Régis Hautière et Renaud Dillies – Alvin, L’héritage d’Abélard


Un bien bel héritage !

Régis Hautière et Renaud Dillies – Alvin, L'héritage d'AbélardAvec « Abélard », Régis Hautière et Renaud Dillies invitaient à suivre les aventures d’un jeune poussin qui, poussé par l’amour et par la curiosité, décidait de quitter le petit îlot paisible de son marais et d’embarquer pour l’Amérique, bien décidé à décrocher la Lune pour séduire sa belle. Si ce nouveau diptyque des deux auteurs est marqué par l’absence d’Abélard, il permet néanmoins de retrouver son compagnon de route Gaston, un gros ours solitaire et plutôt grincheux.

Aujourd’hui, notre ours grognon et mal léché travaille dans le New York des années 20 à la construction de gratte-ciels, comme tant d’autres immigrés. Si son quotidien est fort éloigné du rêve américain, il va néanmoins se retrouver bousculé par l’irruption d’Alvin dans sa vie. Suite à une promesse faite à une amie, notre vieux célibataire désabusé va en effet devoir s’occuper de ce petit orphelin isolent et rebelle…

Si l’histoire de ces deux naufragés de la vie, qui se retrouvent contraints de faire un bout de chemin ensemble, ne déborde pas d’originalité, la magie de l’univers d’Abélard séduit cependant dès les premières pages. Le charme de cette ambiance particulière mêlant tendresse, mélancolie, humour et poésie fonctionne de nouveau à merveille. Saupoudrant son récit de dialogues savoureux, Régis Hautière parvient non seulement à donner de l’importance aux mots, mais également à chaque non-dit. Le lecteur n’hésite pas une seconde à adopter ce petit personnage extrêmement attachant, que l’auteur ne manque pas de confronter aux dures réalités du monde. Heureusement, ce dernier peut de nouveau compter sur les maximes philosophiques qui sortent du chapeau magique d’Abélard… afin de relativiser et ne pas sombrer dans la désillusion.

« Si tu pleures le passé, si tu crains l’avenir, accroche-toi au présent. »

Si la narration de Régis Hautière tout au long de ce conte initiatique et philosophique est un modèle du genre, le dessin de Renaud Dillies renforce encore la poésie de chaque page. Privilégiant souvent l’ambiance aux mots, les auteurs installent une atmosphère envoûtante, portée par la colorisation douce et totalement adéquate de Christophe Bouchard.

Un diptyque qui s’annonce de la même veine qu’Abélard : beau et poétique, sombre et cruel, mais surtout indispensable !

Un bien bel héritage, que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !

Ils en parlent également : Mokamilla, Noukette

 

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8 Réponses to “Régis Hautière et Renaud Dillies – Alvin, L’héritage d’Abélard”

  1. Je vais attendre le tome 2 pour me lancer dans ces pages qui ont tout pour être formidables…
    (L’attente est évidemment intenable. Si je survis à ça, je survivrai à tout. 😉 )

  2. Poétique, beau… mais aussi sombre et cruel… Je ne peux pas m’empêcher d’avoir peur pour ce petit Alvin…
    Vivement la suite en tous cas !

  3. Hate de l’acheter mais à mesure que je découvre vos chroniques, je me dis que je vais certainement faire comme Moka. Attendre la sortie du tome 2 et les lire d’une traite 🙂

  4. […] billets de Jérôme, Mo, Noukette 1 & 2, Yaneck 1 & 2, Yvan 1 & 2 et Sandrine 1& […]

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