Jean-Pierre Pécau, Fred Duval et Colin Wilson – Wonderball, Le Photographe (Tome 4)


Rencontre avec le « collège invisible » !

Jean-Pierre Pécau, Fred Duval et Colin Wilson – Wonderball, Le Photographe (Tome 4)Cet avant-dernier volet poursuit l’enquête de Charles Spadaccini, alias Wonderball. Suite à ses investigations dans un ancien studio de cinéma, où des archives de films pouvaient lui en apprendre un peu plus sur l’origine des « Alphas » et du « collège invisible », ainsi que sur les expériences qu’ils ont menées sur lui à l’orphelinat Sainte-Rose, l’inspecteur Spadaccini part à la recherche d’Alan Smithee, alias le « Photographe ». De son côté, la mystérieuse confrérie qui a conditionné les « super-soldats » met les bouchées doubles pour mettre fin à ces investigations…

Si on est évidemment ravi de retrouver ce flic solitaire aux méthodes musclées, surnommé Wonderball par ses collègues, en raison des friandises en chocolat du même nom dont il se gave à longueur de journée et qui ressemblent à un Kinder Surprise, on se réjouit également de revoir le « Fantôme », avec qui il formait un excellent duo lors du deuxième volet. Ce dernier apportait en effet beaucoup au récit, que ce soit au niveau des révélations ou au niveau des dialogues, à la fois drôles et percutants. Outre cet étrange allié, notre héros retrouve également son ex-femme afin de la mettre à l’abri des dangers qui menacent ses proches. De plus, après le « Chasseur » du premier volet, le « Fantôme » du second et le « Shérif » totalement psychopathe du précédent, c’est au tour d’un autre « Alpha » d’entrer en scène et le moins que l’on puisse dire est que ce « Photographe » a également tendance à pencher du côté obscur de la force. Les anciens pensionnaires de l’orphelinat Sainte-Rose ont visiblement gardé quelques séquelles de leur séjour, comme en témoignent les snuff-movies et les photographies bizarres de ce nouveau personnage.

La saga continue donc son petit bonhomme de chemin en ajoutant à chaque tome un nouveau personnage. Au fil des tomes, cette intrigue mêlant héros amnésique, super-soldats, théorie du complot, techniques d’endoctrinement, assassinat de Kennedy, organisation secrète, western, espionnage et suspense livre progressivement ses secrets, tout en gardant suffisamment de matière sous la main pour nous tenir en haleine lors du prochain tome qui devra conclure cette saga. Si l’inspecteur Spadaccini poursuit sa quête identitaire, cet avant-dernier volet nous rapproche clairement de plus en plus de la vérité, comme en témoignent le retour de plusieurs personnages et un premier contact entre notre héros et le « collège invisible ».

Visuellement, Colin Wilson (Du plomb dans la tête, La Jeunesse de Blueberry) distille une ambiance sombre et glauque, qui accompagne avec brio ce polar qui nous plonge dans l’Amérique des années 80. Des bas-fonds de San Francisco au désert du Nevada, le dessinateur australien livre de l’excellent boulot et insuffle pas mal de rythme au récit grâce à un découpage très cinématographique.

Vivement la conclusion de cet excellent polar que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

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