Archive for the Séries Category

Benjamin Von Eckartsberg et Thomas Von Kummant – Gung Ho, Sexy Beast (tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Paquet, Séries, [DL 2017], [En cours], [Grand public] with tags , on 11 octobre 2017 by Yvan

Menace extérieure et conflits internes !

Benjamin Von Eckartsberg et Thomas Von Kummant - Gung Ho, Sexy Beast (tome 3)Ce troisième volet poursuit l’excellente saga post-apocalyptique proposée par les auteurs de La chronique des Immortels, Benjamin von Eckartsberg et Thomas von Kummant.

Les tomes précédents invitaient à suivre l’intégration de deux adolescents au sein l’enceinte fortifiée de la colonie n°16, également appelée « Fort Apache », et permettaient de découvrir les règles très strictes qui régissent ces petites communautés confrontées à une menace extérieure redoutable. Progressivement, Benjamin von Eckartsberg levait le voile sur le fonctionnement de ces campements isolés en territoire hostile, tout en pointant du doigt les rivalités existantes entre les différents clans. Au fil des attaques, l’auteur dévoilait également le potentiel létal de cette menace extérieure à la fourrure blanche et aux crocs acérés.

Ce troisième volet permet néanmoins de découvrir que cette « Plaie Blanche » n’est pas l’unique danger qui pèse sur cette petite communauté isolée en pleine nature. Outre le rationnement des fournitures, des armes et de la nourriture suite à l’attaque du train d’approvisionnement, le camp doit également faire face aux méfaits de Bagster, ainsi qu’à des tensions de plus en plus fortes entre des adultes souvent corrompus et des adolescents avides de liberté. L’atmosphère s’alourdit donc progressivement à l’intérieur des palissades, mettant à mal cette solidarité indispensable à la survie du groupe et pointant du doigt un conflit générationnel particulièrement intéressant.

Visuellement, le graphisme de Thomas von Kummant est à nouveau de toute beauté. Outre des décors fourmillant de détails et des personnages réalistes et très expressifs, il installe une ambiance faussement optimiste à l’aide d’une colorisation chaude. Si ces couleurs printanières sont encore mises en avant par l’absence d’encrage, l’auteur parvient tout de même à y insuffler une menace latente, qui dévoile une nouvelle fois son visage à coups de giclées rouges. Tout comme lors des épisodes précédents, l’album est également proposé en deux albums en format deluxe, limité à un tirage de 3000 exemplaires. Le lecteur a ainsi le choix entre la version classique prévue en cinq tomes de quatre-vingt pages et ce tirage spécial en dix tomes grand format enrichis d’un bonus d’une vingtaine de pages.

Une saga vivement conseillée que vous retrouverez également dans mon Top BD de l’année !

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Jeff Lemire et Dustin Nguyen – Descender, Singularités (Tome 3)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Séries, Urban Comics, Urban Indies, [DL 2017], [En cours], [Sans super-héros] with tags , on 6 octobre 2017 by Yvan

Retour sur les personnages !

Jeff Lemire et Dustin Nguyen - Descender, Singularités (Tome 3)Le troisième volet de ce récit de science-fiction, imaginé par Jeff Lemire (Sweet Tooth, Jack Joseph soudeur sous-marin, Trillium, Essex County) et admirablement mis en images par Dustin Nguyen (Batman Little Gotham), est un tome de transition qui invite à revenir sur le passé de plusieurs personnages.

Pour rappel, « Descender » se déroule dans un lointain future où des robots gigantesques ont simultanément attaqué chacune des neuf planètes majeures constituant le Conglomérat Galactique Unifiée (CGU), provoquant des milliards de morts à travers la galaxie, avant de disparaître aussi mystérieusement qu’ils étaient apparus. Dix ans plus tard, tandis que les gens vivent dans la peur d’une nouvelle attaque et que les êtres mécaniques sont devenus persona non grata au sein d’un univers qui se remet encore péniblement du traumatisme causé par ce massacre sans précédent, Tim-21, un petit robot à l’apparence enfantine, reprend conscience sur une colonie minière éloignée. Son réveil ne manque cependant pas d’attirer l’attention car il pourrait bien être la clé permettant d’expliquer l’origine des « Moissonneurs »…

Après deux tomes à la poursuite de ce petit humanoïde qui dissimule dans ses circuits imprimés un secret convoité par tous et qui représente l’espoir de tout un univers face à la menace latente des titans de métal et un cliff-hanger de taille proposant un face-à-face entre Tim-21 et Tim-22, les auteurs proposent plusieurs histoires courtes dédiées aux différents personnages de cette saga. À coups de flash-backs, Jeff Lemire invite ainsi à découvrir les itinéraires de Tim-22, Telsa Nagoki, Andy, Effie, Bandit et Foreur.

Même si l’intrigue reste quasiment au point mort, au fil de ces one-shots, les protagonistes gagnent en épaisseur. En brossant leurs parcours respectifs, Jeff Lemire lève non seulement le voile sur leurs motivations, mais montre également l’impact qu’a eu l’arrivée des Moissonneurs sur leurs vies. Le travail de Jeff Lemire sur les différents personnages est une nouvelle fois exceptionnel. Si le personnage principal, conçu pour servir d’ami aux plus jeunes, est bluffant d’humanité et particulièrement attachant, les autres personnages ne sont dorénavant plus en reste, emmenés par un Foreur dont le récit est extrêmement touchant.

Cette histoire qui aborde la coexistence entre les humains et les créatures à intelligence artificielle se nourrit certes des classiques du genre, mais parvient néanmoins à installer une ambiance unique grâce au travail de Dustin Nguyen. Son trait fin et ses couleurs appliquées à l’aquarelle permettent d’offrir des planches de toute beauté, avec des teintes douces qui contrastent brillamment avec la violence du monde dépeint par son acolyte. Du grand art !

Une excellente série qui mérite une petite place dans mon Top comics de l’année !

Greg Rucka et Nicola Scott – Wonder Woman Rebirth, Année Un

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, DC Rebirth, Greg Rucka, Séries, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2017], [En cours] with tags on 29 septembre 2017 by Yvan

Enième revisite des origines !

Greg Rucka et Nicola Scott - Wonder Woman Rebirth, Année UnAprès le « Wonder Woman Terre-un » par Grant Morisson et le « Wonder Woman Dieux et Mortels » par George Perez, la célèbre Amazone a inévitablement droit à son propre titre sous l’ère Rebirth. Le scénario de cette nouvelle saga est confié à Greg Rucka, un scénariste de renom qui a l’avantage de déjà bien connaître le personnage de Diana. Afin de pouvoir tenir le rythme infligé par la publication bi-mensuelle aux Etats-Unis, la série de Rucka développe deux arcs en parallèle. En toute logique, mais à l’inverse de la publication US, Urban Comics a choisi de d’abord publier les épisodes pairs #2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, qui revisitent les origines du personnage. Ils offrent ainsi une porte d’entrée idéale aux néophytes qui désirent découvrir les aventures de la belle Amazone en vue de l’adaptation cinématographique qui vient de voir le jour.

Cette revisite des origines par Greg Rucka et Nicola Scott se focalise sur la première rencontre entre Diana et l’américain Steve Trevor. Ce dernier se retrouve sur l’île de Themyscira suite à un crash d’avion et le lecteur découvre progressivement pourquoi Diana raccompagne le militaire chez lui, dans le monde extérieur où vivent également des hommes… et des terroristes.

L’héroïne présentée par Greg Rucka n’est pas encore l’icône que l’on connaît tous, mais une femme candide et légèrement naïve, qui doit encore découvrir ses pouvoirs, ainsi que les ficelles de notre monde. L’auteur dépeint donc une héroïne particulièrement attachante et insuffle également une pointe d’humour lors de son exploration de notre monde. Si le tome est assez bavard, il n’est cependant pas dénué d’action et, en opposant une menace terroriste à notre héroïne, il aborde un sujet malheureusement d’actualité. Le développement du personnage de Barbara Minerva, qui a droit à un chapitre entier, est également très intéressant car cette chercheuse qui a consacré sa vie à la recherche des Amazones contribue à entretenir l’aspect mythologique du personnage.

Visuellement, le dessin réaliste de la dessinatrice australienne Nicola Scott est particulièrement esthétique, le tout rehaussé par la colorisation soignée de Romulo Fajardo Jr. L’interlude consacré à Barbara Minerva et illustré par Bilquis Evely est également de bonne facture.

Bref, rien de spectaculaire ou de particulièrement original, mais une énième histoire d’origines d’excellente facture, qui constitue une porte d’entrée idéale pour les néophytes, tout en sachant plaire aux fans de la belle Amazone.

Jason Aaron et R.M. Guéra – The Goddamned, Avant le Déluge

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Jason Aaron, Séries, Urban Comics, Urban Indies, [DL 2017], [En cours], [Sans super-héros] with tags , on 20 septembre 2017 by Yvan

La Genèse selon Aaron !

Jason Aaron et R.M. Guéra - The Goddamned, Avant le DélugeAvec ce nouveau titre, le trio de « Scalped », Jason Aaron (scénario), R.M. Guéra (dessin) et Giulia Brusco (colorisation), s’amuse à revisiter l’histoire de Caïn.

Le damné de Dieu dont il est question est en effet le fils d’Adam et Ève, celui qui fût condamné par Dieu à assister à la déchéance de l’Humanité jusqu’à la fin des temps pour avoir tué son frère Abel. Ce comics délicieusement irrévérencieux s’ouvre donc en compagnie du célèbre immortel, couvert d’excréments, au moment où il émerge d’une fosse à purin alors qu’il se fait uriner dessus par un gamin manchot. Vous aurez donc immédiatement compris que l’ami Jason Aaron ne compte pas faire dans la dentelle lors de ce récit à l’ambiance post-apocalyptique.

L’histoire se déroule 1600 ans après l’Eden, dans un monde barbare, impitoyable et violent, que notre anti-héros arpente à la recherche de ce qui pourra enfin le tuer. Tout n’est que désolation au sein de cet univers glauque condamné au Déluge et même l’ami Noé, chargé de sauver toutes les espèces de la noyade divine, est dépeint comme une véritable ordure.

Si cette relecture de la Genèse parvient à plonger le lecteur dans un monde aussi sombre que prenant, R.M. Guera et Giulia Brusco n’y sont pas étrangers. Le trait crasseux du yougoslave et la colorisation adéquate de sa collaboratrice attitrée contribuent en effet à plonger le lecteur dans un univers dénué d’espoir, tout en proposant des personnages repoussants et sans pitié, au sein d’une histoire certes connue, mais revisitée de main de maître par le trio de « Scalped ».

Yeah !!! Jason Aaron rules !!!

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top Comics de l’année !

Ils en parlent également: Le Bibliocosme

 

Brian K. Vaughan et Fiona Staples – Saga (Tome 7)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Séries, Urban Comics, Urban Indies, [DL 2017], [En cours], [Sans super-héros] with tags , on 18 août 2017 by Yvan

Pit-stop forcé sur Phang !

Brian K. Vaughan et Fiona Staples - Saga (Tome 7)Cette excellente série imaginée par Brian K. Vaughan (Y, le dernier homme, Pride of Baghdad ou Ex Machina) se poursuit avec un septième volet qui reprend les épisodes #37 à #42 de ce space opéra familial particulièrement jubilatoire.

Pour rappel, Saga invite à suivre les déboires d’un couple d’amoureux, issus de planètes ennemies et en guerre perpétuelle. Marko, notre Roméo cornu originaire de la planète Couronne, tente donc de faire sa vie en compagnie d’Alana, sa Juliette ailée issue de Continent. Au centre des débats (et à la narration), le lecteur retrouve bien évidemment la petite Hazel, fruit de leur amour interdit. Cette progéniture, issue de deux espèces qui sont en guerre depuis la nuit des temps, n’est cependant pas vue d’un bon œil par les peuples respectifs et se retrouve du coup pourchassée dès sa première bouffée d’air. La vie de couple n’est déjà pas un long fleuve tranquille, mais quand on est pourchassé par les pires tueurs professionnels de la galaxie, que la baby-sitter est un fantôme et que la poisse semble vous coller à la peau… il faut être sacrément balèze pour que l’amour survive !

Après avoir délivré leur fille d’une prison de la planète Continent, Marko et Alana prennent la fuite à bord de leur fusée, accompagnés de Pétrichor, la transsexuelle cornue, d’Izabel, la baby-sitter fantomatique, et de l’ex-Prince Robot IV, toujours à la recherche de son fils. Tout ce beau monde est cependant contraint de faire escale sur Phang, une comète cosmopolite transformée en champ de bataille suite à la guerre éternelle entre les deux planètes ennemies.

Si l’auteur recentre son récit autour de la cellule familiale, notamment en abordant la grossesse d’Alana, en parallèle, il poursuit également la quête de nombreux personnages secondaires. Si le lecteur retrouve avec grand plaisir certains personnages, tels que le tueur à gages nommé Testament ou le Chat Mensonge, il a également droit à quelques nouveaux venus, dont cette famille de marsupiaux particulièrement attachants. Outre des personnages toujours extrêmement humains (malgré une apparence parfois surprenante), l’auteur livre à nouveau une véritable petite pépite au niveau de la caractérisation. En multipliant les planètes et les espèces, il offre une lecture très diversifiée et une galerie de personnages extrêmement riche et parfaitement exploitée, qui s’étend au fil des tomes. Brian K. Vaughan démontre également une nouvelle fois sa capacité à composer des groupes de personnages assez improbables et de saupoudrer le tout de dialogues croustillants au possible.

Si cet ovni mélange avec brio space opéra, romance, chronique familiale, géo-politique, comédie, aventure, sexe, horreur, violence, chasse à l’homme, drame, action, science-fiction et magie, l’une des grandes forces du récit sont en effet les dialogues. Ceux-ci sont une nouvelle fois d’un naturel extraordinaire et débordent d’humour. Le choix d’Hazel, dorénavant âgée de cinq ans et pourvue d’ailes et de cornes, en tant que narratrice du récit fonctionne également toujours à merveille, surtout que cette dernière revient sur les événements avec un certain recul et beaucoup de cynisme. Ajoutez à cela un character-design impressionnant, un univers débordant d’inventivité et la capacité de Vaughan d’aborder énormément de thèmes sensibles en toute décontraction, sans alourdir le récit, et vous obtenez une véritable tuerie qui gère de surcroît l’art du cliffhanger avec énormément de maestria.

Visuellement, le graphisme de Fiona Staples continue de fonctionner à merveille. La dessinatrice canadienne donne non seulement vie à des créatures loufoques au look très réussi, mais parvient surtout à mettre les délires du scénariste en images avec beaucoup de savoir-faire et d’esthétisme. À l’aide d’une colorisation qui accompagne toujours parfaitement le ton du récit, elle contribue aussi à installer une ambiance toujours adéquate. Elle offre également un découpage efficace qui rend la lecture très fluide et qui incite à tourner les pages à grande vitesse. Notons également la présence de quelques images choc, qui risquent de vous faire froisser les sourcils ou de vous faire sourire.

Ils en parlent également : Dionysos

Tom King et David Finch – Batman Rebirth, Mon nom est Gotham

Posted in BANDES DESSINÉES, Batman, Comics, DC Rebirth, Séries, Urban Comics, [Avec super-héros], [DL 2017], [En cours] with tags on 12 juillet 2017 by Yvan

De la concurrence pour sauver Gotham !

Tom King et David Finch - Batman Rebirth, Mon nom est GothamCe premier tome de la série « Batman Rebirth » marque le début d’un nouveau cycle pour le Dark Knight. En 2011, après le crossover « Flashpoint », DC Comics avait procédé à la remise à zéro des cinquante-deux séries de l’univers DC, baptisée « The New 52 ». En nommant ce reboot « DC Renaissance », Urban Comics s’est un peu tiré dans le pied car voilà que cinq ans plus tard, DC Comics décide de mettre fin à l’ère des New 52 en proposant un nouveau relaunch baptisé… eh oui… « DC Rebirth ». Pas de bol et une collection qui se nommera donc également « DC Rebirth » en français.

J’étais grand fan du début des New 52, suivant presque chacune des séries proposées, mais il faut bien avouer que l’ensemble commençait à s’essouffler et qu’à part « Batman » de Scott Snyder, je ne suivais finalement plus grand-chose. J’étais donc impatient de m’attaquer à ce relaunch chapeauté par Geoff Johns, qui choisit comme point de départ l’événement Flashpoint, à l’origine des New 52. Pour ce faire, il ramène Wally West, que l’on croyait disparu depuis le Flashpoint. Prisonnier de la Force Véloce, le héros oublié de tous cherche à contacter ses anciens amis et à les prévenir que c’est un être incroyablement puissant, et mystérieux, qui est à l’origine de l’amnésie générale qui empêche quiconque de se souvenir de Wally West, qui a volé dix années à nos héros et qui a initié le reboot New 52. Bien vu, car Geoff Johns ne fait donc pas table rase du passé, comme cela avait été le cas avec les New 52, mais construit sur ce qui a été fait par le passé, sans remettre les compteurs à zéro.

Ce premier tome du relaunch de Batman contient l’épisode Batman Rebirth #1, également repris dans la brique « DC Universe Rebirth » de près de 600 pages édité par Urban Comics (qui faisait un peu office de catalogue pour ce reboot), ainsi que les six premiers épisodes de la nouvelle saga. Après le long run de Scott Snyder, dont on retiendra surtout les débuts, c’est désormais au tour de Tom King (« Vision »), de prendre les rênes des nouvelles aventures de Batman.

L’épisode « Rebirth » permet donc tout d’abord de relire cette histoire où Batman affronte « Almanach », accompagné de son nouvel acolyte : Duke Thomas. Une fois cette mise en bouche terminée, alors que le nouveau side-kick du Chevalier Noir n’est pas encore véritablement installé, Tom King surprend le lecteur en introduisant deux nouveaux super-héros dotés de pouvoirs identiques à ceux de Superman. L’idée n’est pas mauvaise car les dénommés « Gotham » et « Gotham Girl » ne sont ni des nouveaux side-kicks, ni des nouveaux ennemis du Dark Knight, étant donné que ceux-ci sont plus forts que Batman et qu’ils ont également décidé de protéger la ville de Gotham. Il est donc intéressant de découvrir la position de Batman face à cette concurrence totalement inattendue. Le récit manque malheureusement de profondeur et privilégie de l’action pas toujours crédible (Batman chevauchant un Boeing 747, non mais franchement). J’ai par contre bien aimé l’humour insufflé par Tom King, notamment à travers les personnages d’Alfred et de Gordon. L’intrigue impliquant Amanda Waller et sa Suicide Squad est par contre assez mal exploitée.

Si prendre la succession de Scott Snyder ne doit pas être aisé, remplacer Greg Capullo aux dessins n’est pas non plus une mince affaire. Mikel Janin, David Finch et Ivan Reis s’en sortent néanmoins haut la main. Le premier livre de beaux dessins et un découpage intéressant lors de l’intro, tandis que je suis assez fan du style du second, qui est d’ailleurs un habitué de l’univers de Batman.

Bref, un récit divertissant, des bonnes idées au niveau du scénario et des excellentes prestations au niveau du dessin, mais rien d’inoubliable. Encore faudra-t-il pouvoir résister au titre assez alléchant du tome suivant : « Mon nom est Suicide » !

Ils en parlent également: Yaneck

Luc Brunschwig et Roberto Ricci – Urban, Enquête Immobile (Tome 4)

Posted in BANDES DESSINÉES, Franco-Belge, Futuropolis, Luc Brunschwig, Séries, [DL 2017], [En cours], [Grand public] with tags , on 7 juillet 2017 by Yvan

Avant-dernier tome d’une saga incontournable !

Luc Brunschwig et Roberto Ricci - Urban, Enquête Immobile (Tome 4)Avec trois albums simultanés dans les vitrines de toutes les bonnes librairies, Lucky Luc dégaine les bandes dessinées plus vite que son ombre pour l’instant. Si la conclusion de « La Mémoire dans les Poches » est un véritable petit bijou et que le « XIII Mystery » consacré à Jonathan Fly est probablement le meilleur de la série, il ne fallait pas s’appeler Nostradamus pour savoir que ce quatrième tome d’ « Urban » allait être une véritable tuerie !

Suite à l’attaque terroriste qui a plongé le parc d’attraction de Monplaisir dans un chaos total et à son refus d’abattre un homme, Zacchary Buzz se retrouve confiné dans son appartement. Le jeune Interceptor ayant toujours un accès illimité aux archives de Monplaisir, cette immobilisation ne l’empêche cependant pas de faire avancer son enquête et de se rapprocher de la vérité…

Si le début de cette saga absolument incontournable laissait déjà entrevoir toute la noirceur des coulisses peu glamour de ce paradis artificiel dorénavant privé de paillettes, Luc Brunschwig lève désormais progressivement le voile sur la genèse du « dernier endroit où ça rigole dans la galaxie » et sur son créateur et dirigeant mégalo, Springy Fool. Distillant ses flash-backs avec toujours autant de précision, il poursuit la mise à nu de toute la superficialité de cette société accro à la téléréalité, construite sur des inégalités sociales et donnant à l’argent le pouvoir de l’illusion du bonheur. Après avoir livré les regards innocents de Zach et du jeune Niels sur ce gigantesque parc d’attractions, l’auteur fait maintenant tomber le masque de l’homme déguisé en lapin blanc qui anime cette cité à l’apparence idyllique.

Faisant preuve d’une narration toujours aussi experte, l’auteur montre le vrai visage de Springy Fool, démontrant à nouveau sa capacité à construire des personnages complexes. Si les portraits d’Ishrat, la splendide jeune fille couverte de tatouages, et de Zach, le héros délicieusement naïf de cette saga, révélaient des individus foncièrement attachants, l’éclairage apporté aux personnages de Springy Fool et de son homme de main Membertou, s’avère beaucoup plus sombre. La noirceur de ces portraits n’est cependant jamais totale, à l’image de cette incapacité touchante du fondateur de la mégapole à séduire les femmes qui lui plaisent…

Dénouant les fils de son intrigue et apportant un nouvel éclairage aux événements des tomes précédents, Luc Brunschwig place progressivement les dernières pièces de ce puzzle qui nous tient en haleine depuis quatre tomes et dont on attend déjà la conclusion avec grande impatience.

Visuellement, il faut bien avouer que les italiens ne font pas que parler avec leurs mains, ils savent également dessiner. L’artiste transalpin, qui avait déjà eu la gentillesse de dessiner mes enfants déguisés en Mega Mindy et Mega Toby lors de la page 53 du précédent album, fait une nouvelle fois parler tout son talent. En véritable architecte de ce lieu de plaisir et de débauche, il parvient à plonger ce monde fait de néons, de paillettes et de couleurs dans une ambiance oppressante, distillant progressivement la noirceur qui anime les coulisses de cet univers enjôleur. J’ai beau finir dernier à chaque partie de Pictionary et accorder plus d’importance au scénario d’une bande dessinée qu’à son graphisme, cela ne m’empêche pas de me sentir privilégié quand un dessinateur prend soin de peaufiner ses planches avec tant d’attention. Forza Italia !

Il ne me reste plus qu’à terminer par un avis aux quelques Robinsons qui n’ont pas encore entamé cette série, en leur signalant la parution d’un pack à prix réduit, comprenant les deux premiers tomes de la saga. Franchement les gars, il est temps de quitter votre île car le voyage en vaut la peine !

Je ne surprendrai probablement personne en mentionnant finalement que vous pouvez également retrouver cet album dans mon Top BD de l’année !