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Bill Watterson – Calvin et Hobbes, La flemme du dimanche soir (Tome 17)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Dargaud, Séries, [DL 1900 à 2000], [Sans super-héros], [Terminées] with tags , on 10 octobre 2016 by Yvan

Double dose en couleurs !

Bill Watterson - Calvin et Hobbes, La flemme du dimanche soir (Tome 17)Ceux qui connaissent Calvin, savent qu’il a souvent la flemme le dimanche soir, pour la simple et bonne raison que le lendemain il doit aller à l’école.

« Comment vraiment apprécier les dimanches, quand on sait qu’il faut aller à l’école le lendemain ? »

Pourtant, ce dix-septième volume, beaucoup plus volumineux que les précédents, ne démarre pas à l’école, mais en compagnie de Spiff le Spationaute, mon personnage préféré de Bill Watterson. Je suis en effet grand fan des passages où l’imagination débordante du petit Calvin lui permet de se transformer en plein de choses. Le lecteur a même droit à plusieurs transformations en Spiff le Spationaute, que ce soit lorsque la prof l’interroge, à l’heure du bain, à table ou afin d’agresser son père qui dort. Hyperman est également de la partie lorsqu’il est temps d’aller dormir ou de faire ses devoirs de math. Calvin s’imagine également en fourmi quand il doit ranger sa chambre, en mouche lors d’un pique-nique, en tyrannosaure lors du repas familial et même en Dieu Suprême…

« Dans son cachot pourri puant, Spiff le spationaute prépare un piège sournois pour le roi Naggon qui approche ! Bientôt notre héros sans peur sera à nouveau libre ! »

Si la baby-sitter Rosaline est la grande absente de cet album, Calvin peut néanmoins compter sur la présence de Susie Derkins, sa petite voisine et souffre-douleur attitrée. Entre les ballons d’eau en été et les boules de neige en hiver, voire même en plein mois de juin car notre ami en a conservé une belle au freezer (excellent), la pauvre continue d’en voir de toutes les couleurs.

« Si tu veux MON avis, un jeu sans pompes, ni coups, ni brûlures, ni pinçons, c’est pour les filles. »

Au menu de ce dix-septième volet, il y a bien évidemment aussi les gags récurrents concernant les monstres sous le lit, les histoires qui font peur, le bond de Hobbes en rentrant de l’école, les descentes vertigineuses à la recherche d’une poussée d’adrénaline et les jeux (croquet, base-ball, Monopoly) qui terminent inévitablement en disputes. C’est vraiment marrant de voir comme l’auteur parvient à se renouveler tout en continuant d’aborder les mêmes sujets !

« Attendre quelque chose est plus amusant que de l’avoir… »

À l’instar des tomes précédents, celui-ci reprend des histoires de différentes longueurs. Chacune offre un plongeon mélancolique dans le monde de l’enfance et invite à découvrir les fantasmes, les rêves et le regard critique de ce petit bonhomme sur le monde des adultes et sur la société en général. Si la puissance comique de ces strips atteint des sommets, l’humour est également souvent d’une telle sophistication que plusieurs niveaux de lecture sont possibles. Au-delà de la simplicité apparente de ces gags burlesques se cache en effet un autre niveau de lecture, plus adulte, qui mêle critiques acerbes, réflexions intelligentes et cynisme ravageur. Les noms des personnages faisant respectivement référence à Jean Calvin et à Thomas Hobbes, le lecteur ne s’étonnera d’ailleurs pas de croiser quelques considérations philosophiques. Notre ami se livre ainsi à quelques réflexions sur l’environnement, pointant notamment du doigt cette vilaine tendance qu’ont les humains à jeter leurs déchets n’importe où et à ainsi détruire la planète.

« Sapristi, quand les gens n’enterrent pas leurs déchets toxiques ou n’essayent pas leurs armes nucléaires, ils jettent leurs ordures n’importe où ! »

Parlons finalement de l’empathie inévitable envers ce duo éminemment sympathique. Ce gamin doté d’un sens de la répartie incroyable est particulièrement attachant et l’idée de donner vie à une peluche dans son imaginaire est tout bonnement brillante. Cela résulte non seulement en une complicité incroyable entre les deux, mais permet surtout de donner vie à l’imaginaire de l’enfant. Ensemble, ils vivent des aventures mêlant absurdité, tendresse, drôlerie, nostalgie et justesse. Le lecteur a également droit à quelques récits centrés sur la famille, qui donnent parfois lieu à des scènes attendrissantes comme lorsque sa maman lui prépare du chocolat chaud et des tartines. Calvin ne manquera pas non plus de juger le travail de son père dans son rôle de « Papa », notamment à travers cette histoire qu’il a écrite sur un méchant papa qui obligea son fils à manger des petits pois.

« Sans petit bisou les rêves sont flous ! »
« Les plus beaux cadeaux ne sont pas dans les boîtes ! »

Visuellement, le dessin de Bill Watterson est d’une grande simplicité, mais ces visuels aux décors quasi inexistants permettent de mettre l’accent sur les personnages et sur des textes d’une finesse rare. Il faut un talent énorme pour parvenir à partager des tranches de vie en seulement trois cases et pour pondre des gags purement visuels sur base de postures ou d’expressions. La grosse surprise de ce tome vient également du fait que le lecteur a droit à une version colorisée. L’auteur se permet également quelques « folies » artistiques, notamment lors de ce récit où les lois de la perspective ont été abolies où lorsque Calvin a été transféré sur un négatif couleur le temps d’une photo.

Une double dose de gags déjà parus et d’histoires inédites, le tout dans une version en couleurs !

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Bill Watterson – Calvin et Hobbes, Faites place à Hyperman ! (Tome 16)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Dargaud, Séries, [DL 1900 à 2000], [Sans super-héros], [Terminées] with tags , on 29 août 2016 by Yvan

Pas de place pour Hyperman ?

Bill Watterson - Calvin et Hobbes, Faites place à Hyperman ! (Tome 16)Etant grand fan des passages où l’imagination débordante du petit Calvin lui permet de se transformer en plein de choses, dont Hyperman, le titre de ce seizième volet me paraissant particulièrement alléchant. Malheureusement, ce ne sont pas ces passages-là qui sont le plus nombreux dans ce tome… où Hyperman ne fait d’ailleurs qu’une apparition hyper-brève. Le lecteur a certes droit à une transformation en Spiff le Spationaute, le temps d’étudier une créature bizarre. Calvin s’imagine également en fourmi rebelle, bien décidé à ne pas aider sa mère dans les tâches ménagères. Il va même se croire pilote de ligne volant à toute allure dans le Grand Canyon… alors qu’il se trouve sur le siège arrière de la voiture familiale, sur le chemin de l’épicerie… mais je ressors tout de même de ce tome avec un petit goût de trop peu !

Sa créativité ne s’arrête heureusement pas là. Le petit chenapan va en effet jouer au chef d’entreprise, vendant de supers idées pour seulement un euro et proposant même à ceux qui n’ont pas assez d’argent de payer en dix mensualités avec 100% d’intérêt. Son intelligence illimitée va aussi s’attaquer aux termes scientifiques, qu’il ne trouve pas suffisamment évocateurs… proposant ainsi de changer le terme « Big Bang » en « l’atroçorrible ka-boooum de l’espace » ! Voilà qui en jette un peu plus !

Après plusieurs tomes qui permettaient à Calvin de profiter des plaisirs de l’hiver, celui-ci se déroule en plein été. Pour Susie Derkins, sa petite voisine et souffre-douleur attitrée, cela ne change pas grand-chose car au lieu de se prendre des boules de neige dans la tronche, ce sont maintenant des ballons d’eau. Si les tomes précédents proposaient également des récits s’étalant sur plusieurs pages, celui-ci livre surtout des histoires plus courtes, se limitant à seulement quelques cases. Chacune offre un plongeon mélancolique dans le monde de l’enfance et invite à découvrir les fantasmes, les rêves et le regard critique de ce petit bonhomme sur le monde des adultes et sur la société en général. Au menu de ce seizième volet, il y a bien évidemment aussi les gags récurrents concernant les monstres sous le lit, qui attendent qu’il se lève pour aller faire pipi ou qui imitent sa mère pour le faire sortir du lit. Le lecteur a également droit à quelques récits prouvant l’adoration que Calvin voue à sa télévision ou son horreur du bain et de l’école.

Si la puissance comique de ces strips atteint des sommets, l’humour est également souvent d’une telle sophistication que plusieurs niveaux de lecture sont possibles. Au-delà de la simplicité apparente de ces gags burlesques se cache en effet un autre niveau de lecture, plus adulte, qui mêle critiques acerbes, réflexions intelligentes et cynisme ravageur. Les noms des personnages faisant respectivement référence à Jean Calvin et à Thomas Hobbes, le lecteur ne s’étonnera d’ailleurs pas de croiser quelques considérations philosophiques. Notre ami se livre ainsi à quelques réflexions amusantes sur l’art, même si ses œuvres en pâte à modeler démontrent qu’il ne déborde pas vraiment de talent…

« Calvin : Je suis un homme simple, Hobbes.
Hobbes : Toi ? Hier tu voulais une voiture transformable en jet armé de missiles laser thermoguidés !
Calvin : Je suis un homme simple avec des goûts complexes ! »

Parlons finalement de l’empathie inévitable envers ce duo éminemment sympathique. Ce gamin doté d’un sens de la répartie incroyable est particulièrement attachant et l’idée de donner vie à une peluche dans son imaginaire est tout bonnement brillante. Cela résulte non seulement en une complicité incroyable entre les deux, mais permet surtout de donner vie à l’imaginaire de l’enfant. Ensemble, ils vivent des aventures mêlant absurdité, tendresse, drôlerie, nostalgie et justesse.

« Calvin : Je voudrais que ce soit l’hiver.
Papa : Il faudra attendre encore un peu.
Calvin : Alors, je voudrais que ce soit le printemps ou l’été.
Papa : Tu n’aimes pas l’automne ?
Calvin : Oh si, c’est bien l’automne. C’est le présent que je n’aime pas. »

Visuellement, le dessin de Bill Watterson est d’une grande simplicité, mais ces visuels aux décors quasi inexistants permettent de mettre l’accent sur les personnages et sur des textes d’une finesse rare. Il faut un talent énorme pour parvenir à partager des tranches de vie en seulement trois cases et pour pondre des gags purement visuels sur base de postures ou d’expressions.

Probablement pas le meilleur tome, surtout que je m’attendais à une beaucoup plus grande dose d’Hyperman, mais cela demeure tout de même très bon !

Bill Watterson – Calvin et Hobbes, Complètement surbookés (Tome 15)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Dargaud, Séries, [DL 1900 à 2000], [Sans super-héros], [Terminées] with tags , on 3 avril 2016 by Yvan

Un tome plus philosophique !

Bill Watterson - Calvin et Hobbes, Complètement surbookés (Tome 15)À l’instar des tomes précédents, celui-ci reprend des histoires de différentes longueurs, allant de trois cases à quelques pages. Chacune offre un plongeon mélancolique dans le monde de l’enfance et invite à découvrir les fantasmes, les rêves et le regard critique de ce petit bonhomme sur le monde des adultes et sur la société en général. Au menu de ce quinzième volet, il y a bien évidemment les gags récurrents concernant le bond de Hobbes lorsque Calvin rentre à la maison. Le lecteur a également droit à quelques récits centrés sur la famille, ou Calvin ne manque pas d’une nouvelle fois juger et évaluer le travail de son père dans son rôle de « Papa ». Cette fois, c’est la moralité du paternel qui fait chuter sa cote de popularité dans les sondages.

Si la puissance comique de ces strips est toujours au rendez-vous, l’humour est également souvent d’une telle sophistication que plusieurs niveaux de lecture sont possibles. Au-delà de la simplicité apparente de ces gags burlesques se cache en effet un autre niveau de lecture, plus adulte, qui mêle critiques acerbes, réflexions intelligentes et cynisme ravageur. Les noms des personnages faisant respectivement référence à Jean Calvin et à Thomas Hobbes, le lecteur ne s’étonnera d’ailleurs pas de voir que l’auteur multiplie les considérations philosophiques dans ce tome. Malgré ses six ans, Calvin va en effet se poser des questions existentielles sur la reproduction, sur le temps qui passe, sur l’univers, sur le but de notre vie, sur l’amour, sur la finalité de l’existence humaine, sur l’éducation et même sur les citations de Théodore Roosevelt et de Paul Gauguin… c’est tout dire !

« Comment les horreurs comme les pieuvres et les cafards poilus font-ils pour se reproduire ? Ils arrivent à se trouver séduisants ? »

Notre petit chenapan va même s’intéresser de plus près à l’astrologie, surtout que la position de la lune lui semble favorable. Mais bon, il est tout de même loin d’être certain que les planètes puissent avoir une influence sur lui. Ensuite, comme lors du tome précédent, dès qu’il y a un peu de neige, Calvin dévoile tout son talent artistique en sculptant des bonhommes de neige d’une originalité souvent amusante. Et malgré le fait que notre ami soit complètement surbooké, il a encore le temps d’assister aux réunions du club top secret du D.E.F.I. (Dégagez Enormes Filles Informes.), créé lors du sixième tome par nos deux amis. Il aura cependant du fil à retordre car le dictateur à vie est victime d’insubordination et un club ennemi lui déclare même la guerre… Heureusement, il suffit que Susie Derkins, sa petite voisine et souffre-douleur attitrée, passe par là pour que tout s’arrange.

Si les considérations philosophiques prennent souvent le pas sur l’humour dans cet album, il reste tout de même encore un peu de place pour les transformations créatives de notre ami, notamment en Spiff le Spationaute afin de pouvoir s’évader de l’école. Il faut dire qu’il n’est pas vraiment fan de cette institution, surtout qu’il croit dur comme fer que l’ignorance est le bonheur absolu. D’ailleurs, plutôt que de faire ses devoirs, il préfère voyager dans le temps en espérant que son futur lui aura fait le travail à sa place. Et il faut bien avouer que cette partie dédiée aux voyages dans le temps, où il rencontre ses homologues du passé et du futur, est très réussie et particulièrement drôle !

Bref, un tome plus philosophique… mais qui fait toujours rire !

Bill Watterson – Calvin et Hobbes, Va jouer dans le mixer (Tome 14)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Dargaud, Séries, [DL 1900 à 2000], [Sans super-héros], [Terminées] with tags , on 17 janvier 2016 by Yvan

Les plaisirs de l’hiver !

Bill Watterson - Calvin et Hobbes, Va jouer dans le mixer (Tome 14)La majorité de ce quatorzième volet se déroule en hiver, une saison déjà souvent exploitée par Bill Watterson, mais l’auteur n’éprouve visiblement aucun mal à se renouveler tout en continuant d’aborder les mêmes sujets.

Le lecteur sait donc pertinemment qu’à l’aube de Noël, Calvin fait attention à ne pas être trop méchant car il doit s’assurer que le Père Noël lui apportera bel et bien des cadeaux. Chose peu évidente, car avec toute cette neige, la tentation de balancer des boules de neige dans la tronche de Susie Derkins, sa petite voisine et souffre-douleur attitrée, est évidemment très grande. Il compte d’ailleurs se rendre au pôle Nord afin de défendre sa cause avec pour avocat son fidèle compagnon en peluche Hobbes. Tout un programme !

Si le retour de l’hiver lui donne l’occasion d’effectuer des descentes périlleuses en luge à la recherche d’une poussée d’adrénaline, il démontre à nouveau à quel point il peut être créatif une fois entouré de cet or blanc. Le neuvième tome avait déjà permis de donner naissance à son splendide « musée des horreurs des bonhommes de neige » et ce tome-ci dévoile quelques nouvelles créations intéressantes, dont un bonhomme de neige maléfique qui lui donne beaucoup de fil à retordre.

Ah, qu’il fait bon d’être enfant quand il neige ! Enfin, sauf quand on s’appelle Susie Derkins bien évidemment et qu’on a Calvin comme voisin. La petite va de nouveau en voir des vertes et des pas mûres, enfin, surtout des blanches et des bien froides. Encore que… la petite ne se laisse pas faire et n’a finalement pas trop à se plaindre lors de ce tome puisqu’à la grande surprise de tout le monde, Calvin va lui offrir des fleurs et même lui découper un beau cœur en papier. Y aurait-il anguille sous roche ?

L’imagination débordante de Calvin ne sert pas qu’à modeler la neige, mais également à se transformer en Spiff le Spationaute, pour réveiller son père, ou en Hyperman, le redresseur de torts, pour lancer une boule de neige grosse comme une boule de bowling sur la pauvre Susie, voire même en Balle Traçante, un détective privé qui n’a pas peur de mener l’enquête pour trouver l’identité de celui qui a mis leur salon sens dessus dessous. Mais sa créativité ne s’arrête bien évidemment pas là. En effet, si, lors du neuvième tome, le petit Calvin transformait déjà sa fameuse boîte en carton capable de voyager dans le temps en duplicateur, il améliore ici encore son invention grâce à son « éthicator », qui permet de créer des clones sans forcément multiplier le nombre de bêtises. Autant vous prévenir que cette version gentille de Calvin est non seulement assez surprenante, mais surtout à mourir de rire !

« Tu es la seule personne que je connaisse dont même le bon fond est tenté par le mal. »

À l’instar des tomes précédents, celui-ci reprend des histoires de différentes longueurs, allant de trois cases à quelques pages. Chacune offre un plongeon mélancolique dans le monde de l’enfance et invite à découvrir les fantasmes, les rêves et le regard critique de ce petit bonhomme sur le monde des adultes et sur la société en général. Au menu de ce quatorzième volet, il y a bien évidemment aussi les gags récurrents concernant les monstres sous le lit ou le bond de Hobbes lorsque Calvin rentre à la maison. Le lecteur a également droit à quelques récits centrés sur la famille, qui abandonnent souvent les parents de Calvin assez perplexe, notamment lorsqu’il imite son père ou remplit la baignoire d’encre.

L’insubordination de Calvin ne se limite évidemment pas à ses parents car sa maîtresse et le proviseur en font également régulièrement les frais. Il faut dire que notre chenapan n’est pas trop fan de l’école, où son corps est parfois présent, mais son esprit rarement. Le pauvre a d’ailleurs subi un lavage de cerveaux de la part d’extra-terrestres, ce qui explique qu’il ne sait plus additionner. Et je vous invite vivement à assister à son exposé intitulé « à la maison, après l’école », qui m’a fait hurler de rire.

Si la puissance comique de ces strips atteint des sommets, l’humour est également souvent d’une telle sophistication que plusieurs niveaux de lecture sont possibles. Au-delà de la simplicité apparente de ces gags burlesques se cache en effet un autre niveau de lecture, plus adulte, qui mêle critiques acerbes, réflexions intelligentes et cynisme ravageur. Les noms des personnages faisant respectivement référence à Jean Calvin et à Thomas Hobbes, le lecteur ne s’étonnera d’ailleurs pas de croiser quelques considérations philosophiques.

Parlons finalement de l’empathie inévitable envers ce duo éminemment sympathique, qui émeut le temps d’un câlin lors de l’évocation des cadeaux de Noël. Ce gamin doté d’un sens de la répartie incroyable est particulièrement attachant et l’idée de donner vie à une peluche dans son imaginaire est tout bonnement brillante. Cela résulte non seulement en une complicité incroyable entre les deux, mais permet surtout de donner vie à l’imaginaire de l’enfant. Ensemble, ils vivent des aventures mêlant absurde, tendresse, drôlerie, nostalgie et justesse.

Visuellement, le dessin de Bill Watterson est d’une grande simplicité, mais ces visuels aux décors quasi inexistants permettent de mettre l’accent sur les personnages et sur des textes d’une finesse rare. Il faut un talent énorme pour parvenir à partager des tranches de vie en seulement trois cases et pour pondre des gags purement visuels sur base de postures ou d’expressions.

Encore un excellent tome !

Bill Watterson – Calvin et Hobbes, Enfin seuls ! (Tome 13)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Dargaud, Séries, [DL 1900 à 2000], [Sans super-héros], [Terminées] with tags , on 3 janvier 2016 by Yvan

Vive les mathématiques et le vélo !

Bill Watterson - Calvin et Hobbes, Enfin seuls ! (Tome 13)Le numéro de ce tome semble porter malheur à Calvin car il débute avec une belle varicelle. Cette nouvelle que lui annonce le docteur ne serait bien entendu pas grave du tout… si ce n’était pas le début des vacances scolaires !

Après ce début en mineur, qui lui fait perdre une semaine entière de vacances, Calvin va éprouver le plus grand mal à dompter son vélo. On se souvient qu’il avait appris à rouler à vélo lors du tome précédent, mais on découvre ici que cet apprentissage n’est pas du tout évident et de très longue haleine.

Le lecteur a également droit à une nouvelle réunion du club top secret du D.E.F.I. (Dégagez Enormes Filles Informes.), créé lors du sixième tome par nos deux amis. Ensemble, ils vont ainsi planifier une force de frappe contre l’ennemi Susie Derkins et Calvin ira même jusqu’à kidnapper sa poupée afin d’obtenir un rançon.

Outre ces récits un peu plus longs, le lecteur a bien évidemment droit à des gags plus courts qui sont toujours aussi drôles. Si les monstres qui se cachent sous le lit et Rosaline la baby-sitter ne sont pas au rendez-vous, Calvin devra néanmoins faire face aux menaces du méchant Moe à l’école et ne manquera pas d’une nouvelle fois juger et évaluer le travail de son père dans son rôle de « Papa ». Un joli graphique montrant le taux d’approbation de son père permettra ainsi de prouver que la cote de popularité du paternel n’est toujours pas au beau fixe. C’est vraiment marrant de voir comme l’auteur parvient à se renouveler tout en continuant d’aborder les mêmes sujets !

Comme vous commencez à me connaître, vous savez bien entendu que mes passages préférés sont ceux où notre ami fait parler son imagination débordante. Il y a ainsi l’inévitable transformation en Spiff le Spationaute afin de réussir un contrôle de mathématiques qu’il avait pourtant minutieusement préparé avec son père. Mais on notera également la fois où il s’imagine en tyrannosaure afin de protéger son pique-nique ou en volcan lorsqu’il mange un plat particulièrement épicé. J’adore !

Si la puissance comique de ces strips atteint des sommets, l’humour est également souvent d’une telle sophistication que plusieurs niveaux de lecture sont possibles. Au-delà de la simplicité apparente de ces gags burlesques se cache en effet un autre niveau de lecture, plus adulte, qui mêle critiques acerbes, réflexions intelligentes et cynisme ravageur. Les noms des personnages faisant respectivement référence à Jean Calvin et à Thomas Hobbes, le lecteur ne s’étonnera d’ailleurs pas de croiser quelques considérations philosophiques. L’auteur ne manquera d’ailleurs pas de critiquer une nouvelle fois le rôle de la télé, que les enfants regardent quand il fait beau dehors et même en mangeant. Bill Watterson évoquera aussi l’art et la liberté d’expression lors de planches beaucoup plus bavardes que d’habitude.

À l’instar des tomes précédents, celui-ci reprend donc des histoires de différentes longueurs, allant de trois cases à quelques pages. Chacune offre un plongeon mélancolique dans le monde de l’enfance et invite à découvrir les fantasmes, les rêves et le regard critique de ce petit bonhomme sur le monde des adultes et sur la société en général. Ce gamin doté d’un sens de la répartie incroyable est particulièrement attachant et l’idée de donner vie à une peluche dans son imaginaire est tout bonnement brillante. Cela résulte non seulement en une complicité incroyable entre les deux, mais permet surtout de donner vie à l’imaginaire de l’enfant. Ensemble, ils vivent des aventures mêlant absurde, tendresse, drôlerie, nostalgie et justesse.

Visuellement, le dessin de Bill Watterson est d’une grande simplicité, mais ces visuels aux décors quasi inexistants permettent de mettre l’accent sur les personnages et sur des textes d’une finesse rare. Il faut un talent énorme pour parvenir à partager des tranches de vie en seulement trois cases et pour pondre des gags purement visuels sur base de postures ou d’expressions.

Lisez Calvin et Hobbes !

Bill Watterson – Calvin et Hobbes, Quelque chose bave sous le lit (Tome 12)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Dargaud, Séries, [DL 1900 à 2000], [Sans super-héros], [Terminées] with tags , on 20 décembre 2015 by Yvan

La maman de Calvin tombe malade !

Bill Watterson - Calvin et Hobbes, Quelque chose bave sous le lit (Tome 12)Le titre de ce douzième tome annonce quelques nuits traumatisantes pour nos deux amis qui ont une trouille bleue d’éventuels monstres qui se cachent sous leur lit. Si les deux scrutent chaque bruit suspect qui pourrait indiquer la présence de créatures horribles sous leur lit, la maman de Calvin est obligée de garder le lit pendant plusieurs épisodes. Et oui, la maman de Calvin est tombée malade et force est de constater que la survie sans elle ne sera pas évidente pour Calvin et son papa.

« Calvin : – Maman est malade. Je lui dessine une carte.
Hobbes : – Que c’est gentil à toi !
Calvin : – Regarde devant c’est écrit « Porte-toi mieux ». Et dedans : « Parce que mon lit n’est pas fait, mes vêtements doivent être rangés et j’ai faim. Bises, Calvin ». Tu veux la signer ?
Hobbes : – Sûr ! J’ai faim, moi aussi. »

Heureusement, je vous rassure immédiatement, la maman sera rétablie à temps pour confectionner le costume d’oignon de Calvin car ce dernier a décroché un « grand » rôle dans la pièce de théâtre de l’école, intitulée « La nutrition et les quatre groupes d’aliments ». Elle doit également intervenir lorsque son fiston se fait racketter par le méchant Moe à l’école. Et oui, les mamans ont un emploi du temps chargé… surtout celle de Calvin !

« Calvin : – Pourquoi elle voudrait un autre enfant ?? elle m’a déjà ,MOI!
Hobbes : – Oui, je pense qu’elle a compris la leçon… »

L’imagination débordante de notre ami ne se limite bien entendu pas aux monstres sous le lit. On notera notamment l’inévitable transformation en Spiff le Spationaute, que ce soit pour attaquer le Tapioca de la cantine de l’école, lors d’un exercice au cours de gym ou afin de décrocher un dix sur dix à l’interro de math. Notre petit chenapan s’imagine également en grenouille pour ingurgiter son lait à table, en tyrannosaure pour agresser Hobbes et il invente même un élixir magique pour devenir invisible quand sa mère à besoin de lui ou pour voler des gâteaux dans la cuisine. J’adore !

Si le lecteur à de nouveau droit à des récits plus longs centrés sur la famille, qui mettent surtout la maman à l’honneur, il a également droit à des gags plus courts où Calvin n’a besoin que de trois cases pour juger et évaluer le travail de son père dans son rôle de « Papa ». Si la cote de popularité du père n’est évidemment pas au beau fixe, j’adore également les passages où son père répond totalement à côté de la plaque aux questions naïves de Calvin et où la mère n’a besoin que d’une seule case pour démonter les explications de son mari. Savoureux !

« Calvin – Papa, raconte-moi une histoire !
Papa – Je travaille Calvin. Je t’en lirai une demain.
Calvin – JE NE DORMIRAI PAS SANS HISTOIRE !
Papa – Il était une fois un petit garçon nommé Calvin qui n’en faisait qu’à sa tête. Un jour, son papa en eut assez et l’enferma dans la cave pour le restant de ses jours. Dès lors, tout le monde vécut heureux. Fin.
Calvin – Je déteste ces histoires avec morale. »

Si la puissance comique de ces strips atteint des sommets, l’humour est également souvent d’une telle sophistication que plusieurs niveaux de lecture sont possibles. Au-delà de la simplicité apparente de ces gags burlesques se cache en effet un autre niveau de lecture, plus adulte, qui mêle critiques acerbes, réflexions intelligentes et cynisme ravageur. Les noms des personnages faisant respectivement référence à Jean Calvin et à Thomas Hobbes, le lecteur ne s’étonnera d’ailleurs pas de croiser quelques considérations philosophiques. L’auteur ne manquera d’ailleurs pas de critiquer une nouvelle fois le rôle de la télé dans le quotidien de nos enfants…

Heureusement, Calvin ne fait pas que regarder la télé (même quand celle-ci n’est pas allumée) car dans ce tome, il apprend également à rouler à vélo et il fera bien évidemment quelques fois déborder l’eau du bain. La seule personne qui parvient encore à mater ce petit brigand est bien entendu Rosaline, l’unique baby-sitter qui accepte encore de le garder. Sa petite voisine et souffre-douleur attitrée de Calvin s’en sort généralement moins bien lorsqu’elle croise notre ami…

« Susie – Alors Calvin, c’est quoi ton rôle dans la pièce de théâtre ?
Calvin – L’oignon et toi ?
Susie – La graisse.
Calvin – Wouah, ça te va super bien ! »

À l’instar des tomes précédents, celui-ci reprend donc des histoires de différentes longueurs, allant de trois cases à quelques pages. Chacune offre un plongeon mélancolique dans le monde de l’enfance et invite à découvrir les fantasmes, les rêves et le regard critique de ce petit bonhomme sur le monde des adultes et sur la société en général. Ce gamin doté d’un sens de la répartie incroyable est particulièrement attachant et l’idée de donner vie à une peluche dans son imaginaire est tout bonnement brillante. Cela résulte non seulement en une complicité incroyable entre les deux, mais permet surtout de donner vie à l’imaginaire de l’enfant. Ensemble, ils vivent des aventures mêlant absurde, tendresse, drôlerie, nostalgie et justesse.

Visuellement, le dessin de Bill Watterson est d’une grande simplicité, mais ces visuels aux décors quasi inexistants permettent de mettre l’accent sur les personnages et sur des textes d’une finesse rare. Il faut un talent énorme pour parvenir à partager des tranches de vie en seulement trois cases et pour pondre des gags purement visuels sur base de postures ou d’expressions.

Lisez Calvin et Hobbes !

Bill Watterson – Calvin et Hobbes, Chou bi dou wouah ! (Tome 11)

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Dargaud, Séries, [DL 1900 à 2000], [Sans super-héros], [Terminées] with tags , on 5 décembre 2015 by Yvan

Un excellent tome !

Bill Watterson - Calvin et Hobbes, Chou bi dou wouah ! (Tome 11)Chou bi dou wouah, voilà un titre qui met immédiatement de bonne humeur et une couverture qui donne envie de danser. L’album débute d’ailleurs sur une bonne note car Calvin a l’intention de s’excuser auprès de Susie Derkins, sa petite voisine et souffre-douleur attitrée. Et oui, ses boules de neige l’ont peut-être loupée, mais sa dernière insulte n’a pas raté sa cible… du coup, le voilà prêt à prononcer des excuses… certes un peu maladroites, mais c’est l’intention qui compte, non ? Tout est cependant bien qui finit bien car Calvin et Hobbes sont ensuite invités à l’anniversaire de Susie… enfin, surtout Hobbes.

« Calvin – Je me sens mal de m’être moqué de Susie et de l’avoir blessée. J’aurais pas dû.
Hobbes – Tu pourrais peut-être t’excuser.
Calvin – J’aurais préféré une solution un peu moins radicale. »

Au menu de ce tome, il y a bien évidemment Calvin et Hobbes qui transforment n’importe quel endroit en terrain de jeu, mais il y a aussi les gags récurrents concernant les tactiques de Calvin pour éviter de prendre son bain ou d’aller à l’école… surtout quand il doit aller au tableau avec un pantalon troué qui dévoile son caleçon avec des petites fusées. De plus, ses notes ne sont pas fantastiques… l’obligeant même à jouer à l’amnésique vis-à-vis de ses parents quand il oublie de faire ses devoirs.

Mais bon, il lui arrive parfois de faire des efforts à l’école, comme se faire beau et essayer une nouvelle coupe de cheveux le jour de la photo d’école. Grâce à Hobbes, il connaîtra d’ailleurs quelques sérieux soucis capillaires lors de cet onzième volet. À l’instar des tomes précédents, celui-ci reprend des histoires de différentes longueurs, allant de trois cases à quelques pages. Chacune offre un plongeon mélancolique dans le monde de l’enfance et invite à découvrir les fantasmes, les rêves et le regard critique de ce petit bonhomme sur le monde des adultes et sur la société en général.

« Calvin : J’ai rangé ma chambre maman… Et sans que tu aies à me le dire;
Maman : Oh ! Ça c’est très gentil.
Calvin : Bien sûr. Que cela ne devienne pas une habitude ! »

Ma préférence va comme d’habitude à ces récits où il peut laisser libre cours à son imagination débordante, notamment lors de ses transformations en Spiff le Spationaute, dont les chutes sont souvent hilarantes. Notre petit chenapan s’imagine notamment en dinosaure ou Balle Traçante, le détective privé, au moment de passer à table, en aigle afin d’attaquer son père au réveil, en tyrannosaure lors d’une visite au musée d’histoire naturelle et même en zombie pour éviter de faire ses devoirs. Son imagination ne s’arrête évidemment pas là, car notre ami invente également un Transmogrifeur, capable de le transformer en tigre… comme son copain.

Si la puissance comique de ces strips atteint des sommets, l’humour est également souvent d’une telle sophistication que plusieurs niveaux de lecture sont possibles. Au-delà de la simplicité apparente de ces gags burlesques se cache en effet un autre niveau de lecture, plus adulte, qui mêle critiques acerbes, réflexions intelligentes et cynisme ravageur. Les noms des personnages faisant respectivement référence à Jean Calvin et à Thomas Hobbes, le lecteur ne s’étonnera d’ailleurs pas de croiser quelques considérations philosophiques. L’auteur profite notamment de la découverte d’un raton laveur souffrant pour lancer une réflexion pleine de tendresse sur la mort. Le thème de l’écologie et de l’avenir de notre planète sera également abordé lorsque des entrepreneurs rasent des arbres pour y construire des lotissements.

« Je pleure parce qu’il est parti dans la vie, mais pas dans mon cœur. »

Parlons finalement de l’empathie inévitable envers ce duo éminemment sympathique. Ce gamin doté d’un sens de la répartie incroyable est particulièrement attachant et l’idée de donner vie à une peluche dans son imaginaire est tout bonnement brillante. Cela résulte non seulement en une complicité incroyable entre les deux, comme lorsqu’ils se jettent dans les bras l’un de l’autre après la mort du raton laveur, mais permet surtout de donner vie à l’imaginaire de l’enfant. Ensemble, ils vivent des aventures mêlant absurde, tendresse, drôlerie, nostalgie et justesse.

« Calvin – Maman dit que mourir, c’st aussi naturel que naître, c’est le cycle de la vie. Elle dit qu’on ne comprend pas vraiment mais que c’est comme beaucoup de choses et qu’on a qu’à faire de notre mieux avec ce qu’on sait. Je crois que c’est logique… Mais t’avise pas de partir !
Hobbes – T’inquiètes pas ! »

Visuellement, le dessin de Bill Watterson est d’une grande simplicité, mais ces visuels aux décors quasi inexistants permettent de mettre l’accent sur les personnages et sur des textes d’une finesse rare. Il faut un talent énorme pour parvenir à partager des tranches de vie en seulement trois cases et pour pondre des gags purement visuels sur base de postures ou d’expressions.

Incontournable !