diop nous ouvre « La porte du voyage sans retour », surnom donné à l’île de Gorée, d’où partirent des millions d’esclaves africains au temps de la traite des Noirs.

Le récit débute cependant à Paris, en 1806, en compagnie d’Aglaé, dont le père, célèbre botaniste, vient de mourir. Héritant de nombreux objets hétéroclites, elle parvient à mettre la main sur des cahiers dissimulés par son père dans un meuble en acajou, révélant ce qu’il lui est véritablement arrivé lors de son périple au Sénégal. Parti y étudier la flore locale et rêvant de devenir mondialement connu en rédigeant sa grande encyclopédie universelle des plantes, il y trouvera surtout un amour impossible et beaucoup de souffrances…

Inspiré de la vie du botaniste Michel Adanson, « La porte du voyage sans retour » raconte l’histoire d’un homme tout d’abord intrigué par l’histoire du fantôme d’une jeune Africaine promise à l’esclavage, puis tombant éperdument amoureux de cette femme aussi mystérieuse qu’envoutante, pour finalement faire basculer cette quête sentimentale en une révolte contre le sort réservé aux Noirs. Le tout emmené par des personnages hauts en couleur, du jeune Ndiak, qui sert de guide au botaniste, à Maram, qui incarne non seulement toute la beauté et l’exotisme de ce magnifique pays, mais également ses injustices et ses peines…   

À travers les révélations post-mortem de ce vieux botaniste, David Diop livre non seulement l’héritage d’un père incompris à sa fille, mais surtout une histoire d’amour aussi merveilleuse que tragique, ainsi qu’une dénonciation de l’exploitation coloniale et de la traite des noirs. Le tout porté par la superbe plume de David Diop et parfumé par les splendeurs de l’Afrique, mélangeant croyances, proverbes, folklore et coutumes, allant même jusqu’à donner des allures de conte à cette bouleversante aventure africaine…   

La porte du voyage sans retour, David Diop, Seuil, 320 p., 19€

Ils en parlent également : Matatoune, Frédéric, Esméralda, Miriam, Emi lit, Nikita, Willy, Baz’art

Marie Vingtras – Blizzard

Posted in Guerre, Littérature with tags , on 8 septembre 2021 by Yvan

L’heure est à la confession !

Marie Vingtras - BlizzardParmi l’avalanche de livres publiés lors de cette rentrée littéraire d’automne, ce premier roman de Marie Vingtras ne terminera pas enseveli parmi tant d’autres car il s’avère excellent !

Le « Blizzard » dont il est question est celui qui souffle sur les terres hostiles de l’Alaska. Le genre de tempête qui vous invite à rester cloîtré chez vous, en espérant avoir assez de bois pour survivre et une bonne pelle pour tout déblayer une fois terminé. Malheureusement, Bess a tout d’abord eu la mauvaise idée de sortir avec le « petit », puis de lui lâcher la main le temps de refaire ses lacets. Un bref instant d’inattention qui a conduit à la catastrophe : le « petit » vient de se faire avaler par le blizzard !

Pour son premier roman, Marie Vingtras propose non seulement une course contre la montre haletante avec le mince espoir de pouvoir retrouver ce gosse vivant, mais surtout un huis-clos à ciel ouvert où les personnages partis à sa recherche vont se trouver eux-mêmes. Proposant des phrases courtes et des chapitres de seulement quelques pages, l’auteure rythme son récit comme un thriller à l’américaine, faisant monter la tension crescendo et tenant le lecteur en haleine de la première à la dernière page.

Ce récit choral invite à suivre quatre personnages qui prennent tout à tour la parole au fil des chapitres. Si tout disparaît progressivement sous un immense tapis de neige, des terribles secrets profondément enfouis refont progressivement surface. Quand on vient se planquer dans le trou du cul du monde, on a forcément quelque chose à cacher ! Livrés à eux-mêmes au cœur de cet environnement hostile, ils doivent non seulement affronter la nature, mais également leur propre passé.    

En isolant ses protagonistes dans cet endroit reculé du monde battu par des vents glacés, Marie Vingtras nous installe au plus proche de ses personnages. Les seules voix qu’elle partage sont les monologues d’individus en quête d’eux-mêmes, qui se dévoilent au fil de leurs pensées. Le gosse demeure introuvable, mais la vérité refait indéniablement surface. Au cœur de la tempête, l’heure est à la confession !

La Grande Librairie n’a pas menti, « Blizzard » fait en effet partie des incontournables de cette rentrée d’automne !

Blizzard, Marie Vingtras, Editions de l’Olivier, 181 p., 17 €

Ils étaient dans le blizzard: Joëlle, Orianne, Diacritik

Antoine Dole – Six pieds sur terre

Posted in Littérature with tags on 2 septembre 2021 by Yvan

Déprimant à mourir…

Antoine Dole - Six pieds sur terreAyant déjà souvent eu envie de lire les romans pour ados d’Antoine Dole, je n’ai pas longtemps hésité en voyant ce titre parmi ceux de la rentrée littéraire 2021.

« Six pieds sur terre » invite à suivre les pas de Camille et Jérémy, dont les destinées s’unissent après avoir vécu une jeunesse difficile. Malgré tout l’amour qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, les deux trentenaires ne parviennent cependant pas à être heureux ensemble. Le jour où Camille lui annonce qu’elle désire un enfant, les démons qui dévoraient Jérémy refont brutalement surface… Comment donner la vie alors que l’on peine soi-même à trouver sa place parmi les vivants ? Comment transmettre le goût de vivre quand on a soi-même envie de disparaître ?

En plongeant dans l’intimité de deux écorchés vifs, l’un ne trouvant pas sa place dans son couple et dans la vie, l’autre colmatant les brèches avec un surplus d’amour, Antoine Dole nous emmène sur le chemin de la dépression. En disséquant les émotions de ces deux personnages meurtris depuis la plus tendre enfance, il lève le voile sur cette gangrène invisible qui ronge lentement l’espoir, l’envie d’avancer… l’envie de vivre. Mieux vaut prévenir le lecteur qu’en se mettant à table, il risque l’indigestion car le menu proposé par l’auteur sera particulièrement lourd à digérer : Traumatismes de l’enfance, mal-être, maladie mentale, dépression et idées suicidaires, le tout servi dans un environnement sombre et baignant dans une grande tristesse.  

Si je referme ce roman totalement abattu, percuté par l’écriture poignante et riche en métaphores d’Antoine Dole, il me manque cependant un ingrédient pour pouvoir parler de véritable coup de cœur. J’ai en effet eu trop souvent l’impression d’assister au naufrage de ce couple en tant que spectateur. Pourtant, régulièrement, au détour de quelques phrases en italique prononcées par les personnages on se rapproche un peu d’eux, mais sans avoir le temps de s’attacher de trop, car l’auteur effectue très vite un zoom arrière, revient à une narration à la troisième personne et nous éloigne à nouveau de la scène. Alors même si le cadrage est excellent et que le narrateur qui se substitue aux protagonistes utilise des mots extrêmement justes pour décrire cette lente descente aux enfers, je regrette tout de même cette distance qui empêche le véritable coup de cœur…

Un roman très sombre que l’on referme au bord de la dépression… malgré ce mince filet de lumière offert par l’auteur en fin de roman, donnant tout son sens à ce titre finalement très beau de l’ouvrage.

Six pieds sur Terre, Antoine Dole, Robert Laffont, 252 p., 18€

Ils en parlent également : Florence, Amendine, Parfums de livres, Mademoiselle lit

Delphine Horvilleur – Vivre avec nos morts

Posted in Littérature with tags , on 31 août 2021 by Yvan

Vivre, au-delà de la mort !

Delphine Horvilleur - Vivre avec nos mortsCe nouvel essai de la célèbre femme rabbin, Delphine Horvilleur, regroupe onze histoires qui découlent de son travail d’accompagnement des défunts et de leurs proches lors des obsèques de personnalités ou d’anonymes.

De l’enterrement d’Elsa Cayat, psychanalyste de Charlie Hebdo, assassinée en 2015, aux funérailles de Simone Veil et de son amie Marceline Loridan, surnommées les « filles de Birkenau », en passant par ce petit garçon qui demande où est passé son frère décédé ou cette New-Yorkaise dépressive qui passe son temps à organiser ses propres obsèques dans les moindres détails, Delphine Horvilleur côtoie régulièrement la mort, parfois même celles de personnes qui lui sont proche, comme sa meilleure amie. D’une prière récitée par téléphone à cause du Covid à cette cérémonie en tête-à-tête avec le fils de la défunte pour seul public, Delphine Horvilleur invite à réfléchir sur la mort, tout en rendant un hommage vibrant à la vie !

Cette réflexion sur la mort est en effet avant tout un roman sur la vie, qui n’empêche pas de régulièrement sourire et qui évite de donner le dernier mot à la mort, invitant à regarder au-delà, la où la vie continue… avec ses morts. Face à cette mort, l’auteure en profite également pour dévoiler une part d’elle-même, de cette grand-mère déportée dont personne ne parle à cet oncle inhumé au cimetière alsacien de Westhoffen, en passant par cette meilleure amie dont elle partage péniblement les derniers instants…

À travers ce texte, Delphine Horvilleur se révèle surtout une conteuse hors-pair qui puise dans les textes sacrés pour parler d’un sujet qui nous concerne tous au-delà des communautés religieuses. En s’appuyant sur l’étymologie des mots et la culture juive, elle exploite toute la puissance du verbe afin de vaincre la mort et de faire l’éloge de la vie.

Instructif pour ceux qui comme moi ne connaissent pas grand-chose au judaïsme, foncièrement drôle au détour de quelques blagues typiquement juives qui m’ont fait pouffer de rire, d’une finesse rare au niveau de la plume et inévitablement bouleversant et sensible vu le thème principal, « Vivre avec nos morts » est un superbe texte que je recommande à tous ceux qui, peu importe leur croyance, envisagent de mourir un jour, voire de vivre au-delà de la mort…

Vivre avec nos morts, Delphine Horvilleur, Grasset, 234 p., 19,50€

Ils en parlent également : Matatoune, Domi, Hélène, Jean, Jean-Pierre, Nadia, Adeline, Sandrion, Marie, Voyages au fil des pages                                

Sorj Chalandon – Enfant de salaud

Posted in Guerre, Littérature with tags , , on 27 août 2021 by Yvan

L’heure du verdict !

Sorj Chalandon - Enfant de salaudÀ l’instar d’Amélie Nothomb (« Premier sang »), Sorj Chalandon (« Mon traître », « Le jour d’avant ») profite de la rentrée littéraire pour ressusciter son père d’un coup de plume.

Ayant couvert le procès de Klaus Barbie pour Libération en 1987, l’auteur ne s’interroge pas sur la culpabilité de celui que l’on surnommait « Le Bourreau de Lyon », ce chef de la gestapo de Lyon ayant donné l’ordre d’exécuter et de déporter de nombreux Juifs et étant responsable de la rafle des 44 enfants juifs d’Izieu, car celle-ci ne fait aucun doute ! Non, il s’interroge sur la culpabilité de celui que son grand-père traite de « salaud » car il l’a aperçu en uniforme allemand lors de la seconde guerre mondiale. Son père est-il vraiment un traître ?

En invitant son père dans la salle d’audience qui jugeait Klaus Barbie, Sorj Chalandon entremêle la petite et la grande histoire au sein d’un même récit. Ayant mis la main sur le dossier judiciaire de son père, condamné le 18 août 1945 à un an de prison et cinq ans de dégradation nationale, l’auteur place son propre père dans le box des accusés pour répondre à une question qui le taraude depuis l’âge de 10 ans : « Qu’as-tu fait sous l’Occupation papa ? »

Dans l’ombre des atrocités commanditées par ce barbare nazi défendu par Jacques Vergès, Sorj Chalandon découvre les errements d’un père qui retourne constamment sa veste, passant plusieurs fois d’un camp à l’autre, résistant un jour, déserteur le suivant, tricheur tout le temps. Menteur patenté, son paternel enfilait les uniformes comme des costumes de théâtre, changeant constamment de rôle et bernant tout le monde… dont ce fils incapable de démêler le vrai du faux.

« Enfant de salaud » est d’une part un devoir de mémoire, revenant sur les atrocités de la Shoah, mais surtout le cri d’amour désespéré et bouleversant d’un homme devenu journaliste en quête de vérité, dressant ici le portrait d’un père colérique, mythomane et manipulateur, auquel il tend une dernière fois la main…

Puissant !

Enfant de salaud, Sorj Chalandon, Grasset, 336 p., 20,90 €

Ils en parlent également : Matatoune, Ma collection de livres