Archive for the Panini Category

Jeff Lemire et Greg Smallwood – Moon Knight, Bienvenue en Nouvelle Egypte

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Panini, Séries, [Avec super-héros], [DL 2017], [En cours] with tags on 20 mars 2017 by Yvan

Marc Spector est un malade mental !

Jeff Lemire et Greg Smallwood - Moon Knight, Bienvenue en Nouvelle EgypteMoon Knight est un super-héros Marvel auquel j’ai beaucoup de mal à accrocher. De temps en temps, profitant d’un relaunch ou du début d’un nouvel arc, je refais une tentative, mais, rien à faire, je n’adhère pas. Je me souviens avoir fait une tentative lors du run de Charlie Huston et David Finch, qui avaient essayé de faire revivre le personnage en 2006. J’ai ensuite profité du relaunch au sein de la collection Marvel Now par Warren Ellis pour effectuer un nouvel essai… plus ou moins concluant, même si j’aurais préféré un long run à cette relance à coups de one-shots.

Pourtant, malgré un héros qui ne m’attire pas plus que ça et une collection « All-New All-Different Marvel » qui me laisse de marbre, une fois en librairie, la couverture de cet album me fait de l’œil… pas uniquement parce qu’elle est splendide, mais surtout parce que le nom de Jeff Lemire y apparaît. Rien que l’idée de découvrir la vision de cet auteur que j’affectionne particulièrement sur ce personnage mentalement perturbé suffit donc à me précipiter sur ce premier volet qui reprend les épisodes #1 à #5, initialement parus en 2016.

Et j’ai franchement bien fait car Jeff Lemire exploite à merveille l’instabilité mentale du personnage en le présentant comme un homme atteint de troubles de la personnalité et interné dans un hôpital psychiatrique. Cela permet à l’auteur de jouer avec le lecteur, l’obligeant constamment à faire lui-même le tri entre les événements réels et ce qui se trame dans l’esprit de Marc Spector. Jeff Lemire profite également de ce « vol au-dessus d’un nid de coucou » pour incorporer de nombreuses facettes issues du passé du héros, allant de personnages secondaires tels que Jean-Paul DuChamp, Marlene Alraune et Bertrand Crawley à ses identités passées (Jake Lockley, Steven Grant), en passant par l’inévitable Konshu, le dieu de la Lune.

Si la maîtrise narrative est impressionnante, il faut également saluer les belles prestations de Greg Smallwood au dessin et à l’encrage et de Jordie Bellaire à la colorisation. Outre des découpages originaux et une utilisation intelligente du blanc, j’ai également beaucoup apprécié le « character design ». J’ai notamment pris plaisir à retrouver le look très classe, déjà présent dans le run de Warren Ellis, présentant un héros vêtu d’un superbe costume et d’un masque blanc orné du symbole de la lune. Notons également la présence de quelques belles planches dessinées par Wilfredo Torres, Francesco Francavilla et James Stokoe.

Je ne suis peut-être toujours pas un aficionado du personnage, mais je demeure grand fan de Jeff Lemire !

Garth Ennis – The Punisher, La fin

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Garth Ennis, One-shots, Panini, Punisher, [Avec super-héros], [DL 2016] with tags on 26 décembre 2016 by Yvan

Garth Ennis et le Punisher… till the end !

Garth Ennis - The Punisher, La finCet album reprend trois histoires courtes imaginées par l’artiste qui est à l’origine des runs les plus mythiques sur le Punisher : Garth Ennis !

Le premier récit (Punisher : The Tyger), dessiné par John Severin, débute lors de la première mission vengeresse du Punisher avant de revenir sur l’enfance du personnage. Ce long flash-back dépeint un Frank Castle bien avant qu’il ne devienne le Punisher et avant qu’il n’apprenne à tuer dans les jungles du Vietnam. Malgré son jeune âge, Frank est cependant déjà témoin de la violence qui règne dans le monde et il n’hésite déjà pas à affronter celle-ci du regard.

La seconde (Punisher : The Cell), illustrée par Lewis Larosa, invite à suivre un Frank Castle qui se livre volontairement aux autorités afin d’être incarcéré à Riker’s Island en compagnie de cinq mafieux avec lesquels il a encore un solide compte à régler. Si cette histoire permet de retrouver un Punisher sans pitié, il met surtout en valeur le fin tacticien qui se cache derrière le justicier. Ca vengeance n’est en effet pas purement aveugle, mais semble totalement calculée, planifiée et aucun détail n’est laissé au hasard. Si le scénario est excellent pour une histoire aussi brève, il faut également saluer le travail de Lewis Larosa, qui avait déjà œuvré dans la collection Punisher MAX et qui nous régale une nouvelle fois avec son style délicieusement sombre.

Le dernier récit (Punisher : The End), mis en images par l’inimitable Richard Corben, fait un solide bond dans le temps et invite à suivre les derniers instants du Punisher dans un monde post-apocalyptique. Parmi les rares survivants de cette catastrophe nucléaire mondiale on retrouve un certain Frank Castle, qui a réussi à échapper à l’enfer atomique car il était enfermé dans le sous-sol d’une prison haute sécurité. Malgré ses 70 ans et un corps affaibli par les radiations, notre héros se lance dans une dernière croisade afin de botter le cul des quelques survivants à l’origine du désastre. Si Garth Ennis avait déjà offert une relecture des origines du personnage, il s’attaque ici aux derniers instants du héros et, comme on pouvait s’y attendre, le garçon continue à ne pas faire dans la dentelle malgré une fin inéluctable. Ce récit qui a tout d’un scénario « What If? » dépeint donc un Frank Castle qui mène sa quête vengeresse jusqu’au bout et offre également une « belle » mort au personnage lors d’une scène finale qui renvoie intelligemment aux origines du personnage. La boucle est donc bouclée pour Garth Ennis, qui aura accompagné son personnage du début jusqu’à la fin.

Bref, le lecteur a donc droit à trois excellentes histoires qui permettent de mieux cerner le personnage de Frank Castle et qui raviront les fans du Punisher !

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top comics de l’année !

Tom King et Gabriel Hernandez Walta – La vision, Un peu moins qu’un homme (Tome 1)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Panini, Séries, [Avec super-héros], [DL 2016], [En cours] with tags on 12 décembre 2016 by Yvan

Le rejet de la différence !

Tom King et Gabriel Hernandez Walta - La vision, Un peu moins qu'un homme (Tome 1)Ce premier volet reprend les épisodes #1 à #6 de cette nouvelle saga écrite par Tom King, dessinée par Gabriel Hernandez Walta et mise en couleurs par Jordie Bellaire.

La Vision est un membre plus ou moins régulier des différentes équipes d’Avengers, qui a connu un parcours assez mouvementé chez Marvel depuis sa création en 1940 par Joe Simon et Jack Kirby. Marié un temps à la Sorcière Rouge, ce synthézoïde jadis créé par Ultron a décidé de se créer une famille et de dorénavant vivre une vie normale dans une petite banlieue paisible. Enfin, il va essayer…

La principale surprise est donc de découvrir que la Vision a désormais une femme et des enfants et a choisi de mener une vie calquée sur celles des humains dans un quartier on ne peut plus tranquille. Le début d’album laisse donc présager d’une histoire monotone, où le lecteur est invité à suivre le quotidien de son épouse Virginia en tant que femme au foyer et de leurs jumeaux Vis (la fille) et Vin (le garçon) qui tentent de s’intégrer au lycée du coin. Le lecteur pourrait donc s’ennuyer… sauf qu’il ressent une tension permanente dès les premières pages. Il y a bien évidemment le regard sombre des voisins et des camarades de classe, qui voient débarquer cette famille d’androïdes avec beaucoup d’appréhension. Il y a ensuite ce narrateur omniscient qui semble vouloir nous prévenir que les choses vont mal tourner. Il ne faudrait pas non plus oublier cette visite impromptue du Moissonneur, qui ne manquera pas de définitivement perturber le bonheur apparent de nos banlieusards…

Ce récit aborde donc les thèmes de la tolérance, du racisme et de l’intégration. Le malaise que provoque la venue de cette famille différente des autres est immédiate et ce rejet qu’ils ressentent et qui les empêchent de se fondre dans la normalité contribue à augmenter les tensions au sein de cette famille finalement plus humaine qu’on ne le pensait. La mise en images de Gabriel Hernandez Walta a d’ailleurs tendance à accentuer le malaise. Derrière la perfection de ce décor banlieusard, l’artiste espagnol parvient en effet à distiller quelque chose de plus sombre. Le regard craintif d’un voisin par ici, un graffiti posé par des gamins par là et il parvient à progressivement faire monter la tension. Il réussi également à insuffler beaucoup d’émotions à ces androïdes capables de voler et de traverser des objets.

Très bon !

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top comics de l’année !

Charles Soule et Ron Garney – Daredevil, Un témoin gênant (Tome 1)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Daredevil, Panini, Séries, [Avec super-héros], [DL 2016], [En cours] with tags on 9 décembre 2016 by Yvan

Back in black !

Charles Soule et Ron Garney – Daredevil, Un témoin gênant (Tome 1)Etant grand fan de Daredevil, je suis prêt à le manger à toutes les sauces. Peu importe le label (Noir, All-New Marvel Now, All-New All-Different Marvel, etc), je suis donc preneur!

En plus, comme je n’étais pas spécialement fan du déménagement de Daredevil à San Francisco lors du reboot All-New Marvel Now, signé Mark Waid et Chris Samnee, je salue ce retour « back in black » du Diable de Hell’s Kitchen. Attention, les histoires proposées par Mark Waid et Chris Samnee étaient loin d’être mauvaises, mais j’avais du mal avec cette délocalisation qui dénaturait un peu ce héros qui portait du coup très mal son surnom de Diable de Hell’s Kitchen. Cette quatrième saga marquée par un ton plus léger et une ambiance moins sombre par rapports aux runs de Frank Miller, Bendis ou Ed Brubaker proposait en effet un Daredevil beaucoup plus positif, sans parler du décor beaucoup plus ensoleillé de Californie par rapport à l’ambiance sombre et pluvieuse d’Hell’s Kitchen ou de sa relation truffée d’humour avec Kirsten McDuffie.

Ce tome qui reprend les épisodes #1 à #5 de cette nouvelle saga écrite par Charles Soule (Letter 44) et dessinée par Ron Garney (Men of Wrath), ainsi que l’épisode « All-New, All-Different Marvel Point One 1 », se déroule au lendemain du crossover « Secret Wars » et a tout simplement balayé d’un revers de la main l’entièreté du run de Marc Waid. Marvel n’en est bien évidemment pas à sa première pirouette du genre, mais il faut dire que c’est une gomme grand format qu’ils sortent de leur tiroir pour effacer le passage Californien de notre ami. Abracadabra et hop, plus personne ne se souvient que Matt Murdock avait révélé son identité secrète en plein tribunal car la mémoire de tout le monde a été effacée (ben quoi ?). Ah, et il n’est plus radié du barreau de New York non plus et peut donc à nouveau exercer son métier (génial non ?). Sa copine ? Et bien, elle a tout simplement disparu du paysage (Une de perdue…). Paysage qui se veut d’ailleurs à nouveau plus ombre puisque notre ami arpente de nouveau les rues de New York et n’a plus de soucis à se faire concernant sa double identité. Voilà qui est de la balle !

Malgré cette mise en place abracadabrantesque, le plaisir de lecture est néanmoins au rendez-vous. J’adore cette ambiance plus crasseuse et ce héros plus torturé qui nous revient d’ailleurs dans un costume noir, question d’immédiatement souligner le ton à nouveau plus sombre de cette nouvelle saga. L’autre bonne surprise est qu’il n’est plus avocat, mais procureur, ce qui lui permet également de poursuivre les méchants de jour au lieu de s’amuser à les défendre.

Mais le point que j’ai sans doute le plus apprécié est la présence d’un apprenti. Lui qui a toujours arpenté les rues d’Hells Kitchen en solo, se retrouve en effet associé à Samuel Chung, alias Blindspot, un jeune sans papier chinois qui s’est crée un costume qui lui permet de devenir invisible. Bon, il faut certes passer outre le fait que le garçon parvient à développer un tel costume fonctionnant sur des bêtes piles disponibles en grande surface, mais ce gamin ayant également comme idéal de protégé son quartier, China Town, s’avère néanmoins la meilleure trouvaille de cet album.

Et le méchant me direz-vous (car il faut forcément un vilain) ? Bon, le type ne casse pas trois pattes à un canard niveau originalité et il risque de vous énerver un peu car vous ne pourrez pas vous empêcher de compter ses doigts chaque fois qu’il apparaît, mais il fait finalement parfaitement l’affaire lors de ce premier volet. De plus, ce meneur de secte surnommé Dix-Doigts (je vous laisse deviner pourquoi) permet également de ramener « La Main » dans l’équation, ce qui est finalement assez sympa, car cela faisait assez longtemps qu’on n’avait plus eu droit à une bonne dose de ninjas !

Reste à parler du dessin, qui est franchement nickel. Le dessin de Ron Garney m’avait déjà bien plu sur « Men of Wrath » et la colorisation sombre et délicieusement crasseuse de Matt Milla contribue également à ramener enfin cette série là où elle doit se trouver : du côté obscur de la force et pas sous le soleil de Californie !

He’s back in black !

Retrouvez d’ailleurs cet album dans mon Top comics de l’année !

Brian Michael Bendis et Stuart Immonen – Ultimate Spider-Man – Mort d’un bouffon ! (Tome 10)

Posted in BANDES DESSINÉES, Brian M Bendis, Comics, Deluxe, Intégrales, Panini, Spider-Man, [Avec super-héros], [DL 2016] with tags on 19 septembre 2016 by Yvan

Stuart Immonen à la place de Bagley !

Brian Michael Bendis et Stuart Immonen - Ultimate Spider-Man – Mort d’un bouffon ! (Tome 10)J’étais curieux de découvrir cette dixième intégrale qui reprend les épisodes #106 à #117 d’Ultimate Spider-Man, car le tome précédent marquait un sérieux tournant dans l’histoire de cette version modernisée de l’univers de Spider-Man, proposant une approche plus contemporaine et plus « Teenage », visant à conquérir un jeune public parfois rebuté par quarante ans de continuité.

L’intégrale précédente reprenait en effet le fameux centième épisode de la série, tout en s’attaquant à l’un des passages clés de la mythologie du personnage : l’incontournable « Saga du Clone » ! Outre la découverte de l’identité secrète de Spider-Man par Tante May, le tome précédent était surtout le dernier signé Bagley au dessin. Après plus de cents numéros, le lecteur ouvrait donc cette nouvelle intégrale avec une certaine appréhension au niveau du graphisme. Force est cependant de constater que Stuart Immonen s’en sort haut la main, en s’adaptant même assez bien au style de Bagley.

Au niveau de l’intrigue, le premier arc invite à suivre les plans d’un Daredevil qui enrôle Spider-Man, Docteur Strange, Iron Fist et Moon Knight pour éliminer définitivement le Caïd. Si le récit propose un ennemi qui fait forcément le poids, il livre surtout une conversion intéressante et touchante entre Spidey et sa tante, suite aux révélations du tome précédent. Si la résolution de l’intrigue s’avère un peu trop rapide une fois l’identité de la taupe révélée, cette histoire qui aborde également les problèmes relationnels entre Peter et Kitty Pryde / Mary Jane est finalement assez divertissante et agréable à suivre.

Le second arc débute par l’évasion classique d’un bon nombre de criminels d’une prison high-tech pour super-méchants, qui marque le retour pour le moins musclé de Norman Osborn, alias le Bouffon Vert. Si le titre de l’album spoile un peu la fin du récit, le lecteur a néanmoins droit à une histoire dynamique et riche en rebondissements.

Bref, encore un bon tome, mêlant action et développement psychologique de Spidey et de ses proches.

Greg Rucka et Salvador Larroca – Ultimate Daredevil et Elektra, La part du Diable

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Daredevil, Deluxe, Greg Rucka, Intégrales, Panini, [Avec super-héros], [DL 2016] with tags on 19 août 2016 by Yvan

Les origines « Ultimates » de la redoutable ninja grecque !

Greg Rucka et Salvador Larroca - Ultimate Daredevil et Elektra, La part du DiableÀ l’université de Colombia, la jeune Elektra Natchios fait la connaissance de sa colocataire Phoebe McAllister. En se rendant en cours, les deux tombent sur une étudiante qui se fait importuner par Trey Langstrom. Douée en arts martiaux et n’ayant pas l’intention de laisser un gosse de riche dicter la loi sur le campus, Elektra intervient… même si elle devra visiblement assumer ce choix par la suite. Le seul garçon qui parvient à l’impressionner est un certain Matt Murdock, qui effectue des prouesses aux barres asymétriques en salle de gym… et qui s’avère de surcroît aveugle.

À l’instar des autres séries de l’univers Ultimate Marvel, Ultimate Daredevil & Elektra propose une version modernisée des personnages, visant à conquérir un jeune public parfois rebuté par quarante ans de continuité. Cette revisite imaginée par Greg Rucka et mise en images par Salvador Larroca ramène le lecteur aux débuts du binôme, alors qu’ils passent encore la plupart de leur temps sur les bancs de la fac. Les couvertures sont à ce titre assez trompeuses, car Elektra Natchios ne mène pas encore une carrière d’assassin et Matt Murdock n’est pas encore un justicier (et ne porte même jamais son célèbre costume rouge dans ce tome). Ce dernier est d’ailleurs plus à considérer comme un personnage secondaire servant principalement à souligner les mauvais choix effectués par une Elektra qui se dirige progressivement vers le côté obscur de la force.

Si le récit se concentre principalement sur les origines d’Elektra, omettant même de revenir sur la provenance des pouvoirs de Matt, il ne met pas en avant le côté super-héroïque des protagonistes, mais privilégie les relations humaines. Du coup de foudre entre Elektra et Matt aux rapports entretenus avec leurs amis de faculté, en passant par la famille d’Elektra ou sa Sensei, Greg Rucka ne livre pas forcément une relecture très ambitieuse, mais elle n’en demeure pas moins agréable à lire. Au niveau de l’intrigue, il faut attendre l’arrivée de Wilson Fisk et de Bulleye (renommé Pointdexter) pour avoir un peu de piment, car le fils à papa qui maltraite les étudiantes s’avère être un peu trop léger/banal dans le rôle du vilain. Graphiquement, par contre, il n’y pas grand-chose à redire à la prestation de Salvador Larroca, qui installe un environnement très réaliste, tout en offrant un dessin particulièrement lisible.

Un récit qui n’arrive forcément pas à la cheville du travail de Frank Miller sur ce personnage qu’il créa au début des années 80 lors de son run mythique sur Daredevil, mais qui devrait tout de même ravir les néophytes qui désirent en apprendre plus sur « la » genèse de cette redoutable ninja grecque.

Alan Moore et Jacen Burrows – Providence

Posted in Alan Moore, BANDES DESSINÉES, Comics, Panini, Séries, [DL 2016], [En cours], [Sans super-héros] with tags on 15 avril 2016 by Yvan

Revisite de l’univers de H.P. Lovecraft !

Alan Moore et Jacen Burrows - ProvidenceNew York, 1919. Afin de remplir au plus vite une demi-page du New York Herald, le journaliste Robert Black propose de faire un article sur le lien entre le livre Sous le monde et une étrange vague de suicides parmi les lecteurs de l’ouvrage. Pour ce faire, il contacte un certain Docteur Alvarez, qui avait jadis écrit un papier sur le sujet. C’est le début d’une longue enquête à travers les États-Unis, à la recherche d’un mystérieux tome alchimique…

À l’instar de Neonomicon, ce nouvel ouvrage d’Alan Moore (Watchmen, V pour Vendetta, La Ligue des Gentlemen extraordinaires, From Hell) rend hommage à H.P. Lovecraft. En multipliant les références au travail et à la vie du célèbre écrivain américain, Moore plonge immédiatement le lecteur dans un univers lovecraftien, tout en créant des liens avec ses précédents comics, The Courtyard et Neonomicon.

Si le personnage principal, homosexuel et attiré par le surnaturel, sort déjà des sentiers battus de l’époque, son enquête littéraire l’amène à croiser des gens encore bien plus étranges, voire malsains. Ce road-trip à travers le pays permet à l’auteur de mettre à nu les dessous d’une Amérique occulte, tout en évoquant des sujets délicats tels que le nazisme, la Shoah ou l’inceste. La présence de textes, principalement issus du journal intime de Robert Black, à la fin de chaque épisode augmente encore la densité et la richesse du récit. De prime abord, ces ajouts peuvent sembler redondants, mais ils viennent compléter utilement chaque chapitre et offrent des points de vue différents particulièrement intéressants, tout en partageant le ressenti du héros et en approfondissant les idées de Moore.

Classé dans le genre horrifique, l’album ne propose cependant pas une forme d’épouvante explicite, mais plutôt latente, enfuie et omniprésente. Le réalisme froid du dessin de Jacen Burrows contribue à ce titre à installer une paranoïa grandissante au fil des pages.

Indispensable pour les fans de H.P. Lovecraft !