Estelle Tharreau – Mon ombre assassine

Posted in Littérature with tags on 20 mars 2019 by Yvan

Et si le crime parfait était féminin ?

Estelle Tharreau - Mon ombre assassineCe thriller psychologique débute par la mise en examen de Nadège Solignac, une institutrice appréciée de tous. Elle vient pourtant bel et bien de tuer Fabien Bianchi, un policier retrouvé noyé dans sa piscine. Mais bon, Nadège Solignac plaide la légitime défense pour tentative de viol et elle est donc plutôt confiante… surtout que ce n’est pas son premier meurtre !

Le récit alterne avec brio l’évolution de l’enquête et flashbacks retraçant la vie de Nadège, de sa petite enfance à sa vie d’adulte. La confession de l’héroïne en attente de son procès permet au lecteur de regarder derrière le masque de la gentille maîtresse d’école. Si dans la vie de tous les jours, elle se cache derrière son visage d’ange, au-dessous de tout soupçon, le lecteur a lui droit à toute la vérité sur les méfaits de cette tueuse en série. La narration à la première personne permet d’ailleurs de pénétrer dans l’esprit tortueux de cette serial killeuse calculatrice et d’une incroyable froideur, qui trompe tout le monde depuis son plus jeune âge. La confession diabolique de Nadège est entrecoupé de procès-verbaux d’audition, d’articles de presse et d’interrogatoires de ses proches, accentuant ainsi le réalisme de ce parcours funeste pour le moins insolite.

Mon ombre assassine, Estelle Tharreau, Taurnada, 257 p., 9,99€

Ils en parlent également: Sharon, Sonia, Anaïs, Aude, Maud, Lord Arsenik, Marie-Nel lit, Bookliseuse, Mes Lectures du Dimanche, Le Kilometre Manquant, Les Motordus d’Anne Ju, The big blowdown, Satine’s Book, Kiriiti’s Blog, Les Miss Chocolatine Bouquinent, Des plumes et des Livres, Inspirer et partager, Milles livres et milles étoiles, La bibliothèque de Céline, 4bookine, Bookscritics, Sang peur et sans reproche

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René Manzor – Apocryphe

Posted in Littérature with tags on 13 mars 2019 by Yvan

Et si Jésus…

René Manzor - ApocrypheCe récit de René Manzor commence en l’an 30 au sommet du Golgotha, par la crucifixion d’un homme surnommé le “Roi des Juifs”. Au loin, un gamin de sept ans observe l’homme qui agonise sur la croix du milieu. Sept ans plus tard, David de Nazareth, car tel est son nom, vit caché dans le désert de Qumrân en compagnie de sa mère, mais rêve de délivrer son peuple. « Apocryphe » est son histoire…

En donnant corps au fils caché de Jésus, René Manzor plonge le lecteur dans le contexte historique turbulent du premier siècle de notre ère. En nous propulsant avec brio dans la réalité politique, sociale et religieuse de l’époque, le côté fictionnel de ce thriller biblique s’estompe malgré un titre qui ne laisse pourtant que peu de doutes quant à l’authenticité de cette épopée captivante. La frontière entre les personnages historiques, parfois revus sous un nouveau jour, et ceux issus de l’imagination de l’auteur devient ainsi de plus en plus floue. Le lecteur se laisse alors volontiers embarquer dans le sillage de personnages attachants, profonds et crédibles, qui évoluent au cœur d’un territoire qui ne demande qu’à se rebeller contre la domination écrasante des Romains.

Ajoutez à cela une écriture nerveuse et cinématographique, un excellent sens du rythme, renforcé par des chapitres courts, et des personnages féminins qui ne sont pas en reste malgré le contexte historique, et vous obtenez une histoire à laquelle vous n’êtes pas obligé de croire, mais qui ne manquera pas de vous envoûter de la première à la dernière page… et… qui sait… peut-être que les aventures de ce petit-fils de charpentier vous permettront même de retrouver la foi…

Je n’avais encore jamais rien lu de René Manzor, mais me voilà converti et vous pouvez donc dorénavant me compter parmi ses fidèles…

Apocryphe, René Manzor, Calmann-Lévy Noir, 400 p., 19,30€

Ils en parlent également: Les Livres de K79, EmOtionS, Ju lit les mots, The Cannibal Lecteur, Evasion polar, La caverne du polar,   Collectif polar, Pause polarUn Livre Toujours, Les cibles d’une lectrice « à visée », Aude Bouquine, Livresse du Noir, Ma passion les livres, The Eden of Books, Un Livre Toujours

Marie Pavlenko – Un si petit oiseau

Posted in Littérature with tags , on 6 mars 2019 by Yvan

Prendre son envol avec une seule aile…

Marie Pavlenko - Un si petit oiseauAyant adoré « Je suis ton soleil », je me suis précipité au plus vite sur ce nouveau roman de Marie Pavlenko publié chez Flammarion Jeunesse.

Le petit oiseau dont il est question se nomme Abigail, mais la vie vient malheureusement de lui couper une aile. Amputé d’un bras suite à un accident de voiture, Abi décide de couper les ponts avec tous ses amis et de s’enfermer chez elle. Malgré le soutien inconditionnel de ses proches, elle ne parvient pas à retrouver goût à la vie. Jusqu’au jour où elle reçoit un colis anonyme par la poste…

« Un si petit oiseau » est donc le récit d’une lente reconstruction de soi. En se basant sur le drame vécu par sa propre mère, Marie Pavlenko raconte les souffrances psychologique et physiques de cette fille de vingt ans qui s’isole du reste du monde, incapable d’affronter le regard des autres sur son corps mutilé. Au passage, l’auteure n’oublie pas non plus de montrer les conséquences du malaise d’Abi sur le reste de cette famille, qui a également tendance à se replier sur elle-même.

Tout en narrant l’histoire d’un passage à l’âge adulte particulièrement compliqué, Marie Pavlenko aborde donc le thème du handicap avec énormément de délicatesse et d’humour, nous faisant régulièrement passer du rire aux larmes. Mais la grande force de cette auteure demeure sa capacité à dresser le portrait de personnages attachants, tel que cette tante Coline inimitable, que l’on a du mal à quitter en refermant le roman. Le fait de croiser une petite fille aux bottes en caoutchouc vertes promenant son chien Isidor dans un parc m’a par exemple fait chaud au cœur… et donné envie de relire « Je suis ton soleil »…

Si vous aimez les récits d’Anna McPartlin (« Les derniers jours de Rabbit Hayes », « Du côté du bonheur ») et Virginie Grimaldi (« Tu comprendras quand tu seras plus grande », « Il est grand temps de rallumer les étoiles ») ou que vous avez aimé « Avant toi » de Jojo Moyes, ne passez pas à côté de Marie Pavlenko !

Un si petit oiseau, Marie Pavlenko, Flammarion, 352 p., 17,50€

Ils en parlent également: Folavril, LittéLecture, Carnet Parisien, Mon jardin littéraire, Comme dans un livre, Marion, Sterling Books, L’ourse bibliophile, Muffins & Books, Bulles & chapitres, Petit moment littéraire, Lirelanuitoupas

Michaël Mention – Power

Posted in Littérature with tags on 27 février 2019 by Yvan

Get up, stand up…

Michaël Mention - PowerCe dixième roman de Michaël Mention a su réveiller l’ado qui sommeille encore en moi et qui s’amusait à porter des T-shirts de Malcolm X…

« Power » c’est une immersion dans le contexte politique et social particulièrement tendu des sixties : Woodstock, la guerre du Vietnam, le meurtre de Kennedy, John Edgard Hoover, le Flower Power, le Black Power, des ghettos plongés dans la misère… et des athlètes noirs qui lèvent le poing lors de la remise des prix aux Jeux Olympiques !

« Power » c’est l’histoire du Black Panther Party, de sa création à sa chute, en passant par sa croissance exponentielle, au moment où ses milliers de membres ébranlaient les fondations même de cette Amérique raciste où Martin Luther King et Malcom X finissent assassinés…

« Power » c’est la descente aux enfers de trois personnages charismatiques qui vous permettent de vivre un pan de l’Histoire des Etats-Unis à hauteur d’homme: Neil, un flic un brin idéaliste, Charlene, un jeune militante black, et Tyrone, un taulard libéré par le FBI pour infiltrer les Black Panthers.

« Power » c’est une écriture viscérale et immersive, des mots qui claquent et une musique de fond qui mixe de la soul, du funk et du rock durant 450 pages.

« Power » c’est un roman coup de poing… tendu vers le ciel, fier d’être black !

Michaël Mention, Power, Stéphane Marsan, 464 p., 20€

Ils en parlent également: Encore du Noir, EmOtionS, The Cannibal Lecteur, Natiora, Black Novel, Les mots chocolat, Actu Du Noir, Stef, Collectif polar, Le Bouquin Ivre, Black roses for me, Aude, Bonnes feuilles et mauvaise herbe, La Bibliothèque d’Aelinel, Lire en bulles

Bryan Reardon – Jake

Posted in Littérature with tags on 20 février 2019 by Yvan

La chasse au coupable !

Bryan Reardon – JakeSimon est un père au foyer, qui a abandonné son boulot afin de pouvoir consacrer son temps à l’éducation de ses deux enfants, Jake et Laney. Le jour où une fusillade éclate dans leur lycée, sa vie bascule. Si sa fille est saine et sauve et que le coupable s’est suicidé après avoir tué treize lycéens, son fils Jake demeure cependant introuvable et se retrouve vite suspecté d’être le deuxième tireur…

Pour son premier roman, Bryan Reardon ne fait pas dans le sanguinolent ou dans le voyeurisme car il se concentre sur les émotions de ce père qui remet en question toute l’éducation qu’il a donné à son fils. L’auteur ne prend d’ailleurs même pas la peine de décrire la tuerie de masse, préférant se concentrer sur l’aspect humain… car au-delà de l’horreur de chaque attentat, il y a des proches qui souffrent ou qui se retrouvent pointés du doigt par une société à la recherche d’un coupable afin de pouvoir expliquer l’inexplicable… quitte à taper sur les réseaux sociaux, sur les jeux vidéos ou sur les parents qui ont engendrés de tels monstres !

En alternant passé et présent, l’auteur choisit non seulement de suivre les déboires de cette famille qui se retrouve au centre de la tempête médiatique qui fait rage, mais il invite surtout le lecteur à analyser chaque moment de la vie de Jake, de sa naissance jusqu’au drame. Où sont les signes avant-coureurs, quels sont les erreurs commises par ce père visiblement aimant et surtout… où est passé Jake ? Il faudra tourner les pages pour le savoir…

Ils en parlent également : EmOtionS, Actu Du Noir, Lord Arsenik, Cannibal Lecteur, Valérie, La sorciere des mots, Black roses for me, Mes aventures livresques, Aude Bouquine

Jake, Bryan Reardon, Gallimard, 352 p., 21€

Pierre-Henry Gomont – Malaterre

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2018] with tags , on 17 février 2019 by Yvan

Un père pas comme les autres…

Pierre-Henry Gomont - MalaterreAprès « Pereira prétend », une excellente adaptation littéraire qui emmenait le lecteur au Portugal, Pierre-Henry Gomont se rend en Afrique, le temps d’un récit familial d’inspiration autobiographique.

Le lecteur y suit les déboires de Gabriel Lesaffre, un homme divorcé qui décide d’emmener deux de ses enfants en Afrique, où il a racheté un domaine familial en pleine forêt équatoriale. Loin de leur mère et de leur petit frère, Mathilde et Simon découvrent un nouveau monde… et, à défaut de pouvoir compter sur ce père toujours absent, ils jouissent d’une énorme liberté…

Dans “Malaterre”, Pierre-Henry Gomont dresse tout d’abord le portrait d’un père égocentrique, alcoolique, flambeur, menteur et… absent. Un personnage haut en couleurs, assez complexe, qui n’a pas grand-chose pour plaire, mais qui peut cependant parfois s’avérer attachant. L’auteur détail également les sentiments de ces deux adolescents qui multiplient les découvertes, tout en souffrant du comportement extravagant et irresponsable de leur père.

La voix-off et l’utilisation de « bulles-pensées » qui en disent souvent plus que mille mots, contribuent à insuffler pas mal d’humour à cette vision du père à la base assez triste. Le tout se retrouve de surcroît sublimé par un dessin nerveux rehaussé d’une colorisation adéquate, accentuant d’une part le caractère énergique du paternel et d’autre part toute la moiteur et la beauté du décor africain.

Ils en parlent également: Mes échappées livresques, Moka, Les Dream-Dream d’une bouquineuse, Les Fringales Littéraires

Benoît Philippon – Mamie Luger

Posted in Littérature with tags on 13 février 2019 by Yvan

Une mamie pas comme les autres !

Benoît Philippon - Mamie LugerBerthe Gavignol est une mamie pas comme les autres, qui envoie du lourd dès les premières pages. Du haut de ses cent deux ans elle canarde les flics depuis la fenêtre de sa modeste demeure afin de couvrir la fuite de Roy et Guillemette, les personnages principaux du premier roman (« Cabossé ») de Benoît Philippon. Vite maîtrisée par les forces de l’ordre, elle se retrouve en garde à vue, interrogée par un inspecteur Ventura qui, à l’instar du lecteur, ne risque pas de vite oublier cette petite vieille pour le moins surprenante…

Ce deuxième roman de Benoît Philippon alterne brillamment les chapitres dédiés à l’interrogatoire de cette tueuse multirécidiviste et les passages narrant la vie plutôt turbulente de cette femme sur un bon siècle. Féministe avant l’heure, Berthe ne pouvait certes pas compter sur le hashtag #MeToo, mais démontre au fil des flash-backs qu’un flingue et une bonne pelle peuvent également faire l’affaire. Malgré une certaine redondance au niveau de l’accumulation des cadavres, l’auteur varie habilement les sujets, allant du viol à l’avortement, en passant par l’infertilité. Si l’homme ne ressort pas forcément grandi du récit, le lecteur n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer au milieu de ces deux personnages principaux particulièrement attachants et souvent assez drôles.

Si vous avez aimé « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » de Jonas Jonasson, vous devriez passer un bon moment en compagnie de cette mamie à la vie pleine de rebondissements.

Mamie Luger, Benoît Philippon, Les Arènes, 450 p., 16€

Ils en parlent également: EmOtionS, Actu Du Noir, Le Bouquin Ivre, Les livres de K79, Amicalement noir, Hannibal le lecteur, Les Lectures de Maman Nature, Un livre dans la poche, BiblioBlog, Les lecteurs associés, L’essor des idées