Bill Watterson – Calvin et Hobbes, Faites place à Hyperman ! (Tome 16)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Dargaud, Séries, [DL 1900 à 2000], [Sans super-héros], [Terminées] with tags , on 29 août 2016 by Yvan

Pas de place pour Hyperman ?

Bill Watterson - Calvin et Hobbes, Faites place à Hyperman ! (Tome 16)Etant grand fan des passages où l’imagination débordante du petit Calvin lui permet de se transformer en plein de choses, dont Hyperman, le titre de ce seizième volet me paraissant particulièrement alléchant. Malheureusement, ce ne sont pas ces passages-là qui sont le plus nombreux dans ce tome… où Hyperman ne fait d’ailleurs qu’une apparition hyper-brève. Le lecteur a certes droit à une transformation en Spiff le Spationaute, le temps d’étudier une créature bizarre. Calvin s’imagine également en fourmi rebelle, bien décidé à ne pas aider sa mère dans les tâches ménagères. Il va même se croire pilote de ligne volant à toute allure dans le Grand Canyon… alors qu’il se trouve sur le siège arrière de la voiture familiale, sur le chemin de l’épicerie… mais je ressors tout de même de ce tome avec un petit goût de trop peu !

Sa créativité ne s’arrête heureusement pas là. Le petit chenapan va en effet jouer au chef d’entreprise, vendant de supers idées pour seulement un euro et proposant même à ceux qui n’ont pas assez d’argent de payer en dix mensualités avec 100% d’intérêt. Son intelligence illimitée va aussi s’attaquer aux termes scientifiques, qu’il ne trouve pas suffisamment évocateurs… proposant ainsi de changer le terme « Big Bang » en « l’atroçorrible ka-boooum de l’espace » ! Voilà qui en jette un peu plus !

Après plusieurs tomes qui permettaient à Calvin de profiter des plaisirs de l’hiver, celui-ci se déroule en plein été. Pour Susie Derkins, sa petite voisine et souffre-douleur attitrée, cela ne change pas grand-chose car au lieu de se prendre des boules de neige dans la tronche, ce sont maintenant des ballons d’eau. Si les tomes précédents proposaient également des récits s’étalant sur plusieurs pages, celui-ci livre surtout des histoires plus courtes, se limitant à seulement quelques cases. Chacune offre un plongeon mélancolique dans le monde de l’enfance et invite à découvrir les fantasmes, les rêves et le regard critique de ce petit bonhomme sur le monde des adultes et sur la société en général. Au menu de ce seizième volet, il y a bien évidemment aussi les gags récurrents concernant les monstres sous le lit, qui attendent qu’il se lève pour aller faire pipi ou qui imitent sa mère pour le faire sortir du lit. Le lecteur a également droit à quelques récits prouvant l’adoration que Calvin voue à sa télévision ou son horreur du bain et de l’école.

Si la puissance comique de ces strips atteint des sommets, l’humour est également souvent d’une telle sophistication que plusieurs niveaux de lecture sont possibles. Au-delà de la simplicité apparente de ces gags burlesques se cache en effet un autre niveau de lecture, plus adulte, qui mêle critiques acerbes, réflexions intelligentes et cynisme ravageur. Les noms des personnages faisant respectivement référence à Jean Calvin et à Thomas Hobbes, le lecteur ne s’étonnera d’ailleurs pas de croiser quelques considérations philosophiques. Notre ami se livre ainsi à quelques réflexions amusantes sur l’art, même si ses œuvres en pâte à modeler démontrent qu’il ne déborde pas vraiment de talent…

« Calvin : Je suis un homme simple, Hobbes.
Hobbes : Toi ? Hier tu voulais une voiture transformable en jet armé de missiles laser thermoguidés !
Calvin : Je suis un homme simple avec des goûts complexes ! »

Parlons finalement de l’empathie inévitable envers ce duo éminemment sympathique. Ce gamin doté d’un sens de la répartie incroyable est particulièrement attachant et l’idée de donner vie à une peluche dans son imaginaire est tout bonnement brillante. Cela résulte non seulement en une complicité incroyable entre les deux, mais permet surtout de donner vie à l’imaginaire de l’enfant. Ensemble, ils vivent des aventures mêlant absurdité, tendresse, drôlerie, nostalgie et justesse.

« Calvin : Je voudrais que ce soit l’hiver.
Papa : Il faudra attendre encore un peu.
Calvin : Alors, je voudrais que ce soit le printemps ou l’été.
Papa : Tu n’aimes pas l’automne ?
Calvin : Oh si, c’est bien l’automne. C’est le présent que je n’aime pas. »

Visuellement, le dessin de Bill Watterson est d’une grande simplicité, mais ces visuels aux décors quasi inexistants permettent de mettre l’accent sur les personnages et sur des textes d’une finesse rare. Il faut un talent énorme pour parvenir à partager des tranches de vie en seulement trois cases et pour pondre des gags purement visuels sur base de postures ou d’expressions.

Probablement pas le meilleur tome, surtout que je m’attendais à une beaucoup plus grande dose d’Hyperman, mais cela demeure tout de même très bon !

Antoine Leiris – Vous n’aurez pas ma haine

Posted in Littérature with tags , on 26 août 2016 by Yvan

L’amour, plus fort que la haine !

Antoine Leiris - Vous n'aurez pas ma haineLe vendredi 13 Novembre 2015 à brisé la vie de nombreuses personnes, dont celle d’Antoine Leiris et de son fils Melvil, à peine âgé de dix-sept mois et dorénavant obligé de grandir sans maman. Face aux armes qui ont tué sa femme lors du concert au Bataclan, Antoine décide de sortir la sienne : une plume, dépourvue de haine, mais débordante d’amour.

À l’instar de Luz (« Catharsis ») et de Catherine Meurisse (« La légèreté »), deux auteurs ayant échappé de justesse au massacre perpétré par les frères Kouachi dans les locaux de Charlie Hebdo, Antoine Leiris éprouve le besoin d’écrire et de faire défiler les mots sur son écran d’ordinateur afin d’évacuer tout en essayant de décrire l’indicible. Une écriture libératrice qui contribuera à ne jamais oublier, tout en l’aidant lui… et tant d’autres personnes. L’attentat du Bataclan, ce n’est dorénavant plus uniquement des gros titres de journaux, des images chocs et des inconnus qui sont Charlie, c’est surtout Melvil, un petit bout de dix-sept mois privé d’amour maternel, et Antoine, auteur d’un premier roman bouleversant… qu’il aurait préféré ne jamais devoir écrire.

Ce livre relate le quotidien d’Antoine et de Melvil, depuis le soir des attentats jusqu’au lendemain de l’enterrement d’Hélène. De l’annonce du drame au deuil, en passant l’angoisse, le vide et les gestes de solidarité de la part des mamans des enfants de la crèche, le papa et son fils tentent de conserver leurs petits rituels, tout en réinventant un quotidien sans maman. La vie doit continuer, même s’il elle ne sera plus jamais comme avant…

« Vous n’aurez pas ma haine » est un récit sans colère, ni sentiments de vengeance, mais plein d’amour d’un auteur envers une femme qu’il ne reverra plus jamais. Dans un monde propice aux amalgames, où des fous sèment la terreur en essayant de diviser, Antoine à l’intelligence de ne pas céder à la haine, tout en livrant une véritablement déclaration d’amour à sa femme et le premier bout d’une reconstruction qui sera inévitablement longue et jamais totale…

« Vous n’aurez pas ma haine » est un récit court et puissant, qui se lit d’une traite… en n’interrompant la lecture que pour sécher ses larmes.

Bonne chance à vous, les deux aventuriers !

Jim et Mig – Un petit livre oublié sur un banc (Tome 2)

Posted in Bamboo, BANDES DESSINÉES, Diptyques, Franco-Belge, [Accessible], [DL 2015] with tags on 24 août 2016 by Yvan

Lecture partagée !

Jim et Mig - Un petit livre oublié sur un banc (Tome 2)Voici donc la conclusion de ce diptyque publié dans la collection Grand Angle des éditions Bamboo. Cette histoire signée Jim (« Une petite tentation », « Une nuit à Rome ») débutait par un livre abandonné sur un banc, destiné à devenir la propriété temporaire de celui ou celle qui le trouvera. En effet, une note à l’intérieur invitait à redéposer l’ouvrage dans un endroit public après lecture afin qu’il puisse faire le tour du monde en circulant de mains en mains.

La lectrice que Jim invite à suivre se nomme Camélia. Découvrant une sorte de message codé à l’intérieur du bouquin, celle-ci s’était lancée dans une enquête quasi obsessionnelle visant à découvrir l’auteur inconnu de cet étrange ouvrage intitulé « A l’ombre des grands saules pleureurs ». Les évènements s’accélèrent lors de cette suite, où Camélia doit cependant faire face à quelques contrecoups. Il y a tout d’abord le fait que plusieurs exemplaires du livre existent et qu’elle n’est donc probablement pas la seule à recevoir des messages de l’auteur. Il y a également son couple qui bat de l’aile, la poussant encore un peu plus dans la direction de cette folle aventure qui pourrait éventuellement déboucher sur une nouvelle relation, plus complice.

Jim n’a plus à démontrer sa capacité à raconter des histoires teintées de romantisme et il remet ici le couvert en y mêlant sa passion pour les livres. Cette intrigue qui fait honneur aux ouvrages non-numériques multiplie les rebondissements certes parfois un peu faciles et ne laissera sans doute pas un souvenir indélébile, mais la lecture est particulièrement agréable et l’envie de découvrir le dénouement de l’enquête suffisamment grand pour tourner les pages à grande vitesse. Le lecteur n’a en plus aucun mal à s’attacher à cette jeune femme en quête d’aventure, loin de ce compagnon qui passe son temps à regarder des séries TV et à jouer sur son IPhone.

Les planches très aérées de Mig contribuent également à une lecture assez rapide. Si le style semi-réaliste du dessinateur rempli parfaitement son devoir, la colorisation experte de Delphine permet de retrouver l’ambiance typique des récits de Jim.

Un lecture agréable !

Thierry Gloris et Erwan Le Saëc – La Grande évasion, Diên Biên Phu (Tome 5)

Posted in BANDES DESSINÉES, Delcourt, Franco-Belge, One-shots, [DL 2013], [Grand public] with tags on 22 août 2016 by Yvan

La grande Histoire, mais une petite évasion…

Thierry Gloris et Erwan Le Saëc - La Grande évasion, Diên Biên Phu (Tome 5)Le cinquième one-shot de cette série concept proposant des histoires d’évasions est imaginé par Thierry Gloris et dessiné par Erwan Le Saëc.

Ce nouveau one-shot propulse le lecteur en pleine guerre du Vietnam, où des soldats français se retrouvent coincés dans la vallée de Diên Biên Phu, entourés par des forces Vietminh bien supérieures en nombre.

En nous plongeant en pleine guerre d’Indochine, au sein de la célèbre bataille de Diên Biên Phu, Thierry Gloris livre tout d’abord un récit historique qui relate le quotidien de nombreux soldats durant le conflit. Le premier problème de cette approche est qu’il passe d’un personnage à l’autre de manière trop brouillonne, empêchant ainsi le lecteur de véritablement s’attacher aux protagonistes qui participeront ensuite à la « grande évasion ».

Et c’est là que le bât blesse le plus : cette évasion intervient bien trop tard et semble finalement trop artificielle par rapport au reste. Cet élan de bravoure qui pousse quelques soldats à braver les ordres et à s’échapper de cet enfer en tentant de traverser les lignes ennemies a en effet beaucoup de mal à convaincre… un peu comme si l’auteur s’était subitement rendu compte qu’il avait oublié de respecter le cahier des charges de la collection et ajouté une évasion peu crédible et trop rapide à un récit historique. Visuellement, le trait réaliste d’Erwan Le Saëc sied bien au récit, même s’il est parfois difficile de différencier les différents protagonistes.

Déception donc !

Greg Rucka et Salvador Larroca – Ultimate Daredevil et Elektra, La part du Diable

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Daredevil, Deluxe, Greg Rucka, Intégrales, Panini, [Avec super-héros], [DL 2016] with tags on 19 août 2016 by Yvan

Les origines « Ultimates » de la redoutable ninja grecque !

Greg Rucka et Salvador Larroca - Ultimate Daredevil et Elektra, La part du DiableÀ l’université de Colombia, la jeune Elektra Natchios fait la connaissance de sa colocataire Phoebe McAllister. En se rendant en cours, les deux tombent sur une étudiante qui se fait importuner par Trey Langstrom. Douée en arts martiaux et n’ayant pas l’intention de laisser un gosse de riche dicter la loi sur le campus, Elektra intervient… même si elle devra visiblement assumer ce choix par la suite. Le seul garçon qui parvient à l’impressionner est un certain Matt Murdock, qui effectue des prouesses aux barres asymétriques en salle de gym… et qui s’avère de surcroît aveugle.

À l’instar des autres séries de l’univers Ultimate Marvel, Ultimate Daredevil & Elektra propose une version modernisée des personnages, visant à conquérir un jeune public parfois rebuté par quarante ans de continuité. Cette revisite imaginée par Greg Rucka et mise en images par Salvador Larroca ramène le lecteur aux débuts du binôme, alors qu’ils passent encore la plupart de leur temps sur les bancs de la fac. Les couvertures sont à ce titre assez trompeuses, car Elektra Natchios ne mène pas encore une carrière d’assassin et Matt Murdock n’est pas encore un justicier (et ne porte même jamais son célèbre costume rouge dans ce tome). Ce dernier est d’ailleurs plus à considérer comme un personnage secondaire servant principalement à souligner les mauvais choix effectués par une Elektra qui se dirige progressivement vers le côté obscur de la force.

Si le récit se concentre principalement sur les origines d’Elektra, omettant même de revenir sur la provenance des pouvoirs de Matt, il ne met pas en avant le côté super-héroïque des protagonistes, mais privilégie les relations humaines. Du coup de foudre entre Elektra et Matt aux rapports entretenus avec leurs amis de faculté, en passant par la famille d’Elektra ou sa Sensei, Greg Rucka ne livre pas forcément une relecture très ambitieuse, mais elle n’en demeure pas moins agréable à lire. Au niveau de l’intrigue, il faut attendre l’arrivée de Wilson Fisk et de Bulleye (renommé Pointdexter) pour avoir un peu de piment, car le fils à papa qui maltraite les étudiantes s’avère être un peu trop léger/banal dans le rôle du vilain. Graphiquement, par contre, il n’y pas grand-chose à redire à la prestation de Salvador Larroca, qui installe un environnement très réaliste, tout en offrant un dessin particulièrement lisible.

Un récit qui n’arrive forcément pas à la cheville du travail de Frank Miller sur ce personnage qu’il créa au début des années 80 lors de son run mythique sur Daredevil, mais qui devrait tout de même ravir les néophytes qui désirent en apprendre plus sur « la » genèse de cette redoutable ninja grecque.

Kris, Barbara Pellerin et Vincent Bailly – Mon père était boxeur

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Kris, One-shots, [Accessible], [DL 2016] with tags on 17 août 2016 by Yvan

Un uppercut riche en émotions !

Kris, Barbara Pellerin et Vincent Bailly - Mon père était boxeurAprès l’adaptation d’ « Un sac de Billes » de Joseph Joffo, Kris (Coupures irlandaises, Le monde de Lucie, Notre mère la guerre, Les Ensembles contraires, Un homme est mort) et Vincent Bailly (Coupures irlandaises) s’attaquent au portrait d’un père… qui était avant tout un boxeur.

Le titre est cependant assez trompeur car ce one-shot est tout sauf un album dédié à ce sport de combat, mais surtout l’histoire d’une relation difficile entre Barbare Pellerin et son père. L’album s’ouvre certes sur la troisième finale des Championnats de France Poids Lourds perdue par Hubert Pellerin, mais les auteurs raccrochent ses gants après seulement quelques pages afin de raconter l’histoire de cette fille qui redécouvre son père au fil des pages. Elle réalisera d’ailleurs un documentaire (offert en DVD avec l’album) sur ce père dont elle aimerait avoir une autre image que celle dont elle se souvient en tant que petite fille : un ancien boxeur dont les abus d’alcool et les crises de violence étaient la cause d’un contexte familial tendu…

Aidée par quelques photos et une vidéo super 8, qui font office d’unique héritage, l’auteure se souvient et reconstruit progressivement l’image de ce père qu’elle n’a jamais vraiment connu,… décédé seulement quelques mois après le reportage qu’elle lui a consacré. Si le portrait est sans concession, les retrouvailles s’avèrent malheureusement trop brèves et trop tardives… Visuellement, le trait de Vincent Bailly insuffle beaucoup de punch et d’énergie à ce récit pourtant très intimiste.

Un très bon one-shot !

Oscar Martin – Solo, Le Cœur et le Sang (Tome 2)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Contrebande, Delcourt, Trilogies, [DL 2016], [Sans super-héros] with tags on 15 août 2016 by Yvan

Un peu monotone, mais de toute beauté !

Oscar Martin - Solo, Le Cœur et le Sang (Tome 2)Après avoir quitté le cocon familial pour voler de ses propres ailes et s’être transformé en guerrier aguerri au fil des épreuves, Solo a finalement trouvé sa place au sein d’une petite communauté de rats. Promis à des jours heureux auprès de sa chère et tendre, il voit son quotidien bousculé par l’arrivée de l’ami d’enfance de sa compagne. Jaloux de ne plus recevoir toute l’attention de cette dernière et ne supportant pas la rivalité qui s’installe progressivement dans son propre foyer, il quitte le groupe qui l’héberge pour de nouvelles aventures en solitaire…

Le deuxième volet de cette série prévue en trois tomes permet de replonger dans l’univers post-apocalyptique imaginé par Oscar Martin. Dans ce monde violent où le gibier se fait de plus en plus rare et où le danger peut surgir à tout moment, la présence de Lyra au côté de notre héros et l’équilibre trouvé au sein de la colonie promettaient des jours meilleurs. Cette harmonie est néanmoins vite rompue par l’arrivée d’une tierce personne, prolongeant ainsi l’errance solitaire de ce rat doué pour le combat, qui cherche désespérément sa place dans ce milieu peuplé de créatures malintentionnées.

À l’aide d’une voix off particulièrement immersive, l’auteur espagnol se concentre principalement sur le conflit intérieur subi par ce personnage qui partage ses doutes et ses regrets au fil des pages. Fuyant un futur rempli de promesses, Solo part à la recherche de réponses, dévoilant au passage un visage particulièrement humain dans cet univers animalier sombre et dangereux. Cette suite, moins portée sur l’action et soignant principalement la psychologie des personnages, développe certes une histoire d’amour, mais ne déborde pas forcément d’originalité et souffre de quelques longueurs dues à une narration à la première personne parfois assez monotone.

Si le scénario abandonne le lecteur sur sa faim, notamment concernant la menace qui frappe la colonie ratière, il peut néanmoins se consoler avec la présence d’un cahier graphique proposant entre autres des fiches techniques sur les différentes espèces qui se croisent, ainsi que trois histoires courtes assez sympathiques. Graphiquement, cette aventure zoomorphique proposée dans la collection Contrebande des éditions Delcourt est d’ailleurs à nouveau absolument irréprochable. Après sa participation à la série animalière La Guilde chez Casterman, Oscar Martin confirme en effet toute sa maîtrise de l’anthropomorphisme en croquant des personnages très expressifs à l’aide d’un trait Disneyen séduisant à souhait. Issu de l’animation, le dessinateur ibérique fait preuve d’un sens du rythme fabuleux, proposant des combats dynamiques et d’une grande lisibilité. Son travail sur la colorisation est également d’une grande justesse, en parfaite adéquation avec l’environnement hostile et désertique.

Vivement la conclusion de cette aventure de toute beauté !

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