Archive for the Denoël Graphic Category

Antonio Altarriba et Keko – Moi, assassin

Posted in BANDES DESSINÉES, BD du mercredi, Denoël Graphic, Franco-Belge, One-shots, [Accessible], [DL 2014] with tags on 8 octobre 2014 by Yvan

L’art de tuer son prochain !

Antonio Altarriba et Keko - Moi, assassinAprès « L’Art de voler« , déjà publié par Denoël Graphic, Antonio Altarriba dédie cet album à l’art de tuer.

En mettant en scène un professeur d’Histoire de l’Art spécialisé dans la représentation de la souffrance et de la cruauté, il propose une histoire de tueur en série pas comme les autres. Enrique Rodríguez Ramírez ne se contente en effet pas de traquer l’esthétisme de la douleur et du supplice dans la peinture occidentale, il exprime également sa propre créativité en tuant des gens par pur souci d’esthétisme.

À l’aide d’une voix off qui contribue à restituer toute la froideur de cette folie meurtrière, l’auteur décrit le modus operandi de ce personnage qui prépare chaque exécution jusque dans les moindres détails, en prenant bien soin de varier les plaisirs en ne procédant jamais deux fois de la même manière. Chaque meurtre doit être une œuvre d’art unique !

Si le scénario se déroule dans un milieu artistique intéressant, l’auteur s’attarde aussi sur la relation conjugale désastreuse de cet homme froid et distant, dévoilant ainsi l’autre facette de ce professeur qui se distingue et multiplie les éloges au niveau professionnel. Visuellement, Keko propose des superbes planches en noir et blanc, parsemées de quelques touches de rouge destinées à faire ressortir les détails les plus malsains. L’espagnol démontre également sa capacité à restituer de véritables tableaux avec certain brio.

Un excellent one-shot mêlant thriller psychologique et art, que vous pouvez retrouver dans mon Top de l’année !

bd du mercredi Allez découvrir les autres BDs du mercredi sur le blog de Mango !
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Antonio Altarriba – L’Art de Voler

Posted in BANDES DESSINÉES, Denoël Graphic, Festival BD Angoulême, Franco-Belge, Guerre, K.BD, One-shots, [Angoulême 2012], [Avancé], [DL 2011] with tags , , on 23 mai 2011 by Yvan

Un homme qui a tout vécu, sauf la vie dont il rêvait !

Antonio Altarriba - L'Art de Voler4 mai 2001, âgé de 90 ans, Antonio Alatarriba s’élance du quatrième étage de sa maison de retraite, mettant ainsi fin à une vie faite d’espoirs et de désillusions. C’est sur bases des notes décousues d’Antonio Alatarriba senior que son fils va relater le parcours d’un homme qui rêvait de liberté, mais qui dû finalement se contenter de ce que lui offrit l’Histoire.

L’existence d’Antonio Alatarriba étant intimement liée aux événements qui ont secoués l’Espagne et l’Europe du 20e siècle, l’auteur relate non seulement le quotidien de son paternel, mais également l’histoire d’un pays et d’une époque riche en bouleversements. Composé de quatre chapitres distincts, ce one-shot revient tout d’abord sur l’enfance d’Antonio dans un petit village rural d’Aragon. Élevé à la dure, le petit dernier d’une famille de paysans rêve déjà de liberté et d’aventures, loin de son bled natal. Alors qu’il tente de donner une direction à sa vie, son envol va être précipité par le souffle de l’Histoire, qui balayera une à une ses illusions. La fin de la dictature de Primo de Rivera, la chute de la monarchie, la Seconde république, la guerre civile, le régime de Franco, l’exode, la Seconde Guerre mondiale, la Résistance française, les camps de réfugiés français de Cyprien-plage… tant d’événements qui vont ballotter la destinée du protagoniste principal, jusqu’au retour au pays, dans une Espagne où il ne trouve plus sa place. Tant de défaites qui auront finalement raison de ses idéaux. Non, il ne volera pas !

Afin de se rapprocher du lecteur, Antonio Alatarriba décide de fusionner avec son père (l’autre Antonio Alatarriba), le temps d’un récit. En racontant cette histoire à la première personne, endossant ainsi l’identité de son père, l’auteur revit l’histoire de l’Espagne en compagnie de son paternel. Se raccrochant tout d’abord à une alliance de plomb conclue avec ses camarades anarchistes et ensuite à une alliance de sang, établie avec son fils, l’homme survit d’abord aux péripéties servies par l’Histoire et ensuite à une existence qui n’est pas celle dont il rêvait. Même si le récit n’est pas dépourvu d’amour et d’humour, il est néanmoins parsemé de désillusions. Les revers sont trop nombreux et l’homme, obligé de tourner le dos à trop d’idéaux, termine sa vie par quinze années de dépression dans une maison de retraite. Un vieillard qui aura tant vécu, sans jamais réussir à vivre sa vie, mais qui n’aura jamais renoncé à prendre son envol vers la liberté, même si le vol ne dura finalement que quatre étages !

Le graphisme du barcelonais Kim (Joaquim Aubert Puigarnau) restitue parfaitement l’ambiance de l’époque et contribue donc à faire revivre l’évolution de l’Espagne lors du XXème siècle. En insérant plusieurs métaphores visuelles, comme cette taupe qui creuse la poitrine d’Antonio, le dessinateur abandonne aussi sporadiquement son rendu réaliste des déboires d’Antonio. Cette approche permet de faire ressortir quelques moments clés du récit.

À l’instar d’Art Spiegelman sur l’incontournable « Maus », l’auteur de « L’art de voler » revient sur un page importante de l’Histoire de l’Europe en reconstituant avec soin le quotidien de son père.

Antonio Altarriba - L'Art de VolerRetrouvez cette BD dans MON TOP 2011 et dans MES ALBUMS DU MOIS !

Lisez également l’avis de Marion !

Lisez l’avis de Mr. Zombi sur K.BD !

Posy Simmonds – Tamara Drewe

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Denoël Graphic, One-shots, [Angoulême 2009], [DL 2008], [Sans super-héros] with tags , on 15 septembre 2010 by Yvan

Petit up car ça vient de sortir au ciné !

Tamara DreweAprès « Gemma Bovery », transposition du chef-d’œuvre de Flaubert, Posy Simmonds, cartooniste au quotidien The Guardian, propose « Tamara Drewe », adaptation libre d’un roman de Thomas Hardy (“Loin de la foule déchaînée”).

L’histoire se situe dans la campagne anglaise, au sein d’une retraite pour écrivains. Le lecteur se retrouve donc dans une ambiance champêtre typiquement anglaise, au milieu de personnages initialement liés par la plume, mais qui, au fil des pages, vont mettre à jour des liens beaucoup plus intimes.

Le travail effectué par Posy Simmonds sur les personnages est remarquable. De Beth Hardiman qui soignent ses pensionnaires aux petits oignons à Tamara Drewe, sexy chroniqueuse Lire la suite

Hippolyte – Le maître de Ballantrae

Posted in BANDES DESSINÉES, Denoël Graphic, Diptyques, Franco-Belge, [Avancé], [DL 2006] with tags on 30 avril 2010 by Yvan

le maître de ballantraeAprès s’être attaqué au «Dracula» de Bram Stoker, Hippolyte livre ici l’adaptation en deux tomes d’un roman de R. L. Stevenson. Si ce dernier est surtout connu pour son chef d’œuvre «L’île au trésor», déjà maintes fois adapté en BD, cette adaptation de « Le maître de Ballantrae » est tout à fait remarquable.

L’intrigue est centrée autour d’une lutte fratricide entre deux frères issus de la noblesse écossaise au XVIIIème siècle. Au fil des pages il devient difficile pour le lecteur de ne pas haïr James, l’ainé diabolique, dominateur et ambitieux, et de ne pas éprouver de la pitié envers Henry, le cadet, docile et mal-aimé. Difficile également de ne pas se laisser emmener par les aventures de James à l’autre bout de la Terre.

Et que dire de ce graphisme somptueux en couleurs directes ? Des aquarelles somptueuses et une édition de qualité de la part de Denoël Graphic, avec ce papier épais et cette couverture à la texture agréable.

Une adaptation littéraire très réussie et de toute beauté !

Robert Crumb – La Genèse

Posted in BANDES DESSINÉES, Comics, Denoël Graphic, One-shots, [Angoulême 2010], [DL 2009], [Sans super-héros] with tags , on 30 décembre 2009 by Yvan

Robert Crumb - La GenèseRobert Crumb qui s’attaque à la Genèse, tout en décidant de respecter l’essence du texte … on aura vraiment tout vu !

S’il faut applaudir le travail d’illustration de Crumb, qui aura quand même mis quatre ans à dessiner la totalité de cette Genèse, le texte demeure malheureusement toujours aussi indigeste.

Les énumérations interminables des noms des descendants d’Abraham qui donnent aux arbres généalogiques des allures de Séquoia, combiné à la lourdeur des phrases, sont assez pénibles. Mais ce qui est carrément insupportable, c’est l’utilisation d’une voix-off qui se contente de dire qui remplit le phylactère d’à côté. On voit ainsi une bulle d’Abraham qui parle à Dieu et au-dessus une voix-off qui se sent obligée de commenter la case en disant «et Abraham dit à Dieu» et dans la case suivante «et Dieu répondit à Abraham» … c’est d’un pompant et d’une lourdeur inimaginable.

Alors oui, le travail d’illustration est colossal et le dessin fouillé de Crumb parvient à donner une touche personnelle à l’ensemble sans toucher au texte originel, mais le résultat final est tout bonnement indigeste. Le fait de donner à Dieu les traits d’un vieil homme effrayant et aux femmes des allures de machines à enfanter pourvues de poitrines dures comme pierre, démontre tout de même l’envie de l’auteur de ne pas embellir le texte et d’accentuer son aspect parfois arbitraire et violent.

Un album que j’ai eu beaucoup de mal à terminer !

Retrouvez cet album parmi les titres sélectionnés au Festival d’Angoulême 2010 !