Le Breton & Grenier – Arawn T2


ArawnTandis que ses quatre enfants sont partis à la conquête d’un royaume, à la poursuite de la destinée hors normes qu’ils se disputent, Siamh se retrouve seule face aux nombreux dangers qui la guettent. Attaquée par quatre créatures de la nuit, la redoutable guerrière n’est cependant pas une proie facile. Alors que la vie de la belle ne tient plus qu’à un fil, celle du roi Gresholm prend fin lors d’un ultime banquet arrosé … de sang. Arawn s’empare définitivement du trône et conquiert dans la foulé les autres royaumes de Cymru. Un seul trophée manque cependant encore à son tableau de chasse : le corps et surtout le cœur de la reine Deirdre …

Arawn est la biographie du roi des enfers, l’histoire de son enfance, de sa famille et de prédictions inéluctables. Au panthéon de la mythologie celtique galloise, aux frontières de l’Autre Monde, les personnages d’héroïc-fantasy que le lecteur a l’habitude de croiser en librairie n’ont plus leur place. A mille lieues des trios classiques, généralement composés d’une brute, d’un boulet et d’un héros scintillant, qui se promènent gaiement au milieu d’arrière-plans en fleuraison à la recherche d’une bêtise quelconque, c’est une voix-off remplie de haine et de colère qui conte la suite de la destinée impitoyable d’Arawn et de ses trois rivaux. Ici, le décor est sombre, les héros ne sont pas là pour plaire et leur descente aux enfers est tragique, violente et contée avec les tripes. Basée sur une prophétie, une guerre fratricide et un élu, le scénario proposé par Ronan Le Breton est certes classique, mais l’histoire, rythmée par des combats homériques de plus en plus sanglants et par les paroles rageuses du souverain des morts, est parfaitement maîtrisée.

Graphiquement, l’univers de Sébastien Grenier demeure ténébreux et violent à souhait. En véritable peintre, poussé par un besoin d’espace suffisant pour s’exprimer, l’auteur dessine chaque case de l’album séparément en grand format. Laissant de plus en plus souvent l’étape des crayonnés de côté pour attaquer ses peintures en couleurs aussi directes que la narration, l’artiste livre des tableaux qui, à l’instar du scénario, vont à l’essentiel, tout en décoiffant.

Les Liens du sang confirme donc l’aspect prometteur du premier volet et contribue à repositionner ce genre tellement prisé qu’il a connu beaucoup trop de dérives (commerciales). Si ce récit qui retourne aux sources de l’héroïc-fantasy est prévu en cinq tomes, les auteurs prévoient un tome supplémentaire afin de montrer comment le seigneur de la Terre Brûlée a construit son repère et comment il est devenu le roi des morts.

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