Archive for the [DL 2010] Category

Nicolas Presl – Le Fils de l’ours père

Posted in BANDES DESSINÉES, Festival BD Angoulême, Franco-Belge, One-shots, The Hoochie Coochie, [Angoulême 2011], [Avancé], [DL 2010] with tags , on 23 juin 2015 by Yvan

Une œuvre muette sur la filiation et la différence !

Nicolas Presl - Le Fils de l'ours pèreJe ne connaissais pas l’œuvre de Nicolas Presl, qui a pourtant déjà publié trois albums chez Atrabile (Priape, Divine Colonie, Fabrica), mais cela faisait un petit temps que ce « Fils de l’ours père », sélectionné au Festival d’Angoulême 2011, me faisait de l’œil. Cet ouvrage, antérieur à la trilogie parue chez Atrabile, s’avère de plus être la première œuvre de l’auteur… force est donc de constater que pour ses débuts, l’auteur fait très fort !

Ce one-shot entièrement muet raconte l’histoire d’un ourson recueilli par le chasseur qui a tué sa mère. Sans prononcer une seule parole, ce conte visuel à portée universelle réussit l’exploit de raconter énormément de choses. L’histoire de ce personnage qui part à la recherche de ses racines et de sa place au sein de la société aborde de nombreux thèmes, dont la filiation, la paternité et le rejet de la différence, tout en proposant une réflexion particulièrement poussée sur l’identité.

Visuellement, il faut cependant s’accrocher car le style tordu de Nicolas Presl ne plaira pas à tout le monde. Ses personnages difformes et le non respect des perspectives ont en effet de quoi déboussoler. Pourtant, au fil des pages, non seulement on s’y habitue, mais on est également surpris par la quantité d’émotions que ce dessin atypique parvient à exprimer. Les images se mettent à parler et à partager des sentiments profonds avec une justesse incroyable. Au bout de plus de 200 pages, on a presque du mal à croire que l’auteur a réussi à exprimer tant de choses sans dire un seul mot. Alors oui, je ne trouve pas ça forcément beau, mais je m’incline tout de même devant la force narrative du graphisme proposé par Nicolas Presl.

Pour une première œuvre, chapeau !

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Charles Burns – Johnny 23

Posted in BANDES DESSINÉES, Charles Burns, Comics, Le Dernier Cri, Trilogies, [DL 2010], [Sans super-héros] with tags on 27 décembre 2014 by Yvan

Une version pirate de Toxic !

Charles Burns - Johnny 23« Johnny 23 » propose une version pirate du fameux « ToXic », la dernière pépite imaginée par l’auteur du cultissime Black Hole.

Ce « bootleg » au format à l’italienne souple proposé par l’éditeur marseillais alternatif « Le Dernier Cri » est en fait chapeauté par l’auteur lui-même. Le tirage est limité à 2000 exemplaires et seuls les 500 premiers ont eu droit à une sérigraphie couleur inédite de Charles Burns.

À l’instar de l’ouvrage original, cette version alternative est à nouveau clairement influencée par l’œuvre d’Hergé et de William S. Burroughs. Il y a tout d’abord cette logique du cut-up qui est omniprésente dans la trilogie de Burns et qui est à la base de cette version pirate qui s’amuse à réutiliser les cases de l’album dans un nouvel ordre narratif. Ce nouveau découpage donne ainsi naissance à une nouvelle version, inédite du récit. Le lecteur retrouve certes les mêmes images récurrentes, qui renvoient au traumatisme du personnage central, mais le fait d’agencer le même matériel dans un ordre différent, permet d’offrir une interprétation différente de l’ensemble, voire un nouvel éclairage.

De plus, Burns a remplacé tous les dialogues des cases par un alphabet inconnu afin de reproduire l’expérience qu’il a vécu étant jeune, en lisant des albums de Tintin en Français, dont il ne comprenait pas les textes. Cette approche permet également au lecteur d’être absorbé par l’univers mis en place, sans pour autant parvenir à comprendre les dialogues.

Visuellement, les dessins sont cette fois-ci entièrement en noir et blanc et non en couleur, mais ça ne les rend pas moins impressionnants… au contraire.

Bref, un « Johnny 23 » qui ne s’adresse qu’aux fans de Burns… et j’en fais partie !

Bryan Talbot – Grandville

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Milady, Séries, [DL 2010], [En cours], [Sans super-héros] with tags on 15 décembre 2013 by Yvan

Polar animalier au sein d’un univers uchronique steampunk !

Bryan Talbot - GrandvilleGrandville est une série de Bryan Talbot parue aux éditions Milady, à travers laquelle l’auteur rend hommage au caricaturiste français du XIXe siècle J.J. Grandville, ainsi qu’à l’illustrateur de science-fiction Albert Robida.

Ce premier volet débute par une course-poursuite haletante dans les rues de Grandville, où Raymond Leigh-Loutre tente d’échapper à ses poursuivants à bord d’une splendide machine à vapeur. Après avoir réussi à regagner l’Angleterre, il est malheureusement retrouvé mort dans sa demeure. Pour l’inspecteur Archie Lebrock de Scotland Yard et son fidèle adjoint le détective Roderick Ratiz, c’est le début d’une enquête policière sur fond politique.

Grandville est le nouveau nom de Paris dans cette uchronie à l’ambiance rétro-futuriste. Napoléon a en effet triomphé des anglais deux-cents ans plus tôt et n’a que récemment octroyé son indépendance à l’Angleterre suite à une série d’attentats anarchistes. Outre l’univers steampunk particulièrement réussi, l’autre élément étonnant est la zoomorphie des personnages.

Cette aventure anthropomorphique invite donc à suivre les pas d’un inspecteur de Scotland Yard à Paris. Si l’intrigue ne déborde pas d’originalité, ce polar animalier est par contre parfaitement maîtrisé et diablement bien rythmé. De plus, ce divertissement de qualité est superbement mis en images par l’auteur. Si la colorisation informatique ne plaira pas forcément à tout le monde, le découpage cinématographique est très réussi et les nombreuses références graphiques, notamment à des personnages de BD bien connus, particulièrement amusantes.

Alors que le dernier tome de Blacksad déçoit un tout petit peu, cette saga mérite toute votre attention. Une excellente découverte !

Fred Duval et Philippe Berthet – Nico, Atomium-Express (Tome 1)

Posted in BANDES DESSINÉES, Dargaud, Franco-Belge, Séries, [Accessible], [DL 2010], [En cours] with tags on 27 juillet 2013 by Yvan

Une uchronie qui se perd au fil des pages…

Fred Duval et Philippe Berthet - Nico, Atomium-Express (Tome 1)Cette saga signée Fred Duval et Philippe Berthet est une uchronie où les auteurs s’amusent à réécrire l’Histoire à partir des évènements survenus à Roswell en 1947. Le récit débute d’ailleurs à cette date et montre deux OVNI qui s’écrasent sur Terre, l’un en Sibérie et l’autre au Nouveau-Mexique. Partant de ce postulat de départ, les auteurs imaginent ce que serait devenu l’Histoire (et la guerre froide en particulier) si la technologie des extra-terrestres avait pu être exploitée à partir de cet instant.

Situé en pleine guerre froide, ce récit d’espionnage s’amuse non seulement à réinventer l’Histoire, mais s’attarde également sur le passé de Nico, la jeune héroïne adoptée par un ex-agent de l’O.S.S. et recherchant désespérément sa mère. Jusque là tout va plus ou moins bien car le lecteur a droit à un bon mélange d’action, d’espionnage, de géopolitique et de drame humain. Malheureusement, Fred Duval veut parfois en faire trop et égare par moment le fil rouge de son histoire. Passant d’un personnage à l’autre, multipliant les rebondissements, les clins d’œil musicaux et les apparitions de personnages historiques (Staline, Fidel Castro, Eisenhower…), l’auteur finit par perdre le lecteur. Ce dernier passe certes un bon moment, mais perd un peu de vue l’intérêt du scénario, au détriment d’éléments amusants et divertissants, mais qui n’apportent pas grand-chose à l’intrigue.

Visuellement, le trait de Philippe Berthet convient parfaitement à cette aventure qui se déroule dans les années 50 et 60. Issu de la veine ligne claire, ce dessin très esthétique insuffle un côté délicieusement kitsch à cette histoire retro-futuriste.

Will Argunas – Bloody september

Posted in BANDES DESSINÉES, Casterman, Comics, KSTR, One-shots, [DL 2010], [Sans super-héros] with tags on 26 juillet 2013 by Yvan

Un bon polar à la fin exécrable !

Will Argunas - Bloody septemberAyant adoré Missing du même auteur, je me devais de lire cet autre one-shot de Will Argunas. L’auteur y invite à suivre les pas d’un flic cinquantenaire plutôt blasé qui enquête sur un tueur en série qui semble surtout sévir dans le milieu de la pornographie.

Ce polar parsemé de scènes glauques s’avère à nouveau très efficace. Parfaitement rythmé et pourvu d’un suspense qui ne retombe pas, ce thriller haletant emmène le lecteur vers une conclusion qui tombe malheureusement comme un cheveu sur la soupe. Ce final discutable, qui semble vouloir placer la lutte contre la criminalité face au terrorisme, a carrément gâché ma lecture.

Visuellement, le lecteur retrouve ce trait hachuré et dynamique, qui ne plaira probablement pas à tout le monde, mais dont je suis assez friand et qui contribue ici à installer une ambiance sombre et angoissante, parfaitement adaptée au scénario.

Bloody final !

Julien Parra – Trois instincts

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Emmanuel Proust, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2010] with tags on 26 juin 2013 by Yvan

Un excellent polar en 3 actes !

Julien Parra - Trois instinctsJ’étais passé à côté de ce premier album de Julien Parra et j’ai bien fait de rattraper cet oubli car le jeune auteur fait une entrée remarquée au sein de neuvième art.

« Trois instincts » débute par huit cadavres retrouvés dans un entrepôt désaffecté et raconte l’histoire de trois destins dont le point commun n’est divulgué que lors d’un acte final révélateur.

Les trois tranches de vie proposées dans un désordre chronologique assumé peuvent se lire indépendamment les unes des autres car elles ne prennent tout leur sens que lors de l’épilogue. Cette prouesse narrative est accompagnée d’un visuel qui varie les styles et les couleurs à chaque chapitre.

Le premier acte, sombre et violent, invite à suivre une enquête policière assez classique, où deux policiers traquent un tueur en série. Le second, entièrement narré en voix-off et baignant dans une ambiance bleue assez étouffante, invite à suivre les pensées d’un lycéen qui se prostitue pour gagner de l’argent. Le troisième acte, totalement muet et plus onirique, accompagne les rêves d’un homme au seuil de la mort. Et pour conclure, un final qui lie le tout de manière efficace.

Bref, une excellente découverte qui ravira tous les amateurs de polars intelligents.

bd du mercredi Allez découvrir les autres BDs du mercredi sur le blog de Mango !

Allan Heinberg et Jim Cheung – Young Avengers, Affaires de famille

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Deluxe, Intégrales, Panini, Vengeurs, [Avec super-héros], [DL 2010] with tags on 31 mai 2013 by Yvan

Des nouveaux héros, bien ancrés dans l’univers Marvel

Allan Heinberg et Jim Cheung - Young Avengers, Affaires de familleEn 2005, Allan Heinberg, le célèbre scénariste/producteur des séries télé « Sex and the City » ou « Grey’s Anatomy » lance une nouvelle série intitulé Young Avengers. « Affaires de famille » reprend un numéro spécial, ainsi que les douze premiers épisodes de cette saga qui collectionne les prix outre-Atlantique (nommée aux Eisner et Harvey Awards dans la catégorie « meilleure nouvelle série » et aux Eisner Awards dans celle du « meilleur scénariste »).

D’emblée, l’auteur a l’excellente idée d’ancrer cette nouvelle série très solidement dans l’univers Marvel. Ce premier Deluxe démarre ainsi au lendemain de « Avengers Disassembled », revient sur la guerre Kree/Skrull et lie chacun des nouveaux personnages à un héros connu. Mais le deuxième Deluxe, La croisade des enfants, que Panini n’a bizarrement pas intitulé « Young Avengers 2 », mais « Avengers », va encore plus loin car il s’attaque à l’histoire de Wanda Maximoff, alias la Sorcière Rouge. Allan Heinberg y propose un solide crossover qui fait le lien entre les événements de House of M et « Avengers Vs X-Men » en se penchant sur l’histoire de la Sorcière Rouge au sein de cette continuité.

L’histoire de ce volume débute à New-York, où une nouvelle équipe de super-héros commence par se faire remarquer par les médias. Au lendemain de la dissolution des Vengeurs, ce groupe d’adolescents costumés fait inévitablement penser à leurs ainés et est rapidement surnommée les « Jeunes Vengeurs ». De Iron Lad (nouvelle version d’Iron Man) à Hulking (le nouveau Hulk), en passant par Patriot (Captain America), Asgardian (Thor), Stature (l’Homme fourmi), Hawkingbird (Œil de faucon) ou Speed (Vif argent), l’auteur va surtout s’intéresser aux origines des ses nouveaux héros lors de ce premier volet. Il va non seulement s’interroger sur l’origine des jeunes prodiges, mais également sur leurs motivations et sur les qualités requises pour devenir un super-héros. En se concentrant sur l’histoire personnelle des membres du groupe, le scénariste aborde également quelques thèmes intéressants tels que l’homosexualité ou la drogue.

Après une première partie assez réussie, Allan Heinberg embarque le lecteur dans une histoire de paradoxe temporel assez osée, agrémentée d’un bref remake de la guerre Kree/Skrull riche en action. Malgré une trame assez casse-gueule et riche en rebondissements, force est de constater que l’auteur s’en sort plutôt bien.

Outre un scénario crédible et très intéressant, cette intégrale propose également un visuel très alléchant. Les dessins de Jim Cheung (10 épisodes) et Andrea Divito (2 épisodes) sont en effet très réussis, avec une préférence pour ceux du premier. Le numéro spécial voit quant à lui défiler plusieurs artistes de renom (Neal Adams, Gene Ha, Jae Lee, Bill Sienckiewicz, Pasqual Ferry, Michael Gaydos), mais pas forcément au meilleur de leur forme, qui s’attaquent chacun à leur tour à l’un des membres des Young Avengers.

Une très bonne saga !