Osamu Tezuka – Ayako


La cruauté et l’injustice d’après-guerre !

Osamu Tezuka - AyakoLe premier tome de ce triptyque de Tezuka nous plonge dans le Japon d’après-guerre et nous livre une parallèle tragique entre un Japon qui souffre sous la domination américaine et une famille de riches paysans qui tente de conserver son honneur au lendemain de cette deuxième guerre mondiale.

D’un côté, on découvre un Japon en déclin, où licenciements, réformes, espionnage, grèves et meurtres politiques font la une des journaux. De l’autre, on découvre la famille Tengé qui sombre lentement dans le drame et l’horreur, afin de défendre pathétiquement sa notoriété.

La famille Tengé apporte une série de protagonistes aux caractères hétérogènes. Entre les traîtres, les meurtriers, les femmes violées et les enfants battus, Osamu Tezuka nous livre un récit plein de cruauté et de noirceur. Et au milieu de cet environnement abject, afin de mieux faire ressortir la cruauté et l’injustice (tout en sachant éviter les lourdeurs), il place une mignonne petite fille de quatre ans : Ayako !

En introduisant une enquête policière et une histoire d’espionnage à cette chronique familiale et sociale, Osamu Tezuka va encore augmenter l’intérêt de ce récit qui balance habilement entre réalité historique et fiction.

Mais, si, tout comme Jirô Taniguchi, Osamu Tezuka est un grand maître mangaka au niveau du scénario, il n’a clairement pas été à la même école de dessin. Heureusement on s’habitue vite à son dessin stylisé, qui n’entrave en aucun cas la lisibilité du récit.

Bref, tout comme pour « L’histoire des 3 Adolf », Osamu Tezuka nous livre une histoire prenante au sein d’une série au nombre de tomes réduit, mais au graphisme qui risque d’en rebuter plus d’un, même s’il est très lisible.

Je dois aussi avouer qu’au moment où Jiro Tengé et son père font apparaître un vieux goban pour jouer une partie de Go, j’avais envie de suivre la partie en entier, mais c’est certainement parce que je suis encore un peu accro à la série « Hikaru No Go« .

Notons également qu’en 2004, ce récit fut méritoirement nominé dans la catégorie «Patrimoine de la bd» à Angoulême.

bd du mercrediAllez découvrir les autres BDs du mercredi sur le blog de Mango !

Ils en parlent également : Yaneck

13 Réponses to “Osamu Tezuka – Ayako”

  1. J’ai commencé ma découverte de Tezuka hier soir avec le début de « L’histoire des 3 Adolf ». Peut-être que ce titre là sera le suivant sur la liste…

  2. Ca n’a pas l’air très joyeux tout ça.

  3. ça fait plusieurs fois que je croise cette petite frimousse sans jamais emprunter la série jusqu’à maintenant… Peut-être une façon de découvrir cet auteur que je connais mal !

    • Une petite frimousse qui est trompeuse car le contenu n’a rien de mignon. Ca me semble en effet être une bonne série pour découvrir l’oeuvre de Tezuka.

  4. La couverture à elle seule m’attire mais le thème vraiment très noir me fait hésiter.

  5. C’est une série très dure dans le propos. J’ai eu du mal à la lire moi, presque trop noir pour moi.

  6. J’aime Tezuka mais celui-là me rebute car il m’a l’air effectivement très sombre. Pas trop envie de ça en ce moment…Je vais attendre d’avoir plus la pêche et le moral…

    • Ce n’est effectivement pas le genre de lecture qui remonte le moral. Désolé pour ce choix si sombre. Allez, je te mets quelques smiley pour le moral 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂

  7. […] La vie de Bouddha (religion), L’histoire des 3 Adolf (guerre), Phénix (métaphysique), Ayako (inceste), L’arbre au soleil (Japon médiéval, médecine), Princesse Saphir (Shôjo), […]

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :