Leïla Slimani – Chanson douce


La parentalité ne se sous-traite pas !

Leïla Slimani - Chanson douceCe deuxième roman de Leïla Slimani se trouvait déjà dans ma PÀL avant qu’il ne remporte le prix Goncourt 2016, mais cette consécration m’a encore plus donné envie de le lire.

Dès la première page, Leïla Slimani fait savoir au lecteur qu’il arrive trop tard. Le drame a déjà eu lieu. La nounou vient d’assassiner les deux enfants dont elle avait la garde et qu’elle adorait pourtant. Sans s’attarder sur ce crime sordide, l’auteure remonte le fil du temps et d’une mécanique complexe qui va permettre de répondre au « Pourquoi ? » que l’on se pose inévitablement.

Afin de comprendre ce qui a conduit à l’impensable, Leïla Slimani revient sur les mois qui l’ont précédé. Du choix méticuleux de cette nounou pas trop vieille, non-voilée et non-fumeuse, à son intégration progressive dans la vie quotidienne du jeune couple, Louise devient vite indispensable à la maisonnée. Véritable fée du logis, cette Mary Poppins parisienne devrait conquérir tous les cœurs… sauf que le lecteur sait ce qu’il va advenir. Du coup, il scrute chaque faille… les différences sociales, cette façon de s’incruster dans l’intimité du foyer, la solitude de sa propre vie, ces petites notes de discordance qui finissent par se faire entendre derrière une harmonie trompeuse… et puis, totalement impuissant, il commence à voir ces forces invisibles qui accompagnent la lente glissade de la nounou vers le drame.

Au fil de ce huis clos, qui se déroule dans l’intimité de cette famille, l’auteure développe un thriller psychologique particulièrement efficace. Le style sobre Leïla Slimani décrit d’ailleurs avec brio cette menace latente qui plane au-dessus de cette tragédie à rebours qui incitera inévitablement les lecteurs à bien réfléchir avant de sous-traiter leur parentalité et l’éducation de leurs enfants à une inconnue afin d’assouvir leurs besoins de réussite professionnelle.

Pas de nounou chez nous !

3 Réponses to “Leïla Slimani – Chanson douce”

  1. […] Autres critiques : Mokamilla (Au milieu des livres) ; My Pretty Books ; Yvan Tilleul (Sin City) […]

  2. Je ne sais pas s’il m’en restera beaucoup dans quelques mois, mais j’ai aimé lire le Goncourt cette année. Rien de fabuleux, rien de profondément décevant. Un « entre deux » pas désagréable. (Et je ris de ta dernière phrase!)

  3. Comme Moka, ce roman finalement ne laissera pas d’empreinte marquante…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :